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28 janvier Saint Thomas d’Aquin, Dominicain, Docteur de l’Eglise, 1225 – † 7 mars 1274. (P, O, T 7 mars)

Saint Thomas d’Aquin,

Dominicain, Docteur de l’église, 1225 – 7 mars 1274. (P, O, T 7 mars)

Accordez-moi, Seigneur mon Dieu,

une intelligence qui vous connaisse,

un empressement qui vous cherche,

une sagesse qui vous trouve,

une vie qui vous plaise,

une persévérance qui vous attende avec confiance

et une confiance qui vous possède à la fin.

Saint Thomas d’Aquin

On s’étonne que les ecclésiastiques français ne fassent plus grand cas de saint Thomas d’Aquin dont, pourtant, le deuxième concile du Vatican a recommandé par deux fois l’étude. Cet ignorant mépris est d’autant plus surprenant que saint Thomas d’Aquin qui par sa mère est d’origine normande, vécut treize ans à Paris, qu’il fut canonisé en Avignon, et que la plus grande part de ses reliques sont à Toulouse ?

Thomas d’Aquin, le plus grand théologien de l’Eglise, naquit vers 1225, à Rocca-Secca, dans le royaume de Naples. Thomas d’Aquin était issu d’une vieille famille féodale d’origine normande et germanique : son grand-père (Thomas) avait épousé Françoise de Souabe ; sœur de l’Empereur ; son père, Landolphe, comte d’Aquin, seigneur de Lorette et de Belcastro, sa mère Théodora, comtesse de Teano, descendait des princes normands qui s’étaient taillé un royaume, au sud de l’Italie. Ils habitaient le château-fort qui dominait à pic la petite ville d’Aquino.

Honorius III étant pape, Frédéric II Hauhenstaufen empereur romain germanique et Louis VIII le Lion roi de France, la même année qui vit descendre au tombeau saint François d’Assise, et saint Louis monter sur le trône de France.

Héroïque noviciat

Thomas, dont le parrain fut le pape Honorius III, fut à l’âge de cinq confié au monastère bénédictin du Mont-Cassin dont son oncle, Sunnibald, était l’abbé.

Déjà Thomas était hanté par le problème de la Divinité, demandant sans cesse : « Qu’est-­ce que Dieu ? »

Cette demande fut la passion de toute sa vie, et tout l’intellectualisme de Thomas d’Aquin est déjà là. Aussi, il était peu empressé aux con­versations mondaines, mais plutôt méditatif et taciturne ; toute sa vie, il gardera cette attitude absorbée et distraite. Thomas se fit autant remarquer par sa piété que son intelligence ; l’abbé du Mont-Cassin et son père décidèrent de l’inscrire à l’université de Naples pour étudier les Arts libéraux. C’est à l’université de Naples qu’il s’initia aux écrits d’Aristote et à l’antique droit romain. C’est aussi à Naples qu’il rencontra l’ordre des frères prêcheurs où, contre l’avis de sa famille, il reçut à dix-huit ans l’habit. Sa mère, la comtesse Théodora, ulcérée que son fils entrât dans un ordre mendiant, se plaignit sans succès au prieur du couvent de Naples, au maître général de l’Ordre et au Pape. Elle décida de venir chercher elle-même Thomas mais, lorsqu’elle arriva au couvent de Naples, il s’était enfui au couvent Rome d’où le maître général le fit partir pour Paris. Rattrapé par ses deux frères, entre Sienne et le lac de Bolsenne, près d’Aquapendente, il fut enfermé au château du Mont-Saint-Jean. A partir de septembre 1243, Thomas devint donc le prisonnier de sa mère. De son étroite cellule, il se fit un lieu d’étude : il y lut et apprit entièrement les Saintes Ecritures, le texte du cours de théologie de Pierre Lombard, évêque de Paris, et glorieusement surnommé « le Maître des Sentences », ainsi que les « Sophismes » d’Aristote. Ni ses frères ni sa mère ne réussirent à fléchir sa décision, quant à ses deux sœurs, elles prirent secrètement son parti au point que l’aînée résolut de se faire religieuse à Sainte-Marie de Capoue. Pour perdre sa ré­putation, ses frères firent entrer une vile courtisane dans sa chambre : il prit un tison enflammé et la chassa, puis traça une croix sur le mur et se mit à genoux pour renouveler son vœu de chasteté ; il tomba alors en sommeil et eut l’apparition de deux anges qui ceignirent ses reins en lui disant : « Nous venons à toi de la part de Dieu pour te conférer le don de la virginité perpétuelle qu’il t’accorde dès ce montent. » Il était enfermé depuis deux ans quand les Domini­cains portèrent plainte auprès du pape Innocent IV et de l’Empe­reur qui venaient de se réconcilier : l’empereur Frédéric exigea sa libération. La famille ne voulant pas perdre la face, les deux sœurs prièrent les dominicains de Naples de se rendre nuitam­ment au pied de la tour d’où Thomas descendit dans un panier.

Après cet héroïque noviciat, Thomas alla poursuivre ses études à Cologne, où enseignait alors un dominicain célèbre le futur saint Albert le Grand. Au premier abord, les éco­liers rhénans furent frappés de la haute stature du nouveau venu et de son mutisme ; ils crurent y voir la marque d’un esprit lourd et lent et le surnommèrent « le bœuf muet de Sicile ». Un d’eux s’offrit même par compassion à lui donner des répétitions, que Thomas accepta. Mais son talent ne tarda pas à percer. Maître Albert prononça un jour cette parole prophétique : « Nous l’appelons bœuf muet ; mais son enseignement de­viendra un tel mugissement qu’il retentira dans le monde entier. »

En 1248, l’étudiant devint professeur. Puis, il fut envoyé à Paris, et y enseigna pendant douze ans.

Son œuvre capitale

Adulte, il donna lui-même une réponse à sa question essentielle : Qu’est-ce que Dieu ? Dans presque tous les livres qu’il composa, qu’il s’agisse de la création du monde, de l’homme, des lois, des vertus ou des sacrements, il traite toujours de Dieu, auteur du salut éternel. Nul ne pourrait lire avec profit les œuvres de saint Thomas d’Aquin, s’il ne veut pas être porté à la vie intérieure, désirant grandir dans la prière, la méditation et la contemplation.

Saint Raymond de Peñafort en Espagne, alors supérieur des dominicains, était animé d’un grand zèle apostolique. Pour aider à la conversion des Maures et des Juifs, il enseignait l’hébreu et l’arabe aux religieux qui se destinaient à cet apostolat. Ce fut sur sa de­mande, et pour aider les missionnaires à réfuter les erreurs des païens instruits, qu’il pria son confrère : Thomas d’écrire un livre exprès pour eux. Le docteur angélique s’exécuta et composa la « Somme contre les Gentils ».

« Somme contre les Gentils », où il démontre aux incrédules qu’ils n’ont aucun motif sérieux de se refuser d’embrasser la foi chrétienne.

Mais son œuvre capitale, c’est sa « Somme Théologique », exposition scientifique du christianisme, qui marque le point culminant qu’aient jamais atteint la pensée humaine et la pensée chrétienne. La doctrine y est expliquée avec une clarté, une force et une méthode qui n’ont jamais été égalées. Chose remarquable, pas une erreur n’a surgi que Thomas n’ait prévue et réfutée dans la « Somme », longtemps avant son apparition.

L’œuvre littéraire de ce génie est si considérable qu’un homme si intelligent qu’il soit aurait de la peine à lire les ouvrages de saint Thomas en aussi peu de temps qu’il mit à les composer. Aux écrits poétiques appartient l’Office du Très Saint Sacrement, véritable chef-d’œuvre liturgique et mystique, où toute la théologie eucharistique est exprimée dans les deux proses « Lauda Sion » et « Pange lingua », sous une forme très simple, et en même temps exacte et pleine de piété. A une science si éminente, il joignait une grande innocence de vie, une vie mortifiée, une profonde humilité et une courtoisie parfaite.

Le génie de l’œuvre de Thomas d’Aquin est d’avoir su réaliser une vaste synthèse entre la pensée traditionnelle des Pères de l’Eglise et les exigences de rationalité de son temps profondément marqué par la redécouverte d’Aristote et de Platon. Il peut ainsi offrir une vision globale ou s’accordent, dans une rigoureuse logique, foi et raison, nature et surnature, théologie et philosophie, scolastique et dialectique, sans altération d’une foi authentique.

La vie de saint Thomas d’Aquin nous invite donc à l’imitation. Comment pourrions-nous mieux le vénérer qu’en nous inspirant de ses exemples et de ses enseignements, afin que, dans ce monde qui se désagrège parce qu’il veut être sa propre fin, chacun de nous contribue, dans la mesure de son pouvoir, à établir en tout, et d’abord en soi-même, le régné de Dieu.

Thomas d’Aquin mourut à Fossanova, le 7 mars 1274, en se ren­dant au Concile de Lyon.

Thomas d’Aquin qui, depuis deux ans, était retourné en Italie, fut invité par le pape Grégoire X à se rendre au deuxième concile de Lyon qui devait s’ouvrir le 1e mai 1274. Le 28 janvier 1274, il quitta Naples à pied, accompagné de deux autres frères prêcheurs. Il passa par Aquin où il était né, et par le château de Maenza où habitait sa nièce. Arrivé aux confins de la Campanie et du Latium, entre Terracina et Rome, pris d’un mal mystérieux, il demanda l’hospitalité à l’abbaye cistercienne de Fossanova où il mourut le 7 mars 1274.

Ce grand docteur, ami de saint Louis, bras droit des Papes, mourut à quarante-neuf ans, le bienheureux Grégoire X étant pape, Rodolphe Ier empereur romain germanique et Philippe III le Hardi roi de France.

Une quarantaine d’années plus tard, Dante dans « La Divine Comédie » rapporte que Thomas d’Aquin aurait été empoisonné par ordre de Charles d’Anjou, roi de Naples, frère de saint Louis…

Histoire d’une canonisation

Le procès de canonisation, commencé à l’initiative de la province dominicaine de Sicile (1317-1318), fut immédiatement soutenu par Jean XXII, qui à peine élu, avait enrichi la bibliothèque pontificale des écrits de Thomas d’Aquin.

Jacques Duèze, né en 1244 à Cahors, mort en 1334 à Avignon, issu d’une famille de la bourgeoisie aisée de Cahors, est élu pape en 1316, sous le nom de Jean XXII. Âgé de 72 ans lors de son élection, il inaugure la série des papes d’Avignon, série dont il assurera le plus long pontificat : il meurt à 90 ans après 18 ans d’exercice.

La première enquête fut menée à Naples où, à partir du 23 juillet 1319. Le pape Jean XXII avait dit que « Thomas d’Aquin avait plus illuminé l’église que tous les autres docteurs et que l’on profite plus en une année avec ses livres qu’en toute une vie avec la doctrine des autres » (Au consistoire, en 1318) ; il avait ajouté : « Nous croyons que Frère Thomas est au ciel, car sa vie fut sainte et sa doctrine est un miracle. »

En présence du roi Robert de Naples [Robert 1e d’Anjou, dit le Sage (né vers 1275, mort à Naples le 19 janvier 1343), fut duc d’Anjou, comte de Provence et roi de Naples. Troisième fils de Charles Il le Boiteux auquel il succéda (1309), il fut le défenseur des intérêts pontificaux], de sa mère et de sa femme, les cérémonies de la canonisation de saint Thomas d’Aquin, en même temps que celle de saint Louis d’Anjou, commencèrent le jeudi 14 juillet. Dans le palais pontifical Jean XXII fit le panégyrique de saint Thomas d’Aquin : « Ce glorieux docteur est celui qui, après les apôtres et les premiers docteurs, illumina le plus l’Eglise … Il y avait dans la Somme Théologique autant de miracles que d’articles … » et fut suivi par sept orateurs le dominicain Pierre Cantier [menait toute l’affaire, en l’absence du procureur, malade, Jean de Naples], le roi Robert de Naples, le patriarche d’Antioche qui était dominicain, l’archevêque de Capoue, un évêque dont le nom n’est pas donné, l’archevêque d’Arles et l’évêque de Lodève qui était franciscain.

Le lundi suivant (18 juillet), à Notre-Dame des Doms, Jean XXII lut la bulle de canonisation où, après avoir résumé la vie de saint Thomas d’Aquin et exalté ses vertus éminentes, il énuméra les principaux miracles constatés. Le Pape célébra la messe où il prêcha, puis il retint à sa table le roi Robert et dix-sept cardinaux. Le roi Robert avait fait annoncer que ce jour serait célébré comme la fête de Noël.

Pèlerinage des reliques

La réputation de sainteté dont jouissait Thomas d’Aquin explique que les moines Cisterciens de Fossanova où il était mort voulurent tant garder son corps, malgré bien des revendications.

Elie de Toulouse, devenu maître général des Dominicains, monta une opération pour s’emparer du corps qui fut déposé au couvent des Dominicains de Fondi.

L’abbé de Fossanova en appela au Pape qui fit comparaître Elie de Toulouse. Après avoir représenté au Pape que Thomas d’Aquin était le frère des Dominicains, Elie s’en remit à sa décision. Urbain V* donna le corps de Thomas d’Aquin aux Dominicains pour qu’ils le portassent en France, leur laissant le soin de décider entre Paris et Toulouse ; le lendemain, comme Elie de Toulouse venait le remercier, Urbain V luit dit : « Il me semble préférable pour vous éviter tout ennui que je détermine moi­-même le lieu. Je décide donc et je veux que le corps de saint Thomas repose dans votre église conventuelle de Toulouse. » La translation du corps de saint Thomas d’Aquin fut faite dans l’église des Dominicains de Toulouse le 28 janvier. [Très curieusement alors que la fête de saint Thomas d’Aquin était autrefois célébrée au jour anniversaire de sa mort, le 7 mars, la réforme du calendrier qui a ordinairement mis la fête des saints au jour de leur mort, fixa celle de saint Thomas d’Aquin au jour de la translation de ses reliques]. Après avoir été sauvées des profanations protestantes, les reliques de saint Thomas furent sauvées des destructions de la révolution française, et transportées à Saint-Sernin de Toulouse où elles sont toujours, sauf son bras droit qui est à Rome.

*Guillaume Grimoard est né en 1310 à Grizac en Lozère et mort en 1370 à Avignon. Il devint le sixième pape à Avignon sous le nom d’Urbain V. Ses missions diplomatiques l’ont rendu très proche de l’Italie ; proximité qui entraîna une tentative avortée de retour de la papauté vers Rome. Urbain V est le seul des pontifes avignonnais à avoir été porté sur les autels avec le titre de bienheureux. Béatifié en 1870, sous Pie IX, il est fêté par l’Église catholique le 19 décembre.

L’Église, le comparant aux Esprits bienheureux, tant à cause de son innocence que de son génie, lui décerna-t-elle le titre de « Docteur Angélique », « Lumière du monde ».

 

Epilogue

Saint Thomas compte parmi les plus grands savants et les plus grands théologiens de tous les temps. En 1250, à 25 ans, ordonné prêtre, disciple d’Albert le Grand, Thomas d’Aquin devient très vite un maître en théologie. Malgré son humilité, ses succès sont si éclatants qu’on le sollicite pour trancher les questions épineuses. Les rois, les papes et les juges consultent ce jeune homme si brillant. Il ne cesse d’écrire, d’étudier, d’enseigner. Il répond à toutes les objections de son temps face à la foi dans ses ouvrages tels que la Somme théologique, composée de 612 questions et 3 000 articles.

Il parvient à une synthèse harmonieuse entre la foi chrétienne et la philosophie. Il prend en compte toutes les critiques sur la révélation et démontre que la foi ne peut jamais être contraire à la raison ou à la science.

La Somme Théologique est devenue dans les siècles suivants et est restée jusqu’à nos jours un livre classique. Au concile de Trente, la Somme était ouverte sur l’autel à côté de la Sainte Écriture.

Cette analyse rigoureuse, ce respect de l’adversaire, vont de pair avec une charité exemplaire, une authentique vie mystique et une humilité exemplaire.

Malgré toute sa science, déjà fort admirée de son temps, il était modeste, d’une simplicité enfantine et d’une grande bonté de cœur. Il était doux en paroles et charitable dans ses actions. Il croyait tous les hommes aussi innocents que lui. Si quelqu’un avait péché par faiblesse, il pleurait le péché d’autrui comme si c’était le sien. La bonté de son cœur se reflétait sur son visage ; aussi personne ne le regardait sans être consolé. Il avait une compassion merveilleuse pour les pauvres et les nécessiteux. Tout ce qu’il pouvait donner en fait de linge ou d’autres objets, il le donnait volontiers. Il ne gardait pour lui rien de superflu afin de pouvoir subvenir aux besoins d’autrui.

Son compagnon ordinaire, qui fut aussi son confesseur, attesta après sa mort : « Je l’ai toujours connu aussi pur qu’un enfant de cinq ans. Jamais un mouvement charnel ne l’a souillé et il n’a jamais consenti à un péché mortel. »

Ce qui est remarquable, c’est la tendre dévotion de saint Thomas pour sainte Agnès. Il portait constamment sur lui les reliques de cette sainte, vierge et martyre.

Il est le patron des écoles catholiques et des théologiens.

On le représente en dominicain, avec un soleil ou une étoile sur la poitrine (symbole de l’illumination divine).

 

Florilège

  • Tu as bien parlé de moi, Thomas ;

  • quelle récompense désires-tu re­cevoir ?

  • – Seigneur, point d’autre que vous-même !

Nous n’offensons Dieu que dans la mesure où nous agissons contre notre propre bien.

Seigneur, donne à ma conscience la clarté sans inquiétude ni doute,

à ma volonté la décision sans angoisse ni étroitesse.

La colombe symbolise par ses propriétés les sept dons du Saint-Esprit.

Voici comment :

– La colombe vit le long des eaux : dès qu’elle aperçoit un vautour, elle plonge et lui échappe.

Par le don de sagesse, les saints habitent le long des eaux de la divine Ecriture et échappent ainsi aux incursions du démon.

– La colombe choisit les meilleurs grains.

Par le don de science, les saints choisissent les pensées saines comme aliments.

– La colombe nourrit les petits des autre animaux.

Par le don de conseil, les saints nourrissent de leur doctrine et de leur exemple les hommes qui furent jadis les petits du démon, c’est-à-dire ses imitateurs.

– La colombe ne déchire point du bec.

Par le don d’intelligence, les saints évitent de pervertir les bonnes doctrines, en les déchirant, à la manière des hérétiques.

– La colombe n’a pas de fiel.

Le don de piété permet aux saints d’échapper à la colère déraisonnable.

– La colombe fait son nid dans les trous des rochers.

Par le don de force, les saints font leur nid dans les plaies de la mort du Christ, qui est un rocher solide, car ils y mettent leur refuge et leur espoir.

– La colombe a comme chant des gémissements.

Par le don de crainte, les saints trouvent leur joie dans des gémissements pour les péchés.

Saint Thomas d’Aquin.

 

Prière que saint Thomas récitait chaque jour devant l’image du Christ

Accordez-moi, Dieu miséricordieux, de désirer ardemment ce qui vous plaît, de le rechercher prudemment, de le reconnaître véritablement et de l’accomplir parfaitement, à la louange et à la gloire de votre nom.

Mettez de l’ordre en ma vie, accordez-moi de savoir ce que vous voulez que je fasse, donnez-moi de l’accomplir comme il faut et comme il est utile au salut de mon âme.

Que j’aille vers vous, Seigneur, par un chemin sûr, droit, agréable et menant au terme, qui ne s’égare pas entre les prospérités et les adversités, tellement que je vous rende grâces dans les prospérités, et que je garde la patience dans les adversités, ne me laissant ni exalter par les premières, ni déprimer par les secondes.

Que rien ne me réjouisse ni me m’attriste, hors ce qui me mène à vous ou m’en écarte. Que je ne désire plaire ou ne craigne de déplaire à personne, si ce n’est à vous. Que tout ce qui passe devienne vil à mes yeux à cause de vous, Seigneur, et que tout ce qui vous touche me soit cher, mais vous, mon Dieu, plus que tout le reste.

Que toute joie me dégoûte qui est sans vous, et que je ne désire rien en dehors de vous. Que tout travail, Seigneur, me soit plaisant qui est pour vous, et tout repos ennuyeux qui est sans vous. Donnez-moi souvent de diriger mon cœur vers vous, et, dans mes défaillances, de les peser avec douleur, avec un ferme propos de m’amender.

Rendez-moi, Seigneur Dieu, obéissant sans contradiction, pauvre sans défection, chaste sans corruption, patient sans protestation, humble sans fiction, joyeux sans dissipation, sérieux sans abattement, retenu sans rigidité, actif sans légèreté, animé de votre crainte sans désespoir, véridique sans duplicité, faisant le bien sans présomption, reprenant le prochain sans hauteur, l’édifiant de parole et d’exemple sans simulation.

Donnez-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant que nulle curieuse pensée ne détourne de vous, un cœur noble que nulle indigne affection n’abaisse, un cœur droit que nulle intention perverse ne dévie, un cœur ferme que nulle épreuve ne brise, un cœur libre que nulle violente affection ne subjugue.

Accordez-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui vous connaisse, un empressement qui vous cherche, une sagesse qui vous trouve, une vie qui vous plaise, une persévérance qui vous attende avec confiance, et une confiance qui vous embrasse à la fin.

Accordez-moi d’être affligé de vos peines par la pénitence, d’user en chemin de vos bienfaits par la grâce, de jouir de vos joies surtout dans la patrie par la gloire. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Amen.

Éphéméride du 28 janvier : 

En 1077, à Canossa dans les Apennins, l’empereur Henri IV, après avoir fait pénitence pendant trois jours devant la porte de la forteresse enneigée, s’agenouille devant le pape Grégoire VII pour que soit levée son excommunication. Humilié et vengeur, Henri IV fera élire l’antipape Clément III qui le sacre empereur à Rome en 1084, alors qu’il avait été excommunié à nouveau dès 1080.

T e x t e s   d u   j o u r