Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil » Blog et Site Internet

Homélie de la messe du 3ème dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX

+

3ème dimanche de l’Avent

Frères et sœurs,

 

Si la couleur liturgique de ce 3èm dimanche de l’Avent est la couleur rose, couleur de la joie, les textes que nous entendons aujourd’hui nous posent deux questions : Comment le Seigneur vient-Il à nous ? et, à la suite de Jean-Baptiste, comment rendons-nous témoignage à Dieu devant les autres ?

            Comment le Seigneur vient-Il à nous ? Jean-Baptiste nous donne la réponse lorsqu’il répond  aux Juifs : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. » « Au milieu de vous » : le terme grec « Mesos » signifie : « au milieu » «  en vous ». Jean-Baptiste nous révèle que le Seigneur est au milieu de nous, en nous, au plus profond de nous. C’est une des premières conversions que nous avons à vivre en ce temps de l’Avent : nous nous préparons à la venue du Messie ; nous nous préparons surtout à le découvrir déjà en nous. Dieu nous précède toujours. Avant que nous ne le découvrions dans telle ou telle personne, telle ou telle situation, Il est déjà présent ; Il nous précède. Ce n’est qu’après-coup que nous le découvrons. Et c’est la cause de la joie évangélique dont nous parle la liturgie de ce dimanche. Vous attendez un Sauveur ? un  salut ? Il est déjà là en vous ! découvrez-le !

            Jean-Baptiste nous apprend à trouver le Seigneur. Cherchons en nous. Aujourd’hui, et là nous touchons une joie profonde accessible à tout homme, à l’heure où Dieu est mis en dehors de nos vies, à l’heure où Il est tenu bien à l’écart de nos vies, nous avons souvent le réflexe lorsque cela ne va pas, de nous tourner vers Dieu ; nous avons le réflexe de rajouter Dieu dans notre vie. Si le désir est bon, le mouvement ne l’est pas. Dieu n’est pas extérieur à nos vies, à nos personnes. Il est en nous ! Il ne s’agit pas de le rajouter dans nos vies comme si Dieu était un principe extérieur à nous même, comme s’il fallait rajouter par exemple du sel ou du poivre dans un assaisonnement qui en manquerait ; mais Dieu est intérieur à nous-même ; il s’agit en fait de le découvrir en nous et de nous ouvrir à sa présence.

            Comment le repérer ? Comment le reconnaître ? le découvrir ? St Paul nous donne la clé dans la deuxième lecture : « discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. » Autrement dit, c’est en appliquant un discernement intérieur de vie, que nous le découvrirons à l’œuvre en nous. En étant fidèle à l’Evangile, comme règle et principe de vie, en demeurant fidèle à l’enseignement de l’Eglise, nous permettons au Seigneur d’agir en nous, et nous le découvrons agissant en nous. C’est en ce sens, frères et sœurs, qu’il est important de relire sa vie : cela commence par la relecture de sa journée le soir avant de s’endormir ; cela se prolonge par la relecture de sa vie sur des périodes plus longues, en cherchant à voir ce qui a grandi, ce qui a germé. C’est ainsi que l’on découvre l’œuvre de Dieu.

            Dans ce travail de découverte de celui qui se « tient au milieu de nous et que nous en connaissons pas », une personne peut nous aider : la Vierge Marie. Le Psaume nous livre la prière de Marie, la prière du Magnificat. Il est intéressant de voir que lorsque la Sainte Vierge prie, elle loue l’œuvre de Dieu en elle. Elle part d’elle-même :  « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! » Mais après, il n’est plus question que de ce que Dieu a fait en elle : « Il s’est penché sur son humble servante : désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom etc… » Marie nous apprend à nous ouvrir à la présence de Dieu en nous ; elle nous apprend à rendre grâce pour l’œuvre et la présence de Dieu en nous ; elle nous apprend à coopérer à l’œuvre de Dieu, sans nous mettre à sa place, mais en nous mettant à  son écoute et en lui obéissant.

            Ceci-étant dit, les textes, aussi bien la première lecture que l’Evangile, nous posent une deuxième question : comment est-ce que nous participons à la préparation de la Venue du Seigneur chez les autres. C’est cette question que pose le prophète Isaïe : « Le Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé. » C’est ce dont témoigne Jean-Baptiste. L’Evangéliste St Jean écrit : « Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. »

Ces deux exemples nous redisent que nous sommes en quelque sorte des « porteurs de Dieu » ; c’est notre mission. Nous portons Dieu en nous et nous avons pour mission de l’apporter aux autres. Mais, sans oublier que Dieu est aussi déjà à l’œuvre dans l’autre. Vous comprenez alors toute la richesse et la profondeur qu’ont des relations entre chrétiens par  rapport à des relations entre non-chrétiens. Une personne qui n’est pas croyante n’est pas forcément ouverte à la présence de Dieu au cœur de son  interlocuteur. Cela n’empêche pas la relation humaine d’être une relation de qualité. Mais, cette relation  n’aura pas la même profondeur qu’un échange entre deux personnes qui ont conscience que le Seigneur est et habite en elles. Ici, la scène de la Visitation que vous connaissez bien, prend une toute autre couleur. Il est vrai que dans cette scène, Marie salue Elisabeth sa cousine. Mais, si nous regardons plus en détail : qui agit dans cette scène ? ce sont les enfants ! C’est Jésus, tout nouvellement conçu, qui salue dans le sein de sa Mère son cousin Jean-Baptiste qui répond et tressaille. C’est Dieu qui agit dans la rencontre des deux femmes. La Visitation devrait être le modèle de toute rencontre entre chrétiens, et même le modèle de rencontre entre des chrétiens et des non-chrétiens, puisque Dieu est au fond de chaque être humain.

Ces quelques réflexions nous amènent à réfléchir sur notre manière d’entrer en relation avec les autres ; sur notre manière de vivre avec les autres. Est-ce que, lorsque nous avons du mal à aimer telle ou telle personne, est-ce nous cherchons la présence de Dieu en cette personne ? Est-ce que nous nous adressons intérieurement à Dieu dans cette personne ? Il y a ici de quoi renouveler entièrement nos relations avec les autres.

Et puis, demandons-nous comment nous sommes des témoins de la venue du Seigneur pour tous ceux qui vivent sans Dieu ; pour tous ceux qui ne le connaissent pas ; pour tous les gens du « troisième cercle »,( pour les équipes qui ont travaillé sur l’évangélisation  notamment sur la paroisse….) Nous avons tout un tas de petits signes dans notre mode de vie qui marquent, non seulement un passé, une tradition chrétienne qui est celle de notre société et de notre pays (n’en déplaisent à certains), mais qui permettent aussi d’interroger tous ceux qui ne sont pas issus de la foi chrétienne sur notre foi et au-delà, sur la venue que nous attendons toujours, du Seigneur. Ces petits signes, vous les connaissez : ce sont par exemple les clavaires, les sonneries de cloches comme l’Angélus, les processions, les crèches pour prendre un exemple récent, les habits religieux des prêtres, des sœurs…Il ne s’agit pas de maintenir ces signes pour les maintenir ; nous ne sommes pas et nous ne défendons pas un musée ; mais il s’agit de les vivre pour maintenir la place de Dieu, dans une société où l’on cherche à le cacher ou à le taire. Ce n’est pas un combat d’arrière-garde comme le pensent certains, qui d’ailleurs à force de dénigrer et rejetter ces signes ont fini par vider les églises depuis 40 ans ; mais c’est aussi et surtout un moyen d’évangéliser une culture et une société laïcisées.

En cette troisième semaine de l’Avent qui s’ouvre aujourd’hui, prenons le temps dans la prière de découvrir plus profondément le Seigneur déjà présent en nous ; reprenons conscience qu’Il est aussi dans tous ceux que nous rencontrons et demandons au Seigneur, à la suite de Jean-Baptiste,  de ne pas avoir peur d’être ses témoins dans le monde d’aujourd’hui. Amen !

⇪ en haut ⇪ contact envoyer à un ami

Votre mail n'est jamais publié ou partagé ! Les champs marqués * sont requis *

*

*

*

T e x t e s   d u   j o u r