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Homélie de la messe du 7ème dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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7ème dimanche de Pâques

 

            « Père, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. », « Père, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés. » telle est la prière de Jésus pour nous avant de mourir. Jésus prie pour l’accomplissement de sa mission ; Il prie pour nous.

            « Père glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. » Nous aussi, à la suite de Jésus, nous sommes appelés à participer à la gloire de Dieu. Dans la dynamique de l’Ascension où Jésus rejoint la gloire de son Père, nous sommes nous aussi appelés à rejoindre au terme de notre vie la gloire de Dieu ; c’est ce que nous rappelle la fête de l’Ascension. En fait, nous parlons souvent de la « gloire » ; dans la liturgie, dans l’Ecriture Sainte. Mais, qu’est-ce que c’est exactement que la « gloire » ? Le sens religieux de la « gloire » c’est la manifestation de la majesté, de la toute-puissance et de la sainteté de Dieu. C’est aussi le déploiement de la force de Dieu, le déploiement de son rayonnement, de sa divinité. De quelle manière sommes-nous appelés à participer à la gloire de Dieu ? en le rejoignant au-delà de notre vie et de notre mort.

Jésus le dit lui-même à son Père : « Or la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu. » Connaître dans la Bible, c’est aimer. La vie éternelle, consiste donc à aimer Dieu ; à participer à sa vie trinitaire, à participer à sa gloire. Cette parole de Jésus nous révèle que la gloire est une participation à l’Amour, à la faculté et à la capacité d’aimer. Ce vrai sens de la gloire met en lumière par contraste toutes les vaines gloires auprès desquelles nous courons…la gloire de la reconnaissance, de l’importance, du pouvoir, de la décision, la gloire de l’égo…Mais aucune de ces gloires n’est liée à l’amour ; elles sont égocentrées. Or la gloire de Dieu est une gloire communicative, participante, qui se donne et se propage.

 

            Appelés à participer à la gloire de Dieu, nous sommes aussi appelés à glorifier Dieu sur la terre, tout comme Jésus l’a fait : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en l’accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. »

Il y a plusieurs manières de glorifier Dieu sur la terre. Une première est mentionnée dans la première lecture. St Luc écrit : « D’un seul cœur, les disciples participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères. » Glorifier Dieu par la prière. Notre prière rend gloire à Dieu. Avant d’être une prière de demande, de supplication elle doit d’abord être une prière gratuite, à la gloire de Dieu, comme nous l’enseigne la prière du « Notre-Père » qui est d’abord une prière tournée vers Dieu : « que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Plus que le fait d’avoir une prière qui rend gloire à Dieu, nous devons aussi, par notre prière, entrer dans la prière de Jésus qui, comme dans l’Evangile, continue de prier pour nous. Notre prière entre dans celle de l’Eglise qui continue inlassablement et fidèlement celle de Jésus. Pensons que, lorsque nous prions, chez nous, dans notre chambre, dans notre lit, ou ailleurs, notre prière rejoint celle de l’Eglise comme les ruisseaux rejoignent les rivières. Même seul en prière, un chrétien est toujours en communion avec d’autres et avec l’Eglise.

Il y a une autre manière de glorifier Dieu sur terre, c’est dans la manière dont nous le prions, dont nous lui rendons un culte. On ne s’adresse pas à Dieu n’importe comment ; on ne lui parle pas n’importe comment. Notre liturgie n’est pas d’abord une célébration de l’homme, mais une célébration, une Adoration de Dieu. Une véritable liturgie doit décentrer vers Dieu, en même temps qu’elle représente la gloire divine et non la misère humaine. Le concile Vatican II redit bien dans la constitution sur la divine liturgie, Sacro Sanctum Concilium, que la première finalité de la liturgie est de rendre un culte à Dieu.

L’Evangile de ce jour aborde une autre manière de rendre gloire à Dieu. Je reprends les paroles mêmes de Jésus : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. » A chacun de nous aussi, en vertu de notre baptême, Dieu a confié une mission, une œuvre à accomplir. Cela peut être à travers une profession, une mission (père, mère de famille), un service d’Eglise (catéchisme, scouts, secours catholique ou autre…) Demandons-nous de quelle manière nous nous acquittons de ce service, de cette mission. Je pense que nous avons tous à cœur de bien faire les choses dans lesquelles nous nous engageons, mais au-delà du désir de bien faire, avons-nous conscience que Dieu souhaite être manifesté, glorifié à travers nos humbles dispositions ? Il y a trois manières d’évaluer ce que nous accomplissons : avons-nous été au bout ? Notre travail a –t-il été fécond ? (même si la fécondité demeure un mystère…) et enfin : ai-je rendu gloire à Dieu ?

 

Alors, nous avons évoqué la question de notre vocation à participer à la gloire de Dieu, de notre vocation à glorifier Dieu sur terre…reste une chose assez surprenante qui s’inscrit dans la prière que Jésus fait pour nous : Jésus souhaite être glorifié en nous : « Je trouve ma gloire en eux » dit Jésus. On pourrait se dire qu’Il pourrait trouver mieux ! Mais, non, c’est bien aussi de nous dont il est question. Jésus se glorifie en nous…voilà qui peut laisser perplexe.

Mais cela s’éclaire si nous considérons que la gloire divine se manifeste surtout dans le mystère de la Croix. St Jean parle bien d’abord de la « Croix glorieuse », qui est une fête que nous célébrons le 14 septembre. La Croix est glorieuse parce qu’elle est le lieu d’où découle le Salut, d’où provient la Résurrection. Il n’y a pas de Résurrection sans Croix. Jésus dit vouloir se glorifier en nous ; c’est bien parce que nous aussi, par notre baptême, nous participons au mystère de la Croix pour entrer dans celui de la Vie Nouvelle que Jésus nous communique par la puissance de sa Résurrection. La puissance de la Résurrection de Jésus se déploie en  nous pour nous entrainer dans ce mouvement de mort à nous-mêmes et de renaissance. Concrètement, Jésus se glorifie en nous par notre conversion : mort à nous même pour renaître en être nouveaux avant d’être tout entiers en Dieu et Dieu en nous.

La parole de Jésus : « Je trouve ma gloire en eux » est donc une invitation, plus qu’un compliment que Jésus nous ferait, à nous laisser convertir.

Que ces quelques lignes nous aident à approfondir notre lien à la gloire divine et notre vocation de chrétien. La glorification de Dieu, notre propre glorification passe par notre conversion. Confions cette œuvre à la Vierge Marie, mère de notre foi, elle qui était présente avec les apôtres au cénacle dans l’attente de l’accomplissement de la promesse de Dieu. Amen !

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