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Homélie de la messe du 4ème dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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4èm dimanche de Pâques

Premières communions

Frères et sœurs,

Chers enfants, 

            Vous allez faire votre première communion le jour où l’Eglise nous rappelle que Jésus est le Bon Pasteur, le jour où l’Eglise prie plus particulièrement pour les prêtres et pour qu’il y ait encore et toujours des prêtres dans l’Eglise. Des prêtres, pourquoi ? pour conduire le peuple de Dieu ; pour célébrer la messe et pour que des enfants comme vous puissent faire leur première communion, recevoir les sacrements…

            St Jean nous dit dans l’Evangile que Jésus s’adresse aux pharisiens en leur disant : « Moi, je suis le porte des brebis. » C’est original que Jésus dise les choses comme cela. D’habitude, nous sommes plus habitués à entendre Jésus se désigner comme le Messie, le Fils de Dieu. Mais, là, c’est différent. Jésus se désigne comme le Bon Pasteur, Celui par lequel il faut passer pour avoir la Vie. En fait, Jésus déplace quelque peu l’attente messianique de son peuple, pour l’ouvrir à la Vie Divine qu’Il vient inaugurer.

            Alors, quelles sont les caractéristiques du Bon Pasteur ? Tout d’abord, le Bon pasteur connaît son peuple, il connait ses brebis. Elles le connaissent et elles le reconnaissent. Il les connaît, c’est-à-dire qu’Il les aime. Dans la Bible, dans l’hébreu, les verbes « aimer » et « connaître » sont les mêmes : quand Dieu connaît, Il aime. Quand il aime, il connaît. Connaître ses brebis en les appelant chacune par leur nom, c’est dire que le Bon Pasteur veut leur bien.

            Ensuite Jésus nous dit que les brebis « écoutent » la voix de leur Pasteur. Elles l’écoutent et elles lui obéissent. La relation entre le Pasteur et les brebis est une relation de confiance ; non de défiance ou de méfiance, ou même d’opposition.

            Et puis, St Pierre, qui deviendra Premier Pasteur, dit dans la 2ème lecture que le Bon Pasteur veille et surveille son troupeau et ses brebis. Il les protège du loup qui s’introduit dans le troupeau pour attaquer, isoler et dévorer.

            Telles sont les caractéristiques du Bon Pasteur. Alors, je voudrais m’arrêter avec vous sur la finalité de la mission du Pasteur. Jésus le dit dans l’Evangile : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » De quelle vie s’agit-il ? Pas de la vie humaine, puisque la vie humaine nous la recevons de nos parents, qui, eux, ultimement, la reçoivent de Dieu. Mais il s’agit ici, avant tout de la vie divine ; de la vie de Dieu. Et il est un détail très important dans les paroles de Jésus qui conditionne et la transmission de cette vie et la réception de cette vie : « Ses brebis, Il les appelle chacune par leur nom et Il les fait sortir. » « Il les fait sortir ». C’est un thème cher à notre Pape actuel. Sortir de soi pour vivre. Sortir, c’est aimer. Ce qui fait sortir de soi, c’est le fait d’aimer. Mais sortir, c’est aussi accepter de quitter ses propres pâturages, ses propres herbages, pour suivre le berger et aller manger ailleurs…Et parfois, dans le troupeau, quand il faut aller manger ailleurs, quand il faut bouger, on râle…C’est vrai dans les troupeaux, c’est vrai dans les paroisses, dans l’Eglise. Mais, à tout bien réfléchir, on devrait plutôt se réjouir qu’un pasteur fasse bouger ses brebis, car c’est signe de vie…C’est l’immobilisme qui est source de mort !

Ainsi donc, pour recevoir la vie, les brebis doivent accepter de sortir. C’est ce que nous aurons l’occasion de vivre lors de la procession de mardi soir prochain en l’honneur de Notre Dame de Fatima.

            Alors, chers enfants, vous aussi, vous allez recevoir cette vie divine en recevant le Pain vivant qui descend du Ciel. Jésus aurait pu choisir une autre matière pour se donner à nous. Mais, en choisissant le Pain, Il montre qu’Il est nourriture, qu’Il veut nous nourrir. Il est l’aliment, la nourriture, qui vient consolider la vie divine reçue à votre baptême. Vous savez que c’est important de communier ; mais que c’est encore plus important d’être fidèle à la communion. Car sinon, votre vie divine ne sera plus nourrie convenablement ; et alors, elle régressera pour s’éteindre. C’est comme si vous arrêtiez de vous alimenter…eh bien votre vie humaine serait très vite en danger ! Aujourd’hui, en recevant pour la première fois le Corps du Christ, demandez dans votre cœur au Seigneur la grâce de lui rester fidèle ! Si vous lui demandez, Il vous accordera cette grâce. Tant de gens souhaitent rester fidèles à Dieu, mais l’abandonnent ou le trahissent !

 

            Et puis, vous pouvez faire votre communion parce qu’il y a des prêtres pour célébrer la messe. Il faut prier pour les prêtres ; pour qu’il y ait des prêtres dans l’Eglise. On a beaucoup parlé, souvent à tort, de la diminution du nombre de prêtres, envisageant, et parfois préparant malheureusement, un avenir sans prêtres où les communautés chrétiennes seraient appelées elles-mêmes à assumer la mission des prêtres…Oui, sauf que cette réflexion reconnaît implicitement que l’Eglise repose sur le ministère ordonné des prêtres, puisqu’on a demandé aux laïcs d’assumer eux-mêmes ce que les prêtres faisaient. Or non seulement ce raisonnement est faussé à la base, mais encore il fait l’impasse sur une réalité de fait : une communauté chrétienne ne peut pas se donner la vie divine à elle-même. Forcément, elle la reçoit ! Comme le peuple Hébreu dans l’ancien Testament a reçu la Loi par Moïse. Les prêtres sont indispensables à l’Eglise, pour sa vie, pour sa vitalité, pour son dynamisme missionnaire. Il est faux de dire que Dieu n’appelle plus des hommes à le suivre dans la vie consacrée. Dieu appelle toujours. Mais, les hommes ne répondent pas toujours. Les hommes n’entendent pas toujours.

            En ce jour où nous prions le Seigneur pour lui demander la grâce d’avoir des prêtres, nous devons aussi nous interroger sur le soutien que nous apportons aux prêtres ; sur le soutien spirituel, moral, amical que nous apportons aux jeunes qui se destinent à être prêtres, sans oublier sur le soutien que nous apportons à tous les jeunes pour les aider à envisager la question de l’appel du Seigneur ; et à envisager la question de l’appel du Seigneur de manière positive et non de manière négative. Quand on entend notre société, on a l’impression que le célibat n’est que source de frustration…Mais, le célibat consacré, non subi, est source d’épanouissement. Il est source de fécondité, de vie divine. Lorsque Jésus dit dans l’Evangile : « Moi, je suis la porte ; si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. », Jésus invite aussi ceux qui sont pasteurs à « passer par lui », c’est-à-dire à épouser son style de vie, son mode de vie. Certes, l’Eglise latine a choisi progressivement le célibat ; mais elle a surtout reconnu dans les paroles de Jésus une plus grande convenance du célibat pour le pasteur, tout donné à son peuple et à sa mission.

            Alors, frères et sœurs, prions pour ces enfants qui vont recevoir Jésus pour la première fois ; prions aussi pour tous les jeunes, les enfants, afin qu’ils acceptent d’ouvrir leur cœur en profondeur pour entendre ce à quoi Dieu les appelle pour leur donner la Vie. Confions-les à la Vierge Marie notre Mère. Amen !

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