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Homélie de la messe du 8ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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8ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Nous continuons à approfondir l’enseignement de Jésus à ses disciples que l’on appelle dans l’Evangile selon St Matthieu le Sermon sur la montagne. Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sur nos engagements de chrétiens, à prendre la mesure de nos « oui ». Quand on est chrétien, on ne peut pas dire « oui » à tout et n’importe quoi.

Je voudrais pour illustrer ce que je vous dis reprendre les 3 questions que l’Eglise pose aux catéchumènes qui vont être baptisés, ces 3 questions que l’on retrouve dans la profession de foi baptismale. Ecoutez bien ces 3 questions : 1) Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ? 2) Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ? 3) Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ? Il est bon de ré-entendre ces questions car lorsque nous avons été baptisés tout petits, nous avons du mal à prendre la mesure de ce à quoi nous devons renoncer pour devenir chrétiens. Mais nos « oui » sont à la mesure de nos « non ». Il est vrai qu’un chrétien qui n’est pas clair, pas en vérité sur ce à quoi il doit renoncer ne peut pas être un chrétien en vérité. Attention, il ne s’agit pas d’intégrisme comme aiment à le dire les champions de la compromission, il s’agit de cohérence.

Cette rectitude dans la foi à laquelle nous invite Jésus n’est certes pas facile. On le voit lorsque des époux chrétiens cherchent à rester fidèles l’un à l’autre même dans les difficultés ou les crises, lorsque l’on défend la vie dans ses phases les plus fragiles ou dépendantes et que la société institue un droit à tuer, lorsqu’on décline un emploi parce qu’il nous mettra en opposition avec nos convictions profondes, avec les valeurs de l’Evangile. Frères et sœurs, ce qu’il faut se redire, c’est que les Eglises qui sont fortes, fécondes, missionnaires, dynamiques sont des Eglises qui sont fidèles aux principes de l’Evangile ; ce sont les Eglises qui ont été persécutées par des régimes totalitaires comme en Pologne, au Vietnam ; des Eglises où les fidèles sont martyrisés. Alors que les Eglises qui se sont complètement diluées, assimilées à la société, qui n’affirment plus leurs valeurs ou leurs principes sont des Eglises décadentes et en perte de dynamique missionnaire. Il ne s’agit pas d’être en opposition au monde ; il s’agit d’être fidèles à l’Evangile et de demeurer libres par rapport à l’Esprit du monde : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » nous dit Jésus.

Il y a aussi une autre manière de comprendre cette parole de Jésus. Jésus nous appelle à être au clair sur nos priorités, à Lui laisser de la place dans nos choix, à le placer en premier : « Ne vous faîtes pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Un des maux de notre temps, c’est que lorsque nous accordons du temps ou de la place à Dieu, bien souvent nous faisons ce que nous avons à faire, et sur le temps qui nous reste, nous accordons du temps pour Dieu. Et il est sûr que par rapport à tous ceux qui vivent dans l’indifférence de Dieu, on pourrait se dire que c’est déjà bien de consacrer du temps à Dieu. Mais Jésus nous appelle à quelque chose de plus : à le placer en premier. Et le reste viendra tout seul. Je suis sûr que vous avez déjà expérimenté ceci. Vous avez une journée très chargée, vous ne savez pas comment caser tout ce que vous avez à faire ; vous avez envie de prendre un temps de prière, mais quand le mettre ? Eh bien, vous avez certainement fait l’expérience que, en commençant votre journée par ce temps de prière, vous arrivez non seulement à tout faire, mais en plus tout se passe assez facilement et de manière fluide ! Et ceci est logique, parce que Dieu nous donne sa force, son dynamisme et Il nous aide à faire ce que nous avons à faire si nous le lui confions. Frères et sœurs, si vous êtes débordés par tout un tas de choses, si vous n’arrivez plus à voir le jour, si vous avez l’impression d’être écrasés, il faut faire du tri et ordonner les choses. Qu’est-ce qui est urgent ? Qu’est-ce qui est important ? par rapport à mes devoirs d’état, mes engagements ? Qu’est-ce secondaire ? Et surtout, où ai-je placé mon temps de prière avec Dieu ? L’Eglise par prudence et sagesse invite toujours à placer nos temps d’oraison, de prière le matin plutôt que le soir, car si nous n’avons pas réussi à les honorer le matin, on peut toujours les replacer dans la journée ; tandis que s’ils sont prévus en fin de journée, et qu’un imprévu survient, l’ensemble risque d’être compromis. « Dieu Premier servi ! » disait Sainte Jeanne d’Arc ! Il y a une grande sagesse dans cette parole.

Cette attitude obéissante qui consiste à placer Dieu en premier dans notre temps, nos préoccupations, nos activités et à placer en second nos autres préoccupations sera facilitée si nous nous abandonnons à la Providence, si nous faisons confiance à Dieu : « Mais votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Les choses se passent le plus souvent selon ce que Dieu veut lorsque nous les laissons faire plutôt que lorsque nous cherchons à les organiser. L’attitude fondamentale de confiance en la Providence repose sur cette conviction énoncée par le prophète Isaïe dans la première lecture : « Même si une femme pouvait oublier son enfant, moi je ne t’oublierai pas. » Dieu est toujours là et ne fait jamais défaut. De plus, l’abandon à la Providence divine nous évitera aussi de prononcer des jugements hâtifs et faussés comme l’évoque St Paul dans la deuxième lecture : « Ne portez pas de jugements prématurés, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et il fera paraître les intentions secrètes. »

A l’heure où beaucoup de monde se préoccupe de son rythme de vie, de sa qualité de vie, accueillons l’enseignement de Jésus qui se préoccupe de notre qualité de vie : remettons Dieu en tête de nos priorités, abandonnons-nous davantage à la Providence, laissons Dieu agir dans nos existences et nous vivrons mieux. Amen !

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