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Homélie de la messe de la Passion du Seigneur du Père Julien PALCOUX

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Gwener ar Groaz

Frères et sœurs,

 

Après ce long récit qui nous redit la fin de la vie terrestre de Jésus, nous ne pouvons rester indifférents à ce que nous venons d’entendre. Indifférent, pas seulement de manière sensible, mais aussi et surtout, indifférent au sens où ce drame qui s’est déroulé, serait extérieur à nous, à notre vie. Et même, allons au-delà du fait de se retrouver dans telle ou telle personne, dans telle ou telle situation, tel ou tel comportement. Nous ne pouvons pas demeurer étranger à ce que nous venons d’entendre, parce que ce que Jésus a vécu, c’est à cause de  nous et pour nous qu’il l’a vécu. Voilà pourquoi nous sommes impliqués dans la Passion.

            Tout d’abord, c’est à cause de nous que Jésus vit la Passion. Il ne serait pas juste, frères et sœurs, de considérer que c’est à cause des hommes et des femmes qui ont vécu avant nous que Jésus vit la Passion.  Nous partageons la même humanité blessée, pécheresse que nos prédécesseurs. Nous ne sommes pas meilleurs qu’eux.  Nous sommes par conséquent appelés à reconnaître avec courage, vérité et humilité notre péché. Car encore aujourd’hui nous continuons à faire souffrir le Christ, surtout quand nous blessons nos frères et sœurs, lorsque nous nous divisons, lorsque nous critiquons et abîmons l’Eglise, qui est le Corps du Christ. La première lecture que nous avons entendue nous conduit à nous reconnaître dans la Passion de Jésus : « Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé ; c’est par nos péchés qu’il a été broyé. »

            Et puis, la Passion n’est pas que la conséquence du péché de l’homme ; elle devient la cause de notre Salut de et notre guérison. Là aussi, le prophète Isaïe le dit très clairement : « Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » Il ne serait ni juste, ni sain, de ne voir dans  la Passion du Christ que la conséquence de notre péché ; il y a aussi le don et l’occasion de notre Salut. C’est donc dans notre communion à la Passion de Jésus que se joue notre guérison, notre Salut.

 

            Ce beau récit de la Passion nous donne aussi à voir la puissance de la Vérité et de l’Amour, deux caractéristiques de Dieu. La puissance de la Vérité se donne à voir surtout dans le dialogue entre Pilate et Jésus. Jésus conduit Pilate à une vérité intérieure qui l’éclaire. Il l’amène à se prononcer personnellement pour lui permettre de se dissocier de la machination qui se referme sur lui : « Dis-tu cela de toi-même ou bien parce que d’autres te l’ont dit ? » demandera Jésus à Pilate.  Puis Jésus touche Pilate au cœur en lui répondant : « Tu n’aurais aucun pouvoir si tu ne l’avais reçu d’en haut ; ainsi celui qui m’a livré à toi est chargé d’un péché plus grave. » Ces paroles ont dû aller tout droit au cœur de Pilate qui comprenait très bien qu’il n’avait aucun pouvoir dans cette affaire. Pilate a très bien compris qu’il se faisait instrumentaliser…

Mais la vérité divine ne parviendra pas à triompher en Pilate, trop pris dans les compromissions terrestres. Il sait qu’il livre un innocent et qu’il se fait piéger. La puissance de la Vérité émanant des réponses de Jésus est tout simplement parfaite, belle, pure…à quelques heures de sa mort !

            La Passion nous donne aussi à voir la puissance de l’Amour de Dieu. C’est un Amour qui va jusqu’au bout du don, jusqu’au bout du sacrifice. En Jésus, Dieu quitte la toute-puissance de la nature divine pour assumer une humanité, certes non pécheresse en la personne de Jésus, mais une humanité marquée par le péché, par les limites. Et cet anéantissement continue dans la mort. Jésus meurt comme un criminel. Celui qui est innocent et pur par excellence meurt comme le dernier des malfrats. Il prend la dernière place. C’est l’Amour qui explique ce don jusqu’au bout. C’est l’Amour de Dieu qui assume le mal, l’injustice, le péché, la mort. La Passion nous montre comment Dieu triomphe du règne du mal : par l’Amour qui pousse à se donner soi-même, à se livrer soi-même. Voilà comment Dieu se prépare à triompher du mal.

 

            Frères et sœurs, nous aussi nous sommes confrontés dans notre vie aux puissances du mal, que nous commettons, que nous subissons, que nous supportons. Comment en triompher ? Par l’Amour ! Par le don de nous-mêmes ! par l’offrande de nous-mêmes ! Voilà un des enseignements les plus beaux de la Passion. Par notre union, par notre communion avec Jésus, nous recevons la possibilité de transformer de l’intérieur nos Passions. Apprenons, frères et sœurs, à offrir nos souffrances, nos maladies, nos infirmités à Jésus qui les présente au Père, non pas dans une attitude masochiste, mais dans une attitude de salut et de fécondité. Gardons aussi présent dans notre cœur cette vérité : la Passion de Jésus continue encore aujourd’hui chez nos frères et sœurs qui sont malades, qui sont abandonnés et surtout, surtout, chez ceux qui sont martyrisés. Soutenons-les ! prions pour eux ! Faisons le savoir, rappelons-le à nos contemporains, nous qui vivons dans un pays où l’on tait, où l’on cache, la mort des chrétiens. Dans ce soutien à leur apporter, tout le monde a sa place : pratiquant ou non. Regardez les disciples cachés de Jésus qui viennent s’occuper de sa dépouille, deux disciples de l’ombre qui marchent vers la Lumière : Joseph d’Arimathie et Nicodème. Chacun a sa place.

 

            Puissions-nous, frères et sœurs, avoir la grâce de nous sentir concernés par la Passion de Jésus et avoir la grâce de la vivre en communion avec Lui. Amen !

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