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Homélie de la Solennité de Pâques du Père Julien PALCOUX

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Solennité de Pâques 2017

«  Et vidit et credidit »

Chers frères et sœurs,

Au lendemain de la fête juive du Sabbat, les femmes et les disciples se rendent au tombeau et découvrent un tombeau vide ! Plus de corps ! La disparition du corps de Jésus doit ajouter à ces cœurs aimants et fidèles une grande et profonde tristesse. Oui Jésus n’est plus dans le monde des morts, mais Il est Ressuscité comme le chante la Séquence pascale : « Le maître de la vie mourut ; vivant, Il règne à jamais. »

Frères et sœurs, il est difficile de rendre compte de notre foi en la Résurrection. Cela est difficile parce que la réalité de la Résurrection échappe à notre monde, à nos réalités et, par conséquent, le vocabulaire nous fait défaut pour trouver les mots justes pour parler d’une réalité que nous avons du mal à appréhender. On utilise souvent trois images pour aider à définir la Résurrection, trois images qui, bien qu’un peu différentes, disent dans le fond la même chose. On parle de la Résurrection comme de la victoire de la Vie sur la mort, du Bien sur le mal ou encore de l’Amour sur le mal. Dans ces trois images, il est bien entendu que la victoire est celle de Dieu.

Ce matin, je voudrais regarder avec vous la Résurrection comme la victoire de l’Amour sur la mort, en partant de l’expérience de Saint Jean, le disciple que Jésus aimait, comme le rapporte l’Evangile. On peut s’interroger sur le fait qu’entre Pierre et Jean, c’est Jean qui arrive le premier au tombeau. « Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. » nous dit l’Evangile. La première explication naturelle consiste dans le fait que Jean court plus vite parce qu’il est plus jeune. Mais il attend que Pierre entre au tombeau, alors il entre et nous dit l’Evangile : « Il vit et il crut. » Formule très condensée qui nous dit l’immédiateté de la foi de St Jean en la Résurrection de Jésus. Rien n’est dit pour Pierre. Alors : pourquoi St Jean arrive-t-il le premier au tombeau ? Pourquoi est-il le premier à croire en la Résurrection ? Pourquoi, lors des apparitions de Jésus Ressuscité, sera-t-il le premier à reconnaître Jésus ? Eh bien, parce que c’est le disciple de l’Amour. L’Amour pur qu’il a pour Jésus, qui l’a conduit à demeurer fidèle à Jésus lors de son procès, lors de sa crucifixion, alors que tous les autres ont disparus, l’amour pur qu’il a pour Jésus le fait immédiatement accéder à la foi en la Résurrection et à la réalité de la Résurrection. Le lien entre la Résurrection de Jésus et le triomphe de l’Amour de Dieu permet trois développements.

Le premier, c’est que la Résurrection est la manifestation même de l’Amour tout-puissant de Dieu qui triomphe des forces du mal et de la mort, pire ennemi de Dieu et de sa puissance de vie. La mort est ce qui rompt la relation humaine, et qui par conséquent brise l’amour qu’il y a entre ceux qui meurent et ceux qui restent. Sauf qu’avec la Résurrection, la relation et l’Amour redeviennent possibles. La mort et ses conséquences funestes sont anéanties.

La deuxième conséquence qui découle de ce que je vous dis, c’est qu’il est logique, si la Résurrection est la manifestation de l’Amour de Dieu, qu’on y accède par l’Amour. C’est l’exemple de St Jean. L’Amour est l’antidote contre le péché. Plus l’amour est pur, plus il permet de voir et de goûter Dieu ainsi que les réalités divines.

St Jean écrira en ce sens : « Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu » 1 Jn 4, 7 et plus loin : « Celui qui est né de Dieu ne commet plus de péché » 1 Jn 5, 18.

La troisième conséquence que je retiens du lien entre la Résurrection et l’Amour, c’est qu’en aimant, nous vivons déjà quelque chose et du mystère pascal de Jésus et de la réalité de la Résurrection, notamment du mystère de ce nouveau mode de présence qu’inaugure Jésus. Nous vivons quelque chose du mystère pascal de Jésus parce qu’en aimant vraiment, nous sommes capables de renoncer à nous-mêmes, en quelque sorte nous sommes capables de mourir à nous-mêmes, pour faire passer le bien de l’autre d’abord. Et nous vivons en même temps quelque chose de la réalité même de la Résurrection. L’Amour a ceci de particulier qu’il abolit la distance entre les êtres et permet d’exister dans la personne de l’autre. Ce qui, dans notre humanité est impossible. Chacun reste celui ou celle qu’il est. Et si une personne souhaite devenir une autre personne, vivre dans la vie d’une autre personne, c’est humainement impossible. Il y a une limite infranchissable qui est l’altérité, mais quel seul l’Amour parvient à dépasser pour exister dans le cœur, dans la vie de l’autre. Bien sûr ce que je vous dis-là ne résout pas la question de la corporéité, de la nature du corps ressuscité, qui n’est plus un corps humain tel que nous le connaissons avec les sens qui lui sont propres ; mais cela permet d’appréhender différemment ce nouveau mode d’existence. De ce fait, on comprend pourquoi, lorsque Jésus Ressuscité apparaitra à ses disciples, Il peut d’un seul coup être là au milieu d’eux sans passer par une porte ou par une fenêtre. C’est par sa puissance d’Amour qui donne consistance à son corps de ressuscité.

Frères et sœurs, aujourd’hui, réjouissons-nous de la Résurrection de Jésus qui inaugure une vie nouvelle qui nous est donnée par le sacrement du baptême ; réjouissons-nous de la victoire définitive de Dieu sur toutes les puissances du mal, sur la mort, et présentons au Seigneur Ressuscité toutes les personnes qui ont besoin d’être touchées dans leur vie par la puissance de la Résurrection de Jésus. Amen !

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