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Homélie de la messe du 5ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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5ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. (…) Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » Nous connaissons tous bien ces paroles. Elles sont à la fois très profondes, très exigeantes, mais constituent aussi un peu la tarte à la crème de la foi chrétienne…

Mais, nous pouvons nous poser une première question en entendant ces paroles pendant le Temps Pascal : quel lien y a –t-il entre ces paroles et la Résurrection de Jésus ?

Le lien qu’il y a est que « l’enseignement nouveau » dont parle Jésus, à savoir le commandement qu’Il nous donne consistant à nous aimer les uns les autres comme Lui-même nous a aimés, est issu, est une conséquence de la résurrection même de Jésus. Car la Résurrection de Jésus n’est rien d’autre que la manifestation de l’Amour Tout-Puissant de Dieu qui triomphe du mal, de la mort, des limites de notre humanité. Une fois Jésus Ressuscité, vous remarquerez que Jésus peut être présent à n’importe qui, quand Il veut, comme Il le veut. L’Amour parfait est libéré des limites de notre corps, de notre cœur, de notre humanité et Il peut aller n’importe où. Du reste, même enfermés dans notre enveloppe humaine, nous pouvons déjà pressentir cette puissance. Nul d’entre nous ne peut exister dans la vie d’un autre, dans le cœur d’un autre sauf par l’Amour qui déjà, par nature, abolit la séparation entre les êtres. Eh bien, ce que nous pressentons déjà est ce qui s’accomplira de manière parfaite quand Dieu sera tout en tous, quand nous ressusciterons à la fin des temps. Voilà le lien profond existant entre la Résurrection du Christ et son enseignement nouveau.

Alors, pour le reste, je n’ai pas la prétention de vous apprendre des choses complètement nouvelles. Je vais seulement redonner quelques éléments pour nous aider à vivre mieux ce commandement de l’Amour mutuel, tout en gardant bien au cœur que c’est dans cette qualité d’Amour que nous sommes appelés à vivre que se joue la fécondité de notre témoignage chrétien.

Le premier élément que je reprends est celui-ci : « Maintenant le Fils de l’Homme est glorifié, et Dieu est glorifié en Lui. » « Glorifier » signifie : montrer jusqu’où va l’Amour de Dieu. Cette parole de Jésus nous rappelle que l’Amour vrai, authentique, passe par le don de soi, par le sacrifice, par la croix, par la mort. L’Amour implique la mort. Pour aimer, pour aimer l’autre, il faut au préalable renoncer à soi, renoncer à se faire passer soi d’abord. Il y a une forme de mort à soi. Aujourd’hui, il n’est pas facile d’aimer en vérité. Nous vivons dans une société qui met facilement en avant l’amour de consommation, l’amour qui procure le bien-être, le bonheur, un amour égocentré. Ce qui n’est pas faux en soi. Mais il y a aussi une partie sacrificielle dans l’amour. Un amour qui ne fait pas place aux sacrifices, au renoncement, aux concessions, est un amour immature, dont nous pouvons être sûrs d’une chose : c’est qu’il ne durera pas dans le temps.

Ce que Jésus nous révèle et nous apprend c’est que la preuve qu’un amour est vrai, c’est qu’il passe par la croix, qu’il a une dimension sacrificielle.

Deuxième élément : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »

Cette parole toute simple nous redit que la source de tout amour est en Dieu. Celui qui nous apprend à aimer en vérité, c’est Dieu. Celui qui fait grandir notre amour, c’est Dieu ; celui qui nous aide à aimer ceux que nous avons du mal à aimer, c’est Dieu.

Mais pour comprendre de manière plus complète cette parole de Jésus, il nous est bon de revenir à cette autre parole : « Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de tout son esprit. » Ces quatre caractéristiques : cœur, âme, force et esprit désignent les 4 dimensions de l’amour. L’amour a une dimension affective (le cœur), spirituelle (l’âme), physique (la force) et intellectuelle ou psychique (l’esprit). Or, bien souvent, nous réduisons l’amour à sa seule dimension affective. Mais c’est une réduction. « S’aimer les uns les autres », ce n’est pas seulement avoir des sentiments affectueux pour les uns les autres. C’est pouvoir se mettre au service de l’autre, c’est prier pour l’autre, pour son bien, c’est compatir pour lui ; c’est pouvoir être avec lui. St Thomas d’Aquin dit bien qu’aimer l’autre, c’est vouloir son bien.

Troisième et dernier élément que je reprends : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres. »

L’amour que nous sommes appelés à avoir les uns pour les autres ne consiste pas à ce que nous pensions les mêmes choses, à être d’accord sur les mêmes options. Cet amour ne repose pas sur une convergence d’opinions ; bien au contraire, il laisse toute sa place aux différences. Cet amour ne peut être vrai que parce qu’il repose sur une attitude et un principe de communion qui vient de Dieu. Nous nous aimerons en vérité les uns les autres si nous sommes dans une réelle relation de communion avec Dieu. La cohésion, la force, l’harmonie des paroisses, des communautés chrétiennes provient de la qualité de notre relation de communion avec Jésus.

Il y a ici dans cette parole de Jésus à la fois un critère de discernement pour notre vie chrétienne, mais aussi une piste pour le témoignage et l’évangélisation. Il est vrai qu’une paroisse donnant le témoignage d’une réelle charité sera plus attractive et missionnaire qu’une paroisse donnant à voir des oppositions et des règlements de compte.

Que le Christ Ressuscité vienne purifier et approfondir notre amour. Amen !

 

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