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Homélie de la messe du 2ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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2ème Dimanche de Pâques

Dimanche de la Miséricorde

 

Frères et sœurs,

 

Une des grâces du Temps Pascal est de nous « catéchiser » pourrions-nous dire, de nous éduquer à la foi en la Résurrection de Seigneur Jésus. Ce qui est et demeure un mystère. La question que pose Thomas est celle que beaucoup d’entre nous se posent : croyons-nous réellement que Jésus est ressuscité ? Quelle preuve en avons-nous ?

            On peut distinguer dans l’histoire du Salut 3 périodes concernant la vie du Christ : il y a la période où Jésus était vivant humainement ; période pour nous à jamais révolue, parce que inscrite dans le temps et maintenant dépassée dans le temps. Il y a la période, assez courte, 40 jours, où Jésus, dans son humanité ressuscitée, va apparaître à ses apôtres et disciples et les ouvrir à la Résurrection.   Et enfin, il y a la dernière période celle que nous connaissons, celle dans laquelle nous vivons, celle où Jésus est glorifié, à la droite du Père, celle où Il n’est plus présent physiquement sur terre. Bien que l’Evangile aborde la question de la présence de Jésus dans ce que nous venons de considérer comme la deuxième période, la question du mode de présence de Jésus abordée ici est orientée vers la 3ème période, vers celle dans laquelle nous vivons.

            Il y a effectivement plusieurs modes de présence de Jésus Ressuscité. L’Evangile aborde la question du mode de présence de Jésus dans son humanité ressuscitée. Alors, d’un seul coup : Il est là, au milieu de nous. On ne le voit pas arriver ; on ne le voit pas partir. Il arrive comme cela. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Eh bien, que l’humanité ressuscitée n’est plus marquée par les limites de l’espace et du temps de notre humanité. L’état de Résurrection est un état affranchi de toutes limites. Mais il y a d’autres modes de présence de Jésus que vous connaissez. Jésus est présent lorsque deux ou trois sont réunis en son Nom. Jésus est présent dans les Ecritures. C’est ce que nous apprend l’Evangile des pèlerins d’Emmaüs. Le Ressuscité nous parle à travers les Saintes Ecritures. Les Ecritures sont toujours orientées vers le mystère de la Résurrection. Les saints nous enseignent aussi que Jésus Ressuscité est présent dans les pauvres. Souvenez-vous, par exemple de St Martin, déchirant son manteau pour vêtir un pauvre et recevant une apparition du Christ, quelques jours après, vêtu du même manteau. Le Christ est aussi présent dans les sacrements. St Jean nous le dit dans la 2ème lecture : « C’est Lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et le sang. » Que signifient l’eau et le sang ? Le baptême et l’Eucharistie ! C’est-à-dire que, non seulement, les sacrements nous donnent la grâce de Dieu, mais ils font venir en nous le Ressuscité. Et, dans ce mode de présence, le Christ Ressuscité est présent au plus haut point sous les espèces du Pain et du Vin consacrés.

            Dans ces différents modes de présence du Christ Ressuscité que nous connaissons, il convient bien de mettre à la bonne place le mode de présence eucharistique, c’est-à-dire, dans les Saintes Espèces que sont le Pain et le Vin consacré. Le concile Vatican II rappelle que c’est le mode de présence le plus éminent du Ressuscité. Très concrètement, on peut prier chez soi ; on peut prier à plusieurs ; on peut prier à partir de l’Ecriture Sainte. Mais, lorsque nous sommes à l’église, Jésus est vraiment, réellement là.

 

            Se pose alors à nous une autre question concernant la reconnaissance du Ressuscité. Vous remarquerez qu’on ne reconnait pas Jésus Ressuscité par des critères physiques. Et pourtant, Jésus conserve un corps. Il mangera afin de montrer à ses disciples qu’il n’est pas un  fantôme. Sur cette question, deux figures peuvent nous aider : St Jean et St Thomas.

            St Jean, nous l’avons vu la semaine dernière, est le disciple de l’Amour ; celui qui arrive le premier au tombeau ; celui qui est resté avec Jésus tout le temps : de son arrestation jusqu’à la Croix. St Jean est le disciple de la Passion. Parce qu’il est resté fidèle tout au long de la Passion, il  accède en premier à la Résurrection et il croit immédiatement. Avoir vécu complètement la Passion avec Jésus le fait accéder immédiatement à la foi en la Résurrection.

            Et regardez St Thomas. Que demande-t-il pour croire ? A voir Jésus ; plus exactement à voir « la marque des clous dans les mains de Jésus ». Il demande à toucher les traces de la crucifixion. Et Jésus va lui apparaître et lui permettre de toucher les traces de la Passion. St Jean, comme St Thomas, nous apprennent qu’on ne peut accéder à la Résurrection qu’en passant, qu’en communiant à la Passion. Pas seulement parce que le fait de souffrir nous ferait désirer une amélioration ou une libération, et qu’ainsi la souffrance serait un support, une préparation, pour espérer la Résurrection ; mais surtout parce que le Communion à la Passion nous fait entrer en Communion avec le Christ lui-même pour arriver à la Résurrection. C’est la Bonne Nouvelle par excellence. Tous ceux qui découvrent dans leur vie les traces de la Passion ont accès à la Résurrection.  On ne peut soi-même faire l’expérience du Ressuscité si on ne fait pas l’expérience de la Passion.

 

            Mais tout cela ne peut avoir lieu que par la foi. La reconnaissance du Ressuscité est de l’ordre du régime de la foi. On ne le reconnait pas physiquement ; on le reconnait par la foi. La foi est nécessaire pour croire en la résurrection, pour reconnaitre Jésus Ressuscité dans notre vie. St Thomas devient le Saint patron, non des incrédules, mais des croyants : « Cesse d’être incrédule » lui dit Jésus « sois croyant ! » Nous qui vivons dans la temporalité marquée par l’absence de Jésus, présent dans son humanité ressuscitée, nous vivons dans le régime de la foi. Et, sauf exception ou grâce particulière, nous n’avons pas eu d’apparition du Christ Ressuscité comme St Thomas. Nous, nous croyons parce que, par et grâce à la foi, nous accueillons le témoignage transmis par les apôtres. Nous faisons partie de ces gens heureux, comme dit Jésus, que croient sans avoir vu.

 

            Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur pour le don de la foi qui nous permet de croire en sa Résurrection, qui nous permet de le reconnaitre. Et, en ce dimanche de la miséricorde, cher à notre St Jean-Paul II, implorons la miséricorde du Seigneur pour tous nos manques de foi et ceux de nos contemporains. Amen !

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