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Homélie de la messe du 5ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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5ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

Frères et sœurs,

L’Evangile que nous venons d’entendre nous montre une journée de Jésus. Il se lève avant l’aube pour prier, Il guérit, et enseigne dans les synagogues. Mais les textes de la liturgie de ce dimanche nous montrent aussi un étonnant dialogue entre l’homme et Dieu. La première lecture nous montre l’homme qui souffre, qui n’en peut plus, l’homme en pleine déprime, et qui se tourne vers Dieu et l’appelle à l’aide. Et l’Evangile nous montre la réponse de Dieu : Jésus guérit.
Aujourd’hui, avec l’effacement du sens de Dieu dans nos sociétés, avec la disparition même de Dieu, l’homme ne crie plus sa souffrance au Seigneur, mais à des psys. Dire sa souffrance à Dieu implique une attitude de foi qui nous dit que Dieu entend notre prière, qu’Il la reçoit, comme Il a vu la souffrance de son peuple Israël en Egypte. Il entend notre prière et Il nous répond par Jésus. Là est la différence avec le psy. Alors, on peut se demander comment Jésus continue à guérir aujourd’hui. Il continue à guérir à travers tout d’abord les sacrements qui guérissent notre humanité et nourrissent notre vie divine. A travers la prière que nous Lui adressons qui permet, si c’est une prière ouverte à Dieu et non égocentrée, à Dieu d’agir dans nos réalités. A travers l’union de notre vie à celle de Jésus qui fait qu’en communiant à ses souffrances, qu’en reconnaissant dans ses souffrances les nôtres, nous communions aussi à sa puissance de Résurrection.

La première guérison que nous rapporte St Marc dans l’Evangile de ce dimanche nous montre qu’une fois guérie, la belle mère de Pierre se met à servir Jésus. Lorsque l’on a conscience que Dieu est intervenu dans notre vie, qu’Il a guéri quelque chose en nous, la seule et vraie réponse est de se mettre à son service. Gratuitement, sans rien attendre. On pourrait reprendre l’interrogation de St Paul : « Pourquoi recevrais-je une récompense ? » En fait, la seule récompense est de travailler à notre salut. St Paul le dit encore : « Et tout cela, je le fais à cause de l’Evangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut. »
Pour que la mission des serviteurs de l’Evangile, des serviteurs de Dieu soit encore plus féconde, plus percutante, il faut faire mourir en soi toute soif de pouvoir, de reconnaissance, tout orgueil, surtout l’orgueil bien masqué derrière de belles apparences ou de belles paroles. L’orgueil caché conduit nécessairement à la jalousie : jalousie de voir qu’un tel est plus apprécié de la communauté, qu’on relève davantage ses qualités. L’orgueil non assumé, fausse le regard sur bien des réalités humaines et excite la jalousie. Le véritable critère d’une mission justement assumée est précisément de penser et de travailler à trouver un remplaçant, un successeur à soi.
Et puis St Paul nous donne un autre critère pour nous mettre correctement au service de Dieu : être libre de tout, se faire « tout à tous » comme il dit : « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. » « Je me suis fait le serviteur de tous. » : bien sûr, aucun d’entre nous, aucun prêtre, aucun fidèle, ne peut à lui tout seul rejoindre tout le monde. C’est impossible. D’où l’intérêt que dans une paroisse, un maximum de baptisés porte ce souci de rejoindre les autres au nom du Christ. Il est fréquent aujourd’hui d’entendre des chrétiens se plaindre que le prêtre n’est pas suffisamment là, qu’il ne visite pas suffisamment les malades ou encore que ce n’est pas le prêtre que nous connaissons qui assure telle messe. Mais il faut aussi accepter la réalité de l’Eglise d’aujourd’hui. En son temps, Jésus n’a pas tout fait. Il est parti ailleurs, « dans les villages voisins », mais envoie par la suite ses apôtres et ses disciples continuer l’œuvre qu’Il a initiée.

Prions en ce dimanche pour tous les serviteurs de l’Evangile et pour tous ceux qui ont une mission dans l’Eglise. Qu’ils découvrent que la première récompense qui leur est offerte est de travailler à leur salut. Prions également pour que les baptisés aident nos frères et sœurs qui souffrent à rencontrer et à accueillir le Christ, seul vrai médecin et remède de notre humanité abîmée et blessée. Amen !

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