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Homélie de la Solennité de Noël 2014, messe de la Vigile du Père Julien PALCOUX

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Solennité de Noël 2014

Messe de la Vigile

19h00 Bourth

Frères et sœurs,

 

Nous entrons ce soir avec cette première messe de Noël dans la grande fête de la Naissance du Fils de Dieu parmi nous, il y a plus de 2000 ans.

            Cet Evangile que nous venons d’entendre est impressionnant : il nous dit en quelque sorte toute la distance que Dieu a abolie pour nous rejoindre ; il nous dit toute la profondeur et la lourdeur de notre humanité et de l’Incarnation. Plus qu’une vérité historique, cette triple énumération des 14 générations nous redit la logique divine qui préside à l’Incarnation : il s’agit de la logique de l’Amour. C’est parce que Dieu aime l’homme qu’Il entre dans notre monde, dans notre temps, dans notre histoire avec tout ce qu’il y a  de beau, mais aussi tout ce qu’il y a  de moche, de blessé, d’abîmé. Le prophète Isaïe le dit à sa manière dans la première lecture : « On ne t’appellera plus « la Délaissée », on n’appellera plus ta contrée : « Terre déserte », mais on te nommera : « Ma préférée », on nommera ta contrée « Mon épouse » car le Seigneur met en toi sa préférence. » Si nous fêtons Noël, c’est parce que Dieu a infiniment aimé l’homme et qu’Il a voulu le rejoindre, alors qu’il était embourbé, empêtré, dans son péché, ses compromissions, dans le mal. Mais à Noël, le Seigneur ne vient pas nous rejoindre en étant et en demeurant extérieur à nous et à notre humanité ; Il nous rejoint en venant de l’intérieur, en étant comme nous, en se faisant « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous ».

 

            Fête de l’Amour, Noël devient aussi fête de notre salut. Si Dieu vient à nous, si Dieu se fait l’un de nous, c’est non seulement parce qu’Il nous aime mais aussi parce qu’Il veut nous sauver. C’est le sens du message que transmet l’Ange à Joseph qui avait décidé de répudier Marie : « Elle mettra au monde un Fils auquel tu donneras le Nom de Jésus, c’est-à-dire « Le Seigneur sauve » car c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » La véritable Bonne Nouvelle de Noël, c’est que c’est l’Avènement de notre Salut. C’est le cadeau qui nous est fait à tous ce soir : ce que Dieu nous offre, c’est ni plus ni moins le Salut, la Vie éternelle.

            Aujourd’hui, beaucoup subissent la vie ; beaucoup supportent la vie. Beaucoup cherchent à être heureux mais sans Dieu. Et Dieu est même vu comme celui qui pourrait empêcher le bonheur de l’homme ; c’est à ce point, qu’il faut tenir Dieu à l’écart de sa vie pour être et demeurer libre. Alors que c’est Lui qui apporte le bonheur ; c’est lui qui apporte la paix. C’est Lui qui ouvre l’horizon quand nous nous enfermons dans les limites de notre humanité, de ce que nous offre notre monde.

            Dans notre société qui renie ses racines, qui instrumentalise l’homme, qui l’asservit aux mains des intérêts économiques et politiques, le bonheur est mesuré au pouvoir d’achat, à l’indice de consommation des ménages. Dieu est écarté de la perspective du Bonheur. Dans notre société, on cultive aujourd’hui l’oubli de Dieu jusqu’à l’irrationnel, et nous ne pouvons malheureusement que constater les dégâts : on applaudit le droit à l’avortement, pendant qu’on projette de fabriquer d’autres bébés artificiellement, sans père ou même sans mère. On se félicite d’avoir libéré la jeunesse de l’influence de l’Eglise, tout en déplorant l’embrigadement de certains dans l’Islam radical. On a voulu se libérer du joug des repères moraux issus du christianisme, on se désole à présent que la morale ait déserté même les plus hautes instances de l’Etat, tous partis politique confondus !

            La polémique récente sur la place des crèches dans l’espace public est du même ordre ! Elle est l’œuvre d’intégristes laïcs qui cherchent à substituer à nos racines judéo-chrétiennes de pseudos racines laïques ! Sauf que la laïcité ne s’oppose pas au fait religieux ; elle en protège l’expression et en garantit le droit. La laïcité ne s’oppose pas à la tradition et à l’histoire d’un pays ; elle l’assume.  En avançant sur ce chemin absurde, j’ose espérer que tous ceux qui contestent la place des crèches dans l’espace public s’abstiennent de fêter Noël, qui est, (faut-il le leur rappeler ?), la fête de la naissance de Jésus !

 

            La fête de Noël nous redit que notre vie a un sens; qu’elle vaut la peine d’être vécue. Elle est un appel à un retour à Dieu dans notre vie, dans nos familles, dans notre société, dans notre espace public. Elle est un appel à reprendre le chemin de la fidélité à la pratique religieuse, à la messe du dimanche. Elle nous redit que Dieu ne demande qu’une chose : d’être accueilli en nous pour nous apporter le Salut.

 

            Frères et sœurs, le fait que Dieu se fasse homme pour sauver l’homme nous redit aussi que Dieu veut nous apporter le Salut en passant par nous ; Dieu ne veut pas nous sauver sans nous, mais avec nous. Il est « Emmanuel ». Demandons-nous aussi ce soir de quelle manière nous sommes disponibles pour que Dieu passe à travers nous pour rejoindre ceux qui attendent un Salut, ceux qui attendent la lumière de Dieu, ceux qui ne savent pas que Dieu existe. Amen !

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