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Homélie du 14ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX

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14ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »

Frères et sœurs,

Avec cette page d’Evangile, nous entrons dans l’intelligence pervertie et dévoyée des auditeurs de Jésus. Ils commencent par s’étonner de son enseignement, ce qui est une bonne réaction : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ces mains ? »  pour finir par se fermer complètement à Lui : « Et ils étaient profondément choqués à cause de Lui. » nous dit St Marc. Où est-ce que cela ne va pas dans le raisonnement ? Où est-ce que cela dérape ? Eh bien, ici : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » En fait, si l’intelligence des auditeurs de Jésus avait été réellement ouverte à la vérité, il y avait à partir de leur questionnement initial de quoi accéder à la confession de la divinité de Jésus : effectivement, c’est par sa divinité qu’Il accomplit tous ses miracles. Mais, leur intelligence n’est pas ouverte à la vérité ; elle est au contraire refermée sur eux.

Vous remarquerez que les réflexions des auditeurs de Jésus sont des réflexions qui l’enferment dans son humanité : Il est le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude…on connaît ses sœurs…On ne voit Jésus que dans son humanité à travers ses liens familiaux ; de ce fait, on n’est pas du tout ouvert à sa divinité, à son essence profonde, à son identité profonde de fils de Dieu ; ce qui explique qu’il ne peut accomplit aucun miracle.

La perversion de ce raisonnement attire notre attention sur la fausse connaissance que l’on peut avoir des autres. Il arrive que l’on croie connaître l’autre ; alors que notre connaissance peut être partielle, superficielle, faussée ou encore orientée. Comment avoir une connaissance « juste » ? Eh bien déjà, en découvrant l’autre tel qu’il est, non pas tel que l’on m’a dit qu’il était. A ce sujet, je souris en pensant aux différents changements de curés dans les paroisses… ;il est toujours assez drôle de voir que les gens qui se défendent de porter des jugements sur les autres tant qu’il ne se sont pas fait eux-mêmes une idée sur la personne en question, sont les premiers à ragoter et à dire «  Ah le futur curé, il est comme si, il est comme ça… » alors qu’ils ne l’ont jamais rencontré. On mesure l’intelligence de ces personnes à leur réflexion…Mais cet exemple d’actualité que je prends est bon pour une autre raison : pour ce qui me concerne, les gens qui ont fait des commentaires avant mon arrivée à Verneuil, étaient pour beaucoup des professeurs, des médecins, des gens qui savent, qui ont le savoir… Et là, nous arrivons au cœur du problème de la fausse connaissance : l’orgueil ! L’orgueil qui fait qu’on sait mieux que les autres, qu’on sait avant les autres ; l’orgueil qui dispense de l’humilité nécessaire pour apprendre à connaître l’autre.

On ne peut avoir une connaissance « juste » de l’autre que dans une attitude d’humilité qui fait que je découvre l’autre pour ce qu’il est en lui-même, que je le découvre à partir de lui et non de moi.

Cette mauvaise connaissance que les auditeurs ont de Jésus les ferme à une connaissance juste de Jésus. Il y a au-delà de cette problématique d’une « juste » connaissance, une certaine prophétie de la fermeture du cœur des Juifs à l’accueil du Messie. « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison » nous dit Jésus. Cela s’entend au niveau de sa famille, ses proches, mais aussi de son peuple. Jésus annonce ici aussi que la foi sera accueillie par des étrangers.

Cette parole de Jésus nous révèle aussi la réalité de cœurs réellement fermés à Dieu. On peut déplorer qu’aujourd’hui un grand nombre de personnes vivent comme si Dieu n’existait pas, comme s’ils n’avaient pas besoin de Lui. L’anticléricalisme qu’a connu notre pays depuis plusieurs siècles a laissé place à une indifférence religieuse massive, à un relativisme prétendument éclairé dans lequel toutes les religions se valent…On peut déplorer ces attitudes qui favorisent une déchristianisation de la société et qui, finalement, font le jeu d’une islamisation conquérante. Mais, la fermeture de coeur à Dieu a toujours existé : Jésus en a fait les frais. Notre pays aussi. Pourquoi à votre avis y a-t-il eu de nombreuses missions au cours des derniers siècles ? Justement, pour enrayer cette fermeture de cœur à Dieu que Jésus évoque. Même le prophète Ezéckiel l’annonçait : « Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi et les fils ont le visage dur et le cœur obstiné. (…) alors, qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent – car c’est une engeance de rebelles- ils sauront qu’il y a un prophète parmi eux ». Le refus de Dieu, la fermeture de cœur à Dieu font partie de la mission de l’Eglise. A quoi alors sommes-nous appelés ? A annoncer la foi, à en témoigner, quelles que soient les conditions de sorte qu’au terme de notre vie, le Seigneur ne nous reproche pas de nous être tus.

Cette fermeture de cœur à Dieu, cette opposition à Dieu, peut néanmoins être l’occasion d’une consolidation de notre foi et être à l’origine d’une stimulation de notre intelligence. Mais il y a plus encore. St Paul l’évoque dans la deuxième lecture. Les obstacles à Dieu, tant intérieurs qu’extérieurs, à la mission, sont l’occasion d’une fécondité divine importante. Ils nous gardent tout d’abord dans l’humilité et nous rappellent que l’œuvre qui s’accomplit est celle de Dieu et non la nôtre. Mais ils sont surtout l’occasion d’une expérience de la Croix, qui est à l’origine de la victoire de Dieu. La fécondité missionnaire de l’Eglise ne provient pas d’elle, mais de sa communion à la Croix du Christ : c’est par la mort de Jésus que nous recevons la vie de Dieu.

En ce dimanche, demandons au Seigneur le don de l’intelligence et de l’humilité pour connaître Dieu et les autres de manière juste, pour être ouverts en vérité et à la Vérité. Vivons dans la foi les obstacles à la foi, à Dieu, que nous rencontrons dans nos familles, notre entourage, parfois même en nous-même. Prions pour la fécondité missionnaire de l’Eglise et pour sa vitalité. Amen !

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