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Homélie de la messe du 2ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX

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2ème Dimanche de l’Avent

« Préparez le chemin du Seigneur ! »

Frères et Sœurs,

Dimanche dernier, nous entrions dans le temps de l’Avent en reprenant conscience que Dieu ne cesse de venir à nous dans nos vies, et que c’est à la mesure de notre ouverture à sa venue en nous que nous-mêmes nous marchons vers Dieu. Aujourd’hui, nous retrouvons Jean-Baptiste, une grande figure de l’Avent, qui nous invite à préparer la venue du Seigneur. Comment cela ? Les textes nous donnent trois indications.

« Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à Lui, et ils se faisaient baptiser par Lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. » Reconnaître ses péchés, se reconnaître pécheur, confesser ses péchés. Voilà la première manière de préparer la Venue du Seigneur en nous. C’est une question qu’il faut se poser si l’on prépare sérieusement, chrétiennement, la fête de Noël. Si l’on se reconnaît pécheur en vérité, alors nous aurons besoin en vérité d’entendre cette parole : « Je te pardonne tous tes péchés. » Il n’y a que celui qui sait son péché, qui en porte le poids et la responsabilité, qui brûle d’entendre : « Je te pardonne tous tes péchés. » Sinon, il n’y a pas de libération, pas de délivrance, et pas de paix. Le risque est de ne pas accéder à ce niveau de profondeur et d’en rester à une sorte de confession superficielle où l’on s’arrange soi-même avec Dieu. Mais, imaginez que vous êtes brouillé avec un ami…vous vous arrangeriez tout seul avec Dieu sans aller trouver votre ami, lui demander pardon et sans entendre en retour : « Je te pardonne » ? Non ! Même sur un plan humain, cela ne marche pas. Eh bien, c’est la même chose avec Dieu. Ce qui a sauvé, libéré les gens que Jésus rencontrait, c’est que Jésus leur disait : « Tes péchés sont pardonnés. »

Il existe aujourd’hui une autre difficulté inhérente au sacrement du pardon : c’est l’auto-justification. C’est-à-dire qu’on confesse ses péchés, mais en s’excusant, en se justifiant, en se défaussant. Comme les Pharisiens à qui Jésus dit de ne pas aller se justifier d’avoir Abraham pour Père. Non, dans la démarche de demande de pardon, il faut avoir le courage d’être en vérité, et surtout ne pas chercher à se justifier.

Nous sommes invités à préparer la venue du Seigneur dans nos vies en « produisant un fruit qui exprime notre conversion. » pour reprendre les termes que Jean-Baptiste adresse aux Pharisiens et aux Saduccéens. C’est-à-dire en convertissant notre vie, notre manière de vivre. Mais il y a une différence entre faire des efforts et convertir sa vie. Les efforts, nous pouvons tous en faire, et bien souvent nous remarquerons qu’ils ne durent pas dans le temps. Parce qu’ils reposent sur nos puissances, notre volonté, qui sont des puissances humaines, donc faibles, non parfaites et abîmées par le péché originel. La conversion, elle, repose sur l’action de Dieu, sur l’initiative de Dieu qui a rencontré notre coopération. Mais la puissance qui agit est celle de Dieu : une puissance divine, parfaite, qui agit dans une enveloppe humaine avec toute la lourdeur que nous connaissons. La conversion de nos vies ne peut être réelle que si nous avons conscience de notre péché. Si nous sommes incapables de nous reconnaître pécheur, nous sommes incapables de nous convertir. Il y a dans nos manières de vivre, de parler, des lieux de conversion. Ce n’est pas pour rien que Jean-Baptiste dit aux Pharisiens et aux Saduccéens : « Engeance de vipères. » La vipère tue avec la langue. Prenons garde à la manière dont nous parlons les uns et des autres. Soyons capables de nous remettre en cause. Les Pharisiens et les Saduccéens ont tellement une haute idée d’eux-mêmes qu’ils sont totalement incapables de se remettre en cause. Regardons, en fonction de nos péchés, ce que nous avons à convertir dans nos vies, un petit peu comme une famille qui attend un petit frère ou une petite sœur et qui va faire de la place dans la maison pour préparer sa venue. La conversion implique nécessairement de déplacer quelque chose, de bousculer quelque chose.

Enfin, St Paul nous invite, dans la deuxième lecture, à préparer la venue du Seigneur en nous redisant que nous ne sommes pas les seuls concernés. Tout le monde est appelé à rencontrer et à accueillir Dieu. Aujourd’hui, nos mentalités individualistes ont altéré la dimension universelle du Salut et ce, parfois-même, au sein des familles. « Un tel n’est pas croyant, il n’a pas la foi, c’est son problème, pas le mien. » Non, mais c‘est horrible de penser comme cela. De deux choses l’une : ou bien, je n’ai pas véritablement la foi et je n’ai pas réellement rencontré Dieu, auquel cas on peut concevoir une telle réaction ; ou bien je suis schizophrène : c’est-à-dire que d’un côté je reconnais que Dieu est Celui qui donne un sens à ma vie, qui l’oriente, qui la guide, et d’un autre je ne porte pas ce souci que d’autres puissent vivre ce que je vis ? Or St Paul, à la suite de Jésus, nous invite à porter le souci que d’autres puissent rencontrer le Seigneur tout comme les païens, et pas seulement les Juifs, ont pu le rencontrer. Dans ce souci que notre paroisse porte, à savoir que ceux qui se sont éloignés de la foi puissent redécouvrir Dieu, que ceux qui ne le connaissent pas puissent le découvrir, nous allons inviter les paroissiens à prier pour les enfants qui sont inscrits au catéchisme, afin qu’ils puissent découvrir en vérité Jésus, afin que le catéchisme soit le lieu d’une rencontre que l’on apprend à construire, et non une séance d’histoire religieuse ou de cours de morale. C’est le sens du parrainage spirituel que nous reconduisons cette année. Sans diminuer la nécessité de prier et de travailler à ce que d’autres découvrent et accueillent le Seigneur, nous vous proposons de vivre cette exigence d’universalité à travers des générations différentes. C’est une manière très concrète de préparer la venue du Seigneur dans nos vies. Ne pensons pas cette préparation spirituelle de Noël que pour nous-mêmes, mais pensons la aussi pour les autres. Amen !

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