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Homélie de la messe de Pâques du Père Julien PALCOUX

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Dimanche de Pâques

Dimanche 20 Avril 2014

Frères et sœurs,

 

            Dans cet Evangile que nous entendons en ce jour de Pâques, si nous écoutons bien, il n’y a pas d’annonce de Pâques ; d’autres versions nous diront qu’un ange est apparu et a annoncé aux femmes le Grand Evènement : Jésus de Nazareth est ressuscité ! Mais dans la version que nous entendons ce matin, il n’y a pas d’annonce de la Résurrection ; simplement, le récit de l’arrivée de Marie-Madeleine, puis de Pierre et de Jean au tombeau, qui découvrent que la pierre est roulée, que tombeau est vide, que seuls les linges restent…mais que le corps a disparu !

            St Jean pose ici les fondements de notre foi en la Résurrection. La Résurrection ne s’impose pas comme cela, naturellement…exception faite pour St Jean dont on nous dit : « Il vit et il crut ». Croire en la Résurrection apparaît comme un chemin. Ni Marie-Madeleine, ni Pierre n’y arrivent tout de suite. D’ailleurs, Marie-Madeleine arrive au tombeau « de grand matin » « alors qu’il fait encore sombre ». Elle est au début du chemin. La journée commence. Et puis, c’est « le premier jour de la semaine », indication qui nous montre encore que c’est le début d’un parcours.

L’Evènement que nous proclamons ce matin, que nous fêtons, à savoir la Résurrection de Jésus, nous apparaît peut-être évident, tant nous l’avons entendu, tant l’Eglise nous l’a enseigné…mais c’est tout sauf évident ! C’est un chemin auquel on accède par la foi. Dans l’Evangile, nous n’en sommes qu’aux traces visibles laissées par la Résurrection : disparition du corps, linges restés sur place, pierre roulée. Mais rien n’affirme que Jésus est ressuscité. L’étape suivante est celle de la foi : « Il vit et Il crut. » Et puis, après cette étape, Jésus confirmera la foi de ses apôtres en sa Résurrection en apparaissant à chacun de ses apôtres. Croire en la Résurrection est donc le fruit d’un chemin de foi que Jésus lui-même viendra confirmer. Nous ferons l’expérience du Ressuscité.

            Alors, il est intéressant de voir que ce chemin, nous le parcourons tous à des rythmes différents. Pierre met du temps. St Jean, lui, c’est immédiat : « il vit et il crut. »Pourquoi cette immédiateté ? Certainement, parce que c’est le disciple de l’Amour. Il aimait Jésus. Jésus l’aimait. L’Amour, qui vient de Dieu, conduit à Dieu. L’Amour franchit les limites humaines de la distance, du temps. Celui qui aime peut exister dans la vie de l’autre et franchir les limites humaines de l’espace et du temps.

 

            La Résurrection de Jésus nous annonce aussi notre propre Résurrection. Puisque Jésus a assumé en tout point notre humanité, sa Résurrection est donc la préfiguration de la nôtre. De ce fait, cet Evènement qui s’est déroulé il y a quelque 2000 ans, nous concerne aussi et nous rejoint. Par le sacrement du Baptême, nous sommes entrés dans cette vie nouvelle que Jésus est venu inaugurer. Notre être est transformé. Nous sommes devenus aptes à la vie divine. Nous savons qu’il y a une vie après la mort. Cette perspective de la vie divine, de la Résurrection de nos corps transforme entièrement notre manière de vivre. Une lumière nouvelle jaillit sur notre vie et son histoire. Dans l’Evangile, les disciples en font l’expérience : « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » La Résurrection jette une lumière nouvelle sur la vie des disciples et les amène à relire leur propre vie d’une manière nouvelle, dévoilée.

            Frères et sœurs, nous aussi, en ce jour où nous fêtons la Résurrection de Jésus, nous devons relire d’une manière nouvelle notre vie. Si nous croyons en la Résurrection, nous ne pouvons pas être des chrétiens dépressifs qui subissent la vie comme un poids, qui ont perdu le goût de la vie. Nous ne pouvons pas être des chrétiens tièdes qui se laissent manipuler au gré des forces et des idéologies politiques ou religieuses d’ailleurs. La Résurrection, c’est la force de vie de Dieu qui nous envahit et nous pousse à proclamer la Bonne Nouvelle, comme les anges et Jésus lui-même le diront à Marie-Madeleine et à ses apôtres.

 

            Il y a un lien essentiel, incassable, indissoluble, entre la foi en la Résurrection de Jésus et la proclamation de cette foi, l’annonce de l’Evangile. La foi est missionnaire ; la mission repose sur la foi. Alors, effectivement, nous devons nous interroger sur notre dynamisme missionnaire…il est parfois bien tiède…N’est-il le révélateur d’une foi vide, abîmée, non vivifiée ? Personnellement, je le crois. C’est d’ailleurs une des raisons qui avait conduit Benoît XVI à vouloir une année de la foi pour notre Eglise. La foi n’est pas une somme de données purement intellectuelles ou théoriques. La foi, c’est une force concrète qui pénètre dans toute notre vie et la transforme. Après l’enracinement dans la foi sous le pontificat de Benoît XVI, vient l’appel à la mission sous le pontificat du Pape François. Les deux sont liés. C’est ce que vit notre Eglise aujourd’hui.

Puisse cette fête de Pâques nous transformer intérieurement et venir réveiller notre foi pour que nous ayons le désir et la flamme de la proposer autour de nous ! Amen !

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