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Homélie de la messe du 2ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX

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2ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

En ce jour où nous méditons sur l’épisode de la Transfiguration de Jésus, épisode extraordinaire dans tous les sens du terme, l’occasion nous est donnée de réfléchir sur la prière; la prière qui fait partie des 3 voies que l’Eglise nous invite à soigner en ce temps de Carême. Car la Transfiguration du Christ est essentiellement une expérience de prière à laquelle vont assister Pierre, Jacques et Jean.

Entre autre choses, cet épisode confirme la divinité de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Dieu nous invite dans la prière à écouter son Fils. Pas seulement à l’entendre. La différence entre le fait d’entendre et le fait d’écouter réside dans le fait qu’entendre Dieu nous parler n’implique pas de lui obéir. Ecouter Dieu, c’est suivre ce qu’Il nous dit. Dans la première lecture, Abraham écoute Dieu ; il lui obéit et part à l’aventure. L’histoire d’Abraham est une allégorie de la prière. Abraham accepte de quitter ce qui lui est propre, famille, parenté, pays pour partir il ne sait où, mais confiant en la Parole de Dieu, porteuse d’une promesse. Pour vraiment écouter Dieu dans notre prière et dans notre vie, nous devons nous aussi être capables de quitter notre monde, nos manières de voir, de penser pour aller vers l’inconnu, vers ce que nous ne connaissons pas, que Dieu seul connait, mais qui est porteur d’une promesse. En fait, on ne peut pas réellement prier et encore moins obéir à Dieu si nous n’acceptons pas de lâcher prise. Et c’est l’écoute de Dieu, c’est-à-dire l’obéissance à ce que Dieu nous dit, qui est gage de fécondité. La promesse que Dieu fait n’est pas réservée seulement au peuple Hébreu, ni à une élite de ceux qui seraient de supers chrétiens. Elle est faite à chacun d’entre nous. Dieu veut nous donner infiniment plus que ce que nous pouvons souhaiter ou même imaginer. C’est dans cette perspective qu’il faut vivre la prière, la relation avec Dieu.

Ce que je développe là de la prière a un présupposé : c’est que la prière ne peut se réduire à un monologue avec Dieu ou simplement le fait de dire mes prières. La prière est une rencontre entre Dieu et celui qui prie ; elle prend la forme d’un dialogue car Dieu nous a crées libres et il fait partie de notre dignité humaine que de lui répondre et parfois même de lui résister. Profitons de ce temps de Carême pour soigner dans notre prière l’écoute de Dieu et pour dépasser le monologue avec Dieu.

L’épisode de la Transfiguration nous apprend également que la prière transforme notre vision des autres et du monde. Pierre, Jacques et Jean vont voir en l’homme Jésus la divinité. Ils s’affranchissent de l’espace et du temps, voient Elie et Moïse. La proposition de Pierre de monter trois tentes nous laisse supposer que cet épisode se déroule lors de la fête des tentes, la fête de Soukkôt. Cette fête rappelle les cabanes que les Hébreux s’étaient construites dans le désert lors de l’exode et est une préfiguration des demeures dans lesquelles les Justes habiteront à la fin des temps lors des temps messianiques. Cette discrète allusion à la fête des tentes confirme la divinité de Jésus : Jésus est le Messie attendu, Il est la véritable tente dans laquelle Dieu habite. C’est donc une des grâces de la prière que d’éduquer notre regard à percevoir la divinité, la présence de Dieu voilée sous les apparences de l’humanité. Celui qui prie est capable de regarder différemment les autres, il est appelé à voir en tout homme la présence voilée de Dieu, à voir dans les évènements du monde la discrète présence de Dieu ou encore à savoir que, même lorsque Dieu paraît absent, Il est présent. Exerçons nous nous aussi à chercher dans nos frères et sœurs la présence de Dieu, en particulier chez celles et ceux que nous avons le plus de mal à aimer.

Le dernier élément que je reprendrai, c’est que la Transfiguration de Jésus est l’annonce de notre future transfiguration. Tout notre être est appelé à être transfiguré, à se laisser progressivement diviniser. La prière en est le premier instrument. Mais la Communion, eucharistique ou spirituelle, en constitue la cause principale. La sainte hostie est déjà une transfiguration de Jésus. Plus nous communions ou plus nous adorons le Saint Sacrement, plus nous laissons notre humanité être transformée par la divinité. Notre transfiguration, qui sera totale et effective à la fin des temps, se construit déjà dès maintenant. Elle nous fortifie en outre pour affronter les épreuves de cette vie, tout comme la Transfiguration de Jésus a affermi Pierre, Jacques et Jean avant l’épisode de la Passion. Mais l’affermissement de notre foi ne signifie pas que nous comprendrons tout ce qui va se passer. En fait, nous nous rendons compte que Dieu nous prépare, dans notre vie, à vivre ce qui va arriver, même si le sens nous échappe.

Frères et Sœurs, demandons la grâce au Seigneur de pouvoir le rencontrer toujours plus profondément dans la prière pour que nos vies, nos actes et nos paroles soient toujours plus à l’image de Celui en qui nous croyons. Amen !

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