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Homélie du 17ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX

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17ème Dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs,

Comme l’Evangile selon St Marc que nous lisons de manière continue en cette année liturgique B est le plus court des 4 Evangiles, l’Eglise nous propose d’insérer pendant plusieurs dimanches le chapitre VI de l’Evangile selon St Jean qui contient l’enseignement de St Jean sur l’Eucharistie. St Jean ne rapporte pas dans son Evangile l’Institution de l’Eucharistie ; il apporte l’épisode du lavement des pieds, mais il insère tout un chapitre qui constitue une sorte de catéchèse sur l’Eucharistie, sur le Pain de vie.

L’extrait d’Evangile que nous méditons aujourd’hui ouvre le chapitre sur le Pain de Vie. St Jean part de deux considérations bien humaines : les foules ont faim et elles ont vu un miracle, du surnaturel : Jésus a guéri de nombreux malades. Alors elles suivent cet homme surnaturel. Mais comme toujours chez St Jean, on part de considérations humaines pour arriver à des considérations spirituelles. Les foules ont faim et Jésus va les rassasier en les ouvrant à une autre nourriture qui est l’Eucharistie elle-même. Voilà ce que nous dit ce récit de la multiplication des pains placé au début du chapitre sur le Pain de Vie. Il est à ce titre notable que les Evangélistes synoptiques rapportent tous 2 récits de la multiplication des pains, alors que St Jean n’en rapporte qu’un. La visée de St Jean n’est donc pas de présenter tous les miracles de Jésus pour attester sa divinité, mais de montrer que ce miracle de multiplication des pains a pour but de préparer ses disciples au don de l’Eucharistie que Jésus accomplira avant Pâques. Il leur donne à manger pour les préparer à Le manger lui-même sous la forme du pain. Il est à ce propos intéressant de noter que les verbes qui traduisent l’action de Jésus dans ce miracle sont les mêmes que l’on reprend dans la Prière Eucharistique : Il prend les pains, rend grâce, le donne aux disciples qui les donnent à la foule. Cela confirme la visée de ce récit qui est de préparer les disciples de Jésus au don de l’Eucharistie. De même, s’il fallait un autre argument en ce sens, St Jean nous précise que ce miracle a lieu «quelques jours avant la Pâques ». Cette indication n’est pas donnée au hasard ; elle fait allusion au Jeudi Saint, Institution de l’Eucharistie, quelques jours avant la Pâque. Pensons à ce sujet que lorsque nous disons dans la Prière du Notre-Père « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », nous demandons deux choses : que chacun puisse manger à sa faim mais aussi que chacun puisse recevoir le Pain supersubstantiel , comme dit l’adjectif grec , c’est-à-dire le pain, traduction partielle, quotidien, qui est en fait le Pain de Vie.

Dans cette lecture eucharistique que nous faisons de ce passage d’Evangile, nous voyons que Jésus fait volontairement participer ses disciples au miracle qu’Il accomplit. Jésus aurait pu opérer tout seul ; Il ne procède pas ainsi. Il rend ses disciples participants de son action et sollicite également la participation de la foule. Il veut que ses disciples se préoccupent de ce problème : « Il dit à Philippe : ‘Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?’ » Puis, c’est un autre disciple, André, qui va trouver le jeune garçon avec 5 pains et 2 poissons. Autrement dit, Jésus rend tout le monde participant du miracle qu’Il va accomplir. Tout le monde y a sa place et tout le monde a quelque chose à faire. Ces remarques nous montrent la pédagogie du Salut de Dieu. Bien sûr, Dieu peut nous sauver sans nous : sa toute-puissance le Lui permet. Mais, Il nous sauve en rendant acteur de notre salut et de celui de nos frères et sœurs. « Aide –toi et le Ciel t’aidera ! », vous connaissez tous ce proverbe. Dieu ne fait jamais les choses à notre place ; Il nous aide, Il les fait, mais à condition que nous collaborions et que nous participions, aussi petit cela soit-il.

Derrière la collaboration des disciples que Jésus suscite, il y a aussi l’image de l’Eglise à qui Jésus demande d’accueillir les préoccupations des hommes de ce monde, mais aussi à qui Il donne la mission de répondre et de donner ce Pain de Vie. Les disciples participent au miracle, ramassent le surplus et le conservent, image de l’Eglise qui donne sans compter et administre le sacrement de l’Eucharistie.

Pour accomplir cette multiplication des pains, Jésus part de 5 pains et de 2 poissons apporté par un jeune garçon. Qu’est-ce que cela à vue humaine quand Philippe déclare que « le salaire de deux cents journées de travail ne suffiront pas pour que chacun ait un petit morceau de pain ! » ? Dieu transforme ce que nous lui apportons. Ce qu’Il nous demande, c’est de mettre le peu que nous avons. Ce qui implique d’être profondément humble, en vérité avec soi, de ne pas croire que nous pouvons tout, de reconnaître qu’en comptant sur nos seules forces ou ressources, nous n’y arriverons pas. Une offrande pauvre, humble, permet à Dieu de féconder par sa toute-puissance ce que nous apportons. Si nous sommes pleins de nous, Dieu ne pourra rien faire ; si nous n’apportons rien, Dieu ne pourra rien faire.

A partir de cela, nous pouvons réfléchir non seulement sur notre vie chrétienne : qu’est-ce que j’offre à Dieu pour lui permettre d’agir ? Qu’est-ce que je donne ?, mais nous pouvons aussi réfléchir sur notre manière de vivre l’offertoire pendant la messe. Qu’est-ce que j’offre spirituellement de ma vie, de ma semaine au cours de cette messe ? Si je n’offre rien, il ne faut pas attendre que Dieu me rendre quelque chose en échange. La fécondité de notre participation à la messe, de notre communion, dépend aussi de ce que nous donnons à Dieu. Et la manière dont nous vivons l’offertoire est à l’image de la manière dont nous offrons notre vie à Dieu.

Profitons des dimanches qui viennent pour méditer sur le don du Pain de Vie que Jésus fait à son Eglise. L’Institution de l’Eucharistie n’est pas un aspect secondaire de la vie, de l’œuvre de Jésus et par conséquent de la vie de l’Eglise. Il est dommage qu’aujourd’hui en certains endroits de l’Eglise, on se ferme au don de l’Eucharistie, présence réelle et corporelle de Jésus, en la mettant au même niveau que la Parole, qui n’est qu’une présence spirituelle de Jésus. Bien sûr, il ne faut pas opposer Parole de Dieu et Eucharistie, mais l’Eucharistie dépasse et accomplit la Parole. C’est la raison pour laquelle la liturgie de la Parole dans la messe précède et prépare la liturgie eucharistique. Prions pour tous les chrétiens qui n’ont pas découvert la profondeur du Pain de Vie, nourriture de Dieu pour nous, et prions pour que chacun de nous découvre ce qu’il peut apporter à Dieu comme pain et poisson pour qu’Il le transforme. Amen !

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