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Homélie de la messe du 4ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX

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4ème Dimanche de l’Avent

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Frères et Sœurs,

Pour achever notre préparation à Noël, après avoir été pendant deux dimanches à l’école de St Jean-Baptiste, nous sommes invités aujourd’hui à regarder St Joseph, « l’homme juste ».  Les Evangiles disent peu de choses sur Saint Joseph ; il est très peu mentionné. Mais, outre le fait qu’il est considéré comme « juste » par la tradition judéo-chrétienne, on ne peut qu’admirer sa disponibilité à Dieu et à son œuvre. Depuis le début du temps de l’Avent, nous réfléchissons sur notre ouverture, sur notre vigilance à l’égard des signes de la présence, de la venue du Seigneur. Nous sommes invités à soigner notre prière, à relire notre vie, nos rencontres. Aujourd’hui St Joseph nous redit que Dieu nous parle souvent lorsque nous ne maitrisons plus les choses, lorsque nous acceptons de nous en dessaisir. Et il y a un moment propice à cela : c’est lorsque nous dormons : dans les rêves, les songes. Dans la Bible, regardez le nombre de fois où Dieu parle à l’homme quand il dort ! Souvenez-vous par exemple du jeune Samuel. Bien sûr, il faut un discernement : tous nos rêves, tous nos songes ne viennent pas de Dieu. Mais, il ne faut pas abandonner ce lieu d’expression et de communication de Dieu avec nous à la seule psychologie ou psychanalyse ou à Freud. Car Dieu est plus libre d’agir quand nous nous laissons faire. Et c’est le cas dans cet épisode de la vie de Joseph. Comme cela le sera pour la fuite en Egypte. Cela peut paraître bizarre à dire, mais ne négligeons pas nos rêves, nos songes. Ils ne sont pas que habités par notre inconscient qui s‘exprime.

St Joseph est disponible à Dieu et obéissant. On mesure la différence avec sa fiancée Marie. Dans l’épisode de l’Annonciation, Marie ne formule aucune objection à l’archange Gabriel si ce n’est qu’elle s’interroge sur la manière dont les choses vont se passer : « Mais comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » La situation est quelque peu différente chez Joseph. Lui, il a résolu de répudier Marie. Mais, il va obéir à l’Ange. Il faut prendre la mesure de ce que cela veut dire obéir à Dieu. Parce que c’est facile à dire. Concrètement, cela veut dire que Joseph accepte de renoncer à ce qu’il pense être le mieux, à ce qu’il a décidé, pour risquer une décision absurde, c’est-à-dire qui n’a pas de sens. (naturellement parlant évidemment). Nous, nous avons tendance à obéir à Dieu quand ce qu’Il nous dit va dans notre sens. Mais, quand ce qu’Il nous dit va dans un autre sens, ce n’est pas toujours Dieu qui gagne. Et parfois, avec les meilleures intentions, nous lui résistons. St Joseph nous apprend à être dociles et obéissants.

St Joseph nous apprend une deuxième chose importante : c’est que nous participons tous, d’une manière ou d’une autre, au mystère de Dieu. St Joseph y participe, mais au début à son insu. Il découvre qu’il a une place dans le plan de Dieu. Sans forcément comprendre les tenants et les aboutissants du plan divin, il participe au « signe » annoncé par le prophète Isaïe : « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un Fils qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire Dieu avec nous.) » Nous aussi, nous avons tous, à notre place, un « oui » à dire à Dieu qui nous intègre dans son plan de salut. En disant notre « oui » à Dieu, nous permettons à l’œuvre divine surnaturelle de se déployer dans notre nature. C’est une grâce qui est donnée à ceux qui disent « oui » à Dieu que de voir de leurs yeux le surnaturel agir dans notre monde naturel, que d’expérimenter comme Marie, comme Joseph, que « rien n’est impossible à Dieu. » Tout ce mystère est contenu dans les prénoms de l’enfant divin. Il s’appellera « Jésus » le Seigneur sauve et il sera « Emmanuel » Dieu avec nous. Il nous sauvera, œuvre surnaturelle, parce qu’il sera avec nous, réalité naturelle. A ceux qui cherchent aujourd’hui des signes de l’existence de Dieu, St Joseph leur répond : « Cherche en toi, dans ton être, dans ta vie. Ne cherche pas en dehors. Il est Emmanuel, avec toi. » Et, une fois découvert, nous entrons, nous sommes déjà entrés dans le plan de Dieu.

Enfin St Joseph nous apprend que toute paternité est orientée vers Dieu et tire sa source de Dieu. En effet, St Joseph est appelé à renoncer à sa paternité biologique pour laisser la place à Dieu; mais, tout en renonçant à sa paternité biologique, il accepte aussi d’assumer une paternité humaine pour le Fils de Dieu. Il ordonne en quelque sorte la paternité humaine à la paternité divine, nous redisant non seulement qu’il existe différentes paternités qui ne s’opposent pas mais qui au contraire se complètent (la paternité biologique, la paternité humaine, la paternité spirituelle), mais aussi que ces trois paternités se complètent parce qu’aucune d’elles n’est pleinement satisfaisante ni complète parce qu’il n’y a que Dieu qui est le seul Père. St Joseph nous invite donc à nous tourner vers le Père « de qui vient toute paternité » et à nous reconnaître fils de ce Père.

Orienter ou, réorienter, sa paternité vers Dieu, permet de goûter ou d’être un instrument de la fécondité divine. Il y a une fécondité naturelle et une fécondité surnaturelle ; c’est ce que St Joseph nous redit. Il a renoncé à la naturelle pour la surnaturelle. Voilà la puissance de la disponibilité à Dieu, de l’obéissance à Dieu et de l’offrande à Dieu.

Demandons à St Joseph qu’il nous apprenne à être disponible à Dieu, à lui obéir, et à être un instrument de la fécondité divine à la place qu’Il nous donne dans son œuvre de salut. Amen !

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