Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil » Blog et Site Internet

7 janvier – St Raymond de Penyafort, 1175 / † 7/ 01/1275

Saint Raymond de Peñafort (en catalan : Penyafort), vint au monde en 1175, au château de Pennafort, à Vilafranca del Peredès, près de Barcelone, d’une famille de haute noblesse, qui prit grand soin de son éducation. Dès sa jeunesse, il donna des preuves de sa haute intelligence par les progrès qu’il fit dans l’étude des lettres et de la philosophie. Il passa en Italie pour y étudier le droit, y fut reçu docteur et nommé professeur à l’Université de Bologne. D’étudiant il devint bientôt un maître et enseigna le droit avec éclat. La ville de Bologne, pour le retenir, lui donna ses émoluments, dont les pau­vres profitèrent ; car sa charité et sa sainteté étaient aussi gran­des que sa science.

      L’évêque de Barcelone, revenant de Rome, passa par Bologne et fit tant d’instances qu’il le décida à rentrer en Es­pagne : il le nomma successivement chanoine, archidiacre et grand-vi­caire. Ce fut dans ce temps en 1258 qu’il collabora avec saint Pierre Nolasque, [prêtre originaire du diocèse de Carcassonne fêté le 25 décembre] et le roi Dom Jayme d’Aragon, à l’établissement de l’Ordre de la Merci pour la rédemption des captifs chrétiens. Ils occupaient avec énergie leur activité et leur zèle, au temps du pouvoir des musulmans, pour soulager les chrétiens du joug de l’esclavage. Ses religieux se constituant eux-mêmes prisonniers à la place de leurs frères, quand ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour les racheter. 

 

Un de ses neveux lui ayant communiqué son projet d’entrer dans l’ordre de saint Dominique, il en fut détourné par Raymond. Mais dans la suite, l’oncle conçut un tel regret d’avoir donné ce conseil, que pour réparer le préjudice qu’il croyait avoir causé à l’Ordre dominicain, il se condamna lui-même à entrer dans cet Ordre ; ce fut ce qu’il fit le Ven­dredi Saint de l’an 1222, étant alors âgé de quarante-sept ans.

 

Le pape Grégoire IX ayant envoyé en Espagne un légat, Jean d’Abbeville, pour prêcher la croisade contre les Maures, Raymond coopéra efficacement au succès de cette mission. A la suite de cela, Grégoire IX voulant s’attacher un reli­gieux si renommé, le fit venir à Rome, et en fit son chapelain et son con­fesseur.

Il est surtout connu pour avoir à la demande du pape, rassemblé les multiples lois et décrets de l’Église en les systématisant. Cette codification canonique, la première officiellement promulguée par un pape, est connue sous le nom de Décrétales de Grégoire IX (1234). En récompense de cet important travail, le pape le nomma à l’archevêché de Tarragone, alors métropole du royaume d’Aragon. Mais le saint religieux avait l’esprit trop éloigné de toute ambition ; il supplia le pape de l’en dispenser. A chaque tentative qui lui fut faite pour accepter l’une ou l’autre dignité, il répondit ‘que c’était une assez grande dignité d’être bon religieux.

 

L’état de sa santé l’ayant obligé de quitter Rome, il retourna à Barcelone plus pauvre encore qu’il ne l’avait quittée. Il recommença à y mener une vie pénitente, ne mangeant qu’une fois par jour, excepté le dimanche ; chaque nuit il se donnait la discipline. Son oraison était pres­que continuelle ; chaque jour il se préparait à célébrer par une exacte confession.

 

L’an 1238 eut lieu à Bologne, le chapitre général de l’Ordre domi­nicain pour l’élection du Maître général ; tous les suffrages à l’unanimité se portèrent sur le Père Raymond, bien qu’il fût absent et à Barcelone il ploya sous le faix ; mais, deux ans après, il convoqua un chapitre gé­néral, où il fit accepter sa démission sous prétexte de ses infirmités et de son grand âge.

 

Lorsqu’il se croyait déchargé de toute responsabilité, Dieu lui sus­cita des emplois plus lourds encore : les papes le chargèrent de nom­breuses et délicates missions en Espagne, comme de choisir des évêques, d’examiner les uns, d’en déposer d’autres, de porter des excommunica­tions, de nommer aux plus hauts offices ecclésiastiques, dans tout le royaume d’Aragon. Le roi, qui était un prince très religieux, faisait un grand cas de Raymond : il en fit son confesseur et le prenait avec lui dans ses voyages.

Dans une excursion à l’Île de Majorque le saint s’aperçut que le roi menait à sa suite une jeune personne pour laquelle il semblait avoir un grand attachement. Il le supplia de rompre ce com­merce criminel, sous peine d’abandonner sa personne et son service. Le roi promit tout et ne tint pas sa parole. Raymond résolut alors de se re­tirer. N’ayant trouvé aucun bateau qui consentît à le prendre, à cause de la défense portée par le roi, il dit : « Si un roi mortel a fait cette défense, on va voir que le Roi éternel en a disposé autrement. » Ce di­sant, il prit son bâton, y attacha un bout de son manteau en formé de voile, et monta avec assurance sur ce nouvel esquif. Poussé par un vent favorable, il fit en cet équipage, le trajet de Majorque à Barcelone, qui est de cinquante-trois lieues, en six heures. Le bruit de cette merveille occasionna la conversion de beaucoup de pécheurs, et en particulier celle du roi Dom Jayme.

 

Le Père Raymond était animé d’un grand zèle apostolique. Pour aider à la conversion des Maures et des Juifs, il enseignait l’hébreu et l’arabe aux religieux qui se destinaient à cet apostolat. Ce fut sur sa de­mande, et pour aider les missionnaires à réfuter les erreurs des païens instruits, qu’il pria son confrère : Thomas d’Aquin, d’écrire un livre exprès pour eux. Le docteur angélique s’exécuta et composa la « Somme contre les Gentils ».

 

Saint Raymond mourut le jour de l’Epiphanie de l’année 1275, étant âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans.

Canonisé en 1601 par Clément VIII, il est liturgiquement commémoré le 7 janvier.

 

* * *

Dans le choix d’un Confesseur, cherchez un ami non un flatteur, un juge non un complice, un médecin non un empoisonneur. Bossuet.

 

 

 

T e x t e s   d u   j o u r