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Homélie de la messe de la Solennité de l’Institution du Sacerdoce et de l’Eucharistie du Père Julien PALCOUX

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Solennité de l’Institution du Sacerdoce et de l’Eucharistie

Jeudi Saint 2015

Frères et sœurs,

 

En célébrant ce soir la double institution, celle du Sacrement de l’Ordre et celle de la Sainte Messe, nous entrons dans le Triduum Pascal, dans ces trois jours ultimes qui nous préparent à la Sainte Fête de Pâques. Et nous y entrons précisément par la célébration de la Cène du Seigneur, qui est une anticipation du mystère pascal de Jésus, une anticipation du mystère de sa mort et de sa Résurrection. Dans le rite que Jésus va accomplir avec et pour ses disciples est déjà contenu le drame humain qui se déroulera le lendemain et qui s’achèvera par sa Résurrection glorieuse !

            Ces quelques considérations nous redisent combien ce rite que Jésus va vivre et instituer est fondamental. La messe que Jésus va instituer, qu’il va célébrer, n’est pas un petit acte en plus de tous ceux qu’il aura accomplis tout au long de sa vie humaine. C’est un acte délibéré, fondamental et non facultatif. Jésus aurait pu vivre la mort et la Résurrection sans instituer le sacrement de l’Eucharistie ; nous aurions pu entrer dans ces jours saints par le Vendredi Saint. Mais, ce n’est pas ce que Jésus a fait.

            L’institution des sacrements de l’Ordre et de l’Eucharistie nous sont rapportés par deux récits différents : celui de l’Institution de l’Eucharistie et celui du lavement des pieds. Et ces deux récits nous redisent la même réalité, la même chose. Mais de manière différente. Le récit de l’Institution de l’Eucharistie que nous rapporte St Paul dans la 2ème lecture insiste sur le fait que Jésus veut que sa vie divine qu’Il va offrir puisse continuer à être donnée dans le monde et dans le temps. La messe devient l’actualisation du mystère du Salut que vient ouvrir Jésus. C’est pourquoi Jésus n’en fait pas un acte facultatif. Et quel dommage de voir qu’aujourd’hui beaucoup de nos frères et sœurs passent à côté de la Sainte Messe qui pour beaucoup est quelque chose de bien, mais « quand on a le temps… »

Le récit du lavement des pieds met en avant l’unité profonde, l’unité intrinsèque, qu’il y a entre la messe et le service des autres. La profondeur et l’authenticité de ce que nous vivons à la messe se vérifie dans la charité que nous avons avec les autres ; tout comme le service des frères se nourrit de la Sainte Messe. Trop souvent ces deux dimensions ont été opposées. Et progressivement, subrepticement, l’humanisme a remplacé la charité !

Célébrer ce soir l’Institution de l’Eucharistie, c’est aussi redire que nous tenons à retrouver l’unité et la complémentarité de ces deux dimensions : la dimension divine, transcendante et la dimension humaine et sociale. L’Eglise est en danger lorsqu’elle n’honore que l’un ou l’autre aspect de ce que nous fêtons.

 

            La question que nous pose en outre l’Evangile est celle qui consiste à « avoir part avec le Christ. » Pierre, dans une première réaction bien humaine, refuse de se laisser laver les pieds. Pas Jésus, Celui qu’il aime tellement, pas Lui se mettre à ses pieds. C’est l’inverse ! Et Jésus le conduit à accepter ! « Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi. » « Avoir part avec le Christ », c’est accepter qu’il vienne nous laver du péché, qu’Il vienne nous purifier, qu’Il vienne nous sauver. Faire des choses pour Dieu, faire des choses pour les autres, mais en refusant que Dieu les fasse pour nous est une forme d’orgueil terrible, qui se cache sous les traits de la plus profonde humilité, mais qui revient à terme nous couper du salut. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres et nous avons aussi besoin d’accueillir le Salut ! Bien plus, nous ne pouvons pas aider les autres à accueillir le salut si nous-mêmes ne l’accueillons pas ! Ce soir, ce que Jésus vient laver, c’est notre orgueil, notre péché toujours cette trace de péché originel, qui, bien que lavé par le baptême, marque notre humanité…

            « Avoir part avec le Christ », c’est aussi accepter d’entrer en communion avec Lui. Lors de notre participation à la Sainte Messe, nous passons nous aussi avec Jésus de ce monde au Père, nous et tout ce qui fait notre vie (nos affections, nos soucis, nos joies, nos peines). En participant à la Sainte Messe, notre humanité se laisse laver, se laisse transformer en un être nouveau, toujours plus divinisé. Mais pour cela, il faut accepter que Jésus vienne à nos pieds, il faut laisser mourir notre orgueil, pour pouvoir après nous mettre nous-mêmes à genoux devant Celui qui quitte son vêtement pour nous. C’est cela, avoir part avec le Christ.

 

            Mais l’Institution de l’Eucharistie est intimement liée à l’Institution du Sacrement de l’Ordre. Pas de messe sans prêtre ! Pas d’Eglise sans messe ni sans prêtre ! Cette mission de l’Eglise, Jésus la lui donne au moment de l’Institution de l’Eucharistie : « Faîtes cela en mémoire de moi » dira-t-Il par deux fois : sur le pain et sur la coupe. « C’est un exemple que je vous ai donné, afin que vous fassiez vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » dira Jésus lors du lavement des pieds. Autrement dit, quelle que soit la version que nous prenons, nous retrouvons dans les deux,  l’ordre de Jésus de perpétrer le rite qu’Il a lui-même institué. C’est la mission qu’il confie à l’Eglise. Et cette mission ne peut continuer sans prêtres. Fêter l’Institution de l’Eucharistie, c’est donc aussi fêter l’Institution du Sacerdoce et c’est aussi prier pour les prêtres, que vous connaissez, que vous avez, pour les futurs prêtres. Beaucoup de questions actuelles de l’Eglise, beaucoup de questions pastorales, ont leur racine dans le manque de prêtre ! L’urgence des urgences dans tous nos projets pastoraux, d’évangélisation, de mission, doit être la prière et le soutien des vocations sacerdotales et religieuses. Il ne peut y avoir d’avenir sans cela. Il faut et soutenir les prêtres (et arrêter de les critiquer soit dit en passant) et prier et soutenir les futures vocations. Et là, frères et sœurs, soyons très clairs ! Dieu continue à appeler des hommes et des femmes à sa suite ; Il continue à appeler des jeunes à sa suite. Le problème n’est pas dans l’appel, mais dans la réponse. Beaucoup de familles ne sont plus ouvertes à cette question ; beaucoup de paroisses ne croient plus en la valeur de la prière pour les vocations. Notre paroisse ne se situe pas forcément dans ce que je décris du point de vue du souci des vocations. Mais il faut continuer. Nous avons la chance d’avoir à peu près une vingtaine d’enfants de chœur qui côtoient non seulement le Christ dans le Sacrement de l’Eucharistie, mais qui côtoient aussi la personne du prêtre. Il n’y a aucun doute qu’un certain nombre de jeunes et d’enfants se posent la question de devenir prêtre. Alors, je vous demande, frères et sœurs, de prier le Seigneur et sa Sainte Mère pour que ces enfants, ces jeunes persévèrent ; pour qu’ils soient soutenus ! pour qu’ils se laissent toucher par le mystère de l’appel du Seigneur ! Merci pour votre prière !  Merci de les présenter ce soir au cours de l’Adoration au Seigneur. N’oubliez pas nos séminaristes : Patrick, Jordan, Jimmy et vos prêtres ! Et rendons grâce au Seigneur pour la croissance et la vitalité de notre paroisse. Amen !

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