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17 Janvier – Saint Antoine le Grand, abbé, ermite ; v 250 – 356.

Saint Antoine le Grand, abbé, ermite ; v 250 – 356.

 

– Satan redoute par dessus tout la pureté du cœur, accompagnée d’un tendre amour pour notre Seigneur Jésus-Christ. Saint Antoine

 

Le père des solitaires d’Egypte, saint Antoine, naquit l’an 250, à Côma (aujourd’hui Kouma al aroum) dans un petit village de la Haute-Egypte. Ses parents, qui étaient de riches agriculteurs et catholiques, prirent eux-mêmes tout le soin de son éducation, afin de lui éviter toute relation avec des enfants qui auraient pu lui apprendre le mal ; de sorte qu’il passa toute sa jeunesse dans une grande innocence.

A l’âge de vingt ans, par suite du décès de son père et de sa mère, il se vit le maître de grands biens. Un jour, dans une église, il entendit lire ces paroles de Notre-Seigneur au jeune homme riche de l’Evangile : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, suis-moi, et tu auras un trésor dans le ciel ». Antoine prit ces paroles comme si elles eussent été prononcées pour lui seul. Rentrant chez lui, il se défit entièrement de tous ses revenus, de ses meubles et en distribua le prix aux pauvres. Après avoir installé sa sœur selon ses vœux dans une communauté féminine comme vierge consacrée, puis il commence sa vie d’ermite dans un lieu isolé près d’un de ses champs à l’exemple de quelques ermites qui vivaient à l’écart de la société. Il partage son temps entre la prière et le travail auprès de la cabane d’un vieil ascète qui l’initie à la vie érémitique.

Il décide de renforcer sa retraite en partant vivre pendant 13 ans dans le désert. L’afflux de nombreux disciples troublant son isolement, il part en 285 vivre en ermite à Pispir, en plein désert, dans un fortin romain abandonné sur la route de la mer Rouge, imitant les nombreux ermites qui vivaient dans la pauvreté et la chasteté aux alentours des bourgs. Là, à la manière du Christ, il subit les tentations du Christ ; mais, si pour le Christ cela ne dure que quarante jours, pour Antoine c’est beaucoup plus long et plus difficile, les démons s’attaquent à sa vie. Antoine résiste à tout et ne se laisse pas détourner par les visions enchanteresses qui se multiplient.

 

Le combat spirituel

Le démon, prévoyant sans doute le grand nombre d’âmes que devait lui arracher ce jeune solitaire, employa toutes ses forces pour le décou­rager de mener cette nouvelle vie. Le récit des luttes qu’Antoine eut à soutenir contre les démons nous semblerait incroyable, si nous n’en avions pour garant le témoignage de son biographe, le grand évêque d’Alexandrie, saint Athanase, son contemporain ; et si nous n’avions été témoins de faits identiques dans la personne d’un de nos contemporains, le saint Curé d’Ars. Pour le faire tomber dans l’orgueil le démon le louait pour ses vertus ; pour le rattacher à l’argent, il semait des pièces d’or sous ses pas ; pour le porter à la luxure il allait jusqu’à emprunter les traits d’une beauté humaine. Mais par la prière, le jeûne et la vigilance, Antoine triompha de ces premières attaques.

Le démon changea alors de tactique : par une permission de Dieu, il l’attaqua directement en son corps : un jour il le frappa avec tant de cruauté qu’il le laissa à demi-mort. Une autre fois il revint à la charge avec une troupe de ses compagnons. Tous ensemble firent un si grand vacarme qu’il semblait que l’édifice allait s’écrouler ; et à l’heure même Antoine vit apparaître des lions, des loups, des taureaux, des serpents et autres bêtes sauvages, qui, chacune à l’envi, s’avançaient menaçantes sur l’athlète de Jésus-Christ.

 

Après vingt ans de combats continuels avec les esprits des ténèbres, Antoine, pressé par les foules qui venaient à lui pour recevoir ses ins­tructions et ses consolations, ou pour obtenir la guérison de leurs maux, consentit enfin à leur ouvrir sa porte ; il fonda plusieurs monastères qui peuplèrent bientôt. le désert, et dont il se fit l’instituteur et le maître.

Antoine avait le cœur bon et compatissant : il défendait la cause des opprimés comme si lui-même eût souffert l’injustice qui leur était faite. Saint Hilarion le sollicite en 307 pour obtenir des conseils sur la façon d’organiser un monastère dans l’actuelle région de Gaza, considéré comme l’un des premiers de la chrétienté. En 311, ayant appris que plusieurs chrétiens étaient arrêtés et con­duits à Alexandrie, et y avaient été torturés pour leur foi, Antoine quitta son monastère pour aller les encourager et les aider à persévérer. Son arrivée dans Alexandrie produisit un effet extraordinaire : tous accou­raient pour le voir et l’entendre. Après quelques jours passés dans cette ville, il se hâta de rentrer dans sa solitude. Le gouverneur d’Egypte le pressait de prolonger son séjour ; il lui dit : « Il en est d’un moine comme d’un poisson : l’un meurt s’il quitte l’eau, et l’autre, s’il quitte son monastère ».

 

Craignant que les merveilles que Dieu opérait par ses mains ne lui acquissent trop d’honneurs et de considération, et qu’il finît par céder au démon de l’orgueil, le saint solitaire s’éloigna des lieux où il était trop connu et s’en alla en Haute-Thébaïde. Il se fixa dans une étroite caverne, au pied du mont Qolzum (près de l’actuelle Suez), qu’on a depuis appelé mont Saint-Antoine, et où ses disciples et aussi les démons ne tardèrent pas à le découvrir. Plu­sieurs de ceux-là voulurent s’installer auprès de lui ; mais il leur accorda seulement de se fixer à douze lieues dans un monastère, où il venait de temps en temps exhorter les religieux à la ferveur. Ils vivent à proximité dans des grottes et l’écoutent prêcher, s’associent à lui pour prier. Au fil des ans, ils se regroupent en différents noyaux de disciples choisissant un plus ancien à leur tête et choisissant tous Antoine comme guide spirituel.

Ce vénérable père des solitaires mourut entre les bras de ses disci­ples, le 17 janvier de l’an 356, à l’âge de cent cinq ans. Le culte de saint Antoine a été partout très célèbre, et est resté po­pulaire jusqu’à maintenant ; il serait impossible d’énumérer tous les pays dont ce grand saint est le patron, et toutes les églises dont il est le titu­laire. L’extraordinaire enthousiasme que son exemple provoqua lui mérita le titre de «  père des moines ».

 

Périples des reliques

A la fin du XI ème siècle, un seigneur Dauphinois nommé Geilin, voit après un pèlerinage en Terre Sainte auprès des reliques de Saint Antoine, la guérison de son fils qui souffrait du mal des Ardents et rapporte alors les reliques Elles sont déposées au village de la Motte aux Bois, qui prend le nom de Saint Antoine et plus tard celui de Saint Antoine l’Abbaye. Il fonde alors une communauté séculaire pour accueillir et aider les pèlerins venant prier le Saint pour demander des guérisons. Tout de suite la communauté doit créer différents hospices dans les Alpes (comme à Gap, puis en Allemagne, en Italie, en Espagne (tel San Anton). La communauté se transforme en un ordre religieux soumis à la règle des Augustins. Mais des conflits éclatent entre les Bénédictins et les Antonins qui deviennent des chanoines réguliers de l’Abbaye de Saint Antoine. Ces derniers ont pour vocation et pour mission de guérir le mal des Ardents qui fait de grands ravages depuis le XI ème siècle. Au XIIIe siècle, le Pape confie les lieux aux chanoines de l’Ordre de Saint-Antoine. De grands travaux d’extension sont menés du XIVe au XVIe siècles, période faste pour l’Ordre en général et l’abbaye en particulier. Au XVIII ème siècle la maladie recule. A partir de cette époque l’ordre des Antonins décline. De Saint-Antoine-l’Abbaye, les reliques de Saint Antoine seront transférées à Saint-Julien-d’Arles. En janvier 2006, elles seront déplacées d’Arles vers l’Italie sur l’île d’Ischia, située à l’entrée du golfe de Naples.

 

Iconographie

La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Dali, Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez. Gustave Flaubert lui a également consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec saint Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de Chartres).

Pour le reconnaître : saint Antoine est représenté sous l’aspect d’un vieillard barbu, il est vêtu de la robe de bure à capuchon des moines antonins, mais parfois il apparaît aussi en abbé mitré. Il est l’un des saints aux nombreux attributs, dont voici la liste :

Tau ou croix potencée : bâton en forme de T qui lui sert de crosse abbatiale, parfois simplement broché en bleu sur son épaule.

Clochette : attribut des ermites qui s’en servaient pour repousser les démons, effrayés par le bruit des clochettes comme par la lumière des cierges.

Cochon : de nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d’un cochon portant une clochette, il s’agirait d’un sanglier diabolique qu’Antoine aurait domestiqué ou plutôt d’une allusion au privilège qu’avaient les moines de l’abbaye de Saint Antoine en Dauphiné de laisser vaquer leurs porcs, reconnus car munis d’une clochette (le cochon de saint Antoine est souvent « clariné »).

Feu de Saint Antoine : des flammes jaillissent sous les pieds du personnage, allusion au feu de Saint Antoine, épidémie contre laquelle le saint est invoqué.

 

Attention ! Ces nombreux attributs permettent de distinguer facilement le célèbre saint Antoine l’ermite (250-356) du populaire saint Antoine de Padoue (1195-1231), représenté avec l’Enfant Jésus et invoqué pour retrouver les objets perdus.
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– Efforçons-nous de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau, c’est-à-dire la charité, la douceur et la justice…

– Les épreuves nous sont, en fait, profitables. Supprimez la tentation et personne ne sera sauvé. Saint Antoine le Grand

 

Principiis obsta ! « Je traite ces sortes de choses [suggestions du démon] comme les guêpes, qu’on chasse au plus vite ». (Mme Louise de France, carmélite.)

 

T e x t e s   d u   j o u r