Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil » Blog et Site Internet

Homélie de la messe des Rameaux du Père Julien PALCOUX – 2013

Messe des Rameaux 2013

Frères et sœurs,

 

Nous ré-entendons aujourd’hui ces pages émouvantes dont les évènements qui sont rapportés se sont déroulés il y a presque 2000 ans et qui constituent le cœur de notre foi chrétienne. Le mystère de la Passion de Jésus demeure la particularité de notre foi chrétienne, parce que, dans aucune autre religion, on ne croit en un Dieu qui a accepté la souffrance et qui a été au bout de la souffrance. Or, c’est précisément le cœur de la foi chrétienne. Dans ces pages que nous venons d ’entendre, les forces de mort attaquent les forces de vie. Le mal ne cesse d’encercler les forces de Dieu. Mais, est-ce que ce sont les forces du Mal qui attaquent les forces de Dieu ? Ou bien est-ce que ce sont les forces de Dieu qui s’en prennent aux forces du Mal ?

Autrement dit, est-ce que Jésus est victime et subit la Passion ? Est-ce un échec ? que Dieu rattrapera par la Résurrection ? ou bien est-ce déjà la Victoire de Dieu ? Vous comprenez que la manière dont nous regardons Jésus dans la Passion détermine notre manière de voir et de vivre notre Foi.

Alors, si nous lisons attentivement ce récit de la Passion, une chose nous étonnera. C’est que Jésus anticipe tout ce qui va lui arriver. Tout d’abord, Il a déjà, à plusieurs reprises, annoncé sa propre Passion à ses disciples qui n’ont pas voulu le croire et qui ont refusé la perspective de la Croix. Mais, dans ces pages que nous venons de ré-entendre, Jésus anticipe le mystère de sa mort et de sa Résurrection sous les espèces eucharistiques : « Ceci est mon corps livré pour vous » dira-t-il. « Ceci est mon sang versé pour vous. » Paroles incompréhensibles pour les apôtres, mais Paroles dont le sens ne tardera pas à apparaître quelques jours après.

Puis Jésus annonce la trahison de Judas: « Cependant la main de celui qui me livre est là. » Il continue en annonçant le reniement de Pierre : « Le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas. » Que nous montre ainsi Jésus ? Eh bien, qu’il maîtrise entièrement ce qui va lui arriver. Qu’Il est maître des évènements qui vont se dérouler même si, en apparence, ces évènements le font passer pour celui qui perd la face. Jésus assume entièrement sa Passion et il y entre en pleine liberté comme nous le redira sa prière à son Père : « cependant que cela ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. »

 

Au cœur de ces forces de mal et de mort qui se déchainent vont jaillir du cœur de Jésus de multiples Paroles et de multiples actes de Salut. Je voudrais méditer simplement aujourd’hui avec vous sur cette première Parole de Jésus lorsqu’Il est crucifié : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Au cœur même des forces de mort jaillit de la bouche de Jésus la Parole du pardon. Pardon que Jésus implore pour nous. Par cette Parole, Jésus fait descendre sur notre monde une force nouvelle, mûe par un Amour parfait, infini, qui seul a la puissance de triompher du Mal : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ici commence l’Avènement du Royaume de Dieu, l’Avènement du Royaume de l’Amour.

« Ils ne savent pas ce qu’ils font ». L’homme croit savoir, il croit savoir mais se trompe, lorsqu’il n’écoute pas Dieu, lorsqu’il s’écoute lui d’abord, lorsqu’il écoute les grands de ce monde qui lui disent que penser et comment penser…Oh, frères et sœurs, combien aujourd’ hui sommes-nous dans ces dispositions. Dans une société qui se déchristianise, dans une société qui prend l’allure d’un supermarché : « je prends ce que je veux quand je veux, et quand je ne veux plus, je jette », dans une telle société où l’on rajoute Dieu dans sa vie quand ça ne va pas, mais où on le range et le met à l’écart quand tout va bien, l’homme n’écoute plus Dieu : il s’écoute lui, avec la multiplicité de forces qu’il a en lui ; il écoute ceux qui lui disent comment penser, mais il n’écoute plus Dieu. L’homme ne sait plus ce qu’il fait. Cette triste réalité ne fait malheureusement que se répéter aujourd’hui. L’homme n’écoute pas la voix de Dieu qui lui parle à travers son Corps qui est l’Eglise ; et c’est ainsi, que pour une minorité de personnes réclamant le mariage au même titre que celui d’un homme et d’une femme, on va déstabiliser toute une société déjà à bout de souffle et sans repères, qui ne sait plus qui elle est ni où elle va. C’est ainsi que l’on va instrumentaliser les enfants qui deviennent un droit à exiger, une marchandise à se procurer pour avoir les mêmes droits que les autres au mépris même du droit des enfants à avoir un papa et une maman, au mépris même du droit fondamental des enfants à pouvoir se structurer dans la différence et non dans la confusion. « Ils ne savent pas ce qu’ils font ! », ça c’est sûr ! Voilà ce qui se passe quand l’homme n’écoute pas Dieu. Voilà ce qui arrive lorsque l’homme se fait dicter sa manière de penser ou de vivre par les grands de ce monde : à l’époque de Jésus, ces grands étaient les chefs religieux, les chefs des prêtres, les docteurs de la Loi. Aujourd’hui, dans notre monde, les grands sont les médias, les animateurs d’émission, les journalistes, les éditorialistes : tous ceux qui nous manipulent. Simplement, vous voyez le danger de la manipulation : il y a 2000 ans, c’est cette foule qui acclamait Jésus lors de son entrée à Jérusalem : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur ! » qui quelques heures après hurle, manipulée par les chefs des prêtres : « Crucifiez-le ! ».

En cette fête des Rameaux, en cette entrée dans la Semaine Sainte, demandons au Seigneur la grâce d’être des hommes et des femmes de Dieu libres, de cette liberté encore permise par l’Eglise. Il y a quelques siècles, la libre pensée surgissait s’imposant contre l’Eglise ; aujourd’hui, c’est avec un certain humour que l’on constate que la pensée encore libre n’existe plus que dans l’Eglise, face aux dogmes de la pensée unique. Et demandons au Seigneur d’être des hommes et des femmes miséricordieux, à l’image de Jésus qui implore sur nous et notre monde le pardon de son Père. Amen !

⇪ en haut ⇪ contact envoyer à un ami

Votre mail n'est jamais publié ou partagé ! Les champs marqués * sont requis *

*

*

*

T e x t e s   d u   j o u r
H o r a i r e s   d e s   m e s s e s
I N F O