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Homélie de la messe du Sacré-Coeur de Jésus « Le sacré Coeur guérit l’Amour humain » du Père Julien PALCOUX

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Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Vendredi 13 Juin 2015

Chers frères et sœurs,

 

D’où vient cette belle fête du Sacré-Cœur de Jésus ? C’est l’Eglise qui a institué cette fête du Sacré-Cœur pour répondre et pour contrecarrer la défiguration de notre foi en l’amour de Dieu pour tout homme, foi en cet amour universel de Dieu, abîmée par le Protestantisme au XVIème siècle et par le Jansénisme au XVIIème siècle. L’Eglise a donc souhaité réaffirmer l’amour de Dieu pour tout homme. Le culte au Sacré-Cœur de Jésus, qui existait déjà au Moyen-Âge, grandit dans son caractère public sous l’influence de St Jean Eudes qui composa en 1672 un office et une messe du Sacré-Cœur pour sa congrégation. Puis, c’est une des filles spirituelles de St François de Sales, Ste Marguerite-Marie Alacoque, qui vit à Paray-le-Monial le 16 juin 1675, Jésus lui montrer son Cœur. Jésus demanda à cette occasion à la religieuse l’Institution d’une fête du Sacré-Cœur le Vendredi qui suit l’octave de la Fête Dieu. En 1765, le Pape Clément XIII approuva cette fête et l’office du Sacré-Cœur ; en 1856 Pie IX l’étendit à l’Eglise universelle. En 1929, Pie XI composa une nouvelle messe et la dota d’une octave.

            Cet aspect historique du développement de la fête du Sacré-Cœur nous montre combien Dieu a lui-même, pour notre bien propre, voulu cette fête. La célébrer comme nous le faisons, c’est quelque part, obéir à Dieu qui nous donne les remèdes pour notre bonne santé.

            Alors, la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus nous redit surtout que Dieu nous aime, et que la relation à Dieu est d’abord une relation d’Amour ; pas une relation de devoir, d’obligations, de commerce (comme les marchands du Temple…) Dans un monde où l’Amour est blessé, abîmé, trahi, galvaudé, rabaissé vers le Bas, la Solennité du Sacré-Cœur nous tire vers le haut, vers Celui qui est le source de tout Amour.

            Nous pouvons retenir 3 caractéristiques du Cœur Sacré de Jésus. C’est un Cœur qui est blessé ; c’est un cœur qui guérit ; c’est un cœur qui est source de vie.

            Il faut dépasser la vision de Jésus nous montrant son Cœur, révélant l’Amour total et universel de Dieu. Le Cœur que Jésus montre est aussi un Cœur blessé. Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, le Cœur de Jésus est identifié « au côté » de Jésus, là d’où s’écouleront du sang et de l’eau. Le Cœur de Dieu est un  Cœur qui aime, mais aussi un Cœur qui est blessé. Blessé par le péché de l’homme, cela oui. Mais même, surtout et d’abord, blessé parce que ce Cœur n’est pas aimé en retour tel que Lui aime ! Là, est la première blessure profonde qui fait saigner le Cœur de Jésus. Dieu aime totalement ; et son Amour n’est pas accueilli pour ce qu’il est. « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu… » Il n’y a pas de plus grande blessure dans notre humanité que l’Amour qui n’est pas aimé. Cette Solennité du Sacré-Cœur de Jésus rejoint tous ceux qui souffrent de ne pas aimer comme il faut, tous ceux qui sont blessés dans leur capacité d’aimer, tous ceux dont l’Amour a été abîmé, tous ceux dont l’Amour reste sans réponse, tous ceux dont l’Amour semble impossible. Et ce côté transpercé de Jésus est ce même Cœur qui pleure, mais qui pleure des larmes qui guérissent et donnent vie.

 

            En effet, seul Dieu est la fois celui qui blesse et qui guérit. Le psalmiste dit : « Ipse vulnerat et medetur » : Lui seul blesse et guérit. Lorsqu’un des rayons du Sacré-Cœur de Jésus tombe dans le cœur d’une personne, il y fait une blessure, tout comme la Lumière parfaite aveugle des yeux non encore habitués à la voir et à la recevoir. Mais c’est une blessure d’amour, de perfection. Cette blessure ouvre notre cœur de pierre ; elle le brise ; elle y fait une fissure par laquelle l’Amour divin entre dans toute sa pureté, dans toute sa perfection. Oui, elle blesse, mais elle apporte la vie. Elle blesse, mais elle fait du bien. C’est une blessure qui guérit notre cœur, notre humanité. Nous savons bien, sur un plan exclusivement humain, que l’Amour a une vertu curative. L’amour guérit les cœurs, les personnes. Alors, à combien plus forte raison, l’Amour de Dieu guérit parfaitement toutes nos blessures, tous nos péchés. Mais, la question est là : acceptons-nous d’être blessés par l’Amour de Dieu ? Et acceptons-nous de reconnaître dans les blessures de Jésus nos propres blessures ? La clé est là : si nous communions aux souffrances de Jésus, c’est-à-dire, si nous reconnaissons nos blessures dans les siennes, alors nous avons accès à la guérison surnaturelle.

            Frères et sœurs, la Sainte Communion nous fait vivre ce mystère d’Amour que j’essaye de vous présenter imparfaitement. A chaque fois que nous communions, Dieu entre dans notre cœur ; à chaque fois, il s’agit d’une rencontre entre l’Amour parfait qui guérit et l’amour égoïste et imparfait. Puissions-nous nous ouvrir de plus en plus à ce mystère que nous vivons tous régulièrement !

 

            Ce cœur qui est blessé, mais dont la blessure est source de guérison, est aussi un cœur qui donne la vie. Pas la vie humaine, mais la vie divine ! Il donne la Vie ; Il est source de Vie. Du côté de Jésus s’écoulent du Sang et de l’Eau. Le Sang et l’eau sont pour nous non seulement les signes de la divinité et de l’humanité de Jésus, mais aussi le signe des sacrements du Baptême et de l’Eucharistie. La blessure d’Amour du Cœur de Jésus est source de vie pour tous ceux qui viennent y boire, s’y abreuver. C’est cette eau dont parle Jésus à la Samaritaine qui fait que ceux qui y boiront n’auront plus jamais soif.

            Que cette belle fête du Sacré-Cœur de Jésus vienne approfondir et transformer notre manière d’aimer et que, par notre prière et notre offrande, elle rejoigne tous ceux dont l’Amour est blessé. Amen !

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