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24 novembre – St André Dung-Lac, prêtre et ses compagnons, martyrs au Vietnam, † 1845-1862

St André Dung-Lac, prêtre Tommaso Thien et Emanuele Phung, laïcs – Girolamo Hermosilla, Valentino Berrio Ochoa, O.P. et six autres évêques – Jean-Téophane Vénard, prêtre Mission étrangères de Paris et 105 compagnons, martyrs dans diverses régions du Viet Nam : le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine, entre 1745 et 1862

La persécution déclenchée par le roi Tu-Duc dans diverses régions du Vietnam : dans le Tonkin central fut particulièrement cruelle, mais également dans les régions de l’Annam et la Cochinchine. Ce sont des milliers de martyrs qui témoignèrent de leur foi et parmi eux de très nombreux pères dominicains. Ils ont été béatifiés pour les uns en 1906, pour d’autres en 1951. Ils furent canonisés en 1988.

Parmi eux, huit évêques, un grand nombre de prêtres et une foule considérable de laïcs chrétiens des deux sexes, de toute condition, de tout âge, qui ont tous préféré souffrir l’exil, la prison, les tortures et enfin les derniers supplices plutôt que de fouler aux pieds la croix et faillir à la foi chrétienne.

L’œuvre de l’évangélisation, entreprise dès le début, du XVIème siècle, puis établie dans les deux premiers Vicariats Apostoliques du Nord (Dâng-Ngoâi) et du Sud (Dâng-Trong) en 1659, a connu au cours des siècles un admirable développement. A l’heure actuelle, les Diocèses sont au nombre de 25 (10 au Nord, 6 au Centre et 9 au Sud). Les catholiques sont environ 6 millions (presque 10% de la population). La hiérarchie catholique vietnamienne a été érigée par le Pape Jean XXIII le 24 novembre 1960.

Ce résultat est dû aussi au fait que, dès les premières années de l’évangélisation, la semence de la Foi a été mêlée sur la terre vietnamienne au sang abondamment versé des Martyrs, tant du clergé missionnaire que du clergé local et du peuple chrétien du Viêt-Nam. Tous ont supporté ensemble les fatigues de l’œuvre apostolique et ont d’un même cœur affronté aussi la mort pour rendre témoignage à la vérité évangélique. L’histoire religieuse de l’Eglise du Viêt-Nam enregistre qu’il y a eu en tout 53 Décrets, signés par les Seigneurs TRINH et NGUYEN et par les Empereurs qui, pendant trois siècles XVIIème, XVIIIème, XIXème : exactement 261 ans, ont promulgué contre les chrétiens des persécutions l’une plus violente que l’autre. On compte environ 130.000 victimes tombées un peu partout sur le territoire du Viêt-Nam.

Au cours des siècles, ces Martyrs de la Foi ont été ensevelis d’une manière anonyme, mais leur mémoire est restée toujours vivante dans l’esprit de la communauté catholique.

Dès le début du XXe siècle, dans cette foule de héros, 117 personnes – dont les épreuves sont apparues les plus cruelles – ont été choisies et élevées aux honneurs des autels par le Saint-Siège en 4 séries de Béatifications :

en 1900, par le Pape Léon XIII, 64 personnes

en 1906, par le Pape S. Pie X, 8 personnes

en 1909, par le Pape S. Pie X, 20 personnes

en 1951, par le Pape Pie XII, 25 personnes

116 furent canonisés par Jean-Paul II, le 19 juin 1988.

Ces Bienheureux peuvent être classés comme suit :

96 Viêtnamiens : 37 Prêtres (dont 11 Dominicains), 59 Laïcs (parmi eux 1 Séminariste, 16 Catéchistes, 10 du Tiers Ordre Dominicain et 1 femme).

11 Espagnols : tous de l’Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains) : 6 Evêques et 5 Prêtres.

10 Français : tous de la Société des Missions Etrangères de Paris : 2 Evêques et 8 Prêtres.

Parmi eux Jean-Théophane Vénard, fils d’un maître d’école, naquit à Saint-Loup-sur-Thouet1, le 21 novembre 1829. Il fit ses études classiques au collège de Doué-la-Fontaine2, puis sa philosophie au petit séminaire de Montmorillon. Il entra au grand séminaire de Poitiers en 1848, reçut le sous-diaconat en décembre 1850 et demanda aussitôt après à entrer au séminaire des Missions Etrangères de Paris, où il arriva le 3 mars 1851. Sa vocation missionnaire remontait à l’enfance : il la trouva, à l’âge de neuf ans en lisant la Notice sur la vie et la mort de Jean-Charles Cornay.3

A Paris, Théophane fut dirigé par M. Barran, qui lui enseigna la voie d’enfance spirituelle. Ordonné prêtre le 5 juin 1852, le jeune missionnaire s’embarqua le 19 septembre suivant, à destination de la Chine, car là Propagande avait demandé à la Société des Missions Etrangères de prendre la charge d’un nouveau territoire. Ce projet ayant été ajourné, Théophane, après un an et demi d’attente à Hong-Kong, fut envoyé au Tonkin, où il arriva en juillet 1854.

Après avoir étudié la langue dans deux chrétientés, il fut chassé par la persécution et se réfugia à But-Dong, où il tomba dangereusement malade. En 1857, on lui confia la direction d’un district, et malgré une santé toujours chancelante, il traduisit la Concordance des Evangiles de l’abbé Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse. Les persécutions le contraignirent à une vie clandestine et incroyablement pénible dans d’obscures cachettes. Son évêque l’avait nommé supérieur du séminaire, mais la persécution ne lui permit pas d’exercer ces fonctions. Dénoncé, il fut arrêté à Ke-Beo, le 30 novembre 1860, enfermé dans une cage et conduit à Hanoï où il fut décapité le 2 février 1861.

Dès 1864, l’abbé Eusèbe Vénard, frère du martyr, publiait un ouvrage intitulé : Vie et correspondance de J. Théophane Vénard, qui a connu 14 éditions. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus lut cet ouvrage, en fut très touchée et vécut dès lors dans une véritable intimité spirituelle avec le jeune martyr.

Jean-Théophane Vénard écrivait admirablement. Ses lettres si belles, manifestant la paix de son âme, et, d’autre part, la vénération que lui a manifestée sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus en ont fait le martyr le plus populaire de la Société des Missions Etrangères.

1 Saint-Loup-sur-Thouet est dans département Deux-Sèvres qui appartient au diocèse de Poitiers.

2 Doué-la-Fontaine est dans le Maine-et-Loire.

3 Jean-Charles Cornay, né à Loudun, le 27 février 1809, entra en l830 aux Missions Etrangères. N’étant encore que diacre, il fut envoyé en 1831 au Setchoan, en Chine. Pour s’y rendre, il prit la route du Tonkin, mais ses guides chinois moururent à Hanoï et il resta dans cette mission. Ordonné prêtre le 20 avril 1834, il exerça son ministère dans les provinces du nord-ouest, spécialement dans celle de Son-Tay. Arrêté le 20 juin 1837 et emprisonné dans la citadelle de Son-Tay, après de nombreux interrogatoires, il fut d’abord condamne à 110 coups de verges parce qu’il refusait de fouler la croix aux pieds. Le tribunal le condamna enfin à mort par désarticulation des membres et décapitation. Le 20 septembre 1837, il se rendit au lieu de son exécution en chantant le Salve Regina. Devant un tel courage, le bourreau le décapita d’abord et ne lui désarticula les membres qu’ensuite. Béatifié en l900, il fut canonisé par Jean-Paul II le 19 juin 1988.

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