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Homélie de la Messe de la Vigile de Noël du Père Julien PALCOUX

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Messe de la Vigile de Noël

Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel ;

Par l’Esprit-Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.

Chers frères et Sœurs,

La fête de Noël peut se résumer en deux mots, ou plutôt en deux prénoms : Emmanuel et Jésus. Ces deux prénoms de l’Enfant Divin qui va naître donnent le cœur nucléaire de ce que nous fêtons ce soir : l’Amour et le Salut. L’Eglise exprime ce mystère dans le Credo par ces mots : Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel ; par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.

La fête de Noël nous redit tout d‘abord que nous sommes aimés de Dieu. Si Dieu n’en avait rien à faire de nous, de sa créature, des hommes, Il ne nous aurait pas rejoints dans notre monde. Noël est en quelque sorte la réponse à tous ceux qui se demandent où est Dieu, ce qu’il fait. A tous ceux qui se disent : « Je ne crois pas en Dieu, car s’il existait, il n’y aurait pas de guerre, de morts injustes, de maladies, de catastrophes naturelles », Dieu répond en se donnant lui-même, en nous rejoignant. Il nous dit : c’est parce que je t’aime que je te rejoins et que je veux venir dans ta vie.

Frères et sœurs, vous qui êtes mariés ici ce soir, vous qui vivez en couple, vous savez bien que c’est l’amour que vous avez pour l’autre qui vous pousse à vouloir vivre ensemble, à tout partager, à vouloir être avec l’autre. Quand on aime, il n’y a même pas besoin de faire des choses pour celui ou celle qui est aimé (e), il suffit simplement d’être avec l’autre. C’est cela qui comble et qui rend heureux. Quand on comprend cela, on comprend d’une manière un peu plus profonde le mystère de Noël, le mystère de ce Dieu qui s’appelle Emmanuel pour être avec nous, simplement parce qu’Il aime sa créature. Ecoutez le vocabulaire employé par le prophète Isaïe : « Tu seras une couronne resplendissante, (…), un diadème royal dans la main de ton Dieu (…), on ne t’appela plus « la délaissée », on n’appellera plus ta contrée : « Terre déserte » mais on te nommera : « Ma Préférée », on nommera ta contrée : « Mon Epouse » car le Seigneur met en toi sa préférence. (…) Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. » Je ne sais pas comment on peut dire de manière plus claire l’amour de Dieu pour son peuple et ses créatures. Dieu nous rejoint d’abord parce qu’Il nous aime. St Thomas d’Aquin évoque l’éventualité que l’homme n’ait pas commit de péché originel. Si tel avait été le cas, donc si l’homme n’avait pas eu besoin d’être sauvé, Dieu se serait-il quand même incarné ? se demande-t-il. Réponse de St Thomas d’Aquin : si l’Incarnation du Fils de Dieu a pour cause première le remède contre le péché, elle n’exclut pas la possibilité d’un mouvement pur d’amour, car Dieu est Amour et l’Amour qu’Il est le pousse à rejoindre sa créature qu’Il aime. (III, Q1, a3).

Pour entrer dans la fête de Noël, il faut reconnaître et accueillir l’amour que Dieu a pour nous et savoir que Dieu ne se satisfera jamais qu’un de ses enfants soit abandonné ou laissé de côté.

Nous pouvons continuer à entrer dans la fête de Noël en nous arrêtant sur le prénom de Jésus. Jésus : Le Seigneur sauve. Mais de quoi avons-nous besoin d’être sauvés ? pouvons-nous nous demander. Il est vrai que la question du Salut est pour nous aujourd’hui plus difficile qu’il y a quelques décennies, vivants dans une société où on a quand même tout ce qu’il faut pour vivre par rapport à d’autres pays. Il reste la question de la maladie, de l’injustice et parfois de la mort pour nous faire désirer un salut. Eh bien, de quoi avons-nous besoin d’être sauvés ? Eh bien du péché… qui fait que je fais du mal, parfois sans le vouloir, parfois en le voulant. « Je ne fais pas toujours le bien que je voudrais » dira St Paul. Sauvé de la mort. Parce que même si, par la foi, je sais que je vais vers Dieu, il n’en reste pas moins vrai que perdre des êtres aimés, des proches, est une réalité qui s’oppose au désir qu’il y a dans mon cœur de rester avec ceux que j’aime. Sauvé aussi du mal injuste, de la souffrance. Sauvé des limites de notre humanité qui n’est pas toute-puissante, parfaite, qui rate, qui connaît des échecs. Jésus nous apprendra que c’est l’amour qui sauve. D’abord l’Amour de Dieu ; mais aussi en aimant les autres. Exercer l’amour dans notre vie est une œuvre de salut et pour les autres et pour moi.

Le salut offert en Jésus est offert à tous. Cette universalité est importante. Elle n’est pas réservée à un peuple, à une catégorie. Dans la messe de la Nuit, nous entendrons les Anges chanter : « Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis. » « Bonae voluntatis » : aux hommes de bonne volonté, qui veulent faire le bien, et non « aux hommes qu’Il aime » comme le dit la malheureuse traduction française. Le salut que Jésus vient apporter s’adresse à tous les hommes de bonne volonté, à tous ceux qui vivent selon le Bien, qui veulent faire du bien dans leur vie. La messe du Jour de Noël nous dira la même réalité, avec des mots différents : « Le Verbe était la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans ce monde. »

Personne n’est exclu du Salut offert en Jésus. Sauf, si nous ne l’accueillons pas, ou si nous le refusons. Cette éventualité était malheureusement vraie il y a 2000 ans ; elle l’est encore aujourd’hui : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. »

Frères et Sœurs, nous qui fêtons la Nativité du Fils de Dieu ce soir, la balle est dans notre camp. Accueillons le Salut que Jésus nous apporte, pas seulement au cours de cette messe, de cette fête de Noël, mais aussi tous les jours de notre vie. Puissions-nous rayonner autour de nous l’Amour de Dieu que nous recevons ce soir et vivre chrétiennement cette fête de la Nativité du Fils de Dieu, Emmanuel, Jésus. Amen !

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