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Homélie de la Solennité de l’Epiphanie du Père Julien PALCOUX

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Solennité de l’Epiphanie 2016

Chers frères et sœurs,

 

En fêtant en ce jour la belle fête de l’Epiphanie, nous développons le mystère de Noël, de la naissance du Fils de Dieu. Tout ce qui se trouve donné dans la naissance de Jésus se retrouve dans cette fête de l’Epiphanie. Et, comme nous sommes au début de l’existence humaine de Jésus, tout est extrêmement important. Rien de ce qui nous est rapporté n’est le fruit du hasard. A noter que c’est lors de l’Epiphanie du Seigneur Jésus que pour la première fois, en dehors des annonces prophétiques, se donne à voir l’universalité du Salut qu’apporte Jésus au monde. Des mages, venus d’Orient, donc, des personnes non juives, donc des païens viennent adorer l’Enfant Dieu !

            Nous retrouvons dans cette scène tous les éléments de Noël. Lors de la messe de  la Nuit, nous avions vu que Jésus naissait alors que l’empereur César Auguste venait d’ordonner le recensement de toute la terre. Confrontation entre deux pouvoirs : l’un politique, l’autre émanant de l’Amour Salvateur. Aujourd’hui nous retrouvons cette confrontation : Hérode, Roi politique d’Israël et Jésus, « le Roi des Juifs » qui vient de naître. A Noël, nous avions ceux qui refusaient d’accueillir le Messie : pas de place pour Lui ! Aujourd’hui, nous avons celui qui veut le tuer. A Noël, nous avions ceux qui l’accueillaient, les bergers ; là nous avons des étrangers, des Mages. A Noël, nous avions deux mouvements opposés qui mettaient en lumière la liberté de l’homme qui choisit ou non Dieu : ceux qui l’accueillent et ceux qui lui sont indifférents. Aujourd’hui, les deux mouvements se font plus précis : il y a  ceux qui se mettent en route vers Dieu et ceux qui veulent le combattre. Et au milieu, à nouveau, nous retrouvons la liberté de l’homme qui doit choisir.

 

            Je vous propose de lire cette page d’Evangile en regardant les deux mouvements qui nous sont proposés : celui des Mages et celui d’Hérode.

            Tout d’abord qui sont les Mages ? qui n’ont jamais été des « Rois Mages » d’ailleurs. Le terme grec « Magoi »  a au moins quatre acceptions. Les Mages peuvent être en premier lieu des membres de la caste sacerdotale perse, considérés dans la culture grecque de l’époque comme des représentants d’une religion authentique. S’ils sont membres de cette caste sacerdotale, ils sont fortement influencés par la pensée philosophique grecque, notamment par la philosophie d’Aristote. Ils peuvent être des astrologues, étudiant les astres et le mouvement des planètes. Ils peuvent être aussi des détenteurs et pratiquants de pouvoirs surnaturels dans le même sens que des magiciens. Enfin, ils peuvent être des escrocs ou des séducteurs.  Vu l’honnêteté de leur démarche, on peut sans gros problème basculer pour la première ou la deuxième acception et retenir qu’ils sont ou bien des philosophes ou bien des savants. Quelle que soit l’acception que nous retenions, le sens est clair. La réflexion philosophique, comme la science conduisent à Dieu, ou tout du moins mettent les hommes en chemin à la recherche de la Vérité, du Vrai Dieu. On retrouve ce que les Papes Saint Jean-Paul II et Benoît XVI avaient beaucoup développés : science et foi, philosophie et foi ne sont pas opposés mais proviennent d’une même source et conduisent à un même terme : le Logos, la raison, l’intelligence créatrices qui n’est autre que Dieu.

Si l’on considère les Mages comme les représentants d’une religion autre (comme la religion perse), le message en est tout aussi clair : la religiosité, la petite religion que chacun peut se faire à sa petite convenance, à sa petite sauce, peut conduite à la religion véritable révélée par Jésus-Christ. On retrouve ici l’enseignement du Concile Vatican II sur les « semina Verbi », les Semences du Verbe, les Germes de Vérité répandus dans toutes les religions qui peuvent conduire au Salut. Le même Concile, tout en reconnaissant l’existence de ces Semina Verbi réaffirme que la plénitude du Salut est présente dans l’Eglise qui confesse Jésus comme Fils de Dieu, Messie, et Seul Sauveur et qui est demeurée la plus fidèle à l’Eglise fondée par Jésus Christ, qui est l’Eglise Catholique,  qu’elle soit de langue grecque ou de langue latine, orientale ou occidentale.

 

            Venons-en maintenant à l’attitude d’Hérode, l’homme de la mort. Avec le Roi Hérode, la mort rôde autour de la crèche. La mort, liée à la confession de Jésus comme Roi. Il est intéressant de noter qu’Hérode est l’homme qui voit Dieu comme un ennemi, comme une menace. Et Il va l’empêcher d’entrer dans l’histoire des hommes. Aujourd’hui, beaucoup de personnes quittent, abandonnent la foi, parce qu’elles ont une fausse image de Dieu : ou bien parce qu’on leur a transmise, ou bien parce qu’ils se sont eux-mêmes forgés cette image fausse de Dieu, en abandonnant la fidélité à l’Eglise, en abandonnant la pratique religieuse. Des courants de pensée actuels, dans certaines philosophies, dans la franc-maçonnerie par exemple, ou encore dans l’intégrisme laïc, désignent Dieu comme une menace, et parfois, écoutez-bien cela, sans contester l’existence de Dieu, tout en reconnaissant implicitement son existence, accablent lourdement l’Eglise afin de décrédibiliser le message qu’elle transmet. Dieu fait peur et Il est vu comme une menace ! Hérode est l’homme de l’ombre. Il convoque les Mages en secret ; il agit dans les ténèbres. Il ment. Il est l’homme du double langage. Vous remarquerez son attitude : rejetant Dieu, il devient l’homme de l’ombre et de la mort. Il veut tuer Dieu et tuera  de milliers de petits bébés ! Il refuse la lumière !

            Avec Hérode, je vous disais, c’est la mort qui rôde autour de la crèche. Hérode fait arriver la Passion autour de Jésus. Les Mages ne disent pas le « Roi d’Israël », mais le « Roi des Juifs ». Le terme même employé « Roi des Juifs » renvoie au procès de Jésus par Pilate et à sa crucifixion.  Ainsi, Hérode nous montre que le rejet de Dieu, le combat de Dieu, conduit nécessairement à la mort !

 

            L’Epiphanie du Seigneur ne laisse pas indifférent. Elle conduit ou à l’Adoration ou au combat contre Dieu. A la suite des Mages, prions pour continuer à chercher Dieu tout au long de notre vie et pour avoir le désir de lui apporter nos propres cadeaux qui ne seront plus l’encens, ni l’or ni la myrrhe, mais ce que nous aurons fait tout au long de notre vie et que nous serons heureux de lui offrir humblement lorsque nous le rencontrerons. Amen !

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