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23 février Saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, v 70 – 166

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, v 70 – 166.

Polycarpe (dont le nom grec signifie fruit abondant) est regardé par toute l’Eglise comme ayant appartenu au groupe des Pères apostoliques. Il fut un disciple immédiat des apôtres, naquit au temps de Vespasien, vers l’an 70, fut converti à la religion chrétienne dès son enfance, sous le règne de Titus, saint Lin étant pape. Attaché à l’Eglise de Smyrne, il fut un disciple de l’apôtre saint Jean. Son biographe, Pionius, l’a dit originaire des contrées du Levant, puis amené jeune encore à Smyrne par des marchands qui le vendirent à une femme noble, nommée Callisto. Cette généreuse chrétienne l’éleva dans la crainte du Seigneur, lui confia le soin de sa maison. Héritier des biens de Callisto, Polycarpe n’en aurait usé que pour se perfectionner dans la connaissance des Ecritures, s’avancer dans la pratique de la piété, et aurait reçu le diaconat des mains de l’évêque de Smyrne, Bucolus, qui l’attacha à son Eglise. Cependant, des autorités, comme celle de saint Irénée ( Adv. hæresses, 1. V, c. XXXIII), nous apprennent que Polycarpe avec Papias suivit les leçons de Jean, l’apôtre bien-aimé de Jésus.

Durant sa jeunesse, saint Polycarpe avait vu et entendu le saint apôtre Jean qui l’établit évêque de Smyrne. Vers 155, il traita à Rome avec le pape Anicet sur la date et l’objet de la fête de Pâques, mais ne put se mettre d’accord avec lui. Il répondit à l’hérétique Marcion, chassé par son évêque, qui lui demandait s’il le connaissait : Oui, je te connais, tu es le premier-né de Satan.

D’après saint Irénée de Lyon qui fut son disciple, il écrivit plusieurs lettres à des communautés et à des particuliers dont il nous est resté la lettre aux Philippiens où, en citant la première épître de saint Clément de Rome, il recommande l’obéissance envers les prêtres et les diacres. On possède une lettre où saint Ignace d’Antioche l’instruit sur ses devoirs pastoraux et l’exhorte à être un athlète de Dieu, à tenir ferme comme une enclume sous les coups de marteau. Peu après la mort de Polycarpe, la communauté de Smyrne, dans une lettre à l’Eglise de Philomélium en Phrygie, raconte le martyre de son évêque condamné par le proconsul Statius Quadratus : Il y a quatre-vingt­ six ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal, comment pourrais-je blasphémer mon Roi et mon Sauveur ? il mourut sur le bûcher, probablement le 23 février 166.

Saint Soter étant pape et Marc-Aurèle empereur romain.

Seigneur Dieu tout puissant, Père de Jésus Christ ton enfant bien-aimé, de qui nous avons reçu connaissance de ton nom, Toi, le Dieu des anges, des puissances et de toute la création, ainsi que de la race des justes qui vivent en ta présence, je Te bénis de m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure afin de me faire prendre part au nombre de tes témoins, et de participer au calice de ton Christ pour la résurrection de la vie éternelle de l’âme et du corps.

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Polycarpe qui eut un commerce constant avec les Anges. Comme jeune homme déjà, il avait été accusé de dilapider le bien de sa patronne Calliste. Il avait en effet distribué toutes les réserves à des nécessiteux, et lorsque sa maîtresse, poussée par un délateur, vint examiner la chambre aux provisions, les jarres étaient pleines et les sacs de farine remplis. «Voici, dit le jeune homme qui avait auparavant prié avec ferveur pour qu’un miracle soit accompli en sa faveur, voici, par son Ange, le Seigneur te rend tous tes biens pour que tu puisses les partager de nouveau avec les déshérités. »

Devenu Évêque de Smyrne, Polycarpe fut encore sauvé par l’intervention de son Ange. L’Évêque était descendu pour la nuit dans une auberge, mais, peu après minuit, il fut réveillé par une voix qui lui criait : « Fuis hors de cette maison qui va bientôt tomber en ruine ! » L’Évêque eut beaucoup de peine à réveiller son compagnon et à le convaincre de quitter la chambre. Alors, la voix se fit plus impérieuse. « Sans doute, dit Polycarpe, le Seigneur nous veut sains et saufs ; aussi nous a-t-il envoyé son Ange pour nous avertir du danger qui nous menace. » Pas plutôt sortis, les deux hommes virent la maison s’écrouler dans un fracas épouvantable.

Quand le Seigneur veut récompenser une créature qui le sert fidèlement et qui, par son parfait détachement du monde, et son ardent amour pour Lui et pour son prochain, s’est rendue semblable aux Anges du Paradis, il lui accorde souvent le privilège de voir ces derniers, de jouir de leur compagnie sensible et de bénéficier de leur aide.

Dieu des anges, Dieu des archanges, qui avez détruit le péché, et qui détruirez un jour la mort ; monarque souverain du ciel et de la terre, protecteur des justes et de tous ceux qui marchent en votre présence, je vous bénis, moi qui suis le moindre de vos serviteurs, et je vous rends grâces de ce que vous m’avez jugé digne de souffrir, de recevoir de votre main la couronne du martyre, de pouvoir approcher mes lèvres du calice de la Passion ; je vous rends grâces de tous ces bienfaits par Jésus­-Christ, dans l’unité du Saint-Esprit. Voilà, Seigneur, mon sacrifice presque achevé : avant que le jour finisse, je verrai l’accomplissement de vos promesses. Soyez donc à jamais béni, Seigneur ; que votre nom adorable soit glorifié dans tous les siècles par Jésus-Christ, Pontife éternel et tout-puissant ; et que tout honneur vous soit rendu avec lui et avec le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

T e x t e s   d u   j o u r