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Homélie de la messe du 2ème dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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2ème Semaine Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

 

Ce dimanche, dans le prolongement du baptême de Jésus que nous avons célébré la semaine dernière, nous entrons pleinement dans la Nouvelle Alliance, et nous reprenons conscience que notre propre baptême nous a fait entrer dans la Nouvelle Alliance fondée dans le Sang de Jésus. C’est un des sens de ce récit du premier miracle de Jésus : « Le maître goûta l’eau changée en vin » nous dit St Jean. L’eau changée en vin : passage de l’ancienne alliance à la nouvelle.

            St Jean nous dit : « Or il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs. (…) Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau les cuves. » » Là, nous sommes au cœur de la religion juive avec les principes et les préceptes de purification. Eh bien, c’est ce rite même de purification que Jésus transforme totalement en changeant l’eau en vin. Le vin, bien sûr, qui annonce le don que Jésus fera de sa propre vie, de son propre sang et qui annonce déjà le mystère de l’Eucharistie. La véritable purification n’est plus une histoire d’ablution, mais une question de participation au Sacrifice du Christ qui nous est donné à la Messe. Jésus, par ce premier miracle, entre pleinement dans la Nouvelle Alliance et accomplit de ce fait ce que le Judaïsme annonçait.

            Mais la transformation de l’eau en vin nous redit aussi ce que Jésus est venu vivre parmi nous. L’eau symbolise l’humanité ; le vin, la divinité. D’ailleurs, au cours du rite de l’offertoire, le prêtre verse du vin dans le calice, qui deviendra le Sang du Christ, et ajoute une goutte d’eau, symbole de l’humanité de Jésus. Transformer l’eau en vin, c’est le but ultime de la mission de Jésus, c’est ce que Jésus est venu accomplir sur terre par sa naissance, par son baptême : transformer notre humanité pour la rendre compatible avec la divinité ; en somme, c’est diviniser notre humanité, la rendre participante de la divinité. Cette transformation est la manifestation de l’Amour tout puissant de Dieu. Je vous parle d’amour, et vous remarquerez que ce premier miracle, hautement significatif, a lieu lors de noces auxquelles sont invités Jésus et sa Mère. Bien sûr, il y a le mariage d’un homme et d’une femme ; mais il y a  aussi l’image des noces entre Jésus et son peuple, entre Dieu et les hommes, entre la divinité et l’humanité. Ce contexte d’épousailles nous redit que la relation à Dieu, avec Dieu, est d’abord une question d’amour avant d’être une question de devoirs, de prescriptions, de rites. Celui qui n’a pas compris cela, n’a rien compris à la religion chrétienne. La Nouvelle Alliance dans laquelle nous fait entrer Jésus est essentiellement une question d’amour.

 

            Mais, ce premier miracle peut aussi avoir lieu parce que Marie, la Mère de Jésus, intercède. Marie apparaît ici comme la Mère de la Nouvelle Alliance, comme celle qui nous fait entrer dans la Nouvelle Alliance.

Vous remarquerez que l’intercession de la Vierge Marie « fonctionne » dans les deux sens : elle intercède pour les hommes en présentant à son fils le manque de vin : « Ils n’ont pas de vin. » dira-t-elle à Jésus. Et elle fonctionne dans l’autre sens lorsqu’elle dit aux serviteurs : « Faîtes tout ce qu’il vous dira. ». Son intercession est complète puisqu’elle agit dans les deux sens. Pour autant, il faut préciser que l’intercession de la Vierge Marie est parfaite et complète, mais en dépendance de l’intercession de Jésus qui est l’unique Médiateur. C’est ce que les protestants n’ont pas compris. La médiation du Christ, qui est bien l’Unique et Seul Médiateur, est une médiation inclusive, et non exclusive, c’est-à-dire que c’est une médiation qui permet d’intégrer d’autres médiations. On voit ici toute la délicatesse de Dieu qui veut sauver l’homme mais en rendant les hommes participants de son plan de Salut. Le Salut que Dieu opère envers nous est un salut qui laisse toute sa place à la médiation des hommes. Et c’est en passant par ces médiations secondaires, parfois imparfaites, que la médiation parfaite du Christ agit.

            Marie est ici le prototype et l’image de l’Eglise dont la mission est d’intercéder auprès Dieu pour les hommes et d’inviter les hommes à suivre et à obéir aux paroles de Jésus. Aujourd’hui encore, l’Eglise ne cesse de présenter au Seigneur les demandes de son peuple, comme elle ne cesse de prolonger la prière de Jésus nuit et jour ; comme elle ne cesse de rendre un culte d’Adoration à son Seigneur ; comme elle ne cesse d’actualiser le Sacrifice de Jésus sur la croix par la célébration de la Messe. Et de la même manière que Marie invitera les serviteurs à faire tout ce que Jésus dira, l’Eglise nous invite à faire ce que Jésus nous dit.

            En regardant Marie comme Mère de la Nouvelle Alliance, nous voyons aussi que l’Eglise a un côté maternel : nous entrons dans la Nouvelle Alliance dans l’Eglise qui ne cesse d’enfanter de nouveaux enfants par le sacrement du baptême. Cette image est belle à contempler à l’heure où nous avons souvent tendance à considérer l’Eglise de manière masculine : notamment à travers sa hiérarchie. Mais la vie nouvelle que donne l’Eglise n’est pas le fruit d’une activité, d’un dynamisme missionnaire ; elle est le fruit d’un enfantement, ce qui est le propre de la vie féminine. Si l’Eglise est masculine dans son principe hiérarchique, elle est aussi fondamentalement féminine dans sa maternité, et elle est profondément mariale.

 

            Cette Nouvelle Alliance dans laquelle nous entrons par le baptême s’épanouit en plénitude dans l’Eglise. Bien sûr, et heureusement, Dieu agit en dehors de l’Eglise. Mais la plénitude des dons de Dieu est donnée dans l’Eglise. St Paul évoque la diversité et la multitude des dons de l’Esprit-Saint : la grâce de la sagesse, du langage de la connaissance de Dieu, le don de la foi, les dons de guérisons, de prophéties, de conseil etc…Cette diversité des dons de l’Esprit est au service de la croissance du peuple de la Nouvelle Alliance et en même temps, elle est la garantie de l’unité du peuple de la Nouvelle Alliance. Il n’y a que l’Esprit-Saint qui puisse marier la diversité des dons et l’Unité. En dehors de l’Eglise, la diversité des dons divise et égare. Dans l’Eglise, elle enrichit et nourrit.

 

            Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur de nous avoir permis d’entrer dans la Nouvelle Alliance qu’Il est venu inaugurer. Puissions-nous découvrir toujours plus profondément que la nature de cette Alliance n’est autre que l’Amour. Que la Vierge Marie, Mère de la Nouvelle Alliance, nous accompagne pour trouver notre juste place ;  qu’elle nous apprenne à être toujours plus fidèles et obéissants à son Fils et qu’elle attire dans ce peuple de la Nouvelle Alliance tous ceux qui cherchent Dieu avec un coeur sincère. Amen !

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