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Homélie de la messe du 25ème dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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25ème Dimanche Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

 

En ce dimanche, la liturgie de l’Eglise nous amène à réfléchir sur notre condition de disciples, et plus précisément sur les conséquences dans notre vie de notre statut de disciples. L’Evangile aborde une question qui paraît au premier abord assez singulière. Jésus est en train d’annoncer une des choses les plus importantes de sa vie à ses disciples, à savoir sa mort et sa Résurrection. Et alors qu’Il les « instruit » pour reprendre le verbe de l’Evangile, ses disciples parlent d’autre chose ; ils cherchent à savoir qui est le plus grand, le plus important. Singulière situation, mais que nous retrouvons facilement dans nos vies. Dans nos familles par exemple : lorsqu’une personne arrive au terme de sa vie, vit ses derniers instants, prononces ses dernières paroles…et lorsque les enfants, les proches présents discutent, parfois se disputent, pour savoir qui aura quoi dans l’héritage. Dans les paroisses, les associations, le monde politique aussi, lorsqu’au lieu d’être orientés vers une mission objective, les uns, les autres de disputent pour des questions de place, de reconnaissance, de pouvoir.

            Mais il y a un lien entre le fait que les disciples ne comprennent pas ce que Jésus leur dit et leur discussion sur la route. Ils ne comprennent pas ce que Jésus leur dit parce que leur logique est faussée. Ils sont dans une logique de pouvoir, de reconnaissance, d’importance. Ils voient le Messie comme cela ; ils voient leur place comme cela. Et le fait que Jésus annonce sa mort et sa Résurrection ne rentre pas dans leur vision.

            Pour autant, vous remarquerez que Jésus ne condamne pas leur ambition. Il la réoriente : « Si quelqu’un veut être le premier » dit Jésus.  Jésus ne condamne pas le désir d’être premier. Mais il condamne les appétits que viennent dénaturer l’orgueil, la volonté d’écraser les autres, le désir d’être le plus important. Ces différents mouvements sont une conséquence de ce que l’on appelle le péché originel qui sème le désordre dans le cœur de l’homme. St Jacques en donne une description rude dans la deuxième lecture : « La jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. (…) D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? » Il en était ainsi du temps de Jésus ; il en est encore ainsi de notre temps. Il n’est pas rare d’entendre des remarques ou des frustrations s’exprimer par rapport à ceux qui sont le plus en vue dans la paroisse. Ces sentiments sont bien humains, mais aussi bien à convertir. La véritable question n’est pas qui a la mission la plus importante ?  la véritable question est : est-ce que j’accepte de devenir le serviteur des autres ? Jésus donne lui-même l’exemple en se mettant à la dernière place, en se mettant aux pieds de ses apôtres pour leur laver les pieds, en mourant comme le dernier des derniers. « Vous ferez cela en mémoire de moi » leur dit-il lors du lavement des pieds. Tous ses apôtres mourront comme Lui : martyrs ! ils auront été au bout du service, offrant eux-aussi leur vie de manière radicale. Ce à quoi nous sommes tous appelés, c’est à la purification de nos intentions, tous autant que nous sommes. Et comment cela ? par la pratique de l’humilité, la vraie, pas celle qui consiste à jouer les humbles pour se faire encore plus remarquer.

 

            Il y a un autre remède qui permet de convertir et de purifier tous ces appétits de pouvoir comme nos péchés d’ailleurs : c’est l’Amour, mais l’Amour vrai, car l’Amour authentique purifie ce qui n’est pas parfait.

Frères et sœurs, disons les choses de manière claire. Personne ici-bas sur terre n’aime parfaitement, même si l’amour tend à la perfection. L’Amour parfait vient de Dieu et c’est ce que nous connaitrons au terme de notre vie lorsque nous serons face à Dieu. Nous laissant aimer tels que nous sommes, nous aimerons Dieu et les autres en Dieu et avec Dieu. Là, l’Amour sera parfait, à la mesure de notre capacité à aimer, capacité que nous aurons préparée lors de notre vie terrestre. Mais donc, notre capacité à aimer ici-bas sur terre est marquée par les limites de notre humanité, par le péché. Aucun amour humain n’est parfait. Donc, il y a des imperfections, des maladresses, des blessures dans l’amour conjugal, dans l’amour des parents pour leurs enfants,  des enfants pour leur parents, dans l’amitié etc…Mais, il peut y avoir des torts, des excès, des maladresses, des  blessures, si l’amour est vrai, alors tout peut se réparer, parce que l’amour a la capacité de guérir et de pardonner. On ne peut pas pardonner si on n’aime pas. St Augustin avait compris cela et avait une formule choc, un peu raccourcie, mais fort juste dans le fond ; il écrivait : « Chrétien, aime et fais ce que tu veux ! » Les dérives que Jésus évoque avec ses disciples, appétits de pouvoir, de reconnaissance, sont réparables et purifiables si dans le fond il y a de l’amour vrai.  Lorsque Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. », Il invite à suivre son exemple, c’est-à-dire qu’Il invite ses disciples à aller jusqu’au bout de l’amour. Sur la croix, lorsque Jésus prend la dernière place, Il fait triompher l’Amour. Il mène jusqu’au bout l’Amour de Dieu, au-delà du mal et de la souffrance. On pourrait dire que l’Amour assume tout et recouvre tout ; c’est d’ailleurs à ce moment-là que le pardon coule du cœur de Jésus transpercé. Alors, oui chacun de nous a des imperfections dans sa manière d’aimer ; mais si l’amour est vrai, alors la réparation et la purification s’opèrent d’elles-mêmes.

Lorsque l’on comprend cela, on comprend pourquoi Jésus prend un enfant et le met au milieu, au milieu de ce monde, pourrait-on dire, où règnent tous ces appétits désordonnés. Outre l’image de l’innocence et de la simplicité propres aux enfants, les enfants sont nos modèles parce qu’ils répondent  à l’amour qu’ils reçoivent. Ils sont nos modèles dans l’accueil de l’amour et dans la réponse à l’amour.

Frères et sœurs, si l’orgueil est la source de tout péché et de tous ces appétits désordonnés, l’amour est le médicament qui permet de purifier, de convertir, de guérir et de réparer. Puisse chacun de nous grandir dans l’Amour de Dieu et des autres avec Dieu et en Dieu. Amen !

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