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Homélie de la messe des Rameaux et de la Passion de Notre Seigneur du Père Julien PALCOUX

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Sul ar Blenuioù hag ar Basion

Frères et soeurs,

            En revivant ces instants tragiques, on ne peut qu’être surpris par l’accomplissement parfait des Ecritures que vit Jésus. Il dira d’ailleurs lui-même : « Car je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte des Ecritures : ‘Il a été compté avec les pécheurs.’ »

            Jésus accomplit tous les signes messianiques. Le Messie devait entrer triomphalement à Jérusalem, ville royale, ville du Roi David. Tout Juif connaît la prophétie de Zacharie 9,9 : « Dîtes à la fille de Sion : voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme. » Entrer comme cela à Jérusalem, c’est dire ouvertement qu’Il est le Messie. Jésus revendique un droit royal. Il montre que la Promesse de l’Ancien Testament s’accomplit en Lui. Après, le peuple qui l’acclame jette ses vêtements sur l’âne et font monter Jésus dessus. Cette attitude renvoie encore à un épisode bien connu des Juifs : c’est le moment où le Roi David fait monter son propre fils Salomon sur sa mule et l’envoie à Gihôn pour qu’Il reçoive l’onction royale. Et ces actes sont corroborés par les paroles du psaume 118, le psaume liturgique des pèlerins en Israël : « Hosannah ! Béni soit Celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur ! »

Nous le voyons, non seulement Jésus accomplit les prophéties messianiques attendues, mais Il assume aussi toutes les ambigüités liées à l’attente d’un Messie royal. C’est là que la Passion nous révèle quel Messie Jésus va être.

La première lecture que nous avons entendue nous redit que Jésus a tout assumé, jusqu’aux  prophéties du Serviteur Souffrant : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. » Là, à ce stade de la Passion, beaucoup vont abandonner Jésus. On acclame le super héros qui entre dans Jérusalem ; mais on rejette Celui qui va subir l’humiliation. Cet abandon deviendra encore plus manifeste dans le choix de relâcher Barrabas, ce chef de bande, cet émeutier et meurtrier dont le nom (Bar-Abbas Fils du Père) nous indique la volonté de construire le Royaume de Dieu par l’usage de la force et de la violence. Finalement, c’est lui que la foule va préférer à Jésus !

Nous le voyons bien : Jésus accomplit toutes les prophéties messianiques, non pas en super héros à qui rien ne résiste, mais en avançant dans le don de lui-même, dans l’abandon de lui-même, dans l’humilité, voire même dans l’humiliation. Ce chemin de Jésus dans sa Passion demeure incompréhensible si nous ne comprenons pas qu’il est motivé par l’amour. Seul l’amour permet cet anéantissement, cet abaissement de Dieu. Sans l’Amour, on ne comprend rien à la Passion de Jésus. Sans l’Amour, la Passion ne devient qu’un échec. Sur la croix, l’Amour de Dieu se révèle dans le pardon que Jésus implore pour ceux qui le tuent : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Le pardon a sa source en Dieu. En cette année de la miséricorde, nous qui allons vivre la Passion à la suite de Jésus, nous avons certainement dans notre vie des pardons à demander, à donner, à recevoir. Méditons sur ces pardons, ces réconciliations que nous avons à vivre. Si nous ne l’avons pas fait, allons nous confesser avant Pâques pour recevoir le pardon de Dieu. Comme la Passion, le pardon n’est possible que parce qu’il présuppose l’amour. Il est d’ailleurs à ce titre intéressant de noter que la Tradition de l’Eglise a toujours identifié St Jean comme le  seul disciple demeuré fidèle à Jésus jusqu’au bout, alors que tous les autres vont tomber : Pierre va renier ; les autres vont s’endormir ; Judas va trahir et les autres vont fuir…Le disciple de l’Amour, lui, restera fidèle jusqu’au bout.

Au seuil de cette Semaine Sainte, que l’exemple du don que Jésus fait de lui-même nous aide à admirer l’Amour de Dieu pour chacun de nous. Demandons au Seigneur la grâce de lui être fidèles et de ne pas l’abandonner quand Il a besoin de nous, de lui être fidèles quand Il nous attend à la messe le dimanche; de lui être fidèles quand l’Eglise est attaquée ou critiquée ou quand nos frères et sœurs chrétiens se font attaquer ou tuer. Amen !

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