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Homélie de la messe du 4ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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4ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et Sœurs,

Nous entamons dans les dimanches qui viennent la lecture de ce que l’on appelle le Sermon sur la Montagne qui est le cœur de l’enseignement de Jésus. Cet enseignement commence par l’Evangile des Béatitudes que nous connaissons tous bien.

Je vous propose de méditer cet Evangile selon trois appels que je retiens plus particulièrement : appel au bonheur, appel à être des hommes et des femmes de Dieu et appel à la Communion avec Jésus.

L’appel au bonheur qui y est exprimé est important et insistant. Vous avez entendu ce mot « Bienheureux » qui revient sans arrêt. C’est fondamental que Jésus commence son enseignement sur cet appel au Bonheur. Et il nous faut sans arrêt revenir à cette vérité de notre vocation. Combien aujourd’hui, parmi tous ceux qui se disent chrétiens, ont conscience d’être appelés au bonheur par Dieu ? La plupart du temps, bon nombre de chrétiens prennent les évènements de leur vie comme une croix, comme un fardeau dont Dieu est souvent, en tout cas implicitement, rendu responsable. Et lorsque la foi n’est pas entretenue, n’est pas nourrie correctement, elle se déforme et fausse notre regard sur Dieu. Il faut revenir au fait que Jésus ne s’adresse pas seulement à ses disciples, mais aux foules. Et c’est à ces foules, pas toujours instruites correctement religieusement, que Jésus redit en premier l’appel de Dieu au bonheur. C’est la première chose que l’on devrait enseigner au catéchisme.

Les Béatitudes nous redisent aussi que ce bonheur est en Dieu. C’est Dieu qui en est la source. Là aussi, il y a un appel à entendre. Combien aujourd’hui de sirènes illusoires promettent-elles le bonheur ? Dans la recherche du bien-être physique qui en fait renferme sur soi-même ? dans les drogues, l’alcool qui en réalité détruisent ? dans la recherche d’un bien-être personnel qui met de côté les autres, la famille, le conjoint ou la conjointe ? Jésus nous rappelle que le bonheur n’est vrai et complet qu’en Dieu.

La force des Béatitudes réside dans le fait que les paroles sont des paroles de vérité qui font échos à la vie telle qu’elle est et ne la maquillent pas. Ces paroles de Jésus peuvent paraître dures, certes ! Mais elles sont vraies. Et ceux qui goutent les difficultés de la vie s’y reconnaissent. On est complètement en-dehors des discours démagogiques politiques que l’on entend en ce moment qui promettent de tout arranger. Jésus n’a jamais travesti ni dénaturé la réalité ; c’est la force du christianisme. Frères et sœurs, reprenons conscience que nous sommes appelés à un bonheur parfait au terme de notre vie et que ce bonheur est en Dieu.

Cet enseignement de Jésus nous appelle aussi à être des hommes et des femmes de Dieu. Jésus nous appelle à nous reconnaître pauvres, à reconnaître que nous avons besoin de Dieu. Finalement toutes ces Béatitudes pourraient se résumer en une seule : « Heureux qui reconnaissent qu’ils ont besoin de Dieu. » L’enseignement de Jésus est un enseignement qui appelle à l’humilité, à la simplicité, à la pauvreté évangélique.

La première Béatitude donne la clé de toutes les autres : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ! » Que sont les pauvres de cœur ?

Ils peuvent être d’abord ceux qui ne sont pas aimés correctement ou pas du tout aimés, ou encore mal aimés. Et de ce fait, ceux qui ne savent pas aimer correctement. Rien n’est pire pour un être humain que de mal savoir aimer ou d’avoir conscience de ne pas savoir aimer l’autre comme il faut. Beaucoup souffrent aujourd’hui d’une déficience d’amour. Beaucoup de blessures dans les familles, dans les couples, viennent d’un défaut d’amour. Ce que Jésus nous révèle, c’est que nous sommes aimés tels quels par Dieu, de manière inconditionnelle. Et c’est cet amour inconditionnel qui donne force et dignité à l’homme.

Les pauvres de cœur peuvent encore être ceux qui sont détachés de tout, libres de tout, et qui par conséquent deviennent entièrement libres pour aimer Dieu. Dieu est leur seule richesse. Là, frères et sœurs, il faut reconnaître que c’est difficile, parce que nous avons tous des filets, des liens qui nous retiennent. Mais nous avons une aide concrète dans cet appel radical. Elle réside dans le don de la vie religieuse. Les religieux et les religieuses, qu’ils soient contemplatifs ou apostoliques, nous redisent par leur consécration totale à Dieu par leurs vœux, que Dieu peut rendre pleinement heureux et déjà en cette vie. Ils sont, pour tous ceux qui peinent sur cette voie de pauvreté, le signe que cela est possible.

Les pauvres de cœur peuvent encore être tous ceux qui entendent un appel au dessaisissement de son moi, de son ego. Pour être ouvert à Dieu, il ne faut pas être rempli de soi, il faut se vider de son moi, de sa suffisance, de son savoir pour accepter de tout recevoir de Dieu. Là, réside notre appel à devenir des hommes et des femmes de Dieu.

Enfin, il y a un troisième appel qui réside dans la recherche de la Communion avec Jésus, puisque Jésus va vivre et accomplir parfaitement cet enseignement qu’Il donne. Les Béatitudes sont non seulement un appel mais aussi le lieu d’une Communion avec le Seigneur. Dans sa vie, chaque homme rencontrera une ou plusieurs de ces Béatitudes. Comment les vivrons-nous ? En les subissant ? ou en les épousant ? Jésus nous encourage, non pas à les rechercher, mais à les supporter avec amour et avec foi. Il les a toutes vécues pour nous, Il nous en a fait un chemin de vie. Dans les Béatitudes, nous sommes avec Lui et Il est avec nous. C’est Lui seul qui peut nous les transformer en source de Vie et de grâce pour nous-mêmes et pour les autres. Ne passons pas à côté. Amen !

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