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Homélie de la messe du 4ème dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX

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4èm dimanche de l’Avent

Frères et sœurs,

 

Ce dernier dimanche de l’Avent nous permet en quelque sorte de faire une synthèse du temps de l’Avent. Au cours des 3 dimanches précédents, nous avons surtout réfléchi sur les multiples significations de la préparation à la Venue du Messie ;  nous avons découvert que le Seigneur est déjà en nous, qu’Il nous précède ; nous nous sommes interrogés sur la manière dont nous participons à sa venue dans notre coeur, dans notre monde, chez les autres.

            Aujourd’hui, on peut dire que les textes nous conduisent à réfléchir sur ce qu’implique concrètement le fait d’accueillir le Seigneur. J’en retiens trois conséquences : accueillir le Seigneur, c’est accepter de se dessaisir de sa propre volonté ; c’est aussi accepter de devenir une maison pour Dieu ; c’est enfin constituer l’Eglise. Dans ces trois domaines, nous faisons l’expérience de la lourdeur de notre humanité ; dans ces trois domaines, la Vierge Marie nous aide.

            Accueillir le Seigneur, c’est accepter de se dessaisir de sa propre volonté. Dans la première lecture, le Roi David trouve anormal d’habiter un beau palais alors que le Seigneur (les Tables de la Loi) habite dans l’Arche d’        Alliance, c’est-à-dire, dans un coffre. Et le Roi David veut construire une maison digne pour le Seigneur. C’est son projet. Mais, alors qu’il en parle au prophète Nathan, ce dernier lui transmet la réponse de Dieu : « Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ? (…) Le Seigneur t’annonce qu’Il te fera lui-même une maison. » Et cette maison, ce sera sa descendance, le peuple d’Israël. Dieu habitera au milieu de son peuple. Le Roi David accepte de renoncer à son projet ; il entre dans le projet de Dieu.

            L’Evangile nous présente un autre cas de changement de projet, mais celui-ci, beaucoup plus parfait. Il s’agit de la Vierge Marie, qui est fiancée à Joseph. Marie et Joseph ont le désir d’habiter ensemble. Mais, voici que Dieu, par l’entremise de l’archange Gabriel, vient changer tous les projets : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un Fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » Et là, frères et sœurs, nous ne pouvons qu’admirer ou contempler la grâce de l’Immaculée Conception dont bénéficie la Vierge Marie : « Voici la Servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta Parole. » Marie adhère au projet de Dieu, bien différent du sien propre ; elle n’émet aucune restriction, ni réserve ; elle s’abandonne entièrement au projet de Dieu, qu’elle ne maîtrise pas. C’est là, que nous sentons, que nous mesurons la différence avec nous-mêmes ; nous, nous mettons des réserves, des conditions, nous marchandons avec Dieu ; nous résistons ; Marie, elle, s’abandonne dans la confiance. Elle se dessaisit entièrement de sa volonté. Elle accepte d’être entièrement dépendante de Dieu.

 

            Accueillir le Seigneur, c’est accepter de devenir une maison pour Dieu. Le Roi David accepte que le Seigneur fasse sa demeure dans son peuple, dans le peuple d’Israël : « Moi, je serai pour lui un Père ; et Lui sera pour moi un Fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

            L’Evangile, en  nous suggérant que la Vierge Marie est identifiée au peuple d’Israël, nous invite à voir en Marie la maison de Dieu. Si Dieu habite son peuple, et que le peuple d’Israël est identifié à la Vierge Marie, alors c’est que Dieu  habite en Marie ; et c’est ce que l’Evangile nous redit.

            Qu’est-ce qui nous montre l’identification de Marie au peuple d’Israël ? Eh bien tout d’abord, la salutation de l’ange Gabriel : « Je te salue, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » Nous retrouvons exactement cette même salutation dans le livre du prophète Sophonie où le Seigneur s’adresse à Israël, la fille de Sion. Dans cette prophétie, le Seigneur annonçait qu’Il allait habiter dans son peuple. Marie est donc celle qui en qui s’accomplit cette promesse.

            Et puis, il y a ce parallèle entre l’Arche d’Alliance, demeure de Dieu, et Marie demeure de Dieu. L’Arche d’Alliance que nous avons dans la première lecture annonçait que Dieu voulait demeurer au milieu des siens. Désormais, Marie devient la véritable Arche d’Alliance.

            C’est ici, frères et sœurs, qu’au-delà d’une simple préparation à accueillir  le Messie, Marie nous apprend nous-mêmes à devenir une maison pour Dieu. C’est la question qui nous est posée à quelques jours de Noël : est-ce que nous acceptons de devenir une maison pour Dieu ?

 

            Et, en continuant à suivre ce parallèle entre Marie et le peuple d’Israël, nous arrivons à mon dernier point : accueillir le Seigneur, c’est constituer l’Eglise.

            Si Marie est l’image du peuple d’Israël, elle ne représente pas seulement une personne, mais un ensemble de personnes, d’individus. Marie est aussi l’image de l’Eglise, l’Eglise primitive, la première, celle en qui Dieu va habiter et celle qui va donner Dieu aux autres. En nous apprenant à accueillir Dieu en nous, Marie nous apprend à devenir la demeure de Dieu, elle nous apprend à devenir une petite Eglise, et tous autant que nous sommes à être de petites églises, nous devenons l’Eglise. Personne ne peut vivre chrétiennement la fête de Noël en accueillant le Seigneur chez lui comme un égoïste ; personne ne peut vivre chrétiennement Noël, sans se rapprocher de l’Eglise ; et encore plus : personne ne peut vivre chrétiennement Noël en critiquant l’Eglise ou une de ses parties : la paroisse.

 

            Frères et sœurs, à quelques jours de la fête de Noël, regardons si nous sommes prêts à accueillir le Messie. Acceptons-nous de nous dessaisir de nos projets, de nous abandonner à la volonté de Dieu, comme Marie le vit ? Acceptons-nous de devenir une maison pour Dieu, une crèche vivante ? Acceptons-nous de constituer toujours plus profondément l’Eglise ? Que la Vierge Marie nous aide à préparer nos cœurs à la belle fête du salut qui approche. Amen !

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