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Homélie de la messe du 5ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX

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5ème dimanche de Carême Année A

Frères et sœurs, 

            Il n’y a rien d’étonnant, approchant de la fête de Pâques, que le Seigneur fortifie notre foi en sa propre Résurrection. C’est exactement ce dont les textes nous parlent aujourd’hui. Trop souvent, voyez-vous, on peut se dire, presque machinalement, que Jésus est ressuscité. Nous le disons, fréquemment, dans le Credo, dans des réunions que nous avons. Mais à force de le dire, on ne pense plus forcément à la profondeur de ce que nous disons. Et les textes que nous entendons à l’approche de Pâques nous redisent de quelle manière Dieu a préparé cet Evènement inouï de la Résurrection de son Fils.

            La première lecture, par la bouche du prophète Ezeckiel, nous redonne à entendre cette prophétie, remontant au VI èm siècle avant Jésus-Christ : « Je vais ouvrir vos tombeaux. (…) Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. » Déjà loin dans le temps, Dieu formait la foi de son peuple dans le fait que Dieu est un Dieu de vie, qui aime la Vie et qui libère de la mort.

            Mais cette préparation à la Résurrection se fait encore plus pressante à l’approche de l’heure de Jésus ; la résurrection de Lazare précède et prépare celle de Jésus. Vous avez remarqué combien Jésus attend délibérément que Lazare meure. St Jean prend la peine de nous préciser : « Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée » ». Jésus veut confronter ses disciples à la mort de Lazare pour qu’ils soient témoins de sa Résurrection.

            Et puis, il y a encore un autre élément dans ce sens ; c’est le fait que Jésus cherche à faire grandir dans le cœur de Marthe et de Marie le désir de la Résurrection et de la Vie : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » diront par deux fois les sœurs de Lazare. Et loin de s’arrêter là, Jésus les pousse à aller plus loin : « Moi, je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? » Jésus les amène à passer d’un désir de la vie éternelle pour leur frère à un acte de foi en sa propre Résurrection. Il actualise en quelque sorte la lente préparation que Dieu avait commencée dans le temps, pour la faire aboutir à Lui.

            Que nous apprend cette lente préparation de Dieu à la Résurrection ? Eh bien tout simplement, que cela rien d’évident ni de naturel de croire en la Résurrection. Tout simplement, que l’accès à la Résurrection de Jésus est un don de la foi. 

            Dimanche dernier, à travers le récit de la guérison de l’Aveugle-né, nous voyions que la foi, donnée par le baptême que se préparent à recevoir nos catéchumènes, nous donnait de voir Dieu et de voir où est Dieu dans le monde, chez les autres. Aujourd’hui, nous pouvons regarder le pouvoir de la foi. La foi donne la vie éternelle : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » dit Jésus. Ces paroles sont claires. Jésus nous révèle que la vie ne se limite pas à la vie humaine ; dit autrement, la vie humaine n’est qu’une étape de notre vie. Et c’est la foi qui nous donne d’accéder à cette vie divine.

            La foi nous donne une autre réalité : elle nous donne de voir la gloire de Dieu : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » dit Jésus. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que la foi nous donne de voir ce que l’œil naturel ne peut discerner ; la foi nous donne de voir la divinité de Jésus qui se déploie dans le temps, dans le monde, chez les autres, dans les évènements de la vie. Celui qui a la foi regarde ou entend différemment les réalités de ce monde. Et ceci est d’un grand secours pour nous. Où est Dieu ? Que nous dit-Il ? A quoi nous appelle-t-Il ? Comment lui répondre ? C’est la foi qui nous le dit !

            On peut donc dire que si Dieu nous a préparés depuis longtemps à accueillir le mystère de la Résurrection de son Fils, la foi, elle, nous fait entrer dans le mystère de la Résurrection de Jésus. Elle nous fait y croire et elle nous y associe ! C’est le but de la lettre de St Paul aux Romains : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Nous aussi, par la foi, par le don de l’Esprit Saint reçu au jour de notre baptême, nous sommes appelés à ressusciter ! 

            Il y a un dernier point que je souhaiterais méditer rapidement avec vous : c’est le lien que nous avons avec Jésus et avec sa Parole. Tout d’abord, avec Jésus. Dans ce récit, nous voyons Jésus enlever, dégager, tous les obstacles à la vie. Il enlève la pierre du tombeau (préfigurant aussi la pierre qui aura disparu de son propre tombeau). Il délie aussi Lazare de ce qui l’empêche de revenir à la vie : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Jésus libère des puissances de morts. C’est la conséquence pour tous ceux qui l’accueillent dans leur vie. Nous aussi, si nous l’accueillons avec un cœur droit et sincère, Jésus nous libère des forces de morts qui habitent en nous. Ces forces de mort, ce sont nos péchés, mais aussi tous ces dynamismes à l’origine bons, qui ont été déviés par notre humanité blessée et abîmée.

Et puis, il y a sa Parole : « Lazare, viens dehors ! ». Ici c’est sa Parole qui redonne vie à Lazare. La Parole de Dieu transperce la mort et redonne vie. Elle anéantit la mort. Nous savons bien que Dieu crée par sa Parole : « ‘Que la lumière soit !’ et la lumière fut. » Eh bien, maintenant, nous savons bien que Dieu recrée par sa Parole : « Lazare, viens dehors ! »

            Frères et sœurs, si cela nous révèle une réalité qui touchera notre propre résurrection, nous tous, lorsque nous prions, nous sommes en contact, en communion avec la Parole de Dieu. Cette Parole que nous entendons, que nous méditons a aussi cette puissance de faire jaillir la Vie en nous. Elle est source de vie divine, et par conséquent de conversion. Elle est féconde et donne la Vie aux autres. Lire un roman peut faire penser à autre chose, peut instruire ;mais lire la Bible, lire l’Ecriture Sainte, donne la vie divine, transforme et fait entrer dans l’éternité. 

            Frères et sœurs, les textes entendus nous redisent que nous sommes faits pour la vie divine, que nous sommes faits pour ressusciter. Rendons grâce au Seigneur pour le don de la foi qu’Il nous a fait à travers le sacrement du baptême et pour le don de la foi qu’Il s’apprête à faire à ceux qui vont être baptisés dans quelques jours maintenant. Amen !

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