Christianisme – Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com Blog et Site Internet Wed, 22 Jul 2026 11:24:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.2 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/wp-content/uploads/2020/06/cropped-LOGO-Paroisse-Verneuil-sur-Avre-2020_600px-32x32.png Christianisme – Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com 32 32 Léon XIV en France : comment obtenir une place ? https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/leon-xiv-en-france-comment-obtenir-une-place Wed, 22 Jul 2026 11:24:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53989 À deux mois de la visite de Léon XIV en France, le dispositif d’accueil se précise. Dès la fin du mois de juillet, les fidèles pourront réserver gratuitement leur place pour la veillée de prière du 25 septembre au Stade de France, avec une inscription individuelle obligatoire. Les modalités d’accès à la messe sont en cours de finalisation.

À deux mois de la visite de Léon XIV en France, le dispositif d’accueil se précise. Dès la fin du mois de juillet, les fidèles pourront réserver gratuitement leur place pour la veillée de prière du 25 septembre au Stade de France, avec une inscription individuelle obligatoire. Les modalités d’accès à la messe sont en cours de finalisation.

« Notre objectif est de mettre tout en œuvre pour accueillir tout le monde, du mieux possible. »

Entièrement gratuite, cette billetterie vise avant tout à accueillir le plus grand nombre dans les meilleures conditions. « Notre objectif est de mettre tout en œuvre pour accueillir tout le monde, du mieux possible », souligne Hervé Wattecamps dans un entretien accordé au diocèse de Paris. Pour y parvenir, le dispositif répond aussi à un impératif d’organisation. « Cela nous permet de mieux nous organiser en interne sur le périmètre réservé », explique-t-il. Le dispositif permettra ainsi d’anticiper l’affluence et, si certains lieux atteignent leur capacité maximale, comme le Stade de France pour la veillée des jeunes, d’orienter les personnes vers d’autres espaces. « Le système de billetterie nous permettra d’être certains d’accueillir tout le monde ou, s’il n’y a plus de place, de prévoir un autre lieu de rassemblement, à savoir l’église Saint-Sulpice », précise Hervé Wattecamps.

À noter également, les inscriptions se feront à titre individuel, mais chacun pourra préciser l’aumônerie, le diocèse ou la paroisse auquel il souhaite être rattaché. De quoi permettre aux groupes de vivre ensemble ce temps fort. « Nous ferons en sorte de pouvoir réunir les grands groupes, les mouvements diocésains, les associations, etc. » , assure le coordinateur général du voyage de Léon XIV à Paris.

Les organisateurs assurent enfin qu’une attention particulière sera portée aux personnes les plus fragiles. Des espaces réservés seront prévus pour les « personnes malades, en situation de handicap, en grande précarité ou de grande fragilité », aussi bien pour la messe que pour la veillée des jeunes. Une volonté, souligne Hervé Wattecamps, portée par l’archevêque de Paris afin que cette visite soit accessible au plus grand nombre.

Une affluence record attendue

Pour mémoire, les organisateurs s’attendent à une affluence inédite pour plusieurs temps forts de la visite du pape Léon XIV. La grande messe célébrée sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde devrait ainsi réunir au moins 500.000 personnes. La veillée des jeunes, réservée aux 17-35 ans, pourrait quant à elle accueillir jusqu’à 80.000 participants au Stade de France. Pour faire face à cette mobilisation, les organisateurs ont également revu à la hausse leur objectif de recrutement . « En réalité, on vise désormais 12.000 bénévoles », indique le coordinateur. Plus de 5.000 personnes se sont déjà préinscrites pour participer à l’organisation.

Pratique :

Devenir bénévole pour la venue du Pape.
Site officiel de la venue de Léon XIV en France.

ALETEIA

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L’Église de France envisage des recours contre l’aide à mourir https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/leglise-de-france-envisage-des-recours-contre-laide-a-mourir Tue, 21 Jul 2026 13:26:13 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53986 À Paris, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, mercredi soir 15 juillet, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Un texte auquel, tout au long des 4 dernières années de débat, l’Église s’est opposée, estimant qu’un frère ne peut donner la mort à d’autres frères.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

Mercredi soir, peu après l’adoption définitive de la loi sur le droit à l’aide à mourir, l’Église de France regrettait un choix en rupture avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie. Les évêques rappellent leur participation au dialogue autour de ce débat depuis 4 ans, soulignant l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des malades, des mourants et de leurs familles. Ils estiment que les effets d’une telle législation modifieront le rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie. Mais ils ne baissent pas les bras, l’histoire n’est pas terminée, estiment-ils. Un nombre significatif de recours est possible. Entretien avec Mgr Mathieu Rougé, évêque de Nanterre et porte parole des évêques de France sur la fin de vie.

Mgr Matthieu Rougé, concernant la clause de conscience, comment s’articule-t-elle pour les établissements catholiques?

La loi, telle qu’elle est votée, prévoit une clause de conscience pour les médecins. Cependant, il est dommage qu’elle ne prévoit pas une clause de conscience pour les pharmaciens qui, en cas de suicide assisté à domicile, serviront bon gré mal gré de lieu de dépôt du produit létal. En revanche, le point le plus préoccupant, au-delà du fait même de l’autorisation d’euthanasie assistée, c’est que les établissements dont la charte éthique ou le passé confessionnel réprouve la pratique d’euthanasie, seront tenus de l’accueillir dans leurs murs. Il ne s’agit pas d’une clause de conscience parce que la conscience touche la personne. Il s’agit d’une clause d’établissement.

Sur ce point, le gouvernement avait donné quelques assurances à l’épiscopat français qui n’ont pas pour l’instant été tenues. Il y a beaucoup de préoccupation de la part d’établissements congréganistes ou d’origine congréganiste. Je pense en particulier aux Petites Sœurs des pauvres, mais aussi aux sœurs de saint Thomas de Villeneuve, protecteur des maternités catholiques. Il y a aussi des établissements comme Jeanne Garnier à Paris. Il faut vraiment espérer que dans les semaines qui viennent, les différents recours permettront que soit effectivement établie une clause d’établissement, pour que les établissements dont l’histoire, le présent ou la charte éthique réprouvent la mort provoquée, puissent persévérer dans leur mission et dans leur éthique.

Quelle peut-être aujourd’hui la parole de l’Église de France?

Mercredi 15 juillet, la Conférence des évêques a publié un communiqué signé par le président et deux vice-présidents de la conférence, qui exprime à la fois notre tristesse et notre préoccupation. Dans ce genre de loi, on ne mesure pas toutes les conséquences en termes de fraternité, de vie en société, d’élargissement progressif des critères. Il faut donc une grande vigilance. Maintenant, il s’agit d’avancer, notamment en veillant sur la liberté effective des établissements, sur le respect de leur charte éthique, en encourageant et en suivant de très près tous les recours que j’ai mentionnés.

Il y a des personnes en situation de solitude, de faiblesse, de vulnérabilité, qui sont isolées, seules et qui ne peuvent pas être accompagnées. Devant une question fondamentale de la vie humaine, ces personnes vont se retrouver seules face à un choix en fin de vie: vivre ou mourir…

La réponse des chrétiens au vote d’une loi comme celle-ci n’est pas seulement une réprobation morale, c’est aussi une exigence d’engagement. Voilà pourquoi, dans le communiqué que nous avons publié mercredi soir et dans les différentes prises de parole des uns ou des autres, avant même le vote de la loi, mais plus encore après, nous encourageons au maximum les chrétiens à s’engager toujours davantage auprès des personnes en situation de fragilité, dans la solitude et la précarité. C’est d’abord par la fraternité active que nous répondrons au désir d’en finir, qui parfois traverse le cœur de personnes en grande difficulté et en grand isolement. Notre réponse n’est pas seulement de l’ordre de la posture morale, elle est fondamentalement de l’ordre de l’engagement fraternel. C’est vraiment cela que nous voulons dire. Que les chrétiens de France, au-delà de la loi qui n’est jamais que la loi, s’engagent toujours davantage sur un chemin de fraternité. C’est ce qui nous permettra d’éviter que la mort provoquée prenne une place démesurée dans notre pays.

Dans deux mois, la France recevra la visite du Pape Léon XIV. Quelle parole de sa part attendez-vous sur cette question?

Alors, je suis sûr que le Pape va nous dire des choses très importantes dans beaucoup de domaines, et notamment dans celui-là. Il a eu des paroles très fortes récemment à Rome, mais aussi en Espagne. J’ai beaucoup cité ces derniers jours une phrase très forte de don cyclique, Magnifica Humanitas, dans laquelle il déclare que le premier des droits, qui conditionne tous les autres, est le droit à la vie, et quand l’euthanasie est votée, ce droit à la vie est largement entamé. Je pense aussi à la déclaration du Saint-Siège, Samaritanus bonus, de 2020, qui est un texte très important sur ce sujet. Par conséquent, je suis sûr que le Pape va dire des choses fortes à la fois aux chrétiens, pour les aider à s’engager auprès des personnes en situation de fragilité, mais aussi à toute notre société. Bien sûr, nous aurions été heureux de l’accueillir dans un contexte législatif plus favorable, mais sa parole, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, va nous être très précieuse et nous l’attendons avec beaucoup d’impatience.

VATICAN NEWS

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Père Jacques Hamel (1930-2016) https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/pere-jacques-hamel-1930-2016-2 Mon, 20 Jul 2026 12:58:38 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53982 Le 26 juillet 2016, le Père Jacques Hamel était assassiné dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray alors qu’il célébrait la messe. Dix ans après ce drame, sa mémoire demeure vivace : rassemblements, célébrations et messages de fraternité témoignent d’un refus collectif de l’oubli. Tandis que le procès en béatification du Père Hamel se poursuit, son héritage continue de marquer les esprits et d’inspirer la société. Ce dossier propose de revenir sur cet événement tragique, d’en explorer les répercussions et de mettre en lumière la force du message laissé par le Père Hamel.

CEF

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“Le Conseil constitutionnel n’a pas de crayon, il a seulement une gomme” https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/le-conseil-constitutionnel-na-pas-de-crayon-il-a-seulement-une-gomme Fri, 17 Jul 2026 08:52:06 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53956 Après plusieurs semaines de débats au Parlement, la loi qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté en France entre dans une nouvelle phase avec la saisine du Conseil constitutionnel. Que va-t-il se passer ? Que peuvent réellement faire les Sages ? « C’est un débat juridique qui se déroule sur un fond profondément politique », décrypte sur Aleteia Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-2-Panthéon-Assas.

Après son adoption définitive par le Parlement le 15 juillet 2026, la loi relative à l’aide à mourir entre dans une nouvelle phase, celle du contrôle de constitutionnalité. Plusieurs saisines ont été déposées devant le Conseil constitutionnel par des parlementaires, tandis que le Premier ministre et le président du Sénat ont également annoncé leur intention de saisir les Sages qui devraient se prononcer dans un délai d’un mois. Que va examiner précisément le Conseil ? Quels sont les différents scénarios possibles ? Et quelles seraient les conséquences d’une éventuelle censure ? Éclairage avec Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas, spécialiste des institutions de la Ve République et du droit constitutionnel.

Aleteia : Que signifie exactement la saisine du Conseil constitutionnel ? Est-ce une nouvelle étape du débat politique ou un moment où le débat change véritablement de nature ?
Benjamin Morel : Théoriquement, on entre dans un débat juridique. Le rôle du Conseil constitutionnel n’est pas de dire si la loi est bonne ou mauvaise d’un point de vue moral, mais de vérifier si elle est conforme à la Constitution. On passe donc d’un débat d’opportunité politique à un débat de conformité juridique. Derrière cette question de conformité se trouvent des principes constitutionnels et des libertés fondamentales qui peuvent parfois entrer en tension. Il y a toujours une part d’interprétation. Les saisines mettent en avant certains points susceptibles de poser problème au regard de la Constitution, mais le Conseil constitutionnel n’est pas lié par ces arguments. Il peut parfaitement examiner d’autres dispositions de la loi s’il estime qu’elles soulèvent une difficulté constitutionnelle. En somme, c’est un débat juridique qui se déroule sur un fond profondément politique.

« Il arrive régulièrement que le Conseil identifie lui-même des problèmes constitutionnels sur des dispositions qui n’étaient pas directement visées. »

Va-t-il examiner uniquement les griefs soulevés par les auteurs des saisines ou peut-il soulever d’autres questions de constitutionnalité ?
Le Conseil constitutionnel n’est pas tenu par les saisines. Il peut examiner d’autres dispositions que celles qui ont été explicitement contestées. Dans les faits, la saisine oriente évidemment son travail, mais il arrive régulièrement que le Conseil identifie lui-même des problèmes constitutionnels sur des dispositions qui n’étaient pas directement visées.

Quelles sont les différentes options dont dispose le Conseil constitutionnel ?
Il existe plusieurs possibilités. Le Conseil peut considérer qu’il n’y a aucun problème de constitutionnalité et valider la loi. À l’inverse, il peut prononcer une censure totale, même si ce cas reste rare. Il existe surtout des situations intermédiaires, comme la censure partielle, qui concerne certaines dispositions particulières. Dans le cas présent, on peut notamment penser à la question des majeurs protégés, placés sous tutelle ou curatelle : dans quelle mesure leur consentement est-il réellement éclairé ? Leur liberté de choisir ce traitement est-elle pleinement garantie ? La question de la clause de conscience collective se pose également, notamment pour les établissements privés auxquels la loi pourrait imposer de participer à ce type d’intervention. Enfin, le Conseil peut aussi prononcer des réserves d’interprétation. Dans ce cas, il ne censure pas la disposition, mais impose une interprétation très stricte de celle-ci. Par exemple, il pourrait considérer que les personnes sous tutelle concernées devront être en capacité d’exprimer une volonté de manière plus certaine, après une évaluation psychiatrique ou d’autres garanties. Cela revient à restreindre les conditions d’application de la loi.

Le contrôle pourrait notamment porter sur les clauses de conscience. Quels arguments peuvent être avancés ?
En matière d’interruption volontaire de grossesse, les établissements de santé privés peuvent ne pas pratiquer ce type d’intervention. Le Conseil constitutionnel ayant validé cette possibilité pour l’IVG, il serait difficile d’affirmer qu’une solution différente devrait nécessairement s’appliquer pour l’aide à mourir.

Le Conseil constitutionnel n’a pas de crayon, il a seulement une gomme : il peut censurer une disposition, mais pas réécrire la loi.

Mais l’argument inverse existe également. On pourrait considérer qu’une telle clause de conscience constitue une atteinte disproportionnée au droit créé par la loi. Car le différence avec l’IVG est que, dans ce cas, l’absence de prise en charge dans un établissement privé n’empêche généralement pas l’accès à l’intervention, puisqu’il existe une offre alternative dans les établissements publics. Pour une personne gravement malade, hospitalisée dans un établissement privé et qui ne serait pas en capacité d’être déplacée, la situation est différente : il pourrait ne pas exister d’autre possibilité concrète. Cela reviendrait à devoir se rendre dans un hôpital public pour accéder à ce droit. Les deux arguments se regardent donc en chien de faïence. Rien n’est joué.

Le fait que plusieurs autorités politiques aient annoncé ou engagé une saisine du Conseil constitutionnel permet-il d’en déduire que la loi est juridiquement fragile ?
Je pense qu’on peut surtout en déduire que certains éléments posent question, mais cela ne signifie pas nécessairement que le texte est particulièrement fragile juridiquement. Certaines lois sont beaucoup plus exposées. Ici, le texte est relativement borné juridiquement, même si le sujet touche à des questions très singulières et sur lesquelles les opinions peuvent diverger profondément.

Cette question dépasse les clivages habituels et touche aux convictions profondes de chacun. Tout est donc possible.

Le contexte politique est également particulier. Le texte a été rejeté à plusieurs reprises par le Sénat et il a suscité de fortes tensions. On sait aussi que l’Elysée et Matignon sont en confrontation sur ce sujet. Même au sein de groupes politiques habituellement très disciplinés, comme La France insoumise ou le Rassemblement national, il n’y a pas eu de ligne totalement claire. C’est un signal majeur : cette question dépasse les clivages habituels et touche aux convictions profondes de chacun. Tout est donc possible.

Si certaines dispositions importantes sont censurées, que se passe-t-il ensuite ? Quelle est la suite du parcours de la loi ?
Le parcours classique est le suivant : le Conseil constitutionnel rend sa décision, puis le président de la République promulgue la loi. Si les dispositions problématiques sont censurées, cela ne remet pas nécessairement en cause l’économie générale du texte. La loi peut être promulguée, amputée des dispositions censurées. La difficulté serait plus importante concernant la question du délai de deux jours. Si le Conseil considère que ce délai est insuffisant, il ne peut pas le remplacer par un autre délai plus long. Le Conseil constitutionnel n’a pas de pouvoir de réécriture : il n’a pas de crayon, il a seulement une gomme. S’il censure ce délai, il supprime donc cette condition sans pouvoir en proposer une nouvelle. Cela pourrait remettre en cause le fonctionnement même de la loi. Dans ce cas, soit le président demande une nouvelle délibération au Parlement afin de retravailler le texte, soit il faudrait repartir dans un nouveau processus législatif. Cette dernière hypothèse me semble toutefois peu probable.

Plusieurs membres du Conseil constitutionnel ont déjà manifesté publiquement leur soutien à l’euthanasie, ce qui a conduit certains observateurs à s’interroger sur l’exigence d’impartialité. Est-ce une difficulté possible ?
Le Conseil constitutionnel est maître chez lui. En tant que membre du Conseil, chacun peut toujours décider de se mettre en réserve, mais il peut aussi choisir de ne pas le faire. On nomme beaucoup de responsables politiques au Conseil constitutionnel. Contrairement à d’autres juridictions, aucune autorité extérieure ne peut imposer à un membre de se récuser. Il existe donc un véritable débat éthique. Certains responsables politiques, comme Bruno Retailleau, ont évoqué la possibilité d’un déport de certains membres, comme cela a pu exister dans d’autres cas, notamment l’affaire Fillon. C’est une question réelle, mais je ne prétends pas la trancher.

ALETEIA

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Loi fin de vie votée : face à un choix de rupture, renouveler notre engagement au service de la vie https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/loi-fin-de-vie-votee-face-a-un-choix-de-rupture-renouveler-notre-engagement-au-service-de-la-vie Thu, 16 Jul 2026 08:20:46 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53948 Ce 15 juillet 2026 marque une rupture grave dans l’histoire de notre pays. En choisissant de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, les députés ont inscrit dans la loi française la possibilité de provoquer la mort. Ce choix rompt avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d’accompagner chaque personne jusqu’au terme naturel de sa vie.

Depuis quatre ans, avec les évêques de France, nous avons participé de façon sérieuse et responsable au débat sur la fin de vie, par l’expression de nos convictions et en dialogue avec tous. Forts de l’expérience multiséculaire de l’Église dans l’accompagnement des personnes malades, des mourants et de leurs familles, nous avons tenu à partager nos réflexions sur la dignité de toute vie humaine. Le Président de la République avait annoncé un débat serein, éclairé et respectueux mais force est de constater que les enjeux politiques, idéologiques et sans doute même économiques, déguisés par des mots trompeurs, ont eu raison de cette ambition. Une question aussi essentielle pour notre pacte social méritait pourtant que les conséquences humaines, médicales, éthiques et sociales de l’euthanasie et du suicide assisté soient pleinement considérées.

Les effets d’une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera. Le lien de confiance entre les générations mais aussi entre les soignants, les patients et leurs familles sera dégradé et le regard de la société sur la fragilité, abîmé. Les plus pauvres risquent d’être les premiers à en payer le prix : ne voulant pas être une charge pour leurs enfants ou petits-enfants, les personnes âgées en précarité pourraient se sentir poussées à partir. En outre, l’expérience d’autres pays montre que les critères d’accès à l’aide à mourir tendent toujours à s’élargir, au détriment des soins palliatifs.

Par-delà la désapprobation, ce vote du 15 juillet nous appelle donc à un engagement renouvelé, avec les familles, les soignants, les bénévoles, les proches aidants, les associations, les aumôniers, pour témoigner qu’une autre voie est possible, celle d’une présence fidèle et d’un accompagnement attentif qui apaisent les souffrances physiques ou psychologiques, sans jamais abandonner quiconque.

La Conférence des évêques de France exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui, chaque jour, servent les personnes malades, handicapées, âgées ou en fin de vie. Elle encourage aussi les établissements catholiques de soin à être des témoins fidèles de l’indispensable attention éthique au respect des valeurs humaines fondamentales, en s’abstenant de comportements clairement illicites d’un point de vue moral, en vertu de la dignité de toute vie humaine.

Enfin, elle suivra avec attention les saisines annoncées du Conseil Constitutionnel ainsi que les contributions volontaires associatives, afin que soit garanti en particulier le respect de l’éthique des établissements engagés dans l’accompagnement de personnes en fin de vie et qui excluent le recours à l’euthanasie ou au suicide assisté.

Les catholiques de France continueront, avec beaucoup d’autres hommes et femmes de bonne volonté, croyants ou non, à servir la vie. Ils le feront animés par la ferme espérance que leur donne l’Évangile, sans esprit de résignation ni d’affrontement, convaincus que la grandeur d’une société ne réside jamais dans le fait de donner la mort aux plus fragiles, ou leur permettre de se la donner, mais au contraire de les accompagner, par une fraternité réelle, jusqu’au bout. Car le Christ en qui ils croient est venu pour que le monde ait la vie.

Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France

Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France

Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France

Communiqué

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Canicule : des chrétiens lancent une neuvaine de prière œcuménique https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/canicule-des-chretiens-lancent-une-neuvaine-de-priere-oecumenique Mon, 13 Jul 2026 13:10:48 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53942 À cause des vagues de chaleur du printemps et de l’été 2026, un collectif de chrétiens formé initialement sur les réseaux sociaux organise une neuvaine de prière œcuménique à partir du 10 juillet 2026. Ils expliquent le sens de leur démarche.

Il fut un temps où les sécheresses, les famines et les catastrophes naturelles donnaient lieu à des processions, des rogations, des journées de jeûne et de prière. Nous ne comprenons plus aujourd’hui ces événements comme nos ancêtres pouvaient les comprendre ; la foi chrétienne, éclairée par la raison et les progrès de la connaissance scientifique, nous a heureusement permis de sortir d’une vision où chaque catastrophe serait l’expression directe d’une colère divine.

Mais avons-nous, chemin faisant, perdu quelque chose de notre capacité à faire de ces épreuves autant de lieux spirituels ? L’Église continue, à juste titre, à prier pour les malades, les responsables publics, les victimes des guerres ou des catastrophes. Pourtant, devant les vagues de chaleur qui se succèdent et s’amplifient, devant les sécheresses, les incendies et l’annihilation du vivant, notre prière demeure souvent étonnamment discrète. La canicule et ses avatars semblent parfois relever de pures contingences techniques, météorologiques.

Or la Création n’est pas un simple décor dans lequel se déroulerait l’histoire du salut. Dès les premiers chapitres de la Genèse, Dieu confie la terre à l’humanité pour qu’elle la cultive et la garde. Nous savons aujourd’hui, grâce au travail des scientifiques, que le dérèglement climatique n’est pas une fatalité tombée du ciel, pas plus que la sixième extinction de masse. Ils sont la conséquence de nos choix individuels et collectifs, de nos modèles économiques, de notre rapport au monde.

Tout cela peut nous plonger dans l’angoisse : angoisse de la mort, face au bouleversement des conditions de vie de notre humanité, et angoisse face au poids de péchés qui ont conduit à de tels dérèglements. Cela doit donc changer profondément notre manière de prier. Il ne s’agit plus seulement de demander à Dieu de nous épargner d’un mal dont nous serions uniquement des victimes ; il s’agit de reconnaître notre responsabilité, non pour nous enfermer dans la culpabilité ou le désespoir, mais pour ouvrir, enfin, un chemin de conversion.

Dix ans après Laudato si’, l’appel à la conversion écologique reste d’une pertinence désarmante. Il ne s’agit pas de verdir en apparence la vie chrétienne sans rien changer ; cela touche à nos manières de produire, de consommer, de travailler, d’habiter le monde. Et c’est sans doute pour cela que cette conversion demeure si difficile à nommer et à vivre.

La prière est le lieu où nous demandons la force d’assumer nos responsabilités.

C’est pour cette raison que nous proposons une neuvaine œcuménique pour la Création. Pendant neuf jours, demandons pardon pour nos aveuglements, nos excès. Prions pour les personnes les plus exposées, pour les soignants, les agriculteurs, les élus confrontés aux crises, les plus fragiles d’entre nous. Demandons surtout à Dieu de convertir nos cœurs, afin d’être à la hauteur du monde qu’il nous confie.

Nous invitons tous les chrétiens à se joindre à notre neuvaine, qu’on peut trouver sur notre site prierepourlacreation.fr, sur notre compte Bluesky @prierecreation.bsky.social ou Instagram (@prierepourlacreation). Nous commencerons le 10 juillet 2026, pour le cinquantième anniversaire des premières lois sur la protection de la nature.

Face à la canicule, nous avons besoin de sciences, de politiques publiques, de solidarité concrète et d’adaptation ; mais nous avons aussi besoin de prière. Non pour demander à Dieu de faire à notre place ce qu’il nous revient de faire, mais pour recevoir de lui le courage de changer. La conversion écologique commence par la conversion des cœurs.

Un mot sur le collectif…
Nous sommes de simples chrétiens de base, qui nous sommes rencontrés sur le réseau Bluesky. Parmi nous figurent Mahaut et Johannes Herrmann, chercheuse et salarié d’une association de la protection de la biodiversité, auteurs de livres sur l’écologie (Comprendre et vivre l’écologie, éditions de l’Emmanuel), Frère Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond, dominicain et Jérôme Moreau, théologien.

LA VIE

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La parole du Pape est toujours celles d’un Pasteur https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/la-parole-du-pape-est-toujours-celles-dun-pasteur Mon, 13 Jul 2026 12:59:19 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53940 Une réflexion sur le rôle du Successeur de Pierre et sur son magistère.

Andrea Tornielli*

Même lorsqu’il parle de paix et de guerre, d’accueil des migrants ou de la manière de rester humain à l’ère de l’intelligence artificielle, le Successeur de Pierre est, et demeure, un guide spirituel. Le fait que l’évêque de Rome, en vertu des accords du Latran de 1929 qui ont réglé la «Question romaine», soit également souverain du plus petit État du monde –moins d’un demi-kilomètre carré au cœur de la capitale italienne– ne signifie pas qu’il agisse ou s’exprime comme un homme politique lorsqu’il aborde des questions qui concernent l’humanité.

Paul VI l’a bien expliqué, lors de son discours du 4 octobre 1965 à l’Assemblée générale des Nations Unies: «Cette rencontre, vous en êtes tous bien conscients, déclarait le Pape, revêt un double caractère: elle est empreinte à la fois de simplicité et de grandeur. De simplicité car celui qui vous parle est un homme comme vous; il est votre frère, et même un des plus petits parmi vous, qui représentez des États Souverains, puisqu’il n’est investi –s’il vous plaît de Nous considérer à ce point de vue– que d’une minuscule et quasi symbolique souveraineté temporelle: le minimum nécessaire pour être libre d’exercer sa mission spirituelle et assurer ceux qui traitent avec lui qu’il est indépendant de toute souveraineté de ce monde.» Paul VI, en visite aux États-Unis, ajoutait aussitôt, parlant de lui-même: «Il n’a aucune puissance temporelle, aucune ambition d’entrer avec vous en compétition. De fait, Nous n’avons rien à demander, aucune question à soulever; tout au plus un désir à formuler, une permission à solliciter: celle de pouvoir vous servir dans ce qui est de Notre compétence, avec désintéressement, humilité et amour.»

Il est vrai que, pour garantir la liberté absolue du Vicaire du Christ, il a été établi il y a près d’un siècle qu’un minuscule territoire serait réservé à l’évêque de Rome et Pasteur de l’Église universelle, qui serait également souverain et, de ce fait, chef d’État. Mais il s’agissait, et il s’agit encore, d’une convention visant précisément à reconnaître ce besoin d’indépendance vis-à-vis de tout autre État, et non à affirmer une double mission. Toute exaltation ou surdimensionnement du rôle du Souverain pontife comme chef d’État, toute insistance sur l’importance de ce rôle, est donc trompeuse car elle occulte sa véritable mission de Pasteur universel. Un Pasteur qui s’adresse aux catholiques, aux chrétiens, aux croyants et à toutes les personnes de bonne volonté dans le seul but de proclamer l’Évangile, son message d’amour, de fraternité et de paix «désarmée et désarmante».

Ce point a été clairement souligné par le cardinal Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, lors de son discours au Capitole le 10 octobre 1962, à la veille de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II. Dans ce discours, le futur pape, évoquant la fin du pouvoir temporel de l’Église avec la chute des États pontificaux en 1870, déclarait: «C’est alors que la papauté reprit avec une vigueur sans précédent ses fonctions d’enseignante de la vie et de témoin de l’Évangile, pour atteindre des sommets dans la gouvernance spirituelle de l’Église et dans son influence morale sur le monde comme jamais auparavant.»

Lorsqu’il exige que la vie humaine soit toujours respectée et protégée à chaque étape de son existence, lorsqu’il parle d’une paix qui prenne en compte le bien de tous les peuples et appelle à la fin de la course aux armements, allant même au-delà du concept de «guerre juste», lorsqu’il appelle au dialogue et à la négociation, invoquant le Magistère de la Doctrine sociale, lorsqu’il nous demande de considérer les migrants comme des personnes à accueillir sans jamais oublier leur dignité humaine, lorsqu’il nous rappelle que les pauvres sont au cœur de l’Évangile et que nous devons bâtir des sociétés plus justes et équitables, lorsqu’il défend le droit à la liberté religieuse, lorsqu’il souligne l’importance de protéger la Création pour la transmettre à nos enfants et petits-enfants, le Successeur de Pierre ne parle pas en chef d’État. Il proclame simplement l’Évangile.

*Directeur éditorial des médias du Vatican

VATICAN NEWS

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Voyage apostolique de Sa Sainteté en France https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/voyage-apostolique-de-sa-saintete-en-france Wed, 08 Jul 2026 13:10:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53862 RAPPEL

Grande veillée de prière au Stade de France

Soirée du vendredi 25 septembre

avec les jeunes de France (17-35 ans)

L’inscription est obligatoire sur venio :  Venio — Les jeunes à la rencontre du Pape à Paris
Attention : les places sont limitées !
Ne tarde pas à réserver ta place.

Messe solennelle à Paris sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées

Samedi 26 septembre en début d’après-midi

Voici le lien pour vous inscrire dès maintenant : https://lediocesedevreuxalarencontredupapeaparis2026-paris.venio.fr/fr

www.pape-france.fr

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Prions pour la France https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/prions-pour-la-france Wed, 08 Jul 2026 06:58:57 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53910 ]]> «Les chrétiens vivent une situation désastreuse» en Terre Sainte, témoigne un prêtre https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/activites-vie-chretienne/foi/eglises-chretiennnes/les-chretiens-vivent-une-situation-desastreuse-en-terre-sainte-temoigne-un-pretre Tue, 07 Jul 2026 11:04:39 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53906 Engagé dans la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, le père camerounais Joseph Hoina explique dans un entretien accordé à Vatican News-Radio Vatican, les souffrances mais aussi l’espérance qui habitent les communautés. «Les chrétiens de Terre Sainte, affirme-t-il, sont aujourd’hui les témoins de l’Église souffrante. Ils ont besoin de notre prière, mais aussi d’un soutien concret.»

Augustine Asta – Cité du Vatican

«Les chrétiens de Terre Sainte vivent aujourd’hui une situation vraiment critique. À cause de la guerre, des divisions internes et des difficultés économiques, beaucoup ne parviennent plus à survivre et quittent leur terre», explique le père Joseph Hoina. Depuis Jérusalem, où il étudie l’Écriture sainte tout en exerçant son ministère pastoral, le prêtre camerounais précise que la situation est particulièrement dramatique à Gaza, où «les chrétiens vivent dans des conditions devenues tout simplement insoutenables».

En Cisjordanie comme à Jérusalem, la peur, les restrictions de circulation et la crise économique ont un impact considérable sur la vie des fidèles. «Beaucoup de familles, témoigne-t-il, ont perdu leur travail depuis le début de la guerre. Les enfants ne vont plus à l’école et certains n’arrivent même plus à assurer leurs besoins quotidiens.» À cela s’ajoute, note-t-il, une souffrance spirituelle: «Dans plusieurs localités, les prêtres ne peuvent plus rejoindre les communautés pour célébrer l’Eucharistie. Or, ajoute-t-il, un chrétien vit de l’Eucharistie. Lorsqu’il en est privé, il traverse une véritable famine spirituelle.»

Cette réalité de guerre, souligne le père Joseph, est aussi complexe pour les prêtres. «Chaque fois que les tensions augmentent, nous sommes contraints de rester à la maison. Nous ne pouvons plus rejoindre les fidèles. Cela affecte notre ministère, nos études et même notre équilibre personnel», fait-il savoir.

Saint-Pierre de Jaffa, une Église qui accueille les nations au milieu de la guerre

Le père Joseph poursuit une partie de sa mission au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, dans l’ancienne cité portuaire de Jaffa (Joppé), aujourd’hui rattachée à l’unique paroisse catholique latine Saint-Antoine-de-Padoue de Tel-Aviv. Cette église, confiée aux frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte, est l’un des principaux centres d’organisation et de diffusion de la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile en Israël. Le lieu de culte accueille des personnes originaires de nombreux pays et offre un accompagnement spirituel, humain et social adapté à leurs besoins.

Saint-Pierre de Jaffa, une Église qui accueille les nations au milieu de la guerre

Le père Joseph poursuit une partie de sa mission au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, dans l’ancienne cité portuaire de Jaffa (Joppé), aujourd’hui rattachée à l’unique paroisse catholique latine Saint-Antoine-de-Padoue de Tel-Aviv. Cette église, confiée aux frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte, est l’un des principaux centres d’organisation et de diffusion de la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile en Israël. Le lieu de culte accueille des personnes originaires de nombreux pays et offre un accompagnement spirituel, humain et social adapté à leurs besoins.

Le père camerounais Joseph Hoina, célébrant une messe au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa.

Le père camerounais Joseph Hoina, célébrant une messe au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa.

Dans le cadre de son ministère sacerdotal, le père Joseph intervient donc régulièrement pour assurer l’accompagnement pastoral, la catéchèse et la célébration des sacrements auprès des communautés francophones. D’autres prêtres et religieux sont aussi engagés aux côtés des différentes communautés linguistiques, notamment philippine, indienne, érythréenne, éthiopienne, chinoise, etc. «Beaucoup de migrants arrivent ici après avoir fui la guerre, la pauvreté ou les persécutions. Le sanctuaire devient pour eux une véritable famille. Ils y retrouvent la possibilité de célébrer leur foi dans leur langue, de recevoir les sacrements et de recréer des liens fraternels», soutient le père Joseph.

Le père camerounais Joseph Hoina, lors de son passage à Rome.

Le père camerounais Joseph Hoina, lors de son passage à Rome.

Au-delà de sa mission strictement religieuse, le sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa est également un lieu privilégié de dialogue, de rencontre et de médiation sociale, favorisant le vivre-ensemble entre les différentes communautés présentes dans la région tout en accueillant avec bienveillance pèlerins, touristes et visiteurs de toutes religions, convictions et cultures. «Après les célébrations, chacun apporte un peu de sa culture. Nous partageons les repas, les chants et les traditions. Cela aide énormément les migrants à retrouver leur dignité et à ne pas se sentir étrangers», indique le père Joseph. «Ici, nous faisons l’expérience d’une Église sans frontières, où chacun trouve sa place quelles que soient sa langue, sa culture ou son origine», poursuit-il.

“À travers sa mission d’ouverture et de service, l’église Saint-Pierre de Jaffa témoigne concrètement de l’universalité de l’Église et de sa vocation à promouvoir la paix, la fraternité et la dignité de toute personne humaine.”

Prières et espérances

«La mission de l’Église n’est pas de tracer des frontières plus étroites, mais de garder les portes ouvertes, en témoignant d’un amour qui n’abandonne jamais», avait d’ailleurs écrit le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans une lettre aux fidèles de son diocèse.Pour le père Joseph, le texte du cardinal intitulé:«Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie», datant d’avril dernier, est uneexhortation qui nourrit le quotidien des communautés chrétiennes. «Le patriarche, insiste-t-il, nous demande de ne pas perdre l’espérance, d’être des témoins de la paix, du pardon et du dialogue entre les peuples.»

Et de poursuivre: «Les chrétiens de Terre Sainte sont aujourd’hui les témoins de l’Église souffrante. Ils ont besoin de notre prière, mais aussi d’un soutien concret.» «Jérusalem est la racine de notre foi. Il ne faut jamais l’oublier», conclut-il.

VATICAN NEWS

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Un logo aux mille symboles pour la visite du Pape en France https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/un-logo-aux-mille-symboles-pour-la-visite-du-pape-en-france Tue, 07 Jul 2026 10:54:34 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53902

La Conférence des évêques de France a dévoilé le 6 juillet le logo qui accompagnera le voyage apostolique du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026. Une identité visuelle art déco qui condense, en une seule image, toute la force spirituelle et l’espérance d’une cette visite historique.

Coloré, rafraîchissant et spirituel. Voici les trois mots qui peuvent décrire le logo qui accompagnera le voyage apostolique du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026. Dévoilé ce 6 juillet par la Conférence des évêques de France (CEF), cet univers graphique est conçu autour de la devise de ce voyage historique : « Pour que le monde ait la vie ». Une belle identité visuelle, tel un vitrail qui incarne l’esprit de rassemblement et d’unité ! 

Très joyeux et vivant, ce logo réalisé par l’Atelier Argo dans le style art déco, s’articule autour de plusieurs symboles forts : la colombe, signe de paix et d’Esprit saint; le rameau d’olivier, symbole du jaillissement de la vie et de la réconciliation; la croix, l’arbre de vie par excellence;ou encore l’arche gothique, qui incarne la dimension liturgique de ce voyage. Chaque détail est réfléchi : le nom du Pape y est inscrit tel un logotype, les couleurs bleu, blanc et rouge font référence au drapeau français, tandis que le orange représente la lumière qui renaît et le vert du rameau d’olivier rappelle l’espérance. Un logo qui condense, en une seule image, toute la force spirituelle et l’espérance de cette visite historique !

ALETEIA

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Vivre une communion renouvelée au service de la mission https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/vivre-une-communion-renouvelee-au-service-de-la-mission Sat, 04 Jul 2026 13:42:45 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53891 ]]> Consécrations épiscopales des lefebvristes: l’excommunication est décrétée https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/consecrations-episcopales-des-lefebvristes-lexcommunication-est-decretee Fri, 03 Jul 2026 06:30:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53878 Un document signé par le cardinal préfet du dicastère pour la Doctrine de la Foi qualifie le rite célébré le 1er juillet d’«acte de nature schismatique». Une note explicative précise les détails de cette grave sanction canonique

Vatican News

Les évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay (respectivement consécrateur principal et co-consécrateur) ainsi que les évêques nouvellement consacrés Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru «ipso facto» l’excommunication «latae sententiae» réservée au Siège apostolique pour avoir commis «un acte de nature schismatique», à savoir «la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain pontife». C’est ce qu’on peut lire dans le décret signé par le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la Foi, et contresigné par les deux secrétaires de ce même dicastère. C’est la conclusion, malheureusement prévisible, qui intervient vingt-quatre heures après la cérémonie solennelle célébrée à Écône, en Suisse, dans la matinée du 1er juillet 2026.

Le décret de l’ancien Saint-Office stipule que, par le fait même d’avoir procédé à la consécration, aussi bien les consécrateurs que les consacrés ont encouru l’excommunication prévue. C’est là l’épilogue douloureux, conséquence de la décision prise par les lefebvristes contre la volonté exprimée à plusieurs reprises par Léon XIV. L’excommunication entraîne la séparation d’avec l’Église de Rome aussi bien les évêques que les prêtres appartenant à la Fraternité Saint-Pie X. Quant aux fidèles laïcs, sont à considérer comme excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité. De plus amples détails figurent dans une «Note explicative», publiée par le dicastère en même temps que le décret d’excommunication, que nous reproduisons intégralement ci-dessous.

Décret et note explicative du dicastère pour la Doctrine de la Foi

Décret et note explicative du dicastère pour la Doctrine de la Foi

Note du dicastère:

Depuis l’époque de saint Paul VI jusqu’aux derniers entretiens qui se sont tenus récemment au sein de ce dicastère, les multiples tentatives visant à ramener les adhérents au mouvement fondé par Mgr Marcel Lefebvre à la pleine communion avec l’Église catholique se sont révélées vaines. Cette situation s’est encore aggravée en raison des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation flagrante du droit canonique. Par conséquent, ce dicastère, dans l’exercice fidèle des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de souligner que cet acte a constitué un délit de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs impliqués. En effet, comme cela a déjà été déclaré en 1988, «une telle désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome, constitue un acte schismatique» (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Ecclesia Dei, 3).

À cet égard, dorénavant :

1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l’excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, 5-6), et sont donc soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1).

2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dans les conditions fixées par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996 (cf. ibid., 7), toujours en vigueur, que ce dicastère fait sienne.

3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu’ils administrent ainsi que le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.

L’Église, telle une mère attentionnée, accueillera avec une affection sincère et une vive sollicitude tous ceux qui souhaitent revenir à la pleine communion. Les nonces apostoliques mettront en place les procédures que les Ordinaires pourront utiliser selon les différents cas.

Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermement en communion avec le Souverain Pontife, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l’Église (cf. Lumen Gentium, 22; can. 751 du Code de droit canonique), et à s’abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X susmentionnée.

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Léon XIV demande aux lefebvristes de renoncer aux ordinations épiscopales https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/francois-1er/leon-xiv-demande-aux-lefebvristes-de-renoncer-aux-ordinations-episcopales Tue, 30 Jun 2026 08:04:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53856 À la veille des nouvelles consécrations épiscopales sans mandat pontifical de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Léon XIV lance un appel solennel aux lefebvristes : dans une lettre publiée ce 30 juin, il les exhorte à renoncer à un « acte schismatique » et à privilégier le dialogue avec Rome.

« Revenez sur vos pas ! », demande le pape Léon XIV dans une lettre adressée aux lefebvristes, publiée ce 30 juin 2026. À la veille des quatre consécrations épiscopales sans mandat pontifical que s’apprête à célébrer la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) à Écône (Suisse), le pontife les exhorte à ne pas accomplir cet « acte schismatique« , plaidant pour un « chemin de dialogue ».

C’est dans une brève lettre, datée du 29 juin, jour de la fête des saints Pierre et Paul, que le pape Léon XIV a décidé pour la première fois de s’adresser directement à la FSSPX à propos de la crise qui s’est ouverte le 2 février entre cette dernière et Rome. Cette organisation traditionaliste avait alors déclaré vouloir procéder à l’ordination de quatre nouveaux évêques ce 1er juillet. Le courrier est adressé au père Davide Pagliarani, supérieur de la Fraternité, qui avait annoncé le 19 février, après un bref temps de négociation avec le dicastère pour la Doctrine de la foi, que ces consécrations auraient lieu coûte que coûte. Il entend ainsi reproduire un des actes fondateurs de son organisation, quand Mgr Marcel Lefebvre avait lui aussi ordonné quatre évêques sans l’accord de Rome le 30 juin 1988.

Considérer avec attention le bien spirituel des fidèles

Dans sa lettre, Léon XIV s’adresse non seulement au supérieur italien, mais aussi à tous les prêtres et fidèles de la FSSPX. Il souligne « l’attitude d’attention et de bienveillance » qu’ont manifestée ses prédécesseurs à leur égard en reconnaissance de « l’attachement à la vie liturgique, l’engagement dans la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition » qui animent nombre des fidèles lefebvristes. En 2009, Benoît XVI avait fait lever les excommunications prononcées par le Saint-Siège après les consécrations de 1988. François avait accordé en 2015 aux prêtres de la Fraternité la faculté d’entendre les confessions – mesure prolongée sine die l’année suivante – puis celle de célébrer des mariages en 2017.

« En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet. »

« Dans cet esprit, et rempli d’affection chrétienne, je vous demande et vous prie de tout mon cœur : revenez sur vos pas ! », enjoint le pape américain. Il exhorte les responsables de la FSSPX à « considérer avec attention le bien spirituel des fidèles car l’acte schismatique que vous avez l’intention d’accomplir les priverait de la réception licite, voire dans certains cas valide, des sacrements qu’ils aiment et recherchent pour leur sanctification ». Une remarque qui pourrait laisser entendre que les dispositions mises en place par François concernant les sacrements du pardon et du mariage pourraient ne pas perdurer après ces nouvelles consécrations épiscopales.

Péché « d’une extrême gravité »

Léon XIV assure cependant que l’Église catholique reste « ouverte à un chemin de dialogue et d’entente » avec la FSSPX. Il dit prier pour que Dieu « éclaire » les consciences des membres de l’organisation traditionaliste, « car déchirer la tunique sans coutures du Christ est un péché d’une extrême gravité ». « En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet », insiste-t-il une dernière fois, disant confier ces intentions « au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil », soit deux dévotions mariales centrales de la FSSPX.

Si la FSSPX venait à ignorer une nouvelle fois les appels de Rome, les évêques consacrés et consécrateurs seraient de facto excommuniés. Comme en 1988, on peut s’attendre à la publication d’un décret qui confirmera cette excommunication. Il avait alors été signé par le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les Évêques. Ces derniers mois, c’était plutôt le dicastère pour la Doctrine de la foi et son préfet Victor Manuel Fernández qui étaient en première ligne dans les échanges avec le mouvement.

ALETEIA

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Intention de prière du pape pour juillet 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-juillet-2026 Thu, 25 Jun 2026 09:24:17 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53824 Pour le respect de la vie humaine

« Prions pour le respect et la protection de la vie humaine à toutes ses étapes, en la reconnaissant comme un don de Dieu. »

Prière

Prier chaque jour

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“Aide active à mourir” : un débat aux lourdes conséquences s’ouvre à l’Assemblée https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/aide-active-a-mourir-un-debat-aux-lourdes-consequences-souvre-a-lassemblee Mon, 22 Jun 2026 07:26:38 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53821 Les députés examinent à partir de ce 22 juin en séance publique la proposition de loi instaurant un « droit à l’aide à mourir ». Un texte alourdi en commission, un calendrier accéléré, et un vote final attendu le 15 juillet.

La proposition de loi Falorni qui doit instaurer un « droit à l’aide à mourir » a déjà parcouru un long et chaotique chemin parlementaire. Adoptée deux fois par l’Assemblée nationale — en mai 2025 puis en février 2026 (299 voix pour, 226 contre) — elle a été rejetée à deux reprises par le Sénat, qui y est majoritairement hostile.

Début juin 2026, la Commission mixte paritaire (CMP) réunissant 14 parlementaires a échoué à trouver un compromis tant les deux chambres sont radicalement opposées sur le fond du débat. Retour, donc, à l’Assemblée nationale, du texte qui sera débattu dès le 22 juin en séance publique. Mais que contient-il, exactement ?

Repassé par la case commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le texte prévoit aujourd’hui la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté pour toute personne remplissant les conditions suivantes : être majeure; être française ou résidente étrangère en situation régulière et stable sur le territoire; être atteinte « d’une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital »; « en phase avancée ou en phase terminale »; souffrir de manière réfractaire aux traitements — physiquement ou psychologiquement (mais la souffrance psychologique seule ne peut constituer le seul motif); enfin, être en capacité d’exprimer sa volonté de façon libre et éclairée.

Libre choix entre euthanasie et suicide assisté

Ces conditions sont les mêmes que celles formulées au tout début du parcours parlementaire de la loi. Mais le texte s’est considérablement durci en plusieurs endroits. Tout d’abord, il prévoit non plus une exception d’euthanasie, mais bien le libre choix entre euthanasie et suicide assisté, deux options considérées équivalentes. Concrètement, le patient qui veut faire appel au dispositif « d’aide médicale à mourir » pourra donc choisir entre s’injecter lui-même la substance létale, ou se la faire administrer par un soignant quand bien même il ne souffrirait pas d’une incapacité physique avérée. Résultat : l’euthanasie va, en réalité, devenir la règle, alerte Ségolène Perruchio présidente de la SFAP. « On le voit à l’étranger, notamment en Belgique, le suicide assisté n’est jamais choisi par le patient, qui n’a en réalité pas la force mentale de s’auto administrer la dose létale. C’est donc le soignant qui est choisi pour le faire », explique-t-elle à Aleteia.

utre modification substantielle : l’introduction de la notion de « mort naturelle ». Le patient qui décèdera d’une injection létale sera ni plus ni moins que considéré décédé naturellement. Un mensonge avéré, tranche Ségolène Perruchio : « injecter un produit qui donne la mort, c’est tout sauf naturel, c’est une mort provoquée. On est en train d’ajouter une fiction dans la loi, c’est extrêmement grave. »

« Les mots ont un sens ! On brouille les pistes », s’agace quant à lui Patrick Hetzel, député LR (Bas-Rhin) opposé au texte, qui déplore aussi « la responsabilité énorme que l’on fait peser sur le tiers » avec cette loi. Dès la reprise des débats en séance publique, le député prévoit de déposer une série d’amendements ciblés. « Ce sont des lignes rouges majeures qu’il ne faut absolument pas franchir. Ma priorité sera de faire modifier ces deux points – la mort naturelle et le choix libre entre euthanasie et suicide assisté -, puis de me concentrer sur la notion de « discernement gravement altéré ».

Des critères subjectifs

Là aussi, les inquiétudes sont grandes : que signifie un discernement gravement altéré ? « Nul ne le sait. Cette notion introduit une subjectivité dangereuse, comment déterminer précisément le niveau d’altération du discernement ? », questionne Patrick Hetzel. Des amendements déposés pour exclure explicitement du dispositif les personnes ayant des déficiences intellectuelles ont même été… rejetés. En parallèle, de nombreux amendements, rejetés eux aussi, ont laissé apparaître la pente glissante sur laquelle se situe ce texte, note Patrick Hetzel : « Certains députés ont déposé des amendements, heureusement non adoptés, qui montrent à quel point ils pourraient aller encore plus loin. Certains ont ainsi proposé de prévoir des dérogations pour les mineurs ou de se baser sur des directives anticipées. Ce texte, c’est la boite de Pandore. »

Même raisonnement pour la notion de « phase avancée ou terminale », alerte quant à lui Thibaut Bazin (LR Meurthe-et-Moselle). « On n’est plus du tout sur une notion de pronostic vital engagé à court terme. Dans les faits, ce critère ratisse très large, trop large : beaucoup de personnes seraient éligibles sans être en réalité au seuil de la mort, avec encore plusieurs années à vivre. »

Combien de personnes vont se poser la question de la valeur de leur vie ? (Thibaut Bazin)

L’article 17, qui instaurait un délit d’entrave à l’aide à mourir (calqué sur celui existant pour l’IVG, passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende) ainsi qu’un délit d’incitation, a été supprimé — avec l’avis favorable du gouvernement. Si cette suppression est présentée comme un geste d’apaisement, elle ne modifie pas la philosophie générale du texte. « Le délit d’entrave était une véritable menace pour la mission des soignants. Sa suppression est une bonne nouvelle en soi, mais c’est une stratégie politique destinée à faire un peu mieux passer la pilule », fait remarquer Ségolène Perruchio.

En bref, « une proposition de loi toujours aussi floue aussi bien sur l’éligibilité que sur les modalités d’exécution, faite sans étude d’impact, et qui minimise plus que jamais la portée de l’acte et l’implication du soignant », s’indigne Thibaut Bazin, qui veut « continuer de s’opposer à cette légalisation sur le fond ». « Je déposerai autant d’amendements que nécessaires, une vingtaine en l’occurrence, car ce texte très inquiétant risque de changer la relation médecin- patient et d’instaurer un changement sociétal majeur. Combien de personnes vont se poser la question de la valeur de leur vie ? »

Un calendrier sous tension

De nombreuses autres voix s’élèvent à mesure que l’échéance approche. Alliance VITA organise ainsi une mobilisation nationale le 22 juin, dans une cinquantaine de villes en France, pour coïncider avec l’ouverture des débats à l’hémicycle; suivie le lendemain d’un autre rassemblement aux Invalides par l’association « Les éligibles et leurs aidants ». Ce collectif créé spécifiquement au début du débat sur l’aide à mourir rassemble des personnes susceptibles d’entrer dans le champ d’éligibilité d’un futur dispositif légal, ainsi que leurs proches aidants. Il se donne pour objectif de faire entendre la voix des personnes considérées éligibles au dispositif auprès des pouvoirs publics et des parlementaires.

Clémence Pasquier, membre de l’association des Eligibles, est atteinte d’un cancer métastasique et suivie en soins palliatifs. Elle fait partie de ces voix qui s’élèvent contre la loi, qui prend selon elle « très mal en compte à quel point le désir de mort peut être complexe, fluctuant ». « Ce texte a très peu de garde-fous. Ne serait-ce que dans la procédure, qui ne prévoit que 48h de réflexion entre la demande d’euthanasie et le geste létal », explique la jeune femme de 31 ans.

La moitié des patients qui devraient avoir accès aux soins palliatifs en sont privés. C’est un scandale.

Au cœur des débats, nombreux sont ceux qui rappellent que le développement des soins palliatifs doit demeurer la priorité absolue. Si l’autre volet de loi sur la fin de vie qui prévoit l’accès universel aux soins palliatifs a été adoptée à l’unanimité, beaucoup soulignent le retard persistant dans l’offre réelle sur le terrain : manque de structures, inégalités territoriales, formation insuffisante des équipes, difficultés d’accès à domicile… Pour de nombreux opposants à l’aide active à mourir, l’urgence est d’abord de garantir à chaque patient un accompagnement digne, humain, et sans souffrance, avant d’ouvrir la possibilité d’un geste létal. Ils plaident pour un renforcement massif des moyens consacrés à la médecine palliative, à l’image de Clémence Pasquier : « J’ai eu la chance d’expérimenter ce qu’apporte une prise en charge palliative, où la personne est écoutée jusqu’au bout, et soulagée autant que possible. La moitié des patients qui devraient avoir accès aux soins palliatifs en sont privés. C’est un scandale. »

L’examen en séance publique à l’Assemblée nationale débute la semaine du 22 juin, suivi d’un vote solennel fin juin. Le texte sera ensuite transmis au Sénat pour une troisième lecture dès le 7 juillet (en session extraordinaire), avant un vote solennel final prévu le 15 juillet. Or, si le Sénat rejette à nouveau le texte, l’Assemblée nationale aura le dernier mot en vertu de l’article 45 de la Constitution, permettant alors l’adoption définitive du texte. Celui-ci sera alors promulgué, sauf censure partielle ou totale par le Conseil constitutionnel, une issue peu probable.

ALETEIA

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Messe avec le Pape du 26 septembre https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/diocese/messe-avec-le-pape-du-26-septembre Sat, 20 Jun 2026 07:38:27 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53805 Messe solennelle en plein air à Paris en début d’après-midi

À cette occasion, le diocèse d’Évreux invite les fidèles à participer à la messe prévue le samedi 26 septembre en début d’après-midi. Le déplacement vers Paris sera assuré en car. Des points de départ seront organisés dans plusieurs paroisses.

Voici le lien pour vous inscrire dès maintenant : https://lediocesedevreuxalarencontredupapeaparis2026-paris.venio.fr/fr

Il permet de s’inscrire en payant 10€ d’acompte (le prix total sera de 35€ par personne) et en déclarant sa paroisse.

www.pape-france.fr

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Fin de vie : neuvaine de prière du 21 au 29 juin 2026, avant le vote à l’Assemblée nationale du 30 juin https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/fin-de-vie-neuvaine-de-priere-du-21-au-29-juin-2026-avant-le-vote-a-lassemblee-nationale-du-30-juin Fri, 19 Jun 2026 13:27:16 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53802 Ce lundi 22 juin, la proposition de loi sur la fin de vie revient pour une troisième lecture à l’Assemblée nationale. Cette loi envisage de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté en France. Depuis les premiers débats, les évêques de France avaient tenu à rappeler avec force qu’on ne prend pas soin de la vie en y mettant un terme, mais en l’accompagnant avec attention, jusqu’au bout. Le 18 mai, ils avaient d’ailleurs dénoncé le risque de l’«imprudence morale» et de l’«irrespect démocratique». 

La semaine dernière, le pape Léon a interpellé les parlementaires espagnols en ces termes : « La défense de la vie humaine n’est ni une question partielle ni un intérêt confessionnel : c’est un objectif de civilisation. Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel, dans toutes les circonstances de son existence. […] La grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent la plus grande fragilité. »

Du 22 au 30 juin, jour du vote à l’Assemblée nationale, les évêques de France invitent les catholiques qui le souhaitent à s’associer à une neuvaine de prière pour la vie. L’intention lue à ce sujet lors de la prière universelle de dimanche 21 juin la démarre. Huit autres intentions particulières ont été préparées pour les jours à venir. Nous pouvons les intégrer dans notre prière quotidienne, avec un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père. Qu’à l’aube de nouveaux débats, l’Esprit Saint éclaire les consciences et nous renouvelle dans l’espérance, pour que soit reconnue, protégée et respectée la dignité de toute vie humaine.

Cliquez ici pour rejoindre la neuvaine de prière sur Hozana

Jour 1 • Dimanche 21 juin (intention de prière à intégrer dans la prière universelle)
Seigneur, nous te prions pour nos élus, qui vont reprendre cette semaine leurs débats à propos de la fin de vie. Nous te demandons d’éclairer les consciences, pour qu’ils orientent notre pays sur le chemin de la vie et que soit toujours reconnue, protégée et respectée la dignité de toute personne.

CEF

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Face à la crise écologique, la réponse décisive de Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/face-a-la-crise-ecologique-la-reponse-decisive-de-leon-xiv Wed, 17 Jun 2026 07:14:15 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53780 La crise écologique « n’est pas un problème isolé, mais plutôt l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine », a assuré le pape Léon XIV dans une vidéo diffusée ce 16 juin. Plaidant pour une approche qui prenne en compte ce « contexte plus large », il souligne le rôle essentiel que peut jouer la religion

« Malgré les sceptiques ou les cyniques, l’espérance peut être une puissante force motrice » face à la crise écologique, déclare le pape Léon XIV dans un message vidéo diffusé ce 16 juin 2026 lors de l’Austrian World Summit. Il affirme que la dimension religieuse est « essentielle » pour faire face à ce défi et plaide pour un « nouveau cadre financier international centré sur la personne ».

Organisé sous le patronage de la présidence autrichienne depuis 2017 au palais de la Hofburg à Vienne, l’Austrian World Summit est une conférence annuelle sur le climat rassemblant des représentants des mondes politique et économique ainsi que de la société civile. Ce sommet a été créé par l’acteur américano-autrichien Arnold Schwarzenegger, figure particulièrement engagée sur les questions climatiques, qui avait participé à une rencontre consacrée à cette thématique à Castel Gandolfo avec Léon XIV le 1er octobre 2025.

Un problème loin d’être isolé

Dans le message vidéo envoyé aux participants de la conférence autrichienne, le Pape cite sa récente encyclique Magnifica humanitas, dans laquelle il affirme que la crise environnementale « n’est pas un problème isolé, mais plutôt l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine ». Plaidant pour une approche qui prenne en compte ce « contexte plus large », il souligne le rôle que peut jouer la religion, même si, pour certains, « la foi peut sembler avoir peu à apporter aux questions liées au changement climatique et à la protection de l’environnement ».

Cependant, « la dimension religieuse est en réalité essentielle pour traiter ces questions de manière adéquate », estime Léon XIV. Il souligne combien « ceux qui croient que notre monde a été créé par Dieu et qu’il est intrinsèquement bon se sentent tenus d’assumer une responsabilité encore plus grande dans la protection de la création, car c’est là une exigence de leur foi », rappelant que beaucoup de religions considèrent la création comme un « don divin » qui doit être respecté. « La foi religieuse renforce la volonté générale de protéger la vie et de prendre soin de la nature », insiste-t-il.

« Il est évident que beaucoup de gens sont inquiets », souligne le Pape, mettant en avant la « prise de conscience croissante » du lien entre la guerre et la crise écologique, notamment concernant le pillage des ressources naturelles et la dégradation de la qualité de vie. Plaidant pour une réponse qui passe par un « multilatéralisme cohérent et tourné vers l’avenir », il souligne combien les débats actuels font souvent émerger des craintes : celle du changement, de la « perte du pouvoir » ou encore celle de « résultats incertains ».

Un nouveau cadre financier international centré sur la personne.

Pour surmonter ces peurs, le pape estime que « les chefs religieux et les communautés peuvent apporter une perspective particulière » pour soutenir les efforts, notant que la Bible « regorge d’exemples montrant comment l’espérance, qui est en fin de compte un don de Dieu lui-même, peut vaincre les craintes des gens ». « Malgré les sceptiques ou les cyniques, l’espérance peut être une puissante force motrice », insiste-t-il, jugeant « possible que les avancées de la COP30 débouchent sur une transition juste vers des sociétés où le bien commun prime sur le profit ».

Léon XIV demande pour cela aux « pays les plus riches » de s’acquitter de leurs « obligations » et d’apporter un soutien financier aux pays les plus pauvres. Il plaide aussi pour un « nouveau cadre financier international centré sur la personne », pour permettre à tous les pays de « réaliser pleinement leur potentiel, dans le respect de la dignité de leurs citoyens ». Il encourage enfin le développement d’une « véritable culture de la sollicitude envers notre environnement ».

ALETEIA

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Prière pour la venue du pape Léon XIV en France https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/priere-pour-la-venue-du-pape-leon-xiv-en-france Mon, 15 Jun 2026 11:23:31 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53765 Les évêques de France ont dévoilé ce 9 juin les principales étapes du voyage apostolique de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre prochain. Aleteia propose à cette occasion à ses lecteurs une prière pour confier à Dieu le Saint-Père, les jours qu’il passera dans l’Hexagone, que le Seigneur rende aussi disponibles les cœurs de tous ceux qu’il rencontrera.

Béni sois-tu, Dieu notre Père, pour le Serviteur des serviteurs de Dieu que tu as donné à ton Église, et loué sois-tu pour sa venue parmi nous.
Tu as voulu qu’il soit, au milieu de ton peuple, le signe visible de l’unité du Corps du Christ, que l’Esprit-saint ne cesse d’habiter en lui pour mener à bien cette mission.
Qu’en France, il puisse raviver la flamme de ton amour par ses paroles.
Que ceux qui te connaissent soient encouragés à poursuivre leur chemin de sainteté,
et ceux qui t’ignorent perçoivent la joie d’être aimé du Sauveur.
À l’école de Marie, donne à chacun un cœur qui écoute, désireux de faire ta volonté.
Que la visite du Saint-Père conforte tous les Français dans leur vocation d’artisans de paix et dans le désir de servir la dignité humaine.
Par l’intercession de tous les saints qui ont fait vivre la foi en France, donne force et paix dans l’attente, joie dans le moment et fruit ultérieurement.
Que Notre Dame, qui a tant visité notre pays, nous garde sous sa protection,
Amen.

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ALETEIA

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“Church 7”, des évêques interpellent enfin le G7 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/church-7-des-eveques-interpellent-enfin-le-g7 Sat, 13 Jun 2026 13:06:38 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53755 Alors que le G7 rassemble à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026 les dirigeants des sept puissances les plus industrialisées du monde, les présidents des conférences épiscopales de ces mêmes pays se constituent pour la première fois en un groupe commun, « Church 7 », et exhortent les dirigeants à mettre la dignité de la personne au cœur des discussions.

Alors que le G7 rassemble à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026 les dirigeants des sept puissances les plus industrialisées du monde, les présidents des conférences épiscopales de ces mêmes pays se constituent pour la première fois en un groupe commun, « Church 7 », et exhortent les dirigeants à mettre la dignité de la personne au cœur des discussions.

Ainsi, les présidents des conférences épiscopales catholiques d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et du Japon, avec le soutien du président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE), ont signé une déclaration commune de quatre pages, inspirée « par l’Évangile et par la doctrine sociale de l’Église ». « Le G7 porte une responsabilité particulière à l’égard du bien commun mondial. Aussi, les décisions prises par ses États membres ont des conséquences directes sur les peuples, sur la stabilité internationale et sur l’avenir des jeunes générations », commencent les évêques.

Primat du droit international

Dans un contexte marqué par les conflits armés, les conférences épiscopales défendent en premier lieu le primat du droit international. « La paix durable ne peut être garantie par les seules logiques de puissance, la course aux armements ou les rapports de force. Les institutions internationales demeurent indispensables pour prévenir les conflits, protéger les populations civiles et promouvoir la justice entre les peuples », soulignent les évêques, qui rappellent « l’urgence d’un engagement renouvelé en faveur de la paix » et la nécessité de protéger en premier lieu « les enfants, les familles et les minorités religieuses ».

Les évêques tendent la main aux États et proposent l’aide de l’Église et des communautés religieuses pour reconstruire la paix et renouer le dialogue, grâce à « la présence locale [de l’Église], son engagement humanitaire et sa capacité à bâtir des ponts entre les peuples ».

En raison des récentes réductions de l’aide publique au développement dans plusieurs pays du G7, les évêques appellent aussi à renforcer la solidarité internationale envers les pays les plus pauvres. Ils plaident pour des politiques axées sur la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’alimentation, à la santé et à l’éducation, ainsi que sur la protection des plus vulnérables.

Protection des enfants à l’ère numérique

Dans la droite lignée de l’encyclique de Léon XIV, Magnifica Humanitas, les conférences épiscopales de Church 7 appellent les dirigeants du G7 et les entreprises technologiques à établir des règles internationales claires « afin que les nouvelles technologies soient mises au service de la personne humaine et du bien commun ».

Les évêques exhortent également les pays du G7 à renforcer leur engagement en faveur d’une transition écologique juste afin de circonscrire une crise qui « affecte de manière disproportionnée les populations les plus pauvres et les générations futures ». Ils ne manquent pas de souligner leur part de responsabilité : « Les pays les plus industrialisés ont une responsabilité particulière en raison de leur niveau de consommation des ressources et de leur contribution historique au réchauffement climatique ».

Comme un écho aux paroles de Léon XIV, qui, depuis les Canaries, a dénoncé, ce vendredi 12 juin, le « naufrage silencieux » qui découle de l’absence d’intégration des migrants, les évêques des sept pays évoquent enfin la question migratoire, demandant que les migrants et les réfugiés soient toujours accueillis avec dignité. « Les personnes contraintes de fuir la guerre, les persécutions, la misère ou les catastrophes climatiques (…) sont des frères et sœurs en humanité. »

ALETEIA

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Le pape Léon XIV en Espagne https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-pape-leon-xiv-en-espagne Sat, 06 Jun 2026 13:28:03 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53695 Du 06 au 12 juin 2026

Du 6 au 12 juin 2026, le pape Léon XIV effectuera un voyage apostolique en Espagne, marquant l’un des temps forts de son pontificat naissant. Cette visite s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre le Saint-Siège et l’Église espagnole, tout en soutenant la vitalité pastorale d’un pays riche d’une longue tradition chrétienne.

Voyage du pape en espagne

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Il est urgent d’«être une Église missionnaire pour la guérison de notre monde» https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/il-est-urgent-detre-une-eglise-missionnaire-pour-la-guerison-de-notre-monde Wed, 03 Jun 2026 06:57:29 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53674 Le Pape s’est adressé aux membres des Œuvres pontificales missionnaires participants à leur assemblée générale annuelle, ce lundi 1er juin à Rome. En cette année de multiples anniversaires d’œuvres missionnaires, Léon XIV a salué leur travail sur tous les terrains et les a encouragés à poursuivre leur mission avec une joie et un zèle renouvelé.

Cécile Mérieux – Cité du Vatican

Dans son discours aux participants de l’assemblée générale des Œuvres pontificales missionnaires, lundi 1er juin au Vatican, le Pape rendu hommage au rôle essentiel de la mission dans un monde de plus en plus marqué par les divisions.

Les Œuvres pontificales missionnaires, confiées au Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les Églises particulières naissantes, «rendent un service inestimable à la mission de l’Église qui consiste à proclamer le Christ, Prince de la Paix et révélation incarnée de l’Amour divin pour l’humanité» a souligné Léon XIV, saluant tout particulièrement la Société pontificale des Missions de la Sainte Enfance qui œuvre auprès des enfants, première victimes des conflits dans le monde.

Le Pape a passé en revue les différentes œuvres, célébrant les anniversaires et «heureuses coincidences» chronologiques qui marque cette année 2026.

100 ans de la Journée mondiale des missions

Depuis 100 ans est instauré la Journée mondiale des missions, l’avant-dernier dimanche d’octobre. Un jour consacré à la prière, «à la réflexion et à la contribution à la mission d’évangélisation de l’Église, en particulier dans les régions où la proclamation de l’Évangile n’en est qu’à ses débuts et où l’Église est encore jeune.»

Le Souverain pontife a exprimé sa gratitude à tous ceux qui participent à la promotion de cette Journée mondiale des missions et à la collecte de fond réalisée à cette occasion. Ces fonds permettent de financer diverses initiatives missionnaires et infrastructures des plus de 1 130 circonscriptions ecclésiastiques qui dépendent du Dicastère pour l’évangélisation.

Cette collecte soutient également cinq collèges de formation à Rome, pour des prêtres et des consacrés venus pour leurs études avant de retourner enrichis dans leur Églises locales.

Léon XIV a salué également l’Œuvre pontificale missionnaire de saint Pierre-Apôtre, sans qui clergé et religieux autochtones de territoires de première évangélisation ne «disposeraient pas des moyens nécessaires à leur formation humaine, spirituelle et pastorale.»

110 ans de l’Union pontificale missionnaire

Autre anniversaire célébré cette année: les 110 ans de l’Union pontificale missionnaire, fondée par le bienheureux Paolo Manna (1872-1952) dont la mission «consiste à susciter chez tous les baptisés une spiritualité missionnaire toujours plus fervente et un engagement plus profond envers la mission universelle d’évangélisation de l’Église en cette nouvelle ère missionnaire» a expliqué Léon XIV.

Le Pape a encouragé à participer à cette mission, décrite par saint Paul VI comme « l’âme » des autres sociétés pontificales missionnaires.

Acteurs de mission

Léon XIV a salué également la mémoire du vénérable Fulton J. Sheen, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires aux États-Unis d’Amérique, qui sera béatifié le 24 septembre cette année. «Lumière de foi, d’espérance et d’amour», dont les émissions radio-télévisées «ont touché des millions de personnes par l’espérance de l’Évangile, et ses efforts ont apporté une aide spirituelle et matérielle considérable aux Églises dans les régions de première évangélisation», a rappelé le Pape, le prenant comme exemple pour tous les directeurs nationaux et diocésains des Œuvres pontificales missionnaires.

Unité des chrétiens

Cette année, la Journée mondiale aura pour thème: «Un en Christ, unis dans la mission». Un leitmitv qui appel à l’unité des croyants et insuffle «un renouveau missionnaire dans l’Église pour les années à venir» a souhaité le Pape. «Je vous encourage donc à garder cet enseignement à l’esprit, à vivre une authentique spiritualité d’unité et de communion missionnaires centrée sur le Christ, et à la promouvoir à travers vos activités parmi les fidèles.»

“«Je vous invite tous à prendre conscience de l’urgence d’embrasser une conversion missionnaire permanente et à chercher ensemble les moyens d’être une Église missionnaire pour la guérison de notre monde, si marqué par les tensions, les conflits et les guerres.»”

VATICAN NEWS

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Loi post-Bétharram : les députés renoncent à lever le secret de la confession https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/loi-post-betharram-les-deputes-renoncent-a-lever-le-secret-de-la-confession Wed, 03 Jun 2026 06:20:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53676 L’Assemblée nationale a adopté le 1er juin à l’unanimité la proposition de loi issue de la commission d’enquête sur le scandale de Bétharram. Au terme d’une véritable course contre la montre, les députés ont finalement supprimé la mesure prévoyant d’obliger les prêtres à dénoncer les actes de pédocriminalité entendus lors de la confession.

Quelques minutes avant minuit, heure prévue de la fin des débats, l’Assemblée nationale a finalement trouvé un compromis ce lundi 1er juin. Les députés ont adopté à l’unanimité, par 187 voix contre 0, la proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l’école et dans le périscolaire, rédigée dans le sillage de la commission d’enquête sur le scandale de Bétharram. Au fil des débats, la mesure prévoyant une remise en cause du secret de la confession a finalement été retirée du texte.

Une mesure controversée finalement retirée

La mesure prévoyant l’obligation pour les prêtres de dénoncer les actes de pédocriminalité entendus dans le confessionnal, en violation du droit canonique, a suscité de fortes oppositions à l’Assemblée. La droite et l’extrême droite ont multiplié les amendements contre cette disposition. C’est finalement un compromis qui a été trouvé dans l’hémicycle entre les différents groupes, avec notamment la suppression de cette dernière mesure menaçant le secret de la confession, permettant ainsi d’aller (plus rapidement) au vote final sur l’ensemble du texte.

Cette suppression a ainsi convaincu Les Républicains de voter en faveur du texte. Cette « ligne rouge », ainsi que le secret de la confession gardé intact, a entraîné le vote « pour » des députés LR, a précisé le député Xavier Breton. À gauche, plusieurs députés se sont abstenus lors du retrait de cette mesure afin de permettre l’adoption du reste du texte. Paul Vannier, co-auteur LFI de la proposition de loi avec la députée Renaissance Violette Spillebout, a déclaré à l’AFP avoir accepté « à ces conditions là » de s’abstenir pour permettre l’application de dispositions utiles dès la rentrée prochaine.

Ce que contient le texte adopté à l’Assemblée

Au-delà des débats sur la confession, la proposition de loi prévoit plusieurs mesures renforçant le contrôle des adultes intervenant auprès des enfants dans les écoles et le milieu périscolaire, ainsi qu’une régulation accrue des établissements privés. Alors qu’il envisageait initialement la création d’un fonds national d’indemnisation pour les victimes qui ne pourraient pas aller en justice du fait des délais de prescription notamment, le gouvernement a mis en doute la faisabilité d’un tel fonds, et les députés ont finalement voté pour la remise d’un seul rapport sur la question. Dans le même temps, le scandale provoqué par la révélation de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris a replacé la question de la protection des enfants au cœur du débat public.

Parmi les mesures adoptées figure l’obligation de présenter un « certificat d’honorabilité » lors du recrutement puis tous les trois ans pour les personnes au contact des élèves, en particulier dans le périscolaire. Autre disposition votée, la création d’une « liste noire » sur laquelle seront inscrites les personnes en raison d’un comportement dangereux empêchant leur réemploi dans un autre établissement. Sur l’enseignement privé, deux articles renforçant le contrôle de l’État ont également été adoptés, tandis que le dispositif prévoyant le renouvellement des contrats d’association a été supprimé. Le texte prévoit aussi un volet symbolique avec la condamnation par la Nation de ces violences, ainsi que la reconnaissance d’un manque de contrôle de l’État qui leur ont permis de perdurer. Une journée d’hommage aux victimes sera par ailleurs instaurée le 19 novembre.

À l’issue du vote, la rapporteuse du texte Violette Spillebout s’est adressée aux victimes venues assister aux débats depuis les tribunes. « On est avec vous », leur a-t-elle adressé, faisant un signe du cœur avec ces deux mains, avant de les rejoindre en dehors de l’hémicycle avec le co-auteur de sa proposition de loi Paul Vannier. Le député LFI a, quant à lui, exprimé son « émotion » après un an de travail, et plusieurs de leurs propositions adoptées, et appelé le gouvernement à inscrire ce texte à l’ordre du jour du Sénat, pour qu’il puisse entrer en vigueur dès la rentrée prochaine.

En 2025, c’est ensemble que l’élue du Nord et le député LFI avaient mené la commission d’enquête sur les violences dans le milieu scolaire, qui avait notamment entendu François Bayrou, alors Premier ministre, sur sa connaissance supposée des sévices infligés aux élèves de l’établissement Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau. De ces mois de travaux et d’auditions, est née cette proposition de loi, rédigée à quatre mains, et co-signée par plus de 150 députés de différents groupes politiques.

ALETEIA

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Secret de la confession : la proposition de loi qui inquiète les évêques https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/secret-de-la-confession-la-proposition-de-loi-qui-inquiete-les-eveques Mon, 01 Jun 2026 11:21:09 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53662 Adoptée en commission, la proposition de loi visant à lutter contre les violences à l’école, est examinée ce 1er juin à l’Assemblée nationale. Rédigée dans le sillage de l’enquête parlementaire ouverte après le scandale de Bétharram, elle prévoit notamment de supprimer le secret de confession dans les cas de violences sur mineurs ainsi qu’un contrôle administratif accru des établissements privés catholiques sous contrat.

Le secret de la confession va-t-il disparaître en France ? L’Assemblée nationale doit examiner ce 1er juin une proposition de loi visant à « protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire ». Présentée dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Ensemble pour la République (EPR), présidé par Gabriel Attal, elle prévoit plusieurs mesures qui inquiètent particulièrement l’Église en France. Reconnaissant la nécessité de « prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire », elle dénonce néanmoins certains articles remettant en cause « plusieurs libertés fondamentales, comme la liberté de conscience, le secret professionnel, la liberté d’enseignement ou la liberté de culte ».

Ce n’est pas la première fois que le secret de la confession est visé. Parmi les « recommandations » de la commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire remises le 2 juillet 2025, figurait déjà la levée du secret de la confession. Le rapport sur les abus sexuels commis dans l’Église, publié en octobre 2021 par la Ciase insistait lui aussi dans ses recommandations, sur une remise en question du secret de la confession. Le rapport encourageait ainsi l’Église à édicter des « directives précises aux confesseurs sur le secret de la confession qui ne peut pas permettre de déroger à l’obligation de signaler aux autorités compétentes les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable. »

Le « sceau de la confession »

« La confession doit rester secrète et le secret de la confession restera parce que cela ouvre un espace de parole libre qui se fait devant Dieu et, en ce sens-là, est plus fort que les lois de la République », avait répondu Mgr Éric de Moulins-Beaufort, alors président de la Conférence des évêques de France (CEF), dans la foulée. « Prévoir une exception au secret serait contreproductif pour la protection des personnes victimes. Se confieraient-ils s’ils savaient que ce n’est pas un secret ? Ne leur enlevons pas ce lieu qui peut être une première étape dans la libération de la parole. »

Le canon 983 § 1 du Code de droit canonique donne une définition aussi explicite que possible du « sceau de la confession » : « Le secret sacramentel est inviolable ; c’est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit. » Le secret de confession n’admet aucune exception ni aucune dispense car l’Église veut protéger la sainteté du sacrement de la réconciliation, mais aussi éviter tout abus et toute pression », expliquait de son côté le père Pierre Amar sur Aleteia. Si un prêtre viole le secret de la confession il est prévu qu’il soit excommunié.

Autre inquiétude pour les évêques : un contrôle administratif accru des établissements privés catholiques sous contrat, au moins tous les cinq ans. Un contrôle qui ne porterait pas uniquement sur le respect des programmes scolaires mais aussi sur tous les aspects de la vie de l’établissement, dont son « caractère propre ».

ALETEIA

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Réaction des évêques de France à la proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/reaction-des-eveques-de-france-a-la-proposition-de-loi-visant-a-lutter-contre-les-violences-en-milieu-scolaire Mon, 01 Jun 2026 06:43:06 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53658 Réaction des évêques de France à la proposition de loi visant à prévenir et à lutter contre les violences dans le milieu scolaire, qui envisage de remettre en question le secret de la confession ou le contrat d’association pour l’Enseignement catholique. Cette réaction a été publiée dans Le Figaro le 29 mai 2026.

La proposition de loi d’origine parlementaire visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, comme le projet de loi pour la protection de l’enfance porté par le gouvernement, manifestent l’intention de nos dirigeants d’engager résolument notre pays dans ces combats nécessaires et urgents. L’Eglise soutient cette intention. Elle est elle-même investie depuis plusieurs années dans un travail de vérité et mobilisée dans la lutte et la prévention contre les violences sexuelles.
Néanmoins, certains articles de la proposition de loi qui sera débattue lundi en séance publique à l’Assemblée nationale remettent en cause plusieurs libertés fondamentales, comme la liberté de conscience, le secret professionnel, la liberté d’enseignement ou la liberté de culte. C’est pourquoi la Conférence des évêques de France interpelle les parlementaires à ce sujet et exprime ici sa grande préoccupation.

CEF

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Dimanche 31 mai – La Sainte Trinité https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/dimanche-31-mai-la-sainte-trinite Fri, 29 May 2026 08:27:14 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53640 ]]> Le Pape récitera le Rosaire pour la paix en union avec les sanctuaires du monde entier https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/le-pape-recitera-le-rosaire-pour-la-paix-en-union-avec-les-sanctuaires-du-monde-entier Fri, 29 May 2026 08:21:55 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53638 Léon XIV récitera la prière mariale à la grotte Notre-Dame de Lourdes, dans les jardins du Vatican, ce samedi 30 mai à 19h. De nombreux lieux de culte importants inviteront les fidèles et les pèlerins à se joindre à cette initiative du Dicastère pour l’Évangélisation. Il sera également possible de participer via les écrans géants de la place Saint-Pierre.

Vatican News

Léon XIV revient prier pour la paix, avec les sanctuaires les plus importants du monde. Le Pontife récitera le Saint Rosaire, clôturant ainsi le mois marial, samedi 30 mai à 19h, à la grotte Notre-Dame de Lourdes, dans les jardins du Vatican. Le Pape avait déjà invoqué le don de la paix, une intention pour laquelle il encourage les fidèles à prier à chaque occasion, lors de la veillée du 11 avril dernier en la basilique Saint-Pierre.

Des sanctuaires du monde entier se joignent à la prière.

Comme l’indique un communiqué du Dicastère pour l’Évangélisation – qui promeut cette initiative par le biais de sa Section pour les Questions Fondamentales de l’Évangélisation dans le Monde – de nombreux sanctuaires à travers le monde inviteront pèlerins et fidèles à réciter la prière mariale, unis en esprit et en communion au Pape. Le Sanctuaire de la Mère de Dieu (à Zarvanytsia, en Ukraine); le Sanctuaire International Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage (à Antipolo, aux Philippines); le Sanctuaire Notre-Dame du Rosaire (à Fatima, au Portugal); le Sanctuaire Notre-Dame Reine de la Paix (à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine); le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes (dans la ville du même nom, dans les Pyrénées, en France); le Sanctuaire Saint-Charbel-Annaya (à Byblos, au Liban); et le Sanctuaire Pontifical de la Sainte Maison (à Lorette, en Italie) se sont déjà joints à la prière pour la paix.

Comment participer?

Vous pouvez participer à l’initiative de prière du Pape dans les jardins du Vatican en retirant des billets au 7, Via della Conciliazione, les jours précédant immédiatement la récitation du Saint Rosaire, soit les 28, 29 et 30 mai, de 9h30 à 17h30. Vous pouvez également vous joindre à la prière sur les écrans géants de la place Saint-Pierre.

VATICAN NEWS

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Intention de prière du pape pour juin 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-juin-2026 Thu, 28 May 2026 08:01:01 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53614 Pour les valeurs du sport

« Prions pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures et les nations, et que par lui soient promues des valeurs telles que le respect, la solidarité et le dépassement personnel. »

Prière

Prier chaque jour

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Magnifica Humanitas : l’antisèche pour tout comprendre https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/magnifica-humanitas-lantiseche-pour-tout-comprendre Thu, 28 May 2026 07:07:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53616 Léon XIV a publié ce 25 mai sa première encyclique, « Magnifica Humanitas », consacrée à l’intelligence artificielle. Entre critique des monopoles technologiques, défense de la dignité humaine et remise en cause de la théorie de la guerre juste, le texte appelle à « désarmer » l’IA pour empêcher qu’elle ne devienne un nouvel instrument de domination.

En 1891, Léon XIII observait un monde bouleversé par la révolution industrielle lorsqu’il publia Rerum Novarum, un texte qui allait transformer durablement l’engagement social de l’Église. Le 15 mai 2026, exactement 135 ans plus tard, Léon XIV signe Magnifica Humanitas, consacrée à l’intelligence artificielle. Le contexte a changé, mais la nécessité pour l’Église de répondre à ces enjeux techniques et technologiques demeure la même. L’encyclique est dense et parfois étonnamment audacieuse. Voici ce que dit chaque chapitre — avec, à chaque fois, un élément qui pourrait surprendre.

Introduction Deux cités, un choix

Léon XIV ouvre son texte avec deux images bibliques : la tour de Babel et la reconstruction de Jérusalem sous Néhémie. La première symbolise l’orgueil, l’uniformité et la puissance technicienne ; la seconde évoque une œuvre patiente, communautaire et enracinée en Dieu.

Toute l’encyclique repose sur cette alternative : sommes-nous en train de bâtir une nouvelle Babel — efficace, puissante, mais déshumanisante — ou une Jérusalem reconstruite pierre après pierre, dans la fidélité et la solidarité ?

La Tour de Babel (1563), Pieter Bruegel l’Ancien.

Chapitre 1 une tradition vivante

Le Pape retrace l’histoire de la doctrine sociale de l’Église, de Léon XIII jusqu’au pontificat de François. Chaque époque a connu ses crises : droits des travailleurs, menace nucléaire, destruction écologique, inégalités…

Ce qui surprend

Léon XIV ne se contente pas d’appliquer la doctrine sociale à l’intelligence artificielle. Cette dernière n’est pas uniquement un « nouveau sujet » sur lequel l’Église doit se positionner moralement. Selon le Pape, l’IA change tellement notre manière de vivre, de travailler, de décider et même de comprendre l’être humain qu’elle oblige l’Église à repenser certains concepts de sa doctrine sociale et à développer encore davantage la pensée sociale chrétienne.

« L’intelligence artificielle […] ne doit pas être considérée simplement comme un thème supplémentaire à étudier ou une crise à gérer, mais comme un développement qui remet en question de l’intérieur les catégories de la doctrine sociale et appelle leur approfondissement dans la fidélité à l’Évangile.

Chapitre 2 Les principes qui demeurent

L’encyclique réaffirme les grands piliers de la pensée sociale catholique : dignité humaine, bien commun, subsidiarité, solidarité, justice sociale et développement intégral.

Ce qui surprend

Le texte inclut explicitement les algorithmes, les données, les plateformes numériques et les brevets dans le principe de la destination universelle des biens. Autrement dit : les données ne peuvent être considérées comme la propriété absolue de quelques entreprises technologiques.

« Aujourd’hui, parmi les biens destinés universellement à tous, nous devons également inclure de nouvelles formes de propriété telles que les brevets, les algorithmes, les plateformes numériques, les infrastructures technologiques et les données. »

Le Pape avertit qu’une concentration excessive de ces ressources crée une nouvelle forme d’inégalité incompatible avec le bien commun.

Chapitre 3 Ce qu’est l’IA — et ce qu’elle n’est pas

Voici le cœur doctrinal du texte. Léon XIV affirme clairement que l’intelligence artificielle n’est pas une intelligence humaine. Elle traite des données, mais ne peut ni aimer, ni souffrir, ni porter une responsabilité morale. Elle peut imiter l’empathie sans jamais la comprendre réellement. Et cela devient crucial lorsque des décisions importantes concernant des vies humaines sont confiées à des systèmes automatisés.

Ce qui surprend

Le Pape appelle à « désarmer » l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas de rejeter la technologie, mais de la libérer des logiques de domination économique, géopolitique et monopolistique.

« Désarmer l’IA signifie la libérer de la mentalité de compétition “armée” […] fondée sur la recherche d’algorithmes toujours plus puissants et de bases de données toujours plus vastes afin d’obtenir une domination géopolitique ou commerciale. « 

Chapitre 4 vérité, travail et liberté

Ce chapitre, particulièrement vaste, aborde les conséquences sociales concrètes de l’IA : désinformation, fragilisation de la démocratie, automatisation du travail, addictions numériques, pression économique sur les familles et exploitation invisible des travailleurs dans les chaînes de production technologiques.

Ce qui surprend

Dans un passage consacré à l’esclavage moderne et à l’économie numérique, Léon XIV formule au nom de l’Église une reconnaissance explicite de sa responsabilité historique dans l’institution de l’esclavage. C’est l’un des passages les plus marquants du texte.

« Il est vrai que les événements passés ne peuvent être jugés anachroniquement, comme si les critères moraux qui se sont développés au fil du temps avaient toujours été disponibles. Cependant, on ne peut nier ni minimiser le retard qu’ont connu la société et l’Église à dénoncer le fléau de l’esclavage. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, de nombreux individus, voire des institutions ecclésiastiques, possédaient des esclaves. Dès le début de l’époque moderne, le Saint-Siège, répondant aux demandes des souverains, est intervenu à plusieurs reprises pour réglementer et légitimer des formes d’asservissement et, dans certains cas, l’esclavage des « infidèles ». Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’une condamnation formelle, absolue et universelle de l’esclavage fut clairement formulée, notamment sous le pontificat de Léon XIII. »

Chapitre 5 La civilisation de l’amour

Le dernier chapitre se tourne vers la guerre. Le ton y est particulièrement direct : les dépenses militaires augmentent, les limites éthiques s’effacent et l’IA accélère des décisions létales prises de manière toujours plus impersonnelle.

Ce qui surprend

Léon XIV affirme clairement que la théorie classique de la « guerre juste » est désormais dépassée dans un monde dominé par les armes autonomes et les conflits hybrides.

« Aujourd’hui plus que jamais […] la théorie de la “guerre juste”, trop souvent utilisée pour justifier n’importe quelle guerre, apparaît désormais dépassée. L’humanité dispose d’outils bien plus efficaces pour promouvoir la vie humaine et résoudre les conflits, tels que le dialogue, la diplomatie. Le recours à la force, à la violence et aux armes témoigne d’une pauvreté relationnelle qui engendre toujours des conséquences désastreuses pour les populations civiles. »

Selon lui, seules la diplomatie, le dialogue et le multilatéralisme constituent des voies réalistes pour préserver la paix.

Conclusion La leçon de Néhémie

L’encyclique se termine sur un appel concret : rester fidèle à la vérité, investir dans l’éducation, cultiver de vraies relations humaines, aimer la justice et rechercher la paix. L’image finale est celle de Néhémie, reconstruisant les murs de Jérusalem pierre après pierre. Pour Léon XIV, être chrétien à l’âge de l’intelligence artificielle signifie précisément cela : rebâtir patiemment un monde humain au cœur d’une révolution technologique sans précédent.

NEHEMIAH PROPHET
Prophète Néhémie. Icône russe.

ALETEIA

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Magnifica Humanitas : la première encyclique de Léon XIV sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/magnifica-humanitas-la-premiere-encyclique-de-leon-xiv-sur-la-protection-de-la-personne-humaine-a-lere-de-lintelligence-artificielle Wed, 27 May 2026 09:08:18 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53597

Un an après son élection, le pape Léon XIV publie sa première encyclique, Magnifica Humanitas « La grandeur de l’humanité ». Dans ce texte fondateur rendu public le 25 mai 2026, l’Église catholique s’empare des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle et appelle le monde à ne pas sacrifier la dignité humaine sur l’autel de la performance algorithmique.

Le Vatican a rendu public, lundi 25 mai, un document attendu depuis l’élection du pape Léon XIV, il y a un an. L’encyclique Magnifica Humanitas signée dix jours plus tôt, le 15 mai est le premier grand texte du pape Léon XIV. Pour l’Église catholique, une encyclique, c’est une lettre adressée à l’ensemble des fidèles et, au-delà, au monde entier, destinée à faire référence pour des décennies.

Le sujet choisi est sans détours : comment vivre et travailler dans un monde façonné par les algorithmes ? L’intelligence artificielle transforme aujourd’hui le travail, la médecine, l’éducation, la création artistique et même nos relations. Face à cette révolution silencieuse, mais radicale, l’Église ne choisit ni le rejet ni l’enthousiasme naïf. Elle propose un chemin entre les deux : celui du discernement.

Dans la continuité de Léon XIII

Pour saisir la portée du texte, il faut remonter à 1891. Cette année-là, Léon XIII avait publié Rerum Novarum, encyclique aujourd’hui considérée comme l’acte de naissance de la Doctrine sociale de l’Église (DSE). Dans un monde secoué par la révolution industrielle, la misère des ouvriers et la montée des extrêmes, Rome avait alors pris clairement parti pour la dignité du travailleur.

Le choix du nom « Léon XIV » par l’ancien cardinal Robert Prévost n’était pas un hasard. Il annonçait d’emblée une ambition : faire pour la révolution numérique ce que son prédécesseur avait fait pour la révolution industrielle. Magnifica Humanitas accomplit cette promesse. À 135 ans de distance, la question posée est la même : comment protéger l’être humain quand le monde change trop vite ?

Le contexte mondial est préoccupant. En moins d’une décennie, l’intelligence artificielle générative a bouleversé des pans entiers de l’économie et de la culture. Des millions de métiers sont en pleine mutation. La frontière entre ce qui est authentique et ce qui est produit par une machine devient de plus en plus floue. Les institutions : politiques, sociales, religieuses cherchent toutes leurs repères. C’est dans cette incertitude que l’Église catholique, forte de deux millénaires de réflexion sur la condition humaine, choisit de prendre la parole.

SOMMAIRE

INTRODUCTION

  • Les res novae de notre époque
  • Deux icônes bibliques
  • Édifier dans le bien
  • Rester humains

Chapitre 1 : Une pensée dynamique fidèle à l’Evangile

  • Une Église en chemin dans l’histoire de l’humanité
  • La sagesse de la Parole et le dialogue avec les sciences humaines
    La Doctrine sociale comme discernement communautaire
  • L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours
  • Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’Église
  • Les années du Concile Vatican II
  • Le Magistère récent
  • Une lecture de l’histoire à la lumière de la foi

Chapitre 2 : Fondements et principes de la doctrine sociale de l’Eglise

  • Les fondements de la Doctrine sociale
  • L’être humain, image du Dieu trinitaire
  • L’égale dignité de tous les êtres humains
  • La valeur suprême des droits de l’homme
  • Les principes de la Doctrine sociale
  • Le principe du bien commun
  • Le principe de la destination universelle des biens
  • Le principe de subsidiarité
  • Le principe de solidarité
  • Le principe de justice sociale
  • Le développement humain intégral
  • Un examen pour l’Église

Chapitre 3 : Technique et maitrise
La grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’IA

  • Le paradigme technocratique et le pouvoir numérique
  • L’intelligence artificielle
  • Une aide précieuse qui requiert de l’attention
  • Responsabilité, transparence et gouvernance de l’IA
  • Ce que nous ne pouvons pas perdre
  • Récits de fond : transhumanisme et posthumanisme
  • La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain
  • Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien
  • Deux cités et deux amours

Chapitre 4 : Préserver l’humain dans la transformation
Vérité, travail, liberté

  • La vérité comme bien commun
  • Vérité et démocratie
  • Communication et imaginaire collectif
  • Pour une écologie de la communication
  • Une alliance éducative pour l’ère numérique
  • Le rôle central de l’école
  • La dignité du travail dans la transition numérique
  • La valeur du travail
  • Le problème du chômage
  • Une économie qui valorise la dignité
  • Famille et jeunes : conditions sociales de l’espérance
  • Préserver la liberté face à la dépendance et à la marchandisation
  • Dépendances et contrôle social
  • Briser les chaînes des nouvelles formes d’esclavage
  • Une responsabilité partagée

Chapitre 5 : La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour

  • La banalisation de la guerre
  • La force sans limites
  • Armes et IA
  • La crise du multilatéralisme
  • Un prétendu réalisme politique
  • Construire la civilisation de l’amour
  • Tous nous pouvons apporter notre contribution
  • Désarmer les mots
  • Construire la paix dans la justice
  • Adopter le regard des victimes
  • Cultiver un sain réalisme
  • Relancer le dialogue
  • La nécessité de la diplomatie et du multilatéralisme
  • Prier et espérer

Conclusion

  • Le Verbe s’est fait chair
  • Un seul corps dans le Christ
  • Le chantier de notre époque
  • Le chant de l’espérance : le Magnificat

INTRODUCTION

1. La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné ». [1] Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude.

2. Fondés sur le Christ, pierre vivante, nous faisons l’expérience de l’action puissante et mystérieuse de l’Esprit Saint, et nous croyons que tout effort humain authentique visant à coopérer avec Lui pour le bien sera béni par le Père céleste en qui nous plaçons notre espérance. C’est pourquoi nous pouvons participer activement à toutes ces initiatives qui construisent un monde plus juste, et nous pouvons appeler d’autres personnes à collaborer avec nous dans la promotion du développement intégral de chaque être humain. Nous souhaitons entrer en dialogue avec tous les hommes et toutes les femmes de notre temps avec lesquels nous partageons les événements, les questions et les aspirations de l’humanité. [2] Nous voulons trouver, avec eux, de nouvelles voies pour le bien commun et la promotion d’une vie digne pour tous. Cette attitude de dialogue fait partie intégrante de la vocation de l’Église, car celle-ci, constituée « dans le Christ, en quelque sorte comme le sacrement […] de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain », [3] reconnaît dans l’histoire le lieu où l’Évangile interpelle et accompagne l’expérience humaine.

3. C’est dans cet esprit qu’en 1891, Léon XIII a publié l’Encyclique Rerum novarum dont nous célébrons cette année, avec une profonde reconnaissance, le 135e anniversaire. Par ce document, mon bien-aimé Prédécesseur a donné une impulsion à cette réflexion sur la société, sur l’économie et sur la politique que nous appelons aujourd’hui la Doctrine sociale de l’Église. Et lorsque certains objectaient que l’Église ne devait pas gaspiller son énergie en questions mondaines mais se préoccuper de communiquer un message de vie éternelle, il répondait avec réalisme et sagesse que l’annonce de l’Évangile ne peut oublier la vie concrète des peuples. [4] De nombreuses décennies se sont écoulées depuis, et le Magistère, les pasteurs, les théologiens comme les fidèles ont continué à réfléchir aux questions sociales à la lumière de l’Évangile. Aujourd’hui, la Doctrine sociale de l’Église est un patrimoine de sagesse où nous trouvons des principes pour penser, des critères pour discerner ou juger et des orientations concrètes pour agir. Elle se fonde sur l’Écriture Sainte et sur la Tradition. Ainsi en dialogue avec les sciences, elle nous aide à analyser avec lucidité les défis du présent, en identifiant les voies appropriées pour vivre un témoignage chrétien authentique, dans la joie et au service du monde. Ce n’est pas un ensemble statique de concepts, mais un corpus vivant de vérités qui préserve et interprète la vocation de l’humanité à une vie pleine et juste. À cette tradition vivante, je désire donc ajouter ma voix, en invoquant l’aide de l’Esprit de sagesse qui habite le monde depuis son commencement (cf. Pr 8, 22-31).

Les res novae de notre époque

4. Si, en son temps, Léon XIII parlait de « questions nouvelles » (rerum novarum), nous ne pouvons pas aujourd’hui nous contenter de répéter ses précieux enseignements, mais nous devons demander à Dieu la sagesse nécessaire pour interpréter les grandes tendances de notre époque, en particulier les progrès de la technique. Ces dernières années, il est apparu de plus en plus évident combien la numérisation, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique sont en train de transformer rapidement et profondément notre monde. La technique ne doit pas être considérée, en soi, comme une force antagoniste par rapport à la personne : au contraire, elle est enracinée dans notre histoire depuis le commencement, en tant que « réalité profondément humaine, liée à l’autonomie et à la liberté de l’homme ». [5] Au fil des siècles, le développement technologique a contribué à une amélioration significative des conditions de vie de l’humanité ; en même temps, chaque étape du progrès a également révélé la face ambiguë d’outils susceptibles de causer du tort lorsqu’ils ne sont pas mis au service du bien. Cependant aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation nouvelle, où la puissance et l’omniprésence des technologies émergentes s’inscrivent dans le tissu de la vie quotidienne, façonnent les processus décisionnels et marquent profondément l’imaginaire collectif. Auparavant, « jamais l’humanité n’avait eu autant de pouvoir sur elle-même ». [6] Les nouvelles technologies ouvrent un horizon étendu vers des directions que, bien qu’intuitives, nous ne pouvons pas encore pleinement prévoir. Cela rend plus complexe l’évaluation de leur impact et de leurs effets à long terme sur la dignité des personnes et sur le bien commun.

5. Maintenant c’est à nous de relever avec lucidité et responsabilité les défis de notre époque. Il est nécessaire d’adopter des instruments réglementaires adaptés, capables de préserver la justice et de limiter les effets perturbateurs du pouvoir technologique. Mais la question ne se limite pas à la réglementation. Comme l’a souligné le Pape François, il faut se demander avec réalisme qui détient aujourd’hui ce pouvoir et à quelles fins il l’utilise : « Nous ne pouvons pas ignorer que l’énergie nucléaire, la biotechnologie, l’informatique, la connaissance de notre propre ADN et d’autres capacités que nous avons acquises […] donnent à ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir économique d’en faire usage, une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanité et sur le monde entier ». [7] Par le passé, c’étaient surtout les États qui guidaient et orientaient l’innovation. Aujourd’hui, en revanche, les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent transnationaux, dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements. Le pouvoir technologique prend ainsi un visage inédit, essentiellement privé, et donc d’autant plus difficile à cerner, à réguler et à orienter vers le bien commun.

6. C’est pourquoi il faut engager un discernement commun capable de s’enraciner dans les fondements spirituels et culturels des transformations en cours. Si nous nous limitons aux aléas du moment, nous risquons de laisser la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre. Nous vivons une phase de transition rapide, un “tournant historique”, où – tandis que certains se disputent l’avenir des nouvelles technologies et que d’autres s’attachent à y réfléchir – la plupart des personnes restent dans l’expectative, observent de loin et espèrent simplement que tout ira pour le mieux. C’est précisément pour cette raison que des questions décisives s’imposent à notre conscience, questions auxquelles on ne peut plus échapper : où allons-nous ? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? Quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ?

Deux icônes bibliques

7. Pour répondre à ces questions et discerner comment vivre de manière responsable à l’ère de l’intelligence artificielle, je voudrais évoquer deux images bibliques : la construction de la tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9) et la reconstruction des murs de Jérusalem (cf. Ne 2-6). Dans le livre de la Genèse, le récit de Babel se situe aux origines de l’humanité, juste après les généalogies des fils de Noé. Les êtres humains, une fois établis dans la plaine de Sennaar, décident de construire une ville et une tour « dont le sommet pénètre les cieux » (Gn 11, 4). Ils veulent ainsi s’assurer stabilité et pouvoir, et surtout se faire un nom, craignant d’être dispersés sur la terre. L’entreprise semble colossale : une seule langue, une seule technologie, une seule direction. Cependant, le projet cache un piège profond : c’est une œuvre conçue sans référence à Dieu, soutenue par une uniformité qui élimine la diversité et, au lieu de la communion, choisit l’homogénéisation. Lorsque la cité est construite sur l’orgueil et la prétention à se suffire à elle-même, la communication se dégrade, les langues se confondent et les êtres humains ne se comprennent plus. Le résultat n’est pas l’unité, mais la dispersion. Babel révèle ainsi la limite de toute construction qui, aussi grandiose soit-elle, naît de l’absolutisation de l’humain et de sa prétention à l’autosuffisance, sacrifie la dignité des personnes à l’efficacité et aspire à atteindre le ciel sans la bénédiction de Dieu.

8. Le livre de Néhémie, quant à lui, s’ouvre sur un moment de grande vulnérabilité dans l’histoire de l’antique Israël. Après l’exil babylonien, une partie du peuple est revenue à Jérusalem, mais la ville est encore en ruines, les murs se sont effondrés et les portes ont été brûlées (cf. Ne 1-2). Néhémie, un juif au service du roi perse Artaxerxès, apprend l’état désastreux de la ville de ses pères. Avant d’agir, il jeûne, prie, intercède pour le peuple ; puis il demande au roi la permission de retourner à Jérusalem et, une fois sur place, il examine en silence les lieux détruits. Il n’impose pas de solutions venues d’en haut. Il convoque les familles, confie à chacune un tronçon de mur à reconstruire, écoute les craintes, coordonne les efforts, fait face aux oppositions. Le récit montre comment la ville renaît non pas grâce à l’initiative d’une seule personne, mais grâce à la responsabilité partagée de tout le peuple : prêtres, artisans, chefs de famille, femmes et jeunes. C’est une œuvre qui a Dieu au centre et qui rétablit les liens avant même de poser les pierres. L’ancienne Jérusalem retrouve ainsi un langage commun, non pas celui de l’uniformité, mais celui de la communion : l’harmonie naît lorsque chacun assume son rôle et que tout le peuple reconnaît sa force comme venant du Seigneur.

9. À la lumière de ces deux icônes, l’Esprit Saint nous interpelle aujourd’hui sur notre rapport à la technique et à la révolution numérique en cours. Les découvertes scientifiques sont un talent confié à l’humanité afin qu’elle le fasse fructifier (cf. Mt 25, 14-30). La technologie peut soigner, relier, éduquer, protéger la Maison commune ; mais elle peut aussi diviser, rejeter, engendrer de nouvelles injustices. En théorie, elle n’est pas en soi une solution aux problèmes de l’humanité, tout comme elle n’est pas en soi un mal ; mais concrètement, elle n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent. C’est pourquoi le premier choix ne se situe pas entre un “oui” ou un “non” à la technologie, mais entre bâtir Babel ou reconstruire Jérusalem ; entre un pouvoir qui prétend dominer le ciel et un peuple qui, en présence de Dieu, se met à travailler de manière unie pour relever les murs de la cohabitation fraternelle.

10. Évitons donc le “syndrome de Babel” : l’idolâtrie du profit qui sacrifie les plus faibles, l’uniformité qui gomme les différences, la prétention d’un langage unique – y compris numérique – capable de tout traduire, même le mystère de la personne, en données et en performances. C’est là le risque de la déshumanisation – construire l’avenir en excluant Dieu et en réduisant l’autre à un moyen –, une tentation ancienne et toujours nouvelle qui prend aujourd’hui aussi un visage technique. Choisissons plutôt la “voie de Néhémie” mettant en évidence la valeur du travail partagé pour rendre sûre la cité de Dieu pour les exilés de retour. Reconstruire aujourd’hui, c’est reconnaître que, dans la pluralité des voix et des visions rappelant parfois la dispersion des langues, il existe néanmoins une possibilité lumineuse : celle de bâtir ensemble, en transformant la diversité en ressource et en faisant de l’écoute comme du dialogue le terrain d’entente sur lequel faire grandir la justice et la fraternité. Au sein de cette œuvre commune, les chrétiens trouvent leur propre manière de construire : orienter l’action vers Dieu afin que, à sa lumière, le pluralisme ne se disperse pas dans le désordre, mais devienne, dans l’exercice de la synodalité, l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa fin ultime. Dans l’Apocalypse, Jean voit la nouvelle Jérusalem « qui descendait du ciel, de chez Dieu » (Ap 21, 2) comme un don pour toute l’humanité. Et cette vision de grâce est pour nous, chrétiens, un appel à œuvrer ensemble, en cultivant une vie commune pacifique, juste et digne dans les “cités” d’aujourd’hui.

Édifier dans le bien

11. Construire une ville fondée sur le bien commun exige donc, avant tout, de bâtir sur le roc de la relation avec Dieu ; reconnaître que la vérité de son amour nous appelle à une vie « en abondance » ( Jn 10, 10) et à la communion avec Lui. À l’instar de saint Augustin, nous pouvons nous aussi dire : « Vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en vous ». [8] Dieu, en effet, a inscrit dans notre cœur un désir de bonheur qui embrasse toutes les dimensions de la vie et dans le dialogue avec les hommes et les femmes de notre temps, l’Église ressent l’urgence de préserver et d’orienter cette aspiration vers sa vérité la plus profonde.

12. Par ailleurs, édifier dans le bien signifie accepter les limites et la fragilité de l’humanité sans les considérer comme une erreur à corriger. Aujourd’hui, le désir de plénitude de l’être humain risque d’être détourné vers des objectifs trompeurs : l’illusion d’une technique promettant de nous libérer de toute fragilité ou des modèles de bien-être qui laissent de côté des peuples entiers. Il n’est pas rare que nous placions notre espoir dans un développement illimité, dans des formes de progrès susceptibles d’exacerber les inégalités ou dans des solutions immédiates incapables de panser les blessures des peuples. Ainsi, tandis que certains poursuivent le rêve chimérique d’une affirmation de soi sans limites, beaucoup se retrouvent privés du nécessaire. D’une voix humble mais ferme, l’Église rappelle que la véritable réalisation ne naît pas de la suppression des fragilités, mais d’une croissance harmonieuse : là où la liberté et la responsabilité vont de pair avec une attention mutuelle et une véritable solidarité, et où le progrès se mesure à la lumière de la dignité de chacun et du bien des peuples.

13. En troisième lieu, construire un monde où chacun peut s’épanouir exige une coresponsabilité courageuse. Aucune main ne suffit, à elle seule, à supporter le poids des défis pesant sur le monde ; et aucune n’est si faible qu’elle ne puisse apporter sa contribution : « La puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12, 9). À chacun sa partie du mur : scientifiques et chercheurs, entrepreneurs et travailleurs, éducateurs et législateurs, société civile, mouvements populaires et communautés de foi. Telle est la logique de la subsidiarité qui valorise la coopération entre les générations, entre les peuples, entre les disciplines et les cultures comme voie royale pour favoriser la stabilité, la prospérité et la paix. Les tensions et les divergences ne doivent pas faire peur : elles peuvent devenir des énergies créatives lorsqu’elles sont guidées par une responsabilité partagée.

14. Enfin, édifier dans le bien exige un langage évangélique. Évitons les mots qui humilient ou opposent. Choisissons la lumière qui éclaire et la franchise qui ouvre des voies. Ne bénissons pas des enthousiasmes naïfs, n’alimentons pas des peurs stériles. Indiquons plutôt des critères de discernement – dignité de la personne, destination universelle des biens, option pour les pauvres, soin de la Maison commune, paix – et traduisons-les en pratiques : une approche responsable, des évaluations d’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, une alphabétisation numérique, une recherche et une industrie orientées vers la justice et la paix.

Rester humains

15. Lors du récent Jubilé ordinaire de 2025, nous avons cheminé comme des pèlerins d’espérance et nous avons été comblés de grâces. Forts de ces dons, nous pouvons avancer avec un cœur confiant face aux tâches ardues et aux défis exigeants qui se profilent à l’horizon. À l’ère de l’intelligence artificielle où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité qui nous a été donnée et manifestée dans sa plénitude dans le Christ, mais qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. Le véritable progrès naît toujours d’un cœur ouvert à l’autre, d’une intelligence disposée à l’écoute, d’une volonté qui cherche ce qui unit plutôt que ce qui sépare.

16. À tous les fidèles catholiques, à tous les chrétiens, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, j’adresse un appel vibrant : ne craignons pas de nous salir les mains sur le chantier de notre époque. Comme Néhémie, prions, planifions avec sagesse, travaillons avec persévérance en replaçant Dieu à l’horizon de notre action et l’être humain au centre de nos choix. Alors, les pierres rejetées – les pauvres, les malades, les migrants, les petits – deviendront la pierre angulaire, et sur la terre s’élèvera une demeure commune solide et accueillante, où finalement l’amour et la vérité se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent (Cf. Ps 85, 11). Telle est la bénédiction que nous implorons de Dieu et la tâche qui nous attend : être des bâtisseurs de communion et non des architectes de Babel ; des serviteurs du Royaume à venir et non des maîtres de donjons voués à s’effondrer. Et, avec l’âme d’un pasteur et d’un père, je demande à tous d’arrêter le chantier d’une énième Babel et d’unir nos forces pour édifier le bien, afin que l’humanité ne perde jamais sa beauté et que le monde puisse reconnaître une fois encore au cœur de l’être humain, le lieu où Dieu désire habiter.

CHAPITRE 1
UNE PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L’ÉVANGILE

17. Dans ce premier chapitre, j’entends retracer, de manière synthétique, le cheminement par lequel la Doctrine sociale de l’Église a pris forme dans le Magistère récent des Papes et du Concile Vatican II, afin de mettre en lumière son caractère dynamique. À chaque époque, en effet, les res novae invitent cet enseignement à se confronter aux questions de l’histoire à la lumière de la Vérité révélée. C’est pourquoi l’intelligence artificielle doit être comprise non pas comme un thème annexe ni comme une urgence à gérer, mais comme une transformation qui interpelle de l’intérieur les catégories de la Doctrine sociale et en réclame un développement supplémentaire dans la fidélité à l’Évangile.

18. Cependant, ce parcours ne serait pas vraiment compréhensible si, avant de nous attarder sur la contribution de chaque Pape et sur les documents les plus importants, nous ne clarifiions pas certaines convictions fondamentales concernant la manière dont l’Église s’inscrit dans l’histoire et se rapporte au monde. Sans cette précision, la Doctrine sociale risquerait d’apparaître comme une ingérence indue dans les questions temporelles ou comme un code éthique externe à appliquer d’en haut. En réalité, elle émane d’une Église qui chemine avec l’humanité, reconnaît l’autonomie des réalités terrestres, comme la distinction entre communauté ecclésiale et communauté politique et, précisément pour cette raison, aspire à servir le bien commun.

Une Église en marche dans l’histoire de l’humanité

19. Présente dans le monde comme signe d’unité pour toute la famille humaine, l’Église reconnaît dans les questions et les défis du temps actuel le cadre dans lequel exercer sa vocation à l’écoute, au dialogue et au service, en se laissant interpeller par tout ce qui touche à l’existence des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Cette imbrication de vie avec les peuples lui fait comprendre de plus en plus que sa mission revêt une portée historique et implique une responsabilité vis-à-vis de la manière dont se tissent les relations sociales. C’est pourquoi elle ne peut se considérer comme étrangère aux dynamiques qui façonnent le visage de la société. Au contraire, elle participe activement aux processus par lesquels la société même se développe et s’organise, apportant sa contribution à la mise en place d’une coexistence plus juste et plus fraternelle. Le Pape François a rappelé avec force cette dimension historique de la mission ecclésiale en affirmant que « personne ne peut exiger de nous que nous reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes, sans aucune influence sur la vie sociale et nationale, sans se préoccuper de la santé des institutions de la société civile, sans s’exprimer sur les événements qui intéressent les citoyens ». [9]

20. L’appel et l’engagement à cheminer avec l’humanité dans la réalité concrète de l’histoire conduisent l’Église à reconnaître que les réalités terrestres possèdent une consistance et un ordre qui leur sont propres. Le Concile Vatican II a exprimé ce principe avec une grande précision dans la Constitution pastorale Gaudium et spes, dont nous avons célébré avec reconnaissance le 60e anniversaire, le 7 décembre 2025 : « Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres […] une telle exigence d’autonomie est pleinement légitime ». [10] Cette mise en évidence montre que la création porte en elle une bonté originelle que le regard humain doit préserver, cultiver et faire mûrir. Dans cette perspective, l’Église apparaît comme une présence qui aide à lire la réalité en profondeur, en soutenant avec une humble fermeté les choix favorisant la dignité de chaque personne, la cohésion des communautés et le bien de tous. Ainsi se place-t-elle aux côtés du monde sans s’y superposer, afin que dans chaque événement humain puisse germer la promesse de justice et de paix que l’Esprit Saint continue de susciter au cœur de l’humanité.

21. Reconnaissant que Dieu accompagne la liberté des êtres humains dans le déroulement de l’histoire, le Concile Vatican II affirmait la distinction entre communauté ecclésiale et communauté politique, soulignant comment chacune d’elles doit agir en toute autonomie. La présence de l’Église dans le monde s’exprime également dans ses relations avec la société civile et les institutions publiques. Dans son dialogue avec elles, l’Église reconnaît la valeur des réalités sociales et politiques et respecte leur responsabilité propre en soutenant tout ce qui protège la vie des personnes et renforce les fondements du tissu social. Elle ne prétend pas assumer les fonctions qui relèvent de l’État ; au contraire, elle apprécie son service du bien commun et reconnaît avec conviction la responsabilité exercée par les institutions civiles dans la société. En même temps, la mission qui lui est confiée l’incite à ne pas rester indifférente face aux souffrances concrètes des hommes et des femmes de notre temps. Sa proximité ne découle pas d’une volonté de se substituer aux institutions ni d’une critique implicite de leur action, mais de la charité évangélique qui la pousse à s’approcher des blessures de l’humanité lorsque celles-ci se manifestent avec plus de gravité. Lorsqu’elle intervient, elle le fait en imitant le bon Samaritain, avec discrétion et proximité, consciente que ce qui naît d’une nécessité immédiate ne peut devenir la norme ni se substituer aux responsabilités institutionnelles propres à la communauté civile.

22. À partir de cette double reconnaissance – l’autonomie des réalités terrestres et la distinction des compétences entre la communauté ecclésiale et la communauté politique –, il est plus facile de comprendre l’orientation que le Concile Vatican II a donnée à l’Église dans ses relations avec le monde. Gaudium et spesrappelle qu’il « revient à tout le Peuple de Dieu, notamment aux pasteurs et aux théologiens, avec l’aide de l’Esprit Saint, de scruter, de discerner et d’interpréter les multiples langages de notre temps et de les juger à la lumière de la Parole de Dieu, pour que la Vérité révélée puisse être sans cesse mieux perçue, mieux comprise et présentée sous une forme plus adaptée ». [11] L’écoute des différents langages n’est pas une simple attention sociologique mais implique un discernement spirituel dans lequel, avec l’aide de l’Esprit, le peuple de Dieu reconnaît dans les transformations culturelles et sociales non seulement les signes de la présence du Christ qui vient et guide l’histoire vers son accomplissement mais aussi les dérives qui en obscurcissent le visage. Ainsi, la Vérité révélée n’est pas modifiée dans son essence, mais explicitée et assumée comme critère vivant pour orienter des choix concrets, inspirer des chemins de conversion personnelle et communautaire, promouvoir des réformes de structures et soutenir de nouvelles formes de témoignage évangélique dans la vie publique. L’histoire est donc l’un des lieux où l’Église se laisse instruire par l’Esprit sur la portée humanisante de l’Évangile et apprend à développer son enseignement au service de la dignité de chaque personne et du bien des peuples.

La sagesse de la Parole et le dialogue avec les sciences humaines

23. L’Église considère comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sincèrement « la vérité, la bonté, la beauté », en les considérant comme « de précieux alliés » [12] dans la défense de la dignité de chaque personne et dans la sauvegarde de la création. En adoptant le style pastoral du Concile Vatican II invitant à écouter, discerner et interpréter les signes des temps, et éclairée par la sagesse de la Parole, l’Église ne craint pas la rencontre avec le savoir humain. La Parole de Dieu offre des critères fiables pour orienter les chemins de la justice et ouvrir des voies de réconciliation et de paix entre les êtres humains. Lorsqu’il s’agit d’appliquer ces critères aux situations complexes de notre temps, la contribution de la philosophie et des sciences humaines et sociales s’avère essentielle, car elles aident à comprendre et à analyser plus en profondeur les dynamiques culturelles, économiques et politiques. Saint Jean-Paul II rappelait que l’Église accueille la contribution des sciences sociales « afin d’en tirer des indications concrètes dans l’accomplissement de ses tâches magistérielles ». [13] La confrontation avec ces savoirs n’affaiblit pas la force de l’Évangile ; au contraire, elle permet de discerner avec plus de lucidité ce qui favorise réellement la vie des personnes et des communautés. Dans la continuité de cette perspective, le Pape François soulignait que l’Église ne prétend pas offrir « une parole définitive » [14] sur de nombreuses questions spécifiques, mais elle reconnaît l’importance d’écouter la recherche scientifique et de favoriser un dialogue sérieux et loyal entre les chercheurs tout en accueillant la diversité des opinions.

24. Nourrie par ce dialogue fécond entre l’Évangile et les savoirs humains, l’Église a progressivement approfondi sa Doctrine sociale, faisant mûrir au fil du temps un patrimoine de sagesse doté d’une cohérence théologique et anthropologique enracinée dans la vision chrétienne de la personne. Précisément parce qu’il naît de la foi et de sa compréhension de la réalité, ce patrimoine ne se traduit pas en répertoire de solutions techniques ni en modèle économique ou politique à opposer à d’autres : il appartient à un registre différent, [15] celui des principes qui orientent la lecture des événements et soutiennent une interprétation évangélique des processus historiques comme des choix qu’ils impliquent. C’est de là que découle la fonction propre de la Doctrine sociale qui ne prétend pas se substituer aux responsabilités de la politique et des institutions, mais s’offre comme soutien au discernement commun, en aidant à reconnaître et à promouvoir ce qui sert la dignité des personnes, la vitalité des communautés et le bien de tous.

La Doctrine sociale comme discernement communautaire

25. La compréhension de la vérité, comme un don à partager et non comme une possession à revendiquer, libère l’Église de la tentation de regretter des formes de présence fondées sur le pouvoir. Saint Jean-Paul II invitait à porter un regard sincère sur les temps où l’on a cédé à «  des méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité », [16] afin de retrouver la voie évangélique de l’annonce douce et de la vérité qui ne s’impose pas. Dans le même esprit, j’ai réaffirmé que l’Église « ne veut pas lever l’étendard de la possession de la vérité », [17] car la vérité n’est pas un territoire à défendre, mais un bien à partager. Cette même perspective a été résumée par le Pape François dans ses fameuses paroles selon lesquelles « le temps est supérieur à l’espace » : [18] il ne s’agit pas avant tout d’occuper des espaces de pouvoir ou de défendre des bastions culturels, mais d’engager des processus de bien et de les laisser mûrir. Ainsi, la vérité de l’Évangile ne s’impose pas d’en haut, mais grandit au fil du temps, au cœur de l’articulation concrète de la vie, des communautés et des cultures. C’est une vérité qui ne craint pas la diversité, mais l’accueille et l’ordonne ; elle n’élimine pas les conflits, mais les transfigure ; elle recompose ce que l’histoire tend à disperser. D’où également l’image du polyèdre, une figure aux multiples faces dans lesquelles se reflète sous différents angles la même vérité de l’Évangile. [19]

26. Cette attitude d’ouverture à la vérité, à la fois une et multiforme, exprime en profondeur la catholicité de l’Église qui englobe toute la famille humaine et, en même temps, vit immergée dans les réalités concrètes des peuples et des cultures. Le Concile Vatican II rappelle que, précisément en vertu de cette catholicité, « chacune des parties apporte aux autres et à toute l’Église le bénéfice de ses propres dons », [20] de sorte que, dans son ensemble et dans chaque communauté, elle grandit grâce à un échange réciproque et à un effort commun vers une communion toujours plus pleine. Il s’ensuit que le peuple de Dieu n’est pas seulement constitué de nombreux peuples, mais qu’il est tissé en son sein de fonctions, de vocations, de cultures et de traditions diverses, appelées à se soutenir et à s’enrichir mutuellement. Dans cette perspective, compte tenu de la grande diversité des situations historiques, saint Paul VI reconnaissait qu’il n’est pas réaliste de penser que la Doctrine sociale puisse proposer une réponse unique et valable pour tous les contextes ; [21] c’est pourquoi il invitait chaque communauté chrétienne à analyser avec lucidité et responsabilité la réalité de son propre pays. La tension féconde entre l’universalité de la mission et l’enracinement local appartient intimement à la vie de l’Église : celle-ci porte en son sein l’horizon du monde entier, mais elle assume les questions de chaque contexte comme lieu réel où l’Évangile prend corps.

27. À la lumière de ce qui a été dit jusqu’ici, la Doctrine sociale de l’Église apparaît sous son jour le plus authentique : non pas un recueil de principes et de normes à appliquer, mais un chemin de discernement communautaire. Elle naît de la rencontre entre la vérité éternelle de l’Évangile et les questions de l’histoire, elle se laisse interroger par les signes des temps ; elle se nourrit de la contribution des sciences, des cultures et des expériences humaines. C’est pourquoi, lorsque la dignité des frères est bafouée, lorsque la politique ne répond pas aux drames de l’humanité, lorsque l’économie se retourne contre la personne ou que la science dépasse les limites de sa méthode, [22] l’Église – avec les autres confessions chrétiennes et les croyants d’autres religions – doit faire entendre sa voix, non pour dominer, mais pour servir la communion. Ainsi comprise, la Doctrine sociale devient une théologie de la communion dans l’histoire, un lieu où la Parole devenue chair continue à se faire dialogue, mémoire et prophétie.

L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours

28. Après avoir rappelé la manière dont l’Église s’inscrit dans l’histoire et dialogue avec le monde, je voudrais maintenant me pencher sur le développement de la Doctrine sociale dans le Magistère qui a accompagné les grandes transformations sociales du XIXe siècle à nos jours. Je ne pourrai évidemment pas rendre compte de toute la richesse de cet enseignement dont les principes fondamentaux sont présentés dans le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église et par la suite approfondis dans le Magistère récent. Je ne pourrai pas non plus reprendre de manière systématique ce qui a été élaboré dans les Encycliques de mes vénérés Prédécesseurs, en particulier dans Laudato si’ et dans Fratelli tutti. J’entends toutefois rappeler quelques lignes essentielles, afin de montrer que ce que j’écris s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Je veux en même temps souligner comment, au sein de celle-ci, le noyau stable des vérités révélées sur la personne et la vie en communauté s’entremêle avec une capacité sans cesse renouvelée à écouter les situations historiques et à se laisser interpeller par les questions qui émergent du présent. Je retracerai donc quelques étapes décisives de cette évolution, en commençant par la période ouverte par l’Encyclique Rerum novarum.

Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’Église

29. Ce que nous appelons aujourd’hui la “Doctrine sociale de l’Église” n’est pas apparue soudainement à l’époque contemporaine, mais rassemble et organise une longue tradition de réflexion ecclésiale sur la vie sociale puisant ses sources dans l’Écriture Sainte, les Pères de l’Église, les élaborations théologiques et juridiques du Moyen Âge comme de l’époque moderne. L’expression “Doctrine sociale de l’Église” a été employée pour la première fois par Pie XII en 1950, [23] mais le contenu qu’elle recouvre, compris comme un corpus organique d’enseignements sociaux, a commencé à se dessiner avec l’Encyclique Rerum novarum de Léon XIII. Face aux « questions nouvelles » de son époque – le conflit entre le capital et le travail, la question ouvrière, les transformations économiques et sociales – Léon XIII ne s’est pas contenté de constater le malaise, mais a considéré ces situations comme lieu de la mission pastorale de l’Église, les a soumises à un discernement rigoureux et a mis en évidence les causes et les issues possibles à la lumière de l’Évangile et d’une vision intégrale de la personne créée à l’image de Dieu. Saint Jean-Paul II a vu dans cette manière de procéder un « paradigme permanent » [24] de la Doctrine sociale : une pratique exemplaire par laquelle l’Église, face aux transformations historiques, exerce son droit et devoir d’examiner les réalités sociales, de se prononcer à leur sujet et d’indiquer des voies de solution juste. Ainsi, les contenus pérennes de la foi et de la sagesse ecclésiale ancestrale s’articulent en une doctrine vivante qui, tout en restant fidèle à l’Évangile, s’enrichit au contact des « questions nouvelles » de chaque époque.

30. L’Encyclique Rerum novarum de Léon XIII constitue un jalon dans l’évolution du Magistère social. Le document place au centre de sa réflexion la dignité du travail et de l’ouvrier, affirme le droit à un salaire juste pour soi-même et pour sa famille,reconnaît dans les personnes une valeur essentielle prioritaire par rapport au capital et au profit, défend la propriété privée ainsi que sa fonction sociale indispensable, apprécie les associations de travailleurs et propose des formes de collaboration entre les différentes composantes de la société comme alternative à la logique de la lutte des classes. Il n’est donc pas étonnant que Pie XI ait pu la qualifier de « Grande Charte » [25] de l’action sociale des chrétiens. Dans Rerum novarum, la sagesse séculaire de l’Église sur la personne et la vie en société prend une forme nouvelle, capable de s’adapter à l’ère industrielle et d’offrir le premier grand cadre systématique de cette Doctrine sociale que les décennies suivantes allaient davantage développer. Bien que bon nombre des conditions historiques décrites par Léon XIII aient changé, deux principes au moins restent d’une grande actualité : la primauté du travail humain sur toute logique purement productive ou financière, avec l’attention qui en découle pour les personnes et les familles les plus exposées à l’exploitation, et le lien indissociable entre l’annonce évangélique et la recherche d’un ordre social plus juste. Ainsi, Rerum novarum continue à nous rappeler qu’il n’y a pas d’évangélisation authentique qui ne touche pas également les structures de la vie en société.

31. L’Encyclique Quadragesimo anno de Pie XI, publiée en 1931 à l’occasion du 40e anniversaire de Rerum novarum et en pleine crise économique mondiale, franchit une nouvelle étape dans le développement du Magistère social. Elle ne se contente pas de reprendre la question ouvrière, mais élargit son regard à la configuration générale de l’ordre économique et politique. Elle dénonce la concentration du pouvoir économique entre les mains d’une minorité ; elle critique tant la concurrence sans limites que les projets collectivistes annulant la liberté et la responsabilité des personnes ; elle rappelle avec force le droit d’association des ouvriers et réaffirme l’exigence que le salaire soit proportionné non seulement à la prestation, mais aussi aux besoins de l’ouvrier et de sa famille. Dans ce contexte, elle formule de manière systématique le principe de subsidiarité, destiné à devenir l’un des repères constants de la Doctrine sociale, selon lequel ce qui peut être accompli par les personnes, les familles, les organismes intermédiaires et ou les communautés locales ne doit pas être absorbé par des instances supérieures. Parallèlement à ces contributions, Pie XI rappelle clairement la fonction sociale de la propriété et, à travers diverses interventions de son Magistère – depuis les Encycliques Non abbiamo bisogno et Mit brennender Sorge jusqu’à Divini Redemptoris– dénonce les totalitarismes qui bafouent la dignité de la personne, étouffent la vie sociale, exaltent l’État au-delà de sa juste valeur et recourent à la catégorie discriminatoire de race. Au moins trois idées de son enseignement social restent particulièrement d’actualité aujourd’hui : la prise de conscience que les injustices ne concernent pas seulement les comportements individuels mais aussi les structures économiques et institutionnelles ; la valeur du principe de subsidiarité qui invite à renforcer le tissu associatif et communautaire, en évitant de nouvelles concentrations de pouvoir ; et le lien entre la dignité du travail, une rémunération juste et la possibilité réelle pour les familles de mener une vie décente.

32. Dans le contexte dramatique de la Seconde Guerre mondiale et des années de reconstruction, le Magistère de Pie XII apporte une contribution significative au développement de la Doctrine sociale, notamment à travers ses Messages radiophoniques de Noël dans lesquels il esquisse les contours d’un ordre international fondé sur la reconnaissance de la dignité humaine, la justice et la paix. À ces occasions, le Pape propose un dialogue avec la société en partant d’un rappel exigeant du droit naturel, compris comme un ensemble de principes objectifs qui précèdent les intérêts des individus et des États et doivent régir la vie interne des nations ainsi que leurs relations mutuelles. Pie XII attribue en outre un rôle décisif aux associations professionnelles, aux syndicats de travailleurs et aux divers corps intermédiaires de la vie économique et sociale, reconnaissant dans ces formes organisées de la société un rempart essentiel pour l’équilibre civil et la sauvegarde du bien commun.Il défend la nécessité d’un État de droit solide pour prévenir les abus de pouvoir et considère la démocratie un instrument susceptible de favoriser un exercice correct de l’autorité. En même temps, il met en garde contre toute prétention de fonder le droit sur l’utilité ou la force, rappelant qu’un ordre international fondé sur l’avantage des plus forts expose les peuples les plus faibles à l’oppression et mine la confiance entre les nations. Il identifie enfin, dans les profonds déséquilibres économiques entre pays, l’un des facteurs alimentant les conflits. [26] À notre époque, marquée par de nouvelles formes de pouvoir mondial et par des inégalités croissantes, trois orientations restent particulièrement importantes : la nécessité de faire passer le droit avant l’intérêt, la prise de conscience que les disparités économiques constituent un terrain fertile pour les tensions et les violences, et la valeur d’un maillage associatif capable de jouer un rôle de médiateur entre l’individu et l’État. Elles continuent d’offrir à la Doctrine sociale des critères importants pour interpréter les dynamiques de la mondialisation et pour promouvoir un ordre international plus juste et pacifique.

Les années du Concile Vatican II

33. Avec saint Jean XXIII s’ouvre une nouvelle étape du Magistère social marquée par une attention plus explicite à la dimension mondiale des questions sociales et au langage des droits. Dans Mater et magistra, il présente la foi chrétienne comme une lumière capable de relier le ciel et la terre, rappelant que l’Église, bien qu’ayant pour mission première la sanctification et l’annonce des biens éternels, ne néglige pas pour autant les exigences concrètes de la vie quotidienne des personnes, mais s’intéresse à tout bien humain authentique. [27] Partant de cette vision unitaire de l’humain, il souligne que la vie sociale exige un équilibre entre l’initiative des citoyens et des groupes, appelés à s’auto-organiser et à collaborer, et l’action de l’État qui doit coordonner et soutenir sans étouffer la liberté et la responsabilité des individus ; d’où l’attention à la juste rémunération du travail, à la participation des ouvriers et aux disparités croissantes entre les pays. Quelques années plus tard, dans Pacem in terris, s’adressant pour la première fois non seulement aux fidèles mais à tous les hommes de bonne volonté, Jean XXIII relie de manière organique la dignité de la personne à la reconnaissance des droits et devoirs fondamentaux et propose un ordre de vie en société – y compris au niveau international – fondé sur la vérité, la justice, l’amour et la liberté. [28] La portée universelle de son appel, la référence aux droits de l’homme comme grammaire commune et la conviction que la paix durable passe par des institutions et des relations entre les peuples inspirées par la dignité de chaque personne restent particulièrement significatives pour notre époque marquée par des conflits et de nouvelles formes d’interdépendance généralisés.

34. Le Concile Vatican II a marqué un tournant dans l’auto-compréhension de l’Église dans le monde contemporain. Dans la Constitution pastorale Gaudium et spes, il nous a donné l’image d’une Église qui se fait proche de l’humanité, engagée dans le monde, et déterminée à réfléchir non à partir de schémas abstraits, mais à partir de la réalité concrète des situations historiques. Le texte aborde les grandes questions du mariage et de la famille, de la vie économique et sociale, de la communauté politique, de la guerre et de la paix, en insistant sur le fait que les structures économiques et institutionnelles sont justes uniquement dans la mesure où elles servent le développement intégral de la personne et favorisent la participation responsable de tous. [29] L’importance de ce document conciliaire pour la Doctrine sociale de l’Église réside non seulement dans le fait qu’il a ouvert des perspectives de réflexions thématiques, mais aussi dans le fait qu’il a fourni une méthode de discernement invitant à lire les transformations historiques avec un regard évangélique et une compétence humaine. Ce style montre que le dialogue avec le monde n’est pas pour l’Église une option tactique, mais une forme concrète de sa mission, car l’Évangile tel un levain peut transformer de l’intérieur les structures de la cohabitation et ouvrir des voies vers une plus grande humanité. C’est dans cette perspective que s’inscrit également la Déclaration Dignitatis humanae dans laquelle le Concile reconnaît que la liberté religieuse est un droit fondamental enraciné dans la dignité de la personne qui doit être garanti par l’ordre juridique afin que nul ne soit contraint d’agir contre sa conscience ou empêché de rechercher ou de professer la vérité en privé et en public. [30] Ce principe, d’une grande importance pour notre époque, continue d’offrir à la Doctrine sociale des critères décisifs pour la protection de la personne et pour la construction de sociétés pluralistes et pacifiques.

35. Sous le Pontificat de saint Paul VI émerge une conception de la paix qui ne se réduit pas à l’absence de guerre, mais qui prend forme dans le cheminement vers un développement humain intégral. Dans Populorum progressio, il décrit le développement comme un passage de conditions de vie moins humaines à des conditions plus humaines et le conçoit comme un processus qui concerne tout homme et tout l’homme, [31] c’est-à-dire toutes les dimensions de la personne et tous les peuples, sans exception. Sur cette base, Paul VI peut affirmer qu’un développement ainsi conçu est en réalité « le nouveau nom de la paix », [32] car il vise à éliminer les racines de l’injustice et du conflit et à ouvrir des espaces de vie plus dignes pour tous. La création de la Commission pontificale Iustitia et Pax doit également être lue dans cette optique comme une tentative de donner à cette intuition une forme stable, au niveau ecclésial et international, en maintenant vivante la conscience du fossé croissant entre pays riches et pays pauvres et de la nécessité de politiques favorisant des conditions de vie réellement plus humaines pour tous.

36. Dans l’ Octogesima adveniens écrite à l’occasion du 80 e anniversaire de Rerum novarum, Paul VI transpose cette perspective dans la société post-industrielle, marquée par des transformations urbaines, de nouvelles formes de pauvreté, des changements dans le travail et des mutations culturelles rapides remettant en question l’avenir des personnes et des communautés. Pour Paul VI, l’Évangile, bien qu’il ait été « annoncé, écrit, vécu » [33] dans un contexte historico-culturel très différent du nôtre, n’est pas un message dépassé, mais une vision de la personne humaine, des relations, de l’autorité et du bien commun capable d’orienter encore aujourd’hui les choix économiques, politiques et culturels. En d’autres termes, l’Évangile reste d’actualité car il fournit les critères permettant de reconnaître ce qui humanise ou déshumanise, ce qui libère ou opprime au sein de situations sans cesse renouvelées. Pour la Doctrine sociale de l’Église, l’héritage le plus exigeant de Paul VI est précisément celui-ci : tant qu’il y aura dans le monde des peuples exclus d’un développement digne de l’être humain, la communauté chrétienne ne pourra se contenter de proclamer la paix de manière abstraite, mais devra laisser l’Évangile juger ces structures économiques et politiques à partir de ceux qui en sont écartés. Celles-ci, comme devait le rappeler Jean-Paul II, peuvent devenir de véritables « structures de péché », [34] afin qu’aucune personne ni aucun peuple ne soit traité comme sacrifiable dans les processus de développement.

Le Magistère récent

37. Le fécond Magistère social de saint Jean-Paul II se situe à la croisée de la crise des grands systèmes idéologiques du XXe siècle et des débuts de la mondialisation économique. Dans l’Encyclique Laborem exercens, rédigée quatre-vingt-dix ans après la publication de Rerum novarum, il ouvre une nouvelle piste de réflexion sur le travail. Le juste salaire y est présenté comme une vérification concrète de l’équité de l’ensemble du système socio-économique, dans la mesure où il montre si le travailleur est traité comme une personne ou comme un simple coût de production. [35] Le travail n’est pas seulement considéré comme un problème à gérer ou un moyen pour obtenir un revenu, mais un bien fondamental pour la personne, principe de l’activité économique et élément clé de toute la question sociale. En lui, l’être humain met en jeu sa liberté, sa créativité et sa capacité à coopérer, contribuant ainsi à l’élévation culturelle et morale de la société. [36] À la lumière de cela, les différentes formes de précarité, la fragmentation des parcours professionnels et l’automatisation ne peuvent être évaluées uniquement en termes d’efficacité, mais à partir de la dignité du travailleur, du droit à une rémunération suffisante et de la possibilité effective de participer à la vie sociale.

38. À l’occasion du 20 e anniversaire de Populorum progressio, dans l’Encyclique Sollicitudo rei socialis, Jean-Paul II revient sur le fléau du sous-développement. Il reconnaît l’échec de nombreuses tentatives visant à combler le retard économique des peuples pauvres et à accompagner leur industrialisation, constatant la persistance et parfois l’aggravation du fossé entre le Nord et le Sud. [37] Il dénonce en outre les mécanismes économiques, financiers et commerciaux qui, gérés par les pays les plus puissants, favorisent structurellement leurs intérêts ou étouffent les économies les plus faibles, et demande qu’ils soient soumis à un jugement éthique sérieux, et non seulement technique. [38] Dans ce contexte, la solidarité est comprise comme une coresponsabilité concrète entre les personnes, les peuples et les nations, une forme d’amitié sociale ou de charité politique orientée vers la « civilisation de l’amour » invoquée par Paul VI. [39]

39. À l’occasion du centenaire de Rerum novarum, l’Encyclique Centesimus annus offre enfin un discernement sur l’effondrement du système soviétique et l’affirmation de la démocratie et de l’économie de marché. Saint Jean-Paul II réitère le message de Pie XII selon lequel l’Église peut apprécier la démocratie dans la mesure où elle garantit la participation effective des citoyens, permet de choisir et de remplacer pacifiquement les dirigeants et empêche que le pouvoir ne soit monopolisé par des élites restreintes motivées par des intérêts particuliers ou idéologiques. [40] De même, elle reconnaît le potentiel positif du marché et de l’initiative privée uniquement s’ils restent soumis à la loi morale et guidés par le principe de solidarité, sans sacrifier les plus faibles à la logique du profit. [41] La Doctrine sociale de l’Église laisse ainsi un héritage particulièrement actuel : l’affirmation du lien entre dignité du travail, solidarité entre les peuples et évaluation critique de la démocratie et de l’économie de marché continue à offrir des critères pour juger les nouvelles formes d’exploitation, d’exclusion et de crises de la représentation politique.

40. Dans son Encyclique sociale Caritas in veritate, le Pape Benoît XVI a souhaité reprendre et approfondir le concept de développement présenté dans Populorum progressio, en le replaçant dans le contexte de la mondialisation. Il rappelle que ce développement devrait se traduire par « une croissance réelle, qui s’étende à tous et soit concrètement durable », [42] c’est-à-dire par un progrès économique véritablement inclusif et respectueux des limites de la création. Il constate toutefois que, dans les pays riches, de nouvelles catégories de pauvres apparaissent et que des formes inédites d’exclusion se multiplient, tandis que, dans les régions plus pauvres, de petits groupes vivent dans un bien-être consumériste qui cohabite avec des situations de misère déshumanisante. [43] Il observe en outre que le nouveau système économique et financier mondial, caractérisé par une grande mobilité des capitaux et des moyens de production, a réduit le pouvoir politique des États ainsi que leur capacité à orienter les processus économiques. [44] C’est pourquoi il réaffirme que l’activité économique ne peut prétendre résoudre les problèmes sociaux en élargissant simplement la logique du marché, mais qu’elle doit être ordonnée au bien commun, envers lequel la communauté politique porte une responsabilité propre et irremplaçable. [45]

41. Benoît XVI place la charité au cœur de cette relecture, affirmant qu’elle « est la voie maîtresse de la Doctrine sociale de l’Église », [46] à condition qu’elle soit toujours unie à la vérité ; et il constate avec inquiétude que, précisément dans les domaines social, juridique, politique et économique, on tend à déclarer son insignifiance morale. La nouveauté de sa contribution réside dans le fait de montrer que le développement, la justice, les institutions et le marché ne sont pas des réalités neutres, mais des lieux où la charité dans la vérité doit prendre une forme historique. Pour l’époque actuelle, marquée par des inégalités croissantes, la pression des marchés financiers, la crise environnementale et la méfiance envers la politique, cet enseignement reste d’actualité car il invite à juger chaque modèle de développement sur sa capacité à être inclusif et durable, à recomposer la relation entre économie et politique autour du bien commun et à reconnaître à la charité un rôle critique et générateur dans la vie publique.

42. Le magistère social du Pape François s’inscrit dans la lignée de Gaudium et spes qui invite à considérer l’histoire à partir des blessures et des espoirs des personnes et à les mettre en dialogue avec l’Évangile. Cette orientation transparaît avec une particulière clarté dans Evangelii gaudium, où il est affirmé que l’annonce chrétienne possède une dimension sociale intrinsèque et où est invoquée une Église capable d’écouter le cri des pauvres, des migrants ou des victimes des nouvelles formes d’esclavage. C’est dans cette perspective que s’inscrit également l’insistance de François sur une Église synodale, une Église qui “marche ensemble”, cherche à lire les signes des temps à la lumière de l’Évangile et se laisse évangéliser par les pauvres avec lesquels elle partage son histoire. [47]

43. Avec Laudato si’, François propose la première grande analyse systématique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Sa proposition d’écologie intégrale associe la sauvegarde de la Maison commune et l’option préférentielle pour les pauvres et affirme avec force que « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » [48] ne peuvent être séparées. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique prétendant tout réduire à un objet de domination, la défense du travail humain menacé par la logique du rejet, l’exigence d’une justice entre les générations et l’appel à un véritable dialogue entre politique et économie, afin qu’aucune des deux ne s’enferme dans son autoréférentialité.

44. Face à la désagrégation du tissu social, à la « guerre mondiale par morceaux », à la mondialisation individualiste et aux conséquences de la pandémie de Covid-19 sur les liens communautaires, François relance dans Fratelli tutti le rêve d’une humanité capable de choisir l’amitié sociale et la fraternité universelle. Il propose la culture de la rencontre, une « politique meilleure » capable de rechercher le bien commun, des chemins de réconciliation et un monde qui assure « une terre, un toit et un travail pour tous ». [49] Enfin, avec Dilexit nos, il montre que ces grands engagements sociaux ne peuvent être séparés de la relation personnelle avec le Christ : en revenant à la Parole de Dieu, il rappelle que la réponse la plus authentique à l’amour du Cœur de Jésus est l’amour concret pour les frères et affirme qu’« il n’y a pas d’acte plus grand que nous puissions offrir pour Lui rendre amour pour amour ». [50]

Une lecture de l’histoire à la lumière de la foi

45. En considérant ce parcours dans son ensemble, on comprend que la Doctrine sociale de l’Église n’est pas le fruit d’un projet élaboré derrière un bureau, mais le résultat d’un processus patient, dans lequel chaque pape – avec le Concile Vatican II – offre une contribution originale à la lumière des « questions nouvelles » de son temps. Chacun, en relevant les défis de son époque et en interprétant les changements historiques à la lumière de l’Évangile, a fait ressortir différents aspects d’un patrimoine unique : la dignité de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarité et la subsidiarité, la sauvegarde de la création, la centralité de la paix et de la fraternité. Il en résulte un développement harmonieux, mais pas toujours linéaire, marqué par des accents différents, des approfondissements progressifs et, parfois, des changements de perspective qui ne tranchent pas avec ce qui précède, mais en font mûrir les implications. Si nous pouvons aujourd’hui parler d’un corpus de principes et de critères partagés, c’est parce que cette lecture de l’histoire à la lumière de la foi ne s’est jamais interrompue et a su se laisser interpeller par les questions de chaque génération. C’est sur ce noyau central – les grands principes de la Doctrine sociale guidant le discernement des croyants dans leur vie personnelle et publique – que je voudrais maintenant porter l’attention, afin d’en mieux saisir la cohérence interne et la force génératrice pour notre temps.

Chapitre 2
FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE

46. La Doctrine sociale de l’Église est une réalité vivante, en dialogue avec l’histoire, les cultures et les sciences, tout en conservant un noyau de vérité qui ne passe pas. C’est pourquoi elle peut être considérée comme une forme de sagesse capable d’orienter encore aujourd’hui la vie personnelle et sociale des croyants. Dans ce deuxième chapitre, je désire m’attarder sur certains fondements et principes de la Doctrine sociale qui aident à lire les « questions nouvelles » de notre temps, à la lumière de la dignité fondamentale de la personne humaine. J’estime qu’aujourd’hui, pour préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, nous devons revenir à une réflexion sur le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice sociale. Je suis convaincu que la relation harmonieuse entre ces principes exige qu’ils soient considérés conjointement, afin qu’apparaisse clairement comment ils se rapportent entre eux et s’éclairent mutuellement.

47. En proposant ces réflexions, je désire avant tout aider les fidèles laïcs, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à redécouvrir leur mission : mettre en pratique, dans la vie quotidienne, dans les relations familiales, au travail et dans la vie sociale, les principes que je m’apprête à rappeler, en se laissant animer par l’intention d’incarner l’amour de Dieu dans le cours concret de l’histoire. En même temps, je voudrais encourager les académies et les universités à donner un nouvel élan à ces principes, en les repensant d’une manière adaptée à notre époque et efficace pour faire face à la révolution numérique. De cette manière, la recherche théologique et philosophique pourra approfondir et soutenir le cheminement pastoral de l’Église, en contribuant à la mission du Magistère qui consiste à éclairer la conscience des croyants et à orienter leur engagement pour rendre plus juste et plus fraternelle la vie de nos sociétés.

Les fondements de la Doctrine sociale

L’être humain, image du Dieu trinitaire

48.La Doctrine sociale de l’Église nous ramène au cœur même de notre foi : le mystère du Dieu vivant, révélé en Jésus-Christ comme communion de Personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, amour en relation qui se donne réciproquement et se communique au monde. [51] Comme le rappelle le Concile, la personne humaine est invitée à la communion avec Dieu et ne peut « pleinement se trouver que par un don désintéressé d’elle-même » : [52] sa vocation la plus profonde est d’entrer dans le mouvement trinitaire de l’amour reçu et partagé.

49. Si le mystère du Dieu-Amour est la source de la Doctrine sociale, c’est en Jésus-Christ, Verbe incarné, que nous en contemplons le visage le plus concret. En se faisant homme, le Fils de Dieu entre dans notre histoire et dans notre chair, en y apportant l’amour qui l’unit au Père et au Saint-Esprit. En Lui, « le mystère de l’homme trouve sa véritable lumière », [53] car son humanité est pleinement libre, ouverte aux autres, capable de construire des relations solidaires et belles, vouée au don total de soi. Celui qui croit en Lui est associé à la grande œuvre de renouveau inaugurée par le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, et coopère à l’édification du Royaume de Dieu, en apprenant à accueillir chaque homme et chaque femme comme un frère ou une sœur, enfants d’un seul Père. Ainsi, tant l’annonce que l’expérience chrétienne, guidées par l’action de l’Esprit Saint, tendent à générer des conséquences sociales dans le monde. [54]

50. Au cœur de la vision chrétienne de l’être humain se trouve la grande affirmation selon laquelle l’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance du Dieu trinitaire (Cf. Gn 1, 26-27). Destinée par nature à la relation, chaque personne est conçue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la création. Sa dignité ne dépend pas des capacités qu’elle possède, de ses richesses ou du rôle qu’elle occupe, des choix justes ou erronés qu’elle pose, mais elle est un don, qui la précède et la dépasse, placé par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais défaut. C’est pourquoi la personne humaine reste toujours « la route de l’Église » [55] et le cœur de tout cheminement authentique vers le développement humain intégral. [56]

L’égale dignité de tous les êtres humains

51. Saint Jean-Paul II affirmait que « le sens le plus aigu de la dignité de la personne humaine et de son unicité, comme aussi du respect dû au cheminement de la conscience, constitue une acquisition positive de la culture moderne ». [57] Cette affirmation s’inscrit dans la lignée déjà tracée par le Concile Vatican II qui avait constaté une prise de conscience croissante de la dignité sublime de chaque personne, de sa valeur supérieure aux choses et de ses droits et devoirs universels et inviolables. [58] Il est important de veiller à ce que cette prise de conscience croissante de la dignité humaine ne soit pas occultée sous la pression de nouvelles idéologies ou de certains intérêts très puissants dans le monde d’aujourd’hui. Parmi ces idéologies, je considère comme particulièrement insidieuse celle qui laisse entendre que chaque personne devrait mériter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer un plus grand prix à celles qui sont les plus efficaces et les plus performantes. Dans une telle perspective, la personne finit par être réduite à un moyen pour obtenir des résultats, à une ressource à utiliser ou à exploiter, et n’est plus reconnue comme une fin en soi, jamais à instrumentaliser. Or la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit, et il existe des droits qui sont dus à tous du simple fait d’être des personnes. Aucun pouvoir humain ne peut légitimement les nier ou les limiter arbitrairement. [59]

52. Quand nous parlons de dignité, nous n’utilisons pas toujours ce mot de la même manière : nous faisons parfois référence à la dignité morale, c’est-à-dire à la manière dont une personne oriente ses choix et ses actes ; d’autres fois, nous pensons à la dignité sociale, c’est-à-dire aux conditions de vie de la personne et au respect concret que la société lui accorde ; dans d’autres cas encore, nous faisons référence à la dignité existentielle, c’est-à-dire à la manière dont une personne perçoit la valeur d’elle-même et de sa propre vie. Ces dimensions de la dignité peuvent croître ou diminuer. Au-delà de ces significations, cependant, il existe un niveau plus profond, le plus important qui consiste en la dignité ontologique. C’est la dignité qui appartient à chaque être humain du simple fait qu’il existe, qu’il a été voulu, créé et aimé par Dieu : [60] aucun péché, aucun échec, aucune humiliation, aucune exclusion ne peut porter atteinte à la valeur profonde d’une vie humaine que Lui-même a voulue et appelée à l’existence. [61]

53. C’est pourquoi la dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se mérite pas et n’a pas besoin d’être démontrée. La récente Déclaration Dignitas infinita a offert une synthèse des convictions de l’Église sur ce point : « Une dignité infinie, qui repose de manière inaliénable sur son être même, appartient à chaque personne humaine, au-delà de toute circonstance et quel que soit l’état ou la situation dans laquelle elle se trouve », [62] c’est-à-dire toujours et de manière inéluctable. Cette dignité de chaque être humain peut être qualifiée d’infinie, comme l’a fait saint Jean-Paul II, [63] pour deux raisons : parce que l’amour de Dieu qui l’appelle à l’amitié avec Lui est infini, et parce qu’elle est absolument inconditionnelle, en ce sens que, même en cherchant à l’infini, on ne trouvera jamais rien qui puisse la supprimer ou la réfuter.

La valeur suprême des droits de l’homme

54. L’Église reconnaît avec gratitude que « le mouvement vers l’identification et la proclamation des droits de l’homme est l’un des efforts les plus importants pour répondre efficacement aux exigences irréductibles de la dignité humaine ». [64] Et, comme l’a affirmé Jean-Paul II, la Déclaration universelle des droits de l’homme, proclamée par les Nations Unies le 10 décembre 1948, continue à être aujourd’hui l’une des plus hautes expressions de la conscience humaine. [65] Elle est « une pierre milliaire sur le chemin du progrès moral de l’humanité ». [66] C’est pourquoi, dans la perspective chrétienne, les droits de l’homme ne sont pas un ajout extérieur à la personne, mais une traduction historique de sa dignité intrinsèque que la communauté internationale est appelée à protéger et à promouvoir.

55. Les droits de l’homme sont inviolables, car « inhérents à la personne et à sa dignité ». [67] Par conséquent, ils sont universels et inaliénables. [68] Précisément parce qu’ils sont fondés sur la dignité commune de chaque homme et de chaque femme, ils ont des conséquences pratiques et des effets juridiques, car « il serait vain de proclamer des droits, si l’on ne mettait en même temps tout en œuvre pour assurer le devoir de les respecter, par tous, partout, et pour tous ». [69] Parmi eux, le premier droit humain est le droit à la vie, de sa conception à son terme naturel, [70] sans lequel il est impossible d’exercer aucun autre droit. Lorsque ce droit fondamental est nié, comme c’est le cas pour l’avortement provoqué, pour le meurtre d’innocents et pour l’euthanasie, on se trouve face à des choix que l’Église juge gravement illicites. [71]

56. En considérant notre époque, nous ne pouvons ignorer que la protection des droits de l’homme est aujourd’hui exposée à deux risques particulièrement graves. Le premier est celui d’une déclaration purement formelle de ces droits alors que, parallèlement au progrès technologique, les violations de la dignité humaine se répandent ouvertement ou de manière dissimulée. Le second, qui est en réalité à l’origine du premier, est celui de ne plus pouvoir reconnaître le fondement de leur universalité, parce qu’on a renoncé à la « recherche des fondements les plus solides de nos options ainsi que de nos lois ». [72] Le Pape François invitait à ne pas sous-estimer ce dernier problème. Il rappelait que lorsque la raison se laisse sérieusement interroger sur la nature humaine, elle est capable de découvrir des valeurs qui s’appliquent à tous, car elles découlent de celle-ci. Si ce travail de recherche venait à être abandonné, il pourrait advenir que des droits aujourd’hui considérés comme intouchables finissent par être remis en question ou niés dans le futur par ceux qui détiennent le pouvoir, éventuellement après avoir obtenu un consentement seulement apparent de la part de populations effrayées ou manipulées. [73]

57. Parallèlement à une prise de conscience accrue de la valeur de chaque personne humaine et de ses droits, la reconnaissance des droits des minorités s’est également développée. Il reste encore pourtant beaucoup à faire pour que partout dans le monde les droits d’un grand nombre, à savoir ceux des femmes, soient véritablement garantis de manière égale. C’est un fait, « doublement pauvres sont les femmes qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de plus faibles possibilités de défendre leurs droits ». [74] Il ne suffit donc pas d’affirmer en paroles que hommes et femmes ont la même dignité et les mêmes droits ; il faut que cela se traduise par des choix concrets, dans des lois, dans l’accès au travail, à l’éducation, aux responsabilités sociales et politiques, dans la manière dont la société écoute et valorise la contribution des femmes. Tant que cet écart persistera, nous ne pourrons pas dire que la société reconnaît véritablement, sans réserve, que les femmes ont la même dignité que les hommes.

58. Ce sont les personnes concrètes qui comptent, chacune, ainsi que leurs familles. Les mouvements sociaux, les grandes déclarations politiques en faveur du peuple et les idéologies communautaires ne servent à rien si elles ne s’orientent pas vers la promotion des personnes – hommes et femmes – avec leurs droits inaliénables. De même, il ne suffit pas de vanter la liberté individuelle ou l’initiative privée si l’on accepte ensuite qu’une multitude de personnes continue à vivre sans un travail décent, sans protection, sans accès aux biens fondamentaux.

Les principes de la Doctrine sociale

Le principe du bien commun

59. Reconnaître que chaque homme et chaque femme porte en soi une dignité inaliénable et a des droits qu’aucun pouvoir humain ne peut léser ou annuler, exige de façonner la manière dont nous vivons ensemble, nos choix économiques et politiques, ainsi que le visage concret de nos villes. De là naît le premier grand principe de la Doctrine sociale que je désire rappeler : le bien commun. Nous pouvons le décrire comme la forme sociale de la dignité reconnue à chacun. Lorsque Benoît XVI a évoqué les valeurs non négociables que l’Église doit toujours défendre, il a inclus parmi celles-ci « la promotion du bien commun ». [75] Pour un chrétien, en effet, sortir du petit monde de ses propres intérêts et s’engager, dans la mesure de ses possibilités, pour le bien commun est une valeur non négociable, tout comme l’est la promotion de la vie.

60. Le Concile Vatican II a affirmé que le bien commun consiste en « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». [76] Cette définition nous offre une première orientation précieuse, car le bien commun ne se réduit pas à une simple liste de conditions ou d’institutions. Il ne coïncide pas avec la somme des avantages des individus ni avec le croisement de leurs intérêts particuliers ; c’est un bien plus grand qui appartient à tous et que nous pouvons construire, accroître et préserver seulement ensemble. Nous pouvons dire que l’action sociale atteint sa pleine mesure lorsqu’elle tend vers ce bien partagé, tout comme l’action morale de la personne trouve son accomplissement dans le choix du vrai bien. [77]

61. En ce sens, nous pouvons affirmer que « le tout est plus que la somme des parties » [78] et que, précisément pour cette raison, « la simple somme des intérêts individuels n’est pas capable de créer un monde meilleur pour toute l’humanité ». [79] C’est une illusion de penser qu’il suffit de rechercher son propre progrès pour contribuer au bien de tous, sans avoir à se soucier réellement des autres. Cette vision ignore la valeur propre et spécifique du bien commun : celui-ci est le fruit de l’« interdépendance » [80] qui engendre un réseau de biens sociaux se diffusant et se répercutant sur les personnes. Le bien commun est un plus, résultat de l’interaction et de l’influence réciproque qui relie différentes actions, initiatives, efforts ou décisions. Si l’on se contentait d’additionner les biens individuels, on ne pourrait expliquer l’existence de ce plus qui les dépasse et, en même temps, les enrichit.

62. C’est la recherche du bien commun qui donne vie à un peuple, entendu non pas comme une simple somme d’individus, mais comme une réalité vivante où les personnes apprennent à se reconnaître liées les unes aux autres et co-responsables de la res publica. De ce point de vue, chaque personne contribue à construire son propre peuple par « un travail lent et ardu qui exige de se laisser intégrer, et d’apprendre à le faire au point de développer une culture de la rencontre dans une harmonie multiforme ». [81] Travailler ensemble à la recherche du bien de tous signifie avoir un projet commun. Il est évident qu’il existe entre les personnes de nombreuses différences idéologiques et pragmatiques, des intérêts divergents et de fréquents désaccords, mais cela ne signifie pas qu’il soit impossible d’engager un dialogue pour établir un consensus qui permette de constituer un projet pour tous et d’avancer ensemble.

63. Il incombe à l’État de garantir la cohésion, l’unité et une organisation équitable de la société civile, afin que le bien commun puisse être véritablement recherché avec la contribution de chacun. Cela signifie concrètement que les pouvoirs publics ont pour tâche délicate d’« harmoniser avec justice » [82] les différents intérêts en jeu, en recherchant un équilibre entre biens particuliers et bien commun, sans laisser de côté les plus faibles. Lorsque la politique renonce à une vision à long terme et se réduit à des calculs à court terme ou à des logiques d’opposition, le langage du bien commun perd en crédibilité et les inégalités comme les fractures sociales augmentent.

64. Cela vaut également pour la politique internationale. Alors que les distances entre les peuples s’accroissent, des logiques d’opposition et d’agressivité se mettent en place, et le difficile chemin vers un monde plus uni et plus fraternel subit de nouveaux et douloureux revers. Dans ce contexte, parler d’un chemin commun vers un développement plus juste pour toute la famille humaine « semble relever de la folie ». [83] Mais nous ne pouvons pas perdre espoir. J’invite chacun à réfléchir à des formes de coopération et d’institutions internationales plus efficaces, capables de préserver le bien commun global sans pour autant supprimer la légitime pluralité des peuples et des États. En effet, la promotion du bien commun ne peut jamais être dissociée du respect du droit des peuples à exister, à préserver leur propre identité et à contribuer par leur spécificité à la famille des nations. [84] Toute tentative ou tout projet visant à éliminer ou à soumettre une nation est gravement immoral et donc inacceptable.

Le principe de la destination universelle des biens

65. « Parmi les multiples implications du bien commun, le principe de la destination universelle des biens revêt une importance immédiate ». [85] Ce principe nous rappelle avant tout que les biens de la terre – le sol, l’eau, l’air, les ressources naturelles – sont donnés par Dieu à toute la famille humaine pour soutenir la vie de chacun, aujourd’hui comme pour les générations futures, et que chaque personne a un droit originel à l’usage de ces biens. Saint Jean-Paul II rappelait que « Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne ». [86] Par conséquent, « il n’est pas conforme au dessein de Dieu d’utiliser ce don de telle sorte que ses bienfaits ne profitent qu’à quelques-uns ». [87] Aujourd’hui, nous sommes appelés à reconnaître que cette destination universelle ne concerne pas seulement les biens matériels, mais aussi les biens immatériels et culturels.

66. Il existe un droit à la propriété privée qui possède son sens et sa fonction propres, mais toujours subordonné à la destination universelle des biens. Selon Jean-Paul II, cette subordination est la règle d’or du comportement social et le « premier principe de tout l’ordre éthico-social ». [88] La tradition de l’Église a vu dans la propriété un moyen de préserver et d’administrer les biens afin qu’ils puissent mieux servir le bien commun. Puisque « la tradition chrétienne n’a jamais reconnu comme absolu ou intouchable le droit à la propriété privée », [89] sa fonction sociale ne doit pas être considérée comme une simple opinion théologique, mais comme une doctrine certaine de l’Église, déjà présente dans les Saintes Écritures et chez les Pères. C’est pourquoi le Pape François a rappelé que la solidarité, vécue en profondeur, signifie aussi « rendre au pauvre ce qui lui revient ». [90]

67. Aujourd’hui, parmi les biens universellement destinés à tous, nous devons également compter les nouvelles formes de propriété : brevets, algorithmes, plateformes numériques, infrastructures technologiques, données. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, sans formes adéquates de partage et d’accès, il se crée un nouveau déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus, entre ceux qui peuvent participer à la révolution numérique et ceux qui en restent à l’écart. De plus, le soin de la Maison commune comme la responsabilité envers les pauvres et les générations futures requièrent que l’usage des biens de la création et des nouvelles possibilités offertes par la technique soit réglementé de manière à respecter l’environnement, à éviter le gaspillage et les nouvelles formes de pillage.

Le principe de subsidiarité

68. Le principe de subsidiarité naît de la même vision de la personne qui a guidé notre réflexion sur la dignité et le bien commun. Si tout homme, et toute femme, est appelé à devenir acteur de sa propre vie et à participer à la construction de la société, alors l’organisation sociale doit elle aussi respecter et favoriser cette responsabilité. La Doctrine sociale de l’Église appelle “subsidiarité” le principe selon lequel ce que les personnes, les familles, les communautés locales et les corps intermédiaires peuvent faire ne doit pas être assumé par des instances supérieures. Les institutions de niveau supérieur doivent reconnaître, protéger et promouvoir la liberté et la créativité des niveaux inférieurs, en coordonnant leurs contributions afin qu’elles coopèrent efficacement au bien commun. [91]

69. Depuis les débuts du Magistère social moderne, à partir de Léon XIII, l’Église a insisté sur le fait que ni la personne ni la famille ne doivent être absorbées par l’État, mais qu’elles doivent être laissées libres d’agir, dans la mesure du possible, sans nuire au bien commun. [92] Saint Jean-Paul II a repris et approfondi cette perspective, en rappelant que la communauté politique est au service de la société civile et que l’État doit veiller au bien commun, en intervenant lorsque cela est nécessaire, mais sans se substituer de manière stable à la responsabilité des corps intermédiaires et des réalités sociales. [93] La subsidiarité ne justifie pas le désengagement de l’État, mais oriente son action : l’intervention publique est précisément nécessaire pour permettre à tous les acteurs sociaux d’accomplir leur mission sans être écrasés. Il appartient à la communauté politique de créer les conditions permettant aux personnes, aux familles, aux associations et aux corps intermédiaires de réaliser leur vocation sociale, sans être remplacés ou réduits à de simples exécutants. [94]

70. Ce principe encourage à dépasser toute forme de gestion paternaliste ou d’assistanat de la vie sociale, en favorisant un style de coresponsabilité : un État qui valorise l’initiative des citoyens, une société civile capable de tisser des liens et de susciter des énergies au service du bien commun. Dans une logique de subsidiarité, les choix sont pris au niveau le plus proche possible des personnes concernées, en valorisant la vie associative de sorte que le peuple ne se trouve pas face à des décisions déjà prises, mais puisse participer à leur élaboration. Là où les familles, les associations, les communautés locales, les réalités du volontariat et du secteur tertiaire sont reconnues et soutenues, la vie sociale se rapproche des personnes, les services sont plus attentifs aux besoins réels, les réponses plus créatives et respectueuses de la dignité de chacun. [95]

71. Le principe de subsidiarité s’applique de manière particulière dans le contexte de la révolution numérique. Ici, le niveau supérieur n’est pas l’État, mais chaque grand acteur économique et technologique exerçant un pouvoir de fait sur les conditions de la vie en communauté. Le niveau qui concentre les compétences, les données et le pouvoir décisionnel est constitué d’entreprises et de plateformes définissant les conditions d’accès, les règles de visibilité, les formes de relation et même les opportunités économiques. La subsidiarité exige que ces processus ne soient pas imposés d’en haut de façon opaque et unilatérale, mais qu’ils soient orientés vers le bien commun à travers la transparence, la responsabilité et des formes réelles de participation (contrôles indépendants, transparence sur les algorithmes, accès équitable aux données, dispositifs de recours). [96]

72. Dans ce contexte, les États et les institutions supranationales sont appelés à garantir des règles justes et des protections efficaces, afin que les communautés locales, les corps intermédiaires, les écoles, les universités, les réalités ecclésiales et associatives puissent avoir leur mot à dire et contribuer au discernement sur les choix qui affectent la vie des personnes : travail, accès aux services, gestion des données et environnements numériques. Dans les choix relatifs aux flux économiques et aux plateformes numériques, dans la gouvernance des données et des algorithmes, on ne peut permettre que seuls quelques acteurs orientent les processus, il faut au contraire construire des formes de coopération qui respectent les différents niveaux de la communauté mondiale et les rendent co-responsables du bien commun. [97]

Le principe de solidarité

73. Après avoir considéré le bien commun et la subsidiarité, je voudrais m’arrêter sur le principe de solidarité. Celui-ci tire son origine de la vision de la personne générée par la foi : chaque être humain est créé à l’image de Dieu et s’inscrit dans un réseau de relations qui le lient aux autres, aux peuples et à la création. Saint Paul VI rappelait que les obligations de solidarité, de justice et de charité sont enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle unissant les hommes et les peuples entre eux. [98] La fraternité n’est pas seulement une aspiration intérieure de celui qui croit, mais une forme sociale et politique à incarner dans des choix et des parcours partagés. La solidarité est donc la reconnaissance concrète de ce que le destin de chacun est lié au destin de tous : en effet, « personne ne se sauve tout seul ». [99] Le lien étroit entre subsidiarité et solidarité apparaît ainsi évident. Lorsque la subsidiarité n’est pas accompagnée de solidarité, elle finit par se transformer en simple défense d’intérêts particuliers ; lorsque la solidarité n’est pas soutenue par la subsidiarité, elle dégénère en assistanat qui ne favorise pas la responsabilité. [100] Cette imbrication renvoie également à la responsabilité d’une authentique participation : la solidarité s’exprime lorsque chacun, personnellement et avec les autres, prend part à la vie de la communauté – s’informe, s’associe, fait entendre sa voix, contribue aux décisions et aux choix publics – en assumant des responsabilités réelles afin que le bien commun se traduise en choix partagés.

74. Dans de nombreux domaines, nous faisons déjà l’expérience d’une sorte de “solidarité de fait” : nos vies sont étroitement liées, les économies et les communications mondiales font que ce qui se passe en un lieu a des répercussions lointaines, et les réseaux numériques relient en temps réel personnes et communautés aux quatre coins du monde. Ce tissu de relations n’est pourtant pas encore une solidarité au sens plein s’il ne devient pas un choix conscient. La foi nous invite à lire cette réalité comme un appel : nous ne sommes pas simplement proches les uns des autres, mais confiés les uns aux autres, afin que chacun prenne en charge, dans la mesure de ses moyens, la vie et les souffrances de son frère ou de sa sœur. La solidarité naît précisément lorsque nous décidons de ne pas rester indifférents face à ce qui arrive à notre prochain et que nous transformons des liens inévitables – économiques, culturels, technologiques – en voies de partage, de coopération et de soin mutuel, en apprenant à « penser et agir en termes de communauté ». [101]

75. Le Magistère social a insisté sur le fait que la solidarité est à la fois un principe et une vertu. En tant que principe, elle exprime l’ordre objectif des relations entre personnes, groupes et peuples, et renvoie à la conscience d’une interdépendance selon laquelle le bien de chacun passe par le bien des autres. En tant que vertu, elle exige en revanche une « détermination ferme et persévérante » [102] à œuvrer pour le bien commun, en accordant une attention particulière aux plus faibles. Le Pape François a rappelé que la solidarité est « une manière de faire l’histoire » [103] qui construit des peuples et non de simples masses d’individus. C’est pourquoi elle implique des modes de vie sobres et partagés, la capacité à renoncer à des avantages immédiats pour ouvrir des perspectives d’avenir à d’autres, la disponibilité à remettre en question habitudes et privilèges – y compris en matière de consommation numérique et d’utilisation des technologies – lorsqu’ils empêchent les autres de vivre avec dignité.

76. Dans un monde marqué par des relations de plus en plus étroites entre les personnes, les communautés et les nations, la solidarité revêt également une dimension globale. Benoît XVI a vigoureusement rappelé le lien entre développement, justice et responsabilité envers les générations futures, soulignant que le développement authentique exige une solidarité intergénérationnelle [104] et une attention particulière aux liens qui nous unissent à l’environnement naturel. Aujourd’hui, cette responsabilité s’étend également aux infrastructures numériques ou d’information : tout comme l’environnement naturel, l’“écosystème numérique” peut être préservé ou exploité, partagé ou monopolisé. La solidarité exige que les choix en matière de données, d’algorithmes, de plateformes et d’intelligence artificielle tiennent compte non seulement de l’avantage immédiat de certains, mais aussi de l’impact sur l’ensemble des peuples comme sur les générations à venir.

Le principe de la justice sociale

77. Pour la communauté chrétienne, la justice sociale est une forme concrète de vie à la suite de Jésus et de fidélité à son Évangile. Dans le Nouveau Testament, Jésus annonce une « bonne nouvelle aux pauvres » ( Lc 4, 18) et s’identifie aux petits, aux malades, aux prisonniers, aux étrangers (cf. Mt 25, 31-46). Il nous enseigne ainsi que la justice naît et s’accomplit dans la fraternité, car la manière dont nous nous approchons des plus démunis et entrons en relation avec eux devient, concrètement, la mesure de notre rapport avec Dieu et avec nos frères. La justice ne concerne toutefois pas seulement les comportements individuels, mais aussi la manière dont les structures de la vie en société sont conçues et organisées. Le Concile Vatican II rappelle à cet égard que toute institution est appelée à servir la personne humaine et sa dignité. [105] La justice sociale se reconnaît alors à la capacité pour un ordre social, économique et politique de permettre à tous – et en particulier aux plus fragiles – de vivre de manière vraiment humaine, sans que personne ne soit laissé pour compte.

78. Le Magistère récent a insisté sur le fait que la justice sociale exige un regard qui parte des plus démunis. Saint Jean-Paul II a évoqué une « option préférentielle pour les pauvres » [106] qui doit guider les choix personnels et sociaux, tandis que le Pape François a dénoncé une « culture du “déchet” » [107] qui engendre sans cesse de nouvelles formes d’exclusion. Dans cette perspective, la justice sociale demande de considérer les personnes et les peuples en commençant par les plus vulnérables : les pauvres, les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les victimes de violence, les personnes vivant dans des périphéries urbaines ou existentielles.

79. La notion de justice sociale aide à reconnaître que les injustices ne naissent pas seulement de mauvais choix individuels, mais aussi de structures, de mécanismes, d’ordres économiques et culturels produisant presque automatiquement des inégalités. Saint Jean-Paul II a parlé en ce sens de structures de péché [108] qui s’opposent à la volonté de Dieu et exigent un engagement de conversion personnelle et sociale. Dans cette perspective, la justice ne concerne pas seulement une répartition plus équitable des biens ou la rectification des injustices actuelles, mais elle revêt également une dimension réparatrice. Elle vise à rétablir les liens rompus et à réintégrer ceux qui ont été exclus, en tenant compte des blessures laissées par les injustices : guerres, colonialisme, discriminations raciales ou de genre, violences contre des peuples entiers, exploitation. Cela peut signifier redonner dignité et voix à ceux qui ont été ignorés, favoriser des processus de guérison de la mémoire collective, lutter contre des lois et des pratiques discriminatoires, soutenir concrètement ceux qui portent encore aujourd’hui les conséquences de torts subis dans le passé.

80. À notre époque, la justice sociale doit également faire face au contexte généré par les technologies numériques. La diffusion des réseaux mondiaux, des plateformes et des systèmes d’intelligence artificielle modifie la manière dont nous nous informons, communiquons et accédons aux services. La justice exige que l’on empêche l’émergence de nouvelles formes d’exclusion et de privation de liberté : des personnes et des peuples se voyant refuser ou restreindre l’accès aux technologies de base, des communautés exposées à une surveillance invasive, des groupes sociaux pénalisés par des algorithmes opaques qui reproduisent préjugés et discriminations. À l’ère du numérique, un ordre social juste est celui qui garantit à tous un accès équitable aux opportunités, protège les plus petits et les plus fragiles, lutte contre la haine et la désinformation, et soumet l’utilisation des données et des technologies à un contrôle public, afin que le critère ne soit pas uniquement le profit, mais la dignité de chaque personne et le bien des peuples.

81. La situation des migrants, des réfugiés et de tous ceux qui sont contraints de se déplacer en raison de la pauvreté, de la violence, du changement climatique ou des catastrophes environnementales constitue aujourd’hui un test décisif pour la justice sociale. La manière dont une société les traite révèle si son idée de la justice est guidée par la peur ou par la fraternité. Le Pape François invitait à reconnaître dans les migrants non pas simplement un problème à gérer, mais « une image vivante du Peuple de Dieu en marche » ; [109] des personnes dotées de dignité, de ressources et de rêves, ayant droit à être traitées avec respect et désireuses de devenir partie prenante des sociétés qui les accueillent. La justice sociale, dans ce domaine, implique au moins deux engagements complémentaires. D’une part, préserver le droit à l’espoir de ceux qui sont contraints de partir en garantissant des voies sûres et légales, des conditions d’accueil dignes, des parcours d’intégration concrets. D’autre part, promouvoir également le droit de rester sur sa propre terre en paix et en sécurité, en s’attaquant aux causes profondes qui poussent à la migration, y compris celles liées aux injustices économiques et à la crise climatique. Lorsque ces droits sont respectés, les migrations peuvent devenir une occasion de rencontre et d’enrichissement mutuel entre les peuples.

Le développement humain intégral

82. Dans l’Encyclique Populorum progressio, Paul VI affirme que le développement n’est authentique que s’il est « intégral », c’est-à-dire « orienté vers la promotion de chaque homme et de l’homme tout entier ». [110] Au cours des décennies suivantes, la Doctrine sociale de l’Église a repris et approfondi cette expression pour indiquer la manière concrète dont les grands principes – dignité, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarité, solidarité, justice sociale – trouvent leur application dans l’histoire. Par “développement humain intégral”, nous entendons un processus dans lequel la croissance des personnes et des peuples concerne toutes les dimensions de l’existence et ouvre le futur aux générations à venir.

83. Le développement, tant pour les personnes que pour les nations, est à la fois un devoir et un droit : il exige des conditions minimales qui permettent à chaque personne et à chaque peuple de s’épanouir selon sa dignité, sans être maintenu dans la dépendance ou exclu de l’accès aux biens nécessaires. Le développement est humain lorsqu’il place au centre les personnes et non l’accumulation de biens, mais aussi lorsqu’il concerne les peuples, et non seulement les individus. La justice exige la reconnaissance des droits sociaux et des droits des peuples, et inclut la responsabilité envers ceux qui viendront après nous. C’est pourquoi un développement qui augmente la consommation de certains en faisant peser les coûts et les souffrances sur d’autres, ou encore qui relègue des régions entières à des rôles subordonnés en les empêchant d’exprimer leur potentialité, n’est pas humain. [111] Le développement est intégral lorsqu’il ne se réduit pas au domaine économique, mais qu’il favorise la qualité de vie dans ses dimensions spirituelles, culturelles, morales et relationnelles, dans le respect de la Maison commune, de la diversité des peuples et de leurs modes de vie. [112]

84. L’idée de développement humain intégral trouve aujourd’hui un critère de vérification décisif dans l’écologie intégrale, devenue une dimension incontournable de la Doctrine sociale de l’Église. La qualité du développement se mesure en effet à sa capacité à concilier, sans les séparer, la justice envers les personnes et la sauvegarde de la Maison commune, favorisant des conditions de vie dignes, l’accès aux biens nécessaires, des relations sociales justes, l’attention à la création et aux générations futures. Il s’ensuit que ce n’est pas un véritable progrès que d’accroître le bien-être de certains en dégradant les écosystèmes, en faisant reposer les coûts sur les communautés les plus vulnérables ou en compromettant les conditions de vie de ceux qui viendront après nous.

85. Ainsi compris, le développement humain intégral est l’horizon à partir duquel nous pouvons lire les transformations de notre temps, y compris celles de la révolution numérique. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ? C’est là que les principes de la Doctrine sociale deviennent des critères concrets de discernement pour les thématiques que nous aborderons dans les chapitres suivants.

Un examen pour l’Église

86. Pour conclure, je voudrais aborder un point qui me tient particulièrement à cœur. La Doctrine sociale n’est pas seulement un message adressé à la société : c’est aussi un examen de conscience pour l’Église, maison et école de communion, toujours appelée à vérifier que les principes évoqués dans ce chapitre sont d’abord vécus en son sein. Le bien commun, dans le contexte ecclésial, prend le visage d’un style synodal pour la mission au service du Royaume. L’Église, en effet, est le « sujet communautaire et historique de la synodalité et de la mission ». [113] Cela exige de prêter attention à la manière de prendre des décisions et d’exercer la responsabilité. Le Document final du Synode identifie, parmi les pratiques décisives pour la transformation missionnaire, la culture de la transparence, du rendre-compte et de l’évaluation. [114]

87. Dans cette perspective, la subsidiarité devient un critère de gouvernement et de vie pastorale qui reconnaît et soutient la responsabilité des fidèles et des instances ecclésiales intermédiaires, valorise les charismes et les compétences et évite tout paternalisme qui étouffe la liberté évangélique. Concrètement, la participation des baptisés aux processus décisionnels et la coresponsabilité dans la mission passent par des organismes de participation réels, et non nominaux. [115]

88. Pour la communauté chrétienne, la solidarité trouve sa source dans le mystère du Christ et se nourrit de l’Eucharistie. Elle naît de la communion dans la foi et dans les Sacrements : le Baptême et la Confirmation nous unissent au Christ, pour faire de nous un seul corps et un seul esprit, un seul cœur et une seule âme (cf. Ep 4, 4 ; Ac 4, 32). L’Eucharistie, sacrement de l’unité, nourrit notre appartenance au Corps du Christ et nous éduque au partage. Les différentes sensibilités présentes dans l’Église, les convictions fortes qui animent chacun, sont une richesse si elles restent ancrées dans la certitude de l’unité comme don reçu et tâche à assumer.

89. Vivre la justice dans l’Église signifie assainir les relations et les structures ecclésiales de ces distorsions qui engendrent des inégalités, de l’opacité et des abus de pouvoir. À ce propos, l’écoute des victimes d’abus spirituels, économiques, institutionnels, sexuels, de pouvoir et de conscience fait partie intégrante d’une démarche de justice comprenant la reconnaissance du préjudice, la juste réparation et la prévention. Tout pouvoir est au service de la communion et de la mission. Toute autorité est au service du peuple de Dieu. Cette diaconie se manifeste non seulement dans la foi célébrée et vécue dans les Sacrements, dans l’adoption d’un style synodal, mais aussi dans le partage concret des biens : à l’exemple de l’Église des origines, les ressources ecclésiales sont appelées à devenir réellement communes, afin que nul parmi nous ne soit dans le besoin (cf. Ac 4, 34) et pour que leur administration soutienne la mission d’annonce de l’Évangile aux plus pauvres. Il faut promouvoir des formes régulières d’évaluation de l’exercice des responsabilités ministérielles qui ne soient pas un jugement sur les personnes, mais des instruments d’apprentissage et de correction tournés vers la mission. [116] Dans la mesure où nous sommes ouverts à l’action de l’Esprit Saint, ces principes de la Doctrine sociale prennent corps dans la vie ecclésiale. C’est ainsi que l’Église est capable d’offrir à la société un signe crédible : la recherche commune du bien de tous, dans la coresponsabilité et la fraternité, n’est pas une utopie, mais une possibilité réelle. [117]

Chapitre 3 :
Technique et maîtrise
La grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’IA

90. Après avoir rappelé les principes qui éclairent la Doctrine sociale, je souhaite me pencher sur certains défis qui touchent de près notre manière de vivre notre époque. L’image biblique qui accompagne ces pages est celle d’une construction : d’un côté, la tour de Babel où l’œuvre commune est guidée par un projet de domination qui finit par déshumaniser (cf. Gn 11, 1-9) ; de l’autre, les ruines de Jérusalem qui, sous Néhémie, sont reconstruites pierre par pierre, comme une œuvre de responsabilité partagée (cf. Ne 2-6). Nous sommes appelés à nous interroger sur le grand chantier de notre époque : que sommes-nous en train de construire ? Alors que le développement technologique modifie rapidement les langages, les relations, les institutions et les formes de pouvoir, nous, croyants, devons et pouvons choisir à quel projet travailler et avec quel style pour préserver et valoriser la magnifique humanité qui nous est offerte en don. Il ne s’agit pas d’un choix concernant notre avenir, mais notre présent, car l’intelligence artificielle et les autres technologies émergentes font déjà partie de notre quotidien.

91. Je suis convaincu que la manière concrète de vivre les relations sociales à la lumière de l’Évangile n’est pas fixée une fois pour toutes, mais qu’elle reste une tâche confiée, de génération en génération, à la communauté chrétienne. Sous la conduite de l’Esprit Saint, l’Église se laisse éclairer par la Parole, afin de lire les signes des temps et de rechercher avec créativité de nouvelles voies pour que les relations entre les personnes et les peuples deviennent plus conformes aux exigences du Royaume de Dieu. [118] C’est pourquoi j’encourage tout le monde, en particulier les fidèles laïcs, à ne pas avoir peur de se laisser interpeller par la réalité, à s’écouter mutuellement et à assumer avec fermeté leur responsabilité dans la construction d’une société plus humaine et plus fraternelle.

Le paradigme technocratique et le pouvoir numérique

92. Dans l’Encyclique Laudato si’, le Pape François dénonçait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique [119] dans le monde globalisé : la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et économiques. Il apparaît ainsi plus clairement que la technique n’est pas un simple instrument et que, lorsqu’elle devient un critère, elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant.

93. Ce paradigme s’est rapidement étendu ces dernières années, notamment sous l’effet de la diffusion de l’intelligence artificielle, des sciences cognitives, de la nanotechnologie, de la robotique et de la biotechnologie. En soi, ces innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais, précisément en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique. Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualité : « L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir ». [120]

94. Le danger que l’humanité devienne victime de ses propres conquêtes avait déjà été clairement perçu par saint Paul VI, lorsqu’il avertissait que « les progrès scientifiques les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus étonnantes, la croissance économique la plus prodigieuse, si elles ne s’accompagnent d’un authentique progrès social et moral, se retournent en définitive contre l’homme ». [121] C’est pourquoi le progrès technique, précieux en soi, exige un discernement quant à la vision anthropologique qui le guide et aux fins qu’il poursuit. Si le développement technologique se poursuit sans une maturation éthique et sociale adéquate, il peut arriver que les moyens augmentent sans que l’humanité ne croisse dans la même mesure : on “a plus” mais on “n’est pas plus”, et la personne risque d’être évaluée avant tout en fonction des performances qu’elle garantit. [122]

95. Il convient ici de reconnaître un fait déterminant, que j’ai déjà rappelé précédemment : dans de nombreux cas, dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités.

96. Face à cette concentration du pouvoir dans le monde numérique, les grands principes de la Doctrine sociale deviennent des critères pour évaluer et discerner ce nouveau scénario : la dignité inaliénable de la personne, le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice sociale. Ils nous invitent à vérifier si le pouvoir des infrastructures numériques et des algorithmes favorise réellement la participation et la responsabilité, protège les plus fragiles, assure un accès équitable aux opportunités et reste ordonné au bien de tous. Sur ces prémisses, nous pouvons désormais examiner de plus près ce qu’est l’intelligence artificielle, à quelles possibilités elle ouvre et quels risques elle comporte.

L’intelligence artificielle

97. Ce n’est pas mon intention de proposer ici une analyse sur l’intelligence artificielle, ni de s’attarder sur une bibliographie désormais très abondante ; il existe déjà des contributions faisant autorité, y compris dans le domaine ecclésial, auxquelles il est possible de se référer. [123] Je me limiterai à rappeler quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui préserve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité l’usage et les limites.

98. Il convient de formuler deux remarques préliminaires : la première est que toute affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsolète, compte tenu de la vitesse impressionnante à laquelle ces systèmes évoluent. La seconde est que nous tous, y compris ceux qui les conçoivent, en savons peu sur leur fonctionnement réel. Les intelligences artificielles modernes sont en effet davantage “cultivées ” que “construites” : les développeurs n’en conçoivent pas directement chaque détail, mais créent une architecture sur laquelle l’IA “se développe”. En conséquence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que les représentations internes et les processus computationnels de ces systèmes – restent pour l’instant inconnus. Il en résulte donc l’urgence d’un double engagement : d’une part, un approfondissement de la recherche scientifique ; d’autre part, un exercice de discernement moral et spirituel.

99. Il n’est pas possible de donner une définition univoque et complète de l’IA. Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut éviter l’erreur consistant à assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine. Ces systèmes imitent certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste exclusivement liée au traitement des données : les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne possèdent pas de corps, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. Même lorsque ces outils sont présentés comme capables d’“apprendre”, leur manière de le faire diffère de celle de l’être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de celui qui se laisse façonner par la vie et grandit au fil du temps à travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la fidélité ; il s’agit plutôt d’une adaptation statistique à partir de données et de résultats qui peut s’avérer très efficace, mais qui n’implique pas de croissance intérieure.

Une aide précieuse qui requiert de l’attention

100. À la lumière de ce que nous venons de dire, nous pouvons mieux comprendre pourquoi l’IA peut être une aide précieuse tout en nécessitant une approche mesurée et vigilante. Ces dernières années, son utilisation à des fins privées s’est considérablement développée et de nombreuses voix s’élèvent pour réfléchir aux opportunités et aux risques liés à sa diffusion rapide. Dans un usage personnel, trois aspects en particulier doivent être pris en compte : la facilité d’obtenir un résultat, l’impression d’objectivité et la simulation de la communication humaine. La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus médiatiques et des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité. L’impression d’objectivité que les réponses et les propositions de ces systèmes peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour – peut s’avérer gratifiante et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Lorsque la parole est simulée, elle ne construit pas une relation, mais son apparence. L’imitation artificielle de la relation de soins ou d’accompagnement peut devenir dangereuse lorsqu’elle s’insinue dans un contexte pauvre en relations et en affections réelles : le risque n’est alors pas tant qu’une personne croie parler à une autre personne, mais qu’elle perde le désir même de rechercher véritablement l’autre.

101. En élargissant notre regard sur le recours à l’IA dans nos sociétés, nous constatons qu’elle est désormais présente dans les processus décisionnels dans tous les domaines et à différents niveaux : dans la communication, la gestion, le contrôle. Les avantages en termes d’efficacité et le potentiel d’amélioration de certains services sont évidents ; cependant, une adoption rapide et sans discernement nous expose à divers risques, notamment celui de sous-estimer son impact environnemental. Les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière intensive. Avec l’augmentation de la complexité, notamment dans les grands modèles linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacité de stockage augmentent également, s’appuyant sur un ensemble de machines, de câbles, de centres de données et d’infrastructures énergivores. C’est pourquoi il est essentiel de développer des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison commune. [124]

Responsabilité, transparence et gouvernance de l’IA

102. L’utilisation de l’IA n’est jamais un fait purement technique : lorsqu’elle intervient dans des processus qui ont une incidence sur la vie des personnes, elle touche aux droits, aux opportunités, à la réputation et à la liberté. Des décisions délicates qui touchent au travail, au crédit, à l’accès aux services et à la réputation des personnes risquent d’être entièrement confiées à des systèmes automatisés qui ne connaissent pas « la compassion, la miséricorde, le pardon et, surtout, l’ouverture à l’espérance d’un changement de la personne », [125] et peuvent ainsi engendrer de nouvelles formes d’exclusion. Il peut y avoir des utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information ou la violation de la vie privée, mais il peut aussi y avoir un danger moins évident, lorsque les systèmes d’IA, se présentant comme neutres et objectifs, reflètent et renforcent les stéréotypes ou les positions idéologiques de ceux qui les ont conçus et formés.

103. Confier, dans les faits, à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne mérite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette décision, revient à lui confier la tâche de redéfinir les limites des possibilités humaines. Ce qui fait défaut dans ce processus, ce n’est pas seulement l’empathie envers l’exclu, qui peut être imitée artificiellement, mais la responsabilité politique, car l’écartement des plus faibles est revêtu de neutralité et d’objectivité, face auxquelles il est impossible de protester. Ainsi, l’injustice devient silencieuse, et la compassion, la miséricorde et le pardon, non pas comme de simples apparences, mais comme des gestes politiques disparaissent de l’horizon.

104. Il en découle une conséquence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations. Si un système est conçu ou utilisé de manière à traiter certaines vies comme moins dignes ou à les exclure sans possibilité d’appel, il ne s’agit pas d’un simple instrument “à bien utiliser” ; il introduit déjà un critère qui contredit la dignité inaliénable de la personne. C’est pourquoi le discernement éthique ne peut se limiter à se demander si nous utilisons un certain système à des fins bonnes ou mauvaises, mais doit également s’interroger sur la manière dont il est conçu et sur la conception de la personne et de la société qui est inscrite dans les données et les modèles qui le guident. [126]

105. Pour que l’IA respecte la dignité humaine et serve véritablement le bien commun, il est essentiel que les responsabilités soient clairement définies à chaque étape : depuis ceux qui conçoivent et programment les systèmes jusqu’à ceux qui les utilisent ou ceux qui décident de leur confier des choix concrets. Cependant, dans de nombreux cas, les processus internes qui mènent à un résultat peuvent manquer de transparence, ce qui rend plus difficile l’attribution des responsabilités et la correction des erreurs. C’est là que la responsabilité devient décisive, à savoir la possibilité d’identifier qui doit “rendre compte” des décisions, les motiver, les contrôler et, si nécessaire, les contester et réparer les dommages qui en dérivent. [127]

106. Appeler à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement dans l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais faire preuve d’une attention responsable envers la famille humaine. Cette exigence est d’autant plus urgente qu’il existe souvent un déséquilibre entre la vitesse du développement technologique et le rythme auquel se développent les consciences, les normes, les contrôles et les institutions capables d’en réguler les effets. Il ne suffit pas d’invoquer de façon générale l’éthique : il faut des cadres juridiques adéquats, une surveillance indépendante, l’éducation des utilisateurs, une politique qui n’abdique pas son devoir. Autrement le changement ne sera régi que par des logiques technocratiques et présenté comme nécessaire et inévitable, finissant par imposer des règles dictées par ceux qui possèdent les données, les infrastructures et les capacités de calcul.

107. Nous ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le courage de poser une condition supplémentaire : la possibilité de débattre du code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale partagés. Sans cela ceux qui contrôlent l’IA imposeront leur propre vision morale qui deviendra l’infrastructure invisible des systèmes. Une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes. Il faut une politique plus présente, capable de ralentir là où tout s’accélère et de protéger les espaces où les communautés peuvent encore participer et s’interroger.

108. En effet, comme c’est le cas pour toute grande avancée technologique, l’IA tend surtout à renforcer le pouvoir de ceux qui disposent déjà de ressources économiques, de compétences et de l’accès aux données. À la lumière du bien commun et de la destination universelle des biens, ce phénomène suscite de sérieuses préoccupations : de petits groupes très influents peuvent orienter l’information et la consommation, conditionner les processus démocratiques et influencer les dynamiques économiques à leur avantage, en contradiction avec la justice sociale et la solidarité entre les peuples. C’est pourquoi il est indispensable que l’utilisation de l’IA – surtout lorsqu’elle touche aux biens publics et aux droits fondamentaux – s’accompagne de critères clairs et de contrôles effectifs, inspirés de la participation et de la subsidiarité : les communautés et les corps intermédiaires ne peuvent être réduits à de simples destinataires de décisions prises ailleurs, mais doivent pouvoir contribuer au discernement et à la vigilance. En outre, la propriété des données ne peut être confiée uniquement à des acteurs privés, mais doit être réglementée. Elles sont le fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent être vendues ou confiées à quelques-uns. Une créativité capable de les gérer comme un bien commun ou collectif est nécessaire, dans une logique de partage, comme le suggérait déjà saint Jean-Paul II à propos des biens collectifs. [128]

109. Les principes de la Doctrine sociale nous aident à lire cette nouvelle réalité. Dans un monde où quelques sujets concentrent les données, les ressources informatiques et le pouvoir réglementaire, parler de bien commun signifie démasquer cette nouvelle asymétrie épistémique, économique et politique, en dénonçant les nouveaux monopoles de l’IA. Parler de destination universelle des biens signifie trouver des moyens d’assurer l’accès universel aux technologies et à la formation. Parler de subsidiarité exige de protéger la capacité des communautés à choisir et à corriger, sans reléguer leur intervention à un simple rôle de surveillance, une fois que les normes ont été établies ailleurs. Parler de solidarité oblige à reconnaître le travail invisible, souvent exploité, qui alimente les modèles algorithmiques. Parler de justice impose de s’interroger sur les géographies du pouvoir définissant qui peut entraîner les modèles et qui n’est qu’objet d’entraînement, et de reconnaître que la justice sociale n’est pas seulement un objectif à protéger après l’adoption des technologies, mais une condition préalable à mettre en œuvre dès leur conception.

110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : “désarmer”. Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie. La tâche, aujourd’hui, n’est pas seulement éthique ou technique : elle est écologique au sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre Maison commune. L’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible.

111. J’adresse un appel particulier à ceux qui développent les intelligences artificielles. L’innovation technologique peut être, d’une certaine manière, une forme humaine de participation à l’acte divin de la création. Les développeurs portent donc une responsabilité éthique et spirituelle particulière, car chaque choix de conception exprime une vision de l’humanité. Tout comme l’auteur d’une œuvre artistique ou littéraire est tenu de prendre en compte les valeurs qu’elle exprime, ils sont appelés à traiter avec le sérieux qui s’impose les valeurs qu’ils insufflent à leurs projets : avec transparence, avec responsabilité envers les communautés impliquées et en veillant à vérifier que ce qui est cultivé est véritablement un bien.

Ce que nous ne pouvons pas perdre

112. Après avoir rappelé les questions de responsabilité et de gouvernance de l’IA, il faut revenir à notre thème central : que signifie préserver l’humain ? Le risque n’est pas seulement que certaines technologies soient mal utilisées, mais que le paradigme technocratique dans lequel nous sommes plongés, renforcé par la révolution numérique et l’IA, fasse passer pour juste et normale une vision anti-humaine, selon laquelle la plénitude de la vie consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l’imprévu, à contrôler chaque chose. Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que comme une créature appelée à la relation et à la communion.

113. En réalité, absolutiser une seule dimension de l’être humain est toujours une erreur. En effet, ce n’est pas seulement le manque qui engendre le désordre. Ce qui se développe sans mesure peut lui aussi devenir une forme de pauvreté. Dans un écosystème, l’harmonie se brise lorsqu’une seule espèce prolifère au détriment des autres. Chez l’être humain, il en va de même lorsqu’une faculté prétend devenir la mesure de tout. Ainsi, l’intelligence, si elle est absolutisée, finit par occulter d’autres dimensions essentielles de la vie : l’affection, la volonté, le dévouement ou la relation. Le pouvoir technique, s’il n’est pas équilibré, ne nous rend pas plus capables : il nous rend plus seuls, et plus exposés aux logiques de domination et d’exclusion. Il ne s’agit certainement pas de s’opposer à l’intelligence, mais de rappeler que celle-ci, lorsqu’elle se replie sur elle-même, oublie qu’elle est faite pour servir la vie et la personne humaine.

114. La qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de ses moyens, mais à l’attention qu’elle sait offrir, à sa capacité à reconnaître l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacité à prendre soin les uns des autres est une dimension importante de notre humanité. Cette capacité s’apprend et se perfectionne avec l’expérience. Lire des contes à un enfant, tenir compagnie à une personne âgée, rendre un espace accueillant sont des gestes qui se vivent dans un environnement familial mais qui nous aident à apprendre et à intérioriser l’importance de la bienveillance au niveau social et nous entraînent à reconnaître l’autre comme une personne digne d’attention. La technologie peut aussi soutenir l’attention mutuelle entre les personnes, par exemple si elle offre des instruments qui aident à prévenir et à organiser, mais sans priver de liberté ni de jugement l’être humain, sujet des relations et responsable des décisions.

Récits de fond : transhumanisme et posthumanisme

115. En essayant de faire émerger les présupposés culturels qui accompagnent la révolution numérique en cours, je voudrais maintenant m’intéresser à certains courants qui interprètent le progrès comme un dépassement de l’humain et que l’on peut regrouper sous les noms de transhumanisme et de posthumanisme. Ils constituent les fondements idéologiques qui animent certains centres de pouvoir technologique et colonisent l’imaginaire collectif sous une forme simplifiée, en particulier dans les médias et sur les réseaux sociaux, entrainant l’enthousiasme pour les nouvelles technologies d’une vision futuriste de l’ “homme amélioré” ou de l’ “homme hybridé” avec la machine.

116. Le transhumanisme et le posthumanisme comprennent en leur sein une multitude de courants et de sensibilités, et il est difficile d’en donner une description univoque. On peut les comparer à un archipel d’îles conceptuelles différentes, reliées toutefois par le même océan de présupposés : la centralité de la technique et le rêve de dépasser les limites de la condition humaine. En général, le transhumanisme imagine un renforcement de l’être humain grâce aux technologies (biomédecine, ingénierie corporelle, dispositifs, algorithmes), avec l’ambition d’accroître les performances et les capacités. Le posthumanisme, surtout dans ses versions les plus radicales, va plus loin : il critique l’anthropocentrisme et envisage une forme d’hybridation entre l’être humain, la machine et l’environnement, allant jusqu’à imaginer un franchissement de seuil où l’humanité se surpassera en entrant dans une nouvelle étape évolutive. Même si ces hypothèses restent en grande partie spéculatives, elles acquièrent une importance, car elles modifient l’imaginaire collectif et, par conséquent, orientent les choix sociaux, économiques et politiques. [129]

117. À la lumière de la Doctrine sociale de l’Église, le point crucial n’est pas l’usage de la technique en tant que telle, mais la vision qui la sous-tend : si l’être humain est traité comme un matériau à perfectionner ou à surpasser, il devient alors plus facile d’accepter que certains soient considérés comme moins utiles, moins désirables, moins dignes. Au nom du progrès, on peut en venir à imaginer des “sacrifices nécessaires” et à faire payer aux plus fragiles le prix d’une prétendue optimisation de l’espèce. L’avertissement déjà mentionné de saint Paul VI reste alors d’une grande clairvoyance : ce sont véritablement les acquis de la science et de la technique libérés du progrès moral et social qui finissent par se retourner contre l’homme. [130] C’est pourquoi il faut distinguer clairement : une chose est d’intégrer les technologies dans une vision humaine et relationnelle ; une autre est de se laisser guider par un imaginaire qui minimise les limites et promet un “salut” purement technique.

La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

118. Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite. Une vision de la réalité à la lumière de la foi aide à reconnaître ce que nous appelons la “contingence” des choses de ce monde. Si, d’une part, il est de notre devoir d’essayer d’éliminer la souffrance qui marque la vie humaine, d’autre part, il est sage de reconnaître notre finitude constitutive, sachant que « l’expérience religieuse, et en particulier la foi chrétienne, proposent d’habiter, sans simplifications, cette ambivalence entre la grandeur et la limite de l’humain, en la lisant à la lumière de la relation originelle et fondatrice avec Dieu ». [131]

119. C’est précisément dans notre nature limitée que trouvent leur place la compassion, la sincère préoccupation face aux besoins des autres, la générosité qui surprend même au milieu des ténèbres et de l’échec, l’expérience spirituelle et l’adoration de Dieu. Nous le constatons dans de nombreux moments où la limite se fait concrète dans notre vie, lorsque nous essuyons un refus, lorsque nous souffrons de la maladie ou de la mort d’un être cher, lorsque nous faisons l’expérience de l’incapacité ou de l’échec. Mystérieusement, c’est précisément dans ces moments-là que nous pouvons trouver une sagesse nouvelle, toucher de nos mains l’affection des gens et expérimenter la présence du Seigneur.

120. Même lorsque la limite se manifeste par des souffrances intérieures, la sagesse humaine nous enseigne à ne pas la refouler ni la réprimer, mais à l’intégrer. Pour éliminer totalement la douleur, il faudrait, au fond, éteindre aussi l’amour et le désir. En effet, celui qui aime et désire ne peut éviter de passer par l’épreuve et la souffrance, et c’est pourquoi, au fil des ans, nous gardons en nous des enseignements qui s’impriment comme des cicatrices, mémoire du chemin parcouru entre liberté et chutes, rêves et déceptions. Ce n’est que grâce à l’entrelacement de ces éléments que, dans le cœur, se produisent ces merveilles de l’âme qui nous font savourer la saveur la plus douce de notre humanité. [132] Renoncer à cette aventure, à la fois dramatique et splendide, au nom d’un prétendu dépassement de toutes les limites, pourrait signifier bien des choses mais pas être humain.

121. La corruption morale de notre condition de créature – le mal qui agite manifestement le cœur de l’homme – ruine la société et la vie, allant jusqu’aux extrêmes de la déshumanisation. Et pourtant, même cette forme douloureuse de limitation laisse entrevoir des lueurs de bien. Même lorsque l’être humain se déshumanise et provoque des tragédies, une petite lumière continue de briller dans l’humanité et reste capable de se rallumer, par la grâce de Dieu, sur les chemins de la conversion et de la réconciliation. Viktor Frankl disait à juste titre que dans les moments d’horreur « nous avons appris à connaître l’homme tel qu’il est réellement.Après tout, l’homme est l’être qui a inventé les chambres à gaz d’Auschwitz ; mais il est aussi celui qui y est entré debout, le Notre Père ou le Shema Israël aux lèvres ». [133]

122. La finitude, lorsqu’elle est acceptée dans la vérité, n’appauvrit pas l’être humain, mais l’ouvre à la reconnaissance du visage de Dieu et de l’autre. D’ailleurs, c’est précisément parce qu’il fait l’expérience de la limite – la vulnérabilité, la douleur, l’échec – qu’il peut reconnaître sa propre dignité et celle d’autrui comme inviolables. Et dans cette même expérience de la limite, il reste capable de percevoir une fraternité plus grande que lui-même et de reconnaître l’injustice comme un scandale. La culture et l’art, lorsqu’ils sont authentiques, préservent cette étincelle, empêchant la normalisation du mal. Ainsi, certaines œuvres ont pris une valeur presque prophétique : la NeuvièmeSymphoniede Beethoven comme désir d’unité ; Guernica comme dénonciation de la déshumanisation ; La Liste de Schindler comme invitation à ne pas livrer le passé à l’oubli.

123. L’histoire n’apparaît pas seulement comme un catalogue de nos violences, mais aussi comme la preuve que l’être humain sait créer des institutions capables de protéger la vie en communauté. Au cours des deux derniers siècles, nous en voyons l’illustration dans certaines réalisations emblématiques : la fondation du Comité International de la Croix-Rouge (1863), dont la neutralité opérationnelle garantit des soins prodigués avec compassion à tous ; le long processus qui a conduit à l’abolition de l’esclavage qui n’a pas été un simple changement juridique, mais un changement de conscience ; la création de l’Organisation des Nations Unies (1945) et la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) qui ont établi un langage commun pour affirmer, au moins en tant qu’idéal partagé, que la dignité humaine est universelle ; la Convention relative au statut des réfugiés (1951) qui reconnaît un devoir de protection envers ceux qui fuient les persécutions et les menaces. Dans ces exemples, le désir de bien se traduit concrètement par des formes publiques – normes, institutions, pratiques – capables de limiter la force et de défendre les plus vulnérables. Mais rien de tout cela ne vit le jour sans se heurter à des résistances, à des intérêts mesquins et à des inerties culturelles. Les conquêtes morales prennent presque toujours la forme d’un chemin long et laborieux, marqué également par des revers : pensons aux processus de paix interrompus ou aux engagements environnementaux mis en œuvre avec lenteur. Pourtant, c’est précisément la fragilité de ces résultats qui montre à quel point la responsabilité de ceux qui les initient et les soutiennent est précieuse.

124. Certains événements nous aident à comprendre que l’histoire peut changer dès lors qu’un seul homme ou une seule femme prend vraiment au sérieux la dignité de chacun : le mouvement des droits civiques aux États-Unis d’Amérique, lié notamment au témoignage de Martin Luther King Jr., ou la fin de l’apartheid en Afrique du Sud après la libération de Nelson Mandela et son choix de ne pas abandonner l’avenir à la haine. Dans des contextes différents, des femmes courageuses et généreuses se sont également distinguées, telles que sainte Laura Montoya, sainte Thérèse de Calcutta, Dorothy Day, Marie Skłodowska-Curie, Maria Montessori, Elisabeth Elliot, Wangari Maathai, Benazir Bhutto et tant d’autres, sur tous les continents, qui, par leur engagement, ont contribué à rendre l’histoire plus humaine.

125. À côté de ces signes publics, il existe une trame plus cachée mais décisive : les communautés religieuses qui choisissent des lieux pauvres et dangereux ; les martyrs de la fraternité et de la justice comme saint Maximilien Marie Kolbe, saint Oscar Romero et le bienheureux Enrique Angelelli, ainsi que des témoins qui ont incarné, dans des conditions difficiles et souvent inhumaines, l’espérance de l’Évangile et la dignité de l’homme, comme le vénérable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận. Et, surtout, les “martyrs du quotidien” qui soignent, éduquent, accompagnent, consolent sans faire de bruit, comme les parents, les infirmiers, les médecins, les bénévoles, les personnes qui restent aux côtés d’une personne âgée ou d’un exclu. Leur témoignage montre que le bien ne se fait pas de manière automatique, mais qu’il exige de la persévérance, de la mémoire et une conversion qui rend capable de recommencer même après les défaites.

126. C’est précisément cette imbrication d’institutions justes, de témoignages crédibles et de fidélités quotidiennes qui entretient l’espérance et indique une direction : faire progresser la technique sans faire régresser le cœur. C’est pourquoi l’humanité – magnifique et blessée – ne doit être ni remplacée ni dépassée : elle peut accueillir les progrès de la technique pour soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, à condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est, c’est-à-dire la capacité de relation et d’amour. À ce stade, une question décisive s’impose : s’il existe un authentique “plus qu’humain”, où se trouve-t-il ? La foi chrétienne y répond en indiquant un accomplissement qui ne découle pas d’une divinisation technologique, mais de l’opération de la grâce de Dieu reçue dans le Christ.

Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien

127. L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour. La foi connaît un “au-delà” qui naît du don de Dieu. Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comme l’enseignait saint Thomas d’Aquin, ce processus d’élévation et de transformation « dépasse les facultés naturelles », [134] car il existe une distance infinie [135] entre notre nature et la vie de Dieu. Cependant, il est possible de nous insérer au sein de cette vie inépuisable, tandis que nous marchons dans les limites de ce monde. Et celui qui rend ce chemin possible ne peut être que l’Infini qui se donne : c’est Dieu lui-même qui surmonte la disproportion “infinie”. [136] C’est ainsi qu’a lieu la re-création de l’humain : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » ( 2 Co 5, 17).

128. Lorsque nous acceptons cette possibilité de nous transcender par la grâce de Dieu, nous ne nous renions pas, nous ne devenons pas moins humains. Au contraire, comme l’expliquait le Pape François, « nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai ». [137]C’est là que réside la différence radicale par rapport aux rêves prométhéens : ce qui sauve l’humain, ce n’est pas une autosuffisance renforcée, mais une relation qui libère, une communion qui transforme. Face à cela, une technologie qui classe et optimise ce qui existe déjà peut devenir, sans le vouloir, un obstacle au changement et à la croissance. Pour un algorithme, l’erreur est quelque chose à corriger ; pour une personne, elle peut être le début d’un changement profond. L’avenir d’une personne n’est pas prévisible, mais dépend de sa liberté portée par la grâce divine inépuisable, et des liens qu’elle cultive.

Deux cités et deux amours

129. L’humanisme chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les assume avec gratitude et réalisme, et les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus élevée. L’intelligence créative de l’être humain est un don qui peut soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, mais elle doit rester au service du bien commun, de la justice, de la protection des plus fragiles et de la création. En ce sens, le véritable choix ne se situe pas entre l’enthousiasme et la peur, mais entre deux façons de construire : un progrès au service de la personne et des peuples, ou un progrès qui les soumet à des logiques de pouvoir. En fin de compte, la question décisive reste celle posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle« la vie humaine sur la terre “plus humaine” à tout point de vue ? La rend[-elle] plus “digne de l’homme” ? ». [138] Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une opportunité à accueillir avec responsabilité, dans un chemin de reconstruction patiente et partagée, sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.

130. S’interroger sur cette possibilité de progrès et sur la manière dont nous l’interprétons et le vivons revient toujours, au fond, à nous interroger aussi sur notre cœur. La manière dont nous concevons et organisons nos relations, notre travail et nos institutions reflète en effet nos valeurs fondamentales et, en dernière analyse, découle de ce qui nous tient le plus à cœur. C’est un amour qui nous guide : ce que nous aimons vraiment, autant comme individus qu’en tant que société, oriente notre vie et notre agir. Saint Augustin décrit l’histoire humaine comme le théâtre d’une lutte entre deux amours, qui ont construit deux façons d’habiter le monde et de vivre ensemble, deux “cités” : d’un côté, l’amour de Dieu et du prochain ; de l’autre, l’amour uniquement de soi. « Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste ». [139] Comme dans toute l’histoire humaine, aujourd’hui encore ces deux amours se disputent la suprématie dans notre cœur. L’ère de l’IA n’échappe pas à cette règle : la construction de Babel ou celle de Jérusalem commence en chacun de nous.

Chapitre 4 : Préserver l’humain dans la transformation

Vérité, travail, liberté

131. Après avoir esquissé le contexte dans lequel s’inscrit le défi de la transformation technologique, en particulier celui lié à l’IA et aux courants transhumanistes et posthumanistes, nous ne pouvons nous contenter d’analyses générales. Lorsque les langages et les outils changent, les gestes quotidiens et les relations sociales changent eux aussi. C’est pourquoi il faut s’attarder sur certains domaines dans lesquels ces transformations ont des répercussions très concrètes, parfois dramatiques. À la lumière des principes de la Doctrine sociale de l’Église, la transformation numérique nous invite à redécouvrir la vérité comme bien commun, à protéger la dignité du travail et à préserver la liberté contre toute dépendance et toute marchandisation.

La vérité comme bien commun

Vérité et démocratie

132. L’utilisation des plateformes numériques et des systèmes d’IA accélère les profonds changements qui touchent la communication publique et politique. Des outils qui pourraient favoriser le débat et la participation sont souvent utilisés pour construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Le problème touche à la dimension culturelle et morale, car la qualité de la communication publique dépend directement de la confiance sociale et a une incidence sur celle-ci. Une information véridique, en effet, ne naît pas d’un contrôle centralisé ou automatisé. Dans le discours public, la vérité des faits possède une dimension rationnelle car elle exige la vérification, le recoupement des sources et la responsabilité argumentative ; mais la vérité est encore plus relationnelle, elle se construit à travers des liens de confiance et des pratiques partagées, dans une confrontation honnête avec les autres et avec le monde. Seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste.

133. Ceux qui disposent de puissantes ressources techniques et économiques – et, par là même, de nombreuses ressources humaines pour agir – ont une grande capacité à provoquer des changements culturels et, en fin de compte, à convaincre un nombre important de personnes de ce qu’est la vérité sur l’être humain, sur le monde, sur le sens de l’existence, sur la famille, voire sur Dieu. Il s’agit là d’un pouvoir pur, dépourvu de vérité, qui impose subtilement ou ouvertement ce qu’il veut que les autres considèrent comme vrai. Derrière tout cela se cache une racine malsaine difficile à reconnaître : le fait que « l’homme moderne est parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur lui-même ». [140] Par conséquent, il pense pouvoir construire la réalité et considérer valable ce qui correspond le mieux à ses prétentions. Saint Jean-Paul II a réfléchi aux conséquences de la “crise autour de la vérité”, allant jusqu’à affirmer qu’« une fois perdue l’idée d’une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée ». [141] Ainsi, la reconnaissance de vérités universellement valables qui nous précèdent et que la conscience doit accepter, vient à manquer. Cela a conduit le Pape François à se demander de manière réaliste : « Qu’est-ce que la loi sans la conviction, acquise après un long cheminement de réflexion et de sagesse, que tout être humain est sacré et inviolable ? » et à en conclure que « pour qu’une société ait un avenir, il lui faut cultiver le sens du respect en ce qui concerne la vérité de la dignité humaine à laquelle nous nous soumettons. Par conséquent, on n’évitera pas de tuer quelqu’un uniquement pour éluder la réprimande de la société et le poids de la loi, mais par conviction. C’est une vérité incontournable que nous reconnaissons par la raison et que nous acceptons par la conscience. Une société est noble et respectable aussi par son sens de quête de la vérité et son attachement aux vérités les plus fondamentales ». [142]

134. La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est elle-même un instrument de participation au bien commun. Lorsque la question de savoir ce qui est vrai perd de son intérêt et qu’un pragmatisme se répand, se contentant de ce qui semble utile ou efficace, la vie démocratique s’affaiblit. En effet, celle-ci ne se nourrit pas seulement de règles et de procédures, mais avant tout d’un rapport loyal aux faits et d’une réelle orientation vers le bien des personnes et de la société. Le désintérêt pour la vérité conduit lentement mais inexorablement à glisser vers le totalitarisme, pour lequel, comme l’a écrit la philosophe Hannah Arendt, les sujets idéaux ne sont pas tant ceux qui sont idéologiquement convaincu, mais « les gens pour qui la distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire la réalité de l’expérience) et la distinction entre vrai et faux (c’est-à-dire les normes de la pensée) n’existent plus ». [143]

Communication et imaginaire collectif

135. Dans cette perspective, il est important de rappeler que la communication « n’est pas seulement la transmission d’informations, mais aussi la création d’une culture ». [144] Les contenus qui circulent dans les espaces numériques influencent la manière dont les personnes perçoivent le monde et introduisent dans la conscience collective des images et des récits qui orientent les désirs et influencent les choix quotidiens. Ce « n’est pas un monde parallèle ou purement virtuel », [145] car ce qui naît en ligne fait désormais partie intégrante de la vie des personnes, surtout des plus jeunes.

136. C’est pourquoi ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les moyens de communication ont une capacité remarquable pour influencer l’imaginaire collectif et présenter comme désirable une certaine vision de la réalité. C’est un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la liberté intérieure et la pensée critique.

Pour une écologie de la communication

137. Le premier devoir qui nous incombe est de ne pas diaboliser ni idolâtrer les outils, mais de les maîtriser en partant d’un point d’ancrage : la vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication : sur le plan des règles publiques, cela signifie établir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont sélectionnés et amplifiés et qui protègent les données personnelles ; sur le plan social et culturel, en revanche, cela implique le renforcement des corps intermédiaires, un journalisme sérieux et des lieux de débat où comptent davantage l’argumentation et la vérification que la réaction immédiate ; du côté de l’école et de la famille, la croissance du besoin d’une nouvelle conscience éducative et la formation à l’utilisation correcte et critique des outils numériques, de l’IA, des plateformes d’achat et d’investissement ; du côté de l’université, le grand défi de l’intégration des savoirs, en formant à la fois à la capacité de relier et de fusionner les connaissances pour appréhender la complexité, et aux techniques de vérification des faits.

138. Même les communautés chrétiennes doivent s’engager à communiquer de manière transparente et à rechercher fidèlement les faits. Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas. Nous avons assisté avec honte à la pénible découverte de vérités douloureuses concernant également des membres de l’Église et des réalités ecclésiales. En particulier, certains journalistes passionnés par la vérité ont joué un rôle fondamental dans la mise en lumière d’injustices et d’abus. À ces derniers je voudrais répéter les paroles que le Pape François a prononcées en s’adressant aux vaticanistes : « Je vous remercie aussi pour ce que vous racontez sur ce qui ne va pas dans l’Église, pour ce que vous nous aidez à ne pas cacher sous le tapis et pour la voix que vous avez donnée aux victimes ». [146] Cependant, la vigilance et la transparence sont avant tout une grave responsabilité de l’Église elle-même et nous ne devons pas attendre que d’autres nous obligent à affronter des vérités dérangeantes sur nous-mêmes.

Une alliance éducative pour l’ère numérique

139. À une époque où la vérité est souvent soumise aux intérêts et aux stratégies de communication, le monde de l’éducation revêt une importance cruciale. Mais les transformations technologiques rapides mettent en évidence notre manque de préparation sur le plan éducatif. L’omniprésence des médias numériques engendre une culture de l’immédiateté et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue, l’ennui et l’apathie face à l’effort nécessaire pour rechercher la vérité.

140. Au contraire, les processus éducatifs ont besoin de temps de croissance, d’une confrontation avec la réalité au-delà des apparences et d’un cheminement patient. La question est fondamentale, car toute technologie éduque ceux qui l’utilisent. Éduquer à l’utilisation de l’IA implique donc d’éduquer à décider quand et pourquoi ne pas l’utiliser. La rapidité et la facilité avec lesquelles on obtient une réponse ou une synthèse risquent d’éteindre le désir de poser des questions, qui ne porte ses fruits qu’avec le temps. Comme l’écrit Platon, les choses les plus profondes et les plus importantes ne s’apprennent qu’après beaucoup de temps et d’efforts, en s’engageant dans la discussion avec les autres pour “frotter” les concepts et les expériences comme s’il s’agissait de silex, jusqu’à ce que jaillisse en nous l’étincelle de la compréhension. [147] Nous devons nous éduquer à jeûner de l’IA et protéger nos jeunes de la promesse de la machine parfaite, de cette séduction subtile qui fait paraître inutile la pensée humaine précisément au moment où elle est la plus nécessaire.

141. Ces dernières années, la littérature psychologique et psychiatrique a mis en évidence avec une insistance croissante comment une exposition précoce et non encadrée aux appareils numériques et aux réseaux sociaux peut avoir des répercussions négatives sur le sommeil, l’attention, la régulation émotionnelle et la vie relationnelle, en particulier chez les plus jeunes, avec des conséquences parfois dramatiques. À cela s’ajoute la facilité d’accès à des scènes violentes ou cruelles, qui blessent la sensibilité, à des contenus pornographiques et hypersexualisés, à des messages qui banalisent le corps et l’affectivité, ainsi qu’à des propositions qui normalisent des comportements à risque. Sur Internet, les phénomènes de détournement de mineurs, de chantage et d’exploitation sexuelle ne sont pas rares ; ils sont rendus plus insidieux par l’utilisation de faux profils, d’algorithmes qui amplifient les contacts dangereux et d’outils d’IA capables de manipuler des images et des vidéos. Le fait de disposer trop tôt d’un téléphone portable personnel et de l’utiliser sans contrôle parental peut accentuer la fragilité et favoriser les dépendances chez les jeunes, les exposant à des dynamiques d’isolement, de harcèlement et de cyberharcèlement, ainsi qu’à des pressions pour partager des images intimes ou des données sensibles.

142. Il est difficile pour les parents de résister seuls au conditionnement des modèles économiques qui monétisent l’attention et le temps. C’est pourquoi une alliance entre les responsables politiques, les institutions éducatives et les familles est indispensable, afin d’apporter un soutien concret aux adultes dans leur devoir. Il faut s’opposer, par des choix publics à long terme, aux intérêts immédiats des plateformes – concentrées entre quelques mains – lorsqu’ils vont à l’encontre du bien-être des mineurs. Dans cette perspective, il convient de prendre des mesures législatives qui fixent des limites d’âge, responsabilisent les fournisseurs de services – sans faire peser la charge de ces restrictions sur les familles – et prévoient des protections spécifiques contre toute forme d’exploitation et de violence sexuelle en ligne, afin de protéger véritablement l’enfance et l’adolescence en tant que biens précieux confiés à nos soins. [148] Dans le même temps, il faut éduquer les enfants, les adolescents et les jeunes afin qu’ils apprennent à reconnaître les manipulations, à défendre leur dignité et à respecter celle des autres, y compris dans les environnements numériques. [149]

Le rôle central de l’école

143. L’école est le lieu où les nouvelles générations peuvent apprendre à rechercher et à aimer la vérité, à s’interroger sur le sens de la vie et sur la dignité de chaque personne. C’est pourquoi de nombreux parents, qui souhaitent que leurs enfants grandissent en développant des capacités relationnelles, un esprit critique et des valeurs solides, placent de grands espoirs en elle, qu’ils considèrent comme une alliée précieuse dans l’éducation de leurs enfants. Les parents ont en effet le droit primordial et inaliénable de choisir le type d’instruction et de formation à donner à leurs enfants, conformément à leurs convictions morales, culturelles et religieuses. Le monde scolaire, aujourd’hui, est confronté à des défis qui ne peuvent être reportés.

144. Le premier défi est d’ordre sociopolitique. Tant au sein des différents pays qu’entre les différentes régions du monde, de fortes inégalités persistent en matière d’accès à l’éducation de base et à l’enseignement supérieur. Dans bon nombre de pays, l’État n’a pas encore investi les ressources nécessaires pour garantir à tous une éducation de qualité, tant en soutenant de manière adéquate le système scolaire public qu’en soutenant les établissements privés qui offrent ce service fondamental. Lorsqu’une part importante de l’enseignement, à différents niveaux, est confiée à des établissements privés, il peut arriver que l’accès à l’école soit trop dépendant des moyens financiers des familles, en l’absence d’un soutien public adéquat. Face à ce risque, il convient toutefois de reconnaître et de soutenir la contribution de nombreuses œuvres éducatives catholiques qui, bien qu’étant des établissements privés, garantissent un accueil inclusif aux enfants et aux jeunes de toutes origines, même lorsque la situation économique des familles ne le permet pas.

145. Le deuxième grand défi est pédagogique. De nombreux systèmes éducatifs peinent à s’adapter au rythme des changements et à soutenir un épanouissement global des élèves. Le développement des technologies de l’information et de l’IA rend rapidement inadéquats les programmes d’études conçus pour une autre époque, tandis que l’organisation de l’école, les espaces, les méthodes d’évaluation et la figure même de l’enseignant doivent être repensés dans la perspective d’une éducation véritablement globale, ouverte à toutes les dimensions de la personne. Il est nécessaire de soutenir la formation continue des enseignants tout au long de leur vie professionnelle, afin qu’ils sachent dialoguer de manière positive avec les nouvelles technologies, en aidant les élèves à en faire un usage responsable, critique et créatif, et à ne pas subir passivement leur influence.

146. Le troisième grand défi est d’ordre intellectuel et lié à la sagesse. Si nous ne faisons pas attention, un système éducatif dépourvu d’amour pour la vérité risque de voir le jour, dans lequel le flux incessant d’informations se substitue à la recherche, à la réflexion et au discernement. Les connaissances fragmentaires se multiplient mais il devient plus difficile d’appréhender la réalité dans son ensemble, de poser des questions sur le sens des choses et de développer une véritable pensée critique et créative. De nombreux éducateurs perçoivent déjà les signes d’une possible déshumanisation où les personnes savent beaucoup de choses mais peinent à donner un sens à leur vie, notamment en raison de leur incapacité à relier les informations et les connaissances, et à ne pas en perdre de vue le sens. Il faut promouvoir une véritable hygiène de l’attention : des rythmes qui prévoient le silence, l’étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée ; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d’être compromise.

147. La Doctrine sociale de l’Église invite les familles, les écoles, les communautés chrétiennes et les institutions publiques à une alliance éducative renouvelée. Celle-ci se concrétise lorsque les principes fondamentaux se traduisent en objectifs éducatifs : éduquer à la sobriété et au sens de la limite ; éduquer à la reconnaissance du droit, de l’autre et de ceux qui viendront après nous, à jouir des biens qui nous sont donnés ou que l’ingéniosité humaine rend disponibles ; éduquer à la liberté et à la responsabilité ; éduquer au sens de la transcendance et au bien commun. L’école n’est pas appelée à courir après la rapidité du monde numérique, mais à offrir ce que le numérique seul ne peut donner : du temps partagé pour apprendre et des relations de confiance.

La dignité du travail dans la transition numérique

La valeur du travail

148. Depuis la naissance de la Doctrine sociale, avec Rerum novarum, l’Église a attiré l’attention sur la protection des travailleurs et sur la nécessité de lutter contre toute forme d’exploitation. Mais, surtout, le Magistère a reconnu dans le travail « la clé essentielle » [150] pour comprendre l’ensemble de la question sociale, car c’est à travers lui que la personne développe de nombreuses dimensions de son existence. C’est dans cette perspective que l’on comprend également la grande intuition de saint Benoît de Nursie, qui a uni la prière et le travail en indiquant l’activité quotidienne comme partie de la réponse de la personne à l’appel de Dieu. Créés à l’image du Créateur, par nos œuvres nous prolongeons les siennes, nous contribuons au progrès de la société et à la construction du bien commun, nous mettons à profit les capacités reçues, nous améliorons et embellissons le monde, nous soutenons nos familles, nous entrons dans des relations de coopération et nous apprenons à construire ensemble, dans l’écoute et le dialogue, quelque chose que personne ne pourrait réaliser seul.

149. C’est pourquoi le travail n’est pas un simple instrument, mais il exprime et renforce la dignité de notre vie. Il est une exigence inscrite dans la condition humaine, un chemin ordinaire vers la maturité, le développement et l’épanouissement personnel. Dans cette optique, les aides économiques aux pauvres restent parfois nécessaires dans les situations d’urgence, mais elles ne peuvent devenir la seule réponse, car l’objectif est de permettre à chacun de vivre dignement grâce à son travail. [151]

150. Aujourd’hui, l’imbrication entre l’automatisation, la robotique et l’IA transforme rapidement la structure même du travail. Selon certains, cela apportera de grandes améliorations pour tous. En réalité, les “nouvelles façons” de travailler ne sont pas nécessairement meilleures « alors que l’IA promet de stimuler la productivité en prenant en charge des tâches ordinaires, les travailleurs sont souvent contraints de s’adapter à la vitesse et aux exigences des machines, au lieu que ces dernières soient conçues pour aider ceux qui travaillent. Ainsi, contrairement aux avantages annoncés de l’IA, les approches actuelles de la technologie peuvent paradoxalement déqualifier les travailleurs, les soumettre à une surveillance automatisée et les reléguer à des tâches rigides et répétitives. La nécessité de suivre le rythme de la technologie peut éroder le sentiment d’autonomie des travailleurs et étouffer les compétences innovantes qu’ils sont appelés à apporter à leur travail ». [152] C’est précisément pour éviter cette dérive qu’il faut concevoir des systèmes centrés sur la personne et non seulement sur la performance.

Le problème du chômage

151. Saint Jean-Paul II a rappelé que le chômage est un mal grave qui, surtout lorsqu’il prend des proportions massives, peut devenir une véritable calamité sociale, qui interpelle tout particulièrement la responsabilité de l’État. [153] Aujourd’hui, dans la quatrième révolution industrielle, cette préoccupation s’accentue car l’innovation n’est souvent accueillie qu’en fonction de la réduction des coûts et de l’augmentation des profits. [154] Dans certains contextes, il est réaliste de craindre une contraction significative et rapide des emplois disponibles, avec un effet domino qui touche profondément les familles, les jeunes et les économies locales. Dans de nombreux secteurs, cela se traduit déjà par de nouvelles formes de précarité et d’inégalité, avec des rémunérations très élevées pour une minorité hautement spécialisée et des salaires de plus en plus bas pour une grande partie de la population active.

152. Il est certes souhaitable que la technologie soulage l’homme de certains travaux particulièrement pénibles, répétitifs ou dangereux et qu’elle apporte un soutien intelligent à l’activité humaine, mais la règle générale doit rester la protection des emplois et du rôle irremplaçable de la personne. La recherche d’un profit plus élevé ne peut justifier des choix qui sacrifient systématiquement l’emploi, car la personne humaine est une fin et non un moyen, et l’ordre économique doit rester soumis à sa dignité et au bien commun.

153. Parallèlement nous devons reconnaître que chaque transition réelle s’opère par à-coups : elle est inégale, fragmentaire, parfois conflictuelle. Il n’existe donc pas de modèle de changement unique ni de solution globale : il existe des territoires et des histoires qui exigent des réponses différentes. Compte tenu des inégalités qui caractérisent notre monde, la diffusion de l’IA et des systèmes informatiques produit des effets différents selon les lieux. Les sociétés riches s’automatisent rapidement et de manière chaotique, réduisant le besoin de main-d’œuvre, ce qui engendre des zones de chômage et des frictions institutionnelles. De vastes régions du monde, en revanche, restent prisonnières d’économies hybrides où le travail humain sous-payé et des technologies partielles coexistent sans jamais vraiment se transformer. Ces territoires deviennent des réservoirs de main-d’œuvre précaire et des foyers d’instabilité et de migrations forcées. Les solutions doivent donc être trouvées aux niveaux national et local, en impliquant les communautés intermédiaires. Il faut des outils capables de s’adapter : des modèles articulés, des expérimentations locales, des redistributions progressives, de nouveaux droits d’accès aux biens essentiels. Sans rechercher une harmonie abstraite, il s’agit de construire des formes concrètes de coexistence humaine dans cette transformation.

154. Le travail reste une dimension fondamentale de l’expérience humaine : non pas seulement un moyen de subsistance, mais aussi un lieu d’expression, de relations et de contribution à la communauté. C’est pourquoi les problèmes liés au travail ne concernent pas uniquement le revenu nécessaire à la survie des familles. Une société qui ne garantirait du travail qu’à une petite partie de la population exposerait beaucoup de personnes à une situation d’inactivité forcée, d’absence de responsabilités, de manque d’engagement et de stimuli quotidiens, avec pour conséquence un appauvrissement humain et culturel en contradiction avec le niveau élevé de développement technique. Nous serions alors confrontés à un paradoxe de progrès matériel et de régression anthropologique, dans lequel les conditions d’une paix sociale juste et stable viendraient à manquer. C’est pourquoi la Doctrine sociale de l’Église insiste sur le fait que l’accès au travail pour tous doit rester un objectif prioritaire des politiques publiques et des processus économiques, un critère d’évaluation de la qualité humaine d’un modèle de développement. [155] D’ailleurs, dans les régions du monde où le travail tend à diminuer ou à se transformer radicalement sous l’effet de processus technologiques et organisationnels qui échappent au contrôle démocratique, il est nécessaire de repenser le travail lui-même et sa relation avec la citoyenneté, afin que l’absence d’emploi ne compromette pas la participation sociale.

155. À la lumière de cette conviction nous pouvons également relire l’histoire de la Doctrine sociale de l’Église après Rerum novarum. Les initiatives nées dans ce sillage – associations, syndicats, coopératives, œuvres caritatives – ont contribué de manière décisive à améliorer la législation du travail, à protéger les plus vulnérables et à promouvoir des conditions plus humaines. [156] Aujourd’hui, cependant, ces instruments ne suffisent plus à eux seuls face aux transformations induites par l’IA, la nouvelle organisation des marchés et une compétitivité qui se soucie rarement de la durabilité sociale. Un nouvel effort concerté des responsables politiques, des organisations de travailleurs, du monde des entreprises et de la communauté scientifique est nécessaire pour élaborer rapidement des règles et des protections adéquates et partagées, y compris au niveau international. [157] Les organisations syndicales, que l’Église a toujours soutenues, sont appelées à s’ouvrir aux nouvelles formes de travail et aux nouveaux travailleurs, afin de les représenter et de les défendre dans un contexte où, sans choix courageux, se profilent davantage de pauvreté et d’inégalités, avec une multitude d’exclus entourés de machines et de systèmes automatisés qui ont pris leur place.

156. Dans cette transition, il ne suffit pas de réagir lorsque des emplois disparaissent, mais il faut anticiper la transformation. Une voie envisageable consiste tout d’abord à fixer des critères sociaux pour l’innovation : toute mise en place de l’automatisation et de l’IA devrait s’accompagner de mesures vérifiables en matière de protection de l’emploi, de reconversion professionnelle et de participation des travailleurs, afin que la technologie vise à libérer du temps et des capacités humaines, et non à générer de l’exclusion. Deuxièmement, il est nécessaire que des politiques actives rendent accessibles à tous la formation continue et les transitions professionnelles, sans faire peser sur les individus l’intégralité du coût de l’adaptation aux transformations. Enfin, il faut une responsabilité des entreprises qui inclue la qualité et la dignité du travail parmi les indicateurs de réussite. Lorsque ces conditions sont réunies, l’innovation peut devenir l’alliée d’un travail plus sûr, plus créatif et plus digne ; lorsqu’elles font défaut, elle tend à se transformer en une accélération de l’injustice.

Une économie qui valorise la dignité

157. Le marché du travail est l’un des domaines où les risques liés aux nouvelles technologies apparaissent le plus clairement. C’est pourquoi il faut rappeler que la liberté économique n’est pas absolue. Elle doit toujours être mesurée à l’aune du bien commun et de la dignité de chaque personne. L’initiative entrepreneuriale peut être une véritable vocation, capable de générer de la richesse et d’améliorer la vie de tous, à condition que la création d’emplois dignes et de valeur soit considérée comme une partie essentielle de son service à la société et non comme une variable dépendant uniquement du profit. [158]

158. Avec un esprit prophétique, le Pape François a mis en garde contre une liberté économique qui n’est proclamée qu’en paroles, alors que les conditions réelles empêchent beaucoup de personnes d’en bénéficier effectivement. [159] Les modèles économiques qui exaltent l’efficacité et la réussite individuelle ont tendance à considérer comme inutile ou peu rentable l’investissement dans les personnes issues de situations défavorisées ou dont le parcours de croissance est plus lent, comme si leur destin dépendait exclusivement de leur capacité à suivre le rythme des gagnants. En réalité, une société juste exige un État présent et des institutions civiles capables de dépasser la seule logique de l’efficacité, en orientant explicitement les ressources, la créativité et les normes en faveur des plus vulnérables. [160] Au lieu d’attendre les bénéfices d’une croissance qui éventuellement profitera aussi aux pauvres, il faut des choix qui rendent la croissance inclusive dès le départ. Les expériences des dernières décennies montrent que, lors des crises économiques et financières, ce sont toujours les pauvres qui paient le prix le plus élevé, tandis que les théories qui promettent un bien-être général automatique s’avèrent souvent illusoires.

159. Depuis plus de quatre-vingts ans, on constate la nécessité de dépasser les paramètres actuels de mesure du niveau de développement étroitement liés au concept de Produit Intérieur Brut (PIB). Presque systématiquement, le PIB néglige des aspects essentiels du bien-être global des personnes et de l’environnement. Parallèlement, le PIB valorise des activités qui ont un impact, à court ou à long terme, sur la vie de notre planète. La mise au point de paramètres et d’indicateurs complémentaires au PIB est décisive pour améliorer les données de base utilisées pour effectuer des analyses, prendre des décisions politiques et économiques, et définir les priorités régionales, nationales et internationales. L’introduction de nouveaux paramètres permettra d’évaluer, avec une vision large et adaptée à notre époque, les effets des décisions législatives et réglementaires sur la dignité du travail, la prospérité partagée, la réduction des inégalités et la protection de l’environnement. Elle aura également une incidence sur le concept même de développement, sur les processus de formation, sur les mentalités et l’opinion publique, et aussi sur la paix qui n’est véritable que si elle repose sur la justice.

160. La finance a pris une importance croissante ces dernières années et a connu une forte innovation également suite à l’introduction des cryptomonnaies. Les réflexions et les indications contenues dans le Magistère de mes Prédécesseurs, en particulier dans les Encycliques, ont mis en évidence que le fonctionnement de l’intermédiation financière « lorsqu’il est déconnecté des justes fondements anthropologiques et moraux, non seulement produit des abus et des injustices évidents, mais se révèle capable de créer des crises systémiques de portée mondiale ». [161] Il est tout aussi vrai que la rentabilité du capital risque de se substituer au revenu du travail, souvent relégué en marge des principaux intérêts du système économique. Pourtant, l’épargne qui se transforme en crédit pour l’économie réelle, et pour créer des emplois salariés ou indépendants, reste centrale pour le développement et pour les investissements qui doivent accompagner les transitions en cours. La fonction sociale du crédit reste irremplaçable. La finance pour la finance est bien différente de la finance pour le développement et pour la création et l’évolution du travail.

161. Cette perspective doit s’inscrire dans une vision plus large des dynamiques mondiales. La richesse mondiale a augmenté en termes absolus, mais sa concentration entre quelques mains s’est accentuée et les déséquilibres se sont creusés, tant entre les pays qu’au sein d’un même pays : « Quelques-uns ont trop et trop de personnes ont trop peu, telle est la logique d’aujourd’hui ». [162] Les progrès scientifiques et technologiques, y compris dans le domaine médical, ne sont pas facilement accessibles à la grande majorité de la population, comme on l’a vu de manière dramatique lors de la récente pandémie de Covid-19. Alors que dans certaines régions, on investit dans des interventions superflues ou dans des rêves d’amélioration individuelle que peu de gens peuvent se permettre, dans d’autres parties du monde, il manque encore des équipements essentiels pour sauver des millions de vies humaines. Penser que les nouvelles technologies profiteront automatiquement à tous, c’est ignorer une évidence : si l’on ne gère pas les transformations en se fixant comme objectif prioritaire, dès la phase de conception, la prévention de nouvelles disparités supplémentaires, le progrès technologique engendrera automatiquement des inégalités structurelles. La justice passe aujourd’hui aussi par l’accès aux bienfaits de l’innovation : soins, connaissances, outils, opportunités.

162. Il faut certes des lois justes et des instruments de redistribution qui corrigent les déséquilibres, notamment par le biais de systèmes fiscaux en allégeant la charge pesant sur les plus faibles et exigent davantage de ceux qui disposent de ressources plus importantes. Mais il ne faut pas considérer la recherche de la justice sociale comme une question distincte et postérieure à la production de richesse, comme si l’économie devait simplement créer de la valeur et la politique n’intervenir qu’ensuite pour la redistribuer. Au contraire, la justice concerne toutes les phases de l’activité économique, de la mobilisation des ressources au financement, de la production à la consommation, et chaque choix a des conséquences morales. [163]

163. À plus forte raison, à l’ère de l’IA et de la robotique, il n’est plus possible de se fier uniquement à la “main invisible” du marché : [164] la politique a pour mission d’orienter les dynamiques économico-technologiques vers le bien commun, en favorisant un travail décent, l’inclusion sociale et une égale répartition des bénéfices de l’innovation. Comme de nombreuses décisions économiques dépassent les frontières des États, une coopération internationale capable de définir des stratégies communes est également nécessaire, surtout en faveur des pays et des groupes les plus vulnérables, afin de promouvoir le développement et de dépasser l’assistanat. La logique qui inspire ces choix est celle de l’infinie dignité de chaque personne, du bien commun et d’un monde véritablement pensé pour tous. L’interdépendance entre paix et développement, comme l’écrivait prophétiquement en 1967 saint Paul VI, [165] pourrait ainsi être actualisée aujourd’hui : la prospérité ne peut contribuer à construire et à renforcer la paix que si elle est généralisée, inclusive et durable.

164. Concrètement, orienter l’économie vers la dignité signifie adopter certains critères d’action stables, même à l’ère de l’IA. Tout d’abord, la transparence et la responsabilité : lorsque les données et les algorithmes influencent l’octroi de crédits, la sélection du personnel, l’accès aux services ou aux opportunités, il est nécessaire que les décisions soient compréhensibles, contestables et soumises à un contrôle, afin que la personne ne soit pas réduite à un simple profil. En second lieu, l’inclusion et l’accès : les bénéfices de l’innovation doivent s’accompagner d’investissements dans les compétences, les infrastructures et les services essentiels, afin que la technologie ne creuse pas davantage le fossé entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Enfin, des mesures d’équité : la fiscalité, la protection sociale et les politiques industrielles doivent corriger les déséquilibres créés par la concentration de la richesse et du pouvoir. Ces critères ne sont pas un frein à l’innovation : ils la rendent, en réalité, viable et humaine.

Famille et jeunes : conditions sociales de l’espérance

165. La famille est un bien social primordial. Fondée sur l’union stable entre un homme et une femme, elle est le premier milieu dans lequel chacun développe ses potentialités, prend conscience de sa dignité et apprend les premières formes de vérité et de bonté, en intériorisant des habitudes qui préparent à la vie sociale. [166] Première société naturelle, dotée de droits originels, la famille est la cellule fondamentale et irremplaçable de toute organisation communautaire. [167] Par conséquent, lorsque les projets politiques et les grandes décisions économiques la relèguent à un rôle marginal ou secondaire, la croissance authentique de l’ensemble du corps social s’en trouve compromise. [168]

166. La famille est toutefois un bien social fragile, qui subit de plein fouet les transformations économiques et technologiques qui bouleversent le monde du travail, et qui a besoin d’un soutien culturel, juridique et économique. L’impact dévastateur du chômage et de la précarité sur le tissu familial est bien connu. À court terme, il peut sembler avantageux de réduire le coût du travail ou de maximiser l’efficacité financière, mais à long terme, cela sape les fondements mêmes de la vie en société : tandis que l’on célèbre les succès technologiques, la structure sociale s’érode progressivement, comme sous l’effet d’un virus silencieux.

167. Pour les jeunes, la précarité de l’emploi est particulièrement dramatique. Comme le rappellent les évêques des États-Unis d’Amérique, le travail n’est pas seulement source de revenus, mais un domaine déterminant où se forge l’identité, où se nouent des amitiés et des relations, où l’on apprend des responsabilités concrètes et où l’on discerne sa vocation. [169] Lorsque l’accès à l’emploi est entravé par des taux de chômage élevés, des systèmes de formation inadéquats ou des barrières structurelles, de nombreux jeunes voient leur cheminement vers l’épanouissement humain et professionnel bloqué. La nécessité de changer plusieurs fois d’emploi au cours de la vie exige des parcours de mise à jour et de requalification permanents, qui rendent les nouvelles générations capables d’assumer, avec compétence et autonomie, les risques d’un contexte économique changeant et souvent imprévisible. [170]

168. Il en découle une responsabilité publique spécifique. L’État a le devoir de soutenir l’activité des entreprises en créant des conditions favorables à l’emploi, en favorisant le travail là où il fait défaut et en le défendant en temps de crise, car il est un bien essentiel pour les familles et pour la société. [171] En particulier en cette période de profondes transformations technologiques, une créativité politique en faveur du travail qui place la famille et les nouvelles générations au centre est requise, si nous ne voulons pas que les progrès économiques se traduisent par de nouvelles formes d’insécurité et d’exclusion.

169. Soutenir les familles et les jeunes dans cette transition nécessite des choix qui rendent la stabilité possible. Ainsi qu’indiqué plus haut, il faut des politiques de l’emploi qui favorisent la continuité et la qualité de ce dernier, en luttant contre la précarité comme condition normale de vie et en promouvant des parcours réalistes d’accès à l’emploi et d’évolution professionnelle. Deuxièmement, il faut des mesures qui garantissent des rythmes humains : sans équilibre entre travail, services et repos, la famille s’affaiblit et les jeunes ont du mal à développer leur sens de la responsabilité. De plus, il est essentiel d’investir dans une formation et une reconversion accessibles, afin que la mobilité professionnelle exigée par l’économie numérique ne devienne pas une sélection cruelle entre ceux qui peuvent se former et ceux qui ne le peuvent pas. Enfin, il faut soutenir les liens sociaux : des réseaux et des communautés éducatives qui accompagnent les choix de vie et empêchent que l’incertitude ne génère solitude et dépendances. Ainsi, la transformation technologique peut être traversée sans briser ce qui rend une société féconde : la capacité de construire l’avenir.

Préserver la liberté face à la dépendance et à la marchandisation

Dépendances et contrôle social

170. Après avoir abordé les thèmes de la vérité et de l’éducation, du travail et de la famille, nous devons maintenant nous pencher sur l’impact de la révolution numérique sur la liberté humaine, en réfléchissant à la manière d’affronter tant les risques liés à la psychologie individuelle que les grands drames sociaux. Il ne faut pas sous-estimer les formes les plus subtiles de dépendance liées à l’économie numérique de l’attention, où les plateformes et les services sont conçus pour capter le temps et le regard des utilisateurs, en exploitant leurs fragilités et en affaiblissant leur liberté intérieure. Lorsque des modèles commerciaux prospèrent sur la faiblesse humaine, la personne est traitée comme un moyen et non comme une fin, et ceux qui conçoivent ou financent ces systèmes assument une responsabilité morale à laquelle ils ne peuvent se soustraire. Il est urgent de promouvoir une utilisation des technologies qui renforce la liberté intérieure : éducation à la sobriété numérique, protection des mineurs et lutte contre les modèles qui prospèrent sur la vulnérabilité.

171. Un autre risque, moins visible mais non moins grave, est celui du contrôle social, rendu possible par la collecte massive de données et l’utilisation de systèmes algorithmiques. Lorsque chaque geste laisse des traces – déplacements, achats, relations, préférences –, un nouveau pouvoir se crée : celui de profiler, de prévoir et d’orienter les comportements, souvent sans que les personnes en aient pleinement conscience. Si ces données sont utilisées pour prendre des décisions qui ont une incidence sur des opportunités concrètes (accès au crédit, recrutement, services), on risque de porter atteinte à la liberté et de discriminer les plus vulnérables. De plus, le contrôle ne passe pas seulement par des interdictions explicites, mais par l’architecture de la visibilité : ce qui est amplifié ou rendu invisible, ce qui est récompensé ou pénalisé, finit par façonner les opinions et les choix, générant conformisme et autocensure. C’est pourquoi la liberté, à l’ère numérique, n’est pas seulement une question intérieure : elle est aussi une question publique, qui exige des règles claires, de la transparence, des voies de recours et des limites proportionnées à l’utilisation de technologies intrusives, afin que la technique reste au service de la personne et ne devienne pas une forme d’emprise des consciences.

172. À l’origine de ces problèmes se trouve une mentalité technocratique et post-humaniste qui tend à considérer la personne comme un objet manipulable ou une ressource à optimiser, [172] en éliminant tout ce qui fixe des limites à la maximisation du profit : ce qui compte, c’est l’efficacité, et non le respect de la liberté et de la dignité humaine. Certains courants post-humanistes vont même jusqu’à envisager des êtres humains “de seconde classe”, au service des intérêts d’élites qui se perçoivent comme supérieures : une perspective inquiétante, d’autant plus grave lorsqu’elle s’associe à des outils technologiques qui amplifient de manière exponentielle le pouvoir de contrôle et de sélection. De même certaines logiques d’endettement structurel qui maintiennent des peuples entiers dans des conditions de dépendance, révèlent la même mentalité en acceptant, sous de nouvelles formes, des relations de subordination proches de l’esclavage.

Briser les chaînes des nouvelles formes d’esclavage

173. Cette vision déformée de la personne se traduit aujourd’hui par diverses formes d’asservissement directement liées à l’économie numérique. Rien, dans le monde de l’IA, n’est immatériel ou magique. Chaque réponse qui semble immédiate et parfaite provient d’une longue chaîne de médiations, d’un vaste réseau de ressources naturelles, d’infrastructures énergétiques et, surtout, de personnes. Une part importante du fonctionnement de l’économie numérique repose sur le travail silencieux de millions d’êtres humains, employés à des activités peu visibles mais essentielles : étiquetage des données, modération des contenus – souvent très mauvais –, apprentissage des modèles. Dans de nombreux cas il s’agit de jeunes, pour la majorité des femmes, qui travaillent laborieusement pour un salaire de misère. À cette fatigue invisible s’ajoute celle, encore plus brutale, de l’extraction des ressources nécessaires à la production des appareils et des microprocesseurs sur lesquels repose l’IA. Dans certaines régions du monde, des enfants et des adolescents travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des matériaux dont on tire les terres rares. Des corps marqués, mutilés, utilisés pour que le flux de calcul ne s’interrompe jamais. En outre, des réseaux criminels utilisent des plateformes en ligne, des systèmes de messagerie, des paiements anonymes et des techniques de profilage pour recruter, contrôler et déplacer des victimes de la traite, fréquemment mineures, transformant hommes et femmes en “données” à tracer et en “colis” à déplacer au sein des mêmes circuits numériques qui soutiennent une grande partie de l’économie mondiale. Cette réalité interpelle profondément la conscience morale de notre temps. Il ne suffit pas d’invoquer l’efficacité, ni de célébrer les bienfaits de l’innovation, s’ils reposent sur une chaîne d’exploitation qui reste délibérément invisible. Si une technologie promet l’émancipation mais produit de nouvelles formes de subordination mondiale, elle contredit le principe fondamental de la dignité de la personne.

174. La lutte contre les nouvelles formes d’esclavage constitue un test décisif pour le discernement éthique de l’IA et de la transformation numérique. Dans le sillage de la tradition inaugurée par Léon XIII, l’Église renouvelle sa condamnation ferme de toute forme d’esclavage, de traite et de marchandisation des personnes, et rappelle l’urgence d’un vaste mouvement de réflexion et d’action qui place au centre la dignité inaliénable de chaque être humain et le bien commun comme fins de la société et comme critères de tout choix personnel, social et politique. Sans cette réflexion éthique et humanisante, le pouvoir croissant des systèmes numériques risque de nous conduire vers de nouvelles atrocités, non moins honteuses que celles du passé que nous déplorons aujourd’hui, alors que nous continuons à nous présenter comme des sociétés “avancées” et “civilisées”.

175. La traite doit être reconnue comme une forme contemporaine d’esclavage et comme une atteinte grave à la dignité humaine ; ne pas réagir avec fermeté ou tolérer de quelque manière que ce soit ces pratiques revient, dans une certaine mesure, à se rendre aujourd’hui complice des fautes commises hier, lorsque l’esclavage était justifié ou passé sous silence. [173]

176. Au fur et à mesure que sa doctrine mûrissait, l’Église a progressivement pris conscience de la gravité de ces réalités. Il est vrai que les événements du passé ne peuvent être jugés hors du contexte historique, comme si tous les critères qui se sont affinés au fil du temps avaient toujours existé. Cependant, nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage. Si, dans l’Antiquité et au Moyen Âge, de nombreuses personnes et institutions ecclésiastiques avaient des esclaves, dès l’époque moderne, le Siège Apostolique romain, sollicité par les demandes des souverains, est intervenu à plusieurs reprises pour réglementer et légitimer les modalités de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des “infidèles”. [174] Il faut attendre le XIX siècle pour trouver une condamnation formelle, absolue et universelle de l’esclavage, notamment avec Léon XIII. [175] Cela constitue un exemple clair de l’évolution de la compréhension, par l’Église, des vérités éternelles de la Révélation dont elle est la gardienne. Bien que l’on ne trouve pas d’homogénéité dans la question en soi – l’Église ayant longtemps toléré l’esclavage et n’en étant venue qu’ensuite à le condamner de manière absolue –, il existe une continuité, tout au long de l’histoire, de la conviction de la dignité de chaque être humain, crée à l’image de Dieu, même si, en dix-huit siècles, l’Église n’est pas parvenue à en exprimer officiellement l’incompatibilité totale avec l’esclavage. Il s’agit d’une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons nous considérer étrangers. [176] Il est inévitable d’éprouver une profonde douleur en considérant l’énorme souffrance et l’humiliation que l’esclavage a signifiées pour tant de personnes, infiniment aimées par le Seigneur, en contraste avec leur dignité sans limites. C’est pourquoi, au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon.

177. C’est précisément pour cette raison que le souvenir de la complicité et de l’aveuglement d’hier, face à l’injustice de l’esclavage, devient pour nous un appel à la vigilance : ce que nous avons appris doit se traduire en discernement et responsabilité dans le présent. Si nous ne voulons pas avoir à demander pardon à l’avenir pour ne pas avoir été fidèles au trésor de la dignité humaine que renferme notre foi, c’est à nous aujourd’hui d’être directs et fermes dans la dénonciation de la traite sous ses multiples formes et de soutenir, pas à pas, aux côtés de tous ceux qui s’y engagent, des parcours concrets de prévention, de protection, de libération et de réhabilitation.

178. Le colonialisme revêt de nos jours un visage inédit. Il ne domine pas seulement les corps, mais s’approprie les données, transformant les vies personnelles en informations exploitables. Des territoires entiers, en particulier ceux de moindre importance géopolitique et de plus grande fragilité structurelle, sont actuellement traversés par une nouvelle logique d’extraction : celle des flux sanitaires, profils épidémiologiques, cartes génétiques et données démographiques. Ce sont là les nouvelles “terres rares” du pouvoir : des informations vitales qui, une fois mises en relation, peuvent servir à entraîner des modèles prédictifs, à orienter des stratégies d’investissement, à anticiper les crises et surtout à sélectionner les personnes et les choses qui comptent. Celui qui détient les données sanitaires de populations entières, aujourd’hui souvent collectées sous le couvert de l’aide, de la recherche ou de l’innovation, détient en réalité un levier structurel sur l’avenir : il peut modeler les besoins et les marchés. Et il peut décider, avant les autres, à qui destiner les médicaments, les investissements et les protections. C’est là que se joue l’un des enjeux moraux les plus urgents de notre époque : transformer la connaissance partagée en bien commun, et non en levier de domination ; rendre aux peuples non seulement les données qui les décrivent, mais aussi la possibilité de décider comment elles seront utilisées, par qui et pour qui. Autrement, l’ère numérique ne sera pas postcoloniale, mais coloniale sous une nouvelle forme.

179. Les nouvelles formes d’esclavage se nourrissent de chaînes économiques et d’infrastructures numériques. Il faut donc œuvrer dans plusieurs directions : tout d’abord, en renforçant les exigences en matière de transparence des filières qui soutiennent l’industrie technologique et l’économie numérique, afin qu’aucun avantage concurrentiel ne repose sur une exploitation invisible. Deuxièmement, il est nécessaire que les entreprises et les investisseurs adoptent des critères clairs de vérification éthique préventive (due diligence), en incluant parmi leurs priorités la protection des travailleurs, la lutte contre le travail forcé et l’impact social des modèles d’entreprise basés sur les données. En outre, les plateformes numériques doivent être appelées à coopérer de manière responsable avec les autorités et la société civile afin d’empêcher que les outils de communication, de paiement et de ciblage ne deviennent des canaux de recrutement et de contrôle des victimes. Lorsque ces choix convergent, l’environnement numérique peut se transformer d’un espace de prédation en un espace de protection, de prévention et de promotion de la dignité.

Une responsabilité partagée

180. Les différents domaines abordés – la recherche de la vérité dans la vie publique, l’éducation dans l’environnement numérique, les transformations du monde du travail, la fragilité des familles et les nouvelles formes d’esclavage – ne constituent pas des phénomènes isolés. Ils manifestent le même enjeu : si la technique devient un critère absolu, la personne risque d’être traitée comme une donnée, un engrenage ou une marchandise ; si, au contraire, la technique s’inscrit dans une perspective de sagesse, elle peut devenir une occasion de croissance, de justice et de fraternité.

181. Dans cette perspective, la Doctrine sociale de l’Église prône une responsabilité partagée. Elle demande que ces processus soient conduits avec clairvoyance : par des institutions capables de réguler sans étouffer et de protéger sans se substituer ; par des entreprises qui reconnaissent dans le travail et la dignité un critère de réussite ; par des corps intermédiaires et des communautés éducatives qui rétablissent la confiance et les liens ; par des citoyens qui cultivent la responsabilité, la sobriété, le discernement et le sens de la vérité. Ce n’est qu’ainsi que l’innovation pourra véritablement devenir un développement humain intégral et non un facteur d’exclusion et de domination ; et ce n’est qu’ainsi que la promesse du progrès pourra être reconnue comme vraie, car mesurée à l’aune de la dignité inviolable de chaque homme et de chaque femme.

Chapitre 5
La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour

182. Après avoir examiné comment l’IA transforme certains aspects de la vie et de la société, avec de graves répercussions sur la dignité humaine, il est nécessaire de tourner notre regard vers un domaine encore plus dramatique : la guerre. Ici, la question ne concerne pas seulement l’efficacité de nouveaux outils, mais le risque que la technique, dissociée de l’éthique et de la responsabilité, rende plus rapide et impersonnelle la décision sur la vie et la mort, et présente le recours à la force comme une option immédiate et réalisable. Dans un monde de plus en plus interdépendant, la paix n’est pas un thème parmi d’autres, mais une condition du bien commun universel et un banc d’essai de la maturité morale des peuples, spécialement de ceux qui sont appelés à assumer des responsabilités gouvernementales.

183. La révolution numérique est en train de modifier la grammaire des conflits. La guerre visible côtoie désormais des formes hybrides : cyberattaques, manipulation de l’information, campagnes d’influence, automatisation des décisions stratégiques. L’IA intervient dans ces processus comme un facteur d’accélération, dans un contexte où de nombreuses technologies sont intrinsèquement ambivalentes : ce qui est conçu pour défendre peut rapidement être converti en attaque, et la frontière entre protection et agression tend à s’estomper. L’IA peut renforcer la défense et la protection des civils, mais elle peut aussi abaisser le seuil du recours à la force, rendre les responsabilités opaques, alimenter une culture où l’ennemi est réduit à une donnée et la victime à un “dommage collatéral”. Face à ces transformations, nous devons nous référer aux principes de la Doctrine sociale – dignité de la personne, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarité, solidarité, justice – comme critères pour juger si les technologies servent réellement l’humanité ou finissent par l’asservir, et les considérer comme lignes directrices pour nos choix.

184. Dans ce chapitre, j’entends donc mettre en parallèle deux logiques opposées, que j’ai déjà évoquées à l’aide d’images bibliques : d’une part, la tentation de construire la tour de Babel, en misant sur la puissance et l’orgueil ; d’autre part, la patience de reconstruire Jérusalem comme à l’époque de Néhémie, pierre par pierre, en préservant l’humain et le bien commun.

185. Si l’on observe la dynamique mondiale, on constate toujours plus clairement l’expansion d’une culture de la force, faite de polarisations et de violences. La Babel moderne n’est pas seulement le paradigme technocratique mondialisé, mais aussi l’affrontement à distance entre des impérialismes opposés, entre des puissances qui veulent conserver leur suprématie et celles qui aspirent à la conquérir, avec une multitude de conflits locaux. C’est aussi la course au développement de technologies toujours plus puissantes, ou à s’en assurer le contrôle, selon une dynamique déshumanisante qui semble ne connaître aucune limite. Et pourtant, à côté de cette dérive, nous entrevoyons une grande partie de l’humanité qui cherche à rester humaine et à s’employer à construire la cité de la paix et de la coexistence. Nous en sommes tous souvent les artisans inconscients et les architectes désunis, capables d’élans généreux mais dépourvus d’une vision d’ensemble : c’est une construction plus lente, moins visible et moins spectaculaire, qui attend d’être mieux comprise et mieux coordonnée, pour devenir ainsi l’engagement conscient et structuré de chaque communauté, de la famille au gouvernement des États et à leurs relations. C’est à cet horizon d’engagement, à ce chantier d’espérance, que nous donnons le nom de « civilisation de l’amour ».

La civilisation de l’amour à l’ère numérique

186. Lorsque saint Paul VI introduisit l’expression “civilisation de l’amour”, [177] le monde était marqué par la Guerre froide, la course aux armements et de forts déséquilibres économiques. Dans ce contexte, l’Église proposait une voie alternative à l’opposition idéologique entre les systèmes, en imaginant un ordre social où justice et charité s’entremêlent et où l’amour devient le principe d’organisation de la vie économique, politique et culturelle. Aujourd’hui, nous devons retrouver avec force cette vision : la civilisation de l’amour n’est pas une utopie naïve, mais un projet exigeant. Elle consiste à traduire la charité en structures de justice, à donner une forme institutionnelle à la fraternité et à considérer l’autre – qu’il s’agisse d’une personne ou d’un peuple – comme un allié nécessaire à la construction du bien commun. Comme nous l’a rappelé l’Encyclique Fratelli tutti, seul cet amour social, capable de devenir culture et norme, peut engendrer un ordre international stable, transformant la cohabitation d’une simple coexistence armée en une communauté de destin. [178]

187. Aujourd’hui, dans le contexte de la révolution numérique, cette intuition s’avère encore plus déterminante. Les réseaux numériques, l’économie mondialisée et le développement de l’IA créent des liens de plus en plus étroits, reliant en temps réel les décisions prises en un lieu aux effets qu’elles produisent ailleurs. Les paroles du Concile Vatican II sur l’interdépendance croissante entre les peuples restent donc d’actualité : le bien commun revêt de plus en plus une dimension universelle, avec des droits et des devoirs qui concernent l’ensemble de la famille humaine. [179] Le projet de la civilisation de l’amour assume ici la tâche décisive de transformer cette interdépendance subie en une solidarité voulue et choisie. C’est le critère qui doit orienter les processus technologiques : il ne suffit pas que l’IA nous rende plus efficaces ou plus connectés, elle doit servir à édifier cette famille humaine universelle, avec des droits et des devoirs partagés, où la proximité numérique devient une occasion réelle de rencontre et de sollicitude réciproque.

La culture du pouvoir

188. Dans le monde actuel une culture de la puissance s’installe progressivement, où la disponibilité des moyens et la capacité de dominer tendent à dicter l’ordre du jour et les critères de décision, en reléguant le bien commun de l’humanité au second plan et en réduisant le drame concret des peuples en guerre à une variable secondaire face aux intérêts stratégiques. Cette culture de la puissance s’infiltre dans la société, modifie les relations et les comportements, se répand en normalisant la guerre, en recherchant une puissance militaire toujours plus grande, en profitant de la crise du multilatéralisme et en alimentant un faux réalisme qui répète qu’il n’existe pas d’alternatives.

La banalisation de la guerre

189. En 1965, le cri de saint Paul VI résonnait avec force devant l’Assemblée Générale des Nations Unies : « jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! ». [180] Nous devons reconnaître que, malgré les aspirations et les proclamations de paix, les soixante dernières années ont été marquées par des conflits d’une férocité impressionnante qui ont souvent impliqué massivement les populations civiles, causant des victimes innocentes, des vagues de réfugiés, une déstabilisation sociale et des blessures durables. Cependant, dans le discours public, il était communément admis que la guerre devait rester une extrema ratio, encadrée par des limites éthiques et juridiques rigoureuses, et en tout état de cause par une perspective politique orientée vers la paix. À la suite des événements survenus pendant l’entre-deux-guerres, un tournant s’est produit après la Seconde Guerre mondiale : la paix avait été placée au centre de l’ordre international, comme en témoigne notamment la Charte des Nations Unies, qui se propose de « préserver les générations futures du fléau de la guerre » ; [181] de nombreuses Constitutions nationales, dans le même esprit, avaient relégué le recours aux armes à des cas extrêmes et strictement délimités. Même pendant la Guerre froide, malgré la présence de conflits graves, la conscience qu’il fallait éviter à tout prix un nouveau conflit mondial persistait.

190. Aujourd’hui, en revanche, nous assistons à un véritable changement de paradigme dans le discours public et dans les choix en matière de réarmement, avec une réhabilitation inquiétante de la guerre en tant qu’instrument de politique internationale, tandis que les critères éthiques mêmes qui en avaient limité l’usage sont progressivement érodés. Les conflits régionaux qui s’éternisent, l’escalade des tensions et les menaces réciproques deviennent presque habituels, et des formes de conflit pour l’expansion territoriale que l’on croyait dépassées réapparaissent. L’opinion publique est progressivement orientée et habituée par des récits médiatiques polarisants, souvent amplifiés par des algorithmes qui valorisent la confrontation et l’opposition.

191. Nous assistons également à une perte inquiétante de la mémoire historique. La disparition progressive des témoins directs de la Shoah et des deux guerres mondiales facilite une réécriture sélective ou déformée du passé, dans un climat où les fausses informations et les manipulations narratives brouillent les leçons apprises. Sans une mémoire vive des horreurs de la guerre, les décisions politiques risquent d’être prises sur la base de calculs de force, sans vision des conséquences à long terme.

192. À tout cela s’ajoute un élément nouveau et déterminant : la dimension médiatique et numérique. Les réseaux de communication, les espaces d’information fragmentés et les algorithmes qui favorisent la confrontation peuvent amplifier la polarisation et le ressentiment, accélérer la propagande et rendre plus difficile un discernement commun. Ainsi, la guerre n’est pas seulement menée, mais aussi préparée culturellement à travers des récits simplistes, des logiques ami-ennemi, la désinformation et la peur. Lorsque la mémoire historique s’estompe et que les critères éthiques qui protègent les civils et les plus fragiles s’affaiblissent, il devient plus facile de présenter la violence comme nécessaire, inévitable, voire “propre”. C’est dans ce climat que l’humanité est en train de glisser vers une culture violente de la puissance, où la paix n’apparaît plus comme une tâche à assumer, mais comme un intervalle précaire entre les conflits. Aujourd’hui plus que jamais, il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la “guerre juste” trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict. [182] La magnifique humanité dispose d’outils bien plus efficaces et capables de promouvoir la vie humaine pour faire face aux conflits, tels que le dialogue, la diplomatie, le pardon. Le recours à la force, à la violence et aux armes témoigne d’une pauvreté relationnelle qui a toujours des conséquences désastreuses sur les populations civiles.

La force sans limites

193. Un élément déterminant du paysage actuel est l’essor de l’industrie de guerre, devenue un secteur clé de l’économie de certains pays. Le lien étroit entre les intérêts économiques, les appareils militaires et les décisions politiques engendre une “nation armée” où la guerre apparaît presque comme le prolongement naturel de la politique et où le marché de l’armement devient un moteur autonome des choix belliqueux. Nous ne pouvons ignorer les énormes intérêts économiques qui se trouvent derrière la guerre. Les industries de l’armement et les pays qui fournissent des armes tirent profit d’un marché qui prospère précisément grâce aux conflits. En ce sens, il existe également une logique économique qui contribue à alimenter les tensions dans différentes régions du monde.

194. Les arsenaux militaires font l’objet d’une attention renouvelée. Par le passé, la prise de conscience de la menace que représentent les armes capables de détruire l’humanité tout entière avait favorisé des voies de désescalade et de négociation en matière de désarmement. Nous sommes malheureusement sortis de cet horizon et l’évolution des arsenaux nucléaires – y compris la perspective d’utilisations tactiques – fait apparaître le recours à ces engins comme une possibilité de moins en moins lointaine. Dans ce contexte, l’entrée en vigueur en 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, soutenu par plus de soixante-dix pays, constitue un signe important, mais risque de rester en grande partie symbolique, puisque les principales puissances nucléaires n’y adhèrent pas. C’est ainsi que s’est répandue la conviction, erronée, que la dissuasion nucléaire est une condition indispensable à la sécurité. Ceci a pour effet d’alimenter une nouvelle course aux armements difficilement contrôlable, accompagnée du démantèlement progressif des accords de réduction des armes nucléaires et du développement d’engins “miniaturisés”, qui facilitent leur utilisation comme une option viable.

195. On retrouve la même logique dans les conflits conventionnels : la puissance militaire, la faiblesse des initiatives diplomatiques et la complexité des intérêts en jeu favorisent des conflits qui ont tendance à s’enliser, avec un coût humain et environnemental extrêmement élevé. Il est bien plus facile de déclencher une guerre que d’y mettre fin, et pourtant, la réflexion sur la prévention des conflits reste dramatiquement marginale.

196. La situation est encore plus instable en raison de la présence de nouveaux protagonistes armés – groupes djihadistes, milices privées, réseaux criminels – qui marquent la fin du monopole de l’État sur la force. Souvent, ces individus mélangent des motivations idéologiques vagues à des intérêts économiques très concrets, transformant la guerre en un véritable mode de vie pour des générations entières de jeunes et d’enfants : l’objectif n’est plus une victoire définitive, mais la perpétuation du conflit comme source de pouvoir et de revenus.

Armes et IA

197. À ce contexte s’ajoute le développement incessant des systèmes d’armes, en particulier des armes liées à l’IA. Le Saint-Siège a récemment fait remarquer que la facilité croissante avec laquelle les systèmes d’armes à autonomie opérationnelle peuvent être utilisés rend la guerre plus “accessible” et moins soumise au contrôle humain, ce qui va à l’encontre du principe selon lequel l’usage de la force armée ne doit intervenir qu’en dernier recours, en cas de légitime défense. [183] C’est pourquoi le développement et l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire doivent être soumis aux contraintes éthiques les plus rigoureuses, dans le respect de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie, en évitant une course aux armements. [184]

198. On parle parfois d’“agents moraux artificiels” comme si une machine pouvait garantir, avec plus de cohérence qu’un être humain, la distinction entre le bien et le mal. Mais le jugement moral ne se réduit pas à un simple calcul : il implique la conscience, la responsabilité personnelle et la reconnaissance de l’autre en tant que personne. Il n’est donc pas acceptable de confier à des systèmes artificiels des décisions mortelles ou, en tout cas, irréversibles. Il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable. L’IA ne soustrait pas le conflit à son inhumanité intrinsèque : elle ne peut que le rendre plus rapide et impersonnel, en abaissant le seuil du recours à la violence et en transformant la défense en prévision opérationnelle, les victimes étant réduites à de simples données. Ainsi, elle nous habitue à l’idée que la violence est inévitable et qu’il suffit de l’optimiser. Il est donc primordial d’inculquer des valeurs et un jugement prudent dans la programmation des systèmes artificiels que nous construisons, lesquels peuvent contribuer à un écosystème moral dans lequel les êtres humains soient mieux à même d’écouter leur conscience et où les modèles d’IA fixent des limites appropriées.

199. Il ne suffit pas d’invoquer l’éthique de manière générale : il faut définir des critères précis de discernement. Le premier concerne la responsabilité personnelle. Lorsque la décision de frapper devient automatique ou opaque, le risque de déresponsabilisation augmente. C’est pourquoi la chaîne des responsabilités doit rester identifiable et vérifiable : ceux qui planifient, forment, autorisent et utilisent doivent pouvoir rendre compte de leurs choix. Le deuxième critère concerne le délai du jugement moral. L’IA tend à raccourcir les délais de décision ; mais, en temps de guerre, les décisions irréversibles ne peuvent avoir pour critères suprêmes la rapidité et l’efficacité. Le troisième critère est l’identification et la protection des civils. Toute technologie qui facilite le fait de frapper sans voir le visage de l’autre abaisse le seuil moral du conflit. La sélection des cibles et l’usage de la force ne peuvent confondre combattants et non-combattants, ni ignorer l’impact sur les populations sans défense.

200. De ces critères découlent certaines exigences incontournables. Tout d’abord, pour tout système utilisé dans un contexte de guerre, la traçabilité et la possibilité de reconstituer les décisions doivent être garanties, afin que les responsabilités et les éventuelles fautes ne se perdent pas dans l’engrenage. En second lieu, la décision de recourir à la force létale ne peut être déléguée à des processus opaques ou automatisés, mais doit rester sous un contrôle humain effectif, conscient et responsable. Enfin, il est nécessaire d’établir des règles communes, y compris au niveau international, qui freinent la course aux armements technologiques et assurent une protection particulière aux civils comme aux infrastructures essentielles à leur survie.

La crise du multilatéralisme

201. La culture de la puissance découle également de la crise du système multilatéral. Les institutions créées pour défendre l’idée d’un destin commun des peuples et d’un bien commun mondial semblent affaiblies, non seulement en raison de limites structurelles, mais aussi parce qu’il manque souvent une volonté commune de les soutenir, de les réformer et de reconnaître leur autorité morale. Au lieu de progresser, nous reculons par rapport au tournant historique du XXe siècle. Après 1989, l’effondrement en Europe des régimes communistes s’est accompagné d’une mondialisation essentiellement économique, dépourvue d’une architecture politique adéquate capable de soutenir le dialogue et la paix. On a confié presque aveuglément aux marchés la capacité de produire bien-être, démocratie et stabilité, alors qu’en réalité la mondialisation n’a pas généré automatiquement l’unité et la paix, mais a suscité des réactions fondamentalistes, identitaires et nationalistes. Le résultat est loin d’un multilatéralisme authentique : il s’apparente plutôt à un multipolarisme désordonné et conflictuel, où prévaut la méfiance envers l’autre.

202. La tentation de construire une identité collective contre un ennemi refait surface, en alimentant des récits dans lesquels chacun se présente comme une victime ayant le droit de se venger. La simplification en schémas – “moi d’abord”, “ami-ennemi”, “nous-vous” – facilite des décisions souvent irresponsables qui sapent la confiance mutuelle entre les nations. La force du droit international est ainsi remplacée par le prétendu “droit du plus fort”, et ses instruments – des tribunaux compétents en matière de crimes de guerre aux tribunaux chargés de régler les différends entre États – sont souvent contournés ou affaiblis, avec des conséquences dévastatrices sur la culture politique et la coexistence. [185]

203. Dans ce contexte, la construction de la paix est reléguée au second plan : la coopération au développement, le désarmement, la prévention des conflits et l’instauration d’une confiance mutuelle sont mis de côté, au nom de logiques de puissance. Ainsi les conquêtes du droit humanitaire s’affaiblissent également : le principe de proportionnalité dans la réponse aux agressions, la protection de l’accès à l’eau, à la nourriture et aux biens essentiels, le respect de la vie des civils et des enfants sont traités comme des vestiges naïfs du passé.

Un prétendu réalisme politique

204. Nous vivons une époque de grande cécité spirituelle et culturelle. Un faux pragmatisme nous invite à couper les racines de la mémoire, comme si l’on pouvait inaugurer une sorte de “nouvelle création” coupée du passé ; même ceux qui invoquent de grands principes moraux peuvent tomber dans ce nihilisme historique, en se berçant de l’illusion que les atrocités du XXe siècle ne peuvent plus se reproduire. En réalité, les mêmes dynamiques refont surface sous de nouvelles formes. La logique de l’équilibre armé et de la dissuasion semble revenir pour s’imposer. Mais, contrairement au scenario bipolaire de la Guerre froide, la multiplication des acteurs et des fronts de conflits rend aujourd’hui cette logique de plus en plus fragile. L’exacerbation des affrontements conduit à des guerres asymétriques et “hybrides”, menées également sur les plans économique, financier et informatique, avec le recours à la désinformation et aux campagnes qui alimentent la peur, pour influencer l’opinion publique. Dans de nombreux pays, y compris dans les pays du Sud, l’augmentation des dépenses militaires est présentée comme la seule réponse à un avenir incertain ou à des menaces perçues, tandis que le coût réel pèse sur les plus pauvres qui voient diminuer les ressources allouées à la santé, à l’éducation et aux services sociaux.

205. Derrière tout cela se cache un faux “réalisme”, fondé non seulement sur la logique bien établie de la force, mais aussi sur une conviction culturelle et anthropologique, comme si la guerre faisait inévitablement partie de la nature humaine. Il en a toujours été ainsi, dit-on, à l’exception de brèves parenthèses, et il en sera toujours ainsi ! Le problème n’est donc plus la paix, perdue comme référence dans le paysage international, mais comment et quand agir militairement, tout en affirmant qu’il serait irresponsable de ne pas se préparer à l’affrontement. Au contraire, ce qui est vraiment irresponsable, c’est la Realpolitik, cette forme de “réalisme” politique qui sème dans les consciences comme dans la culture la résignation face à une guerre inéluctable, et qui considère la paix et le dialogue comme des positions utopiques ou irrationnelles qui ignorent les risques en jeu. Au contraire, la paix n’est pas un espoir naïf ni une simple absence de guerre : elle est le fruit, toujours possible, de la justice et de la charité.

206. Dans ce climat, le nihilisme et le pragmatisme finissent par s’entremêler et banaliser de très graves erreurs : extrémismes religieux et fanatismes identitaires s’allient à un économisme irrationnel, tandis que la politique recourt facilement à la désinformation, à la ridiculisation de l’adversaire et à la fabrication systématique de peurs et de ressentiments. Ainsi, la diversité de l’autre est vécue de plus en plus comme une menace, alimentant le désir de possession, la volonté de domination, les ambitions hégémoniques, les abus de pouvoir et la peur de la différence, préparant un terrain sur lequel de nouveaux conflits peuvent mûrir presque sans que nous nous en rendions compte. [186]

207. Cela constitue un terrain propice à de nouvelles guerres, peut-être encore plus dangereuses que celles du passé, car elles tendent à faire disparaître toute limite éthique. Ce qui était autrefois considéré comme inacceptable peut aujourd’hui être mis en œuvre presque sans hésitation, tandis que la réaction internationale s’adapte davantage à la convenance des différents gouvernements qu’à la gravité objective des faits. Les décisions semblent maintenant être guidées presque exclusivement par des calculs économiques, défendus par des illusions médiatiques, des euphories artificielles et des “rêves” qui finissent inévitablement par s’effondrer, provoquant des frustrations et de nouvelles violences. Lorsque l’on se persuade que rien n’est vraiment vrai et que les “principes” ne sont qu’une coquille vide, la mèche de nouvelles explosions d’intolérance et d’agressivité s’allume dans le cœur même des personnes.

208. Dans ce cadre, la question relative aux garanties réelles contre de nouvelles violences reste ouverte. Lorsqu’une culture normalise et justifie le conflit, une dérive dangereuse s’installe : ce qui semble aujourd’hui impensable peut devenir demain acceptable selon des calculs d’utilité ou de sécurité. Dans les pays marqués par de graves tensions sociales, nous ne pouvons pas exclure que certains finissent par considérer le conflit armé comme un moyen efficace de détourner l’attention des problèmes internes et comme un instrument de gestion cynique des difficultés.

209. Une responsabilité particulière incombe à ceux qui œuvrent dans le monde de la recherche. Tous les acteurs dans ce domaine – scientifiques, entrepreneurs, autorités académiques, responsables politiques, et autres – sont appelés à travailler dans une logique de transparence et de responsabilité, en gardant à l’esprit le cadre général dans lequel s’inscrivent les progrès technologiques auxquels ils contribuent, y compris ceux liés à l’IA. Lorsque l’on se limite à ne considérer que son propre secteur, on croit à tort accomplir une tâche moralement neutre et on évite de s’interroger sur les finalités ultimes qui orientent certaines expérimentations. Le risque est alors de coopérer, peut-être sans le vouloir, à des projets obscurs qui alimentent de nouvelles formes de violence, de manipulation et de domination.

Construire la civilisation de l’amour

210. La construction d’un monde en état de guerre permanente est un mal, et il faut l’appeler par son nom. Cette manière de décrire la réalité que nous vivons peut paraître sombre ou pessimiste, mais je pense qu’il s’agit d’une dénonciation nécessaire. La perspective chrétienne ne se limite toutefois pas à dénoncer le mal. Nous regardons l’histoire à la lumière du Crucifié ressuscité, à qui le Père a donné « tout pouvoir au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18). Nous n’interprétons pas le présent comme un destin figé, mais comme un champ ouvert à la conversion personnelle et collective. Et nous croyons en la force du Royaume, qui se développe à partir de la petitesse d’un grain de sénevé, comme une semence qui, une fois semée, germe et grandit (cf. Mc 4, 26-32). Alors que le bruit de la confusion nous entoure, le bien grandit silencieusement de la terre. Comme le dit le prophète : « Voici que je vais faire une chose nouvelle : déjà elle pointe, ne la reconnaissez-vous pas ? » (Is 43, 19).

211. Une lecture attentive de l’histoire le confirme. Même dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes capables de ne pas se résigner et de persévérer dans le bien : des personnes protégeant les plus fragiles et ouvrant des voies de réconciliation. La mémoire des saints et des justes, des artisans de paix souvent oubliés, montre que la grâce n’élimine pas le conflit par un geste magique, mais engendre une résistance active contre le mal et une créativité surprenante dans le bien. Les chrétiens voient les ténèbres et les appellent par leur nom, mais ils ne restent pas immobiles à les contempler : ils connaissent la lumière et savent que les ténèbres ne l’ont pas accueillie et ne peuvent la vaincre (cf. Jn 1, 5). C’est pourquoi ils servent le bien là même où la souffrance semble avoir le dernier mot, soutenus par une espérance théologale qui donne à la réalité un horizon et une direction.

Tous nous pouvons apporter notre contribution

212. Cependant, arrivé à ce point, une tentation subtile s’insinue : celle de penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits, de telle sorte que nos choix ne changent rien. C’est une forme élégante de capitulation, souvent déguisée en réalisme. Certes, tout le monde n’a pas le même pouvoir d’action sur la réalité : il y a ceux qui gouvernent, ceux qui décident des investissements, ceux qui dirigent les institutions, ceux qui font de la recherche, ceux qui éduquent, ceux qui informent, ceux qui produisent ; et il y a ceux qui semblent n’avoir que leur vie quotidienne. Pourtant, personne n’est sans responsabilité. Chacun dispose d’un propre champ d’action, et c’est là – et nulle part ailleurs – qu’il est appelé à choisir entre alimenter la logique de la force (ne serait-ce qu’avec indifférence, cynisme, mensonge, haine), ou conserver la logique de la paix (avec vérité, sobriété, proximité, attention).

213. Un écrivain catholique du XX e siècle, John Ronald Reuel Tolkien, a décrit ainsi notre responsabilité par la bouche de l’un des protagonistes d’un roman : « Il ne nous appartient toutefois pas de rassembler toutes les marées du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des années dans lesquelles nous sommes placés, déracinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront après nous puissent avoir une terre propre à cultiver ». [187] La civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation. C’est pourquoi il vaut la peine de s’arrêter et d’examiner la manière dont chacun dans son domaine peut contribuer à sa construction. Sans prétendre épuiser le sujet, je propose cinq pistes de responsabilité quotidienne et publique : désarmer les mots, construire la paix dans la justice, adopter le regard des victimes, cultiver un sain réalisme, relancer le dialogue et le multilatéralisme.

Désarmer les mots

214. La première contribution que nous pouvons apporter à une civilisation plus humaine est de prêter attention à nos paroles. « Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la Terre ». [188] Le pouvoir des mots est immense et nous en faisons l’expérience dans notre communication quotidienne, lorsque quelqu’un nous dit quelque chose qui modifie notre état d’esprit, en bien ou en mal. « La paix commence par chacun de nous : par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les écoutons, dont nous parlons d’eux ; et, en ce sens, la manière dont nous communiquons est d’une importance fondamentale : nous devons dire “non” à la guerre des mots et des images, nous devons rejeter le paradigme de la guerre ». [189] Nous devons donc tous faire un examen de conscience sur les mots que nous utilisons, sur les préjugés dont ils sont chargés et sur l’agressivité, ouverte ou latente, qui les habite. Nous avons une réelle possibilité de contribuer au bien chaque fois que nous disons la vérité, que nous donnons un conseil avisé, que nous soutenons ceux qui ont besoin de réconfort, que nous dénonçons une injustice, et que nous donnons la parole à ceux qui ne l’ont pas.

Construire la paix dans la justice

215. Tous, à quelque niveau que ce soit, nous pouvons contribuer au fondement de la paix, qui est la justice. Nous ne recherchons pas en effet n’importe quelle paix, une absence de conflit à tout prix, mais cette paix véritable qui naît de la justice. « Il existe un lien étroit entre la justice de chacun et la paix de tous ». [190] Commentant le verset du psaume « justice et paix s’embrassent » ( Ps 85, 11b), saint Augustin écrit : « Il n’est personne pour ne point désirer la paix, mais tous ne veulent point faire la justice. […] Mais fais la justice, parce que la justice et la paix s’embrassent et ne sont point en désaccord. À quoi bon être en guerre avec la justice ? La justice te dit : Ne vole point, et tu n’entends pas ; Ne commets point l’adultère, et tu ne veux pas entendre ; Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux point qu’on te fasse; ne dis pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te dise. […] Veux-tu donc arriver à la paix ? Fais les œuvres de la justice ! ». [191] Ne nous lassons donc pas de chercher la justice !

Adopter le regard des victimes

216. Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position. Il y a des conflits où il n’est pas juste de rester neutre et où il ne suffit pas de s’estimer “ne pas être complice”. [192] Lorsque nous sommes devant des bombardements sur des civils, des attaques contre des hôpitaux, des écoles ou des infrastructures vitales, des violences qui frappent des enfants, nous sommes face à des scandales qui blessent l’humanité elle-même. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous cantonner à des analyses abstraites. Comme l’a rappelé le Pape François, nous devons “toucher l’humanité” de ceux qui souffrent : [193] regarder les visages, écouter les histoires et reconnaître les blessures. Les événements douloureux ont besoin à la fois d’histoire et de mémoire, l’une pour tenter de raconter les faits, l’autre pour témoigner des expériences vécues.

217. Donner une place, dans l’information et dans l’éducation, au regard et à la voix des victimes aide à prendre véritablement conscience de l’abîme du mal que recèle la guerre et, plus généralement, toute forme de violence ; elle aide à ne pas accepter comme normale la logique du conflit, à ne pas détourner le regard lorsqu’un outrage à la dignité humaine est commis, et à rendre aux personnes concernées la dignité de se sentir reconnues et écoutées. [194] L’attention portée à ces voix nourrit la conviction que, au-delà des minorités violentes, l’humanité ne souhaite pas la guerre. L’Église peut être d’une manière particulière un lieu de mémoire vivante des victimes. Comme le rappelait saint Paul VI, elle se sent appelée à faire sienne à la fois la voix de ceux qui sont morts dans les guerres passées et celle des vivants qui en portent encore les blessures, afin que leur cri devienne un appel à la paix et à la concorde et non le prélude à de nouveaux conflits. [195]

Cultiver un sain réalisme

218. Nous avons besoin d’un sain réalisme qui évite autant l’idéalisme politique que le cynisme. Il y a en effet un idéalisme qui, pour préserver sa propre vision du monde, sélectionne les faits, les déforme, les renomme, et finit par vivre dans une réalité faite sur mesure pour ses propres convictions. Il existe d’autre part un réalisme dégradé qui confond constatation et résignation : puisque la force domine, il en conclut qu’elle doit dominer. Le réalisme authentique ne renonce pas à changer le monde. Il commence par voir clairement les intérêts, les peurs, les entraves et les rapports de force, précisément pour évaluer ce qu’il est possible d’obtenir et par quelles étapes. Il ne réduit pas la politique à la morale, mais ne la livre pas non plus à la violence. Il cherche des voies praticables pour que la paix soit plus qu’un mot, c’est-à-dire des institutions crédibles, des garanties vérifiables, des négociations patientes, une prévention des conflits et la protection des civils.

Relancer le dialogue

219. Pour bâtir la civilisation de l’amour, nous devons pratiquer le dialogue. Il est le principal instrument de la cohabitation entre les personnes et entre les peuples, et une alternative au conflit ouvert. Pie XII le rappelait déjà à la veille de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il affirmait qu’on ne perd rien avec la paix alors qu’on peut tout perdre avec la guerre, et que les hommes doivent recommencer à se parler, car une confrontation sincère et persévérante ouvre toujours la possibilité d’une solution honorable. [196]

220. Le dialogue fait partie intégrante de la vie humaine et ne concerne pas uniquement les relations entre États. Il s’agit d’acquérir une attitude permettant de tisser des liens de fraternité fondés sur l’écoute, des regards sincères, du temps donné, voire même du temps perdu ensemble. Car il devient beaucoup plus difficile ne serait-ce que d’imaginer la guerre si nous faisons l’expérience d’une rencontre authentique avec l’autre, celui qui est différent, l’étranger, le migrant.

221. Sur le plan politique, il est urgent de passer de la “culture de la puissance” à une véritable “culture de la négociation” dans laquelle le dialogue et les relations diplomatiques deviennent une voie habituelle pour gérer les conflits, comme le souhaitait Giorgio La Pira : « Il faudra remplacer la méthode de la guerre par la méthode de la paix : la méthode de la négociation, de la rencontre, de la convergence, c’est-à-dire la méthode véritablement humaine ! ». [197] La conscience d’un destin commun des peuples exige que la “culture de la négociation” devienne de plus en plus un engagement partagé, politique et culturel, capable d’éloigner progressivement l’humanité de la spirale de la violence.

222. À ceux qui ont l’honneur et la responsabilité de gouverner, je voudrais répéter quelques paroles que j’ai prononcées au début de mon Pontificat : « Les peuples veulent la paix et, la main sur le cœur, je dis aux responsables des peuples : rencontrons-nous, dialoguons, négocions ! La guerre n’est jamais inévitable, les armes peuvent et doivent se taire, car elles ne résolvent pas les problèmes, elles les aggravent ; ce sont ceux qui sèment la paix qui passeront à la postérité, pas ceux qui font des victimes ; les autres ne sont pas d’abord des ennemis, mais des êtres humains : pas des méchants à haïr, mais des personnes avec qui parler. Fuyons les visions manichéennes typiques des récits violents qui divisent le monde entre bons et méchants». [198]

223. En rejetant la logique de la violence, le dialogue interreligieux joue un rôle décisif, car au cœur des grands itinéraires spirituels se trouve un message de paix. [199] Ceux qui utilisent le nom de Dieu pour légitimer le terrorisme, la violence ou la guerre en trahissent le visage : combattre au nom de la religion revient, en réalité, à porter atteinte à la religion elle-même. [200] L’ “esprit d’Assise”, suscité par saint Jean-Paul II et poursuivi par l’engagement du Pape François – par exemple dans le dialogue avec le Grand Imam d’al-Azhar –, montre que les croyants peuvent puiser à nouveau aux sources les plus authentiques de leurs traditions spirituelles, où il n’y a pas de place pour la haine sacralisée.

La nécessité de la diplomatie et du multilatéralisme

224. Dans les relations internationales, le dialogue est l’outil irremplaçable de la diplomatie pour prévenir les conflits et retisser les liens de confiance. Face aux communications impulsives, aux rhétoriques agressives et aux logiques de puissance qui marquent notre époque, « la vocation de la diplomatie est de favoriser le dialogue avec tous, y compris avec les interlocuteurs considérés comme les plus “gênants” ou que l’on ne considère pas comme légitimes pour négocier » [201] en faisant preuve d’une humilité et d’une patience extrêmes pour renouer les liens de bonne volonté les plus ténus entre les parties en conflit, afin d’amorcer une pacification.

225. Le cyberespace est lui aussi devenu un terrain d’affrontement. Les attaques informatiques, la manipulation des données et les campagnes de désinformation orchestrées à l’aide de l’IA peuvent déstabiliser des pays entiers avant même d’en arriver à un conflit armé ouvert. Dans ce domaine, l’attribution des responsabilités est souvent incertaine. Quand on ne sait pas clairement qui a frappé, le risque de réactions disproportionnées, d’erreurs d’appréciation et de spirales d’escalade augmente. C’est pourquoi il faut une diplomatie capable d’opérer également dans ce nouvel environnement, en négociant des règles communes sur l’utilisation des technologies numériques, en protégeant les civils et les personnes les plus vulnérables contre des formes de violence invisibles mais non pas moins réelles.

226. Les organisations internationales, en particulier l’ONU, restent des instruments essentiels pour promouvoir une civilisation de l’amour, en soutenant le dialogue entre les nations, le règlement pacifique des conflits, le développement intégral des peuples, la protection des personnes les plus vulnérables, le désarmement et la sauvegarde de la création. À travers ces instances, la communauté internationale peut chercher à réduire les inégalités, à défendre les droits des réfugiés et des minorités, à libérer les ressources destinées à l’armement pour les affecter à la promotion humaine et à la protection de la Maison commune. Le Saint-Siège soutient et accompagne cet engagement, tout en reconnaissant que la faiblesse actuelle de l’ONU et du système politique international révèle la nécessité de réformes profondes. Il ne s’agit pas seulement d’ajustements techniques, puisque la crise des convictions et des valeurs touche également les fondements éthiques de la vie des nations et rend plus difficile d’orienter le multilatéralisme vers le véritable bien commun. [202]

227. Dans le contexte international, la diplomatie du Saint-Siège fait du principe évangélique de la miséricorde un critère concret de l’action politique. C’est l’une des manières par laquelle le Saint-Siège se met au service de l’humanité, en appelant les consciences à la charité et à la vérité, en défendant la dignité de chaque personne et en se faisant la voix des pauvres, des migrants et des victimes des guerres. La diplomatie pontificale exprime ainsi la catholicité de l’Église et contribue à l’édification d’une civilisation de l’amour au sein de laquelle même les nouvelles technologies sont orientées vers le bien commun.

Prier et espérer

228. Ces axes d’engagement se nourrissent de la prière et la nourrissent à leur tour. Pour nous, en effet, la paix « vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement ». [203] C’est un don que Jésus a remis à ses disciples le jour de Pâques : « Que la paix soit avec vous ! C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante ». [204] C’est par ces mots que j’ai salué l’Église et le monde le jour de mon élection au Siège de Pierre, et je souhaite les répéter pour inviter chacun à demander ce don. Ne nous lassons pas de prier pour la paix et de nous engager à la réaliser dans nos relations et dans la société.

CONCLUSION

229. « Que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit » (1 Co 3, 10) : ce sont là les paroles de saint Paul exhortant les chrétiens de Corinthe à préserver l’unité. Chers frères et sœurs, nous nous sommes interrogés sur le monde que nous construisons, en nous demandant ce que signifie préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Au terme de ce parcours, je souhaite vous proposer un itinéraire de vie chrétienne sobre et exigeant pour vivre ce changement d’époque à la lumière de l’Évangile. C’est un chemin qui naît de la contemplation du dessein de Dieu, vit l’unité ecclésiale en se nourrissant de la Parole et de l’Eucharistie, construit le monde dans le sens du bien et prie avec la Vierge Marie.

Le Verbe s’est fait chair

230. Dans un monde où se multiplient les manœuvres visant à conquérir des marchés et des sphères d’influence, souvent revêtues de rhétoriques rassurantes et de constructions idéologiques séduisantes, notre cœur ressent le besoin de découvrir un dessein différent, sage et bienveillant, semblable à celui que Marie contemple dans le Magnificat, lorsqu’elle proclame que, de génération en génération, la miséricorde de Dieu s’étend sur ceux qui le craignent. [205] Ce dessein de miséricorde traverse l’histoire encore aujourd’hui, au cœur des changements les plus rapides et les plus troublants marqués par les algorithmes et les réseaux mondiaux, et devient la boussole d’une existence évangélique à l’ère numérique.

231. Au cœur se trouve le mystère de l’Incarnation : le Verbe s’est fait chair et Il a planté sa tente parmi nous. La chair du Fils, pauvre et vulnérable, rappelle celle de tant de frères et sœurs dépouillés de leur dignité et réduits au silence. [206] Par cette proximité, le don de la paix entre dans le monde de manière paradoxale : comme un pouvoir de devenir enfants de Dieu, un pouvoir qui se réveille lorsque nous nous laissons toucher par les pleurs des petits, par la fragilité des personnes âgées, par le silence des victimes, par la fatigue de ceux qui luttent contre le mal qu’ils ne voudraient pas commettre. [207] Dans cette chair blessée et aimée, le Père nous montre la véritable humanité d’une vie qui trouve son accomplissement dans l’ouverture et la communion, jusqu’à nous faire désirer la réalisation de sa volonté sur la terre comme au ciel. [208]

232. Dans les promesses du transhumanisme et de certains courants posthumanistes, qui poursuivent une humanité améliorée et presque désincarnée, nous reconnaissons un désir qui nous concerne : le besoin d’une vie plus accomplie, moins exposée aux limites et à la fragilité. L’Incarnation ouvre cependant une voie différente. Alors que les idéologies anciennes et nouvelles poussent l’homme au dépassement technique de la limite et à s’élever au-dessus des autres pour affirmer une domination, le mystère du Fils de Dieu qui entre dans notre condition décrit un mouvement opposé : le Dieu vivant descend dans notre histoire pour nous libérer de toute servitude, [209] Il prend sur Lui notre faiblesse et la transforme en lieu de salut. Il n’y a pas un moment ou une condition de l’humain qui ne soit digne de Dieu : « Selon les enseignements de notre foi, nous adorons en nos mystères un Dieu naissant en la crèche, un Dieu vivant et voyageant en la Judée, un Dieu mourant en la croix, un Dieu mort dans le sépulcre ». [210] L’avenir de l’humanité trouve ainsi son critère dans la capacité d’accueillir cette manière divine de se faire proche, de partager le poids du monde, de transformer les relations de l’intérieur. « Ô merveille […] que l’homme soit Dieu et ce Dieu-homme passe par tous ces degrés, supporte tous ces états et les ennoblisse, les sanctifie, les déifie en soi-même ! ». [211] Ce qui sauve l’homme, c’est l’amour divin qui descend jusqu’au point le plus fragile de son histoire et la régénère du plus profond.

233. C’est pourquoi, en tant que croyant parmi les croyants, j’invite à contempler dans le visage du Fils une magnifique humanité qui éclaire également l’ère de l’IA. Dans le Christ nous comprenons que l’homme est appelé à être un collaborateur dans l’œuvre de la création, plutôt qu’un spectateur résigné face à des processus technologiques limitant sa liberté et sa responsabilité. [212] La dignité que l’Esprit Saint sculpte en chacun de nous se reconnaît aussi dans la capacité de réfléchir de manière critique, de choisir et d’aimer gratuitement, d’entrer dans des relations authentiques. Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. Même lorsque les machines excellent en efficacité, le centre de l’histoire reste un visage humain qui demande à être regardé. Ce visage humain est la plénitude vers laquelle l’histoire avance. C’est le mystère de la récapitulation, la certitude que le Père a décidé de ramener au Christ, Chef unique, toutes choses, celles du ciel et celles de la terre (cf. Ep 1, 10). Dans ce dessein, rien de ce qui est authentiquement humain ne sera perdu, mais tout sera purifié et réuni en Celui qui rassemble chaque fragment de vie, chaque larme et chaque authentique conquête humaine pour les soustraire au néant et les remettre, rachetées, au Père.

Un seul corps dans le Christ

234. La spiritualité dont nous avons besoin est une spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour. L’Incarnation et Pâques révèlent Dieu qui entre dans notre condition humaine et la transfigure par le don de soi. Ce don reste présent et agissant dans l’Eucharistie où le Seigneur se communique et rassemble l’Église, afin que son offrande devienne principe d’unité et source de vie nouvelle. De cette communion naît aussi la solidarité chrétienne, car « l’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne ». [213] Comme l’explique saint Augustin aux nouveaux chrétiens de son Église, le pain et le vin sur l’autel sont le sacrement de l’unité des fidèles dans le Christ : « Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu’est le corps du Christ, écoutez l’Apôtre, qui dit aux fidèles  : Vous êtes le corps du Christ, et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps (1 Co 12, 17). Donc, si c’est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre mystère qui se trouve sur la table du Seigneur, et c’est votre mystère que vous recevez. À cela, que vous êtes, vous répondez : « Amen », et par cette réponse, vous y souscrivez. On vous dit : « Le corps du Christ », et vous répondez « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit véridique ». [214]

235. L’« Amen » que nous prononçons dans la liturgie, le Corps que nous mangeons et le Sang que nous buvons, façonnent toute notre vie. L’Eucharistie « est la rencontre très personnelle avec le Seigneur et, toutefois, elle n’est jamais seulement un acte individuel de dévotion ». [215] En elle, il apparaît clairement que nous « sommes l’Église du Christ, nous sommes ses membres, son corps. Nous sommes frères et sœurs en Lui. Et dans le Christ, bien que nous soyons nombreux et différents, nous sommes une seule chose : “ In Illo uno unum” ». [216] L’Eucharistie nous ouvre à la justice et au partage, avec une attention préférentielle pour ceux qui portent le fardeau de la pauvreté et de la marginalisation. Et tandis que les nouveaux réseaux économiques et technologiques peuvent engendrer exclusion, isolement et dépendances, l’Église nourrie de l’Eucharistie est appelée à rendre visible une autre mesure, en préservant les liens, en redonnant la parole aux personnes invisibles et en orientant les processus vers la dignité des personnes.

Le chantier de notre époque

236. La spiritualité que je souhaite transmettre est celle du “sage architecte” qui, habité par l’espérance du Règne de Dieu, s’emploie à bâtir le monde pour le bien (cf. 1 Co 3, 10). Comme je l’ai écrit au début de cette réflexion, [217] notre travail de construction doit aujourd’hui avoir pour fondement la relation avec Dieu, pour règle l’acceptation de la limite humaine telle une réalité naturelle et positive, et pour style la coresponsabilité et le langage évangélique. Au terme de ce parcours, le projet d’une civilisation de l’amour se dessine plus clairement ; et le chantier paraît déjà engagé, surtout grâce à tant de pierres vivantes solidement unies au Christ, la pierre angulaire (cf. 1 P 2, 4-6). Dans cette œuvre, nous sommes appelés à assumer un rôle actif, sans nous réfugier dans le spiritualisme ou dans nos petits mondes : nous devons être fidèles à la vérité, investir dans l’éducation, prendre soin des relations, aimer la justice et la paix.

237. Restons fidèles à la vérité ! En vivant inondés par un flux incessant d’informations, d’opinions et d’images, nous savons combien il est facile d’orienter les décisions et les préférences à l’aide d’algorithmes toujours plus sophistiqués. [218] Dans ce contexte, il est important de garder un cœur qui aime la vérité et désire ce qui est juste plutôt que les contenus les plus attrayants, un cœur qui recherche la sagesse plutôt que les effets immédiats. La vérité que nous ne devons pas perdre de vue est celle qui concerne Dieu et l’être humain, telle que le Christ nous l’a révélée. Il convient d’abandonner une vision individualiste et technique de l’homme, comme si la réalité n’était que de la matière à modeler en fonction d’intérêts égoïstes, tant individuels que collectifs. [219] Cultivons plutôt ce que le Pape François a défini comme un « anthropocentrisme situé », [220] qui reconnaît l’être humain comme une créature insérée dans un réseau de relations avec les autres êtres vivants et avec la création tout entière. La fidélité à la vérité exige d’intégrer les possibilités offertes par la technologie dans un cheminement de sagesse, capable de préserver à la fois la dignité de toute personne et l’avenir de notre Maison commune.

238. Investissons dans l’éducation, qui commence par nous-mêmes ! Nous avons tous besoin de nous former à vivre le numérique de manière humaine, comme partie intégrante de l’éducation à la foi et à bien vivre de l’Évangile. Nous devons nous former à considérer le monde numérique comme un nouveau continent à évangéliser, qui a besoin de missionnaires généreux et mûrs dans la foi. Plus particulièrement, il faut des adultes qui redécouvrent leur vocation d’artisans de l’éducation, disponibles pour un travail quotidien et patient, soutenu par des alliances éducatives larges et partagées. Accompagner les enfants et les jeunes à utiliser les technologies comme un espace de relation responsable, en les aidant à en reconnaître les risques et à choisir ce qui fait grandir la liberté intérieure, est aujourd’hui une forme concrète de charité et de sauvegarde de leur dignité. Éduquer les nouvelles générations à croire que l’évolution des technologies ne suit pas un parcours inévitable, mais peut être orientée par la responsabilité personnelle et collective, constitue l’un des services les plus précieux au bien commun.

239. Prenons soin de nos relations ! À une époque qui tend à tout accélérer et à tout fragmenter, la chair humaine continue de demander à être soignée et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits attentifs et par de bonnes paroles. La culture numérique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilités de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irremplaçable de proximité. J’invite à préserver les lieux et les moments où la présence physique reste déterminante : la table partagée, la communauté chrétienne qui se rassemble, la visite à ceux qui sont seuls, le service aux pauvres. Ce sont là les signes d’une humanité qui continue de croire que chaque corps est temple de l’Esprit et demeure de Dieu, et c’est précisément cette alliance entre gloire et fragilité qui devient un critère pour évaluer les modèles anthropologiques proposés par la culture actuelle.

240. Aimons la justice et la paix ! Les mêmes technologies qui facilitent la communication et l’accès aux ressources peuvent soutenir des modèles qui exploitent les plus vulnérables, alimentent de nouvelles formes d’esclavage et transforment les conflits en opportunités de profit. Chaque choix technologique ou économique devient un lieu de discernement spirituel, une occasion de vérifier si les progrès de l’IA ouvrent des espaces de justice et de participation ou bien concentrent la richesse et le pouvoir entre les mains d’un petit nombre. J’invite à observer avec lucidité les filières de la production numérique, les conditions de travail cachées derrière nos dispositifs, les mécanismes qui tirent profit de la manipulation et de la guerre ; et, en même temps, à chercher des voies concrètes pour faire grandir l’équité, la participation et le soin de la création. L’espérance que nous annonçons vient du ciel “pour engendrer, ici-bas, une histoire nouvelle”. C’est précisément pour cela que celui qui croit s’engage pour qu’à la place des inégalités s’installe une plus grande justice et pour que « l’industrie de la guerre cède la place à l’artisanat de la paix ». [221]

241. En regardant vers l’avenir, je souhaite rappeler l’image de Néhémie que nous avons choisi au début de ce parcours comme compagnon et figure de référence. Néhémie entend le cri d’une ville meurtrie, porte cette douleur dans la prière, discerne devant Dieu, demande de l’aide, obtient la permission de partir, organise le travail, affronte les résistances internes et externes et, pierre après pierre, reconstruit avec le peuple les murs de Jérusalem. Je vois en lui une parabole lumineuse de notre vocation à être, à l’ère de la transformation numérique, non pas des spectateurs résignés face aux fractures sociales et culturelles, ni de simples commentateurs des ruines, mais des femmes et des hommes qui entrent sur les chantiers de l’histoire – laboratoires de recherche, entreprises technologiques, écoles, médias, institutions, communautés locales – pour relever ce qui s’est écroulé et protéger ce qui est exposé. Comme Néhémie, nous sommes, nous aussi, appelés à allier écoute et courage, prière et responsabilité, afin que la cité des hommes devienne plus vivable, même lorsque les logiques technocratiques et les intérêts partisans semblent prévaloir.

242. L’image de la reconstruction de Jérusalem évoque la promesse du Nouveau Testament, celle de la ville sainte qui nous est d’abord donnée comme un don. Dans l’Apocalypse, la nouvelle Jérusalem descend vers nous comme un don pour tout le peuple de Dieu, « prête comme une épouse parée pour son époux » (Ap 21, 2). Les murs de Jérusalem ne sont plus des fortifications défensives, mais les parures précieuses de l’Épouse de l’Agneau. Ses portes, que Néhémie gardait avec tant de soin, restent ouvertes en permanence à toutes les nations. La présence de Dieu offre à chacun lumière et vie. La ville est un nouvel Éden, avec son eau vive donnée à ceux qui ont soif et son arbre de vie, dont les feuilles « servent à guérir les nations » (Ap 22, 2). Dans l’attente de son accomplissement, cette vision se présente à nous comme une exhortation, un appel à surmonter nos divisions et à travailler ensemble : telle est le chemin de Jésus-Christ, hier, aujourd’hui et toujours.

Le chant de l’espérance : le Magnificat

243. Le quatrième point de ce programme de vie chrétienne, après la foi qui contemple le dessein d’amour du Père, la charité qui nous unit en un unique corps ecclésial et l’espérance qui soutient notre action dans le monde, est la prière. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant Élisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la mère du Seigneur, Marie laisse éclater un hymne de louange et de joie. Son âme magnifie le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire à travers le prisme de cette découverte. Rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque reste la même, avec les Romains qui dominent sa terre et son peuple divisé et humilié. Et pourtant, tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a déjà déployé la puissance de son bras, il a déjà dispersé les superbes, renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et renvoyé les riches les mains vides. Il a déjà secouru Israël, son serviteur. Dieu « se range du côté des derniers. Il possède un projet qui est souvent caché sous l’apparence terne des événements humains, qui voient triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force secrète est destinée à se révéler à la fin ». [222]

244. La Vierge Marie non seulement nous apprend à voir l’œuvre invisible de Dieu, mais elle dirige aussi notre regard « sur les points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde, dans le contraste entre les humbles et les puissants, entre les pauvres et les riches, entre les repus et les affamés », en nous apprenant « à adopter un point de vue différent pour regarder le monde à partir du bas, avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; pour regarder l’histoire avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants ; pour interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ». [223] Ainsi, la Vierge devient « poétesse et prophétesse de la rédemption », car de ses lèvres jaillit « l’hymne le plus puissant et le plus novateur qui ait jamais été prononcé, le Magnificat ; c’est elle qui révèle le dessein transformateur de l’économie chrétienne, le résultat historique et social qui tire encore aujourd’hui du christianisme son origine et sa force ». [224]

245. Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. Dans l’humble fidélité de chaque jour, l’ère de l’IA peut elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait mûrir la civilisation de l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. Je confie ce désir à la Mère du Christ, la femme du Magnificat, pour qu’elle accompagne nos pas dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’Évangile, afin que nous puissions témoigner de la beauté d’une magnifique humanité habitée par Dieu.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 15 mai de l’année 2026, la deuxième de mon Pontificat.

LÉON PP. XIV

1] Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 22 : AAS 58 (1966), p. 1042.

[2] Cf. ibid. , n. 11 : AAS 58 (1966), pp. 1033-1034.

[3]Id., Const. dogm. Lumen gentium , n. 1 : AAS 57 (1965), p. 5.

[4] Cf. Léon XIII, Lett. enc. Rerum Novarum (15 mai 1891), n. 22 : AAS 23 (1890-1891), p. 648.

[5] Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 69 : AAS 101 (2009), p. 702.

[6] François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 104 : AAS 107 (2015), p. 888.

[7] Ibid.

[8] Saint Augustin, Confessiones, I, 1, 1 : CCSL 27, Turnhout 1981, p. 1.

[9] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 183 : AAS 105 (2013), p. 1097.

[10] Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 36 : AAS 58 (1966), p. 1054 ; cf. Id., Décr. Apostolicam actuositatem, n. 7 : AAS 58 (1966), pp. 843-844.

[11]Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 44 : AAS 58 (1966), p. 1065.

[12] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 257 : AAS 105 (2013), p. 1123.

[13] Saint Jean-Paul II, Lett. ap. en forme de Motu proprio Socialium scientiarum (1 er janvier 1994) : AAS 86 (1994), p. 209.

[14] François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 61 : AAS 107 (2015), p. 871.

[15] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 41 : AAS 80 (1988), pp. 570-572.

[16] Id, Lett. ap. Tertio millennio adveniente (10 novembre 1994), n. 35 : AAS 87 (1995), p. 27.

[17] Discours aux membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice (17 mai 2025) : AAS 117 (2025), p. 696.

[18] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 222 : AAS 105 (2013), p. 1111.

[19] Cf. ibid., n. 236 : AAS 105 (2013), p. 1115 ; Id., Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 215 : AAS 112 (2020), pp. 1045-1046.

[20]Conc. Œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium , n. 13 : AAS 57 (1965), p. 17.

[21] Cf. Saint Paul VI, Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), n. 4 : AAS 63/6 (1971), p. 403.

[22] Cf. François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 243 : AAS 105 (2013), p. 1118.

[23] Cf. Pie XII, Exhort. ap. Menti Nostrae (23 septembre 1950) : AAS 42 (1950), pp. 657-702.

[24] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 5 : AAS 83 (1991), p. 799.

[25] Pie XI, Lett. enc. Quadragesimo anno (15 mai 1931), n. 39 : AAS 23 (1931), p. 189 ; cf. Pie XII, Message radiophonique à l’occasion du 50e anniversaire de « Rerum novarum » : AAS 33 (1941), p. 198.

[26] Cf. Id, Discours au Sacré Collège des Cardinaux et à la Prélature Romaine (24 décembre 1940) : AAS 33 (1941), p. 13.

[27] Cf. Saint Jean XXIII, Lett. enc. Mater et magistra (15 mai 1961), nn. 2-3 : AAS 53 (1961), p. 402.

[28] Cf. Id, Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963), n. 87 : AAS 55 (1963), p. 301.

[29] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 26 : AAS 58 (1966), pp. 1046-1047.

[30] Cf. Id, Décl. Dignitatis humanae , n. 2 : AAS 58 (1966), pp. 930-931.

[31] Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 14 : AAS 59 (1967), p. 264.

[32] Ibid., n. 87 : AAS 59 (1967), p. 299.

[33]Id, Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), nn. 4-7 : AAS 63 (1971), pp. 404-406.

[34] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), p. 36 : AAS 80 (1988), p. 561.

[35] Cf. Id, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 19 : AAS 73 (1981), pp. 625-629.

[36] Cf. ibid., n. 10 : AAS 73 (1981), pp. 600-602.

[37] Cf. Id, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 14 : AAS 80 (1988), pp. 526-528.

[38] Cf. ibid., n. 16 : AAS 80 (1988), p. 531.

[39] Cf. ibid., nn. 31-33 : AAS 80 (1988), pp. 555-559.

[40] Cf. Id, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 46 : AAS 83 (1991), pp. 850-851.

[41] Cf. ibid., n. 42 : AAS 83 (1991), pp. 845-846.

[42] Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 21 : AAS 101 (2009), p. 656.

[43] Cf. ibid., n. 22 : AAS 101 (2009), p. 657.

[44] Cf. ibid., n. 24 : AAS 101 (2009), pp. 658-659.

[45] Cf. ibid., n. 36 : AAS 101 (2009), pp. 671-672.

[46] Ibid., n. 2 : AAS 101 (2009), p. 642.

[47] Cf. François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 198 : AAS 105 (2013), p. 1103.

[48]Id., Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 49 : AAS 107 (2015), p. 866.

[49] Id., Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 127 : AAS 112 (2020), p. 1013.

[50] Id., Lett. enc. Dilexit nos (24 octobre 2024), n. 167 : AAS 116 (2024), p. 1421.

[51] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, Cité du Vatican 2004, n. 32.

[52] Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 24 : AAS 58 (1966), p. 1045.

[53] Ibid., n. 22 : AAS 58 (1966), p. 1042.

[54] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 38.

[55] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Redemptor hominis (4 mars 1979), n. 14 : AAS 71 (1979), p. 284.

[56] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 11 : AAS 101 (2009), pp. 647-648.

[57] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Veritatis splendor (6 août 1993), n. 3 : AAS 85 (1993), p. 1159.

[58] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 26 : AAS 58 (1966), pp. 1046-1047.

[59] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 11 : AAS 83 (1991), pp. 806-807.

[60] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Décl. Dignitas infinita (2 avril 2024), n. 7 : AAS 116 (2024), pp. 592-593.

[61] Cf. ibid., n. 8 : AAS 116 (2024), pp. 593-594.

[62] Ibid., n. 1 : AAS 116 (2024), pp. 589-590.

[63] Cf. Saint Jean-Paul II, Angélus avec les personnes handicapées dans la cathédrale d’Osnabrück (16 novembre 1980) : Enseignements de Jean-Paul II, vol. III/2, Cité du Vatican 1980, p. 1232.

[64] Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 152.

[65] Cf. Saint Jean-Paul II, Discours à la 50e Assemblée générale des Nations Unies (5 octobre 1995), n. 2 : Enseignements de Jean-Paul II, vol. XVIII/2, Cité du Vatican 1998, p. 731.

[66] Id., Discours à la 34e Assemblée générale des Nations Unies (2 octobre 1979), n. 7 : AAS 71 (1979), pp. 1148.

[67] Id., Message pour la 32e Journée mondiale de la paix (1 er janvier 1999), n. 3 : AAS 91 (1999), p. 379.

[68] Cf. Saint Jean XXIII, Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963) , n. 5 : AAS 55 (1963), p. 259.

[69] Saint Paul VI, Message à la Conférence internationale sur les droits de l’homme (15 avril 1968) : AAS 60 (1968), p. 285.

[70] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Evangelium vitae (25 mars 1995), n. 2 : AAS 87 (1995), p. 402.

[71] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 27 : AAS 58 (1966), pp. 1047-1048 ; Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Veritatis splendor, (6 août 1993), n. 80 : AAS 85 (1993), pp. 1197-1198 ; Id, Lett. enc. Evangelium vitae (25 mars 1995), nn. 7-28 : AAS 87 (1995), pp. 408-427.

[72] François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 208 : AAS 112 (2020), p. 1043.

[73] Cf. ibid., n. 209 : AAS 112 (2020), pp. 1043-1044.

[74] Ibid., n. 23 : AAS 112 (2020), p. 977. Cf. Id., Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 212 : AAS 105 (2013), p. 1108.

[75]Benoît XVI, Exhort. ap. Sacramentum caritatis (22 février 2007), n. 83 : AAS 99 (2007), p. 169.

[76] Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 26 : AAS 58 (1966), pp. 1046-1047.

[77] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 164.

[78] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 235 : AAS 105 (2013), p. 1115.

[79] Id., Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 105 : AAS 112 (2020), p. 1005.

[80] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 38 : AAS 80 (1988), p. 564.

[81]François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 220 : AAS 105 (2013), p. 1110.

[82] Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 169.

[83] François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 16 : AAS 112 (2020), p. 974.

[84] Cf. Saint Jean-Paul II, Discours à la 50e Assemblée générale des Nations Unies (5 octobre 1995), n. 8 : Enseignements de Jean-Paul II, vol. XVIII/2, p. 735.

[85] Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 171.

[86] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 31 : AAS 83/10 (1991), p. 831.

[87] Id., Homélie lors de la messe célébrée pour les agriculteurs à Recife, au Brésil (7 juillet 1980), n. 4 : AAS 72 (1980), p. 926.

[88] Id, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 19 : AAS 73 (1981), p. 626.

[89] François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 93 : AAS 107 (2025), p. 884 ; cf. Id., Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 120 : AAS 112 (2020), p. 1010.

[90] Id., Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 189 : AAS 105 (2013), p. 1099.

[91] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 187.

[92] Cf. Léon XIII, Lett. enc. Rerum Novarum (15 mai 1891), n. 26 : AAS 23 (1890-1891), p. 656.

[93] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 11 : AAS 83 (1991), pp. 806-807.

[94] Cf. ibid.

[95] Cf. ibid., n. 48 : AAS 83 (1991), pp. 852-854.

[96] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 169 : AAS 112 (2020), p. 1028.

[97] Cf. ibid., n. 168 : AAS 112 (2020), pp. 1027-1028.

[98] Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 17 : AAS 59 (1967), pp. 265-266.

[99] François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), nn. 32 et 54 : AAS 112 (2020), pp. 980 et 988.

[100] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 58 : AAS 101 (2009), pp. 693-694.

[101] François, Lett. enc. Fratelli tutti, (3 octobre 2020), n. 116 : AAS 112 (2020), p. 1009.

[102] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 38 : AAS 80 (1988), p. 564.

[103] François, Lett. enc. Fratelli tutti, (3 octobre 2020), n. 116 : AAS 112 (2020), p. 1009.

[104] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 48 : AAS 101 (2009), p. 685.

[105] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 25 : AAS 58 (1966), pp. 1045-1046.

[106] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 42 : AAS 80 (1988), pp. 572-574.

[107] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium, (24 novembre 2013) n. 53 : AAS 105 (2013), p. 1042.

[108] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), nn. 36-37 : AAS 80 (1988), pp. 561-564.

[109] François, Message pour la 110e Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 2024 (29 septembre 2024) : AAS 116 (2024), p. 735.

[110] Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 14 : AAS 59 (1967), p. 264.

[111] Cf. ibid., n. 17 : AAS 59 (1967), pp. 265-266 ; François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), nn. 125-127 : AAS 112 (2020), pp. 1012-1013.

[112] Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum Progressio (26 mars 1967), n. 14 : AAS 59 (1967), p. 264 ; Benoît XVI, Discours au Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège (8 janvier 2007) : AAS 99 (2007), p. 73 ; François, Discours aux Représentants des peuples autochtones à l’occasion de la 60e session du Conseil des Gouverneurs du Fonds International de Développement Agricole (15 février 2017) : AAS 109 (2017), pp. 244-245.

[113] Document Final de la Deuxième Session de la 16e Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques (26 octobre 2024), n. 17.

[114] Cf. ibid., n. 11.

[115] Cf. ibid., nn. 103-108.

[116] Cf. ibid., nn. 100-101.

[117] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 94 : AAS 112 (2020), p. 1001.

[118] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 53.

[119] Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), nn. 106-109 : AAS 107 (2015), pp. 889-891.

[120] R. Guardini, Das Ende der Neuzeit, Würzburg 1965, p. 87 (édition française : La fin des temps modernes, Paris 1952, p. 92, par la suite éd. fr.).

[121] Saint Paul VI, Discours à l’occasion du 25e anniversaire de la FAO (16 novembre 1970) : AAS 62 (1970), p. 833.

[122] Cf. François, Discours aux membres du Conseil pour un capitalisme inclusif (11 novembre 2019) : L’Osservatore Romano, 11-12 novembre 2019, p. 8.

[123] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025) : AAS 117 (2025), pp. 159-210 ; François, Message pour la 57e Journée Mondiale de la Paix (8 décembre 2023) : AAS 116 (2024), pp. 54-64 ; Id., Message pour la 58e Journée Mondiale des Communications Sociales (24 janvier 2024) : AAS 116 (2024), pp. 261-266 ; Id., Discours à la Session du G7 sur l’intelligence artificielle. “Un outil fascinant et redoutable” (14 juin 2024) : AAS 116 (2024), pp. 866.875 ; Commission Théologique Internationale, Quo vadis, humanitas ? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité (9 février 2026) ; Message pour la 60e Journée Mondiale des Communications Sociales (24 janvier 2026) : L’Osservatore Romano, 24 janvier 2026, pp. 2-3.

[124] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 96 : AAS 117 (2025), p. 201.

[125] François, Discours aux participants à la rencontre des « Minerva Dialogues » organisée par le Dicastère pour la Culture et l’Éducation (27 mars 2023) : AAS 115 (2023), p. 465.

[126] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 41 : AAS 117 (2025), p. 178.

[127] Cf. ibid., nn. 44-45 : AAS 117 (2025), pp. 179-180.

[128] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 40 : AAS 83 (1991), p. 843.

[129] Cf. Commission Théologique Internationale, Quo vadis, humanitas? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité (9 février 2026), n. 63.

[130] Cf. Saint Paul VI, Discours à l’occasion du 25e anniversaire de la FAO (16 novembre 1970) : AAS 62 (1970), p. 833.

[131] Commission Théologique Internationale, Quo vadis, humanitas? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité (9 février 2026), n. 3.

[132] « Si le cœur est dévalorisé, alors parler avec le cœur, agir avec le cœur, mûrir et prendre soin du cœur est également dévalorisé. Lorsque la spécificité du cœur n’est pas prise en compte, sont perdues les réponses que l’intelligence à elle seule ne peut donner, perdue la rencontre avec les autres, perdue la poésie. Et nous passons à côté de l’histoire et de nos histoires, car la véritable aventure personnelle est celle qui se construit à partir du cœur. À la fin de la vie, c’est tout ce qui comptera » : François, Lett. enc. Dilexit nos (24 octobre 2024), n. 11 : AAS 116 (2024), p. 1372.

[133]V. Frankl, Man’s Search for Meaning. An Introduction to Logotherapy, Boston 1963, p. 213.

[134]Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, I-II, q. 112, a. 1, co. ; q. 114, a. 5, co. : ed. Leonina, VII, Roma 1892, pp. 323 et 349.

[135] Cf. ibid., q. 114, a. 1, co. : ed. Leonina, VII, p. 344.

[136]Cf. Id., Super Boetium De Trinitate, q. 1, a. 2, ad 3 : éd. Leonina, L, Rome 1992, 96 ; Summa Theologiae, I, q. 7, a. 1, ad 3 : éd. Leonina, IV, Rome 1888, p. 72.

[137] François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 8 : AAS 105 (2013), p. 1022.

[138] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Redemptor hominis, (4 mars 1979), n. 15 : AAS 71 (1979), pp. 286-287.

[139] Saint Augustin, De civitate Dei, XIV, 28 : CCSL 48, Turnhout 1955, p. 451.

[140] Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 34 : AAS 101 (2009), pp. 668-669.

[141] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Veritatis splendor (6 août 1993), n. 32 : AAS 85 (1993), p. 1159.

[142] François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 207 : AAS 112 (2020), p. 1043.

[143]H. Arendt, The Origins of Totalitarianism, III, New York 1962, p. 474.

[144] Discours aux professionnels de la communication : AAS 117 (2025), pp. 681-682.

[145] Benoît XVI, Message pour la 47e Journée Mondiale des Communications Sociales (24 janvier 2013) : AAS 105 (2013), p. 183.

[146] François, Discours à l’occasion de la remise de la médaille de Chevalier et de Dame Grand-Croix de l’Ordre de Pie IX à Philip Pullella et Valentina Alazraki, (13 novembre 2021) : L’Osservatore Romano, 13 novembre 2021, p. 12.

[147] Cf. Platon, Lettre VII, 344b-c. : Ed : Souilhé, XIII/1, Paris 1931 (CUF, Série grecque 63), p. 54.

[148] Cf. Discours aux participants au Congrès organisé par la Fondation pour l’étude et la recherche sur l’enfance et l’adolescence sur la dignité des mineurs à l’ère du numérique (13 novembre 2025) : L’Osservatore Romano, 13 novembre 2025, p. 3.

[149] Cf. Discours aux membres de l’Advisory Board de Rcs Academy (7 novembre 2025) : L’Osservatore Romano, 7 novembre 2025, p. 4.

[150] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 3 : AAS 73 (1981), p. 584.

[151] Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 128 : AAS 107 (2015), p. 898.

[152] Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 67 : AAS 117 (2025), pp. 188-189.

[153] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 18 : AAS 73 (1981), pp. 622-625.

[154] Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 109 : AAS 107 (2015), p. 891.

[155] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 32 : AAS 101 (2009), p. 666.

[156] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 268.

[157] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 64 : AAS 101 (2009), p. 698.

[158] Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), n. 129 : AAS 107 (2015), p. 899.

[159] Cf. ibid .

[160] Cf. Id., Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 108 : AAS 112 (2020), p. 1006.

[161] Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, Oeconomicae et pecuniariae quaestiones. Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel (6 janvier 2018), n. 6 : AAS 110 (2018), p. 772.

[162] François, Salutation au personnel du Fonds International de Développement Agricole (IFAD) (14 février 2019) : AAS 111 (2019), p. 309. Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 22 : AAS 101 (2009), p. 657.

[163] Cf. ibid., n. 36 : AAS 101 (2009), pp. 671-672.

[164] Cf. François, Exhort. apost. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 204 : AAS 105 (2013), pp. 1105-1106.

[165] Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 87 : AAS 59 (1967), p. 299.

[166] Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 39 : AAS 83 (1991), p. 841.

[167] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 211.

[168] Cf. Saint Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (2 février 1994), n. 17 : AAS 86 (1994), pp. 903-906.

[169] Cf. Conférence des évêques catholiques des États-Unis, Sons and Daughters of the Light. A Pastoral Plan for Ministry with Young Adults (12 novembre 1996), Washington D.C. 1996, I, 3.

[170] Cf. Conseil pontifical « Justice et Paix », Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 290.

[171] Cf. ibid., n. 214.

[172] Cf. François, Message pour la célébration de la 48e Journée Mondiale de la Paix (8 décembre 2014), n. 4 : AAS 107 (2015), pp. 70-71.

[173] Cf. Commission Théologique Internationale, Mémoire et réconciliation : l’Église et les fautes du passé, Cité du Vatican 2000, 5. 3.

[174] Ainsi dans les Bulles Sicut dudum (13 janvier 1435) et Etsi suscepti (9 janvier 1442) d’Eugène IV et dans les Bulles Dum diversas (18 juin 1452) et Romanus Pontifex (8 janvier 1455) de Nicolas V. Les pressions politiques et, parfois aussi, économiques ont pris le pas sur les exigences évangéliques. L’évangélisation fut fréquemment mise de côté ou mal interprétée en fonction des ingérences des pouvoirs temporels, relativisant l’incompatibilité de l’esclavage avec la conscience chrétienne.

[175] Cf. Léon XIII, Lett. enc. In plurimis (5 mai 1888) : Acta Leonis XIII, VIII, Rome, 1889, pp. 169-192. Il faut noter qu’en 1866 encore, le Saint-Office distinguait entre aspects immoraux et moraux de la servitude, sans la condamner pleinement : Rome, Archives du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Instr. 1293 : Instruction du Saint-Office sur divers doutes de Mgr Massaia, Vicaire Apostolique dans le pays des Galla, avril 1866, réponse à la question n. 15.

[176] Cf. Saint Jean-Paul II, Bulle Incarnationis mysterium (29 novembre 1998), n. 11 : AAS 91 (1999), pp. 139-141.

[177] Cf. Saint Paul VI, Regina caeli (17 mai 1970) : Enseignements de Paul VI, VIII, Cité du Vatican 1971, p. 506.

[178] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 183 : AAS 112 (2020), pp. 1033-1034.

[179] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 26 : AAS 58 (1966), pp. 1046-1047.

[180] Saint Paul VI, Discours à la 20e Assemblée générale des Nations Unies (4 octobre 1965) : AAS 57 (1965), p. 881.

[181] Organisation des Nations Unies, Charte des Nations Unies (26 juin 1945), Préambule.

[182] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 258 : AAS 112 (2020), p. 1061 : « De fait, ces dernières décennies, toutes les guerres ont été prétendument “justifiées”. Le Catéchisme de l’Église catholique parle de la possibilité d’une légitime défense par la force militaire, qui suppose qu’on démontre que sont remplies certaines “conditions rigoureuses de légitimité morale”. Mais on tombe facilement dans une interprétation trop large de ce droit éventuel. On veut ainsi justifier indument même des attaques ‘‘préventives’’ ou des actions guerrières qui difficilement n’entraînent pas “des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer” » ; cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, n. 2309.

[183] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 99 : AAS 117 (2025), pp. 202-203.

[184] Cf. ibid., n. 103 : AAS 117 (2025), p. 204.

[185] Cf. Audience aux participants à l’Assemblée Plénière de la Réunion des Œuvres d’Aide aux Églises Orientales (ROACO) (26 juin 2025) : AAS 117 (2025), pp. 847-849.

[186] Cf. François, Message pour la 53e Journée Mondiale de la Paix (8 décembre 2019) : AAS 112 (2020), pp. 54-61.

[187] J.R.R. Tolkien, The Lord of the Rings. Part III: The Return of the King, New York 1965, 190 ( Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi, Tome 3, Christian Bourgeois Éditeur, Paris 1973, traduit de l’anglais par Francis Ledoux).

[188] Discours aux professionnels de la communication (12 mai 2025) : AAS 117 (2025), p. 682.

[189] Ibid.

[190] Saint Jean-Paul II, Message pour la 31e Journée Mondiale de la Paix (1 er janvier 1998), n. 1 : AAS 90 (1998), p. 147.

[191]Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 84, 12 : CCSL 39, Turnhout 1956, pp. 1172-1173.

[192] Cf. François, Lett. enc. Dilexit nos (24 octobre 2024), n. 22 : AAS 116 (2024), pp. 1375-1376.

[193] Cf. Id, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 115 : AAS 112 (2020), pp. 1008-1009.

[194] Cf. ibid., n. 261 : AAS 112 (2020), p. 1062.

[195] Saint Paul VI, Discours à la 20e Assemblée générale des Nations Unies ( 4 octobre 1965) : AAS 57 (1965), pp. 878-879.

[196] Cf. Pie XII, Message radio Une heure grave (24 août 1939) : AAS 23 (1939), p. 334.

[197] G. La Pira, Riflessioni sul Concilio. Discorso del Sindaco di Firenze Prof. Giorgio La Pira alle « Guides de France » (Rome, 4 septembre 1962), Florence 1962, p. 6.

[198] Discours aux participants au Jubilé des Églises Orientales (14 mai 2025) : AAS 117 (2025), p. 686.

[199] Cf. François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 271 : AAS 112 (2020), p. 1066.

[200] Cf. Id., Appel de paix à Assise pour la Journée Mondiale de Prière pour la Paix. « Soif de paix. Religions et cultures en dialogue » (20 septembre 2016) : AAS 108 (2016), p. 1124.

[201] Id., Discours aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège pour la présentation des vœux pour la nouvelle année (9 janvier 2025) : AAS 117 (2025), p. 110.

[202] Cf. Id., Discours aux participants à la 38e session de la FAO (20 juin 2013) : AAS 105 (2013), pp. 616-617 .

[203] Première Bénédiction Urbi et Orbi (8 mai 2025) : AAS 117 (2025), p. 660 .

[204] Ibid.

[205] Cf. Homélie aux Premières Vêpres de la Solennité de Marie, Mère de Dieu (31 décembre 2025) : L’Osservatore Romano, 2 janvier 2026, pp. 1-2.

[206] Cf. Homélie de la messe du jour en la Solennité de la Nativité du Seigneur (25 décembre 2025) : L’Osservatore Romano, 27 décembre 2025, p. 3.

[207] Cf. ibid.

[208] Cf. Angélus de la Solennité de l’Épiphanie (6 janvier 2026) : L’Osservatore Romano, 7 janvier 2026, p. 3.

[209] Cf. Homélie de la messe de la nuit en la Solennité de la Nativité du Seigneur (24 décembre 2025) : L’Osservatore Romano, 27 décembre 2025, p. 2.

[210] P. de Bérulle, Discours de l’état et des grandeurs de Jésus, Discours IV, Unité de Dieu en l’incarnation : Œuvres complètes, Paris 1856, col 218, pp. 181-182.

[211] Ibid.

[212] Cf. Discours à la Conférence « Artificial Intelligence and Care of Our Common Home » (5 décembre 2025) : L’Osservatore Romano, 5 décembre 2025, p. 2.

[213] Benoît XVI, Lett. enc. Deus caritas est (25 décembre 2025), n. 14 : AAS 98 (2006), p. 228.

[214] Saint Augustin, Sermones, 272 : In die Pentecostes ad infantes de sacramento : PL 38, Paris 1865, col. 1247.

[215] Benoît XVI, Homélie lors de la messe in Coena Domini (21 avril 2011) : AAS 103 (2011), p. 321.

[216] Discours à la Curie romaine à l’occasion des vœux de Noël (22 décembre 2025) : L’Osservatore Romano, 22 décembre 2025, pp. 6-7.

[217] Cf. supra, nn. 11-14.

[218] Cf. Discours lors du colloque « La dignité des enfants et des adolescents à l’ère de l’intelligence artificielle » (13 novembre 2025) : L’Osservatore Romano, 13 novembre 2025, p. 3.

[219] Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 34 : AAS 101 (2009), pp. 668-670.

[220] François, Exhort. ap. Laudate Deum (4 octobre 2023), n. 67 : AAS 115 (2023), p. 1059.

[221] Angélus de la Solennité de l’Épiphanie (6 janvier 2026) : L’Osservatore Romano, 7 janvier 2026, p. 3.

[222] Benoît XVI, Audience générale (15 février 2006) : L’Osservatore Romano, 16 février 2006, p. 4.

[223] Méditation à l’occasion de la Veillée de prière et du Rosaire pour la paix (11 octobre 2025) : L’Osservatore Romano, 13 octobre 2025, p. 2.

[224] Saint Paul VI, Homélie au sanctuaire marial de Notre-Dame de Bonaria (24 avril 1970) : AAS 62 (1970), p. 301.

Coédition Magnifica Humanitas

Voir les fiches explicatives de l’encyclique Magnifica Humanitas du Dicastère du Développement humain intégral

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Le Pape invite à prier pour les catholiques de Chine https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-pape-invite-a-prier-pour-les-catholiques-de-chine Tue, 26 May 2026 08:49:34 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53595 Après avoir récité la prière du Regina Cæli, Léon XIV a adressé une invocation à la Vierge Marie, lui confiant la communauté des fidèles chinois afin qu’ils puissent être des témoins «d’espérance et de paix». Chaque année, le 24 mai, l’Église universelle est invitée à prier pour les catholiques chinois. Le Saint-Père a également tourné ses pensées vers les victimes d’un accident minier, qui a fait vendredi soir plus de 80 morts dans la province du Shanxi, dans le nord de la Chine.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Ce dimanche midi, depuis les fenêtres du palais apostolique, le Pape a évoqué la Journée de prière pour l’Église en Chine, célébrée chaque année depuis 2007 à l’occasion de la mémoire liturgique de la fête de la Bienheureuse Vierge Marie « Secours des chrétiens », particulièrement vénérée en Chine dans le sanctuaire de Notre-Dame de Sheshan, près de Shanghai. C’est à elle que le Souverain pontife a confié la communauté chrétienne chinoise afin qu’elle puisse continuer avec vigueur à témoigner de l’Évangile.

Notre-Dame du Sheshan.

Notre-Dame du Sheshan.

Le Pape a invité les 30 000 pèlerins et Romains se trouvant place Saint-Pierre et les fidèles du monde entier à unir leur prière à celle des catholiques chinois, «en signe de notre affection pour eux et de leur communion avec l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre». 

«Que l’intercession de la Reine du Ciel obtienne à la communauté des croyants en Chine la grâce de l’unité et donne à tous la force de témoigner de l’Évangile dans les efforts quotidiens, afin d’être une semence d’espérance et de paix», a ajouté Léon XIV.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Ce dimanche midi, depuis les fenêtres du palais apostolique, le Pape a évoqué la Journée de prière pour l’Église en Chine, célébrée chaque année depuis 2007 à l’occasion de la mémoire liturgique de la fête de la Bienheureuse Vierge Marie « Secours des chrétiens », particulièrement vénérée en Chine dans le sanctuaire de Notre-Dame de Sheshan, près de Shanghai. C’est à elle que le Souverain pontife a confié la communauté chrétienne chinoise afin qu’elle puisse continuer avec vigueur à témoigner de l’Évangile.

Notre-Dame du Sheshan.

Notre-Dame du Sheshan.

Le Pape a invité les 30 000 pèlerins et Romains se trouvant place Saint-Pierre et les fidèles du monde entier à unir leur prière à celle des catholiques chinois, «en signe de notre affection pour eux et de leur communion avec l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre». 

«Que l’intercession de la Reine du Ciel obtienne à la communauté des croyants en Chine la grâce de l’unité et donne à tous la force de témoigner de l’Évangile dans les efforts quotidiens, afin d’être une semence d’espérance et de paix», a ajouté Léon XIV.

Catastrophe minière

Ce dimanche 24 mai, le Pape a par ailleurs tourné ses pensées vers Liushenyu, dans la province du Shanxi, au sud-ouest de Pékin, endeuillé par la pire catastrophe minière qu’ait connue le pays depuis 2009. Au moins 82 mineurs ont été tués dans un coup de grisou.

Le Pape a invoqué «la paix éternelle» pour les victimes de l’accident.

Plusieurs centaines de secouristes sont mobilisés ce dimanche à la recherche des derniers disparus. 

VATICAN NEWS

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“Magnifica Humanitas”, une arme magnifique pour désarmer l’IA https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/magnifica-humanitas-une-arme-magnifique-pour-desarmer-lia Tue, 26 May 2026 08:37:38 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53592 Évêque de Carcassonne et Narbonne, président du Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France, Mgr Bruno Valentin présente « Magnifica Humanitas ». Pour lui, l’audace de cette « magnifique encyclique » qui veut désarmer l’Intelligence artificielle possède trois forces : la rigueur de son réalisme, la sagesse de l’espérance et la clarté de ses propositions.

Saint Jean XXIII fut le premier, en 1961 avec Pacem in terris, à donner à une encyclique une portée universelle en l’adressant, non pas seulement aux évêques, aux prêtres, ou aux fidèles, mais à tous les hommes de bonne volonté. Léon XIV le rappelle lui-même au n. 33 de Magnifica Humanitas qui est plus que jamais une encyclique pour tous, puisque son ambition centrale est de mobiliser l’humanité tout entière autour des défis de l’Intelligence artificielle (IA) qui s’adressent à tous.

Tous concernés

Benoît XVI déjà avait pris à bras-le-corps les défis de la révolution numérique. C’est lui, en particulier, qui a forgé en 2009 l’expression « continent numérique » pour encourager notamment les jeunes à y déployer leur zèle missionnaire. Il est un peu étonnant de voir Léon XIV reprendre cette expression à son compte — une seule fois — dans sa conclusion (n. 238), car toute la réflexion qu’il déploie précédemment démontre en réalité que cette formule est désormais obsolète : le numérique n’est plus un continent de plus, il a conquis la totalité de notre monde. Il n’existe pas d’espace alternatif, pas de dimension de l’existence où nous pourrions nous réfugier pour vivre à l’abri des bouleversements qu’il provoque. 

Une tentation subtile s’insinue : celle de penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits, de telle sorte que nos choix ne changent rien […] Personne n’est sans responsabilité. Chacun dispose d’un propre champ d’action.

La première force de cette encyclique est précisément d’analyser ces bouleversements avec rigueur, et surtout avec réalisme. Le Pape nous encourage à pratiquer « un sain réalisme qui évite autant l’idéalisme que le cynisme. […] Le réalisme authentique ne renonce pas à changer le monde » (n.  218). Dans ce regard, Léon XIV passe en revue les immenses champs de l’existence humaine dans lesquels se déploient aujourd’hui les défis de l’IA : de la santé au travail, de la démocratie à la guerre, ou de l’éducation à l’information, rien de ce qui fait notre humanité n’en est indemne. Le Pape appelle donc chacun, sans exception, à apporter sa pierre à la construction de ce monde nouveau.

Tous capables

Mais en sommes-nous seulement capables ? Réfléchir sur les enjeux de l’IA n’est-il pas un domaine réservé à un cercle de multimilliardaires américains et d’informaticiens de génie eux-mêmes déjà dépassés par les outils qu’ils sont en train de développer ? Comme beaucoup sans doute, je suis le premier à ressentir une forme d’impuissance devant l’hyper puissance exponentielle de ses outils, et je doute d’être équipé par ma formation ou mon expérience personnelle pour être autre chose dans l’avenir qu’un simple passager passif emporté par le tapis roulant de l’IA :

« Une tentation subtile s’insinue : celle de penser que les problèmes sont trop grands et nous trop petits, de telle sorte que nos choix ne changent rien. C’est une forme élégante de capitulation, souvent déguisée en réalisme. Certes, tout le monde n’a pas le même pouvoir d’action sur la réalité […]. Pourtant, personne n’est sans responsabilité. Chacun dispose d’un propre champ d’action » (n. 212). 

Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain.

Pour nous en convaincre, Léon XIV tisse littéralement sa réflexion autour d’une référence biblique peu connue : la reconstruction de Jérusalem après le temps de l’exil à Babylone. Ce chantier nous est rapporté assez précisément dans le livre de Néhémie (Ne, 1-6). Léon XIV l’érige en antithèse du chantier bien plus fameux de la Tour de Babel (Gn 11,1-9), notamment parce qu’il associe tous les habitants de Jérusalem : chaque tronçon de mur à relever est confié à une famille différente.

Désarmer l’IA

La deuxième force de Magnifica Humanitas est là, dans la démonstration méthodique et pleine d’Espérance que oui, nous sommes en mesure d’agir puisque, contre toute évidence, nous sommes solidement armés pour désarmer l’IA ! Léon XIV procède comme le scribe de l’Évangile, qui « tire de son trésor du neuf en de l’ancien » (cf. Mt 13,52). Il commence par exposer avec soin le patrimoine de sagesse que recèle la doctrine sociale de l’Église, à travers six grands principes développés depuis plus d’un siècle : la dignité de la personne humaine, le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice. Le Pape montre précisément la pertinence actuelle de chacun de ces principes pour affronter les défis nouveaux du numérique. Il nous les présente comme les meilleures armes pour désarmer l’IA : désarmer la fascination et l’idolâtrie qu’elle peut susciter, désarmer les menaces qu’elle fait peser sur la vérité, sur la liberté, et sur toutes nos relations humaines, et même désarmer la peur que nous pouvons ressentir face à l’IA. « Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain », écrit Léon XIV dans un petit paragraphe (n. 110) placé au centre du texte, comme pour en être la clé principale.

L’IA pour tous

L’IA va-t-elle détruire l’humanité ? La question n’est ni rhétorique, ni emphatique puisque cet horizon n’est pas seulement un risque avéré : il est attendu et souhaité par certains de ces promoteurs les plus actifs animés d’une idéologie post-humaniste. Léon XIV manifeste la conviction que la réponse à cette question dépendra de notre capacité à faire prévaloir une logique d’IA pour tous, et non pas pour quelques-uns. 

Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position.

On retrouve cette alternative tout au long de la réflexion du Pape, et dans chaque thème particulier qu’il aborde, de la conception et la gouvernance de l’IA jusqu’à la gestion des ressources qu’elle mobilise, ou à ses incidences dans les relations internationales. C’est en rapport à cet objectif d’IA pour tous que le Pape livre par exemple un beau plaidoyer en faveur du dialogue (n. 29-227). C’est aussi contre les prétentions hégémoniques de quelques-uns au détriment du plus grand nombre que Léon XIV fait l’éloge de la limite, comme constitutive de la dignité humaine (n. 18-122)

Des propositions très concrètes

La troisième force de cette encyclique est d’oser des propositions très concrètes dans de nombreux domaines. « Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position » (n. 216) revendique ainsi Léon XIV. Et il le fait, de manière claire et audacieuse, comme lorsqu’il demande que les données, véritable matière première de l’IA soient considérées au même titre que l’air, l’eau, ou la terre, comme des biens à destination universelle qui ne puissent pas être accaparés par des intérêts privés, sous peine de voir s’imposer un néocolonialisme fondé sur le pillage de ressources destinées à tous (cf n. 108 et 178). Magnifica Humanitas, et magnifique encyclique ! Ce grand texte est destiné à marquer tout le pontificat de Léon XIV, ne serait-ce qu’en nous permettant de faire connaissance avec notre Pape : de découvrir l’ampleur de sa réflexion, le talent pédagogique avec lequel il la partage avec nous et surtout sa détermination ferme et paisible à ce que l’Église soit pleinement au rendez-vous des défis de son temps.

Découvrez aussi les plus belles citations de « Magnifica Humanitas »

ALETEIA

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Magnifica humanitas: rester humain à l’ère de l’intelligence artificielle. https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/magnifica-humanitas-rester-humain-a-lere-de-lintelligence-artificielle Mon, 25 May 2026 10:21:41 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53588 Dans l’Encyclique «Magnifica humanitas», le Pape Léon XIV formule une requête, celle de faire grandir la technique sans faire régresser le cœur.

Andrea Tornielli*

À l’ère de l’intelligence artificielle, alors que la dignité humaine risque d’être éclipsée par d’énormes concentrations de pouvoir technologique échappant à tout contrôle et par de nouvelles formes de déshumanisation, le Pape Léon XIV nous rappelle le «devoir urgent» de rester profondément humain. À l’époque des polarisations et des violences, qui voit s’étendre une «culture de la puissance» avec la guerre réhabilitée comme instrument de politique internationale, le Successeur de Pierre nous demande de faire progresser la technique «sans faire régresser le cœur». Il nous invite à accepter les limites et la fragilité de l’humanité sans les considérer, comme le fait l’idéologie technocratique, comme une erreur à corriger. Il nous exhorte à regarder le monde non pas avec le regard des grands, mais par le bas, avec les yeux de ceux qui souffrent, en commençant par les derniers. Avec les yeux d’un Dieu qui a pris sur lui notre faiblesse en la transformant en lieu de salut, car «même lorsque les machines excellent en efficacité, le centre de l’histoire reste un visage humain qui demande à être regardé».

Magnifica humanitas, la première Encyclique de Léon XIV, n’est pas un texte analytique sur l’intelligence artificielle, elle n’entre pas dans les détails de processus en constante évolution. Il s’agit plutôt d’une summa, qui applique les principes de la Doctrine sociale à notre époque, celle de l’IA, en consolidant et en actualisant les points cardinaux du magistère. C’est un texte qui met également fin au malentendu de ceux qui, s’en remettant à la liberté absolue des marchés et des nouvelles technologies, ont tendance à reléguer au rang d’enseignement discutable le magistère papal sur la nécessité d’une gouvernance humaine partagée de l’IA, sur l’écologie intégrale, sur les structures économiques qui deviennent des «structures de péché», sur le refus de la guerre.

Le Pape, qui a pris le nom de l’auteur de l’Encyclique Rerum novarum, demande à chacun d’entre nous, à l’ère de la révolution numérique, de jouer un rôle actif, pour que la construction de la «civilisation de l’amour» se réalise grâce à «une somme de petites et tenaces fidélités», capables d’endiguer la déshumanisation. Une tâche qui nous concerne donc tous, et de près.

Léon XIV nous rappelle que «les injustices ne naissent pas seulement de mauvais choix individuels, mais aussi de structures, de mécanismes, d’ordres économiques et culturels produisant presque automatiquement des inégalités» et qu’«un développement qui augmente la consommation de certains en faisant peser les coûts et les souffrances sur d’autres, ou encore qui relègue des régions entières à des rôles subordonnés n’est pas humain», comme cela se produit malheureusement aujourd’hui également dans le domaine des nouvelles technologies et des ressources qu’elles requièrent. On lit dans l’Encyclique que la fonction sociale de la propriété privée est une «doctrine certaine» de l’Église, et qu’aujourd’hui, parmi les biens universellement destinés à tous, «nous devons également compter les nouvelles formes de propriété : brevets, algorithmes, plateformes numériques, infrastructures technologiques, données», afin d’éviter que de nouvelles formes d’exclusion et de privation de liberté ne naissent ou ne se consolident. La technique n’est en effet pas un simple outil, et lorsqu’elle devient un critère, «elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté», réduisant «les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant».

Aujourd’hui, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul «n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques», qui fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités mêmes de participation. Lorsque ce pouvoir se concentre entre quelques mains, «il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public», engendrant un risque de développement faussé «qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités».

Le Pape, réaffirmant la nécessité de dépasser la théorie de la «guerre juste», demande que l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine de la guerre soit soumise aux contraintes éthiques les plus strictes, car «il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable». De plus, l’intelligence artificielle est devenue un facteur déterminant de l’orientation de l’opinion publique en manipulant les images et les contenus, rendant la distinction entre le vrai et le faux de plus en plus difficile. De nombreuses incertitudes concernent également le marché du travail. L’Encyclique rappelle à cet égard qu’il n’est plus possible de compter uniquement sur la «main invisible» du marché: c’est à la politique qu’il incombe d’orienter les dynamiques économiques et technologiques vers le bien commun, en promouvant un travail digne, l’inclusion sociale et une répartition équitable des bénéfices de l’innovation.

Rester humain, maîtriser les processus, éviter – même dans ce domaine – les monopoles qui finissent par accroître le pouvoir de quelques-uns au détriment de la vie de beaucoup: la voie tracée par le Pape ne dresse ni de barricades ni ne rejette a priori l’usage de l’IA. Il souligne même ses nombreux aspects positifs et ses applications utiles, mais explique, dans le même temps, qu’il ne suffit pas de s’interroger éthiquement sur le bien-fondé de son utilisation. Il est essentiel d’intervenir en amont, et aussi de s’interroger sur la conception du système et sur l’idée de la personne et de la société inscrite dans les données et les modèles qui le guident. Cela requiert des cadres juridiques adéquats, un contrôle indépendant, l’éducation des utilisateurs et, surtout, une fois encore, «une politique qui n’abdique pas son devoir». Autrement, le changement sera régi par des logiques purement technocratiques et présenté comme «nécessaire et inévitable», imposant ainsi des règles «dictées» par ceux qui possèdent les données, l’infrastructure et la puissance de calcul.

Il est donc nécessaire de «désarmer» l’IA, c’est-à-dire de «rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner». Non pas pour renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain: il faut la rendre sujette à débat, contestable, et donc vivable. Précisément pour ne pas abdiquer notre humanité, si fragile et si «magnifique».

*Directeur éditorial des médias du Vatican

VATICAN NEWS

L’encyclique de Léon XIV: que l’IA serve l’humanité et non le pouvoir de quelques-uns

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Léon XIV se prête à la tendance TikTok du “six-seven” https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/leon-xiv-se-prete-a-la-tendance-tiktok-du-six-seven Tue, 19 May 2026 08:25:07 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53559 Le pape Léon XIV a créé la surprise en reproduisant un « six seven », une tendance virale très populaire auprès des jeunes, à la demande d’un groupe d’adolescents en visite au Vatican. Diffusée sur Instagram le 16 mai, la vidéo a rapidement été relayée sur les réseaux sociaux et reprise par de nombreux médias.

Aucune tendance ne semble échapper au Pape ! Samedi 16 mai, lors d’une visite au Vatican, un groupe d’adolescents a eu la surprise de croiser le pape Léon XIV à la basilique Saint-Pierre. Filmée puis diffusée sur Instagram par Don Roberto Fiscer, un ancien DJ devenu prêtre, la scène montre les jeunes inviter le souverain pontife à reproduire le célèbre « six-seven », un geste viral particulièrement populaire sur TikTok.

Sous les encouragements des adolescents, le Pape de 70 ans s’est prêté au jeu avec le sourire. Il a reproduit ce geste devenu incontournable sur les réseaux sociaux, qui consiste à agiter les mains de haut en bas en répétant « six seven », soit « six sept » en français. Les jeunes ont aussitôt applaudi, ravis de voir Léon XIV reproduire l’un des codes de leur génération. Cette séquence pleine de spontanéité a rapidement séduit les internautes. En quelques heures, la vidéo a été largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par de nombreux médias.

Que signifie « six seven » ?

En elle-même, l’expression « six seven » ne véhicule aucun message particulier. Son succès tient avant tout à son caractère simple et amusant, au point d’être devenu un véritable signe de reconnaissance entre jeunes sur les réseaux sociaux.

Popularisée aux États-Unis, cette tendance s’est imposée sans que son origine exacte soit clairement établie. L’expression a notamment été reprise par le rappeur Skrilla dans son morceau Doot Doot, sorti en 2024, où elle ferait référence à la 67e rue de sa ville. En 2025, le phénomène a pris de l’ampleur avec une vidéo compilant les exploits du basketteur LaMelo Ball, star de la NBA. Dans ce contexte, 6’7 renvoie à la taille du joueur, soit environ deux mètres. Depuis, « six seven » est devenue un clin d’œil largement repris par les adolescents sur TikTok et d’autres plateformes.

ALETEIA [VIDÉO]

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Léon XIV assistera à la présentation de Magnifica humanitas, son encyclique sur les enjeux de l’IA https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/leon-xiv-assistera-a-la-presentation-de-magnifica-humanitas-son-encyclique-sur-les-enjeux-de-lia Tue, 19 May 2026 08:10:31 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53555 Le Pape a signé ce texte très attendu, qui porte sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. L’encyclique sera présentée le 25 mai prochain dans la salle du synode du Vatican, en présence du Saint-Père.

Vatican News

Le Pape Léon XIV, s’apprête à promulguer sa première lettre encyclique, intitulée Magnifica humanitas, portant sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Une information confirmée ce lundi 18 mai par la Salle de presse du Saint-Siège. L’encyclique porte la signature du Saint-Père en date du 15 mai, jour du 135e anniversaire de la promulgation de l’encyclique Rerum Novarum du Pape Léon XIII.

La présentation du document aura lieu le 25 mai, à 11h30, dans la salle du Synode, en présence du Saint-Père, précise le communiqué du Saint-Siège. Participeront à cette conférence le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, Anna Rowlands, professeure de théologie politique et de doctrine sociale de l’Église au département de théologie et de religion de l’université de Durham du Royaume-Uni, Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic (États-Unis), responsable de la recherche sur l’interprétabilité de l’intelligence artificielle, ainsi que le Dr. Léocadie Lushombo i.t., professeur de théologie politique et de pensée sociale catholique à la Jesuit School of Theology de l’Université de Santa Clara en Californie. 

Lors de la présentation, une prise de parole et une bénédiction du Pape sont prévues. La conférence de presse sera conclue par le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège

Dossier Intelligence Artificielle

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À quoi invite la foi chrétienne ? L’explication de Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/a-quoi-invite-la-foi-chretienne-lexplication-de-leon-xiv Mon, 18 May 2026 12:46:55 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53549 « Nous sommes unis à Jésus, comme les membres à la tête, en un seul corps, et son ascension au Ciel nous attire aussi, avec Lui, vers la pleine communion avec le Père », a expliqué ce 17 mai le pape Léon XIV lors de la prière du Regina Cæli.

« Toute la vie du Christ, à travers son humanité, est un mouvement ascendant qui embrasse et englobe toute la réalité du monde », a affirmé le pape Léon XIV lors de la prière du Regina Cæli du dimanche 17 mai 2026. Bien que l’Ascension ait été célébrée ce jeudi 14 mai au Vatican comme en France, le chef de l’Église catholique a adapté sa méditation au calendrier liturgique de l’Italie et d’autres pays, où cette solennité est célébrée ce dimanche. Léon XIV a inscrit sa méditation dans le prolongement du récit des Actes des Apôtres : « l’image de Jésus […] s’élevant de la terre et montant vers le Ciel » pourrait sembler éloignée de l’expérience humaine, mais elle révèle au contraire « un lien vivant » entre le Christ ressuscité et les croyants, a-t-il assuré.

Le Pape a ainsi développé une relecture théologique de de l’Ascension, en montrant que cet événement ne concerne pas seulement le destin du Christ, mais celui de toute l’humanité unie à lui : « Nous sommes unis à Jésus, comme les membres à la tête, en un seul corps, et son ascension au Ciel nous attire aussi, avec Lui, vers la pleine communion avec le Père », a-t-il expliqué.

Une œuvre de relèvement de l’homme blessé par le péché

L’évêque de Rome a décrit ce mouvement comme une œuvre de relèvement de l’homme blessé par le péché, dans laquelle le Christ apporte « lumière, pardon et espérance là où régnaient les ténèbres, l’injustice et le désespoir ». En reprenant les termes de la préface de la liturgie pascale selon laquelle le Christ « en mourant a détruit notre mort, en ressuscitant nous a rendu la vie », le Pape a souligné que l’Ascension ne peut être séparée de la victoire pascale sur la mort.

« L’Ascension ne nous parle donc pas d’une promesse lointaine, mais d’un lien vivant », a expliqué Léon XIV, en précisant que ce mystère « élargit et élève dès cette vie notre horizon ». Pour le Pape, la foi chrétienne n’invite pas à fuir le monde, mais à apprendre progressivement à penser, sentir et agir « à la mesure du cœur de Dieu ». 

Hommage aux saints « de la porte d’à côté »

Reprenant une expression chère à son prédécesseur François, le pape Léon XIV a évoqué les saints « de la porte d’à côté », ces hommes et ces femmes ordinaires qui vivent discrètement l’Évangile dans leur famille, leur travail ou leur engagement quotidien. Léon XIV a ainsi rendu hommage aux « pères, mères, grands-parents, personnes de tous âges et de toutes conditions » qui cherchent sincèrement à suivre le Christ. 

La méditation s’est conclue sur son appel à faire grandir « en nous et autour de nous, la vie divine que nous avons reçue au baptême ». En citant saint Paul qui invite à reconnaître tout ce qui est « vrai », « juste » et « digne d’être aimé », Léon XIV a invité les fidèles à vivre une spiritualité tournée vers la communion et la promotion de la vie.

ALETEIA

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Le pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/le-pape-leon-xiv-en-france-du-25-au-28-septembre-2026 Sat, 16 May 2026 12:01:30 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53537

C’est désormais officiel : le Saint-Siège a confirmé le voyage apostolique (visite officielle du Pape) en France du 25 au 28 septembre 2026. Retrouvez dans ce dossier les ressources pour comprendre et préparer cette venue importante pour l’Eglise catholique qui est en France.

Suite

Une plateforme pour toutes les infos pratiques : https://www.pape-france.fr

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“Imprudence morale”, “irrespect démocratique”… Les évêques haussent le ton sur la fin de vie https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/imprudence-morale-irrespect-democratique-les-eveques-haussent-le-ton-sur-la-fin-de-vie Fri, 15 May 2026 08:57:08 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53535 Après le rejet au Sénat de la proposition de loi sur l’aide à mourir, les évêques de France alertent sur une « imprudence morale » et un « irrespect démocratique ». Ils saluent en revanche l’adoption du texte sur les soins palliatifs et demandent un débat plus apaisé sur la fin de vie.

Aors que le Sénat a rejeté pour la deuxième fois mardi 12 mai la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, les évêques de France ont à leur tour pris la parole ce 14 mai pour exprimer à la foi leur satisfaction et leur inquiétude. Ils se réjouissent d’abord de « l’adoption définitive du texte relatif aux soins palliatifs » et rappellent que « l’accès à un accompagnement digne, humain et apaisé en fin de vie constitue une exigence de solidarité nationale ». Une affirmation qui rejoint les nombreuses alertes lancées ces dernières années par les soignants, associations et familles confrontés aux inégalités d’accès aux soins palliatifs selon les territoires.

Mais la Conférence des évêques de France voit surtout dans le rejet par le Sénat de la proposition de loi sur l’aide à mourir le signe d’un désaccord de fond qui traverse le pays. Selon elle, ce vote « confirme l’absence manifeste de consensus politique et social à propos de l’ »aide active à mourir » ». Les évêques soulignent que cette fracture s’était déjà exprimée lors des débats à l’Assemblée nationale, marqués par des votes serrés et des oppositions persistantes.

« Une imprudence morale et un irrespect démocratique »

Dans ce contexte, les évêques mettent en garde contre toute tentative d’accélération du calendrier législatif. « Poursuivre à marche forcée l’adoption d’un texte légalisant l’euthanasie et le suicide assisté reviendrait à faire fi de la voix d’un nombre significatif de parlementaires », écrivent-ils. Une telle démarche constituerait, selon eux, « une imprudence morale et un irrespect démocratique ». La formule est forte et traduit la conviction de l’Église catholique que le débat dépasse largement les clivages partisans. Pour la CEF, il ne s’agit pas seulement d’une réforme sociétale supplémentaire, mais d’« une transformation aussi profonde de notre droit, de la médecine et du pacte social ». Les évêques plaident donc pour un débat « apaisé », éloigné des « précipitations électorales », afin de réfléchir collectivement « au service de la dignité de la vie dans tous ses états et à toutes ses étapes ».

Dans ce débat particulièrement sensible, l’Église entend rappeler qu’une société se mesure aussi à la manière dont elle accompagne les plus fragiles. Derrière les discussions parlementaires, ce sont en effet des visages, des familles, des soignants et des personnes vulnérables qui sont concernés. Pour les évêques, la réponse à la souffrance ne peut se réduire à une logique de mort administrée, mais appelle d’abord une présence humaine, médicale et spirituelle auprès de ceux qui traversent l’épreuve de la fin de vie.

ALETEIA

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170 ans de l’Œuvre d’Orient: construire des relations avec les Églises d’Orient https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/170-ans-de-loeuvre-dorient-construire-des-relations-avec-les-eglises-dorient Fri, 15 May 2026 08:30:02 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53532 Le 170e anniversaire de l’Œuvre d’Orient a connu l’un de ses sommets avec la messe annuelle de la Journée des chrétiens d’Orient présidée par le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, en présence de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, et de Mgr Hugues de Woillemont, directeur de l’association, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le lendemain, 11 mai, une conférence de presse a permis de faire le point et d’évaluer les résultats d’un sondage IFOP.

Janvier Yameogo – Cité du Vatican

L’Œuvre d’Orient est fondée en 1856 dans le contexte de la fin de la guerre de Crimée avec la signature du Traité de Paris reconnaissant à la France un rôle de protection des chrétiens de l’Empire ottoman.

Historique de l’Œuvre d’Orient

Initialement appelée L’Œuvre des Écoles d’Orient,  l’institution est créée le 4 avril 1856, à l’initiative de professeurs laïcs de la Sorbonne convaincus de l’importance capitale de l’éducation pour l’avenir de toute société, avec ainsi pour objectif la création d’écoles au Liban. Ces professeurs, le mathématicien Augustin Cauchy, l’helléniste Charles Lenormant, mais également Alfred de Falloux et Charles de Montalembert furent soutenus de manière décisive par le père jésuite Gustave de Ravignan. En 1858, L’Œuvre des Écoles d’Orient est reconnue Œuvre d’Église par le Pape Pie IX.

Suite aux massacres de chrétiens par les Druzes en 1860, l’abbé Charles Martial Lavigerie, son premier directeur, recommanda d’élargir le champ d’action. Ainsi s’ouvre une grande histoire de solidarité. En 1886, Mgr Félix Charmetant, fervent défenseur de la cause arménienne, devient directeur de l’Œuvre des Écoles d’Orient. À partir de 1895, il a été l’un des personnages les plus actifs en France pour dénoncer les massacres et les crimes subis par les Arméniens et collecter des fonds pour leur venir en aide. L’orientation pour servir la défense des Églises orientales est prise.

C’est en 1931 que l’Œuvre des Écoles d’Orientdevient «l’Œuvre d’Orient» et collabore étroitement avec la Congrégation pour les Églises orientales. En 2010, Mgr Pascal Gollnisch devient le 11ème directeur de l’Œuvre d’Orient sur proposition de l’archevêque de Paris, le cardinal Vingt-Trois. Il sera ensuite, en 2014, nommé vicaire général de l’ordinariat des Orientaux catholiques en France.

Depuis sa création en 1856, l’Œuvre d’Orient, si elle a élargi son champ d’action, est restée fidèle à sa vocation: donner aux prêtres et aux communautés religieuses les moyens d’accomplir leurs missions, au service de tous.

Construire des relations avec les Églises d’Orient

Aux lendemains de la célébration, lors de la messe annuelle, de la Journée des chrétiens d’Orient qui témoigne de la richesse des différentes traditions orientales (maronite, melkite, chaldéenne, copte, arménienne, etc.) qui composent le paysage ecclésial français, une conférence de presse a été organisée.

Introduite par Armelle Milcent, chargée de communication, les différentes interventions de Mgr de Woillemont, Mgr Hanna Jallouf, Vincent Gelot et de Sœur Magda Smet ont permis de faire connaître le besoin d’aider «mais surtout de construire des relations avec les Églises d’Orient qui vivent des situations de grande fragilité» a insisté Mgr Hugues de Woillemont, vicaire général des catholiques orientaux de France et directeur général de l’Œuvre d’Orient. Le sondeur et analyste Jérôme Fourquet a ensuite disséqué et décortiqué les résultats du sondage IFOP.

Reconnaissance aux chrétiens d’Orient pour leur témoignage

Introduisant la conférence, Mgr Hugues de Woillemont, qui revenait juste d’Ukraine, a salué plus de 150 personnes provenant de 23 pays présentes depuis samedi à Paris pour la célébration des 170 ans. Remerciant tout d’abord les journalistes pour leur énorme contribution à «faire connaître les Églises d’Orient qui vivent des situations de grande fragilité soulignant le nombre de personnes déplacées, les morts, les blessés et personnes disparus», le directeur général de l’Œuvre d’Orient a poursuvi en affirmant que «les chrétiens d’Orient n’ont pas besoin de notre pitié mais qu’on leur soit reconnaissant pour le témoignage qu’ils donnent et ensuite se mettre à leur école. Cet anniversaire, a-t-il ensuite souligné, est une occasion de grande gratitude envers les donateurs privés et institutionnels. C’est l’amitié que nous partageons.»

«Pas peur des vrais croyants musulmans mais des fondamentalistes»

Dans son intervention en langue arabe -car les mots sont importants-, Mgr Hanna Jallouf, évêque d’Alep en Syrie depuis 2023, a également exprimé sa gratitude à l’Œuvre d’Orient avant de livrer son témoignage. «Il y avait plus de 300 000 chrétiens à Alep aujourd’hui, ils ne sont que 30 000 à cause de la guerre et de la peur.» Toutefois l’ordinaire d’Alep regrette la désinformation sur les réseaux sociaux rappelant que récemment le chiffre de «3 000 morts parmi les chrétiens a été publié alors qu’en réalité ils sont 13». Son témoignage insiste aussi sur le rôle des chrétiens comme sel, levain et lumière dans la société, en relevant qu’il n’a «pas peur des vrais croyants musulmans mais des fondamentalistes».

Maintenir cette mosaïque de diversité et de pluralité ethnique et religieuse

Vincent Gelot, en charge des projets de l’association au Liban et Syrie a ensuite prolongé le discours de Mgr Hanna Jallouf sur la situation en Syrie parlant de «pays traumatisé», de «populations absolument meurtries», «en 15 ans, 80 % de la communauté chrétienne autochtone de Syrie a disparu». Il a ensuite lancé un appel urgent à la communauté internationale afin «d’aider pour maintenir cette mosaïque de diversité et de pluralité ethnique et religieuse que constituent les communautés syriennes». 

«Nous sommes très reconnaissants pour l’aide et la prière»

Soeur Magda Smet, Petite Soeur de Nazareth qui vit au camp de Dbayeh (Liban) témoigne des «nouvelles flambées de violence», «le bruit aigu des avions est très difficile et accentue le stress des populations. Notre fraternité est le lieu où tout le monde est accueilli, tout le monde cherche un petit moment de repos, cherche un endroit où pouvoir demander de l’aide sans avoir honte, aussi bien les déplacés que les réfugiés». Et elle exprime également sa gratitude, «grâce à l’Œuvre d’Orient, nous pouvons aider et donner des soins. Car la situation pèse trop sur les familles, il y a les dépressions, la croix pèse trop lourd. Nous sommes très reconnaissants pour l’aide et la prière dans l’espérance de vivre un autre monde de paix».

La France reste «un gisement important de soutien» aux chrétiens d’Orient

Analysant la perception des Français concernant les chrétiens d’Orient, Jérôme Fourquet le directeur du département Opinion de l’IFOP a d’abord exprimé sa joie d’accompagner ce sondage dans le cadre des 170 ans de l’association, dans un contexte géopolitique très chargé. Au niveau du décryptage, «un principe d’urgence se fait jour». 61 % des Français ont entendu parler des chrétiens d’Orient. L’étude met en lumière un regard complexe; l’aide concrète humanitaire et la pression diplomatique semblent privilégiées par rapport au soutien spirituel. La France reste «un gisement important de soutien» aux chrétiens d’Orient, souligne l’enquête et «les catholiques pratiquants n’ont pas l’apanage de l’aide aux chrétiens d’Orient».

«On a parfois pleuré, mais l’espérance persiste»

À la suite du directeur du département Opinion de l’IFOP qu’il remerciera, Mgr Hugues de Woillemont se dira étonné et que «l’enquête ouvre des perspectives pour l’Œuvre d’Orient qui est la seule association œuvrant en ce sens» et soulignant la générosité réconfortante des Français, estimera que cet anniversaire des 170 ans «est une fenêtre ouverte dans un contexte difficile». «On a parfois pleuré, mais l’espérance persiste», beaucoup de chrétiens ont la volonté de rester dans ces situations très difficiles et «nous cherchons à leur en donner les moyens». «Merci aux médias pour l’effort de compte-rendu et de donner une parole la plus juste possible de pays qui vivent des situations complexes», a-t-il conclu avant de se retirer pour une rencontre au sénat car l’enquête soulignait aussi l’engagement de l’État français pour les chrétiens d’Orient.

La bénédiction du Pape Léon XIV 

Dans un message signé par le cardinal Parolin et délivré à l’occasion de la célébration des 170 ans de lŒuvre d’Orient, le Pape partage sa joie de «s’associer par la pensée et la prière à la célébration du 170e anniversaire de la fondation de l’Œuvre d’Orient». «Votre soutien dans la formation – des enfants et des jeunes comme des futurs religieux et des prêtres –, votre précieuse aide humanitaire, autant que la préservation du patrimoine chrétien, sont un secours inestimable et vital pour ces populations qui, à force de conflits ou de guerres, perdent courage et ont parfois l’impression d’être oubliées».

“Cet intérêt pour l’Orient, inscrit dans le cœur des Français, se traduit dans l’aide concrète et quotidienne que vous apportez à nos frères et sœurs éprouvés.”

«Chers membres de l’Œuvre d’Orient, bénévoles, volontaires et donateurs, sachez que vos prières et vos actions sont de grande valeur au regard de Dieu, comme sont précieux à ses yeux ceux qui en bénéficient et qui, sans votre concours, risqueraient de disparaître de ces terres bénies», peut-on lire dans le message. «En signe d’encouragement, Sa Sainteté le Pape Léon XIV accorde de grand cœur, à chacun, la bénédiction Apostolique».

VATICAN NEWS

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La Vierge Marie, modèle parfait de ce que l’Église est appelée à être https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/la-vierge-marie-modele-parfait-de-ce-que-leglise-est-appelee-a-etre Fri, 15 May 2026 08:22:57 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53530 Ce mercredi 13 mai, le Pape a poursuivi son cycle de catéchèses sur le Concile Vatican II, s’arrêtant cette semaine sur le dernier chapitre de Lumen Gentium, qui porte sur la Vierge Marie, «membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité». Lors de ses salutations en anglais. Léon XIV s’est souvenu de l’attentat dont a été victime saint Jean-Paul II, le 13 mai 1981.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Il y a quarante-cinq ans, sur la même esplanade de la place Saint-Pierre, saint Jean-Paul II était victime d’un attentat, il fut gravement blessé par balle à l’abdomen, au bras, à la main. À quelques pas de la Porte de Bronze, une plaque de marbre blanc commémore l’attaque, à l’endroit précis où le Pape polonais fut touché. Ce mercredi 13 mai, le Pape Léon XIV s’y est arrêté. Il est descendu de sa papamobile, pour prier quelques instants en silence devant la plaque encastrée parmi les pavés. Agenouillé, il a posé la main sur les armoiries de Karol Józef Wojtyła. Dans son adresse aux pèlerins anglophones, à la fin de la catéchèse, Léon XIV est revenu sur l’attaque qui bouleversa les catholiques et le monde.

«Aujourd’hui, nous commémorons la Vierge de Fatima. En ce jour, il y a quarante-cinq ans, un attentat a été perpétré contre la vie du Pape Jean-Paul II, et c’est pour cette raison que j’ai consacré ma catéchèse d’aujourd’hui à la Bienheureuse Vierge Marie», a expliqué Léon XIV, lui confiant ce mercredi le «cri de paix» des peuples affligés par la guerre.

Le Pape devant la plaque commémorant l'attentat

Le Pape devant la plaque commémorant l’attentat   (@Vatican Media)

Marie, mère de toute la communauté ecclésiale

Poursuivant son cycle de catéchèse sur les textes du Concile Vatican II, aujourd’hui encore sur Lumen Gentium, Léon XIV a ainsi décidé s’arrêter sur le dernier chapitre de la Constitution dogmatique consacrée à la Vierge Marie, «membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité» (n° 53). Le Pape a expliqué aux fidèles réunis place Saint-Pierre comment en Marie, on peut reconnaître à la fois «le modèle, le membre par excellence et la mère de toute la communauté ecclésiale».

La mère de Jésus, a expliqué Léon XVI est le modèle parfait de ce que toute l’Église est appelée à être. En se laissant façonner par l’œuvre de la Grâce, venue s’accomplir en elle, et en accueillant le don du Très-Haut par sa foi et son amour virginal, elle est devenue «créature de la Parole du Seigneur et mère des enfants de Dieu engendrés dans la docilité à l’action du Saint-Esprit». Elle est également une croyante par excellence. En elle, poursuit le Pape, «nous est offerte la forme parfaite de l’inconditionnelle ouverture au mystère divin dans la communion du peuple saint de Dieu, Marie est membre éminent de la communauté ecclésiale». Enfin, Marie est mèrede toute l’Église, car elle engendre des enfants dans le Fils. Chacun peut s’adresser à elle avec une confiance filiale, dans la certitude d’être écoutée, protégée et aimée, note Léon XIV.

Icône du Mystère

Toutes ces caractéristiques pourraient se résumer en une expression, a affirmé le Pape. Marie est «la femme icône du Mystère». On y retrouve une réalité historique, Marie est une jeune fille d’Israël, à qui a été donné de vivre l’expérience extraordinaire de devenir la mère du Messie. Elle est une icône, car en elle «se réalise le double mouvement de descente et d’ascension: en Elle resplendissent tant l’élection gratuite de la part de Dieu que le libre consentement de la foi en Lui».

“Marie est donc la femme icône du Mystère, c’est-à-dire du dessein divin de salut, autrefois caché et révélé en plénitude en Jésus-Christ.”

Une place singulière

Dans l’œuvre de la Rédemption, Jésus-Christ est le seul Médiateur du salut, enseigne le Concile. Marie ne s’en offusque en rien, a relevé Léon XIV, Elle en manifeste au contraire la vertu. La Vierge «apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle», devenant pour tous une Mère.

Le Pape a également noté combien le mystère de l’Église se reflète dans la Vierge, car en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En elle «l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être».

Tous ces enseignements contenus dans Lumen Gentium conduisent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu, a affirmé le Pape qui invite à se laisser interpeller par Marie, et à une introspection approfondie: «est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église; est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini;  est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne; est-ce que je regarde Marie comme modèle?»

Le Pape invite à demander l’intercession de la Vierge afin que grandisse en chacun l’amour pour l’Église.

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Les prières de Léon XIV, un cœur à cœur avec le Christ https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/les-prieres-de-leon-xiv-un-coeur-a-coeur-avec-le-christ Wed, 13 May 2026 06:54:04 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53520 Tous les papes se sont confrontés à la difficulté de rédiger des prières pour nourrir la vie spirituelle des fidèles. Par leur style simple et direct, celles de Léon XIV ont cette capacité à favoriser un cœur à cœur avec le Christ.

Depuis son élection le 8 mai dernier, le pape Léon XIV a rédigé, ou tout du moins corrigé et validé, plusieurs prières : les prières mensuelles auxquelles il invite à s’associer pour une intention précise, et celles écrites pour une rencontre ou un évènement particulier. Des prières qui se distinguent par la proximité qu’elles arrivent à créer avec le Seigneur et par leur ancrage dans la réalité du monde contemporain. Adieu les expressions surannées et les termes un peu pompeux, le style des prières léonines est simple, franc, direct. Et c’est sans doute pour cette raison que ses prières sont si bouleversantes. Elles invitent à s’adresser à un Dieu doux et miséricordieux, elles n’occultent pas les difficultés du temps présent, et semblent trouver les mots que le cœur peine à formuler.

Elles favorisent une proximité avec le Christ

Lorsque Léon XIV s’adresse à Dieu, à l’Esprit saint, à la Vierge Marie ou encore à saint François d’Assise, il utilise le tutoiement. En faisant siennes les prières du Pape, le fidèle se tourne vers le Seigneur en disant « tu ». Se crée alors une vraie proximité avec le Christ, d’autant plus forte que l’adresse est toujours simple, directe, et adaptée au temps présent : « Seigneur de la Vie », « Esprit Saint », « Je te salue, ô Marie! » ou « Saint François, notre frère ».

POPE LEO
Pope Leo XIV prays during a visit at the archaeological site of Hippo, in Annaba on April 14, 2026.

Si la plupart des prières s’élèvent au nom de tous les fidèles en employant le « nous », certaines adoptent un ton beaucoup plus personnel en utilisant le « je ». Ainsi, la prière de Léon XIV au Sacré-Cœur de Jésus : « C’est à Ton Cœur tendre que je viens aujourd’hui », ou encore celle à l’Esprit saint pour demander la grâce du discernement : « Accorde-moi la grâce d’écouter attentivement ta voix et de discerner les chemins cachés de mon cœur ». Une manière de permettre au fidèle de s’approprier pleinement ces paroles et d’encourager un cœur à cœur avec le Christ.

Elles soulignent la douceur du Christ

Rares sont les prières de Léon XIV qui ne soulignent pas la douceur et la miséricorde de Dieu. « Nous te bénissons, Dieu de miséricorde », commence la prière de louange rédigée à l’occasion de la fermeture de la Porte sainte. Et plus loin : « Cette Porte sainte se ferme, mais la porte de ta clémence ne se ferme pas ». « C’est à Ton Cœur tendre que je viens aujourd’hui », énonce encore celle au Sacré-Cœur de Jésus. « Esprit Saint, toi, lumière de notre intelligence, souffle doux qui guide nos décisions », débute celle à l’Esprit saint. Et dans sa prière mariale, Léon XIV évoque la « présence maternelle » de Marie qui nous donne la certitude « que chaque personne est rachetée par l’amour [du Christ] ».

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Les prières de Léon XIV s’inscrivent dans le quotidien et décrivent les préoccupations des fidèles. Elles n’occultent pas les difficultés et les épreuves auxquelles est confrontée l’humanité : « Je te demande la grâce d’apprendre à faire une pause », « Tu soutiens toujours ceux qui vacillent, tu relèves celui qui est tombé », « Change, façonne et transforme nos projets ». Que l’on soit un homme, une femme, un jeune ou un vieillard, il est facile de se projeter dans les paroles de Léon XIV.

Elles sont ancrées dans l’actualité

Les prières de Léon XIV touchent aussi parce qu’elles sont ancrées dans l’actualité. En ces temps troublés par les conflits, la supplique qui revient le plus fréquemment est celle de la paix. Léon XIV, qui dès son élection, avait adressé à tous les peuples de la terre la bénédiction : « Que la paix soit avec vous ! » et qui n’a cessé depuis de plaider pour une paix « désarmée » et « désarmante » demande, dans sa prière à saint François : « En cette époque marquée par les conflits et les divisions, intercède pour que nous devenions des artisans de paix : des témoins désarmés et désarmants de la paix qui vient du Christ. »

Dans sa prière pour la paix au mois de mars, il implore de manière très précise et actuelle : « Aujourd’hui, nous élevons notre prière pour la paix dans le monde, en suppliant que les nations renoncent aux armes et choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie. (…) Que jamais plus la menace nucléaire ne conditionne l’avenir de l’humanité. » Et de nouveau en avril, lors de la veillée de prière pour la paix : « Donne-nous ta paix ». Puisse sa persévérance être entendue !

ALETEIA

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Le «fils de saint Augustin» devenu Souverain pontife de l’Église universelle https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-fils-de-saint-augustin-devenu-souverain-pontife-de-leglise-universelle Sat, 09 May 2026 12:50:53 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53510 Religieux de l’Ordre de saint Augustin, Léon XIV, s’inspirant de l’expérience et de l’enseignement de l’évêque d’Hippone, dans la recherche de Dieu, dans le désir d’imiter le Christ, dans la fraternité et au service de l’Église, vit pleinement le charisme de la famille augustinienne. Il a conservé les cultes et les dévotions qui lui sont propres et a parfois rencontré ses confrères pour des moments de convivialité.

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

«Je suis un fils de saint Augustin, augustinien». C’est ainsi que Léon XIV s’est présenté au monde le 8 mai 2025, depuis la Loggia de la basilique Saint-Pierre, révélant ainsi son identité spirituelle.

Robert Francis Prevost est un religieux de l’Ordre de Saint-Augustin. Il en fait partie depuis le 2 septembre 1978, jour de sa première profession des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Son cheminement à la suite du Christ est marqué par la pensée et la théologie de l’évêque d’Hippone et Père de l’Église. C’est ce qu’ont déjà montré ses premiers mots prononcés il y a un an, juste après son élection en tant que Pape: «Avec vous, je suis chrétien, et pour vous, je suis évêque». Une citation de son «mentor» (Discours 340) qui résume le sentiment d’appartenance à la communauté des croyants, au même titre que les autres, et la conscience de la responsabilité en tant que pasteur, actualisée à notre époque. «En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée», a exhorté le 267e Souverain Pontife, en indiquant la manière de s’engager pour «chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit les ponts, le dialogue, toujours prête à accueillir (…) avec les bras ouverts. Tous, tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, de dialogue et d’amour». Un programme qui résume tout l’engagement de saint Augustin au cours de ses plus de trente années de ministère épiscopal, durant lesquelles il s’est dévoué pour ses fidèles, a combattu les hérésies sans éviter la confrontation dans les disputes théologiques, a toujours dialogué avec tous, s’est soucié des pauvres et des nécessiteux.

Léon XIV en compagnie de deux confrères augustins dans la chapelle Pauline, photo du père Bruno Silvestrini.

Léon XIV en compagnie de deux confrères augustins dans la chapelle Pauline, photo du père Bruno Silvestrini.

Le lien avec la famille augustinienne

Et Léon XIV est un Pape profondément augustinien qui, en tirant parti de l’expérience et de l’enseignement de l’évêque d’Hippone, dans la recherche de Dieu, dans le désir d’imiter le Christ, dans la fraternité et dans le service à l’Église, vit pleinement le charisme qui caractérise sa famille religieuse. Une famille à laquelle il est très attaché, au point de ne pas avoir renoncé aux moments de convivialité avec ses confrères. Chez les Augustins, en effet, le sens de la communauté est fort et le partage est un trait fondamental.

Ouverture du Chapitre général augustinien dans la basilique romaine Saint-Augustin.

Ouverture du Chapitre général augustinien dans la basilique romaine Saint-Augustin.   (@Vatican Media)

Les lieux de culte chers au Souverain pontife

Un lien qui transparaît également dans les traditions et les cultes propres à l’Ordre de Saint-Augustin que le Souverain Pontife a conservés. Ce n’est pas un hasard si, deux jours après son élection au trône pontifical, Léon XIV s’est rendu au sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, à Genazzano, non loin de Rome, confié depuis des siècles à la charge pastorale des Augustins. C’est à Marie — présence maternelle tout au long de sa vie «par sa sagesse et par l’exemple de son amour pour le Fils qui est toujours le centre de ma foi, le chemin, la vérité et la vie» — que le Pape a demandé d’être accompagné dans sa «nouvelle mission».

Léon XIV en prière au sanctuaire de Genazzano.

Léon XIV en prière au sanctuaire de Genazzano.   (@Vatican Media)

L’amitié avec les religieuses

Et le 20 novembre dernier, après avoir rencontré à Assise les évêques italiens, à l’issue de leur 81e Assemblée générale, le Saint-Père a tenu à se rendre au monastère de Sainte-Claire à Montefalco, pour rendre visite aux moniales augustines qu’il avait connues dans les années 80, alors qu’il étudiait le droit canonique à Rome, mais aussi pour prier la sainte dite «de la Croix». Le Souverain pontife se sent proche d’elle pour être né le jour de l’Exaltation de la Sainte Croix et pour avoir été ordonné diacre dans une paroisse dédiée à Claire de Montefalco.

La rencontre avec les religieuses augustines de Montefalco.

La rencontre avec les religieuses augustines de Montefalco.   (ANSA)

Le désir d’unité au sein de l’Église

Depuis le début, du reste, sont devenus récurrents les thèmes augustiniens de l’intériorité, du Christ, cœur de l’annonce de l’Église, de l’amitié, du dialogue et de l’unité. Cette dernière étant également souhaitée à travers la devise figurant sur les armoiries papales — In Illo uno unum, tirée d’un sermon de l’évêque d’Hippone —, où l’empreinte augustinienne se retrouve également dans l’emblème qui résume l’expérience de la conversion du saint numide: le cœur brûlant, enflammé par la flèche de la Parole.

Léon XIV sur le site archéologique d'Hippone, en Algérie, avec la basilique Saint-Augustin en arrière-plan.

Léon XIV sur le site archéologique d’Hippone, en Algérie, avec la basilique Saint-Augustin en arrière-plan.   (@Vatican Media)

Tisser des liens avec saint Augustin

Et c’est sur les traces de saint Augustin que Léon XIV a effectué son voyage pastoral en Algérie, du 13 au 15 avril dernier, avec la conviction que le Père de l’Église «reste aujourd’hui encore une figure de premier plan, dans la mesure où ses écrits, son enseignement, sa spiritualité, son invitation à rechercher Dieu et la vérité sont des éléments dont nous avons grandement besoin à notre époque», comme il l’a déclaré aux journalistes pendant le vol qui l’emmenait d’Alger à Yaoundé, ajoutant que sa vision offre des pistes «pour rechercher l’unité entre tous les peuples et le respect de tous les peuples, malgré les différences».

Dans un peu plus d’un mois, enfin, le Pape rendra un nouvel hommage à saint Augustin à Pavie, où reposent ses reliques. Le 20 juin, le Souverain Pontife unira ainsi idéalement les deux rives de la Méditerranée, les reliant par ce pont de dialogue amorcé en Algérie, terre d’Augustin.

Le Pape au Cameroun devant une sculpture représentant saint Augustin.

Le Pape au Cameroun devant une sculpture représentant saint Augustin.   (@Vatican Media)

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L’Église catholique en France se prépare à accueillir Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/leglise-catholique-en-france-se-prepare-a-accueillir-leon-xiv Thu, 07 May 2026 08:19:14 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53501

Depuis son élection, il y a un an, le pape Léon XIV a été sollicité par plusieurs évêques pour venir en France. Le cardinal Jean-Marc Aveline, au nom de la Conférence des évêques de France dont il est président et en lien avec le Nonce apostolique, l’a officiellement invité. Cette invitation a été appuyée par le Président de la République française lors de sa rencontre avec Léon XIV à Rome, le 10 avril dernier.

Ce voyage apostolique pourrait avoir lieu fin septembre. « Léon XIV a exprimé, à différentes occasions, la grande estime qu’il porte à notre pays et à son histoire spirituelle, confie le cardinal Jean-Marc Aveline. J’ai eu plusieurs temps de travail avec le Pape, dont un la semaine dernière, au cours duquel nous avons élaboré une ébauche de programme. Sa venue serait l’occasion de partager au Pape ce que vit notre Église en France et de nous laisser encourager par sa parole. »

Dans le programme envisagé, le pape Léon XIV pourrait se rendre à Paris et à Lourdes. Dans l’attente de l’annonce officielle, par le Saint-Siège, de ce voyage apostolique, les évêques de France invitent tous les fidèles à porter dans la prière la préparation de cet événement.

Communiqué

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À Issy-les-Moulineaux, un nouveau séminaire pour former les prêtres de demain https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/a-issy-les-moulineaux-un-nouveau-seminaire-pour-former-les-pretres-de-demain Wed, 06 May 2026 07:00:05 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53496 Un nouveau séminaire universitaire doit ouvrir ses portes en septembre 2026 à Issy-les-Moulineaux. Porté par la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et l’Institut Catholique de Paris, ce projet entend renouveler en profondeur la formation sacerdotale en France, en associant vie communautaire, exigence académique et double cursus reconnu par l’Église et l’État, dans un contexte marqué à la fois par l’évolution des vocations et un regain d’intérêt spirituel chez les jeunes.

A quelques pas de Paris, c’est un projet qui entend bien redessiner la formation des prêtres en France qui se prépare. À Issy-les-Moulineaux, commune limitrophe au sud-ouest de la capitale, un nouveau séminaire universitaire doit ouvrir ses portes à la rentrée de septembre 2026. Ce projet, fruit d’une « alliance » entre la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et l’Institut Catholique de Paris (ICP), s’inscrit dans une dynamique nouvelle pour « former les prêtres de demain », ont expliqué Mgr Luc Crépy, père Emmanuel Goulard, père Emmanuel Petit et Anne-Sophie Vivier-Muresan, membres du  comité de pilotage du nouveau séminaire, lors d’une conférence de presse donnée ce mardi 5 mai.

« L’Institut Catholique de Paris et la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice entretiennent des liens anciens qui se sont toutefois distendus au fil du temps », souligne le père Emmanuel Petit, recteur de l’Institut Catholique de Paris, pour qui cette initiative vise précisément à les redynamiser. En réunissant deux modèles de formation longtemps distincts, à savoir le séminaire universitaire de l’ICP tourné vers la formation des futurs enseignants et le séminaire diocésain de Saint-Sulpice davantage centré sur la vie paroissiale, ce nouveau dispositif entend dépasser un « modèle aujourd’hui à bout de souffle », alors que la majorité des jeunes suivent désormais des études supérieures.

(De gauche à droite) Anne-Sophie Vivier-Muresan ; Père Emmanuel Petit ; Mgr Luc Crépy ; Père Emmanuel Goulard

Ce nouveau séminaire « entend conjuguer la pédagogie sulpicienne, reconnue pour la formation humaine, spirituelle et pastorale, avec l’exigence universitaire de la Faculté de Théologie de l’ICP » afin d’assurer une formation intellectuelle et académique solide, précise Mgr Luc Crépy.

Un cadre de formation repensé

La formation des prêtres constitue une question essentielle dans l’histoire de l’Église. Réuni entre 1545 et 1563, le Concile de Trente marque à cet égard un tournant majeur du catholicisme. Rassemblant évêques et théologiens, il vise à réaffirmer l’autorité morale et spirituelle de l’Église catholique face à la progression du protestantisme en Europe. Dans ce contexte, le concile met l’accent sur le rôle pastoral et institue les séminaires afin d’assurer une formation structurée et solide du clergé.

Dans la continuité de cet héritage, selon Mgr Luc Crépy, Évêque de Versailles, ce nouveau séminaire universitaire entend renouveler les modalités de formation des futurs prêtres. Dès la rentrée scolaire 2026, sa mise en place concrète se traduira par un regroupement inédit des deux formations existantes. Les séminaristes actuellement formés au Séminaire des Carmes rejoindront le site d’Issy-les-Moulineaux, tandis que ceux du Séminaire Saint-Sulpice suivront désormais leurs cours à la Faculté de Théologie de l’ICP. Pensée comme une « formation singulière », selon les membres du comité de pilotage, l’un des points forts du projet réside dans la possibilité de suivre un double cursus, à la fois canonique et national. Chaque séminariste pourra ainsi obtenir un baccalauréat canonique délivré par le Saint-Siège, tout en préparant en parallèle une licence et un master de théologie reconnus par l’État, des diplômes « valorisables dans le monde civil ». Ce double parcours, mené simultanément sur cinq ans, marque une évolution significative dans la formation sacerdotale. Depuis 2025, la théologie est en effet accessible sur les plateformes Parcoursup et Monmaster, ce qui confirme, selon les responsables du projet, un regain d’intérêt des jeunes pour les questions religieuses.

Les études supérieures « constituent un lieu d’ouverture, où la diversité des rencontres permet un véritable apprentissage de la synodalité, dans des liens d’amitié et de respect ».

Dans ce cadre, les séminaristes bénéficieront d’un équilibre entre vie communautaire, prière et exigence intellectuelle. Fidèles à la tradition pédagogique de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, ils vivront, installés au cœur d’un parc de huit hectares, dans un environnement propice à l’étude et au discernement, en maisonnées de huit à dix personnes. Ils suivront en parallèle une formation universitaire exigeante à l’Institut Catholique de Paris, au contact d’autres étudiants, religieux et laïcs. « Nous avons cherché un juste milieu entre retrait du monde et immersion. Nous avons donc fait le choix d’un équilibre entre une vie communautaire ancrée à Issy-les-Moulineaux et une insertion dans un univers académique de plus de 10.000 étudiants. Cela va favoriser le dialogue autant pour les étudiants que pour les formateurs avec d’autres élèves et disciplines », affirme le père Emmanuel Petit.

À cela, Anne-Sophie Vivier-Muresan, doyenne de la Faculté de Théologie de l’ICP, ajoute que les études supérieures « constituent un lieu d’ouverture, où la diversité des rencontres permet un véritable apprentissage de la synodalité, dans des liens d’amitié et de respect ». Environ une trentaine de séminaristes sont attendus à la rentrée, selon le père Emmanuel Goulard, recteur du Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux.

Un séminaire au coeur des défis de l’Église en France

Au-delà de son organisation, ce nouveau séminaire répond à des enjeux majeurs pour l’Église en France dans un contexte contrasté. Alors que la pratique religieuse recule et que le nombre de séminaristes et de formateurs diminue, l’afflux de catéchumènes et la soif spirituelle croissante des jeunes dessinent une réalité plus nuancée. Pour Mgr Luc Crépy, Évêque de Versailles, il s’agit d’une « nouvelle espérance », qui appelle une réponse adaptée en matière de formation. Car, rappelle-t-il, la « formation des prêtres est un souci constant de la vie d’un diocèse et plus largement des évêques ».

Dans cette perspective, le projet entend former des pasteurs capables de répondre aux attentes contemporaines, en « conjuguant enracinement et modernité ». L’ambition, explique Mgr Luc Crépy, est de faire émerger une maison de formation « plus cohérente et forte, au service de l’Église en France », avec la conviction de « former des prêtres solides dans leur vie intérieure, capables d’intelligence de la foi, de discernement et de mission dans le monde contemporain ». « Cette formation intégrale, à la fois humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale, doit permettre aux futurs prêtres de se préparer concrètement à leur mission », précise l’évêque de Versailles.

Mgr Luc Crépy lors de la conférence de presse mardi 5 mai 2026.

Dans un monde traversé par de nouveaux défis, tels que les « risques d’instrumentalisation religieuse, l’IA ou encore le rapport au savoir », la mission intellectuelle est une dimension constitutive de la vie de l’Église, complète Anne-Sophie Vivier-Muresan.

Les séminaires au schéma traditionnel ont éclaté, il faut savoir s’adapter et former différemment.

Au cœur de ce projet, le nouveau séminaire entend s’adapter aux parcours et aux réalités de chacun. Mgr Luc Crépy et le père Emmanuel Goulard soulignent la liberté offerte à chaque candidat, « qui sont protagonistes de leur formation ». Il ne s’agit pas d’imposer un parcours uniforme, mais d’accompagner chaque vocation de manière ajustée, expliquent-ils. Le père Emmanuel Petit affirme : « Les séminaires au schéma traditionnel ont éclaté, il faut savoir s’adapter et former différemment. »

Cette volonté d’ouverture se traduit concrètement par une attention portée à la diversité des profils. Dans la lignée d’initiatives déjà existantes, comme celle du séminaire d’Orléans qui accueille depuis vingt ans des séminaristes issus de formations professionnelles, le projet parisien prévoit notamment la mise en place d’un tutorat pour accompagner ceux qui rencontreraient des difficultés dans l’enseignement supérieur. « Il reste important d’être ouvert à tous », insiste Mgr Luc Crépy. « C’est un défi qui ne nous fait pas peur d’avoir à accompagner des étudiants avec des profils différents », abonde Anne-Sophie Vivier-Muresan. De fait, si les prêtres doivent obligatoirement suivre une formation au séminaire, l’obtention des diplômes d’État n’est pas requise pour être ordonné.

Au-delà des aspects académiques, cette formation vise une croissance humaine et spirituelle profonde. Reprenant les mots du pape Léon XIV, Mgr Luc Crépy rappelle les attentes portées sur les futurs prêtres. « Vous êtes appelés à aimer d’une manière spécifique, délicate et difficile et, plus encore, à vous laisser aimer dans la liberté. Une manière qui fera de vous, outre de bons prêtres, des citoyens honnêtes, disponibles, des artisans de paix et d’amitié sociale. »

À terme, le site d’Issy-les-Moulineaux ambitionne de devenir un véritable pôle de formation « aux portes de Paris », en accueillant d’autres « réalités éducatives et universitaires ». Des travaux de rénovation intérieure, prévus entre le printemps 2027 et septembre 2029, accompagneront cette dynamique en modernisant les espaces et en développant de nouvelles infrastructures, afin d’inscrire durablement ce projet au service de l’Église et des générations à venir.

À Savoir :

Une journée portes ouvertes sera organisée le 6 juin 2026 au Séminaire Saint-Sulpice situé à Issy-les-Moulineaux.

ALETEIA

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Neuvaine de l’Ascension et neuvaine de la Pentecôte https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/prieres/neuvaines/neuvaine-de-lascension-et-neuvaine-de-la-pentecote Tue, 05 May 2026 08:22:24 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53494

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Regina Caeli: Léon XIV invite à vivre la foi comme chemin de confiance et de fraternité https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/regina-caeli-leon-xiv-invite-a-vivre-la-foi-comme-chemin-de-confiance-et-de-fraternite Mon, 04 May 2026 10:00:14 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53491 Lors de la prière mariale, ce dimanche 3 mai place Saint-Pierre, le Pape a médité sur l’Évangile du jour selon saint Jean. Il a invité les fidèles à accueillir la promesse du Christ et à vivre dès aujourd’hui une foi qui libère de l’angoisse et ouvre à la fraternité faisant de nos communautés, de l’Église, une maison ouverte «où il y a de la place pour tous».

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

En ce temps pascal, le Saint-Père a rappelé que les paroles de Jésus prennent un sens nouveau à la lumière de la Résurrection à l’instar de l’Église naissante: «Ce qui, auparavant, échappait aux disciples ou les troublait, refait maintenant surface dans leur mémoire, réchauffe leur cœur et leur donne de l’espérance». Commentant l’Évangile de la Cène, après la résurrection, le Pape a souligné la promesse du Christ qui nous implique dans ce grand mystère de la victoire sur la mort: «Je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi» (Jn 14, 3). Cette parole révèle une vérité profonde, celle de savoir qu’«en Dieu, il y a une place pour chacun». Jésus, a dit le Saint-Père, parle d’une maison ouverte pour tous, une maison «très grande», «c’est la maison de son Père et de notre Père où il y a de la place pour tous».

“Le Fils se décrit comme le serviteur qui prépare les chambres, afin que chaque frère et chaque sœur, en arrivant, trouve la sienne prête et se sente attendu depuis toujours et enfin retrouvé.”

Une logique nouvelle de fraternité fondée sur l’accueil

Le Pape a opposé la logique du monde ancien, marquée par l’exclusion et la compétition, à celle du Royaume de Dieu: «dans l’ancien monde où nous sommes encore en chemin, ce sont les lieux exclusifs, (…). Cependant, dans le monde nouveau où le Ressuscité nous conduit, ce qui a le plus de valeur est à la portée de tous». Dans cette perspective, «ce qui est ouvert à tous procure désormais de la joie: la gratitude remplace la compétition», «l’accueil efface l’exclusion» et «l’abondance n’entraîne plus d’inégalité». Une vision où chaque personne est reconnue dans son unicité: «personne n’est confondu avec quelqu’un d’autre, personne n’est perdu».

“La mort menace d’effacer le nom et la mémoire, mais en Dieu, chacun est enfin lui-même. En vérité, c’est là la place que nous recherchons toute notre vie, parfois prêts à tout pour obtenir un peu d’attention et de reconnaissance.”

La foi, chemin de libération

Au cœur de son message, le Pape Léon XIV a invité à faire confiance au Christ: «Ayez la foi,… croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jn 14, 1). Cette foi, a-t-il expliqué, «libère notre cœur de l’angoisse d’avoir et d’obtenir, de l’illusion de courir après une place prestigieuse pour avoir de la valeur». Car la dignité humaine ne dépend pas de la reconnaissance sociale: «Chacun a déjà une valeur infinie dans le mystère de Dieu, qui est la seule réalité véritable».

Anticiper le ciel par l’amour fraternel fondé sur le Christ

Le Saint-Père a également souligné que la foi se vit concrètement dans l’amour: «en nous aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés, nous nous donnons cette conscience». Ainsi, les chrétiens sont appelés à anticiper dès maintenant le Royaume du Père: «nous anticipons ainsi le ciel sur terre, nous révélons à tous que la fraternité et la paix sont notre destin». Dans cet amour, chacun découvre sa véritable identité: «au milieu d’une multitude de frères, chacun découvre qu’il est unique».

Concluant son enseignement, le Pape a confié cette mission de chaque chrétien, celle de faire de nos communautés chrétiennes une maison ouverte à tous et attentive à chacun, à l’intercession de la Vierge Marie. Un appel à faire également de l’Église un lieu d’accueil, de fraternité et de paix, reflet de la maison du Père où «il y a de la place pour tous».

VATICAN NEWS

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Les responsables chrétiens se réunissent à Dubaï pour une prière nationale pour la paix https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/les-responsables-chretiens-se-reunissent-a-dubai-pour-une-priere-nationale-pour-la-paix Sat, 02 May 2026 09:58:09 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53480 «La paix ne peut être simplement une construction humaine; c’est un don de Dieu, qu’il faut rechercher, accueillir, entretenir et diffuser dans la société à travers nos bonnes relations.», a déclaré le vicaire apostolique d’Arabie du Sud, Mgr Paolo Martinelli, lors d’une prière nationale pour la paix réunissant des responsables chrétiens à Dubaï.

Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

Des responsables chrétiens se sont réunis en l’église catholique Sainte-Marie de Dubaï mercredi dernier pour la prière œcuménique nationale pour la paix. Cette initiative a été organisée par la Gulf Churches Fellowship, en collaboration avec le Bureau du dialogue interreligieux et œcuménique du Vicariat apostolique d’Arabie du Sud (AVOSA) et l’église Sainte-Marie.

Dans son discours d’ouverture, Mgr Paolo Martinelli, vicaire apostolique d’Arabie du Sud, a appelé à prier pour la paix aux Émirats arabes unis, dans le Golfe, au Moyen-Orient et dans le monde entier. «La paix», a-t-il souligné, «ne peut être simplement une construction humaine; c’est un don de Dieu, qu’il faut rechercher, accueillir, cultiver et diffuser dans la société à travers nos bonnes relations.»

Mgr Martinelli a également remercié les autorités civiles pour la protection qu’elles ont assurée ces derniers mois, leur assurant des prières de la communauté chrétienne. «Que le Seigneur entende notre prière commune; qu’il nous accorde la paix et la réconciliation, l’harmonie et la prospérité.» Ce rassemblement avait pour but de prier pour la paix dans la région, de marquer la réouverture des églises à Dubaï et de célébrer la joie de la Résurrection. L’église a ouvert ses portes pour accueillir des représentants et des fidèles de six confessions chrétiennes.

Ce moment de prière s’est déroulé en trois temps: la profession du Credo de Nicée; une prière pour la paix avec des lectures bibliques, des prières issues de différentes traditions chrétiennes et en différentes langues liturgiques, ainsi que l’allumage de bougies; et la Litanie de la paix, suivie de l’échange du signe de paix.

Outre Mgr Martinelli, les responsables chrétiens présents étaient l’archevêque Mesrob Sarkissian de l’Église arménienne, l’archevêque Abune Dimetros de l’Église orthodoxe éthiopienne, l’évêque Sean Semple de l’Église anglicane, l’archimandrite Ishaq Zakhur de l’Église orthodoxe grecque et le père Mina Hanna de l’Église copte, représentant leurs communautés respectives.

VATICAN NEWS

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Léon XIV, un pape qui marche pour la justice sociale https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/leon-xiv-un-pape-qui-marche-pour-la-justice-sociale Sat, 02 May 2026 09:49:54 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53478 Ce 1er mai, de nombreux cortèges défileront partout dans le monde pour garantir les droits des travailleurs. Pour défendre ses convictions sociales et sociétales, l’Église peut désormais compter sur un pape qui, dans le passé, n’a pas craint de battre le pavé.

Au XXe siècle, l’histoire se souvient du soutien clair apporté par le pape Jean Paul II au syndicat polonais Solidarnosc dans sa lutte pacifique contre le régime soviétique comme d’un tournant de la Guerre froide. Cependant, même si les messes qu’il a célébrées dans son pays avant la Chute du Mur (notamment en 1979, 1983, 1987) ont pu avoir des allures de rassemblements politiques, il ne semble avoir jamais personnellement pris part à une manifestation. Ses successeurs non plus : le jeune professeur Joseph Ratzinger avait même été particulièrement effrayé par les manifestations étudiantes de 1968 à l’Université de Tübingen. Et en 2010, lors du débat sur le mariage homosexuel en Argentine, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, avait appelé les catholiques à une « guerre de Dieu » contre le projet, encourageant les fidèles à manifester mais sans participer lui-même.

Un pape qui marche pour la vie

Il semble donc que Léon XIV soit le premier pape à avoir une certaine familiarité avec le monde des banderoles, des cortèges et des slogans. Tout a commencé pour lui dans sa jeunesse, en 1974, alors qu’il venait de rejoindre l’Université de Villanova, près de Philadelphie. Venu étudier les mathématiques et poursuivre son noviciat au sein de l’Ordre de Saint-Augustin, le jeune Chicagoan s’est immédiatement retrouvé au milieu d’une des plus grandes batailles politiques de l’histoire des États-Unis. En effet, le 22 janvier 1973, la Cour suprême avait rendu son célèbre arrêt Roe v. Wade par lequel elle empêchait de facto toute restriction de l’avortement aux États-Unis.

Un an après, selon le National Catholic Reporter, l’étudiant faisait partie des milliers de manifestants qui se sont retrouvés pour une manifestation à l’Independence Mall de Philadelphie pour dénoncer la législation, à l’invitation du cardinal John Kroll, archevêque des lieux. Ce mouvement social, le premier de ce type, inspirera la création, l’année suivante, de la March for Life — Marche pour la vie — à Washington, une manifestation qui existe encore aujourd’hui même si l’arrêt Roe v. Wade a été infirmé en 2022.

En 1974, Robert Francis Prevost a aussi été un des membres fondateurs du club « Villanovans for Life« , la première association universitaire pro-life des États-Unis. Et, selon certains témoignages, il est aussi probable qu’il ait fait partie des étudiants de ce club rejoignant Washington en bus pour participer à la March for Life entre 1975 et 1977. Le 22 janvier dernier, Léon XIV a en tout cas apporté publiquement son soutien à la manifestation dans un message. Il avait alors rendu hommage au « témoignage public éloquent » des manifestants et avait insisté sur le « caractère sacré de la vie humaine ».

Un pape qui marche pour la vie

Il semble donc que Léon XIV soit le premier pape à avoir une certaine familiarité avec le monde des banderoles, des cortèges et des slogans. Tout a commencé pour lui dans sa jeunesse, en 1974, alors qu’il venait de rejoindre l’Université de Villanova, près de Philadelphie. Venu étudier les mathématiques et poursuivre son noviciat au sein de l’Ordre de Saint-Augustin, le jeune Chicagoan s’est immédiatement retrouvé au milieu d’une des plus grandes batailles politiques de l’histoire des États-Unis. En effet, le 22 janvier 1973, la Cour suprême avait rendu son célèbre arrêt Roe v. Wade par lequel elle empêchait de facto toute restriction de l’avortement aux États-Unis.

Un an après, selon le National Catholic Reporter, l’étudiant faisait partie des milliers de manifestants qui se sont retrouvés pour une manifestation à l’Independence Mall de Philadelphie pour dénoncer la législation, à l’invitation du cardinal John Kroll, archevêque des lieux. Ce mouvement social, le premier de ce type, inspirera la création, l’année suivante, de la March for Life — Marche pour la vie — à Washington, une manifestation qui existe encore aujourd’hui même si l’arrêt Roe v. Wade a été infirmé en 2022.

En 1974, Robert Francis Prevost a aussi été un des membres fondateurs du club « Villanovans for Life« , la première association universitaire pro-life des États-Unis. Et, selon certains témoignages, il est aussi probable qu’il ait fait partie des étudiants de ce club rejoignant Washington en bus pour participer à la March for Life entre 1975 et 1977. Le 22 janvier dernier, Léon XIV a en tout cas apporté publiquement son soutien à la manifestation dans un message. Il avait alors rendu hommage au « témoignage public éloquent » des manifestants et avait insisté sur le « caractère sacré de la vie humaine ».

Un pape qui marche pour la vie

Il semble donc que Léon XIV soit le premier pape à avoir une certaine familiarité avec le monde des banderoles, des cortèges et des slogans. Tout a commencé pour lui dans sa jeunesse, en 1974, alors qu’il venait de rejoindre l’Université de Villanova, près de Philadelphie. Venu étudier les mathématiques et poursuivre son noviciat au sein de l’Ordre de Saint-Augustin, le jeune Chicagoan s’est immédiatement retrouvé au milieu d’une des plus grandes batailles politiques de l’histoire des États-Unis. En effet, le 22 janvier 1973, la Cour suprême avait rendu son célèbre arrêt Roe v. Wade par lequel elle empêchait de facto toute restriction de l’avortement aux États-Unis.

Un an après, selon le National Catholic Reporter, l’étudiant faisait partie des milliers de manifestants qui se sont retrouvés pour une manifestation à l’Independence Mall de Philadelphie pour dénoncer la législation, à l’invitation du cardinal John Kroll, archevêque des lieux. Ce mouvement social, le premier de ce type, inspirera la création, l’année suivante, de la March for Life — Marche pour la vie — à Washington, une manifestation qui existe encore aujourd’hui même si l’arrêt Roe v. Wade a été infirmé en 2022.

En 1974, Robert Francis Prevost a aussi été un des membres fondateurs du club « Villanovans for Life« , la première association universitaire pro-life des États-Unis. Et, selon certains témoignages, il est aussi probable qu’il ait fait partie des étudiants de ce club rejoignant Washington en bus pour participer à la March for Life entre 1975 et 1977. Le 22 janvier dernier, Léon XIV a en tout cas apporté publiquement son soutien à la manifestation dans un message. Il avait alors rendu hommage au « témoignage public éloquent » des manifestants et avait insisté sur le « caractère sacré de la vie humaine ».

Un pape qui marche contre la Guerre froide

En 1983, fraîchement ordonné, le père Prevost rejoint Rome pour poursuivre son doctorat en droit canonique. Une période pendant laquelle il n’est pas insensible aux grands mouvements du monde : les archives photographiques du Parti communiste italien ont déniché des clichés d’une grande manifestation organisée le 22 octobre 1983 dans laquelle on voit des frères en bure noire portant une pancarte avec écrit : « Augustiniani per la pace » — Augustins pour la paix.

Dans ce petit groupe, Robert Francis Prevost a été reconnu des années plus tard, rapporte le journal communiste italien Il Manifesto. Un million de personnes, ce jour-là, sont descendues dans les rues de Rome pour manifester contre la course à l’armement entre l’URSS et les puissances occidentales — la crise des Euromissiles — qui fait planer le risque d’un hiver nucléaire. « Dieu ne bénit pas les armes », a affirmé Léon XIV lors de la dernière Messe des Rameaux.

Un pape qui marche pour la paix

Au Pérou, le missionnaire Robert Francis Prevost a rencontré un contexte politique et social dramatique pendant les années 1990 : le Sentier Lumineux (une guérilla maoïste) terrorise le nord du pays, et en réponse, l’armée multiplie les exactions. Alors qu’on lui suggérait de rentrer aux États-Unis, il a choisi de rester aux côtés des populations locales pour « accompagner le peuple de Dieu dans le temps de la croix », a rapporté à NCR le frère John Lydon, avec lequel il se trouvait alors. Il a aussi refusé de prendre un garde du corps comme on lui demandait. 

En 1998, pour le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il a dirigé avec succès une campagne de collecte de signatures dans ses paroisses de Trujillo pour contrer le déni des droits par le gouvernement Fujimori. Des archives photographiques montrent là encore qu’il a participé activement à des marches pour la paix et la justice à Trujillo, afin de dénoncer à la fois la violence terroriste et l’autoritarisme étatique.

L’engagement de Léon XIV aux États-Unis, à Rome et au Pérou, motivé par sa foi mais aussi par son sens pastoral, rappelle une image chère à son prédécesseur sur le trône de Pierre : « Le bon pasteur doit se mouvoir ainsi : devant pour guider, au milieu pour encourager et ne pas oublier l’odeur du troupeau, derrière car le peuple a aussi du « flair ». Il a le flair pour trouver de nouveaux chemins pour le chemin, ou pour retrouver la route perdue. »

ALETEIA

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Renaître, un dispositif pour accueillir, écouter et accompagner https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/renaitre-un-dispositif-pour-accueillir-ecouter-et-accompagner Sat, 02 May 2026 09:36:04 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53474 Dans la perspective de fin de mandat de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) le 31 août 2026, les évêques de France ont voté, le jeudi 26 mars 2026, à une immense majorité, un dispositif d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des personnes victimes de violences sexuelles, lorsqu’elles étaient mineures, de la part d’un clerc diocésain ou d’un laïc missionné par l’évêque, pour une mise en place au 1er septembre 2026.

A retenir

  • Le dispositif Renaître succède à l’Inirr au 1er septembre 2026. Il s’agit d’un système permanent intégré au fonctionnement de l’Église catholique en France.
  • Le dispositif Renaître repose, d’une part sur les cellules diocésaines qui poursuivront leur mission d’accueil et d’écoute, d’autre part sur un réseau national d’accompagnants formés, pour accompagner de façon professionnelle les personnes victimes dans les démarches restauratives qu’elles souhaiteront vivre. Ce réseau d’accompagnant sera coordonné par une instance nationale indépendante, garante de la compétence et de l’impartialité du dispositif : les accompagnants ne rendent compte qu’à cette instance, et non aux évêques.
  • Renaître maintient un volet financier. Il est financé par une cotisation obligatoire de tous les diocèses, assurant ainsi la solidarité et la pérennité des moyens.
  • Renaître ne remplace ni la justice civile, ni la justice canonique (via le TPCN). La justice étatique demeure la priorité pour qualifier les faits et condamner les auteurs vivants ; le dispositif intervient en complément pour le chemin de restauration de la victime.

CEF

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Intention de prière du pape pour mai 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-mai-2026 Wed, 29 Apr 2026 07:10:50 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53465 Pour une alimentation pour tous

« Prions pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. »

Prière

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Prière pour la Journée mondiale des vocations 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/priere-pour-la-journee-mondiale-des-vocations-2026 Sat, 25 Apr 2026 12:14:30 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53441 Seigneur Jésus,

Toi qui viens à la rencontre de chacun en murmurant : « Si tu savais le don de Dieu… »,

Ouvre nos cœurs à la beauté de ton appel.

Nous te confions ceux qui ont déjà répondu à ta voix, particulièrement les prêtres, les religieuses et les religieux :

Fortifie leur fidélité, renouvelle leur joie,

Et fais d’eux des témoins paisibles et lumineux de ta présence.

Que leur vie donnée révèle au monde la douceur de ton amour et la profondeur du don qu’ils ont reçu.

Nous te prions aussi pour les jeunes qui hésitent, ceux qui cherchent leur chemin sans encore oser s’avancer, ceux que tu appelles en secret et qui n’ont pas encore reconnu ta parole,

Qu’ils découvrent, à travers la prière, les sacrements et la rencontre, que ta volonté est source de liberté et que chaque vocation, dans sa forme propre, est une manière unique de laisser ton don se déployer.

Seigneur, fais grandir en ton Eglise des cœurs disponibles, attentifs à ton souffle discret.

Accorde à chacun la grâce de se savoir aimé, appelé et envoyé selon ton dessein d’amour.

Et que, dans la diversité des chemins où tu nous conduis, nous portions tous au monde la joie de te suivre.

Amen.

>>  cliquez ici pour télécharger la carte-prière

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Léon XIV: Trop d’innocents sont morts, «en tant que pasteur, je ne peux être favorable à la guerre» https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/leon-xiv-trop-dinnocents-sont-morts-en-tant-que-pasteur-je-ne-peux-etre-favorable-a-la-guerre Fri, 24 Apr 2026 07:57:13 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53434 Dans l’avion qui le ramenait vers Rome, Léon XIV réaffirme que sa mission première est d’annoncer l’Évangile aux peuples. Il évoque le sort des enfants victimes de la guerre en Iran et au Liban, condamne la peine de mort et insiste sur le droit international. Sur les migrants, il dénonce les mauvais traitements infligés à des êtres humains. Au sujet des couples homosexuels, il confirme que le Saint-Siège n’approuve pas la bénédiction formelle décidée en Allemagne.

Vatican News

«Bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour un nouveau voyage. Rechargez vos batteries!» Le Pape Léon XIV a conclu son long voyage apostolique en Afrique et, lors de son vol de Malabo, dernière étape en Guinée équatoriale, vers Rome, il a répondu aux questions de cinq des quelque 70 journalistes qui l’accompagnaient. La guerre, les négociations américano-iraniennes, la question migratoire, la peine de mort et la bénédiction des couples de même sexe figuraient parmi les sujets abordés lors de l’entretien, précédé d’une réflexion de Léon XIV sur son récent séjour en Afrique.

«Lorsque je voyage, je m’exprime en mon nom propre, mais aujourd’hui, en tant que Pape et évêque de Rome, il s’agit avant tout d’un voyage pastoral apostolique pour aller à la rencontre du peuple de Dieu, l’accompagner et apprendre à le connaître. Souvent, l’intérêt est plutôt politique: “Que dit le Pape sur tel ou tel sujet? Pourquoi ne critique-t-il pas le gouvernement de tel ou tel pays?” Et il y a assurément beaucoup à dire. J’ai parlé de justice, et il y a des enjeux à ce sujet. Mais ce n’est pas le sujet principal: ce voyage doit avant tout être interprété comme l’expression du désir d’annoncer l’Évangile, de proclamer le message de Jésus-Christ, qui est une manière de se rapprocher des gens dans leur bonheur, au plus profond de leur foi, mais aussi dans leurs souffrances. Il est alors nécessaire d’intervenir ou de chercher des moyens d’encourager les gens à prendre des responsabilités dans leur vie. C’est également important de s’entretenir avec les chefs d’État, afin d’encourager un changement de mentalité, une plus grande ouverture à la réflexion sur le bien commun, et la possibilité d’examiner des questions telles que la répartition des richesses d’un pays. Lors de nos discussions, nous avons abordé divers sujets, mais surtout, j’ai été ravi de voir et de rencontrer des gens animés d’un tel enthousiasme. Je suis très heureux de ce voyage, mais vivre, accompagner et cheminer avec les habitants de Guinée équatoriale a été une véritable bénédiction, avec la pluie… Ils étaient heureux des pluies de l’autre jour, mais surtout de partager avec une Église universelle ce que nous célébrons dans notre foi.»

Ignazio Ingrao (Tg1 – Italie): Votre Sainteté, merci pour ce voyage, si riche en rencontres, en récits et en visages. Lors de la réunion pour la paix à Bamenda, au Cameroun, vous avez décrit un monde sens dessus dessous, où une poignée de tyrans risquent de détruire la planète. La paix, avez-vous dit, ne doit pas être inventée, mais accueillie. Les négociations concernant le conflit en Iran sont au point mort, avec de graves répercussions sur l’économie mondiale. Espérez-vous un changement de régime en Iran, étant donné que la société civile, y compris les étudiants, est descendue dans la rue ces derniers mois, et que la course aux armements nucléaires suscite une inquiétude internationale? Quel appel lancez-vous aux États-Unis, à l’Iran et à Israël pour sortir de l’impasse et mettre fin à l’escalade? L’OTAN et l’Europe devraient-elles s’impliquer davantage?

Je voudrais commencer par dire que nous devons promouvoir une nouvelle attitude et une culture de paix. Trop souvent, face à certaines situations, notre premier réflexe est de recourir à la violence, à la guerre, à l’attaque. Ce que nous avons constaté, c’est la mort de tant d’innocents. Je viens de lire une lettre de familles d’enfants décédés le premier jour de l’attaque. Elles y évoquent la perte de leurs enfants, morts ce jour-là. La question n’est pas de savoir si le régime change ou pas; la question est de savoir comment promouvoir les valeurs auxquelles nous croyons sans que tant d’innocents ne meurent. La question iranienne est manifestement très complexe. Même les négociations en cours –un jour l’Iran dit oui et les États-Unis disent non, et vice versa– nous ignorons où elles mèneront. Une situation chaotique a été créée, critique pour l’économie mondiale, et une population entière d’innocents en Iran souffre de cette guerre. Alors, concernant pour ou contre un changement de régime: il est difficile de savoir quel régime est en place actuellement, après les premiers jours des attaques israéliennes et américaines contre l’Iran. Je voudrais encourager plutôt la poursuite du dialogue pour la paix; que les parties s’efforcent de promouvoir la paix, d’écarter la menace de guerre et que le droit international soit respecté. C’est très important de protéger les innocents, ce qui n’a pas été le cas en plusieurs endroits. Je garde en mémoire la photo d’un enfant musulman qui, lors de ma visite au Liban, attendait avec une pancarte «Bienvenue Pape Léon», et qui a été tué dans cette ultime phase de la guerre. Il y a tellement de situations humaines tragiques, et je pense que nous devons être capables de réfléchir en conséquence. En tant qu’Église –je le répète– en tant que pasteur, je ne peux être favorable à la guerre. Et je voudrais encourager chacun à faire des efforts pour rechercher des solutions qui émanent d’une culture de paix, et non de haine et de division.

Eva Fernández (Radio Cope – Espagne): Nous quittons un continent où de nombreuses personnes souhaitent, rêvent, de se rendre en Europe. Votre prochain voyage vous mènera en Espagne, où la question migratoire occupe une place importante, notamment aux Canaries. Vous savez que le thème de la migration en Espagne suscite un vif débat et une forte polarisation; même parmi les catholiques, il n’y a pas de position claire. Que pourrions-nous dire aux Espagnols, et en particulier aux catholiques, au sujet de l’immigration? Ensuite, si vous me le permettez: votre prochain voyage sera en Espagne, mais nous savons que vous avez le désir, l’intention de vous rendre au Pérou et peut-être, en Argentine et en Uruguay, mais aimeriez-vous aussi aller saluer la Vierge de Guadalupe?

La question de l’immigration est très complexe et touche de nombreux pays, pas seulement l’Espagne, pas seulement l’Europe ou les États-Unis: c’est un phénomène mondial! Ma réponse commence donc par une question: que fait le Nord du monde pour aider le Sud du monde, ou ces pays où les jeunes ne trouvent aujourd’hui aucun avenir et nourrissent donc ce rêve de partir vers le Nord? Tout le monde aspire à aller vers le Nord, mais bien souvent, le Nord n’a pas de solutions à leur offrir. Beaucoup souffrent… La question de la traite des êtres humains, le «trafic», fait également partie de la migration. Personnellement, je crois qu’un État a le droit d’imposer des règles à ses frontières. Je ne dis pas que tout le monde doit entrer sans autorisation, ce qui peut parfois, là où ils vont, générer des situations plus injustes, que celles laissées derrière eux. Cela dit, je me demande: que faisons-nous dans les pays les plus riches pour changer la situation dans les pays les plus pauvres?

Pourquoi ne pouvons-nous pas essayer, tant par le biais d’aides d’État que par les investissements des grandes entreprises riches et des multinationales, de changer la situation dans des pays comme ceux que nous avons visités lors de ce voyage? Pour beaucoup de gens, l’Afrique est considérée comme un endroit où l’on peut aller extraire des minerais, s’approprier ses richesses pour enrichir d’autres pays. Peut-être devrions-nous, à l’échelle mondiale, travailler davantage pour promouvoir plus de justice, d’égalité et le développement de ces pays d’Afrique afin qu’ils n’aient pas besoin d’émigrer vers d’autres pays, comme l’Espagne, etc. Et l’autre point que je voudrais aborder est que, quoi qu’il en soit, ce sont des êtres humains et nous devons traiter les êtres humains de manière humaine, et non pas souvent pire que des animaux. Il y a là un très grand défi: un pays peut dire qu’il ne peut pas en accueillir davantage, mais lorsque ces personnes arrivent, ce sont des êtres humains et elles méritent le respect qui revient à tout être humain en raison de sa dignité.

Et les prochains voyages?

J’ai très envie de visiter différents pays d’Amérique latine. Pour l’instant, rien n’est confirmé, nous verrons bien. Nous attendons.

Arthur Herlin (Paris Match – France): Saint-Père, nous vous remercions infiniment pour ce voyage extraordinaire. Ce fut merveilleux. Au cours de ce voyage, vous avez rencontré certains des dirigeants les plus autoritaires du monde. Comment faites-vous pour éviter que votre présence ne confère une autorité morale à ces régimes? Ne s’agit-il pas, pour ainsi dire, d’un «lavage d’image» grâce au Pape?

Il est certain que la présence d’un Pape aux côtés d’un chef d’État peut être interprétée de différentes manières. Elle peut être interprétée –et certains l’ont interprétée ainsi– comme si le Pape ou l’Église disaient qu’il est acceptable de vivre de cette façon. D’autres peuvent dire des choses différentes. Je voudrais revenir sur ce que j’ai dit dans mes remarques précédentes concernant l’importance de comprendre l’objectif principal des voyages que j’effectue, que le Pape effectue: rendre visite aux gens. Et sur la grande valeur que le Saint-Siège continue d’accorder, parfois au prix de grands sacrifices, au maintien de relations diplomatiques avec les pays du monde entier. Et parfois, nous entretenons des relations diplomatiques avec des pays gouvernés par des dirigeants autoritaires. Nous avons l’occasion de dialoguer avec eux sur le plan diplomatique, sur le plan formel. Nous ne faisons pas toujours de grandes déclarations critiques, de jugement ou de condamnation. Mais il y a énormément de travail qui se fait en coulisses pour promouvoir la justice, pour promouvoir des causes humanitaires, pour rechercher, parfois, des situations où il y a des prisonniers politiques et trouver un moyen de les faire libérer. Des situations de famine, de maladie, etc.

Ainsi, le Saint-Siège, tout en conservant sa neutralité et en cherchant des moyens de maintenir de bonnes relations diplomatiques avec de nombreux pays, s’efforce en réalité d’appliquer l’Évangile à des situations concrètes afin d’améliorer la vie des gens. Chacun est libre d’interpréter cela comme il l’entend, mais je pense qu’il est important pour nous de rechercher la meilleure façon possible d’aider les populations de tous les pays.

Verena Schälter (ARD Rundfunk – Allemagne): Saint-Père, toutes mes félicitations pour votre premier voyage dans des pays situés au Sud de l’hémisphère. Nous avons constaté beaucoup d’enthousiasme et même, je dirais, une certaine euphorie. J’imagine que cela a dû être très émouvant pour vous aussi. J’aimerais savoir comment vous évaluez la décision du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, d’autoriser la bénédiction des couples de même sexe dans son diocèse. Et compte tenu des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en Afrique, comment comptez-vous préserver l’unité de l’Église universelle sur cette question?

Tout d’abord, je pense qu’il est très important de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour de questions sexuelles. Nous avons tendance à penser que lorsque l’Église parle de morale, le seul sujet moral est celui de la sexualité. En réalité, je crois qu’il existe des questions bien plus vastes et importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté religieuse, qui devraient avoir la priorité sur cette question particulière. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands. Le Saint-Siège a clairement indiqué que nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formelle des couples –en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous l’avez demandé– ou des couples en situation irrégulière, au-delà de ce qui a été spécifiquement autorisé par le Pape François, c’est-à-dire que toutes les personnes reçoivent la bénédiction. Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe, lorsque le Pape donne la bénédiction à la fin d’une grande célébration comme celle que nous avons eue aujourd’hui, il y a des bénédictions pour toutes les personnes. La célèbre expression de François «tous, tous, tous», exprime la conviction de l’Église que tous sont accueillis, tous sont invités, tous sont invités à suivre Jésus et tous sont invités à rechercher la conversion dans leur vie. Aller au-delà de cela aujourd’hui, je crois que ça peut causer plus de désunion que d’unité, et que nous devrions chercher à construire notre unité sur Jésus-Christ et sur ce que Jésus-Christ enseigne. Voilà ma réponse à la question.

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La tournée africaine du pape Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/la-tournee-africaine-du-pape-leon-xiv Fri, 24 Apr 2026 07:30:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53436 Le pape Léon XIV a clôturé son voyage en Afrique par une dernière messe célébrée dans le stade de Malabo, en Guinée équatoriale, ce jeudi 23 avril. Algérie, Cameroun, Angola, Guinée équatoriale : entre le 13 et le 23 avril, il a sillonné le continent africain, prêchant la paix, l’espérance ainsi que la lutte contre la corruption. 

Onze jours, quatre pays, douze villes et près de 18.000 kilomètres parcourus en avion au cours desquels Léon XIV a été au cœur de la réalité multiculturelle de ce continent. Il y a apporté un message de fraternité, rappelant que l’Église est une, universelle, et profondément enracinée dans la diversité des peuples.

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Le voyage qui révèle le pontificat https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/le-voyage-qui-revele-le-pontificat Thu, 23 Apr 2026 08:25:13 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53417 La visite en Afrique révèle le cœur missionnaire de Léon XIV et le visage d’une Église proche des souffrances de l’humanité.

Andrea Tornielli *

Le premier jour du voyage de Léon XIV en Afrique, ainsi que les deux suivants, ont été marqués, dans les médias, par des commentaires sur les déclarations du président Donald Trump. Le Pape lui-même a cherché à minimiser cette polémique, par crainte que chacune de ses paroles durant le voyage ne soit interprétée à l’aune des relations entre le Saint-Siège et la Maison Blanche.

Ainsi, une phrase particulièrement significative prononcée par le successeur de Pierre le lundi 13 avril au matin, lors de sa première salutation aux journalistes à bord de l’avion qui venait de décoller pour Alger, est passée inaperçue et a presque été oubliée: ce voyage en Afrique «était censé être le premier voyage du pontificat». «Déjà l’année dernière, en mai, j’avais dit que je souhaitais faire mon premier voyage en Afrique.» Dès son élection, Léon XIV exprima ce désir précis à ses collaborateurs, désir qui, pour des raisons logistiques, ne put se réaliser. Ce désir en dit long sur la manière dont le premier Pape né aux États-Unis conçoit sa mission. Il ne faut pas oublier un aspect fondamental de la biographie de Robert Francis Prevost: son engagement missionnaire, une caractéristique unique et rare dans l’histoire de la papauté des derniers siècles.

Léon exerça de nombreuses années comme missionnaire et curé au Pérou, avant d’y retourner pour devenir évêque, à la demande du Pape François. C’est à la lumière de cette vocation que l’on comprend son désir d’effectuer son premier voyage en Afrique et ce qui se passe ces jours-ci: le Pape, souriant et détendu, se laisse porter par les chants et les danses traditionnelles qui accompagnent les célébrations eucharistiques; il prend le temps d’aller à la rencontre des enfants, de les serrer dans ses bras et de les saluer. Mais surtout, il évoque la nouveauté de l’Évangile, qui rencontre les cultures et les peuples, et devient un moteur de paix et de changement.

On l’a constaté à Bamenda, au Cameroun, où l’évêque de Rome est venu soutenir la construction de la paix et de la coexistence dans un contexte dramatiquement marqué par la guerre civile. Ou encore à Yaoundé, lorsqu’il s’est adressé au monde universitaire, soulignant l’importance de «former des consciences libres et saintement inquiètes» comme «condition pour que la foi chrétienne apparaisse comme une proposition pleinement humaine, capable de transformer la vie des individus et de la société, de susciter des changements prophétiques face aux tragédies et à la pauvreté de notre temps».

Ce n’est pas un hasard si Léon XIV a indiqué la reprise et l’approfondissement de l’exhortation apostolique de François, Evangelii Gaudium, comme programme de travail du prochain consistoire. Ce document programmatique de son prédécesseur, dont on a commémoré le premier anniversaire de la disparition, est de nouveau recommandé à l’Église car il clarifie l’essence de sa mission: le kérygme, c’est-à-dire la proclamation de l’essence de la foi. Le visage d’une Église qui sait se montrer proche de ceux qui souffrent, partageant les tragédies de l’humanité; et l’engagement de transformer la société pour la rendre plus humaine et plus juste. Une Église, comme nous le lisons dans l’exhortation Dilexi te, qui reconnaît l’amour des pauvres comme une composante essentielle du message chrétien, car «le contact avec ceux qui sont sans pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire».

L’insistance sur la paix, le retour aux négociations et le respect du droit international –interventions qui ont suscité des réactions ces derniers jours– s’inscrivent dans ce contexte. Elles contribuent à éclairer une fois encore la nature du service de l’Église, et en particulier celui du Successeur de Pierre, qui agit non comme un homme politique, mais comme un pasteur. Loin de toute réduction spiritualiste et désincarnée, avoir à cœur la paix, la justice, le dialogue, la rencontre, la construction de sociétés plus justes, la proximité avec ceux qui sont persécutés ou discriminés, la proximité avec les victimes innocentes de la guerre, la prophétie de ceux qui se soucient du sort de l’humanité en cette «heure dramatique de l’histoire», est inhérente à sa vocation de pasteur.

* Directeur éditorial des médias du Vatican

VATICAN NEWS

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Prions pour les chrétiens d’Europe https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/prions-pour-les-chretiens-deurope Thu, 23 Apr 2026 07:39:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53419 ]]> L’héritage du Pape François, un an après sa disparition https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/francois-1er/lheritage-du-pape-francois-un-an-apres-sa-disparition Tue, 21 Apr 2026 08:40:46 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53410 Le 21 avril 2025, lundi de Pâques au cœur de l’année du jubilé de l’espérance, et au lendemain d’une dernière promenade en papamobile pour saluer la foule immense rassemblée place Saint-Pierre pour la messe du jour de Pâques, François nous quittait. Après douze ans de pontificat, il laisse à l’Église au Peuple de Dieu un riche héritage.

Romilda Ferrauto – Cité du Vatican

Le souvenir d’une émotion planétaire, certes, du deuil, de l’absence. La mémoire de ses gestes et de ses paroles qui ont fait le tour du monde et frappé les esprits. Mais, au-delà, son héritage spirituel et social est loin d’être figé. Les grands chantiers laissés ouverts par François, continuent de vivre et de se développer sous la conduite de son successeur Léon XIV.

La synodalité

La synodalité tout d’abord, évoquée par le nouveau Pape fraichement élu, depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre: «Nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche». Ce mode de fonctionnement, «une attitude qui nous aide à être Église», a d’ailleurs été adopté comme méthode de travail lors du premier consistoire extraordinaire de ce pontificat, les 7 et 8 janvier derniers. Léon XIV a par ailleurs confirmé l’Assemblée ecclésiale synodale d’octobre 2028. Un événement que le Pape François avait annoncé, deux mois avant sa mort.

Amoris Laetitia, Evangelii Gaudium, Praedicate Evangelium

L’héritage du Pape François continue de vivre également grâce à  l’approfondissement de certains de ses textes fondateurs: comme l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, publiée en mai 2016, sur laquelle vont se pencher les présidents des conférences épiscopales du monde entier, convoqués fin octobre 2026. Léon XIV a lui-même expliqué que cette réunion visait à discerner les mesures à prendre afin de proclamer l’Évangile aux familles aujourd’hui… à la lumière d’Amoris Laetitia et en tenant compte de ce qui se fait actuellement dans les Églises locales.  

Autre texte majeur: Evangelii  Gaudium, la feuille de route du Pape François, mise en œuvre tout au long de son pontificat. Dans une lettre rendue publique le 14 avril, Léon XIV encourage les cardinaux à poursuivre -lors de leur deuxième grand rendez-vous collégial, en juin prochain- la réflexion sur l’évangélisation à la lumière de cette même exhortation apostolique, qu’il qualifie de «point de référence décisif».

Autre analyse, autre relecture proposée aux cardinaux: la Constitution apostolique de François Praedicate Evangelium qui redessine le visage de la Curie romaine, une réforme à laquelle Léon XIV semble vouloir donner suite. En novembre dernier, il a ainsi promulgué deux nouveaux règlements qui encadrent le fonctionnement de la Curie romaine et son personnel et conforment les règles internes du Saint-Siège aux normes établies par Praedicate Evangelium.

Léon XIV poursuit les points forts du pontificat précédent

À mille lieux d’une attitude nostalgique ou passéiste, Léon XIV poursuit et structure les points forts du pontificat précédent, avec son propre style, discret, réservé, prudent; avec sa volonté d’apaiser, de mettre en pratique et de préciser le cadre normatif. Les intuitions du Pape François se retrouvent ainsi dans certaines de ses interventions et décisions.

Dans la proximité avec les exclus, sans nul doute: la première exhortation de Léon XIV, Dilexi te, est une œuvre commencée par François. Un texte centré sur l’amour des pauvres, sur la nécessité de placer la personne humaine au-dessus du profit. Le document dénonce avec force la dictature de l’économie qui tue.

Elles survivent dans la défense des migrants, message fondamental répété et redit: sur les traces de son prédécesseur, Léon XIV ira à Lampedusa le 4 juillet pour apporter réconfort et encouragement aux migrants et à ceux qui les assistent.

Elles survivent dans l’engagement écologique et le soutien aux idées exprimées par François dans sa célèbre encyclique Laudato Sì, plaçant la protection de la «maison commune» au cœur de la foi.

Elles survivent dans les appels à une Église moins bureaucratique et plus missionnaire, mais aussi dans le dialogue interreligieux. Le 18 avril, dans l’avion qui le conduisait de Yaoundé à Luanda, évoquant sa «rencontre très positive avec un groupe d’imams au Cameroun»,  Léon XIV a expliqué aux journalistes qu’il souhaitait «continuer à promouvoir… comme l’a fait le Pape François tout au long de son pontificat, le dialogue et la fraternité…..et la construction de la paix avec des personnes de toutes les religions».

François n’est pas sous terre

Parmi les grands chantiers du pontificat du Pape François figure l’assainissement des finances du Saint-Siège. Le travail n’est pas achevé, des points d’interrogation demeurent, d’autres réformes seront nécessaires. Ce dossier est sur la table de son successeur, tout comme le dossier primordial de la lutte contre les abus dans l’Église, que Léon XIV a clairement encouragée avec force.

«François n’est pas sous terre», a récemment affirmé le cardinal Víctor Manuel Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dans une interview au quotidien italien Il Giornale. «Entre Léon et François…plutôt qu’une opposition, il faudrait voir une complémentarité».

Ajustements ciblés, corrections ponctuelles…Léon XIV ne fait pas du surplace. Il peaufine et consolide. Avec son identité propre, il intègre l’héritage de François dans son magistère.

VATICAN NEWS

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Pour le Pape, la mission de l’Église est de communiquer l’amour de Dieu https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/pour-le-pape-la-mission-de-leglise-est-de-communiquer-lamour-de-dieu Thu, 16 Apr 2026 08:34:14 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53398 Dans une lettre aux cardinaux en vue du consistoire de juin, Léon XIV invite à approfondir les thèmes d’«Evangelii gaudium», en particulier la réforme des parcours d’initiation chrétienne. Il rappelle ensuite que la mission de l’Église «allie annonce explicite, témoignage, engagement et dialogue, sans céder à la tentation du prosélytisme ni à une logique de simple conservation ou expansion institutionnelle».

Benedetta Capelli – Cité du Vatican

Le dimanche 12 avril, le Pape Léon XIV a envoyé une lettre aux cardinaux, les remerciant d’avoir participé au consistoire, le premier depuis le début de son pontificat, qui s’est déroulé au Vatican les 7 et 8 janvier 2026, et qui était centré sur les thèmes de la synodalité et de la mission. La lettre a été envoyée en vue des deux journées d’assemblée, les 26 et 27 juin, qui se dérouleront au Vatican peu avant la Solennité des saints Pierre et Paul, et qui se conclura par une célébration eucharistique présidée par Léon XIV. Le Pape écrit avoir apprécié le travail accompli dans les groupes de façon libre et féconde, au point de constituer «un précieux patrimoine – souligne le Souverain pontife – que je désire continuer à préserver et à faire mûrir dans le discernement ecclésial».

Le «souffle nouveau» de l’annonce

Il réfléchit ensuite sur Evangelii gaudium, l’exhortation apostolique du Pape François publiée en 2013, centrée sur l’annonce de l’Évangile dans le monde. «Vos contributions – souligne-t-il – font apparaître clairement que cette exhortation continue de représenter un point de référence décisif: elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le kérygme comme cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale». Le Pape parle d’un véritable «souffle nouveau», capable de lancer des processus de conversion pastorale et missionnaire, «plus que de produire des réformes structurelles immédiates, en orientant ainsi en profondeur le chemin de l’Église».

Les nouvelles perspectives

Il s’agit donc d’une perspective qui interpelle l’Église à tous les niveaux, poursuit le Pape, qui appelle chaque baptisé à passer d’une foi reçue à une foi vécue; «sur ce chemin – écrit-il – est évoquée également la qualité même de la vie spirituelle, dans le primat de la prière, dans le témoignage qui précède les paroles et dans la cohérence entre foi et vie». Au niveau communautaire, c’est le passage à une pastorale missionnaire avec les communautés appelées à être accueillantes, «attentives à la qualité des relations et en mesure d’offrir des espaces d’écoute, d’accompagnement et de guérison». Dans une perspective diocésaine, Léon XIV invite les pasteurs à «soutenir résolument l’audace missionnaire, en veillant à ce qu’elle ne soit pas alourdie ou étouffée par une organisation excessive, et favorisant un discernement qui aide à reconnaître ce qui est essentiel».

Une mission intégrale

Le Pape rappelle que de cette façon se définit encore plus clairement la «mission profondément unitaire»: christocentrique et kérigmatique, «qui naît d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie et qui se diffuse par attraction plus que par conquête». Une mission intégrale, «qui allie – lit-on dans la lettre – annonce explicite, témoignage, engagement et dialogue, sans céder à la tentation du prosélytisme ni à une logique de simple conservation ou expansion institutionnelle».

Vivre sans complexes

«Même lorsqu’elle se reconnaît minoritaire – souligne le Souverain pontife – l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme petit troupeau porteur d’espérance pour tous, en rappelant que la fin de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour par lequel Dieu aime le monde». C’est pourquoi Evangelii gaudium doit être relancée d’abord en vérifiant «avec honnêteté» ce qui, à distance de plusieurs années, a été réellement reçu et ce qui n’a pas été réalisé, et «il faut prêter attention à la réforme nécessaire des parcours d’initiation chrétienne».

Léon XIV exhorte également à valoriser les visites apostoliques et pastorales «comme d’authentiques occasions kérygmatiques et de croissance dans la qualité des relations»; sur la communication ecclésiale, il souligne l’exigence de reconsidérer son efficacité, «notamment au niveau du Saint-Siège, de façon plus clairement missionnaire». La lettre se conclut par le remerciement pour le service et la contribution à l’Église et renvoie au prochain consistoire, qui aura lieu les 26 et 27 juin, et annonce qu’«une communication plus détaillée suivra pour en accompagner de façon adéquate la préparation». 

VATICAN NEWS

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L’Afrique accueille un pape polyglotte https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/lafrique-accueille-un-pape-polyglotte Thu, 16 Apr 2026 08:25:55 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53396 Le voyage de Léon XIV en Afrique ces jours-ci permet de mettre en valeur les nombreuses langues qui composent la mosaïque du continent aux 54 pays… mais également les talents linguistiques du pape Léon XIV.

« C’est une profonde joie de me trouver au Cameroun, souvent qualifié d’“Afrique en miniature” en raison de la richesse de ses territoires, de ses cultures, de ses langues et de ses traditions. [….] Ma visite exprime l’affection du successeur de Pierre pour tous les Camerounais. » C’est en français que Léon XIV s’est exprimé en arrivant au Cameroun. Devant les dirigeants du pays d’Afrique centrale, le 267e pape a une fois de plus recouru à la langue de Molière, qu’il connaît, comprend et lit de façon relativement fluide. Cette tournée de onze jours en Afrique est ainsi l’occasion pour l’Américano-péruvien de faire appel à sa maîtrise de langues variées. Pour sa première étape, en Algérie, il a prononcé ses discours principalement en anglais, sa langue maternelle, avec une traduction assurée par un interprète au fur et à mesure en arabe pour son auditoire. Exception faite cependant de ses deux prises de parole devant la communauté catholique à Alger et à Annaba, où il a parlé en français – une langue qui unit la communauté locale métissée – et sans traduction.

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Au Cameroun aussi, le successeur de Pierre alternera le français et l’anglais. Il utilisera cette dernière langue à Bamenda dans le nord du pays, une zone anglophone où il se rendra demain jeudi. Au total, il doit prononcer sept interventions pendant son séjour camerounais. En Angola, le troisième pays qu’il visitera, le Pape parlera portugais, une langue qu’il a apprise en voyageant notamment au Brésil lorsqu’il était prieur général des Augustins. En pratiquant leur langue au fil de ses six interventions, il « fera la joie des Angolais », a glissé le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, en présentant le programme de ce premier voyage en Afrique. Enfin, dans ses sept discours en Guinée équatoriale, le pontife passera à une autre langue qui lui est chère : l’espagnol, qu’il a pratiqué pendant deux décennies au Pérou, et qu’il a même employé au balcon de la basilique Saint-Pierre le jour de son élection, en signe d’attachement pour son pays de cœur.

Cinq langues pour un pape polyglotte

Anglais, français, portugais, espagnol… quatre langues coloreront donc cette tournée internationale. Quatre ? C’est sans compter l’italien, que Léon XIV a spontanément utilisé pour parler au côté de l’imam de la grande mosquée d’Alger lundi. Cinq langues donc pour un pape polyglotte, qui n’hésitait pas à lancer « salut soldat ! » en turc lors de son voyage en Turquie en novembre dernier. Manifestement enclin à communiquer avec des cultures différentes, le nouveau pape a d’ailleurs repris la tradition des salutations de Noël et de Pâques dans de nombreux idiomes, dont l’arabe et le chinois. Et l’on raconte souvent qu’il a été repéré en train d’apprendre l’allemand sur Duolingo à 3h du matin.

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Léon XIV s’exprime devant le président du Cameroun Paul Biya et sa femme.

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La visite émouvante et hors caméras de Léon XIV en Algérie https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-pape-leon-xiv-et-saint-augustin-dhippone Tue, 14 Apr 2026 08:14:44 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53385

La mémoire des martyrs de la « Décennie noire » s’est invitée dès le premier jour de la visite de Léon XIV en Algérie : à Bab El Oued, le Pape a fait ce 13 avril une étape symbolique, loin des objectifs des caméras, pour leur rendre hommage.

La visite de 48 heures de Léon XIV en Algérie n’est pas centrée sur la mémoire des martyrs de la « Décennie noire », ces 19 catholiques victimes de la guerre civile algérienne qui ont été béatifiés à Oran en 2018. Mais durant son premier jour à Alger ce lundi, le pape leur a rendu hommage, en se rendant en privé au « Centre d’accueil et d’amitié » des sœurs augustines missionnaires, dans le quartier populaire Bab El Oued. C’est là qu’ont vécu deux religieuses espagnoles de la congrégation des Augustines, sœur Esther Paniagua Alonso et sœur Caridad Álvarez Martín, toutes deux assassinées le 23 octobre 1994 alors qu’elles se rendaient à la messe chez les petites sœurs de Jésus, un peu plus loin. Ces missionnaires avaient choisi de rester malgré les exhortations à partir, dans le contexte de grande agitation et de violence de la guerre civile.

« Personne ne peut nous prendre la vie parce que nous l’avons déjà donnée », écrivait sœur Esther dans ses carnets, en des mots prophétiques. Le Pape, qui fut lui-même missionnaire au Pérou et refusa de quitter le pays pendant la période politico-sociale troublée des années 1980, s’est rendu sur leurs pas à portes closes, sans caméras et sans micros. Après un moment de prière avec les sœurs de cette résidence, le pape a fait mémoire de leurs consœurs martyres et des martyrs béatifiés avec elles – dont les moines de Tibhirine –, y voyant « une présence précieuse sur cette terre » – comme il l’a redit ensuite en rencontrant les catholiques à la basilique. Selon une note du Vatican, Léon XIV a insisté sur la vocation augustinienne de « rendre témoignage jusqu’au martyre ».

Le respect de la dignité de chacun

Entre les murs de ce qui est désormais un « Centre d’accueil et d’amitié », le Pape a retrouvé sa famille spirituelle – les Augustins – mais aussi une connaissance de longue date : sœur Lourdes Miguelez, augustine de 77 ans qu’il connaît depuis une quinzaine d’années. La religieuse espagnole est une rescapée de l’attentat : elle marchait derrière sœur Esther et sœur Caridad au moment où elles ont été abattues par les terroristes. C’est elle qui avait déjà accueilli par le passé Robert Prevost, venu en Algérie alors qu’il était prieur de l’Ordre de Saint-Augustin, avant son élection comme 267e pape. Durant cette brève visite, le pontife américain a encouragé ces religieuses – trois sur place et trois autres vivant ailleurs dans Alger – à « promouvoir le respect de la dignité de chacun » et à « affirmer qu’il est possible de vivre en paix, en valorisant les différences ». Aujourd’hui, la structure propose du soutien scolaire, des cours de français et d’espagnol ainsi que des ateliers d’artisanat pour les femmes (couture, crochet, peinture…).

Lors de la rencontre qui a suivi avec les catholiques d’Algérie, dans la basilique Notre-Dame d’Afrique, Léon XIV a aussi salué la mémoire de ces martyrs qui « face à la haine et à la violence, […] sont restés fidèles à la charité jusqu’au sacrifice de leur vie, aux côtés de tant d’hommes et de femmes, chrétiens et musulmans ». « Leur sang est une semence vivante qui ne cessera jamais de porter du fruit », a-t-il lancé. En souvenir de son passage, le successeur de Pierre a laissé à la petite communauté de Bab El Oued une croix gemmée en verre, garnie de pierres rouges – comme le sang des martyrs –, bleues – comme le ciel – et vertes – comme l’espérance. Ce crucifix gravé des signes des quatre évangélistes, restera aussi comme un clin d’œil, un discret écho du lien reliant les martyrs d’Algérie et le Pape élu un 8 mai – jour de leur mémoire dans le calendrier romain.

[EN IMAGES] Le voyage de Léon XIV en Algérie

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Ukraine, Liban, Soudan : le cri du Pape pour la paix https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/ukraine-liban-soudan-le-cri-du-pape-pour-la-paix Sun, 12 Apr 2026 12:31:09 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53382 À l’issue de la prière du Regina Cæli, ce dimanche 12 avril, le pape Léon XIV a lancé un vibrant appel à la paix, exprimant sa solidarité avec les chrétiens d’Orient et les populations civiles touchées par les conflits en Ukraine, au Liban et au Soudan.

Que la lumière du Christ apporte du réconfort aux cœurs affligés et renforce l’espérance de paix », a supplié le pape Léon XIV après la prière mariale du Regina Cæli, ce dimanche 12 avril 2026. Le pape Léon XIV a notamment exprimé sa solidarité avec l’Ukraine en ce week-end de Pâques pour les orthodoxes, et il a renouvelé son appel à un cessez-le-feu au Liban.

En notant qu’ »aujourd’hui, de nombreuses Églises orientales célèbrent Pâques selon le calendrier julien », le chef de l’Église catholique a adressé ses vœux aux chrétiens orthodoxes et orientaux. Il a adressé à ces communautés son « plus cordial vœu de paix dans la communion de foi du Seigneur ressuscité ». 

Il a cependant lié cette joie pascale à la souffrance de nombreux chrétiens orientaux, affirmant accompagner ses vœux « d’une prière plus intense pour ceux qui souffrent à cause de la guerre, en particulier pour le cher peuple ukrainien ». La promesse d’une trêve pascale formulée cette semaine par les dirigeants russes et ukrainiens n’a pas été tenue, les autorités ukrainiennes ayant relevé plusieurs centaines de violations sur la ligne de front.

« Que ne faiblisse pas l’attention de la communauté internationale envers le drame de cette guerre », a demandé Léon XIV, craignant une forme de lassitude diplomatique et médiatique face à cette guerre qui s’enlise depuis plus de quatre ans et se trouve actuellement éclipsée par les conflits au Moyen-Orient.  

Solidarité avec le Liban

Le Pape, qui s’était rendu l’an dernier au Liban, s’est dit « plus que jamais proche du peuple libanais en ces jours de douleur, de peur et d’invincible espérance en Dieu », quatre jours après des frappes israéliennes massives qui ont fait plus de 300 morts à Beyrouth. « Le principe d’humanité, inscrit dans la conscience de chaque personne et reconnu dans les lois internationales, comporte l’obligation morale de protéger la population civile des effets atroces de la guerre ». 

Il a lancé un appel direct « aux parties en conflit à cesser le feu et à rechercher d’urgence une solution pacifique ». Des négociations doivent s’ouvrir dans les prochains jours à Washington entre des diplomates libanais et israéliens. Par ailleurs, le pape ne s’est pas encore exprimé au sujet de l’échec des négociations entre Américains et Iraniens qui s’étaient ouvertes ce 11 avril au Pakistan.

« Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! », avait exhorté le pape Léon XIV la veille, le 11 avril, dans sa méditation prononcée lors du chapelet pour la paix. Dans un contexte de délicates négociations engagées entre les États-Unis et l’Iran après plus de 40 jours d’une guerre qui a semé le chaos au Moyen-Orient, le pape Léon XIV a exhorté au dialogue et au renoncement à tout fantasme de toute-puissance

Ne pas oublier le Soudan et l’Afrique

Le Pape a également évoqué un autre conflit souvent moins visible, rappelant que « mercredi prochain marquera trois ans depuis le début du sanglant conflit au Soudan », déclenché le 15 avril 2023 en raison de la rivalité entre deux généraux qui participaient à la junte mise en place après le putsch de 2021.

« Combien souffre le peuple soudanais, victime innocente de ce drame inhumain ? », s’est insurgé le Pape. Il a renouvelé « son appel pressant aux parties belligérantes afin qu’elles fassent taire les armes et engagent sans conditions un dialogue sincère visant à mettre fin au plus vite à cette guerre fratricide ».

ALETEIA

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Dimanche 12 avril – Dimanche de la Divine Miséricorde https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/dimanche-12-avril-dimanche-de-la-divine-misericorde Fri, 10 Apr 2026 12:56:18 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53376 ]]> Chapelet pour la paix avec le pape Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican/chapelet-pour-la-paix-avec-le-pape-leon-xiv Fri, 10 Apr 2026 12:47:44 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53373 Samedi 11 avril à 18 heures

La veillée de prière pour la paix présidée par Léon XIV aura lieu le 11 avril à 18 heures.Ce moment de prière sera présidé par le Pape et sera ouvert «à la participation de tous les fidèles». L’appel renouvelé ce matin à se joindre à la veillée de prière fait suite à la «satisfaction» et à la «vive espérance» exprimées par le Saint-Père à l’annonce de la trêve de deux semaines au Moyen-Orient.

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« La paix que Jésus nous donne n’est pas celle qui se limite à faire taire les armes, mais celle qui touche et transforme le cœur de chacun. » C’est par ces mots que Léon XIV a conclu son message de Pâques

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Catéchumènes, votre objectif n’est pas le baptême ! https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/catechumenes-votre-objectif-nest-pas-le-bapteme Tue, 07 Apr 2026 08:29:16 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53363 Ces passages bibliques illustrent combien le baptême n’est pas un objectif en soi mais une étape qui inaugure le début de la vie chrétienne.

Les adultes qui ont reçu le baptême lors de la nuit de Pâques ne doivent pas oublier un point essentiel : le baptême est une étape qui inaugure le début de leur vie chrétienne et non le terme. Il peut arriver de confondre l’étape avec l’objectif et de ne pas persévérer dans la foi après le sacrement reçu. Catéchumènes, votre objectif n’est pas le baptême ! Le baptême est le commencement de ta future vie chrétienne. Voici quelques passages de la Bible qui ouvrent la voie. 

1 « Apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé »

Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus demande aux apôtres de baptiser. Cependant, il ne s’arrête pas là, il demande ensuite, une fois le baptême reçu : « apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt. 28, 19). C’est-à-dire que la grâce reçue par le baptême a pour but de nous aider à suivre le Christ en nous conformant à ce qu’il prescrit : ses commandements. Heureusement, ce changement de vie ne se fera pas sans Dieu, c’est lui qui est à l’œuvre si on le laisse faire, car, dans le verset suivant, le Christ nous rassure : « et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Arrêter de mettre en pratique sa foi, c’est comme trouver la clé pour ouvrir un coffre au trésor puis le laisser le coffre scellé et prendre la poussière. 

2 « Ils étaient assidus »

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Catéchumène recevant le baptême lors d’une Vigile pascale

Cette vie chrétienne se pratique et s’enracine sur cinq essentiels concrets et indispensables. Il s’agit de continuer à partager sa foi et prier avec d’autres chrétiens, notamment à la messe ; garder une prière personnelle et quotidienne ; continuer à se former pour approfondir sa foi ; donner de son temps pour se mettre au service des autres, notamment de sa paroisse ; et participer à l’évangélisation en osant assumer sa foi et la partager avec qui voudra bien l’écouter. Ces points sont basés sur les premières communautés chrétiennes dont parlent les Actes des Apôtres : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières… » (Act. 2, 42-47). 

3 « Vous défaire de votre conduite d’autrefois »

La conversion est le fait de se tourner vers le Christ et décider d’avancer vers lui. Mais c’est aussi se débarrasser de tout ce qui dans notre ancienne vie entrave l’essor de Dieu dans notre cœur, pour qu’il prenne davantage de place. Saint Paul utilise la métaphore de l’homme ancien et de l’homme nouveau : « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau… » (Eph. 4, 22-24) Tout dans notre ancienne vie n’est pas à rejeter. Il est nécessaire de laisser derrière nous certaines choses qui nous entraînent dans l’erreur. C’est ainsi que le baptême nous donne la force de poursuivre notre route avec le Christ. Mais Dieu ne fera pas sans nous, pour qu’Il agisse et qu’Il nous transforme, il est entre nos mains de Lui laisser de la place en poursuivant notre vie chrétienne. 

ALETEIA

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Urbi et Orbi: «que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix !» https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/fete-chretienne/careme/paques/urbi-et-orbi-que-ceux-qui-ont-le-pouvoir-de-declencher-des-guerres-choisissent-la-paix Sun, 05 Apr 2026 14:04:21 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53350 Dans son message pascal avant sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi, « à la ville et au monde », le Pape s’est adressé à un monde fracturé par les guerres et la violence, rappelant que la force par laquelle le Christ est ressuscité «repousse l’instinct de vengeance». En appelant à se convertir à la paix du Christ, le Saint-Père a annoncé une veillée de prière pour la paix le 11 avril prochain dans la basilique Saint-Pierre.

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

Le premier message pascal du Pape Léon XIV était très attendu depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, là où il y a onze mois le pape américain s’était présenté au monde avec ces premiers mots: «La paix soit avec vous!». «Pâques est une victoire : celle de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la haine» a lancé le Souverain pontife aux fidèles. 

C’est bien Dieu lui-même qui est la puissance de résurrection de son fils, «Amour qui crée et donne la vie, Amour fidèle jusqu’à la fin, Amour qui pardonne et rachète». Cette victoire de la vie sur la mort nous interoge sur cette force, et le Pape d’expliquer combien cette force était opposée à la violence et à l’esprit de vengeance qui déchirent le monde. Cette force, « totalement non violente (…) est plus semblable encore à celle d’un cœur humain qui, blessé par une offense, repousse l’instinct de vengeance et, rempli de pitié, prie pour celui qui l’a offensé».

Choisir la paix

Le tombeau vide nous place face à notre liberté, a poursuivi Léon XIV, invitant à se laisser émerveiller par le Christ. Avant de lancer un appel vibrant et fort aux responsables qui alimentent les conflits aujourd’hui: «Que ceux qui ont des armes en main les déposent ! «Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! » Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer !»

Le Pape a également déploré combien «nous nous habitions à la violence», regrettant un esprit de résignation qui mène à l’indifférence. «Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu’ils engendrent et que chacun ressent pourtant». 

Abandonner la volonté de domination et de pouvoir

«La paix que Jésus nous donne n’est pas celle qui se limite à faire taire les armes, mais celle qui touche et transforme le cœur de chacun ! Convertissons-nous à la paix du Christ ! Faisons entendre le cri de paix qui jaillit du cœur !» a encore lancé le Pape depuis la loggia, annoncçant à ce titre avoir convoqué une veillée de prière pour la paix dans la basilique Saint-Pierre, le 11 avril prochain. 

Reprenant les mots de François qui avait, depuis Lampedusa (où il se rendra le 4 juillet prochain) dénoncé «la mondialisation de l’indifférence», Léon XIV a exhorté, en ce jour de fête, à abandonner «toute volonté de querelle, de domination et de pouvoir, et implorons le Seigneur pour qu’il accorde sa paix à ce monde endeuillé par les guerres et marqué par la haine et l’indifférence qui nous font nous sentir impuissants face au mal». 

Avant sa bénédiction apsotolique, le Saint-Père a adressé ses voeux aux fidèles en dix langues: l’italien, l’anglais, le français, l’espanol, le portugais, l’allemand, l’arabe, le chinois, le polonais et le latin. 

VATICAN NEWS

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La nouvelle traduction du Magnificat entre en vigueur à l’Avent 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/la-nouvelle-traduction-du-magnificat-entre-en-vigueur-a-lavent-2026 Tue, 31 Mar 2026 08:13:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53319 Le Magnificat, prière à Marie que l’Eglise s’est donnée dès les premiers temps, va connaitre une nouvelle traduction, que détaille pour nous Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres et Président de la CEFTL (Commission Episcopale Francophone pour les Traductions Liturgiques).

Quel est le sens de ce cantique de Marie et sa place dans l’office des vêpres ?

L’évangile selon saint Luc, présentant la visite que la Vierge Marie rend à sa cousine Elisabeth, rapporte le chant de louange qu’elle laisse monter vers Dieu à cette occasion : « Mon âme exalte le Seigneur ! » (Lc 1, 46). La traduction en latin commence par le mot « Magnificat » (littéralement : mon âme magnifie le Seigneur ou, en français populaire : mon âme dit que Dieu est grand). C’est pourquoi cette prière est restée dans les mémoires sous cette appellation.

Dans l’organisation de la prière de l’Eglise, dès les premiers siècles, ce chant est utilisé le soir, dans l’office dit des « vêpres » (c’est-à-dire « soir »). Il permet de clore la journée en reconnaissant les merveilles que Dieu fait, non seulement dans la vie de Marie, mais aussi dans celle de l’Eglise. Il est employé dans la deuxième moitié de l’office, après les psaumes et la Parole de Dieu, avant la prière d’intercession.

Pourquoi des changements dans la traduction du Magnificat ?

Il y a une dizaine d’années a été réalisée la révision complète de la traduction liturgique de la Bible, c’est-à-dire des textes en usage, notamment, durant la célébration de la messe. Ce passage a, lui aussi, été révisé. Concrètement, deux mots ont été changés :

      • Au lieu de dire « son amour s’étend d’âge en âge », il a été préféré : « sa miséricorde. » Ce terme, en effet, a retrouvé ses lettres de noblesse, grâce à la volonté du saint pape Jean-Paul II d’instaurer un « dimanche de la miséricorde. » Parler de miséricorde, c’est évoquer un amour qui pardonne, ce qui le qualifie plus précisément.
      • Au lieu de dire « en faveur d’Abraham et de sa race », il a été préféré : « Abraham et sa descendance. » En effet, la notion de race est aujourd’hui très liée à celle de racisme. Employée dans la classification des espèces animales, cette notion a, de fait, servi à opposer les différents groupes humains, avec la prétention de supériorité de certaines races sur d’autres, ce qui a entraîné des conséquences dramatiques. Pour éviter cette ambiguïté, c’est le terme de « descendance » qui est ici utilisé, mieux adapté.
Magnificat nouvelle traduction

Est-ce une spécificité française ou d’autres pays adoptent-ils ce nouveau texte ?

Ce changement de traduction est adopté par tous les pays francophones. Il existe un organisme international, la Commission Episcopale Francophone pour les Traductions Liturgiques (CEFTL), qui propose aux différentes conférences épiscopales un même texte. Cela nécessite d’ailleurs des discussions, car il peut y avoir des nuances dans la compréhension des mots au Québec, en Belgique, au Congo ou à Tahiti. Ensuite, le texte est validé par le Dicastère pour le Culte divin, à Rome. Cela prend parfois du temps. Mais le but est une unité dans la prière, pour que tous ceux qui emploient la langue française puissent s’associer par l’utilisation des mêmes termes, quel que soit le pays dans lequel ils se trouvent.

La nouvelle traduction de la Bible en 2013, celle du Missel en 2021. Le gros morceau restant est la Liturgie des Heures, où en est-on ?

C’est un des grands chantiers de la CEFTL actuellement. Si la traduction des psaumes, réalisée dans les années 1970, n’est pas retouchée, de nouvelles hymnes vont être proposées et des intentions de prière renouvelées. Nous espérons finaliser le travail dans les années prochaines. C’est un peu pour anticiper cette finalisation que les conférences épiscopales ont adopté ces deux changements dans le Magnificat. Il sera chez nous effectif à compter du premier dimanche de l’Avent, soit le 29 novembre 2026. Il est déjà en usage en Belgique ou en Afrique du Nord.

Un vieil adage latin affirme : lex orandi, lex credendi (la norme de la prière est la norme de la foi). L’attention que nous portons aux mots que nous utilisons pour la prière vient de leur impact sur ce que nous croyons. Par ces petits changements, nous exprimons affirmons ainsi que Dieu fait miséricorde à tous les descendants d’Abraham et, à travers eux, à tous les hommes de bonne volonté.

CEF

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ils seront plus de 21000 à être baptisés cette année https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/sacrements/bapteme/ils-seront-plus-de-21000-a-etre-baptises-cette-annee Tue, 31 Mar 2026 08:11:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53317 Plus de 13 000 adultes seront baptisés en 2026, et plus de 8 000 adolescents âgés de 11 à 17 ans. Portant ainsi à plus de 21 380 catéchumènes , au total, le nombre de catéchumènes qui recevront cette année le baptême en France, soit une hausse de 28 % chez les adultes et de 10 % chez les adolescents.

En dix ans, le nombre de baptêmes a donc plus que triplé passant de 4 124 en 2016 à 13 234 en 2026.

Ce dossier propose un panorama du catéchuménat des adolescents et des adultes en France, des chiffres, mais aussi des tendances observées chaque année

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Intention de prière du pape pour avril 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-avril-2026 Thu, 26 Mar 2026 10:20:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53278 Pour les prêtres en crise

« Prions pour les prêtres qui traversent des moments de crise dans leur vocation, afin qu’ils trouvent l’accompagnement nécessaire et que les communautés les soutiennent avec compréhension et prière. »

Prière

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Abus, liturgie et enseignement : la feuille de route de Léon XIV aux évêques de France https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/abus-liturgie-et-enseignement-la-feuille-de-route-de-leon-xiv-aux-eveques-de-france Wed, 25 Mar 2026 13:50:45 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53263 Le Pape a adressé une lettre aux évêques de France réunis en assemblée à Lourdes dès ce 25 mars afin d’encourager leurs travaux « qui se déroulent dans le contexte d’une hostilité croissante envers les établissements catholiques avec la remise en cause de leur caractère propre », assure-t-il. « Dans le respect des convictions de chacun et avec toujours le souci d’accueillir largement », Léon XIV encourage les évêques « à défendre avec détermination la dimension chrétienne de l’enseignement catholique qui, sans références à Jésus-Christ, perdrait sa raison d’être. »

Le pape Léon XIV invite les évêques français à continuer de « manifester l’attention de l’Église aux victimes » d’abus commis par le clergé tout en se tournant « vers l’avenir » et en soutenant les prêtres, dans une lettre remise à Lourdes ce 25 mars 2026. Léon XIV insiste aussi sur la nécessité de trouver des solutions pour les fidèles attachés à l’ancien rite liturgique, et apporte son soutien à la défense de l’enseignement catholique.

La lettre, signée au nom du Pape par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, est adressée aux évêques rassemblés à Lourdes pour leur assemblée plénière de printemps. C’est le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la conférence épiscopale française, qui avait sollicité ce message de la part du pontife.

Abus : se tourner « vers l’avenir »

Par l’intermédiaire de son ‘bras droit’, Léon XIV commente les grands thèmes étudiés par les évêques de l’Hexagone. Sur le dossier épineux de la lutte contre les abus, il souligne leur « détermination ». Il les encourage à « persévérer à long terme sur les actions de prévention engagées » et à continuer de « manifester l’attention de l’Église aux victimes ».

Le Pape demande néanmoins que les prêtres coupables d’abus « ne soient pas exclus » de la « miséricorde de Dieu envers tous », et encourage les évêques français à les prendre en compte dans leur réflexion pastorale. Et il ajoute qu’après « plusieurs années de crises douloureuses, l’heure est venue de se tourner résolument vers l’avenir et d’adresser aux prêtres de France, durement éprouvés, un message d’encouragement et de confiance ».

En 2021, les évêques français avaient publié un rapport commandé à une Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) sur les crimes sexuels en France depuis 1950. Le pape François avait alors exprimé sa « douleur » après la publication du document qui estimait les victimes d’abus à 216.000 personnes.

Par la suite, le pape argentin n’avait cependant pas reçu les responsables de la Ciase qui voulaient le rencontrer à Rome, malgré le soutien des évêques. De plus, au sein de la Curie, la méthodologie du rapport français avait été particulièrement critiquée. Cependant, après l’élection de Léon XIV, une de ses premières nominations avait concerné Mgr Thibault Verny, archevêque de Chambéry qui avait été responsable de la mise en place de la Ciase, et qui est désormais à la tête de la Commission pontificale pour la protection des mineurs.

Guérir la « blessure » liturgique

Autre thème « délicat » abordé par le pape américain dans sa lettre aux évêques français : celui de la liturgie. Sans faire de référence directe au Motu proprio (décret) Traditionis custodes (2021) dans laquelle le pape François était revenu sur la libéralisation de la messe tridentine opérée par son prédécesseur Benoît XVI, Léon XIV assure être « particulièrement attentif » à la « croissance de communautés liées au Vetus Ordo » — le « vieil ordre » existant avant la réforme liturgique du concile Vatican II. La France compte plusieurs communautés attachées à cette forme dite ‘extraordinaire’ du rite.

Le pape s’inquiète que « continue à s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la messe », affirmant qu’il s’agit pourtant du « sacrement même de l’unité ». Pour la « guérir », il en appelle à un « regard nouveau de chacun porté sur l’autre », estimant que « riches de leurs diversités », les différentes parties peuvent « s’accueillir mutuellement ».

Seule limite pour le Pape : le « respect des orientations voulues par le concile Vatican II en matière de liturgie ». Dans ce cadre, il encourage les évêques à trouver des « solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo ».

Soutien à la défense de l’enseignement catholique

Concernant une dernière question, celle de l’enseignement catholique, le Pape déplore « l’hostilité croissante envers les établissements catholiques » qui passe par la « remise en cause de leur caractère propre ». Il encourage donc les évêques français à « défendre avec détermination la dimension chrétienne de l’enseignement catholique », estimant que ce dernier, « sans référence à Jésus-Christ, perdrait sa raison d’être ».

En France, un débat animé opposent certains responsables qui souhaitent une identité chrétienne plus affichée et d’autres acteurs – notamment politiques – qui veulent modérer cette identité et demandent plus de mixité sociale. Guillaume Prévost, nommé secrétaire général de l’enseignement catholique par les évêques le 1er septembre 2025, milite pour renforcer le « projet chrétien ».

Le Pape conclut par des encouragements, assurant « de son attachement et de l’intérêt qu’il porte à la Fille aînée de l’Église » — surnom donné à l’Église catholique en France en référence au baptême de Clovis, survenu en 496 selon la tradition. Il confie prier « pour tous les catholiques de France » et pour son clergé afin qu’ils persévèrent dans l’annonce de l’Évangile « en des temps certes difficiles mais où les signes d’espérance et de présence de Dieu dans les cœurs ne manquent pas ».

ALETEIA

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Discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de printemps 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/discours-douverture-de-lassemblee-pleniere-de-printemps-2026 Wed, 25 Mar 2026 13:42:48 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53260 Discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de printemps 2026, prononcé le mardi 24 mars 2026 par Mgr Jean-Marc Aveline, Président de la Conférence des évêques de France, devant ses frères évêques qui s’apprêtent à vivre ensemble une semaine de travail et de prière.

Chers frères dans l’épiscopat,

C’est avec beaucoup de joie qu’au nom de Mgr Vincent Jordy, de Mgr Benoît Bertrand et de toute l’équipe du Secrétariat général, je vous souhaite la bienvenue pour cette nouvelle assemblée plénière de notre Conférence. Je salue également tous ceux qui nous rejoignent ce matin sur les ondes de KTO. Merci de vous associer de cette manière à la prière et au travail, de cette assemblée printanière, dans le cadre à la fois paisible et recueilli des Sanctuaires de Lourdes, où nous aurons la joie de célébrer demain la solennité de l’Annonciation du Seigneur.

L’Annonciation ! Te souviens-tu, Marie ? En cet instant d’éternité, tu aurais voulu arrêter le temps, retenir l’ange par le bout des ailes… Avant de te quitter, il t’avait confié le secret de la foi : « Rien n’est impossible à Dieu ». Et toi, tu lui avais offert le secret de ta joie : « Je suis la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole ». Et sans que tu t’en aperçoives, la Parole en toi avait commencé à prendre chair. Et toi, figure de l’Église, tu la portes avec amour, cette Parole de Vie, de la crèche à la croix, de la mangeoire à la patène, pour reprendre la belle image de Mgr Paul Desfarges, archevêque émérite d’Alger, où le pape Léon se rendra après Pâques.

La mangeoire, comme la patène, en effet, accueillent le corps du Christ Jésus, dans la simplicité, la fragilité, la vulnérabilité et l’extrême confiance en l’humanité qui caractérisent tout autant le geste de Dieu dans l’Incarnation que celui de l’Église dans l’Eucharistie. Selon le postulateur de la cause de béatification des martyrs, le frère trappiste Thomas Georgeon, qui nous aidera vendredi à méditer sur les Martyrs d’Algérie au seuil de la Semaine Sainte, « tous les dix-neuf [martyrs] avaient en commun un même trait : un grand amour pour l’Eucharistie. Il est très significatif que cinq d’entre eux étaient été tués en allant à la messe ou en revenant. Ce n’est pas un Christ théorique qu’ils vivaient. C’est le Christ qui se donne dans son Corps eucharistique. »

Offrir d’être là, priants parmi d’autres priants, demander humblement l’hospitalité, solliciter l’amitié et y être fidèle, envers et contre tout : tels furent les gestes fondateurs qui ont permis à l’Église d’Algérie de rester présente au peuple algérien après que celui-ci eut obtenu son indépendance. La haute stature humaine et la grande profondeur spirituelle du cardinal Duval avaient encouragé et accompagné cette conversion intérieure de l’Église, lorsqu’elle dut abandonner les prérogatives que lui conférait la colonisation et faire la preuve de son amour pour le peuple algérien, dont elle s’engageait à partager le destin sans vouloir le contraindre à partager sa foi. Et lorsque s’abattirent sur l’Algérie les terribles épreuves de la décennie noire des années 1990, le cardinal Duval, encore lui, sut trouver les mots pour aider cette Église à ne pas fuir le destin de ce peuple, à rester là, à se tenir avec, cum-stare, dans la constance et la confiance, comme il y exhortait Christian de Chergé, prieur de Tibhirine.

Tout au long de cette petite semaine, comme à chacune de nos assemblées plénières, nous allons devoir aborder bien des sujets, tenter d’élaborer quelques discernements, échanger entre nous et avec des experts sur la situation du monde, comme ce soir avec M. Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue, spécialiste du conflit israélo-palestinien. Mais le plus important, nous le savons tous d’expérience, c’est de pouvoir vivre tout cela ensemble, différents les uns des autres, mais profondément unis au Christ par la prière, l’écoute de sa Parole et la célébration de l’Eucharistie, dans une collégialité simple et fraternelle, à l’écoute de la vitalité, mais aussi des inquiétudes et des souffrances du peuple que Dieu nous a confié. Cum-stare : se tenir avec, rester avec, persévérer avec. C’est bien notre joie, comme évêques, même s’il nous en coûte parfois, lorsque les soucis s’accumulent ! Et comme il importe que nous apprenions à nous aider les uns les autres sur les chemins parfois austères de notre ministère.

Avant-hier soir, nous avons vécu le deuxième tour des élections municipales, un scrutin local mais très important, à quelques mois des Sénatoriales prévues en septembre prochain, et à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle. Nous les connaissons bien, nous évêques, ces maires et conseillers municipaux de nos villages, de nos petites ou grandes villes, et nous savons que la plupart d’entre eux travaille avec acharnement et humilité, au service des autres, avec tous les soucis et tous les risques qu’une telle responsabilité implique. Il importe, me semble-t-il, que nous encouragions sans relâche ces serviteurs du quotidien, par notre écoute, nos paroles, et avant tout par notre prière.

Toutefois, en relisant cette séquence des élections municipales, dont chacun d’entre nous peut apprécier les conséquences pour son diocèse, je relève, pour ma part, la violence croissante dans laquelle semble irrésistiblement devoir sombrer, année après année, le débat public. Violence verbale d’abord, dans les hémicycles, sur les ondes ou les plateaux de télévision, et plus encore sur les réseaux sociaux. Créer les conditions d’un vrai débat sera sans doute l’un des enjeux importants, dans les mois qui viennent, en vue de l’élection présidentielle. Nous réfléchirons jeudi, en fin de matinée, sous la conduite de Mgr Jachiet, à la façon dont nous pourrons y participer.

Violence verbale donc, mais violence physique aussi, notamment avec la mort de Quentin Deranque, il y a quelques semaines, en marge d’une conférence politique à Lyon. Notre société, c’est évident, a un grand besoin d’apaisement. C’est souvent ce que nous disent les catéchumènes dans les lettres qu’ils nous envoient. Car la violence est partout, faisant chavirer, pour un rien, les barques de bien des vies. Dans une homélie sur la tempête apaisée, saint Augustin donnait un conseil à celui qui sent que la colère le gagne et que sa barque commence à prendre l’eau : fais comme les disciples sur le lac – écrit-il – « Réveille le Christ qui dort ». Car c’est lui, et lui seul, qui est notre paix et qui t’aidera à surmonter la violence qui couve en toi ! [1]

Ces questions, à coup sûr, concernent notre travail de fond sur l’éducation. Nous y sommes encouragés par le Saint-Père. Dans une lettre envoyée de sa part aux évêques de France à l’occasion de l’ouverture de notre assemblée, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, nous écrit : « Le Saint-Père a pris connaissance des sujets que vous avez l’intention de traiter et plusieurs ont suscité son intérêt. En particulier, vous allez aborder, en réponse à la lettre apostolique Dessiner de nouvelles cartes d’espérance, le thème de l’éducation, un thème qui avait particulièrement retenu l’attention du pape François en raison de son importance capitale tant pour l’avenir du monde que pour l’annonce de l’Évangile. » Nous ferons le point, dès la fin de cette matinée, sur ce sujet capital, et nous complèterons demain après-midi par quelques informations que nous donnera Mgr Rougé sur la situation de l’Enseignement catholique.

L’autre sujet, auquel nous consacrerons plusieurs séquences, concerne la lutte contre les violences sexuelles et tous les abus. En nous inspirant de la riche expérience de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr), dont nous avions voté la création en novembre 2021, après le rapport de la Ciase, et dont le mandat se termine à la fin du mois d’août 2026, il nous faut avancer sur la mise en place d’un dispositif qui ne soit plus « une réponse de crise à une situation de crise », comme le fut l’Inirr, mais qui soit pensé comme durable, même s’il devra sans doute être évalué et affiné au fil des années. Plusieurs questions se posent, que nous avons déjà abordées lors d’une assemblée en visio il y a quelques semaines. Il ne s’agit pas de s’engager à la légère, mais bien de prendre sereinement ensemble les décisions qui s’imposent pour continuer d’accueillir, d’écouter et d’accompagner les personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église quand elles étaient mineures. J’ai assuré Madame Marie Derain de Vaucresson, lors d’une rencontre à Paris la semaine dernière, de notre très grande reconnaissance pour le travail accompli, de notre ferme résolution de le poursuivre dans les meilleures conditions, et de notre décision que le passage de relais puisse se faire au 1er septembre prochain, en mettant à profit cette assemblée de mars et les quelques mois qui suivront, pour que le statut et les modalités de travail de la nouvelle instance soient clairement définis. Mgr Laurent Percerou et Mgr Gérard Le Stang nous guideront dans ce travail dès le début de cet après-midi.

Jeudi matin, nous poursuivrons le travail engagé en novembre dernier, sous la conduite de Mgr Alexandre Joly, pour la mise en place d’un dispositif concernant les personnes qui ont été victimes d’abus dans l’Église alors qu’elles étaient majeures. « La prévention des abus n’est pas une tâche facultative, mais une dimension constitutive de la mission de l’Église, a rappelé le pape Léon le 16 mars lors de l’assemblée plénière de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, présidée par notre frère Thibault Verny. Il s’agit de contribuer à instaurer, dans toute l’Église, une culture de l’attention, dans laquelle la protection des mineurs et des personnes en situation de vulnérabilité n’est pas considérée comme une obligation imposée de l’extérieur, mais comme une expression naturelle de la foi. » En lien avec ces problématiques, il nous faudra parler du Fonds Selam, et poursuivre la réflexion engagée lors de notre dernière assemblée sur le thème « Justice et miséricorde ». Car si l’Église a progressé dans l’ordre de la justice, et quand bien même il lui reste encore beaucoup de chemin à faire en ce sens – nous ne le savons que trop – il lui faut aussi avancer sur celui de la miséricorde, car le message évangélique sur lequel elle est fondée met en relation l’une avec l’autre.

Jeudi enfin, nous prendrons un temps d’échange sur le thème « Liturgie et Tradition » sous la conduite de Mgr Olivier de Cagny.  « Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la messe, le sacrement même de l’unité » écrit le cardinal Pietro Parolin dans la lettre qu’il nous adresse au nom du Pape. Nous savons tous l’urgence qu’il y a à écouter la soif spirituelle de tous les baptisés, de quelque façon qu’elle s’exprime, tout en tenant fermement le lien nécessaire à la grande Tradition de l’Église qui se déploie dans la communion avec tous les conciles, y compris le concile Vatican II. Ce sujet est suffisamment important pour que nous commencions à le porter ensemble, au fil de nos assemblées, en lien avec les travaux du Consistoire de juin prochain.

Mais tandis que nous nous réunissons pour avancer sur ces chantiers importants concernant l’Église et la société, notre assemblée est inévitablement marquée par une situation internationale qui, de jour en jour, se dégrade dangereusement. Voilà un peu plus de quatre semaines, maintenant, que le Moyen Orient est emporté dans la spirale d’une guerre sans merci. Une guerre dont on peine à percevoir quel est l’objectif ultime, mais dont le nombre de victimes innocentes, décédées, blessées ou déplacées, ne cesse de croître d’heure en heure ; une guerre d’usure, d’autant plus meurtrière que la robotisation croissante met de plus en plus à distance l’acte de donner la mort.

Il y a quelques années, alors que je présidais le Conseil pour le dialogue interreligieux au sein de notre Conférence, j’avais pu me rendre en Iran avec quelques-uns d’entre vous, invité par le gouvernement iranien pour promouvoir le dialogue entre chrétiens et chiites dans les universités et les lieux saints iraniens. J’avais été touché par l’hospitalité de ce peuple, par la finesse de cette grande et noble civilisation et par le courage de quelques responsables religieux que nous avions rencontrés et qui, dans l’angoisse et la discrétion, mais avec une impressionnante détermination, résistaient au régime en place. La capacité de résilience des peuples, en dépit de la corruption et de la violence de ceux qui les dirigent, est souvent édifiante et force le respect.

Aujourd’hui, force est de constater que, même si la protection aérienne ne se révèle pas toujours étanche (comme ce fut le cas ces derniers jours), le peuple israélien a toutefois des abris pour se protéger des missiles ennemis, ce qui ne l’empêche pas de vivre dans l’angoisse de sa sécurité immédiate et de sa survie à long terme. Le peuple iranien, de son côté, non seulement n’a pas d’abri, mais sait qu’il peut être pris pour cible, et sans scrupule aucun, par ceux-là même qui sont censés le protéger et qui peuvent devenir d’autant plus féroces qu’ils sentent que leur propre survie est menacée ! Il en va de même pour peuple libanais, sans cesse soumis au jeu des grandes puissances régionales, qui ne cherchent qu’à le diviser afin de faire taire son message, ce message que les papes successifs, depuis saint Jean-Paul II, ne cessent de mettre en valeur, parce qu’il témoigne qu’une fraternité est possible entre des personnes de religions différentes et que c’est là le seul chemin vers la paix ! Et permettez-moi de penser aussi aux familles les plus pauvres du peuple palestinien, notamment à Gaza et en Cisjordanie, emportées dans cette nouvelle tourmente alors qu’elles se trouvent déjà grandement affaiblies et se sentent dramatiquement abandonnées, d’autant plus que la lumière des médias et la vigilance de la communauté internationale sont maintenant attirées ailleurs et que l’action des organisations humanitaires sur place est encore gravement entravée.

« Je continue à suivre avec consternation la situation au Moyen-Orient, ainsi que dans d’autres régions du monde déchirées par la guerre et la violence – a dit le Pape lors de l’Angelus avant-hier. Nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance de tant de personnes sans défense, victimes de ces conflits. […] La mort et la douleur provoquées par ces guerres sont un scandale pour toute la famille humaine et un cri lancé vers Dieu ! Je réitère avec force l’appel à persévérer dans la prière, afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix fondés sur un dialogue sincère et sur le respect de la dignité de chaque personne humaine. »

Dès le début du conflit, j’ai envoyé des lettres d’amitié et de soutien aux différents responsables chrétiens de la région (entre autres : card. Louis Sako, patriarche des chaldéens à Baghdad en Irak, card. Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, card. Dominique Mathieu, archevêque latin de Téhéran-Ispahan, card. Bechara Raï, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient à Beyrouth, Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique de l’Arabie septentrionale, à Bahrein et d’autres encore). Je cite quelques passages de leurs réponses, car elles vous sont aussi adressées : « Je vous remercie infiniment pour votre lettre. Vos mots touchants, votre prière, votre proximité et solidarité nous encouragent à rester fermes et confiants dans l’espérance. Les chrétiens en Irak et au Liban sont très préoccupés et ils ont peur. J’essaie d’être proche d’eux et de les encourager. Nous craignons une nouvelle escalade, et le risque de glisser vers une guerre régionale de grande ampleur » (Louis Sako) ; « Je vous remercie pour votre prière ainsi que toute l’Église qui est en France. Nous faisons appel, comme et avec le Saint-Père, à la diplomatie, sachant que la guerre ne résout rien, bien au contraire, elle engendre destruction, mort et déplacement de milliers de citoyens innocents » (Bechara Raï) ; « Je vous remercie de ce message d’encouragement, mais surtout de la prière de l’Église en France. Nous sentons la communion de l’Église universelle. Par raison de sécurité, nous avons dû prendre des décisions douloureuses concernant les messes, le catéchisme et les rassemblements. Nous confions notre futur à Notre-Dame d’Arabie, avec confiance et espérance. Je vous présente tous mes vœux, ainsi qu’à l’Église de Marseille et à la Conférence des évêques de France » (Aldo Berardi). Contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, Dieu ne se laisse pas enrôler par les puissances des ténèbres ! Il est toujours du côté des victimes. Il attend de nous la lumière de l’amitié et le courage de l’espérance. Il n’aime rien tant en ce monde que la liberté de son Église, comme l’écrivait autrefois saint Anselme de Cantorbéry ! Et n’oublions pas l’immense douleur du peuple ukrainien, ni toutes les victimes des autres conflits dans le monde. Cum-stare, avait bien dit le cardinal Duval !

La semaine dernière, j’étais à Rome pour la réunion du Bureau de coordination méditerranéenne. Il s’agit d’une petite instance que le pape François m’avait demandé de créer après les Rencontres méditerranéennes de Marseille. Nous avons eu une heure de réunion avec le pape Léon, très attentif à recueillir, sous le vacarme assourdissant et meurtrier des missiles et des drones, la petite voix de la fraternité, reliant des personnes, évêques et jeunes, issus de pays parfois en guerre les uns contre les autres. Ce léger murmure, aussi discret que celui qu’Élie entendit à l’Horeb, est cependant porteur de l’espérance que tisse l’Esprit pour établir entre nous « le lien de la paix ». Et nous avons prié avec le Pape, en préparant avec lui la prochaine rencontre des évêques et des jeunes de la Méditerranée, qui se tiendra à Barcelone du 9 au 12 juin prochain, à l’occasion de sa visite apostolique en Espagne.

Monaco ce samedi, Alger puis l’Afrique subsaharienne après Pâques, Barcelone en juin, Lampedusa en juillet… Et en France alors ? Rassurez-vous, nous y travaillons : j’ai encore abordé le sujet avec le Pape il y a quelques jours. Mais la visite d’un Pape n’est pas un trophée que l’on brandit. Elle est un encouragement à vivre au plus près de l’Évangile notre mission et notre communion. J’ai tenu à ce que nous puissions, mercredi puis vendredi, nous laisser toucher par le visage des bienheureux martyrs d’Algérie, assassinés il y 30 ans, et par le témoignage de cette petite Église, qui est comme un cadeau que Dieu fait à l’Église universelle, une « Église dans la mangeoire », féconde dans sa pauvreté, libre dans sa dépendance, joyeuse dans sa précarité.

Permettez-moi de terminer par le texte de deux Chapitres donnés à sa communauté par Christian de Chergé à la mi-février 1996, quelques semaines avant l’enlèvement, qui eut lieu dans la nuit du 26 au 27 mars. Ils font partie des derniers Chapitres qui ont été conservés. Ils expriment à mes yeux la profondeur spirituelle à laquelle Dieu, par sa grâce, peut conduire un homme, soutenu et fraternellement corrigé par sa communauté, et qui, dans sa charge de prieur, doit aussi affermir ses frères ! On n’est pas loin de notre responsabilité épiscopale ! Et ces derniers mots résonnent aussi pour nous comme un conseil et un encouragement, comme un abandon à la grâce et comme une lumière d’espérance.

« Il s’agit donc de “demeurer sur terre”, de garder les pieds sur terre, tout en ayant vue sur les “cieux”, en ne perdant pas de vue l’objectif, le terme : la tête des arbres ne pointe pas du côté de leurs racines. Il n’y a aucune raison que nous échappions à cette loi de la création qui aspire “aux choses d’en-haut”. Il nous revient d’en faire l’orientation d’un choix de liberté, d’un désir sans cesse renouvelé, dont la sève irrigue tous nos élans sans cesser d’être puisée dans le terreau du quotidien. L’arbre de la croix permet cette comparaison. Toutes les dimensions de l’homme s’y trouvent révélées, à la verticale, comme à l’horizontale des bras ouverts. Et si nous le contemplons inlassablement, c’est bien parce que la véritable croix n’est pas le bois du supplice qui donne la mort, mais cet arbre de vie en tout semblable à nous, dont la tête touche le ciel, et où chacun peut trouver à faire son nid par la brèche d’un cœur ouvert.

Parce que l’incarnation du Fils de Dieu est passée par là pour se dire, en plénitude de communion humaine, la mort, notre mort désormais, change de sens. Elle n’est pas le lieu d’une désintégration. Elle n’est plus déracinement, mais enracinement définitif là où la tête a pris pied. Ceci pour dire que notre mort est incluse dans le don, qu’elle ne nous appartient pas, et donc qu’elle ne peut être risquée que dans le même climat d’Évangile que tous nos autres instants offerts à Dieu. […] Le mystère pascal […] est ce lent passage de l’obéissance qui renonce à sa volonté pour ne plus goûter la vie que dans celle de Dieu. Gethsémani est notre lieu. »

Bonne montée vers Pâques, chers frères et sœurs !

Et à nous, chers frères évêques, bonne semaine de travail, à l’écoute de l’Esprit Saint !

Merci de votre attention.

+ Jean-Marc Aveline,
archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France

[1] « De là aussi le fait qu’il [Jésus] dormait dans la barque ; et les disciples, sentant le danger, au bord du naufrage, s’approchèrent de lui et le réveillèrent ; le Christ se leva, commanda aux vents et aux flots ; et il se fit un grand calme (Mt. 8, 24-26). Ainsi en est-il de toi : les vents entrent dans ton cœur, oui, pendant que tu navigues, pendant que tu traverses cette vie comme une mer tempétueuse et dangereuse. Les vents entrent, les flots agitent et déportent la barque. Quels sont ces vents ? Tu as subi une criaillerie, tu te mets en colère ; la criaillerie, c’est le vent ; la colère, c’est le flot ; tu es en danger, tu te disposes à répondre, tu te disposes à rendre malédiction pour malédiction ; déjà la barque s’approche du naufrage ; réveille le Christ qui dort ! » (Sermo 81, 8)

CEF

Assemblée plénière des évêques de France de mars 2026

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Le Pape qualifie la guerre actuelle de «scandale pour toute l’humanité» https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-pape-qualifie-la-guerre-actuelle-de-scandale-pour-toute-lhumanite Mon, 23 Mar 2026 07:51:12 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53239 À l’issue de la prière mariale de l’Angélus de ce dimanche 22 mars, le Pape a renouvelé son appel à persévérer dans la prière, «afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix fondés sur un dialogue sincère et sur le respect de la dignité de chaque personne humaine» dans toutes les régions du monde déchirées par la guerre. La mort et la douleur provoquées par ces guerres sont «un scandale pour toute la famille humaine et un cri devant Dieu», a dit le Saint-Père.

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

Comment rester indifférent à ce qui se passe dans le monde actuellement ? Des centaines d’hommes et de femmes, parmi lesquels de nombreux enfants meurent chaque jour au Moyen-Orient, dans une guerre entrée dans sa quatrième semaine, tandis qu’une opération «rapide et efficace» était promise par les auteurs des frappes initiales.

À l’issue de la prière de l’Angélus, le Pape a dit continuer à «suivre avec consternation» le développement des événements, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans d’autres régions du monde «déchirées par la guerre et la violence». L’Ukraine, la Birmanie, le Yémen, le Soudan ou la République démocratique du Congo, beaucoup d’autres conflits aux effets non moins dévastateurs se poursuivent dans l’ombre de l’action américano-israélienne en Iran et au Liban.

Une blessure pour toute l’humanité

«Nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance de tant de personnes, victimes sans défense de ces conflits», affirme le Pape, indiquant «ce qui les blesse, blesse l’humanité tout entière». Pour le Souverain pontife, la mort et la douleur provoquées par ces guerres sont «un scandale pour toute la famille humaine et un cri devant Dieu». Aussi renouvelle-t-il «avec force» l’appel à persévérer dans la prière, «afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix fondés sur un dialogue sincère et sur le respect de la dignité de chaque personne humaine».

Que le sport trace des chemins de paix, d’inclusion sociale

Dans un registre plus léger, le Pape a par ailleurs salué le «grand marathon» qui se déroule en ce jour à Rome, avec de très nombreux athlètes venus du monde entier. «C’est un signe d’espérance», a dit le Pape, priant pour que «le sport trace des chemins de paix, d’inclusion sociale et de spiritualité».

VATICAN NEWS

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Le seul “titre honorifique” dont peut se prévaloir un chrétien selon Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/le-seul-titre-honorifique-dont-peut-se-prevaloir-un-chretien-selon-leon-xiv Tue, 17 Mar 2026 10:10:20 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53205 Lors de l’audience générale du 11 mars 2025, le pape Léon XIV a poursuivi son enseignement sur le concile Vatican II et affirmé que le seul « titre honorifique » que devraient rechercher les chrétiens est celui d’ »enfants de Dieu ».

Le seul « titre honorifique » auquel devrait aspirer un chrétien est celui d’ »enfant de Dieu ». C’est ce qu’a affirmé le pape Léon XIV lors de l’audience générale du 11 mars 2025 sur la place Saint-Pierre, alors qu’il poursuivait sa série d’enseignements consacrés à l’héritage du concile Vatican II et à la constitution dogmatique Lumen gentium.

S’arrêtant sur le chapitre consacré au « Peuple de Dieu », le Pape a rappelé que l’Église n’est pas « un peuple comme les autres », mais la communauté de ceux qui partagent « la foi en Christ » et sont unis à lui. Pour ce « peuple messianique » issu des « fils d’Abraham », l’essentiel est d’ »être greffés sur le Christ », a-t-il souligné.

Selon Léon XIV, c’est le Christ lui-même qui rassemble ce peuple « par le don de son Corps et de son Sang ». Dès lors, « la loi qui anime les relations dans l’Église est l’amour », a-t-il poursuivi, rappelant que la vocation de l’Église est de marcher vers le Royaume de Dieu avec toute l’humanité. Citant la constitution dogmatique, Léon XIV a rappelé que le Peuple de Dieu « est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers tout entier », et oriente même « d’une certaine manière » ceux qui n’ont pas la foi. Dès lors, « l’Église ne peut jamais se replier sur elle-même, mais elle est ouverte à tous et pour tous », a-t-il insisté.

L’Église témoin d’espérance

Le Pape a également insisté sur la dimension universelle de l’Église. Composée d’hommes et de femmes de nations, de langues et de cultures différentes, elle constitue aujourd’hui « un grand signe d’espérance – surtout à notre époque marquée par tant de conflits et de guerres ». Chaque chrétien est ainsi appelé à témoigner et à proclamer l’Evangile, « dans tout milieu où il vit et travaille », afin de rendre le message du Christ le plus accessible à tous.

ALETEIA

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Dans le Golfe persique sous tension, l’Église maintient la prière et le dialogue https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/dans-le-golfe-persique-sous-tension-leglise-maintient-la-priere-et-le-dialogue Thu, 12 Mar 2026 13:58:24 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53183

Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique de l’Arabie du Nord (AVONA), accompagne depuis janvier 2023 les communautés catholiques du Bahreïn (où se trouve le siège du vicariat), ainsi que celles d’Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar. La région est aujourd’hui marquée par une forte escalade militaire ; depuis fin février 2026, des frappes américano‑israéliennes sur l’Iran ont été suivies de ripostes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe.

Comment les récentes frappes iraniennes ont-elles impacté la vie quotidienne des catholiques dans votre vicariat ?

À partir du moment où la guerre a commencé, le 28 février, les premières frappes ont immédiatement eu lieu dans le Golfe. L’Iran a très vite répliqué, prenant tout le monde par surprise. Les sirènes d’alerte se sont déclenchées presque aussitôt, et durant les premiers jours, nous ne savions pas vraiment comment réagir. Quelques jours plus tard, nous restons encore, sur nos gardes. Les drones qui survolent la zone provoquent parfois des débris, entraînant des dégâts sur les habitations comme sur les lieux publics.

Quelles mesures concrètes avez-vous prises face aux interdictions de rassemblements ?

On a d’abord dû fermer les églises, car on ne savait pas s’il s’agissait d’un bombardement généralisé. Lorsque nous avons compris que les frappes visaient surtout des bases militaires américaines et quelques sites stratégiques, nous avons progressivement adapté notre fonctionnement.

Cela a fortement perturbé l’activité pastorale :

  • Au Qatar, par exemple, la zone des églises a été complètement fermée par les autorités, car tous les lieux de culte chrétiens sont regroupés au même endroit. Elles restent encore fermées aujourd’hui : personne n’y entre et personne n’en sort pour des raisons de sécurité.
église Notre-Dame du Rosaire, au Qatar
  • Au Koweït, tout rassemblement et tout événement ont été interdits. Nous avons donc célébré les messes en ligne pendant un temps. Depuis quelques jours, les messes en présentiel ont pu reprendre, mais les autres activités restent annulées. Cette mesure concerne d’ailleurs aussi les musulmans : les rassemblements liés au Ramadan, notamment les festivités du soir, ont été suspendus.
co-cathédrale de la Sainte-Famille au Koweït
  • A Bahreïn, en revanche, aucune consigne particulière n’a été donnée. Les messes publiques ont été interrompues pendant un ou deux jours seulement, puis les églises ont rouvert. La cathédrale est de nouveau accessible et les célébrations ont repris.
cathédrale Notre-Dame d'Arabie, à Bahrein

Le catéchisme, en revanche, se fait désormais en ligne. Dans chaque pays, des milliers d’enfants y participent : rien qu’au Qatar, ils sont environ 6 000, ce qui demande beaucoup d’organisation et de connexions. Les groupes spirituels – groupes charismatiques, parcours pour les couples, différents ministères paroissiaux – ont également suspendu leurs rencontres en présentiel. Pour l’instant, tout se fait en ligne. La situation perturbe évidemment la vie de l’Église, mais le lien entre les fidèles demeure très fort. Les paroissiens restent solidaires et se soutiennent les uns les autres.

Dans un contexte marqué par la peur et l’instabilité, quel rôle spécifique l’Église peut‑elle jouer comme artisan de paix et de dialogue entre les communautés et les religions de la région ?

L’Église choisit de maintenir le dialogue, car il existe un risque réel de glissement vers un conflit à caractère religieux. Il est essentiel de manifester notre proximité avec les populations tout en demeurant fidèles à nos principes évangéliques. Il importe aussi de rappeler que la situation actuelle ne relève pas d’une guerre religieuse, mais qu’elle s’inscrit avant tout dans des logiques économiques et géopolitiques.

Plusieurs initiatives concrètes témoignent de la vitalité du dialogue interreligieux dans la région du Golfe. À Bahreïn, les relations avec l’État sont également très bonnes et un dialogue interreligieux sincère et cordial s’y développe notamment grâce à l’existence du King Hamad Global Center for Coexistence and Tolerance.

Quels appels souhaiteriez‑vous adresser aux catholiques de France pour soutenir les communautés chrétiennes du Golfe et porter avec elles cette situation ?

D’être dans la prière et la solidarité. J’ai été profondément touché par la lettre du cardinal Jean‑Marc Aveline, envoyée au nom de la Conférence des évêques de France (CEF). Il m’y exprimait son soutien et m’assurait de sa prière. C’est un geste très beau et très fraternel qui nous a beaucoup touchés. Cela nous rappelle que notre force demeure dans la prière. C’est notre arme la plus puissante, car nous n’en avons pas d’autres que celles de l’Évangile.

C’est aussi, pour les catholiques de France, une invitation à mieux connaître les pays du Golfe. La péninsule Arabique n’est pas seulement un lieu d’affaires. On est parfois surpris d’y découvrir des églises et des communautés chrétiennes. Il existe une véritable vie spirituelle. On y voit une foi bien vivante, avec de nombreux enfants au catéchisme qui découvrent l’Évangile. Tous les rites catholiques y sont présents : c’est une catholicité très concrète et très vivante.

L’espoir est que cette spirale puisse être brisée afin de retrouver une vie paisible

Le Pape a appelé à cesser les armes et à dialoguer. Comment recevez-vous cet appel au niveau local ?

Son message est clair : il faut promouvoir le dialogue diplomatique, rouvrir les canaux de discussion, faire taire les armes et tenir compte de l’appel des peuples à la paix. Dans ce contexte, la prise de parole du pape Léon XIV était très importante. Comme l’a rappelé le cardinal Parolin, l’idée de « guerre préventive » est particulièrement problématique : qui peut décider qu’une guerre est préventive, et selon quels critères ? Ce type de raisonnement peut conduire à de graves abus.

Le Pape a également évoqué le risque d’une spirale de violence, une dynamique qui peut entraîner les nations toujours plus loin, jusqu’à la destruction. C’est précisément cette dérive que l’on redoute : une escalade incontrôlable. L’espoir, aujourd’hui, est que cette spirale puisse être brisée afin de retrouver une vie paisible. Les pays du Golfe ont longtemps été perçus comme des régions relativement sûres, marquées par un développement et une forte croissance économique. C’est cet équilibre qu’il faut désormais préserver.

infographie - vicariat apostolique d'Arabie du Nord

LE VICARIAT APOSTOLIQUE D’ARABIE DU NORD

Pouvez-vous nous présenter le vicariat apostolique de l’Arabie du Nord ?

Il couvre le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite et compte environ deux millions de catholiques. Le vicariat d’Arabie du Sud, dont le siège est à Abou Dhabi, rassemble quant à lui plus d’un million de fidèles, répartis notamment aux Émirats arabes unis, à Oman et au Yémen. Au total, la présence catholique dans l’ensemble de la région du Golfe dépasse les trois millions de fidèles.

Comment la présence d’Eglise s’est-elle développée dans la région ?

Il est important de distinguer les « chrétiens d’Orient » des « chrétiens en Orient ». Dans la péninsule arabique, l’Église est essentiellement une Église d’expatriés et d’immigrés. Elle s’est progressivement constituée au cours du dernier siècle, et s’est particulièrement développée avec la découverte du pétrole et l’essor économique de la région.

La première église catholique établie dans le Golfe se trouve à Bahreïn : l’église du Sacré‑Cœur de Manama, construite il y a environ 85 ans. Elle a été suivie par l’église Notre‑Dame d’Arabie au Koweït, inaugurée en 1950. Ces édifices comptent parmi les plus anciennes églises du vicariat. Depuis lors, d’autres constructions ont vu le jour, notamment la co‑cathédrale de la Sainte‑Famille au Koweït et l’église Notre‑Dame du Rosaire au Qatar, inaugurée en 2008. Plus récemment encore, la région s’est dotée d’une nouvelle cathédrale consacrée en 2021 à Bahreïn.

Quelle représentativité des rites ?

Le clergé est composé d’environ 70 prêtres et religieux. La majorité appartient à l’ordre des Capucins. Sont également présents les Trinitaires, dont je fais partie, les Salésiens, ainsi que l’Institut du Verbe incarné. À ces quatre communautés religieuses s’ajoutent des prêtres fidei donum, généreusement envoyés par certains diocèses pour répondre à des besoins particuliers, liés notamment à certains rites (latins, maronites, coptes catholiques, syro-malabare, syro-malankare, melkite etc…) ou à certaines langues (langues européennes, arabe, malayalam, tagalog, hurdu, tamil, singalai, kokani, bingalais). Nous comptons aussi des prêtres incardinés, originaires des Philippines. Enfin, nous avons trois communautés de religieuses enseignantes que sont les Sœurs du Rosaire de Jérusalem (présentes au Koweït) et les sœurs du Carmel Apostolique (présentes au Koweït et à Bahreïn).

CEF

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Jeudi 11 mars à 20:30, centre Bethléem : Réunion AFC https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/paroisse/jeudi-11-mars-a-2030-centre-bethleem-reunion-afc-2 Mon, 09 Mar 2026 10:53:50 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53165

Pour en savoir plus : https://afc-france.org/

Pour tout renseignement : 06 11 10 14 00

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L’abbaye de la Trappe envisage le départ de ses moines après 900 ans de présence https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/labbaye-de-la-trappe-envisage-le-depart-de-ses-moines-apres-900-ans-de-presence Mon, 09 Mar 2026 08:03:03 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53160 Après neuf siècles de présence quasi ininterrompue, l’abbaye de la Trappe (Orne) pourrait voir ses moines partir d’ici 2028, confrontée à la crise des vocations et au poids du patrimoine. Ce possible départ, symptôme d’un déclin généralisé des communautés trappistes en France, marque une page d’histoire qui se tourne, tout en ouvrant une réflexion sur l’avenir spirituel du lieu.

L’abbaye de la Trappe (Orne), va-t-elle se vider de ses moines ? Dans un communiqué publié le 6 mars 2026, la communauté a annoncé « envisager un départ à l’horizon 2028 ». Cette décision fait suite à « un long discernement », peut-on lire. Les moines évoquent à la fois « la rareté des vocations et la charge de plus en plus lourde du patrimoine foncier », qui rendent de plus en plus difficile leur maintien dans les lieux.

Pour ce qui est de l’avenir de l’abbaye, les frères indiquent qu’une réflexion est en cours, avec d’autres communautés, « pour trouver des solutions plus adaptées, plus pertinentes économiquement et spirituellement ». L’objectif serait donc d’y maintenir une vie spirituelle et consacrée. « Le contexte est dur, depuis plusieurs décennies déjà, et bien d’autres abbayes ont déjà changé de mains », fait remarquer le communiqué, qui ajoute que « si ce n’est pas une catastrophe, c’est évidemment une page d’histoire qui s’apprête à se tourner. »

900 ans d’histoire

Et pour cause. Ce départ mettrait fin à neuf siècles de présence des moines trappistes. Cette abbaye normande a été fondée en 1140 dans le village de Soligny-La-Trappe et a vu naître l’ordre cistercien de la Stricte Observance avec l’arrivée au monastère d’Armand de Rancé en 1663. Guerre de Cent ans, Révolution française, suppression de tous les couvents trappistes sous Napoléon en 1811, Première puis Seconde guerre mondiale… L’abbaye a résisté, au fil des siècles, à bien des épreuves. Les trappistes y ont suivi la règle de saint Benoît – Ora et Labora (Prie et travaille) -, menant une vie contemplative partagée entre la prière et le travail de leurs mains. Au XIXe et XXe siècles, les frères avaient développé un véritable savoir-faire agricole, maintenu jusqu’en 2026, bien que moins important. Le départ s’annonce d’autant plus douloureux que la communauté « a noué des liens étroits avec son entourage : les voisins, le village, le diocèse », écrivent encore les moines, qui demandent « compréhension » et « soutien dans cette étape importante de leur cheminement ».

Plusieurs abbayes françaises connaissent actuellement le départ de leurs moines ou la fermeture de leurs portes, principalement à cause du manque de vocations. En Mayenne, l’abbaye Notre‑Dame du Port‑du‑Salut a annoncé le départ de ses moines en 2025, la communauté ne comptant plus que six membres, tous âgés. Dans le Maine‑et‑Loire, l’abbaye Notre‑Dame de Bellefontaine a également fermé en 2025, illustrant le déclin progressif des communautés trappistes en France. Toutefois, une nouvelle communauté de douze moines bénédictins, venus de l’abbaye Sainte‑Madeleine du Barroux (Vaucluse), doit s’installer à Bellefontaine au printemps ou à l’été 2026 pour y relancer la vie monastique traditionnelle.

En juin 2024, les trappistes de l’abbaye Notre‑Dame d’Oelenberg ont aussi quitté les lieux, mettant fin à la vie monastique dans cette communauté historique. Si la messe continue d’y être célébrée, il n’y a désormais plus de communauté monastique sur place.

ALETEIA

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Lumen Gentium: l’Église est le Peuple de Dieu https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/vatican-ii/lumen-gentium-leglise-est-le-peuple-de-dieu Mon, 09 Mar 2026 07:54:33 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53157 Après Dei Verbum, Léon XIV propose aux fidèles lors des audiences générales du mercredi une relecture de la Constitution conciliaire Lumen Gentium (Lumière des nations). Éclairage sur ce texte qui a donné une nouvelle impulsion à la présence des laïcs dans l’Église avec le prêtre théologien canadien, Gilles Routhier.

Jean-Charles Putzolu et Olivier Bonnel – Cité du Vatican

C’est l’une des quatre Constitutions adoptées par le Concile Vatican II. Le document, promulgué le 21 novembre 1964, définit l’Église comme étant le peuple de Dieu, l’ensemble des baptisés formant une communauté en marche et missionnaire. Depuis le début de l’année le Pape Léon XIV propose une relecture des documents du Concile au cours des audiences générales hebdomadaires. Entretien avec le théologien Gilles Routhier, spécialiste de l’herméneutique de Vatican II.

Père Gille Routhier, quels sont les grands thèmes abordés dans la Constitution apostolique Lumen Gentium?

C’est un texte qu’on n’a pas fini de s’approprier et de recevoir. Quand je regarde les commentaires au moment de sa publication, je remarque que l’on s’est beaucoup intéressé au chapitre sur l’épiscopat par exemple, ou au chapitre sur le peuple de Dieu. Il y a donc des grands thèmes: la collégialité des évêques, le Peuple de Dieu au chapitre deux, et le chapitre sur les laïcs. Mais certains chapitres sont passés quasi inaperçus, notamment le chapitre premier qui est pourtant capital. Et puis, progressivement, on est passé de ces commentaires sur des questions particulières aux perspectives de fond de la Constitution.

On parle beaucoup évidemment du peuple de Dieu, qui est une notion qui a été vraiment forgée dans ces années-là, et notamment par la Constitution Lumen Gentium. Aujourd’hui, cette notion du peuple de Dieu a été vraiment remise au goût du jour par le Pape François notamment, et maintenant par le Pape Léon XIV. Est-ce quelque chose de fondamental pour l’Église aujourd’hui ?

Oui, et ce qu’on oublie peut-être, c’est que cette notion est capitale, parce que, à la question “qu’est-ce que c’est l’Église?”, la réponse est “le Peuple de Dieu”. Cette notion vient de la Constitution Sacrosanctum Consilium sur la liturgie qui disait que si l’on voulait avoir une représentation exacte de l’Église, il fallait regarder ce Peuple de Dieu de l’Ancien Testament, le Kaal (Yahweh), convoqué par Dieu pour le louer, pour le célébrer. Le fondement est d’abord liturgique, et non pas simplement démocratique. Ce n’est pas le demos grec qui influence cette notion en christianisme. C’est ce Peuple de Dieu cheminant, guidé par Dieu, la colonne de feu et la colonne de nuée, qui est au désert pour le rencontrer. C’est le peuple de Dieu dans sa diversité et dans son organisation interne également.

Comment pourrait-on définir le rôle des laïcs avant Lumen Gentium, et après ce texte?

C’est la première fois que, ex professo, un Concile œcuménique s’intéressait aux laïcs. Il y a un document particulier sur les laïcs, Apostolicam Actuositatem, et également la Constitution Lumen Gentium, laquelle contemplant l’Église, ne voit pas que la hiérarchie, mais aussi les laïcs. Le chapitre deux, qui sert de chapitre interprétatif de tout ce qui vient après, c’est à dire la constitution hiérarchique de l’Église au chapitre trois, le chapitre quatre sur les laïcs, le chapitre cinq sur la vie religieuse et également le chapitre six sur la sainteté de tous les membres du peuple de Dieu. Le chapitre quatre avait été préparé par tout le mouvement qui a précédé le Concile, et en particulier par l’Action catholique. C’est le chapitre qui a été le moins retouché. Avant le Concile, il y avait les ouvrages majeurs du père Yves Congar notamment sur les laïcs, ou encore de Mgr Gérard Philips, et Pie XII avait à la Curie romaine créé un organisme qui était un conseil à ce moment-là sur l’apostolat des laïcs. Il y avait eu des congrès à Rome aussi, toujours avant le Concile. Alors, il y a, d’une certaine manière, une nouveauté qui est l’aboutissement d’une maturation tout au long de la première partie du XXᵉ siècle, depuis Pie X en quelque sorte.

Quelle a été la réception de Lumen Gentium notamment dans les couches les plus conservatrices de l’Église? On sait qu’aujourd’hui encore, une certaine frange de l’Église se met en marge. Je pense aux Lefebvristes qui rejettent catégoriquement Vatican II. Pourriez-vous revenir sur la réception de ce texte?

De manière générale, il y a eu une réception enthousiaste qui a eu besoin d’être parfois recadrée, rééquilibrée, etc. Mais c’est souvent le cas. Le Concile Vatican II a connu un processus un peu semblable. Il y a une première réception et ensuite un approfondissement. Mais il y a aussi des grands acquis immédiats. On a prêté beaucoup d’attention à ce qui avait été des acquis importants, soit la notion de peuple de Dieu, soit la notion de collégialité. Mais le premier chapitre avait été moins approfondi et notamment ce sur quoi le Pape Léon XIV a insisté: l’Église présentée comme sacrement du salut pour le monde. On ne se concentre pas sur l’organisation interne de l’Église, mais ce qu’elle est dans et pour le monde. C’est finalement non pas simplement la question “qu’est-ce que l’Église”, mais “pourquoi l’Église?” Elle est dans le monde un signe. Ce que disait déjà Sacrosanctum Consilium, citant le prophète Isaïe, un signe levé au milieu des nations, ce qu’avait été le premier Israël dans le monde, un sacrement du salut. Elle signifie la destinée de l’humanité, qui est l’unité du genre humain et l’union à Dieu.

Lumen Gentium, permet-elle aujourd’hui de comprendre la nature du pouvoir dans l’Église? C’est une grande question que se posent à la fois les fidèles laïcs, mais aussi ceux qui sont ordonnés, prêtres et évêques. La question du pouvoir a elle aussi été remise au goût du jour ces dernières années. Lumen Gentium nous donne-t-elle des clés pour comprendre cette articulation dans l’Église?

À mon avis, oui, parce que le chapitre deux, qui est interprétatif de toute la Constitution, nous donne déjà de comprendre l’organisation interne de l’Église. Le chapitre trois affirme que la hiérarchie est située avant tout dans l’ensemble de l’Église. Elle est au service et pour l’Église, mais elle est également dans l’Église. La hiérarchie n’est pas au-dessus de l’Église, à côté ou je ne sais où, mais elle est dans l’Église et elle est à son service. Elle est pour l’Église. C’est le per, le in et le per en latin, et ce sont des prépositions importantes qui sont utilisées pour situer le pouvoir comme étant dans l’Église, au milieu de tous les frères. Mgr Gabriel-Marie Garrone disait déjà cela à l’époque: avant, on voyait le Pape isolé, on voyait des évêques isolés, mais là on les voit dans l’Église, et situés dans un collège, pour ce qui est des évêques, le Pape, tête du collège mais membre du collège comme évêque de Rome, et également les évêques dans la fraternité sacramentelle avec les prêtres et le presbyterium, et également liés à l’ensemble de l’Église, aux fidèles.   

Que signifie pour vous, père Gilles Routhier, le fait qu’un Pape reprenne Lumen Gentium dans ses catéchèses hebdomadaires devant les fidèles? Est-ce que cela permet à la fois de reporter à la connaissance des fidèles des textes qui seraient peu ou pas connus? Ou est-ce que c’est aussi une manière de réactualiser le Concile?

C’est sans doute les deux. Nous sommes devant une nouvelle génération postconciliaire. François a été formé en théologie au moment du Concile. Pour ce qui est de Benoît XVI, ou de Jean-Paul II, ils ont participé au Concile. Ce sont des acteurs. On est passé à une autre génération qui est postconciliaire. Et cette génération avec le Pape Léon, a dû s’approprier l’enseignement du Concile. Et si lui-même a dû faire cette démarche, il permet à toute l’Église, à une nouvelle génération dans l’Église également, qui n’a pas connu le Concile, de s’approprier ces textes majeurs et d’assimiler en quelque sorte cet enseignement dont nous devons vivre.

Si l’on revient à Lumen Gentium, est ce que l’on peut dire que ce document a été universellement appliqué ou en est-on aujourd’hui?

Il a été diversement appliqué ou reçu. Il y a beaucoup de choses dans Lumen Gentium. J’ai parlé surtout des premiers chapitres, mais il y a la destinée eschatologique également de l’Église dans l’avant-dernier chapitre ou le chapitre sur la Vierge, également. Mais je reviens à son titre Lumen Gentium: on renoue avec cette ecclésiologie qu’on dit l’ecclésiologie lunaire. Lumen Gentium Christi, c’est le Christ qui est la lumière du monde et l’Église doit refléter cette lumière comme un miroir, de manière à ce que le monde entier en soit éclairé. C’est son rôle au milieu des nations. Mais si ce miroir n’est plus adéquatement poli ou est sali, et c’est là le fondement de la réforme dans et de l’Église, si ce miroir n’est plus poli, il reflète mal la lumière. Et c’est pour ça que l’Église est appelée sans cesse à un chemin de conversion, ce qui est tout à fait capital en cette période du Carême. L’Église elle-même doit entrer dans ce chemin de conversion pour refléter mieux la lumière du Christ pour le monde entier.

VATICAN NEWS

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Au Moyen-Orient, les communautés chrétiennes entre angoisse et incertitude https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/au-moyen-orient-les-communautes-chretiennes-entre-angoisse-et-incertitude Thu, 05 Mar 2026 14:17:01 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53145 Comme l’ensemble des habitants de la région, les chrétiens du Moyen-Orient vivent des heures difficiles alors que les bombardements contre l’Iran se poursuivent tout comme les tirs de représailles de la part de Téhéran. Confinés dans de nombreux pays, certains rappellent l’importance de prier pour la paix.

Olivier Bonnel – Cité du Vatican 

Au troisième jour de la guerre entre l’Iran, Israël et les Etats-Unis, l’onde de choc continue de se propager dans la région. Alors que le président américain Donald Trump promet quatre semaines d’offensive, les Gardiens de la Révolution ont affirmé de leur côté ce 2 mars avoir attaqué plus de 500 cibles en riposte. Ce nouveau front ouvert a renforcé les inquiétudes d’une fuite en avant. Dimanche après l’angélus, le Pape Léon XIV exhortait les responsables à «arrêter la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un gouffre irréparable». L’inquiétude est partagée par de nombreux chrétiens au Moyen-Orient, même si les contextes de vie diffèrent. 

«Alors que ces dernières heures ont profondément bouleversé le Moyen-Orient – en Iran, en Terre Sainte, au Liban, en Irak et dans l’ensemble de la région – L’Œuvre d’Orient exprime sa vive inquiétude face à une nouvelle escalade de violences» a expliqué ce lundi l’association dans un communiqué. «Ce matin les Libanais se sont réveillés dans un climat de sidération et de consternation, mais aussi de fatigue et de colère» relate Vincent Gelot, coordinateur de l’Œuvre d’Orient pour le Liban et la Syrie. «Les gens savent ici ce qu’est une guerre avec Israël et ils ont l’impression de revivre ce qu’il s’est passé il y a 1 an ½, après l’attaque des bipeurs et la mort de Nasrallah» en référence à l’attaque du 17 octobre 2024 contre bipeurs et talkie-walkies de membres du Hezbollah, menée par Israël. «La guerre qui s’en est suivi et qui a fait 1,2 millions de déplacés au Liban et des destructions majeures» rappelle Vincent Gelot. 

Sidération au Liban

Ce lundi matin, les écoles sont restées fermées à Beyrouth après les frappes israéliennes qui ont visé le sud de la capitale libanaise. Des milliers de personnes ont par ailleurs quitté les villages du Sud Liban après des appels à évacuation lancés par Tsahal. Partout le climat est tendu. «L’un de nos partenaires, une école tenue par les Filles de la charité, déjà endommagée l’an dernier, vit dans la peur» confie Vincent Gelot.

Au-delà des frontières libanaises, la crainte est également montée d’un cran. «Personne ne sait ce qu’il va se passer, il y a une grande inquiétude » témoigne Pascale Casati-Ollier, directrice du bureau Irak de l’Œuvre d’Orient à Erbil, avec son époux Jean «Nos contacts sont prudents et restent chez eux, car les bombardements se poursuivent. C’est la totale incertitude». La capitale du Kurdistan irakien, qui abrite des troupes américaines, a en effet été la cible ces dernières heures de plusieurs projectiles iraniens.

Si la situation reste très volatile, il n’est pas encore question de tirer des conclusions sur l’avenir des chrétiens dans la région. Les frappes ne visent pas les civils, mais avant tout des cibles militaires stratégiques. «Cette nouvelle guerre ne va sans doute pas faciliter la réintégration des chrétiens dans la région, avance néanmoins Pascale Casati-Ollier, il n’est pas impossible que cela les encourage à émigrer. Pour l’instant, le temps est suspendu».

Les chrétiens du Golfe confinés

Dans les pays du Golfe, cibles des représailles iraniennes, l’heure est au confinement pour de nombreuses communautés chrétiennes. La petite communauté catholique de Bahreïn s’organise tant bien que mal pour garantir une assistance spirituelle à ses 80 000 fidèles. Pour des raisons de sécurité, ils ont pour le moment interdiction de se réunir pour la messe ou toute autre activité paroissiale. Les rites et les cours de catéchismes en diverses langues sont en ligne jusqu’en nouvel ordre, a indiqué sur sa page Facebook la paroisse Sacred-Heart Manama, l’une des deux que compte la monarchie du Golfe. «Dans ce contexte difficile et tendu, ne privons pas nos paroissiens de leur force spirituelle et de la communion» écrit le père Francis P. Joseph OFM Cap, recteur de la paroisse qui est composée d’une quarantaine de ressortissants français ainsi que de plusieurs familles libanaises. «Alors que nous nous trouvons dans cette situation difficile et inhabituelle, je vous demande à tous de rester forts et prudents» exhorte-t-il.

Mgr Paolo Martinelli, vicaire apostolique pour l’Arabie du Sud appelle quant à lui à la désescalade et souligne la nécessité «d’un dialogue authentique et responsable: les menaces réciproques sèment la destruction, elles ne construisent pas la paix et la stabilité». 

La vocation de la Terre Sainte

En Terre Sainte, ces dernières heures ont été aussi marquées par le bruit des sirènes à mesure que des tirs iraniens s’abattaient sur l’État hébreu. À l’école biblique française de Jérusalem, le couloir de la sacristie semi-enterré sert d’abri où viennent se réfugier frères dominicains, étudiants ou hôtes de passage. Des messes pour la paix ont été célébrées en utilisant les textes du missel spécifiques «en temps de guerre ou pour des troubles graves», raconte le frère Olivier Poquillon, directeur de l’école biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF). «Depuis samedi, on a enchaîné les alertes, poursuit le religieux dominicain. Pour nous, il est d’autant plus important de continuer à étudier le texte dans son contexte. Cela prend tout son sens car les conflits font partie intégrante de l’histoire du Salut. Cela nous rappelle ce que, au cœur de ces conflits, nous dit le Christ, le prince de la paix».

Alors que les regards se concentrent sur le ciel, et que les radars s’orientent vers l’Iran, la Terre Sainte continue de souffrir. Les violences au sol se poursuivent en effet, notamment en Cisjordanie où le village chrétien de Taybeh est constamment harcelé. 

VATICAN NEWS

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Synode: publication des rapports finaux de deux groupes de travail https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/synode/synode-publication-des-rapports-finaux-de-deux-groupes-de-travail Wed, 04 Mar 2026 08:36:51 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53142 Le Secrétariat du Synode publie ce mardi 3 mars les deux premiers rapports des dix groupes de travail institués par le Pape François à l’issue du Synode sur la synodalité. Ces documents portent sur la mission dans l’environnement numérique et la formation des prêtres. En se basant sur ces textes, les dicastères compétents et le Secrétariat général du synode devront élaborer des propositions opérationnelles.

Vatican News

En mars 2024, sur mandat du Pape François, le Secrétariat Général du Synode des évêques et les préfets des dicastères compétents avaient confié à dix groupes d’étude l’examen de plusieurs questions issues des deux sessions du Synode sur la synodalité. Ces groupes, composés de pasteurs et d’experts provenant de tous les continents, ont publié le 17 novembre 2025 leurs rapports intermédiaires sur ces différents thèmes, incluant la mission numérique, le rôle des femmes, l’œcuménisme, la polygamie, la liturgie, le ministère des nonces et la sélection des évêques.

Quatre mois plus tard, les groupes de travail III et IV, portant respectivement sur «La mission sur l’environnement numérique» et «La révision de la Ratio Fundamentalis Institutionis sacerdotalis dans une perspective synodale missionnaire» ont chacun rendu leur rapport final. «Les Rapports finaux sont le fruit d’un processus complexe», précise une note publiée ce 3 mars par le Secrétariat Général du Synode: «écoute de compétences et de professionnalités diverses, analyse de nombreuses contributions, recherche universitaire, dialogue avec diverses instances ecclésiales – des conférences épiscopales aux universités catholiques – et, surtout, discernement et prière». Ces rapports doivent être considérés comme des documents de travail, comprenant des avis et des propositions soumis au Saint-Père, et à partir desquels les dicastères compétents et le Secrétariat Général du Synode devront à présent élaborer des propositions opérationnelles.

Dans un esprit de transparence, le Pape Léon XIV «a décidé que les Rapports finaux seraient rendus publics au fur et à mesure qu’ils seront présentés au Secrétariat Général du Synode», souligne la note. La prochaine publication aura lieu le 10 mars. Une fois terminée la présentation de leur rapport, les groupes de travail «achèvent le mandat qui leur a été confié et sont donc considérés comme dissous».

Rapport final sur la mission numérique

Le groupe d’étude III a été chargé d’identifier des moyens concrets permettant de mener à bien et fidèlement la mission de l’Église dans le monde numérique. Le rapport met en avant plusieurs suggestions concrètes, structurées autour de cinq thématiques, sur la manière dont l’Église peut continuer à promouvoir sa mission d’annoncer de l’Évangile dans le monde virtuel. Tout d’abord, la synthèse du rapport souligne que «l’environnement numérique n’est pas simplement un ensemble d’outils à maîtriser» mais «une culture» à part entière.

Deuxièmement, «l’engagement numérique permet d’écouter, d’accompagner et de donner la parole à ceux dont la voix n’est pas entendue, et il est une expression de la mission sociale de l’Église». Cependant, «l’engagement numérique ne remplace pas les rencontres en personne, mais peut au contraire y conduire, enrichissant les relations et les communautés».

Troisièmement, «la culture numérique exige la même intentionnalité, la même formation et le même esprit missionnaire» que ceux apportés à «tout ministère interculturel». Ensuite, «sous sa meilleure forme, l’engagement numérique favorise naturellement les éléments de synodalité: l’écoute, la participation et la coresponsabilité». Il offre «des possibilités sans précédent d’écouter des voix différentes par leur origine, leur zone géographique et leur perspective, en particulier celles qui sont souvent marginalisées dans les contextes ecclésiaux traditionnels».

Néanmoins, le rapport rappelle les nombreux défis et les risques posés par l’environnement numérique, façonné «par des algorithmes qui peuvent nous isoler dans des chambres d’écho et nous manipuler», «par des modèles économiques qui monétisent notre attention et surveillent nos actions» et par «des dynamiques qui favorisent la polarisation». Le groupe de travail souligne également que les jeunes découvrent aujourd’hui souvent la foi pour la première fois en ligne, et qu’une foi «découverte exclusivement dans les espaces numériques risque de rester « désincarnée », sans s’enraciner dans des relations réelles ou dans la vie de l’Église».

Rapport final sur la formation des prêtres

Le groupe d’étude IV a préparé une proposition de «Document d’orientation pour la mise en œuvre de la Ratio Fundamentalis et de la Ratio Nationalis dans une perspective synodale missionnaire». Parmi les pistes de réflexions proposées, le document souligne l’importance d’une formation intégrale en mesure de garantir «aux candidats une véritable expérience de la condition humaine ordinaire et une immersion stable dans la vie de la communauté chrétienne», «capables d’assurer une maturation intégrale solide» et «évitant ainsi les conditions de séparation où l’irresponsabilité, la dissimulation et l’infantilisme clérical se développent plus facilement». Le groupe d’étude prône «une expérience réelle de foi et d’engagement dans la communauté chrétienne». Celle-ci serait «une condition préalable indispensable à un premier discernement de la vocation, avant d’entreprendre des chemins spécifiques».

Une deuxième série de pistes opérationnelles concerne «le style participatif et synodal qui doit animer la formation sacerdotale». Le document propose par exemple la constitution au sein des séminaires de «groupes de vie» qui permettraient de favoriser «une expérience effective de partage fraternel dans la communauté» et «dans lesquelles chacun peut acquérir des responsabilités et un esprit de service pour les choses de tous les jours, à l’abri d’une fuite vers un embourgeoisement hiérarchique».

Le document suggère d’apporter certaines modifications au curriculum théorique et pratique, ainsi que la mise en place d’une gestion synodale de la formation sacerdotale, incluant non seulement des laïcs hommes et femmes, mais particulièrement «des femmes préparées et compétentes à tous les niveaux de la formation».

Enfin, indique la synthèse du rapport, «la formation ne peut faire l’impasse sur l’annonce et le service aux pauvres dans le cadre d’une sensibilité globale au cri des périphéries et de la planète». «Dans le cheminement missionnaire et tout au long de la formation, il faut cultiver une fraternité œcuménique et interreligieuse».

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Réaction des évêques de France suite au vote solennel de l’Assemblée nationale sur la fin de vie https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/reaction-des-eveques-de-france-suite-au-vote-solennel-de-lassemblee-nationale-sur-la-fin-de-vie Sat, 28 Feb 2026 10:11:39 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53126 Réaction des évêques de France publiée le 27 février 2026 suite au vote solennel de l’Assemblée nationale sur les propositions de loi relatives à la fin de vie.

La Conférence des évêques de France prend acte du vote solennel intervenu le 25 février 2026 en faveur des propositions de loi relatives à « l’accompagnement et aux soins palliatifs » ainsi qu’à « l’aide à mourir ».

Elle se réjouit que le renforcement des soins palliatifs, condition indispensable pour garantir le soulagement de la douleur et l’accompagnement digne de toute personne en fin de vie, ait été inscrit dans la loi. Le développement effectif de ces soins sur l’ensemble du territoire demeure une exigence prioritaire et un impératif de justice.

Cependant, la Conférence des évêques de France exprime une nouvelle fois et avec gravité sa profonde opposition à l’adoption d’un dispositif légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Le faible écart de voix ayant permis l’adoption du texte ainsi que l’augmentation constante du nombre de votes s’y opposant, manifestent une importante fracture au sein de la représentation nationale. Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond.

Au cours des débats parlementaires, de nombreuses voix (soignants, juristes, philosophes, représentants de patients, acteurs de terrain, parlementaires) ont formulé des mises en garde précises et argumentées. Beaucoup ont alerté sur les risques d’ambiguïtés juridiques, sur les pressions sociales ou familiales qui pourraient peser sur les personnes vulnérables, sur la transformation radicale de la mission du médecin, appelé désormais non seulement à soigner et soulager, mais à provoquer la mort.

La CEF regrette qu’aucune de ces préoccupations majeures n’ait été prise en compte, notamment pour intégrer une clause d’établissement visant au respect des chartes éthiques propres à certains établissements. Par ailleurs, le maintien du délit d’entrave, outre le fait qu’il s’oppose gravement à la liberté de conscience, comporte un risque réel quant aux actions de prévention contre le suicide.

Sur un sujet d’une telle gravité, le choix de continuer à avancer en l’absence de consensus large est grandement préoccupant. Car légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit : il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société.

La Conférence des évêques de France rappelle avec force que donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain. Elle compte sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort.

CEF

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L’UE va-t-elle enfin nommer un coordinateur de la lutte contre la haine antichrétienne ? https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/lue-va-t-elle-enfin-nommer-un-coordinateur-de-la-lutte-contre-la-haine-antichretienne Fri, 27 Feb 2026 09:18:51 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53123 La Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (Comece) s’est félicitée le 23 février de la résolution adoptée par le Parlement européen en faveur de la nomination d’un coordinateur chargé de la lutte contre la haine antichrétienne. Les évêques appellent désormais la Commission européenne à concrétiser cette initiative, alors que les actes antichrétiens restent en hausse sur le continent.

L’Union Européenne va-t-elle enfin se doter d’un coordinateur pour lutter contre les violences exercées sur les chrétiens ? Le projet, à l’état embryonnaire depuis décembre 2024, semble plus que jamais encouragé par les institutions européennes alors que le Parlement européen a voté une résolution en ce sens, fin janvier 2026. Bien qu’un tel acte ne comporte aucune valeur contraignante, la Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (Comece) s’est réjouie de cette avancée dans un communiqué publié le 23 février 2026 tout en appelant à la concrétisation de cette volonté.

« Prenant acte de cette importante déclaration du Parlement européen, la Comece encourage la Commission européenne à envisager sérieusement la nomination d’un coordinateur de l’UE chargé de ce domaine », écrivent ainsi les évêques européens.

Dans sa résolution du 26 janvier 2026, le Parlement indiquait en son paragraphe 84 regretter que, « alors que le christianisme demeure aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes touchées, il n’existe aucun coordinateur européen chargé de lutter contre la christianophobie, là où un coordinateur a été nommé pour lutter contre l’islamophobie ». Pour les évêques des 27 Etats membres, il est donc temps de passer à l’action. Outre la création d’un titre de coordinateur dédié à cette mission, la Comece recommande « d’apporter également un soutien financier à la lutte contre la haine antichrétienne dans l’UE en l’intégrant pleinement dans le texte législatif du nouvel instrument de financement AgoraEU ». Ce programme proposé par la Commission européenne finance des projets dans les domaines de la culture, des médias, de la citoyenneté, des droits et des valeurs européennes.

Les évêques invitent également à ce que le titre du futur coordinateur européen reprenne le terme de « haine antichrétienne » plutôt que celui de « christianophobie ». Cette requête, expliquent-ils, a pour but « d’éviter de fonder de telles initiatives sur le concept controversé de ‘phobie' ».

843 actes antichrétiens recensés en 2025

La demande de la Comece de nommer un coordinateur de la lutte contre les actes antichrétiens en Europe remonte à décembre 2024. Elle faisait écho à une montée non négligeable des actes perpétrés aussi bien contre les personnes que contre les symboles et édifices chrétiens. »Nous considérons que le moment est venu de franchir cette étape, sans remettre en cause la spécificité des communautés juive et musulmane, qui disposent déjà de coordinateurs similaires », avait ainsi déclaré Alessandro Calcagno, conseiller de la Comece qui réclamait un « accès égal aux outils de protection. »

Rien qu’en France, en 2025, 843 actes antichrétiens ont été recensés en 2025, soit une hausse de 9% par rapport à 2024 selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. 322 actes antichrétiens recensés entre janvier et mai 2025, soit une augmentation de 13% par rapport à la même période en 2024. Les atteintes aux biens constituent la majorité des faits, tandis que les atteintes aux personnes ont presque doublé.

ALETEIA

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Intention de prière du pape pour mars 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-mars-2026 Thu, 26 Feb 2026 10:00:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53112 Pour le désarmement et la paix

« Prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. »

Prière

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Le pape Léon XIV, superstar de la confiance mondiale https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/le-pape-leon-xiv-superstar-de-la-confiance-mondiale Wed, 25 Feb 2026 08:06:28 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53114 À l’heure où les dirigeants politiques peinent à inspirer confiance, un constat surprenant se dégage du sondage Gallup International publié fin janvier : le pape Léon XIV domine la popularité mondiale avec un score de 49%. Un chiffre qui confirme la papauté comme l’institution de leadership la plus fiable et respectée au monde.

Moins d’un an après son élection, le pape Léon XIV s’impose comme un leader mondial, admiré pour sa capacité à unir et inspirer au-delà des divisions politiques et culturelles, selon l’enquête publiée le 30 janvier par l’institut de sondage Gallup International. Une performance d’autant plus remarquable que, malgré la taille minuscule de l’État du Vatican, il rivalise avec des colosses politiques qui pèsent sur la scène internationale.

L’enquête, qui couvre 61 pays et 64.097 adultes, révèle que le pape Léon bénéficie d’une image favorable dans 51 pays, un score inégalé par ses homologues politiques. Avec une cote de popularité de 49%, il devance nettement les cinq autres dirigeants testés : Donald Trump (30%), Xi Jinping (29%), Vladimir Poutine et Narendra Modi (25% chacun). Son leadership est particulièrement solide en Afrique, Amérique du Nord, Amérique latine, Europe de l’Est et Australie, et reste positif en Europe de l’Ouest. Une popularité qui prouve que l’autorité morale du Pape transcende les frontières d’une manière que le seul pouvoir politique ne peut tout simplement pas atteindre. En 2017, le pape François bénéficiait d’une faveur nette globale de +38 points par rapport aux avis défavorables à sa personne. Sous le pape Léon en 2025, ce score reste positif à +24, tandis que les autres chefs d’États affichent des bilans plus négatifs.

La paix au cœur du leadership mondial

Tous ces résultats confirment que la papauté opère sur un plan différent de celui des autres États. Tandis que présidents et premiers ministres sont jugés à l’aune des conflits, de l’économie et des orientations politiques, le Pape est perçu avant tout comme une figure morale et spirituelle, un porte-parole des cultures en faveur de la dignité humaine, du bien commun et de la paix.

Dès sa première prise de parole après son élection, le 8 mai 2025, Léon XIV avait d’ailleurs placé la paix au cœur de son pontificat, appelant les peuples et les nations à se rapprocher dans le dialogue et la réconciliation. Cette ligne directrice, qu’il a affirmée dès le début, semble aujourd’hui se refléter dans l’ampleur de sa popularité mondiale et dans la confiance que lui accordent des populations de continents si différents.

ALETEIA

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Carême https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/careme-3 Tue, 24 Feb 2026 09:21:59 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53095

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Jeudi 11 mars à 20:30, centre Bethléem : Réunion AFC https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/paroisse/jeudi-11-mars-a-2030-centre-bethleem-reunion-afc Mon, 23 Feb 2026 12:04:40 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53085

Pour en savoir plus : https://afc-france.org/

Pour tout renseignement : 06 11 10 14 00

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Léon XIV relance l’élan de «Dei Verbum» pour une Église à l’écoute de la Parole https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/eglise-catholique/leon-xiv-relance-lelan-de-dei-verbum-pour-une-eglise-a-lecoute-de-la-parole Sun, 22 Feb 2026 13:44:17 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53079 Depuis le début de l’année, le Pape a entrepris une série de catéchèses consacrées au Concile Vatican II, événement majeur qui a profondément renouvelé la vie et la mission de l’Église catholique. Au centre de cette relecture figure la constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965. Pour le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., «Dei verbum est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église».

Entretien réalisé par Augustine Asta – Cité du Vatican

La constitution dogmatique Dei Verbum, promulguée en 1965 et consacrée à la Révélation divine est un texte fondateur qui expose la compréhension catholique de la Parole de Dieu: un Dieu qui ne demeure pas lointain, mais qui se communique à l’humanité à travers l’histoire, par des paroles et des actes, culminant dans la personne de Jésus-Christ. En invitant les fidèles à redécouvrir dans ses catéchèses les documents conciliaires, explique le doyen de la Faculté de Sciences Bibliques (Biblicum) de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le père Paul Béré S.J., dans un entretien accordé aux médias du Vatican, «le Pape Léon XIV inscrit son action dans la continuité de la dynamique synodale, soulignant que l’écoute de la Parole concerne tout le peuple de Dieu». 

Dei Verbum, poursuit-il, a marqué un tournant décisif dans le rapport de l’Église à la Bible. Le Concile, a en effet, reconnu la légitimité et la nécessité d’une étude scientifique des textes bibliques, considérée comme un appui au discernement ecclésial. La Révélation n’est plus envisagée uniquement comme un ensemble de vérités abstraites, mais comme une histoire vivante dans laquelle Dieu agit. La Bible devient dès lors «l’âme» de la théologie et le cœur de la vie ecclésiale, inspirant la liturgie, la catéchèse et l’apostolat biblique. Cette ouverture a favorisé un accès plus large des fidèles aux Écritures, encourageant la lecture personnelle, la méditation et la prière.

Plus de soixante ans après sa promulgation, le texte demeure toujours d’actualité. Il invite, estime le père Béré, à une lecture incarnée et inculturée de la Bible: si le Christ est le centre de la Révélation, c’est parce qu’en lui la Parole s’est faite chair et continue de rejoindre chaque culture et chaque époque. Refuser cette Parole reviendrait, souligne le prêtre burkinabé, à «éteindre la lumière qui éclaire la marche de l’humanité». Au contraire, s’y «replonger permet de retrouver une profondeur historique et spirituelle face aux défis contemporains, des mutations technologiques aux crises sociales», détaille-t-il.

Relire Dei Verbum aujourd’hui «apparaît ainsi comme un chemin de renouveau, pour une Église et un monde appelés à redécouvrir la force toujours vivante de la Parole de Dieu», détaille encorele religieux. 

Depuis le début de l’année, le Pape Léon XIV a initié une série de catéchèses sur le Concile Vatican II (1962-1965), cet événement qui a représenté un tournant pour l’Église catholique notamment dans ses relations avec les autres religions et avec le monde. En peu de mots comment définir la constitution conciliaire Dei Verbum, dédiée à la «révélation de Dieu»?

La Constitution Dei Verbum, est un document du Concile Vatican II qui nous donne notre compréhension actuelle de ce qu’est la Parole de Dieu, de la manière dont Dieu communique avec l’humanité, dans la manière dont Dieu se révèle à notre humanité. Donc, quand on va lire Dei Verbum, on cherche à comprendre la pensée de l’Église sur la communication de Dieu avec notre humanité. Ce que le Pape Léon est en train de faire est fondamental. Le Pape François a commencé le processus de la synodalité et le Pape Léon a confirmé ce mouvement de la transformation synodale de l’Église. En réalité, c’est une réception du Concile Vatican II. Le fait que le Pape demande qu’on relise à travers ses catéchèses les documents du concile Vatican II, permet, je crois, de dresser le cadre nécessaire pour comprendre le mouvement de la synodalité comme réception du Concile Vatican II. Et cela est très important, justement parce que tout part de la Parole de Dieu qui est toujours pertinente pour nous aujourd’hui.

Mais surtout, la Parole de Dieu ne nous vient pas à travers la voix du prêtre, la voix de l’évêque, la voix du Pape, mais la voix de tous les baptisés. Et c’est ça, la grande dimension de la synodalité. L’Esprit est en train de parler à toute l’Église, et pour ce faire, il faut que nous comprenions le patrimoine qui nous a été consigné à travers les documents du Concile Vatican II et tout l’effort du Pape, c’est justement que nous puissions revisiter ces documents, nous les approprier et leur permettre d’éclairer notre existence aujourd’hui.

En quoi un document du Concile Vatican II, publié en 1965, nous concerne-t-il encore aujourd’hui? pourquoi ce texte est-il important?

Le texte est très important parce qu’il constitue d’abord un tournant dans l’histoire du rapport de l’Église avec la Bible. La Bible étudiée du point de vue scientifique. La Bible reçue par les communautés chrétiennes. La Bible comme outil de l’apostolat. Ce qu’on appelle l’apostolat biblique aujourd’hui. En fait, c’est depuis la fin du XIXᵉ siècle, poussé par le milieu de la recherche publique protestante, que l’Église catholique s’est vue confrontée à la question des théories de compréhension de la Bible et de ses origines. Et donc, graduellement, les Papes ont essayé de donner un cadre de compréhension du rapport des études bibliques avec la foi chrétienne catholique. Le Concile a donné une parole, le Concile étant justement une autorité suprême dans l’Église, Il a donné un cadre de compréhension de ce rapport à la Bible, tant au niveau des études scientifiques du texte que de la réception par l’apostolat biblique du peuple de Dieu. Et ce que le Concile a fait, c’est de nous donner une compréhension qui n’était pas seulement pertinente pour 1965, pour l’époque, mais accompagnée de l’inspiration de l’Esprit Saint. Le Concile a pu formuler une compréhension valable pour les décennies après le Concile et jusqu’aujourd’hui, parce que nous n’avons pas fini encore de recevoir ce que le Concile nous a dit. La réception étant justement cet effort d’intelligence, cet effort de traduction dans l’action des intuitions et des principes de dévouement.

Peut-t-on effectuer une lecture inculturée de la Bible à partir de Dei Verbum?

Oui. C’est à dire que si nous nous disons que la parole de Dieu au sens propre, c’est Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, ça veut dire que la Parole de Dieu nous rejoint à travers notre histoire et notre culture. Et donc l’inculturation est la forme continuée de l’incarnation de cette Parole de Dieu dans nos vies, pour nous encourager justement à recevoir cette Parole dans toutes les dimensions de notre vie, de toutes les sphères de la vie de l’Église. Je pense qu’on doit équilibrer la Parole pour qu’elle puisse continuer d’être la lampe de nos pas et la lumière de nos vies.

Dieu nous parle-t-il encore aujourd’hui par nos histoires personnelles, individuelles et communautaires?

Lorsque nous disons que la Bible c’est la Parole de Dieu, ce que nous voulons vraiment dire, c’est que, à travers le texte biblique, Dieu nous parle. Il a parlé hier et continue de nous parler. Et donc, lorsque Dieu nous parle à travers les Écritures. Il nous parle comme personne, lorsque nous prions les textes bibliques, lorsque nous écoutons les textes bibliques. Vous convenez avec moi que le même texte que nous écoutons d’année en année nous révèle toujours des dimensions nouvelles au niveau personnel, parce qu’il y a comme une force de cette parole qui relie et qui éclaire nos vies de façon toujours nouvelle. Et cela est vrai aussi au niveau communautaire. Donc, quand une communauté écoute la Parole à travers les homélies, à travers les messes, à travers les liturgies, toute forme de liturgie, cette parole vient toucher quelque chose de la vie, de la communauté. Et donc Dieu continue de nous parler aujourd’hui.

Qu’est-ce que Dei Verbum change dans la manière dont l’Église comprend la Bible? En effet le document parle de la Révélation comme de “paroles et d’actes”. Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

D’abord, il y a la validation des études scientifiques de la Bible pour la vie de l’Église. Et là, il y a un principe d’ailleurs de Dei Verbum que j’aime beaucoup, qui dit que les études scientifiques sont en quelque sorte préparatoires pour aider à la maturation du jugement de l’Église. Donc l’Église réfléchit et essaie de comprendre ce que le Seigneur lui dit à travers l’Écriture. Mais le Concile dit aussi qu’il faudrait que l’Écriture soit étudiée scientifiquement pour que l’Église, dans son discernement, murisse, que l’Église puisse prendre des décisions mûries à travers l’étude des Écritures. Et ça, c’est une des dimensions pour la compréhension justement de la Bible. L’autre dimension, c’est que Dei Verbum nous fait comprendre, justement, que cette étude est en quelque sorte l’âme de la vie de l’Église. C’est à dire que la Bible devient un peu comme le souffle qui fait vivre le corps de l’Église. Ceci est très important. Il faut que les fidèles comprennent cela. Ce sont des phrases qui sont dans des livres. Ce sont des principes qui sont dans des livres et qui permettent à l’Église de se comprendre à la lumière précisément de la Bible.

Pourquoi le Christ est-il présenté comme le centre de toute la Révélation? Peut-on dire que ce texte a rapproché les catholiques de la lecture personnelle de la Bible?

J’illustre par la figure du Christ: Jésus nous a parlé et il a agi à travers ses paroles et ses actes. Il nous montre comment incarner la parole et la volonté de Dieu dans nos propres vies. C’est à dire que Dieu nous parle à travers les paroles de Jésus, mais il nous parle aussi à travers les gestes, les actes que pose Jésus. Quand le Christ sur la croix dit: “Père, entre tes mains, je remets mon esprit dans la souffrance”, le Christ nous montre comment nous remettre totalement entre les mains du Père. Mais, c’est le même Christ qui dit “Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font”.  Le Christ nous enseigne, à travers son attitude et à travers ses paroles, la juste manière d’être disciple et la juste manière d’être filles et fils de Dieu.

Comme chrétiens, nous sommes invités à la suite d’Israël à écouter la Parole de Dieu qui nous révèle qui nous sommes et nous ouvre à la relation avec Dieu et avec les autres, qu’advient-il donc lorsque la Parole de Dieu est refusée, rejetée ou bannie d’une société?

L’image que je prendrais, c’est simplement lorsque nous décidons d’éteindre toutes les lumières du monde, que ce soit la lumière du soleil ou la lumière artificielle que nous avons créée grâce à l’électricité. Que deviendrait notre humanité sans la lumière? La Parole de Dieu a justement cette force de nous faire voir dans quelle direction nous vivons et dans quelle direction nous marchons. Sans la Parole de Dieu, je pense que le monde s’écroulerait.

“Refuser la Parole de Dieu, c’est refuser un monde de lumière, c’est choisir de vivre dans les ténèbres.”

Est-ce que Dei Verbum ouvre la porte à une lecture plus scientifique et historique de la Bible? En quoi ce document a-t-il transformé la liturgie ou la catéchèse?

Dei verbum a validé les études scientifiques de la Bible et c’est grâce à ce soutien -qui fait écho d’ailleurs à un autre document publié en 1943, Divino afflante Spiritu– que les exégètes ont le courage et le mandat de l’Église d’étudier scientifiquement la Bible pour éclairer le jugement de l’Église et aider à la maturation de son jugement. Et en fait, notre foi est une foi enracinée dans l’histoire. Jésus Christ n’est pas un mythe. Jésus Christ est une personne. La seconde personne de la Trinité, qui s’est incarnée à un moment de l’histoire et qui continue d’être parmi nous dans notre histoire, et donc vouloir comprendre la Bible comme un héritage qui nous a été consigné par un peuple, le peuple des croyants, à un moment de l’histoire. C’est important parce que notre foi est une foi incarnée dans l’histoire et on ne doit pas l’oublier. Et justement, ceux qui se rapportent à l’écriture comme un texte qui n’a pas de lien avec l’histoire, parce qu’ils veulent généraliser les affirmations de la Bible sans chercher à comprendre ce que ça signifiait dans l’histoire pour pouvoir traduire cette compréhension, pour nous aujourd’hui, font du fondamentalisme et cela n’aide personne. Et, Dei Verbum, a transformé notre liturgie et notre catéchèse parce qu’elle a encouragé l’accès de tous les chrétiens à la Bible, aux textes de la Bible.

Par le passé, les chrétiens catholiques n’avaient pas le droit d’avoir leur exemplaire de la Bible et de le lire. Or, aujourd’hui, on promeut le texte biblique, on veut que la Bible soit entre les mains de tous les chrétiens et qu’ils apprennent à la lire, la comprendre, la méditer et la prier et la vivre.

Comment relire la parole de Dieu aujourd’hui? Comment inviteriez-vous un fidèle à redécouvrir la Bible aujourd’hui?

Je suggèrerais tout simplement de commencer à lire toute la Bible de la première à la dernière ligne. Lire simplement. Mais pour les fidèles, je conseillerais de commencer avec le Nouveau Testament. L’Évangile de Matthieu, le premier chapitre, le premier verset et ainsi de suite. Lire pour faire l’expérience de ce récit d’un verset à l’autre, d’un chapitre à l’autre, etc. Et de lire ensuite l’Ancien Testament du premier livre, premier chapitre jusqu’au dernier. C’est une expérience qui peut paraître difficile, mais quand on l’a fait une fois, on se rend compte que ce n’est pas la mer à boire. Et donc petit à petit, on en tire un certain goût que l’on peut cultiver après. Voilà un peu ce que je dirais pour encourager les fidèles. Et s’ils pensent que c’est difficile, ils peuvent se faire aider par une bibliothécaire qui peut concrètement leur indiquer les chapitres à lire pour prendre goût, parce que c’est le goût qu’il faut cultiver. Et ensuite, une fois qu’on a le goût, on demeure dans cette relation continue avec la Bible.

Comment la Parole de Dieu peut-elle aider l’Afrique voire le monde à se reconstruire aujourd’hui?

Aujourd’hui, la Bible nous donne de la profondeur historique. Elle nous permet de prendre de la distance par rapport à la fascination des instruments dont nous disposons aujourd’hui. L’Homme peut être ébloui par le fruit de ses mains au point d’en devenir esclave. Quand on relit la Bible, la Bible nous apprend que nous pouvons donner de la profondeur historique à ce qui semble nous dominer aujourd’hui: l’intelligence artificielle, internet, les images, les vidéos et tout ce que vous voulez. Et cela est important parce que la Bible nous ramène à l’humain, parce qu’elle est fondamentalement humaine. Et on se rend compte, au fond que le temps change, les civilisations changent, mais fondamentalement, ce qui est humain demeure le même.

Et donc repartir à la Bible, que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde, c’est repartir de l’essentiel, de ce qui traverse l’histoire et est fondamentalement humain, et redonner ainsi à l’instrument sa juste place, éviter d’en devenir esclave. Ce n’est pas évident parce qu’aujourd’hui, nous sommes en train de créer des instruments qui, par la suite, pourraient nous dominer. Et la Bible nous décape, la Bible nous purifie, la Bible nous donne de voir le monde avec les yeux même de Dieu, et non pas avec nos propres yeux de créateurs de nouveauté, d’instruments fascinants.

VATICAN NEWS

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Luisa Piccarreta – Chemin de Croix N°1 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/luisa-piccarreta-chemin-de-croix-n1 Sat, 21 Feb 2026 10:29:25 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53065 Les 14 stations du « Chemin de Croix » dans les
24 Heures de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ
de Luisa Piccarreta
La petite fille de la Volonté Divine

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Carême 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/fete-chretienne/careme/careme-2026-2 Tue, 17 Feb 2026 08:22:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53051 Du mercredi 18 février au samedi 4 avril :

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Mercredi 18 février – Mercredi des Cendres https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/paroisse/mercredi-18-fevrier-mercredi-des-cendres Tue, 17 Feb 2026 08:00:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52982

Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême.

  • Messe des Cendres à l’église de St Germain de Rugles à 10:00
  • Messe des Cendres à l’église de la Madeleine à 19:00

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Témoins de l’Espérance à travers le monde https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/chretiens/temoins-de-lesperance-a-travers-le-monde Tue, 17 Feb 2026 07:17:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53035

Épisode spécial de la série de podcasts à l’occasion de la sortie du livre «Témoins de l’Espérance» (Artège) coécrit par Benoit de Blanpré, président d’Aide à l’Église en détresse France, et Thomas Oswald, journaliste. L’ouvrage parcourt le monde à la rencontre des «apôtres de notre temps». La série «Témoins de l’Espérance» est réalisée en partenariat avec l’AED.

Suite

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Le drôle de jeûne suggéré par Léon XIV pour le carême https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/fete-chretienne/careme/le-drole-de-jeune-suggere-par-leon-xiv-pour-le-careme Sat, 14 Feb 2026 16:19:22 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=53002 Dans son message pour le carême publié ce vendredi 13 février, le pape Léon XIV invite les fidèles à écouter la Parole de Dieu et à jeûner, mais pas seulement de nourriture, également des « paroles qui heurtent et blessent le prochain ».

A partir du 18 février, début du carême, les fidèles sont invités à « mettre une garde à leurs lèvres », comme dit le psalmiste. Dans son message pour le carême 2026, publié ce vendredi 13 février, Léon XIV invite les catholiques à jeûner de nourriture mais aussi « par la langue », en évitant les mots « qui blessent ». Pendant ce temps liturgique qui invite « à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie », et à ne plus se disperser « entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes », le Pape encourage les fidèles à « prêter l’oreille à la voix du Seigneur ». Il recommande l’écoute de la Parole de Dieu dans la Bible mais aussi de la voix « de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse ».

Jeûner « par la langue »

En plus de l’écoute, Léon XIV incite aussi à pratiquer le jeûne de nourriture, un élément « irremplaçable » de la pratique religieuse selon lui. Le jeûne, la prière et l’aumône constituent ainsi les trois exercices traditionnels du carême. L’abstinence de nourriture sert « à discerner et à ordonner les « appétits », à maintenir vigilantes la faim et la soif de justice » et à « discipliner le désir » pour l’orienter vers le bien, souligne le Pape. À condition cependant qu’il soit vécu « dans la foi et l’humilité », glisse-t-il.

Mais Léon XIV va plus loin. Il recommande aux catholiques « un jeûne qui passe aussi par la langue ». À l’instar de son prédécesseur François qui a souvent dénoncé les « médisances », le pontife américano-péruvien prône « une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain ». Au fil du texte, le pape enjoint à « désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies ». Dans tous les milieux – famille, amis, travail, réseaux sociaux, politique, Église –, il exhorte à « mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse ». « Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix », assure-t-il. Une excellente idée d’effort de carême pour ceux qui chercheraient encore !

ALETEIA

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Fin de vie : appel des évêques de France à une journée de jeûne et de prière le 20 février https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/fin-de-vie-appel-des-eveques-de-france-a-une-journee-de-jeune-et-de-priere-le-20-fevrier Sat, 14 Feb 2026 09:48:20 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52989 ]]> Les évêques de quatre pays européens appellent à un sursaut spirituel face aux fractures du monde. https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/les-eveques-de-quatre-pays-europeens-appellent-a-un-sursaut-spirituel-face-aux-fractures-du-monde Sat, 14 Feb 2026 09:41:29 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52985

Dans un communiqué du 13 février 2026, les présidents des conférences épiscopales de France, Italie, Allemagne et de Pologne appellent les chrétiens à un sursaut d’espérance pour l’Europe.

« Il est beau de devenir pèlerins d’espérance. Et il est beau de continuer à l’être ensemble ! ». C’est l’invitation que le Pape Léon XIV, à la clôture du Jubilé de l’espérance, adresse à toutes nos Églises pour que « le temps qui s’ouvre soit une aurore d’espérance ».

Comme présidents des Conférences épiscopales européennes, nous ressentons la responsabilité d’accueillir l’invitation du Pape et de la partager. Nous vivons dans un monde déchiré et polarisé par les guerres et les violences. Beaucoup de nos concitoyens sont angoissés et sans repère. L’ordre international est mis à mal. Dans cette situation, l’Europe doit retrouver son âme pour pouvoir offrir, au monde entier, son indispensable contribution au « bien commun ». Nous pourrons y parvenir en réfléchissant à ce qui a contribué à fonder l’Europe.

Historiquement, à la suite des civilisations hellénistiques et romaines, le christianisme fut l’une des matrices essentielles de notre continent. Il a, en grande partie, façonné le visage d’une Europe humaniste, solidaire et ouverte sur le monde.

Aujourd’hui, nous vivons dans une Europe pluraliste, caractérisée par les diversités linguistiques, les différences culturelles régionales et de nombreux courants religieux et spirituels. Certes, les chrétiens sont moins nombreux mais ça ne les empêche de revenir, avec courage et persévérance, à ce qui fonde leur espérance.

Au sortir d’une guerre dévastatrice, avec l’extermination de millions de personnes, pour des raisons raciales, religieuses et d’identité, l’urgence de construire un monde nouveau s’imposa comme une évidence. De nombreux laïcs catholiques envisagèrent, avec détermination, l’Europe comme une maison commune et s’engagèrent à développer un nouveau cadre international avec, en particulier, la création de l’ONU. L’objectif était la réalisation d’une société réconciliée, conçue comme un point de convergence et comme une garantie de respect réciproque des particularismes, un rempart pour la liberté, l’égalité et la paix.

Dans la Déclaration, qui mena à la création de la CECA, premier pas vers l’Union Européenne, les rédacteurs affirmaient avec sagesse : « La contribution qu’une Europe organisée et vitale peut apporter à la civilisation est indispensable pour le maintien de relations pacifiques. L’Europe ne pourra se faire en une seule fois et elle ne sera pas construite toute ensemble ; elle naîtra de réalisations concrètes qui créeront d’abord une solidarité de fait ». Les Pères fondateurs de l’Europe, Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, inspirés par leur foi chrétienne, ne furent pas des rêveurs ingénus mais les architectes d’un magnifique édifice cependant fragile. « Parce qu’ils aimaient le Christ, ils aimaient aussi les hommes et ils s’attachaient à les unir », dira saint Jean-Paul II, rappelant le rôle des chrétiens dans la construction européenne.

Konrad Adenauer, le 25 mars 1957, dans son discours prononcé à l’occasion des Traités qui instituèrent la CEE et la CEEA, déclara : « Il y a encore peu de temps, nombreux étaient ceux qui jugeaient irréalisable l’accord que nous consacrons aujourd’hui officiellement (…). Nous savons combien est grave notre situation qui peut seulement trouver remède dans l’unification de l’Europe ; nous savons également que nos plans ne sont pas égoïstes mais destinés à promouvoir le bien-être du monde entier. La Communauté européenne poursuit des fins exclusivement pacifiques et elle n’est dirigée contre personne (…). Notre but est de collaborer avec tous afin de promouvoir le progrès dans la paix ».

La tragédie meurtrière de la seconde guerre mondiale a mis en garde la génération fondatrice de l’Europe contre la tentation des régimes totalitaires qui se nourrissent du nationalisme pour poursuivre des objectifs d’hégémonie, et dont l’issue ne peut être que la guerre. « Le nationalisme exacerbé est une forme d’idolâtrie : il met la nation à la place de Dieu et contre l’homme », disait Alcide De Gasperi, soulignant que « l’Europe unie n’est pas née contre les patries, mais contre les nationalismes qui les ont détruites ».

L’Europe se peut se réduite à un marché économique et financier, sous peine de manquer à l’intuition initiale des Pères fondateurs de l’Europe. Respectueuse de l’état de droit, en refusant les logiques exclusivistes des replis et des violences, elle optera pour la résolution supra-nationale des conflits en choisissant des mécanismes et des alliances adéquats et l’organisera de la manière la plus européenne possible. Elle doit toujours être prête à renouer le dialogue même en cas de conflit et viser les réconciliations et la paix. L’Europe est appelée à chercher des alliances qui établissent les prémisses d’une véritable solidarité entre les peuples.

Malgré les nombreux mouvements eurosceptiques dans les différents pays du continent, les Européens se sont davantage rapprochés, surtout depuis le début de la guerre en Ukraine. Un cadre international est en train de mourir et un nouveau n’est pas encore né. Le Pape François, conscient que nous sommes dans un changement d’époque, le définissait ainsi : « Au siècle dernier, l’Europe a témoigné à l’humanité qu’un nouveau commencement était possible : après des années de conflits tragiques, dont le sommet apparut dans cette guerre-là plus terrible dont on puisse se souvenir, est née, avec la grâce de Dieu, une nouveauté sans précédent dans l’histoire. L’Europe, après tant de divisions, se retrouva finalement elle-même et commença à édifier sa maison. (…) À la renaissance d’une Europe fatiguée mais encore riche d’énergie et de potentialités, l’Église peut et doit contribuer. Son devoir coïncide avec sa mission : l’annonce de l’Évangile qui, aujourd’hui plus que jamais, se traduit surtout par le mouvement vers les blessures de l’homme, en portant la présence forte et simple de Jésus, sa miséricorde qui console et encourage » (Discours à l’occasion de la remise du prix Charlemagne, 6 mai 2016).

Le monde a besoin de l’Europe. Voilà l’urgence que les chrétiens doivent intégrer afin de pouvoir, ensuite, s’engager résolument, là où ils sont, au devenir de l’Europe avec la même conscience aiguë que les pères fondateurs. « Vécue comme engagement désintéressé au service de la cité, au service de l’homme, la politique peut devenir engagement d’amour vis-à-vis de son semblable » expliquait Robert Schuman. Au nom même de leur foi, les chrétiens sont invités à partager, avec tous les habitants du continent européen, leur espérance d’une fraternité universelle.

Card. Jean-Marc Aveline,
Archevêque de Marseille,
Président de la Conférence des évêques de France

Cardinal Matteo Maria Zuppi,
Archevêque de Bologne,
Président de la Conférence épiscopale italienne

Mgr Georg Bätzing,
Évêque de Limbourg,
Président de la Conférence épiscopale allemande

Mgr Tadeusz Wojda,
Archevêque de Gdańsk,
Président de la Conférence épiscopale polonaise

CEF

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Vivre le Carême sur Internet https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/fete-chretienne/careme/vivre-le-careme-sur-internet-4 Thu, 12 Feb 2026 09:58:49 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52971

De plus en plus nombreuses,  chaque année, les retraites en ligne permettent à ceux qui n’ont pas la possibilité d’effectuer une retraite classique de bénéficier d’un accompagnement spirituel durant ce temps de conversion, de pénitence et de préparation à la fête de Pâques, qu’est le Carême.

En savoir +

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Ce qui fait la véritable saveur de la vie chrétienne selon Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/ce-qui-fait-la-veritable-saveur-de-la-vie-chretienne-selon-leon-xiv Mon, 09 Feb 2026 10:48:26 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52961 Lors de l’Angélus du 8 février 2026, le pape Léon XIV a appelé à vivre « l’amour qui ne fait pas de bruit », un amour humble et discret, véritable saveur de la vie chrétienne et source de paix.

A l’occasion du cinquième dimanche du temps ordinaire, le 8 février, le pape Léon XIV s’est adressé aux milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre, depuis la fenêtre du palais apostolique du Vatican. Commentant l’Évangile du jour (Mt 5, 13-14), il a insisté sur la force transformante de la miséricorde et de la paix, et sur l’appel à vivre un « amour qui ne fait pas de bruit ».

« La vie qui resplendit en Jésus » permet, a-t-il expliqué, de mettre en lumière « la saveur nouvelle de ses gestes et de ses paroles ». Mais Jésus met en garde ceux qui l’écoutent : « Le sel qui a perdu sa saveur n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens ». Le pape a souligné que beaucoup de personnes se sentent « bonnes à jeter, imparfaites », comme si leur lumière était cachée. Pourtant, « Jésus nous annonce un Dieu qui ne nous rejettera jamais, un Père qui garde notre nom, notre unicité ».

L’exemple du Christ au désert

Pour Léon XIV, « chaque blessure, même profonde, guérira en accueillant la parole des Béatitudes et en nous remettant à marcher sur le chemin de l’Évangile ». Cette guérison se vit dans « des gestes concrets d’ouverture aux autres et d’attention », qui « ravivent la joie », même s’ils « nous placent à contre-courant ».

Le Pape a rappelé que Jésus lui-même, dans le désert, a été tenté de « faire valoir son identité, l’exhiber, avoir le monde à ses pieds », mais il a rejeté « les voies qui lui auraient fait perdre sa véritable saveur, celle que nous retrouvons chaque dimanche dans le pain rompu : la vie donnée, l’amour qui ne fait pas de bruit ». Enfin, Léon XIV a invité chacun à se laisser « nourrir et éclairer par la communion avec Jésus » afin de bâtir « comme une ville sur une montagne, non seulement visible, mais aussi chaleureuse et accueillante : la cité de Dieu où, au fond, tous désirent habiter et trouver la paix ».

ALETEIA

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Dimanche 8 février 2026 – Journée mondiale du Malade et Dimanche de la Santé https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/episcopat/conference-des-eveques-de-france/dimanche-8-fevrier-2026-journee-mondiale-du-malade-et-dimanche-de-la-sante Sat, 07 Feb 2026 15:30:16 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52951 ]]> Face à Donald Trump, la stratégie discrète de Léon XIV https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/face-a-donald-trump-la-strategie-discrete-de-leon-xiv Fri, 06 Feb 2026 14:56:49 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52945 Premier pape américain de l’histoire, Léon XIV choisit la discrétion face aux provocations et aux tensions politiques incarnées par Donald Trump. Sans renoncer à la clarté morale de l’Église, le pontife privilégie le dialogue, la médiation et la responsabilité des évêques, afin de préserver l’unité ecclésiale et la portée universelle de sa parole.

Discrétion personnelle et délégation: face aux tensions aux États-Unis et à la politique de Donald Trump, Léon XIV, premier pape américain, fait le choix d’une stratégie visant à maintenir une voie de dialogue sans renoncer à une réponse morale.

Le pontife natif de Chicago a hérité d’un paysage fracturé dans son pays natal, où le débat s’enflamme autour de la question migratoire et des violences policières, sur fond de polarisation idéologique jusque dans les rangs de l’Église. Depuis son élection en mai, Léon XIV a pris clairement position contre certaines décisions de l’administration Trump: il a dénoncé le traitement « inhumain » des migrants, appelé à privilégier le dialogue au Venezuela et, début janvier, a regretté le déploiement d' »une diplomatie de la force » pour « affirmer sa propre domination ».

Mais ces dernières semaines, le chef de l’Église catholique privilégie la retenue: il n’a fait aucune référence à une possible intervention américaine en Iran, ni aux convoitises de Donald Trump sur le Groenland, ni à la situation tendue à Minneapolis. Ses prises de position hebdomadaires évitent soigneusement ces sujets tandis que ses déclarations à la presse se font de plus en plus rares. Tout juste est-il sorti de sa réserve dimanche pour dire sa « grande inquiétude » devant la montée des tensions entre Cuba et les États-Unis, appelant à « éviter la violence ».

« Léon est très prudent, il sait que sa voix est universelle, en tant qu’Américain il est un peu l’opposant naturel au Trumpisme », confie à l’AFP une source vaticane sous le couvert de l’anonymat. « Sur les États-Unis, il marche sur des œufs: il comprend que l’Église américaine est aussi visée par l’ICE, les gens ont peur » dans un contexte « hyper-polarisé, où l’Église est aussi prise pour cible à travers les populations auxquelles elle vient en aide, comme les migrants ou la communauté hispanophone », ajoute-t-elle.

Evêques en première ligne

Devant la brutalisation des rapports de force, qui suscite une inquiétude croissante dans les couloirs du Saint-Siège, le Pape préfère s’appuyer sur la hiérarchie catholique américaine plutôt que de monter au front. « Léon estime que la première réaction doit venir des évêques du pays eux-mêmes », rappelle à l’AFP Christopher White, de l’université de Georgetown à Washington DC et auteur du livre Léon XIV : Au cœur du conclave et à l’aube d’une nouvelle papauté.

La semaine dernière, Mgr Paul Coakley, président de la conférence des évêques, a ainsi réagi avec force au « meurtre » de Renee Goode et d’Alex Pretti à Minneapolis, dénonçant « l’incapacité de notre société à respecter la dignité de toute vie humaine ». Il avait également proposé la mise en place d’une « Heure sainte pour la paix », temps de prière visant à encourager la guérison et la réconciliation au sein de la société américaine. « Le climat actuel de peur et de polarisation, qui prospère lorsque la dignité humaine est bafouée, ne répond pas aux normes établies par le Christ dans l’Évangile », a ainsi déclaré l’archevêque après les récents événements survenus à Minneapolis.

Même mécanique sur la scène internationale: dans une déclaration commune, trois cardinaux de premier plan – Blase Cupich (Chicago), Robert McElroy (Washington) et Joseph Tobin (Newark) – ont dénoncé la dérive interventionniste américaine. Un texte qui, selon plusieurs sources vaticanes, a reçu l’aval discret de Léon XIV. Fin décembre, c’est le secrétaire d’État (N.2) du Saint-Siège, le cardinal italien Pietro Parolin, qui a tenté de dissuader Washington de lancer une opération armée au Venezuela lors d’un entretien avec l’ambassadeur américain, en vain, signe des limites de la diplomatie souterraine du Saint-Siège.

« Réputation »

Si Léon XIV a reçu, deux semaines après son élection, le vice-président JD Vance, il n’a jamais rencontré Donald Trump: les deux compatriotes apparaissent aux antipodes, tant sur le fond – immigration, usage de la force, multilatéralisme – que sur la forme.

Le président américain a certes invité le Vatican au nouveau « Conseil de la paix » sur Gaza, mais Rome temporise, expliquant « réfléchir » à la réponse à apporter, signe de sa prudence de plus en plus assumée. Pour Léon XIV, l’enjeu est aussi d’éviter que ses paroles ne soient lues à travers un prisme partisan alors qu’il apparaît, pour beaucoup, comme l’incarnation de valeurs morales, mais aussi comme une voix américaine.

Pour le Vatican, il s’agit plus généralement « d’empêcher que les historiens n’écrivent dans cinq, dix ou vingt ans que l’Église américaine a été liée au Trumpisme », explique l’historien italien Massimo Faggioli, professeur au Trinity College de Dublin et auteur du livre « De Dieu à Trump. Crise catholique et politique américaine« . « Le risque est une désintégration, voire un effondrement, de la réputation et du rôle historique de l’Église américaine, car, jusqu’à présent, elle a participé au processus démocratique des États-Unis ces deux derniers siècles. »

ALETEIA

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Léon XIV, le nouveau promoteur des racines chrétiennes de l’Europe ? https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/leon-xiv-le-nouveau-promoteur-des-racines-chretiennes-de-leurope Wed, 04 Feb 2026 07:57:08 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52920

Depuis le début de son pontificat, le pape Léon XIV s’est intéressé à plusieurs reprises à la thématique des racines chrétiennes de l’Europe. Le deuxième pape originaire des Amériques actualise ainsi ce thème qui fut particulièrement cher à Jean Paul II.

Ce fut l’un des derniers combats du pape polonais, dans un début de XXIe siècle qui vit l’Europe prendre la voie d’une sécularisation la coupant des intuitions de ses pères fondateurs. Entre 2000 et 2005, Jean Paul II, sans succès, tenta d’œuvrer pour la mention explicite des « racines chrétiennes de l’Europe » dans le projet de Constitution européenne. La France de Lionel Jospin et Jacques Chirac, au nom de la laïcité, refusa cette proposition, au prix d’une crise diplomatique avec le Saint-Siège, qui fit part de ses « regrets ». Amputée de cette référence, la Constitution européenne fut rejetée par une majorité d’électeurs lors du référendum du 29 mai 2005 organisé en France dans un climat tendu et polarisé.

Vingt ans après ces débats houleux, le sujet de l’identité spirituelle de l’Europe, particulièrement cher également à Benoît XVI, demeure essentiel vu de Rome. La papauté est préoccupée par un sentiment de dislocation des idéaux européens.

Pas de paix sans « vérités partagées », s’inquiète Léon XIV

Dans son message diffusé le 23 janvier à l’occasion d’une conférence européenne organisée au Luxembourg, Léon XIV a exhorté à promouvoir « le rôle des valeurs catholiques dans la construction d’un continent européen plus pacifique et plus juste ». Dans un ton proche de celui de ses prédécesseurs, il a regretté « la grande réticence, aujourd’hui, à discuter des valeurs universelles que la religion ou tout autre système de croyance peut apporter au bien commun de la société ». « Aucune communauté, et encore moins un continent, ne peut vivre en paix et prospérer sans vérités partagées qui en inspirent les normes et les valeurs », a averti le Pape, en dénonçant « la diffusion du relativisme et la réduction de la vérité à une simple opinion ». « La tradition reçue de vos pères est un trésor précieux », a par ailleurs lancé le Pape en saluant des milliers de pèlerins croates, le 7 octobre 2025. « Où que vous soyez, restez attachés à vos racines chrétiennes et offrez le témoignage d’un peuple qui aime le Christ et son Église », les a-t-il exhorté.

« Es-tu chrétien ? Es-tu chrétienne ? Vis comme un chrétien. On ne peut pas mélanger l’eau et l’huile : elles restent toujours différentes. C’est la fin d’une civilisation intérieurement contradictoire, qui se dit chrétienne mais vit comme païenne. » Pape François, 2018.

De même, devant la délégation du groupe parlementaire des « Conservateurs et réformistes européens », en présence notamment de l’eurodéputée Marion Maréchal, le 10 décembre dernier, Léon XIV a souligné que « l’identité européenne ne peut être comprise ni promue qu’en référence à ses racines judéo-chrétiennes ». Dans un discours prononcé en anglais, il a cité les « trésors culturels » de la « civilisation occidentale », comme ses « cathédrales, son art et sa musique sublime », mais aussi les « progrès scientifiques » permis par les communautés chrétiennes. « Ces réalisations créent un lien intrinsèque entre le christianisme et l’histoire européenne, une histoire qui doit être chérie et célébrée », a-t-il assuré devant ces parlementaires qui assurent défendre les valeurs chrétiennes de l’Europe.

Lors de sa bénédiction Urbi et Orbi de Noël, le Pape a souhaité au continent européen d’assumer « un esprit communautaire et de collaboration, fidèle à ses racines chrétiennes et à son histoire, un esprit solidaire et accueillant envers ceux qui sont dans le besoin ». Quelques semaines plus tard, dans une lettre apostolique, il a souligné l’importance de l’archéologie chrétienne pour comprendre les « racines » de l’Europe, citant l’appel de Jean Paul II en 1981 dans lequel le pontife polonais affirmait que « l’Europe a besoin du Christ ».

Le pape François, méfiant mais radical

Le pape François a parfois pris ses distances avec l’exploitation politique de ce thème des racines chrétiennes de l’Europe, s’inquiétant d’une tonalité « triomphaliste » ou d’un manque de pluralisme dans l’interprétation de ce concept. Néanmoins, il s’est aussi référé à ce thème lors de certains voyages, comme en Slovaquie, en 2021. Et surtout, dans ses homélies à la chapelle de la résidence Sainte-Marthe entre 2013 et 2020, le pontife argentin est plusieurs fois revenu sur la thématique de « l’apostasie » et de la perte des racines, pointant les incohérences d’une civilisation se disant chrétienne mais vivant dans le péché. Dans ses questions adressées à chaque chrétien pointait en filigrane une critique acérée de l’Europe et de l’Occident.

Il avait ainsi lancé cette interpellation particulièrement radicale dans son homélie du 29 novembre 2018 : « Vivons-nous comme des chrétiens ? On pourrait le croire. Mais en réalité, notre vie devient païenne lorsque ces choses arrivent, lorsque nous entrons dans cette séduction de Babylone et que Jérusalem vit comme Babylone. On veut faire une synthèse qui ne peut pas se faire. Et toutes deux seront condamnées. Es-tu chrétien ? Es-tu chrétienne ? Vis comme un chrétien. On ne peut pas mélanger l’eau et l’huile : elles restent toujours différentes. C’est la fin d’une civilisation intérieurement contradictoire, qui se dit chrétienne mais vit comme païenne. »

ALETEIA

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Caritas Ukraine: Kiev est au bord d’une catastrophe humanitaire https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/activites-vie-chretienne/solidarite/caritas-ukraine-kiev-est-au-bord-dune-catastrophe-humanitaire Sat, 31 Jan 2026 14:57:53 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52913 Pour venir en aide aux populations vulnérables en Ukraine qui subissent des coupures d’électricité extrêmes et sont touchées par l’insécurité alimentaire, Caritas Ukraine lance un cri d’alarme pour éviter l’aggravation de la situation. Dans une interview accordée à Radio Vatican, elle affirme avoir intensifié les distributions des repas chauds dans des centres d’accueil ainsi que des kits de survie.

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Vatican News

L’Ukraine est confrontée, durant cet hiver, à l’une des crises énergétiques les plus graves depuis le début du conflit. Une série d’attaques de missiles et de drones contre des infrastructures sensibles a gravement endommagé le système énergétique national, entraînant une réduction drastique de la capacité de production et des pénuries généralisées d’électricité et de chauffage dans de nombreuses régions du pays. La situation s’est aggravée davantage avec la chute brutale des températures. Des programmes de redistribution limitée ont été mis en place dans de nombreuses régions, au moment où le secteur de l’énergie entrait en état d’urgence. Les conséquences de cette crise ne sont pas seulement techniques ou économiques, mais profondément humaines: les hôpitaux, les écoles et les services essentiels peinent à fonctionner; la production ralentit; des milliers de familles vivent sans chauffage ni électricité, dans des conditions qui mettent en péril leur santé et leur dignité, en particulier celles des plus vulnérables. Dans ce contexte dramatique, le soutien offert par l’Église et les organisations caritatives devient essentiel. Lors d’une interview accordée aux médias du Vatican, Oleksandr Magdalits, responsable du programme de sécurité alimentaire et d’intervention d’urgence au sein de Caritas Ukraine, a évoqué la situation sur le terrain, les défis quotidiens et les formes concrètes de solidarité mises en œuvre pour soutenir la population touchée.

Quelle est la situation actuelle à Kiev dans le contexte de la crise énergétique?

Il convient tout d’abord de préciser que les données évoluent constamment, mais selon les dernières informations, plus de 1100 immeubles résidentiels sont actuellement privés de chauffage. L’alimentation en électricité est partiellement perturbée et de nombreuses centrales électriques sont endommagées. On estime que la crise touche au moins un demi-million de personnes à Kiev et dans toute sa région. Elles ont besoin d’un rétablissement de l’approvisionnement énergétique, qui ne peut être assuré par les seules ressources locales, ni immédiatement, ni dans un avenir proche. Un retour complet à l’électricité et au chauffage n’est pas envisageable dans les prochains mois. Certains bâtiments subissent un second coup dur: les coupures d’électricité et de chauffage ont provoqué le gel des réseaux d’égouts. Ces bâtiments sont désormais privés d’installations sanitaires et le dégivrage ne sera pas possible avant l’été. La crise affecte non seulement les immeubles résidentiels, mais aussi de nombreux bâtiments administratifs et sociaux. Les hôpitaux, les crèches et les écoles sont totalement ou partiellement déconnectés du réseau électrique et sont à la recherche des sources d’énergie alternatives. La situation la plus critique concerne les personnes porteuses de handicap ou à mobilité réduite, les personnes âgées vivant seules et les familles ayant de jeunes enfants. Il n’est toujours pas possible de les joindre, car les services d’aide sont principalement concentrés dans les espaces publics ou dans certains bâtiments et ne desservent pas tous les appartements. Des images montrent des stalactites de glace dans les cages d’escalier des immeubles. Derrière des portes closes vivent des personnes qui, en raison de leur état de santé, sont incapables de quitter leur domicile.

Comment tentez-vous de contacter ces personnes? Existe-t-il des numéros d’urgence qu’elles peuvent appeler?

Oui, des lignes d’assistance d’urgence existent, mais aujourd’hui, environ cinq cent mille personnes ont besoin d’aide, et il est extrêmement difficile de joindre ces services. C’est pourquoi nous avons choisi de concentrer nos efforts là où nous pouvons atteindre efficacement les personnes, soutenir les services sociaux et agir de manière coordonnée. Cette crise énergétique représente un défi majeur pour la protection des personnes les plus vulnérables. La logistique est devenue plus complexe, le transport ferroviaire est plus difficile à exploiter et il est de plus en plus difficile d’atteindre chaque personne dans le besoin. Nous sommes contraints de demander non seulement un soutien financier, mais aussi une aide matérielle, car de nombreuses personnes se retrouvent sans le minimum nécessaire. On trouve de la nourriture dans les magasins, mais il est souvent impossible de la cuisiner. L’eau est disponible, mais on ne peut pas la chauffer. On trouve des vêtements chauds, mais dans de nombreux foyers, la température ne dépasse pas six ou sept degrés Celsius: un froid qui met gravement en danger la santé.

Peut-on affirmer qu’il s’agit de la crise énergétique la plus grave qu’ait connue Kiev et sa région depuis le début de la guerre à grande échelle?

L’ampleur de cette crise s’est considérablement aggravée avec l’arrivée de l’hiver. Une situation similaire s’était déjà produite au début de l’invasion à grande échelle en 2022, et nous sommes aujourd’hui confrontés à un scénario analogue. Il s’agit d’une grave violation du droit international. Nous assistons à des pressions délibérées exercées sur la population civile, en sachant pertinemment que les plus vulnérables seront les plus touchés: les personnes âgées, les enfants, les porteurs de handicap et les personnes à mobilité réduite. C’est une tentative consciente et ciblée d’infliger des souffrances.

Comment les hôpitaux et les établissements de soins gèrent-ils cette situation? Parle-t-on d’une possible évacuation?

Les hôpitaux font face à la situation avec tous les moyens à leur disposition. La plupart sont équipés de générateurs pour fournir de l’électricité, mais le chauffage reste un problème crucial, car tous les établissements ne disposent pas de leur propre système de chauffage. Certains établissements de soins sollicitent de l’aide en collaborant avec les autorités locales et les organisations caritatives. Concernant l’évacuation des établissements de santé, l’idée serait positive en soi, mais en pratique, il n’y a plus de places disponibles pour transférer les patients. Les services de gériatrie et autres services spécialisés étaient déjà saturés avant cette crise, en raison des évacuations des régions les plus dangereuses du pays. Aujourd’hui, la pression sur le système de santé s’est encore accrue en raison des cas d’hypothermie, des chutes dues au verglas et de l’aggravation des maladies chroniques. Les services d’urgence sont débordés. Face à cette situation d’urgence, l’État et toutes les institutions publiques s’efforcent de s’unir et de collaborer pour y faire face ensemble.

Une tente installée par Caritas Ukraine

Une tente installée par Caritas Ukraine

Comment Caritas Ukraine aide-t-elle les personnes dans cette situation?

Des réunions de coordination sont organisées quotidiennement, impliquant les autorités de l’État, le Service national des situations d’urgence (DSNS), le ministère des Affaires sociales et des organisations de la société civile, dont Caritas. Ces réunions sont cruciales, car la capacité de résistance de notre pays repose essentiellement sur cette unité. À Kiev, le service d’urgence a mis en place plus de quarante centres d’accueil, tandis que la Garde nationale en a ouvert plus d’une dizaine. Par ailleurs, les autorités ont créé dix structures supplémentaires dans différents quartiers de la ville, où les personnes peuvent non seulement se réchauffer, mais aussi passer la nuit, cuisiner et recevoir une aide de base. Caritas participe activement à la gestion de ces centres et, en parallèle, collabore étroitement avec les paroisses gréco-catholiques en leur fournissant des repas chauds. C’est vital: même un simple bol de soupe chaude peut grandement améliorer l’état physique d’une personne. Nous avons déjà commencé la distribution de repas chauds dans cinq points de Kiev et dans trois localités de la région: Fastiv, Irpin et Vyshhorod. Les besoins ne se limitent cependant pas à Kiev: toute la région est touchée, ainsi que d’autres parties du pays. Par exemple, jusqu’à 70 % de la région de Kharkiv est actuellement privée d’électricité. Caritas y est présente et opérationnelle. Nous avons également acheté mille kits alimentaires pour les populations les plus isolées et distribué 500 sacs de couchage thermiques – tout ce que nous avions en stock. Cependant, tout cela est largement insuffisant: les besoins réels s’élèvent à au moins 10 000 unités. Nous participons à plusieurs initiatives gouvernementales, notamment le «Kit thermique», qui comprend une couverture de survie, une batterie externe, un sac de couchage, une bouteille isotherme, une lampe torche, des éléments réfléchissants et d’autres articles de première nécessité. À partir du siège central, nous apportons également un soutien constant aux 52 antennes locales de Caritas dans les différentes régions, qui offrent un abri et une assistance aux personnes dans le besoin.

Vous avez évoqué le besoin non seulement d’un soutien financier, mais aussi d’une aide matérielle. De quoi avez-vous le plus besoin en ce moment?

Nous avons un besoin urgent de générateurs, de sacs de couchage, de batteries externes, de couvertures de survie, de thermos, de lampes torches rechargeables, de cuisines de campagne et de tentes. Toute forme d’aide est précieuse et nous nous efforçons de la faire parvenir aux populations le plus rapidement possible. C’est seulement ensemble que nous pourrons mener cette action ciblée et efficace, qui vise en priorité les plus vulnérables.

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Intention de prière du pape pour février 2026 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/catholiques/papaute/pape-leon-xiv/intention-de-priere-du-pape-pour-fevrier-2026 Wed, 28 Jan 2026 08:30:00 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52893 Pour les enfants atteints de maladies incurables

« Prions pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance. »

Prière

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L’Évangile “puissance 4” pour lire toute la vie de Jésus https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/christianisme/bible/levangile-puissance-4-pour-lire-toute-la-vie-de-jesus Mon, 26 Jan 2026 08:28:33 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=52898 À l’occasion du dimanche de la Parole de Dieu ce 25 janvier, Aleteia s’est entretenu avec le père René-Luc, auteur du livre « L’Évangile puissance 4 » (Artège). Dans cet ouvrage, il propose une lecture inédite des Évangiles : un récit unique qui rassemble les quatre regards portés sur la vie de Jésus. Il revient ici sur la genèse de ce projet audacieux et sur l’urgence de lire enfin l’Évangile dans sa totalité.

L’Église invite chaque fidèle ce 25 janvier lors du dimanche de la Parole de Dieu à redécouvrir la force vivante des Écritures et à se laisser façonner par elles. Mais comment entrer vraiment dans les Évangiles, quand leur lecture peut sembler répétitive ou fragmentée ? Prêtre du diocèse de Montpellier, le père René-Luc s’est attaqué à ce défi en réinventant une démarche audacieuse : réunir les quatre Évangiles en un seul grand récit continu. Dans son livre L’Évangile puissance 4, il offre une plongée intégrale dans la vie du Christ, fidèle à la nouvelle traduction liturgique et respectueuse de la richesse propre de chaque évangéliste. À l’occasion de cette journée dédiée à la Parole de Dieu, il revient sur la genèse de ce travail hors norme et ses enjeux spirituels.

Pourquoi avoir réuni les quatre Évangiles en un seul récit intégral ? 
Tout est parti d’un constat assez simple : peu de gens ont lu un Évangile en entier. Et lorsqu’ils l’ont fait, il leur manque encore une grande partie des récits propres aux autres évangélistes. Chaque Évangile contient en effet de nombreux passages qui ne se trouvent nulle part ailleurs.

Les Évangiles ont été écrits en grec, et chaque traduction implique nécessairement une interprétation.

Si l’on veut pouvoir dire un jour : « Une fois dans ma vie, j’ai lu tous les épisodes de la vie de Jésus », la seule solution est de lire les quatre Évangiles. Or l’obstacle est évident : nous ne sommes pas dans Harry Potter et ses quatre tomes. Environ 80% des récits sont communs aux Évangiles, avec de nombreuses répétitions. Beaucoup de lecteurs se découragent face à cette impression de redite et finissent par abandonner. Résultat : la plupart des chrétiens n’ont jamais lu l’ensemble des épisodes de la vie de Jésus. Cette démarche vise donc à lever cet obstacle. Elle est loin d’être nouvelle : d’autres l’ont entreprise bien avant moi, à commencer par saint Augustin.

En quoi l’usage de la nouvelle traduction liturgique enrichit-il ou transforme-t-il la lecture des Évangiles ?
Des harmonies des Évangiles existent depuis longtemps : Tatien au IIe siècle, saint Augustin au IVe siècle, et plus récemment le chanoine Weber. La particularité de ce travail réside dans le choix de la nouvelle traduction liturgique. On dit en italien : « Toute traduction est une trahison ». Les Évangiles ont été écrits en grec, et chaque traduction implique nécessairement une interprétation. J’ai voulu proposer un récit fondé sur la traduction la plus répandue et la plus familière aujourd’hui pour les fidèles : celle qu’ils entendent à la messe. Cela permet une lecture qui résonne immédiatement, sans distance linguistique ou stylistique.

Quel a été le principal défi de ce travail ?
Je suis parti vivre en Grèce pendant un an et je m’y suis consacré pleinement. J’ai énormément travaillé, sans mesurer au départ la charge que cela représentait. Le plus difficile a été de choisir le texte lorsqu’il existe plusieurs récits parallèles, et surtout de construire une cohérence d’ensemble. J’ai eu la chance d’hériter des ouvrages exceptionnels du père Marie-Joseph Lagrange, fondateur de l’École biblique de Jérusalem. Grâce à ses travaux, j’ai pu reconstituer une trame chronologique solide et un texte précis.

Si quatre personnes vous racontent une histoire qu’elles ont vécue ensemble, chacune à travers leur prisme, et que vous avez la possibilité d’en avoir un récit complet, pourquoi vous en priver ?

Lorsque certains récits ne concordent pas parfaitement, il faut expliquer pourquoi. Pour cela, je me suis appuyé non seulement sur le père Lagrange, mais aussi sur les Pères de l’Église. J’ai choisi une mise en page très pédagogique : sur la page de droite, le texte reconstitué, avec une particularité importante — chaque verset est référencé précisément, afin que le lecteur sache toujours quel évangéliste il est en train de lire. Sur la page de gauche, des commentaires qui éclairent le texte, expliquent les différences et dissipent toute impression de contradiction. L’ensemble se veut harmonieux : les divergences ne sont pas gommées, mais comprises. Pour chaque épisode, on découvre que tel évangéliste est le plus détaillé, puis, pour l’épisode suivant, c’est un autre. Aucun ne domine les autres : ils sont tous remarquables, chacun à sa manière.

Comment décririez-vous le style propre de chaque évangéliste ?
Chaque évangéliste possède un génie unique. Marc est l’évangéliste du regard : son récit est très visuel, presque cinématographique, on voit la scène, on la vit. Luc est celui de la miséricorde, avec des paraboles comme le Bon Samaritain ou le fils prodigue. Matthieu est profondément juif : il cherche sans cesse à montrer que Jésus est le Messie attendu par le peuple d’Israël. Jean, enfin, offre une dimension plus théologique et mystique, d’une profondeur spirituelle saisissante.

Si vous deviez recommander un Évangile à un non-croyant, lequel choisiriez-vous ?
Je recommanderais… L’Évangile puissance 4 ! (rires) Plus sérieusement, je ne peux plus dire : « Commencez par celui-ci », car j’ai appris à tous les aimer. Tout dépend des sensibilités. Avant ce travail, j’aurais spontanément répondu que mon préféré était Luc. Aujourd’hui, je suis incapable de choisir. Chacun est passionnant, ils se complètent admirablement. Cette année de travail a ravivé en moi un enthousiasme décuplé. Il est toutefois important de préciser que L’Évangile puissance 4 ne remplace pas la lecture de chaque Évangile ! C’est une aide, une porte d’entrée, une invitation à découvrir le goût propre de chacun.

La Bible est la Présence réelle de la parole de Dieu. Elle mérite d’être honorée, lue et méditée — pas seulement par fragments, mais dans sa globalité.

Certains pratiquants n’ont jamais lu un Évangile en entier, en dehors de la messe. Pourquoi s’y mettre, et par lequel commencer ?
À nouveau, si quatre personnes vous racontent une histoire qu’elles ont vécue ensemble, chacune à travers leur prisme, et que vous avez la possibilité d’en avoir un récit complet, pourquoi vous en priver ? Prenons l’exemple de Joseph d’Arimathie. Matthieu dit simplement qu’il s’agit d’un homme riche. Marc précise qu’il est riche et influent, membre du Conseil. Mais si vous lisez Luc, vous verrez qu’il ajoute une précision d’importance : Joseph n’avait pas approuvé la décision ni les actes du Conseil. Et en lisant Marc, on apprend qu’il attendait le règne de Dieu. Alors, c’était un juif comme les autres ? Eh non, car Matthieu complète en disant qu’il était devenu disciple de Jésus : Joseph d’Arimathie était donc un chrétien. Sans les quatre récits, on ne sait finalement pas vraiment qui est Joseph d’Arimathie. Ensemble, ils offrent un éclairage saisissant, comme quatre projecteurs braqués sur une même scène.

Ce dimanche est le dimanche de la Parole de Dieu. Que signifie-t-il concrètement ?
Il faut se réjouir du développement des missels et des supports comme Magnificat ou Parole et Prière, qui permettent un accès quotidien à la Parole de Dieu. Leur seul inconvénient est peut-être de laisser la Bible fermée au fond d’un placard. Ce dimanche de la Parole invite les chrétiens à replonger dans la Parole, à ouvrir concrètement leur Bible. Certes, il est plus facile de lire l’Évangile du jour sur son téléphone dans le métro… Mais pourquoi ne pas ouvrir vraiment sa Bible ? Il s’agit de la Présence réelle de la parole de Dieu, qui est accessible à tous. Elle devrait être ne serait-ce que symboliquement exposée dans le coin prière, pour inviter à la lire, à s’en rassasier. Elle mérite d’être honorée, lue et méditée — pas seulement par fragments, mais dans sa globalité.

Pratique

L’Evangile puissance 4, père René-Luc, Artège, septembre 2025, 17,90 euros.

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