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Homélie de la Veillée de prière pour nos frères et sœurs chrétiens martyrisés du Père Julien PALCOUX

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Veillée de prière pour nos frères et sœurs chrétiens martyrisés

Vendredi 30 Octobre 2015

Eglise de La Madeleine

 

Frères et sœurs,

 

Nous venons d’entendre des textes lourds de sens qui rejoignent malheureusement une actualité toute aussi lourde. Nous ne prions pas suffisamment pour les martyrs. L’Eglise a, pour sa part, toujours honoré le martyre comme elle a toujours incité à la prière pour les martyrs.

            Le terme grec Martur signifie étymologiquement témoin. Ce terme dit ni plus ni moins la mission du chrétien qui est d’être témoin du Christ. Et quel est le meilleur témoignage à apporter que celui de sa propre vie ? Il n’y a pas de témoignage plus haut, plus digne que celui du martyr. Il n’y a pas de communion plus grande et plus forte avec Jésus qu’en le rejoignant dans le type de mort que Lui-même a choisi de vivre pour nous. Et par cette communion très profonde avec le Christ que vivent nos frères et sœurs martyrs, ils rejoignent Jésus dans sa mort, tout comme Jésus les précède et les rejoint dans leur propre mort.

            La beauté et l’estime par l’Eglise du martyre ne doit pas nous donner une image simpliste de cette réalité. Si le martyre est une réalité physique, au sens où des gens vont mourir physiquement, le martyre est aussi une réalité spirituelle. On peut être contraint au martyre ; on peut y être conduit. Mais tout en y étant obligé, on peut ne pas l’accepter et ne pas le choisir. C’est là que se situe l’enjeu spirituel du martyre. Portons dans notre prière tous nos frères et sœurs chrétiens qui sont contraints au martyre en demandant aussi pour eux la grâce d’avoir la force de l’accepter, d’y consentir, afin de ne pas seulement le subir, mais aussi de le choisir. « Ma vie, nul ne la prend ; mais c’est moi qui la donne » dira Jésus à ses disciples à quelques heures de la mort. Consenti, accepté, le martyr devient une offrande, un sacrifice d’une puissance inouïe.

 

Le récit du martyre de St Etienne, diacre, nous révèle aussi la puissance de la fécondité du martyre. Il y en a un que nous connaissons bien qui assiste au martyr de St Etienne : c’est Saul, qui deviendra un des premiers apôtres. St Etienne est pour beaucoup dans la conversion du pire ennemi des chrétiens. Cet exemple nous redit que le martyre est source de vie divine, de fécondité et de conversion. Il n’y a pas un endroit sur terre où la foi chrétienne ne s’est implantée en-dehors du martyr. Les Apôtres qui ont vécu avec Jésus sont tous morts martyrs : St Pierre et St Paul à Rome. Chez nous en Gaule, la foi chrétienne s’est implantée à travers les martyrs de St Pothin, Ste Blandine, des martyrs de Lyon. C’est grâce à eux que nous sommes devenus chrétiens. Alors, même si dans les faits, là où les chrétiens sont martyrisés, nous assistons à une extermination des chrétiens, dans la foi, nous croyons que l’offrande de leur  vie est le gage d’une nouvelle semence. Nous le croyons et nous devons prier pour qu’il en soit ainsi.

 

Enfin, cette réalité du martyre doit nous amener à redécouvrir la fraternité profonde qui existe entre les chrétiens. Nous croyons au même Dieu ; nous avons la même foi. La même Mère : l’Eglise. Nous sommes de  la même famille. La réalité de ceux qui payent leur foi au Christ de leur vie doit nous amener à convertir notre manière de vivre. Nous avons la chance de vivre dans un pays où la liberté de croire, de pratiquer notre religion existe. Comment se fait-il alors que les chrétiens soient si endormis, si tièdes, si peu pratiquants ? Comment se fait-il que les églises soient vides ? Comment se fait-il qu’il faille insister auprès des parents qui souhaitent une éducation religieuse pour leurs enfants pour que ces derniers viennent à la messe ? Là où la foi chrétienne est combattue, nous avons un tout autre témoignage de la vitalité des chrétiens ! Et puis, la gravité de ce que vivent nos frères et sœurs, à quelques heures d’avion de chez nous, devrait nous amener aussi à relativiser les querelles, les disputes qui existent entre chrétiens, qui sont des querelles d’enfants gâtés et qui trop souvent ont divisé et abîmé les paroisses et l’Eglise. Les querelles sur l’emploi du latin dans la liturgie, sur les petits pouvoirs personnels dans l’Eglise, sont ridicules et déplacés. Là n’est pas l’essentiel !

 

Nous allons avoir la chance de prendre quelques minutes devant le Saint Sacrement avant d’entendre le témoignage d’une religieuse syrienne, Sœur Nicole Chahhoud. Dans ce temps de prière, présentons au Seigneur tous nos frères et sœurs chrétiens qui offrent leur vie par fidélité à leur foi. Demandons-Lui aussi qu’Il inspire à tous ceux, dont c’est la mission, de trouver les solutions politiques justes pour le bien de tous. Amen !

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