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3 décembre – Saint François-Xavier, Jésuite missionnaire † 1552 sur l’île San-Choan en Chine. patron des missions

Saint François-Xavier, prêtre jésuite, † 1552 sur l’île de SanCian en Chine, co-patron des missions avec Sainte Thérèse de Lisieux.

A ceux qui voulaient détourner François Xavier d’aller évangéliser des îles insalubres et mal famées, il répondait :

« Si ces îles avaient des bois odoriférants et des mines d’or, les chrétiens auraient le courage d’y aller, et tous les dangers du monde ne les épouvanteraient pas. Ils sont lâches et timides, parce qu’il n’y a que des âmes à gagner. La charité est moins hardie que l’avarice. J’ai honte d’être prévenu, et je ne puis souffrir que les marchands aient eu plus de courage que les missionnaires. »

« Souvent la pensée me vient d’aller dans les écoles de chez nous, criant à pleine voix, comme un homme qui a perdu le jugement, et surtout à l’université de Paris. En Sorbonne, je voudrais répéter à tous ceux qui possèdent plus de science que de volonté de tâcher d’en tirer parti. Que d’âmes ne connaissent pas le chemin de la gloire et vont en enfer à cause de votre négligence ! »

Sa vie :

Xavier est pour nous aujourd’hui un prénom. Or, ce n’était à l’origine qu’un nom de lieu, dont la graphie hésita longtemps (Saviero, Xabier, Xavier, etc.) pour se fixer enfin sur nos cartes touristiques en Javier à huit lieues de Pampelune. Le château fut donné au XIIIe siècle par Thibault IV, comte de Champagne, aux ancêtres de François, les Azpilcueta, en reconnaissance de leurs loyaux services.

Lorsque naît Francisco de Jasso y Azpilicueta, François, sixième enfant de Jean de Jassu et de Marie d’Azpilcueta, le 7 avril 1506, la Navarre est encore un royaume indépendant sur lequel règne Jean III d’Albret. Se sachant menacée par la Castille qui unifie les Espagne à son profit, la Navarre s’appuie sur la France.

Lorsque Louis XII entre en guerre avec le Pape Jules II, la Castille en profite pour envahir la Navarre (1512). Toutes les forteresses, dont Javier, sont démantelées et les terres confisquées : le père de François meurt de chagrin en 1515 et François a 10 ans lorsqu’il voit des escadrons de soldats castillans raser murs et tours de la haute demeure seigneuriale.

Or les Azpilcueta devaient s’éteindre avec la mère de François. A l’occasion de son mariage avec Don Juan de Jassu, ministre des finances du roi de Navarre, ce dernier transféra au père de François le nom et les armes de Javier. Ce don s’accompagnait d’une clause : le dernier fils de Don Juan et de Maria hériterait du titre. Ce dernier fils, ce serait François ! Voilà pourquoi il signait : François de Xavier, Francesco de Javier, ou Francesco tout court. La célébrité a ses servitudes : notre François de Xavier devint François Xavier, et même Xavier.

En 1521, les  » communeros » de Castille se soulèvent contre leur suzerain, Charles Quint, un Germain. Henri d’Albret, successeur du roi Jean, croit le moment venu de libérer sa patrie ; une armée française l’appuie. Deux frères de Xavier rallient les troupes de libération. Le 24 mai, Français et Navarrais attaquent Pampelune ; la ville tombe, mais la citadelle, dont un jeune gentilhomme basque, Ignace de Loyola résiste et soutient le courage. Inigo est blessé par un obus. La citadelle capitule. Inigo est reconduit au château de Loyola par des soldats français. Bientôt il se convertira, à la lecture d’une vie du Christ et de la biographie de saints. Commence alors pour lui un itinéraire mystique, dont François un jour bénéficiera. Le succès de Pampelune sera éphémère. Peu après, les Castillans infligeaient aux Français et aux Navarrais la défaite de Noain. L’expédition libératrice tourne à la déroute ; toute la Navarre au sud des Pyrénées est annexée au royaume de Castille et François perd 2 de ses frères.

De 15 ans à 18 ans, François mène une vie solitaire et monotone, et partage l’angoisse et la fierté de sa mère, dans l’attente du retour au château de ses deux frères aînés résistants jusqu’au-boutistes face à Charles Quint. Le plus gros de ses journées et surtout les longues soirées s’écoulent dans cette grande chambre, qui sert à la fois de salle à manger et de cuisine, de salle de séjour et de réception.

En sortant du château ou en y rentrant, il s’arrête dans le petit oratoire tout proche, à la chapelle San Miguel (le patron du château) où se dresse sur sa Croix le Christ au sourire douloureux et vainqueur, ce Christ que ses ancêtres ont enfoui dans la muraille au temps où les Sarrazins envahissaient la Navarre, ce Christ qui, pendant les derniers mois de sa vie missionnaire, se couvrira – dit-on – tous les vendredis, de grosses gouttes de sueur.

Que choisir à 19 ans ? L’éventail des voies possibles est étroit pour ce fils d’une famille quasiment ruinée, cadet de deux frères politiquement marqués et dont le père n’est plus là pour reconstituer la fortune. Alors quelle carrière ? Pas celle des armes évidemment. Partir pour les nouveaux mondes ? Il faudrait s’aboucher avec les Espagnols honnis ou les Portugais. Restait le Droit, et l’exemple de son père l’y inclineraient, et les charges ecclésiastiques. Avant de choisir définitivement, il faut d’abord passer les examens de la Faculté des Arts. Va pour les Arts ! A ces hautes études, François est préparé : il a appris déjà le latin. Vers quelle Université s’orienter ? Alcalà est célèbre, mais elle est située en Castille. Par la terre des Jassu, François ressortit à la France, et l’Université de Paris jouit en ce temps-là d’une réputation européenne : la Navarre y possède même un  collège. Et puis pour un jeune hidalgo, ambitieux, rêveur, sensible, curieux, Paris a bien des attraits. Voici donc ce qui est décidé. C’est à Paris qu’il ferait les treize ou quinze ans d’études qui le conduiraient au fructueux diplôme de  «  Docteur en Théologie ».

Par prudence, François, avant de partir, se fait tonsurer, comme clerc à la cathédrale de Pampelune ; d’autant que cela ne l’engage à rien et l’exempte du service militaire et de la juridiction des tribunaux civils. François dit adieu à sa mère, à ses frères, au château démantelé, symbole de ses drames et de ses chances. Mais il est sûr de conjurer le sort qui jusqu’ici lui a été hostile. Lorsqu’il reviendra un jour à Javier, il sera docteur en droit ou en théologie: un avenir brillant lui est encore ouvert. Ainsi rêve-t-il ! Jamais François ne franchira de nouveau le pont-levis de la demeure seigneuriale. Il ne sera jamais docteur. Et pourtant si le nom de Javier figure encore sur les cartes de la région, c’est à lui qu’on le doit. François part pour un rendez-vous qu’il n’avait pas prévu.

Étudiant en théologie et philosophie à la Sorbonne en 1525, il loge au collège Sainte-Barbe avec Pierre Favre et bientôt un certain Ignace comme cochambriste. Le 15 mars 1530 il était licencié en philosophie et obtenait une chaire au collège de Beauvais.

Professeur en 1530, il se lia d’amitié avec un de ses élèves, Ignace de Loyola. Ancien capitaine au siège de Pampe­lune, venu à Paris pour se perfectionner dans les lettres humaines et y recruter une Compagnie d’hommes destinés à conquérir le monde, Ignace jeta les yeux sur le jeune et brillant professeur, son compatriote, et se mit à en faire le siège. Longtemps il résiste à l’ardeur évangélique de ce nouveau converti, homme de feu, qui répète : « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? »

Pour la conduite de son âme, le maître se fit élève et Ignace obtint de Dieu la conver­sion complète de son ami. Un jour de 1533, François se rendit à celui qu’il appellera bientôt « le père vénéré de mon âme ».

Le 15 août 1534, François, renonçant à son ambition d’occu­per une chaire illustre, faisait partie des six jeunes étudiants qui, sur la colline de Montmartre où eut lieu le martyr de saint Denis, s’engageaient à la suite d’Ignace par les vœux de religion et fondaient la Compagnie de Jésus, les « Jésuites ».

Lorsque le Pape demande des missionnaires pour l’Inde, François Xavier dit simplement :

 » Eh bien, me voici !  » En novembre 1536, François quittait Paris et était ordonné prêtre le 24 juin 1537 à Venise. Il s’adonna aux œuvres de charité en diverses villes d’Italie.

Sur l’ordre du pape Paul III, il fut envoyé aux Indes en 1541. Embarqué à Lisbonne le 7 avril, malgré son titre de nonce apos­tolique, il fait la traversée comme un pauvre, lave lui-même son linge, et s’applique à conquérir les âmes de ses compagnons de voyage, et arrive enfin le 6 mai 1542 à Goa, ville portugaise, qu’il ramène à la Foi.

Les dix années qu’il passa en Extrême-Orient constituent une des épopées les plus fantastiques de l’histoire missionnaire : fondateur de missions, de collèges et de séminaires, prédicateur populaire, ambassadeur auprès des princes païens, Xavier parcourut l’Inde méridionale, Ceylan, la presqu’île de Malacca et les îles Moluques, partout prêchant, confes­sant, instruisant, baptisant. Attiré vers le Japon, il y aborda en 1551 et, traversant durant presque 2 années les principales villes du royaume, commença l’évangéli­sation de ce peuple qui n’avait jamais entendu parler de Jésus-Christ et fonde des petites communautés chrétiennes.

La communauté chrétienne au Japon fut exemplaire. Après la dure persécution au début du XVllème siècle qui fit de nombreux martyrs, expulsa tous les membres du clergé (aucun prêtre n’est resté au Japon), la communauté se retira dans la clandestinité, en conservant la foi et la prière de façon cachée. Et lorsqu’environ deux siècles et demi plus tard les missionnaires retournèrent au Japon, des milliers de chrétiens sortirent de la clandestinité et l’Église put refleurir, forte du baptême reçu par saint François.

Mais c’était pour les Indiens que François était venu aux Indes. Dès qu’il le put il alla vers eux. Il commença par les Paravers, pêcheurs de perles, qui habitaient les îles voisines de Ceylan. Ces populations avaient été déjà évangélisées, mais étaient pratiquement abandonnées faute de prêtres pour les baptiser, les marier et les instruire. C’est cette besogne que François entreprit de faire, avant même d’avoir appris la langue de ce peuple. Il lui arriva de baptiser jusqu’à dix mille de ces re­tardataires en un mois. Cette expédition ramena à la pratique chrétienne ces gens simples ; et le souvenir des vertus de leur missionnaire contri­buera à les maintenir dans la foi catholique.

Le dernier projet de Xavier était de pénétrer dans l’immense empire de Chine ; mais parvenu à l’île de SanCian à l’orée de la Chine en face du port de Canton, il mourut d’épuisement, le 2 décembre 1552, âgé seulement de 46 ans et dans la dixième de son admirable apostolat. Entouré de son fidèle compagnon chinois et d’un contrebandier il attendait la venue du guide qui devait l’introduire clandestinement en Chine.

D’abord gardé à Malacca, son corps repose aujourd’hui dans la basilique du Bon Jésus de Goa. Il fut canonisé en 1622 en même temps que saint Ignace, et fut proclamé par Pie XI patron, conjointement avec sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, de toutes les Missions.

Depuis 1614, le bras puissant de l’apôtre qui baptisa des milliers d’Indiens et de Japonais est vénéré dans un reliquaire de l’église du Gesu à Rome, église mère de la Compagnie de Jésus où repose le corps de saint Ignace de Loyola (dans la chapelle qui lui fait face).

Saint François est souvent représenté en habit noir de jésuite, parfois avec une croix sur la poitrine prêchant aux Orientaux ou sur son lit de mort à SanCian. On le représente aussi avec un crabe lui rapportant un crucifix, rappel du miracle du crabe qui lui rapporta son crucifix perdu en mer.

T e x t e s   d u   j o u r