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Homélie de la messe du 29ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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29ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et Sœurs,

La question qu’aborde Jésus avec ses disciples est une question récurrente : pourquoi mes prières ne sont-elles pas exaucées ? pourquoi certaines prières le sont et moi pas ? Parfois certaines personnes vont même jusqu’à ne plus croire en Dieu par ce qu’elles n’ont pas été exaucées ! Parfois d’autres encore reconnaissent avoir été exaucées en partie. Jésus invite ses disciples à prier envers et contre tout. Il les invite à prier avec foi.

Je crois que nous pouvons reprendre quelques éléments qui font qu’une prière est juste. Dans la prière, il faut tout d’abord rester à sa place. Il ne faut pas se mettre à la place de Dieu. Et l’être humain a tôt vite fait de glisser et, subrepticement, de se mettre à la place de Dieu. Ailleurs dans l’Evangile, Jésus a sur cette question des paroles très claires. Il dit à ses disciples : « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et la porte vous sera ouverte. » Ce qui nous appartient c’est de « demander, de chercher et de frapper » ; et c’est tout ! le reste appartient à Dieu. Le fait que nous recevions, que nous trouvions, que la porte nous soit ouverte, est du ressort de Dieu. Faisons attention à laisser Dieu nous répondre, et ne nous mettons pas à répondre à sa place. Sinon, cela ne marchera pas. Nous avons d’ailleurs un modèle pour la prière : c’est Marie à Cana. Marie dit seulement à Jésus : « Ils n’ont plus de vin » ; elle ne se met pas à la place de Jésus, mais elle le laisse répondre comme Il veut.

Pour qu’une prière soit efficace, il faut aussi que nous priions avec foi. Plus nous mettons de la foi dans notre prière, plus notre prière est forte, parce que, fondamentalement, Dieu est présent dans notre prière. Je vais revenir sur cet aspect parce que c’est là-dessus que Jésus conforte ses disciples.

Il faut aussi que ce que nous demandions soit conforme à sa volonté. Jésus lui-même l’a expérimenté à Gethsémani : « Père que cette coupe passe loin de moi ; mais non pas ma volonté, mais la tienne » dira-t-il. Or, ce que nous demandons dans notre prière n’est pas toujours ajusté à la volonté de Dieu. Et justement, le fait que Dieu ne nous exauce pas toujours tout de suite ou complètement, correspond au fait que Dieu purifie notre prière et nos intentions. Il nous éprouve pour faire grandir notre foi. St Augustin enseignera à une Romaine, Proba, que parfois Dieu tarde à nous exaucer pour faire grandir en nous le désir d’être exaucé et pour que notre joie soit plus grande lorsque Dieu nous exaucera parce que notre désir s’est accru.

Voici donc quelques éléments fondamentaux pour qu’une prière soit une prière juste.

Alors, venons-en maintenant à l’histoire que rapporte Jésus. Il invite à prier avec foi. Prier avec foi, cela implique de ne pas s’arrêter à ce que l’on ne voit pas, mais au contraire, cela implique de croire en ce qu’on ne voit pas encore. Notre pauvre veuve un peu casse-pied ne s’arrête pas à l’absence de réponse du juge ; elle croit en ce qu’elle ne voit pas encore. Et c’est ici, frères et sœurs, que nous ne pouvons qu’admirer la toute-puissance de Dieu. Dieu est tellement puissant qu’Il passe par nos imperfections, par notre péché, par nos limites pour réaliser ce qu’Il veut. C’est génial. Nous, personne parmi nous ne peut faire cela. La toute-puissance de Dieu ne se donne pas à voir dans une réponse qui serait immédiate à notre prière, mais elle se donne à voir par une réponse qui passe par des médiations, par toutes sortes des chemins, parfois pas toujours droits, par des chemins bizarres. Là, nous voyons la toute-puissance de Dieu à l’œuvre. Du reste, seul Dieu a la puissance de faire sortir un bien d’un mal. Nous, nous ne le pouvons pas. Et c’est souvent après coup que nous nous rendons compte que Dieu s’est servi de nous pour répondre à telle personne, pour faire comprendre ceci à quelqu’un.

Mais prier avec foi, comme nous y invite Jésus, c’est aussi prier avec les autres. Une prière est toujours plus belle, plus forte et plus puissante, lorsqu’elle est portée à plusieurs. Regardez l’histoire de Moïse dans la première lecture. Que nous dit-elle dans le fond ? Elle nous dit que lorsque les autres (Aaron et Hour) soutiennent les bras de Moïse, le peuple d’Israël est vainqueur. C’est-à-dire que pour qu’une prière soit efficace, il faut qu’elle soit soutenue et portée par d’autres. Et plus une prière est portée, plus elle est puissante. C’est toute la puissance de l’Eglise que l’on entrevoit ici. Prier seul est bien et honorable. Mais prier en communion avec l’Eglise, avec d’autres, est encore mieux parce que plus puissant. Et prier au cours de la messe est encore plus puissant parce que notre prière rejoint celle de Jésus qui s’offre à nouveau pour nous par les mains du prêtre. J’en ai déjà parlé la semaine dernière.

Alors, je souhaiterais terminer au sujet de la puissance d’intercession de l’Eglise, en vous disant qu’il y a aussi une personne dont l’intercession est toute-puissante sur le coeur de Jésus ; il y a une personne dont l’intercession est à elle seule plus puissante que celle de toute l’Eglise : il s’agit de la Vierge Marie. En raison de la grâce de son Immaculée Conception, en raison de sa pureté parfaite, la Vierge Marie a une prière toute-puissante ; et notre prière n’en est que plus belle, plus pure et plus puissante présentée par les mains de la Sainte Vierge. De plus, Marie nous apprendra à rester à notre place et à prier avec foi et dans la foi.

Frères et sœurs, au lendemain de la fête de Notre-Dame de Fatima, à quelques semaines du centenaire des apparitions de Notre-Dame aux 3 petits bergers le 13 mai 1917, demandons à la Vierge Marie qu’elle nous aide à prier avec foi ; qu’elle nous aide à grandir dans la foi, qu’elle aide notre foi à se fortifier, qu’elle soutienne toutes les personnes qui perdent la foi. Présentons lui aussi tous ceux qui prennent le chemin d’un engagement, et plus particulièrement nos amis qui se préparent au sacrement du mariage. Que Marie veille sur le « Oui » qu’ils vont se dire et qu’elle aide ce « Oui » à grandir tout au long de la vie. Amen !

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