Homélies : Père Julien PALCOUX – Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com Blog et Site Internet Fri, 17 Jul 2020 14:08:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/wp-content/uploads/2020/06/cropped-LOGO-Paroisse-Verneuil-sur-Avre-2020_600px-32x32.png Homélies : Père Julien PALCOUX – Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com 32 32 Homélie de la messe des Obsèques d’Odette TOUPIN du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-des-obseques-de-odette-toupin-du-pere-julien-palcoux Fri, 04 Jan 2019 15:35:24 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=29390 +
Obsèques d’Odette Toupin
Vendredi 4 Janvier 2019
Eglise de la Madeleine
Frères et soeurs,

Nous sommes réunis ce matin autour de notre chère Soeur Odette que nous avons particulièrement appréciée à la paroisse. Bien sûr, nous sommes dans la tristesse, mais une tristesse chrétienne, marquée par la joie de la foi, par la joie d’une rencontre, de La Rencontre d’Odette avec le Seigneur. Cette rencontre Odette y était prête et elle l’attendait. « Oh, non, je n’ai pas peur de la mort » me disait-elle !

Je crois que lorsque nous connaissons, lorsque nous avons la chance de côtoyer des personnes comme Odette, nous apprenons ce que c’est que de vivre sa vie humaine en vue de la rencontre avec Dieu. Si Odette était petite par sa taille, elle était grande dans les vertus chrétiennes qu’elle mettait en oeuvre au jour le jour. Odette était une chrétienne accomplie, qui liait l’Amour de Dieu et l’Amour des frères. Pieuse, fidèle à la messe, au chapelet, aux différentes cérémonies religieuses, ces dernières années aux processions, Odette était tout autant investie dans la vie paroissiale. En fait, on peut se demander ce qu’elle n’avait pas fait à la paroisse! du Catéchisme aux visites aux personnes âgées ou malades, du Secours Catholique aux visites des gens du voyage avec l’Abbé Lelièvre, de l’accueil à la comptabilité, des enterrements à la Confrérie de la Sainte Vierge en passant par le denier du culte, et j’en oublie, Odette a tout fait. Il est heureux qu’elle ait pu recevoir l’an dernier la médaille du mérite diocésain pour tout son service humble, discret et efficace.
Outre sa polyvalence, qui manifestait plus un esprit profondément évangélique de service, deux attitudes caractérisaient sa vie paroissiale. Odette aimait l’Eglise telle qu’elle était, avec ses beautés, parfois ses lourdeurs, avec les paroissiens qui y étaient, avec les différents pasteurs que Dieu donnait à son Eglise, alors que tant d’autres choisissent leur pasteur, leur église. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui soient restées investies aussi longtemps à la paroisse quels que soient les différents pasteurs qui soient passés…Odette était ici un modèle de simplicité et d’accueil évangélique.
Sa proximité avec Dieu, sa qualité de vie chrétienne, la rendait extrêmement souple et lui enlevait toute peur. Pensez-vous, partir en mission avec les frères d’Ourscamp, s’aventurer sur les terrains vagues rencontrer les gens du voyage, notre chère Odette n’avait peur de rien. Sa foi lui a donné l’audace, et parfois le courage, de partir il y a quelques années avec la paroisse en pèlerinage en Terre Sainte, puis à Medjugorje, et ces dernières années à Lourdes.
Mais surtout, elle était restée jeune ! Jeune d’esprit ! sa souplesse lui permettait de comprendre toutes les situations humaines délicates sans porter de jugement ! Elle n’était pas la dernière à participer aux fêtes paroissiales, à se déguiser comme au Mardi Gras l’an dernier, à rire avec les enfants et les plus jeunes. Et elle était cette oreille toujours attentive à qui on confiait des intentions de prière, des soucis, des peines. Elle a vécu sa fin de vie comme un abandon confiant entre les mains de Dieu. C’est une personne qui manquera à la paroisse, mais nous savons qu’elle veillera sur tous ceux qui l’ont connue comme sur sa famille dont elle parlait souvent.
Il serait dommage de passer sous silence l’amour qu’Odette portait à la Vierge Marie ainsi que son souci des vocations sacerdotales. Elle avait davantage confiance en la Sainte Vierge que dans les médecins. Et elle priait sans relâche pour les vocations dont l’Eglise a besoin. Oh, nous pouvons être sûrs qu’elle va continuer là-haut.
Aujourd’hui en confiant Odette, qui n’avait pas d’enfants, à Dieu, beaucoup perdent une amie, une maman ou une grand-mère. Heureux ceux qui pourront se présenter comme elle au soir de leur vie avec une telle fécondité offerte à l’Eglise, aux autres, fécondité qui est la marque même de la fécondité et de la proximité de Dieu.
Alors, nous sommes heureux de cette belle rencontre qu’Odette vit avec Dieu, où elle nous précède. Tout l’amour mit dans sa vie est une participation à la Résurrection du Christ. St Jean nous dit que l’amour fait passer de la mort à la Vie ! Effectivement seul celui qui aime est capable de mourir à son moi pour faire passer le bien de l’autre d’abord. Voilà comment nous préparer à la Vie éternelle, à rencontrer Dieu, à vivre de la Résurrection du Christ.
Rendons grâce au Seigneur pour la belle vie remplie de notre Soeur Odette dans cette messe que nous célébrons pour le repos de son âme. Que la Vierge Marie la conduise à son Fils Ressuscité. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Assomption de la Sainte Vierge du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lassomption-de-la-sainte-vierge-du-pere-julien-palcoux Wed, 15 Aug 2018 16:45:28 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27823 Assomption de la Sainte Vierge Marie

Mercredi 15 Août 2018

Eglise Notre-Dame

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Frères et sœurs,

En cette belle solennité de l’Assomption, l’Eglise contemple la beauté particulière de la Vierge Marie en même temps qu’elle accomplit la mission que Jésus lui a confiée au pied de la croix, lorsqu’Il disait à son disciple bien-aimé : « Mon fils, voici ta Mère ». Lorsque Jésus prononçait ces paroles, Il confiait sa Mère à l’Eglise pour que l’Eglise la prie, la vénère et l’honore comme il faut ; et c’est ce que nous faisons en cette belle fête.

Je voudrais vous proposer de contempler aujourd’hui 3 visages de Notre-Dame. Nous pouvons admirer Marie, dans la gloire du Ciel; nous pouvons admirer Marie, femme de Dieu ; nous pouvons admirer Marie, Mère qui combat pour protéger ses enfants.

L’Assomption de la Sainte Vierge nous donne à voir en Marie l’image de la création réconciliée, telle que Dieu l’avait créée. La femme dans l’Apocalypse a « le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de 12 étoiles. » Cette femme est unie à la Création, et particulièrement à tous les astres de lumière : le soleil, la lune, les étoiles. Cette femme, image de la Vierge Marie, est en communion parfaite avec la création. Nous retrouvons ici l’unité originelle parfaite voulue et mise par Dieu au seuil de la Création, avant que le péché ne fasse son apparition. Si Marie a une telle unité, une telle communion avec la Création, c’est parce que le péché n’a jamais eu aucune prise sur elle. Par la grâce de l’Immaculée Conception, la Vierge Marie est préservée de tout péché : du péché originel et de tout péché actuel. Sa liberté n’a pas été abîmée par le péché : elle n’est qu’ouverture à Dieu, que « oui » à Dieu. Préservée du péché, Marie l’est également des conséquences du péché et particulièrement de la mort. Avant le péché, la mort n’existe pas. Ce que nous redit la fête de l’Assomption, c’est que l’absence de péché conduit à la Vie. Et Marie en est non seulement le signe mais aussi la preuve, la réalité. La fête de l’Assomption est une réponse et une conséquence à la fête de l’Immaculée Conception : c’est parce que la Sainte Vierge n’est pas marquée du péché originel, qu’elle n’est pas marquée par la mort ! C’est la raison pour laquelle elle entre « corps et âme au Ciel » comme le dit la proclamation dogmatique.

Préservée de tout péché, Marie a une intercession extrêmement puissante pour nous. Préservée de tout péché, Marie vit une communion parfaite avec la création qu’elle ne craint pas, qu’elle ne subit pas, mais qu’elle gouverne. Souvenez-vous du grand miracle annoncé lors des apparitions de Fatima ! Le soleil tournait, dansait dans le Ciel. Ainsi, en contemplant Marie, image de l’humanité telle que Dieu la voulait, nous reprenons courage. Dans nos combats contre notre propre péché qui parfois peut nous faire désespérer, nous voyons en Marie l’aide victorieuse que Dieu nous donne; bien plus, nous voyons en Marie une sœur, une Mère qui vient nous aider à rejeter le péché, à nous convertir, et à retrouver le sens d’une unité et communion profonde avec la Création et avec Dieu.

La deuxième image que nous pouvons contempler est celle de Marie, femme de Dieu. Marie est toute entière dans le projet de Dieu, dans celui de la Trinité. Elle dit « oui » au Père en accueillant l’Esprit-Saint pour donner le Fils ! Marie est au cœur de la Trinité : oui au Père, oui au Fils et oui à l’Esprit-Saint ! Elle est tout en Dieu et Dieu est tout en elle : oui, Dieu est tout en elle, puisqu’Il va venir l’habiter en Jésus.

Marie est profondément liée, intimement liée à Dieu, tout en gardant sa propre personne. Il n’y a ni absorption, ni confusion. Du reste, lorsque Marie ouvre son cœur, quelle prière fait-elle ? « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon Esprit en Dieu mon Sauveur ; Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse… » Elle loue Dieu, elle rend grâce à Dieu. Sa prière est une action de grâce pour l’œuvre de Dieu. La personne de la Vierge Marie est fondamentalement unie à celle de Dieu. Elle prie avec les mots de Dieu, les mots de l’Ecriture Sainte en reprenant les mots mêmes d’action de grâce d’une autre femme de l’Ancien Testament qui avait imploré des siècles auparavant de la miséricorde divine la grâce d’un enfant. Marie est femme de Dieu parce qu’elle vit une communion parfaite avec Dieu, communion que nul péché n’a altérée.

La dernière image que je reprends est celle de Marie qui combat : Marie qui est attaquée par le dragon et qui protège l’enfant qu’elle met au monde. Cette image est très éloquente : au Ciel, avec une création réconciliée, règne la paix de Dieu ; sur terre, règne le combat entre le bien et le mal, entre Dieu et le démon. Cette image exprime bien ce que nous vivons. Non seulement ce combat entre Dieu et le diable a lieu au plus profond de chacun de nos cœurs, mais il se déploie aussi dans nos sociétés. Nous voyons aujourd’hui apparaître et se multiplier des législations mortifères qui s’appuient sur les instincts les plus égoïstes de l’homme : la volonté de posséder, de maîtriser : maitriser la conception de la vie, maitriser et décider de sa fin de vie, programmer et acheter un enfant comme un bien que l’on acquiert. L’enfant n’est plus un don à accueillir, mais un produit que l’on commande. On va fabriquer des êtres vivants, des enfants, qui n’auront pas la chance de connaître leurs parents biologiques ! Et plus le temps passe, plus on a l’impression que les choses deviennent de pire en pire…Où se situe l’origine de cette chaine mortifère ? Dans l’éviction et le rejet de Dieu ! Dans le fait qu’on ne bâtie plus nos législations, chargées de promouvoir le bien commun de toute personne et de nos sociétés sur Dieu ! Et l’on s’étonne que nos sociétés deviennent de plus en plus malades.

Marie nous apprend à ne pas nous tromper de combat et à bien combattre. Ne pas nous tromper de combat, en ne nous laissant pas enfermer dans les combats artificiels que l’on nous met en scène et qui nous donnent l’illusion d’un combat vrai, alors qu’ils nous sont créés de toute pièce ! A bien combattre, c’est-à-dire, à s’attaquer aux causes et non pas seulement aux conséquences ! La cause originelle se situe dans le refus de Dieu. Alors, remettons Dieu à la première place dans nos vies, dans nos pensées, dans nos actes, dans nos paroles, dans nos villages et dans notre société ! En remettant Dieu à la première place, nous retrouverons notre identité originelle, nous goûterons une communion plus profonde et plus solide avec les autres. Nous retrouverons une paix et une harmonie plus profonde avec la création. Que Marie veille sur les combats que ses enfants ont à mener ici-bas sur terre ! Que ces combats soient enracinés en Dieu, cherchant le bien de tous et en particulier des plus petits et des plus pauvres. Que les Fils de l’Eglise que nous sommes sachent aussi se reposer et se ressourcer en Dieu pour ne pas se laisser dévorer par le monde et ses appétits.

Que Marie veille sur tous ceux qui lui sont consacrés, sur tous les instituts religieux, sur toutes les paroisses et les églises dont elle est la sainte patronne, sur toutes les familles et sur notre cher pays la France dont elle est la sainte patronne. Amen !

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Homélie du 17ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-17eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 29 Jul 2018 10:15:35 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27738 +

17ème Dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs,

Comme l’Evangile selon St Marc que nous lisons de manière continue en cette année liturgique B est le plus court des 4 Evangiles, l’Eglise nous propose d’insérer pendant plusieurs dimanches le chapitre VI de l’Evangile selon St Jean qui contient l’enseignement de St Jean sur l’Eucharistie. St Jean ne rapporte pas dans son Evangile l’Institution de l’Eucharistie ; il apporte l’épisode du lavement des pieds, mais il insère tout un chapitre qui constitue une sorte de catéchèse sur l’Eucharistie, sur le Pain de vie.

L’extrait d’Evangile que nous méditons aujourd’hui ouvre le chapitre sur le Pain de Vie. St Jean part de deux considérations bien humaines : les foules ont faim et elles ont vu un miracle, du surnaturel : Jésus a guéri de nombreux malades. Alors elles suivent cet homme surnaturel. Mais comme toujours chez St Jean, on part de considérations humaines pour arriver à des considérations spirituelles. Les foules ont faim et Jésus va les rassasier en les ouvrant à une autre nourriture qui est l’Eucharistie elle-même. Voilà ce que nous dit ce récit de la multiplication des pains placé au début du chapitre sur le Pain de Vie. Il est à ce titre notable que les Evangélistes synoptiques rapportent tous 2 récits de la multiplication des pains, alors que St Jean n’en rapporte qu’un. La visée de St Jean n’est donc pas de présenter tous les miracles de Jésus pour attester sa divinité, mais de montrer que ce miracle de multiplication des pains a pour but de préparer ses disciples au don de l’Eucharistie que Jésus accomplira avant Pâques. Il leur donne à manger pour les préparer à Le manger lui-même sous la forme du pain. Il est à ce propos intéressant de noter que les verbes qui traduisent l’action de Jésus dans ce miracle sont les mêmes que l’on reprend dans la Prière Eucharistique : Il prend les pains, rend grâce, le donne aux disciples qui les donnent à la foule. Cela confirme la visée de ce récit qui est de préparer les disciples de Jésus au don de l’Eucharistie. De même, s’il fallait un autre argument en ce sens, St Jean nous précise que ce miracle a lieu «quelques jours avant la Pâques ». Cette indication n’est pas donnée au hasard ; elle fait allusion au Jeudi Saint, Institution de l’Eucharistie, quelques jours avant la Pâque. Pensons à ce sujet que lorsque nous disons dans la Prière du Notre-Père « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », nous demandons deux choses : que chacun puisse manger à sa faim mais aussi que chacun puisse recevoir le Pain supersubstantiel , comme dit l’adjectif grec , c’est-à-dire le pain, traduction partielle, quotidien, qui est en fait le Pain de Vie.

Dans cette lecture eucharistique que nous faisons de ce passage d’Evangile, nous voyons que Jésus fait volontairement participer ses disciples au miracle qu’Il accomplit. Jésus aurait pu opérer tout seul ; Il ne procède pas ainsi. Il rend ses disciples participants de son action et sollicite également la participation de la foule. Il veut que ses disciples se préoccupent de ce problème : « Il dit à Philippe : ‘Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?’ » Puis, c’est un autre disciple, André, qui va trouver le jeune garçon avec 5 pains et 2 poissons. Autrement dit, Jésus rend tout le monde participant du miracle qu’Il va accomplir. Tout le monde y a sa place et tout le monde a quelque chose à faire. Ces remarques nous montrent la pédagogie du Salut de Dieu. Bien sûr, Dieu peut nous sauver sans nous : sa toute-puissance le Lui permet. Mais, Il nous sauve en rendant acteur de notre salut et de celui de nos frères et sœurs. « Aide –toi et le Ciel t’aidera ! », vous connaissez tous ce proverbe. Dieu ne fait jamais les choses à notre place ; Il nous aide, Il les fait, mais à condition que nous collaborions et que nous participions, aussi petit cela soit-il.

Derrière la collaboration des disciples que Jésus suscite, il y a aussi l’image de l’Eglise à qui Jésus demande d’accueillir les préoccupations des hommes de ce monde, mais aussi à qui Il donne la mission de répondre et de donner ce Pain de Vie. Les disciples participent au miracle, ramassent le surplus et le conservent, image de l’Eglise qui donne sans compter et administre le sacrement de l’Eucharistie.

Pour accomplir cette multiplication des pains, Jésus part de 5 pains et de 2 poissons apporté par un jeune garçon. Qu’est-ce que cela à vue humaine quand Philippe déclare que « le salaire de deux cents journées de travail ne suffiront pas pour que chacun ait un petit morceau de pain ! » ? Dieu transforme ce que nous lui apportons. Ce qu’Il nous demande, c’est de mettre le peu que nous avons. Ce qui implique d’être profondément humble, en vérité avec soi, de ne pas croire que nous pouvons tout, de reconnaître qu’en comptant sur nos seules forces ou ressources, nous n’y arriverons pas. Une offrande pauvre, humble, permet à Dieu de féconder par sa toute-puissance ce que nous apportons. Si nous sommes pleins de nous, Dieu ne pourra rien faire ; si nous n’apportons rien, Dieu ne pourra rien faire.

A partir de cela, nous pouvons réfléchir non seulement sur notre vie chrétienne : qu’est-ce que j’offre à Dieu pour lui permettre d’agir ? Qu’est-ce que je donne ?, mais nous pouvons aussi réfléchir sur notre manière de vivre l’offertoire pendant la messe. Qu’est-ce que j’offre spirituellement de ma vie, de ma semaine au cours de cette messe ? Si je n’offre rien, il ne faut pas attendre que Dieu me rendre quelque chose en échange. La fécondité de notre participation à la messe, de notre communion, dépend aussi de ce que nous donnons à Dieu. Et la manière dont nous vivons l’offertoire est à l’image de la manière dont nous offrons notre vie à Dieu.

Profitons des dimanches qui viennent pour méditer sur le don du Pain de Vie que Jésus fait à son Eglise. L’Institution de l’Eucharistie n’est pas un aspect secondaire de la vie, de l’œuvre de Jésus et par conséquent de la vie de l’Eglise. Il est dommage qu’aujourd’hui en certains endroits de l’Eglise, on se ferme au don de l’Eucharistie, présence réelle et corporelle de Jésus, en la mettant au même niveau que la Parole, qui n’est qu’une présence spirituelle de Jésus. Bien sûr, il ne faut pas opposer Parole de Dieu et Eucharistie, mais l’Eucharistie dépasse et accomplit la Parole. C’est la raison pour laquelle la liturgie de la Parole dans la messe précède et prépare la liturgie eucharistique. Prions pour tous les chrétiens qui n’ont pas découvert la profondeur du Pain de Vie, nourriture de Dieu pour nous, et prions pour que chacun de nous découvre ce qu’il peut apporter à Dieu comme pain et poisson pour qu’Il le transforme. Amen !

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Homélie du 14ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-14eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 08 Jul 2018 17:12:43 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27661 +

14ème Dimanche du Temps Ordinaire

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. »

Frères et sœurs,

Avec cette page d’Evangile, nous entrons dans l’intelligence pervertie et dévoyée des auditeurs de Jésus. Ils commencent par s’étonner de son enseignement, ce qui est une bonne réaction : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ces mains ? »  pour finir par se fermer complètement à Lui : « Et ils étaient profondément choqués à cause de Lui. » nous dit St Marc. Où est-ce que cela ne va pas dans le raisonnement ? Où est-ce que cela dérape ? Eh bien, ici : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » En fait, si l’intelligence des auditeurs de Jésus avait été réellement ouverte à la vérité, il y avait à partir de leur questionnement initial de quoi accéder à la confession de la divinité de Jésus : effectivement, c’est par sa divinité qu’Il accomplit tous ses miracles. Mais, leur intelligence n’est pas ouverte à la vérité ; elle est au contraire refermée sur eux.

Vous remarquerez que les réflexions des auditeurs de Jésus sont des réflexions qui l’enferment dans son humanité : Il est le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude…on connaît ses sœurs…On ne voit Jésus que dans son humanité à travers ses liens familiaux ; de ce fait, on n’est pas du tout ouvert à sa divinité, à son essence profonde, à son identité profonde de fils de Dieu ; ce qui explique qu’il ne peut accomplit aucun miracle.

La perversion de ce raisonnement attire notre attention sur la fausse connaissance que l’on peut avoir des autres. Il arrive que l’on croie connaître l’autre ; alors que notre connaissance peut être partielle, superficielle, faussée ou encore orientée. Comment avoir une connaissance « juste » ? Eh bien déjà, en découvrant l’autre tel qu’il est, non pas tel que l’on m’a dit qu’il était. A ce sujet, je souris en pensant aux différents changements de curés dans les paroisses… ;il est toujours assez drôle de voir que les gens qui se défendent de porter des jugements sur les autres tant qu’il ne se sont pas fait eux-mêmes une idée sur la personne en question, sont les premiers à ragoter et à dire «  Ah le futur curé, il est comme si, il est comme ça… » alors qu’ils ne l’ont jamais rencontré. On mesure l’intelligence de ces personnes à leur réflexion…Mais cet exemple d’actualité que je prends est bon pour une autre raison : pour ce qui me concerne, les gens qui ont fait des commentaires avant mon arrivée à Verneuil, étaient pour beaucoup des professeurs, des médecins, des gens qui savent, qui ont le savoir… Et là, nous arrivons au cœur du problème de la fausse connaissance : l’orgueil ! L’orgueil qui fait qu’on sait mieux que les autres, qu’on sait avant les autres ; l’orgueil qui dispense de l’humilité nécessaire pour apprendre à connaître l’autre.

On ne peut avoir une connaissance « juste » de l’autre que dans une attitude d’humilité qui fait que je découvre l’autre pour ce qu’il est en lui-même, que je le découvre à partir de lui et non de moi.

Cette mauvaise connaissance que les auditeurs ont de Jésus les ferme à une connaissance juste de Jésus. Il y a au-delà de cette problématique d’une « juste » connaissance, une certaine prophétie de la fermeture du cœur des Juifs à l’accueil du Messie. « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison » nous dit Jésus. Cela s’entend au niveau de sa famille, ses proches, mais aussi de son peuple. Jésus annonce ici aussi que la foi sera accueillie par des étrangers.

Cette parole de Jésus nous révèle aussi la réalité de cœurs réellement fermés à Dieu. On peut déplorer qu’aujourd’hui un grand nombre de personnes vivent comme si Dieu n’existait pas, comme s’ils n’avaient pas besoin de Lui. L’anticléricalisme qu’a connu notre pays depuis plusieurs siècles a laissé place à une indifférence religieuse massive, à un relativisme prétendument éclairé dans lequel toutes les religions se valent…On peut déplorer ces attitudes qui favorisent une déchristianisation de la société et qui, finalement, font le jeu d’une islamisation conquérante. Mais, la fermeture de coeur à Dieu a toujours existé : Jésus en a fait les frais. Notre pays aussi. Pourquoi à votre avis y a-t-il eu de nombreuses missions au cours des derniers siècles ? Justement, pour enrayer cette fermeture de cœur à Dieu que Jésus évoque. Même le prophète Ezéckiel l’annonçait : « Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi et les fils ont le visage dur et le cœur obstiné. (…) alors, qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent – car c’est une engeance de rebelles- ils sauront qu’il y a un prophète parmi eux ». Le refus de Dieu, la fermeture de cœur à Dieu font partie de la mission de l’Eglise. A quoi alors sommes-nous appelés ? A annoncer la foi, à en témoigner, quelles que soient les conditions de sorte qu’au terme de notre vie, le Seigneur ne nous reproche pas de nous être tus.

Cette fermeture de cœur à Dieu, cette opposition à Dieu, peut néanmoins être l’occasion d’une consolidation de notre foi et être à l’origine d’une stimulation de notre intelligence. Mais il y a plus encore. St Paul l’évoque dans la deuxième lecture. Les obstacles à Dieu, tant intérieurs qu’extérieurs, à la mission, sont l’occasion d’une fécondité divine importante. Ils nous gardent tout d’abord dans l’humilité et nous rappellent que l’œuvre qui s’accomplit est celle de Dieu et non la nôtre. Mais ils sont surtout l’occasion d’une expérience de la Croix, qui est à l’origine de la victoire de Dieu. La fécondité missionnaire de l’Eglise ne provient pas d’elle, mais de sa communion à la Croix du Christ : c’est par la mort de Jésus que nous recevons la vie de Dieu.

En ce dimanche, demandons au Seigneur le don de l’intelligence et de l’humilité pour connaître Dieu et les autres de manière juste, pour être ouverts en vérité et à la Vérité. Vivons dans la foi les obstacles à la foi, à Dieu, que nous rencontrons dans nos familles, notre entourage, parfois même en nous-même. Prions pour la fécondité missionnaire de l’Eglise et pour sa vitalité. Amen !

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Homélie de la Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-des-saints-apotres-pierre-paul-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 01 Jul 2018 06:06:59 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27513 +

Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

Messe du Jour

« Heureux es-tu Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux Cieux. »

Frères et Sœurs,

Cette parole de Jésus à Pierre révèle l’inspiration divine de la réponse de Pierre à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Mais, il y a une autre chose : Jésus évoque « la chair et le sang », autrement dit, l’humanité. Dans cette seule phrase de Jésus apparaît déjà la double nature de l’Eglise : à la fois humaine et à la fois divine. Théologiquement, la double nature de l’Eglise est assez simple à comprendre. On appelle l’Eglise le Corps du Christ. Or Jésus est Dieu qui s’est fait homme. Jésus porte en lui deux natures : la nature divine et la nature humaine. Si l’Eglise est le Corps du Christ, ou encore l’Epouse du Christ comme le dit une autre image, il est logique qu’elle ait une nature divine et une nature humaine.

Divine, l’Eglise l’est par sa naissance, sa conception : c’est Jésus qui la fonde. Divine, l’Eglise l’est aussi par vocation : elle nous prépare à rencontrer Dieu ; elle nous donne la vie divine, elle nous conduit à Dieu.

Humaine, l’Eglise l’est par ses membres qui sont des hommes pécheurs. Si l’Eglise n’avait pas une nature humaine, elle ne pourrait accomplir sa mission.

A partir des natures divines et humaines, on peut dire les choses autrement : l’Eglise est sainte et pécheresse. Sainte par son origine, par sa vocation et pécheresse par les membres qui la composent, appelés à la sainteté. Cette double nature de l’Eglise peut être facile à comprendre intellectuellement ; l’expérience montre qu’elle est plus difficile à vivre, parce que l’existence du péché au sein même de l’Eglise, de ses membres, est souvent scandaleuse…et pourtant l’Eglise est pour les pécheurs !

A ce sujet, quels beaux exemples que Saint Pierre et Saint Paul ! Saint Pierre, le premier des 12, celui qui reçoit la mission de l’unité du troupeau, celui qui reçoit le pouvoir de lier ou de délier sur la terre et même dans les Cieux ! Saint Pierre, celui qui fanfaronne, qui ne compte que sur ses forces et qui va renier Jésus, qui va avoir honte !

Saint Paul, un grand terroriste ! Combien de chrétiens a-t-il emprisonnés, tués ! Et l’Eglise les vénère comme les deux plus grands saints, après la Vierge Marie bien sûr ! il est curieux de penser que Jésus a voulu l’Eglise, qu’Il savait qu’elle serait comme cela. Et il est encore plus curieux de regarder que Jésus s’abandonne, se confie à l’Eglise ; Il se remet entre les mains des pécheurs, Lui qui est saint ! Eh bien, nous sommes au cœur du mystère de l’Eglise. Si nous n’acceptons pas cette double nature de l’Eglise, son visage de sainteté et son visage de péché, c’est l’œuvre du salut qui ne pourra s’accomplir. Mais nous savons qui gagnera : « et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. » dit Jésus à Pierre. La sainteté de Dieu l’emportera sur le mal, sur la mort ; la mort n’engloutira pas l’Eglise.

La réalité du péché au sein même de l’Eglise est toujours objet de scandale. On peut se révolter contre le péché de Pierre, on pourrait dire que St Jean était certainement moins pécheur et qu’il aurait été mieux à la première place ! On peut se révolter contre le péché des ministres du Seigneur, comme on peut se révolter contre le péché des membres de l’Eglise. D’ailleurs, on l’entend souvent : « Ah, quand on voit Mme Machin qui va à la messe, et puis quand on sait comment elle vit, ce qu’elle fait etc…, mieux vaut ne pas aller à l’église. » Que ces réflexions sont stupides ! Justement, l’Eglise est faite pour les pécheurs ! Mais il est normal que le péché nous scandalise, nous révolte. Face à l’existence du péché au sein même de l’Eglise, deux tentations existent : il y a la tentation du protestantisme ou celle du catharisme.

Le protestantisme : puisque l’institution Eglise est habitée par des hommes pécheurs, puisque l’Institution est marquée par le péché, alors je la conteste et je me passe de l’Eglise. C’est la solution de facilité ! Et c’est surtout une attitude d’orgueil. Cette attitude fait l’impasse sur deux vérités : la première, c’est que l’Eglise est aussi divine, sainte par nature et par vocation ; la deuxième c’est que Jésus l’a voulue ainsi. Il l’a « créée » ainsi. Regardez le reniement de Pierre, l’attitude de Saul. Regardez dans le collège des 12, l’attitude de Jacques et de Jean qui demandent ouvertement à Jésus les meilleures places dans le Royaume des Cieux ; regardez les disciples qui, tout en marchant à côté de Jésus, se disputent pour savoir qui est le plus grand, qui a la plus grande importance. Les appétits de pouvoir, d’orgueil, les égos ne sont pas nouveaux dans l’Eglise…

La deuxième tentation est celle du catharisme : je veux une Eglise pure, sans péché. De ce fait, j’exclus ceux qui sont pécheurs ! C’est l’hérésie cathare qui a sévi aux XIIème-XIIIème siècle dans le sud de notre pays ainsi qu’en Espagne et un peu au Portugal. L’Eglise a toujours fermement condamné ces dérives tout simplement parce qu’elles sont contraires à la raison d’être de l’Eglise.

Alors, me direz-vous, quelle attitude avoir face au péché qui existe dans l’Eglise, dans ses ministres, dans le peuple des baptisés ? L’attitude, Jésus nous la montre dans l’Evangile en lavant les pieds de ses disciples. C’est la raison pour laquelle Il lave les pieds de Pierre, qui dans un premier temps refuse ! Attitude d’orgueil ! « Non, toi me laver les pieds, jamais ! » Et Jésus le reprend : « Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi ! » Cela veut dire : ‘si je ne te lave pas les pieds, ton péché ne sera pas pardonné, et tu ne pourras pas présider au ministère de la réconciliation dans mon Eglise. Tu n’es pas meilleur que les autres. Pour que tu puisses remettre les péchés des autres, tu dois accepter que je te remette tes péchés !’ Devant le scandale du péché dans l’Eglise, devant l’écoeurement ou devant le dégoût même parfois qui peuvent surgir face à des attitudes intéressées, pas pures, face à des appétits de pouvoir, face à des égos boursoufflés, reconnaissons-nous pécheurs nous aussi. Acceptons que Jésus nous lave les pieds. Il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil de l’autre que de voir la poutre dans son propre œil. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres. En acceptant que Jésus nous lave les pieds, en acceptant qu’Il nous pardonne, nous avons toute notre place dans l’Eglise. C’est ce que St Pierre et St Paul ont compris et vécu. Ils ont accepté d’être sauvés. Ce salut que Jésus leur offre est double : il s’agit bien sûr du salut final, au terme de leur vie ; mais il s’agit aussi du salut au sens du secours de Dieu dans leur vie. Les lectures entendues aujourd’hui nous le redisent : dans la première lecture, Pierre est délivré de sa prison par un ange de Dieu. Le Seigneur vient le libérer. Dans la deuxième lecture, Paul dit lui-même : « J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. » « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » dit l’Ecriture. Lorsque nous nous reconnaissons pécheurs en vérité, lorsque nous acceptons d’être sauvés par Jésus, lorsque nous sommes dans l’Eglise, Dieu s’occupe de tout dans notre vie.

Frères et sœurs, prions pour que l’Eglise, ses ministres (le Pape, les évêques, les prêtres, les diacres), ses fidèles, se convertisse toujours plus en reconnaissant son propre péché et en acceptant d’en être sauvé, libéré par Jésus. Que chaque personne qui se scandalise du péché qu’il voit chez les autres, dans l’Eglise, s’examine en vérité et en profondeur. La sainteté et la purification commencent toujours par soi dans une attitude d’humilité! Amen !

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Homélie de la Solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-la-nativite-de-saint-jean-baptiste-du-pere-julien-palcoux Sun, 24 Jun 2018 14:41:24 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27471 +

Solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste

Frères et sœurs,

Entrons dans cette solennité qui nous fait passer des ténèbres à la pleine lumière, de l’Ancien au Nouveau Testament, au moment précis où la durée du jour est la plus longue. Les païens avaient coutume de fêter le soleil, la lumière, par un grand feu qui symbolisait le soleil, tradition que nous avons conservée avec les « feux de la Saint Jean ». Après le 24 Juin, la lumière du soleil diminuera, faisant échos à la parole de Jean-Baptiste « Il faut qu’Il (Jésus) croisse et que je diminue » pour qu’au 25 décembre, la croissance du soleil reprenne, alors que nous fêtons la naissance de l’Enfant Jésus, la vraie Lumière.

Jean-Baptiste est le prophète qui nous fait passer de l’Ancien au Nouveau Testament. L’Evangile que nous venons d’entendre nous le dit à deux reprises. « A l’instant même, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia. » nous dit St Jean en parlant de Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Je voudrais m’arrêter sur cet épisode, très symbolique. Zacharie, alors qu’il officiait au Temple, reçoit une vision d’un Ange lui annonçant qu’il allait avoir un enfant (contre les Lois de la nature : à savoir une femme stérile et en plus âgée). Mais Zacharie ne croit pas l’Ange. Il n’offre pas une pleine coopération. De ce fait, il perd l’usage de la parole. Pour un prêtre, même de l’Ancien Testament, c’est embêtant…Il ne peut plus exercer son sacerdoce. Il y a quelque chose qui s’arrête avec son manque de foi. Lorsque l’enfant naîtra et qu’il accomplira ce que l’ange lui avait annoncé, à savoir qu’il appellera son fils Jean, Zacharie retrouve l’usage de la parole. Son mutisme correspond à son manque de foi. En donnant naissance à celui qui sera la Voix (« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » dira de lui-même Jean-Baptiste… »), il retrouve l’usage de la parole. Avec le recouvrement de la parole, c’est une vie nouvelle qui commence. L’homme ancien de l’Ancienne alliance est mort ; un homme nouveau, celui de la Nouvelle Alliance, vient de naître par la naissance de son fils.

Il y a un deuxième élément qui suggère un passage de l’Ancienne Alliance à la Nouvelle, c’est le choix du prénom. Dans la tradition hébraïque, le prénom se transmet de père en fils, de grand-père en petit fils. Quand on demande le futur prénom de l’enfant et qu’Elisabeth répond « Jean », on lui fait remarquer que personne dans sa famille ne porte ce prénom. Cette rupture dans le choix du prénom marque un passage. Désormais, en obéissant à l’ordre de Dieu, quelque chose de nouveau commence ; il y a une rupture dans la tradition ; une ère nouvelle s’ouvre. De plus, il faut savoir que le prénom dans la tradition hébraïque dit et l’identité de la personne et sa mission. Jean, Yochanan en hébreu signifie Celui qui fait indulgence, celui qui fait miséricorde. Quel beau prénom pour celui qui baptisera  et qui, en baptisant Jésus, fera passer de l’ancien rite de baptême et au nouveau sacrementel !

Les textes que nous entendons pour la Nativité de St Jean-Baptiste attirent notre attention, notamment entre la première lecture et le psaume, sur la vie in utero de Jean-Baptiste. Ils nous disent que le bébé dans le sein de sa mère est déjà une personne pleine, entière et agissante et ils nous disent que Dieu habite déjà cette personne et a un projet pour cette personne. Je reprends les paroles du prophète Isaïe : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. » Plus loin : « Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère. » La Sainte Ecriture nous apprend que l’enfant pas encore né a une vie naturelle pleine mais aussi une vie surnaturelle. Dieu a un projet pour chacun de ses enfants pas encore nés.

A cela, il faut ajouter avec l’épisode de la Visitation, que nous voyons que les bébés dans le ventre de leur maman agissent pleinement. Jésus dans le sein de Marie salue son cousin Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth, et les deux enfants sont à l’origine, provoquent en quelque sorte l’échange qui suit entre Elisabeth et Marie. Ils agissent déjà comme des personnes complètes. Que retenir de ces réflexions ? Trois choses. Tout d’abord, qu’il faut protéger et défendre les bébés dans le ventre de leur mère parce qu’ils sont déjà vraiment des personnes qui existent, qui vivent, qui agissent. Dieu les connaît. Et ces personnes sont les plus faibles, les plus fragiles, les plus dépendantes. Quelles que soient les conditions des grossesses, désirées, non désirées, accidentelles, on ne peut mettre de côté ces vies innocentes qui n’ont rien demandé. Quelles que soient les modes, les pressions idéologiques ou politiques, quelles que soient les Lois même votées, l’Eglise sera toujours du côté de la vie innocente à défendre, à protéger. Fêter la Nativité de St Jean-Baptiste, c’est aussi redire l’infinie valeur de toute vie humaine. L’enfant est toujours à accueillir comme un don et non comme un produit que l’on commande ou que l’on veut.

La Nativité de Saint Jean-Baptiste nous redit aussi que Dieu est le seul maître de la Vie. Zacharie et Elisabeth n’ont pu avoir d’enfants…mais Dieu va leur en donner. La Bible nous présente un certain nombre de naissances d’origine divine : le prophète Samuel, Samson, Jean-Baptiste, Jésus. Nous ne pouvons que nous réjouir que la science et la médecine aient fait des progrès ; mais, ultimement, Dieu est le seul maître de la Vie. Il est la source de toute fécondité, naturelle comme surnaturelle. Seul Dieu peut agir au-dessus des lois de la nature. « Rien n’est impossible à Dieu » nous redit l’Archange Gabriel.

Enfin, j’en tire une troisième réflexion qui concerne les parents. Le rôle des parents est de coopérer à l’œuvre de Dieu pour les enfants, voire d’aider à découvrir le projet de Dieu, de les aider à y répondre ; pas de faire écran ou d’appliquer un programme personnel sur son enfant. L’Ecriture nous le rappelle : le projet de Dieu précède celui des parents. Lorsque Zacharie applique ce que l’ange préconisait dans le choix du prénom, il guérit. La coopération à l’œuvre de Dieu est source de guérison.

En ce jour où nous fêtons la Nativité de Saint Jean-Baptiste, prions pour toutes les familles, pour la mission des parents qui est de coopérer à l’œuvre de Dieu, d’aider leurs enfants à connaître Dieu ; prions pour tous les enfants dans le sein de leur mère, pour tous ceux qui n’ont pas vu le jour. Prions pour tous les couples qui désirent avoir des enfants et qui n’y arrivent pas : qu’ils se tournent avec confiance vers Dieu. Prions pour les vocations religieuses et sacerdotales dont notre Eglise a besoin. Dieu n’a jamais arrêté d’appeler. Mais sommes-nous ouverts à cet appel ? Aidons-nous les enfants à découvrir ce que Dieu attend d’eux ? Que Saint Jean-Baptiste intercède pour chacun de nous. Amen !

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Homélie du 10ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-10eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Mon, 11 Jun 2018 06:58:06 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=27195 +

10ème Dimanche du temps ordinaire

Frères et sœurs,

Les textes que nous entendons en ce jour nous amènent à réfléchir sur le péché, sur la nature du péché et sur ses conséquences. A l’origine, le péché tire son existence de l’orgueil. On pourrait dire que l’orgueil est le terreau dans lequel naît tout péché. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit au sujet de la nature du péché (387) : « Le péché est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées pour qu’elles puissent L’aimer et s’aimer mutuellement. »

En regardant les textes du jour, nous pouvons distinguer trois sortes de péchés.

La première lecture évoque le péché comme la désobéissance à Dieu. « Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » demande Dieu à Adam. Cette désobéissance originelle entraine une perturbation de la relation entre l’homme et Dieu ainsi qu’une rupture de l’harmonie existant entre les êtres humains entre eux et avec la nature. Le récit nous apprend que l’homme désormais se cache de Dieu, qu’il a peur de Dieu et qu’il rejette la faute sur Eve, qui, elle, la rejette sur le serpent. Tout l’ordre harmonieux de la création se défait et on entre dans le désordre. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit : « Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté. » (397)

Ce péché de désobéissance que nous l’appelons péché originel a été commis par nos premiers parents. Si la désobéissance à Dieu est la cause de l’entrée du péché dans le monde, le remède est dans l’obéissance à Dieu que nous apporte Jésus. Par son obéissance inconditionnelle, et surtout au cours de sa Passion, Jésus répare la transgression initiale et permet que le salut entre dans le monde. Bien sûr, le Salut nous vient par Jésus-Christ, mais, tous, qui que nous soyons, quoi que nous fassions, nous pouvons aussi participer au mystère de la Rédemption et du Salut du monde par notre propre obéissance. L’obéissance appelle de notre part une attitude d’humilité, de soumission, antidote à l’attitude d’orgueil dans laquelle s’enracine le péché.

L’Evangile, quant à lui, évoque 3 formes de péché dont les 3 ont en commun la tentation, la tentative, la prétention de mettre la main sur Dieu. Encore une fois, le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit : « L’homme a voulu être comme Dieu, mais sans Dieu et avant Dieu, et non pas selon Dieu. » (398) Alors, regardons ces 3 mainmises sur Dieu. Les Juifs essayaient de se préserver du péché qui consistait à mettre la main sur Dieu en donnant à Dieu un nom imprononçable que l’on traduit par YAHVE.

La première vient des gens de l’entourage de Jésus, « les gens de chez Lui », dit l’Evangile. On imagine, des voisins, la parenté. Ils viennent « se saisir » de Lui car « il a perdu la tête. » On voit bien le péché qui est derrière. Ce que dit Jésus, ce que fait Jésus ne correspond pas à l’homme que l’on connaît. Donc, Il est fou. Le péché est là : on absolutise son propre point de vue sur Jésus pour en faire la norme ; et la personne sera « lue », « interprétée » à la lumière de mon propre point de vue. Mon point de vue est fondamental et détermine mon rapport à la personne. Eh bien, nous sommes ici dans une attitude fondamentalement intégriste. L’intégrisme, ce n’est pas aimer, défendre ou promouvoir la tradition, c’est l’absolutisation de son propre point de vue en norme et qui, de fait, exclut tous ceux qui ne pensent pas comme la norme. Il y a beaucoup plus d’intégristes qu’on ne le croit ; mais ils ne sont pas forcément là où on les croit…L’antidote est ici la vie en Eglise. Vivre en Eglise, dans une église composée de gens différents, de sociologie différente, est le remède à de telles dérives. L’existence de l’autre, d’autres points de vue, nous conduira toujours à relativiser les nôtres.

La deuxième est dans l’attitude des scribes qui accusent Jésus d’opérer ses guérisons par l’œuvre du diable. Là aussi, nous retrouvons à l’origine l’absolutisation d’un point de vue qui est forcément juste, qui ne se remet pas en cause, jamais, qui est sûr d’avoir raison. On entre alors dans le déni de la réalité, dans le mensonge, la perversion de la réalité que l’on tord pour la faire entrer dans mon propre point de vue. Les scribes perdent de vue que les gens sont guéris, que l’action de Jésus est réellement un Bien. La manœuvre du diable est à son comble : attribuer à Béelzéboul ce qui revient à Dieu tout en déniant l’œuvre de Dieu. Ici, l’antidote est l’usage de la raison. C’est le raisonnement logique qu’adopte Jésus face aux scribes. Souvenons-nous que l’exercice de la raison est toujours du côté de Dieu puisque Dieu est le  initial, la raison créatrice. Quand on se rend compte que la raison ne fonctionne pas ou plus, il y a toujours une manipulation du démon derrière.

La troisième est dans l’attitude de la famille de Jésus : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Tentation de mettre la main sur Jésus : Il nous appartient, Il est à nous. Réponse de Jésus : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Jésus dépasse les liens du sang pour ouvrir la famille à tous ceux qui accomplissent la volonté de Dieu. Une nouvelle fois, l’antidote contre ce péché réside dans la vie en Eglise, en paroisse, qui nous conduit à ouvrir nos relations et à ouvrir les familles à l’Eglise.

Alors, il reste la question du péché contre l’Esprit-Saint dont Jésus dit qu’il ne peut être pardonné. Y a-t-il une limite au pardon de Dieu ? En fait, tout s’éclaire dès que l’on précise ce que l’on entend par « péché contre l’Esprit-Saint ». Certains Pères de l’Eglise (Athanase, Hilaire, Ambroise, Jérôme, Chrysostome) disent qu’il y a péché contre l’Esprit-Saint dès l’instant que l’on blasphème contre l’Esprit-Saint, l’Esprit-Saint désignant ou bien Dieu ou bien la personne de la Trinité appelée l’Esprit-saint. St Augustin, et St Thomas d’Aquin à sa suite, expliquent le péché contre l’Esprit-Saint comme l’impénitence finale, c’est-à-dire, comme le fait de persévérer dans le péché et dans le refus de demander pardon et de se convertir. En fait, il s’agit du refus du salut. Dès lors, il est logique que ce péché ne puisse être pardonné, parce qu’il consiste justement dans le refus du pardon. Du reste le Catéchisme de l’Eglise Catholique confirme cette interprétation : « Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir, rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit-Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle. » (1864) et d’autre part : « Il n’y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Eglise ne puisse remettre. ‘Il n’est personne, si méchant et si coupable qu’il soit qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère.’ Le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Eglise, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché. » (982)

Alors, que retenir au terme de cette méditation sur le péché ? Que beaucoup d’antidotes se trouvent dans la pratique de l’obéissance, de l’exercice de la raison et dans la qualité de la vie en Eglise. Demandons la grâce au Seigneur de mieux L’approcher, de mieux Le connaître, par tout ce que nos frères et sœurs nous apportent de Lui. Amen !

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Homélie de Fête de la Visitation de Notre-Dame du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-fete-de-la-visitation-de-notre-dame-du-pere-julien-palcoux Fri, 01 Jun 2018 04:22:51 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26930 +

Fête de la Visitation de Notre-Dame

Jeudi 31 Mai 2018

Frères et sœurs,

Nous clôturons le mois de Mai avec la fête de la Visitation de Notre-Dame. Cette fête comporte une bonne nouvelle fondamentale, essentielle : Dieu est en nous !

« Pousse des cris de joie, fille de Sion !, dit le prophète Sophonie, « le Roi d’Israël, le Seigneur, est en toi ! » Dieu n’est pas extérieur à nous ; Il est en nous ! Cette Bonne Nouvelle en comporte une autre, notamment pour tous ceux qui prient la Vierge Marie fidèlement, pour tous ceux qui lui vouent une dévotion : Marie nous apporte Jésus, comme le dit l’Evangile de la Visitation. Même si nous prions Marie, personnellement, à travers le chapelet, Marie nous apporte et nous conduit à Jésus ! Comme dit Saint Louis-Marie Grignon de Montfort , il n’y a pas de chemin plus sûr pour aller à Dieu que de passer par Marie.

« Le Seigneur est en toi » dit donc le prophète Sophonie. Il nous ouvre à la présence intérieure de Dieu en nous. Cette présence est une Bonne Nouvelle, car trop souvent, nous pensons Dieu comme un principe, une réalité extérieure à nous ; or Dieu est intérieur à nous. En fait, il ne faut pas « ajouter » Dieu dans sa vie, mais il faut s’ouvrir à sa présence en nous. Marie nous guide dans ce chemin d’intériorité ; elle nous apprend à nous rendre attentif et disponible à la présence discrète de Celui qui, invisible à l’œil nu, habite notre cœur. Marie nous apprend à ne pas seulement vivre extérieurement, c’est-à-dire en relation avec d’autres, mais aussi à vivre intérieurement, en présence de Dieu.

Il est vrai que Marie, par rapport à nous, est habitée d’une manière particulière par Dieu. Jésus prend chair en elle. Elle porte Dieu. Et que fait-elle ? elle porte immédiatement le Trésor qui réside en son sein, elle le porte à sa cousine. Elle ne garde pas pour elle le don de Dieu, elle va immédiatement l’apporter aux autres. Marie nous redit ainsi que l’habitation de Dieu en nous est la source et la cause de toute mission ; il y a un équilibre à trouver entre le don de Dieu que l’on reçoit en nous et le don de Dieu que l’on fait aux autres. Pour un chrétien, garder pour soi le don de Dieu, la foi, en en faisant une affaire strictement personnelle, sans avoir le souci de la transmettre aux autres, n’est pas juste. Tout comme se donner aux autres, dans des activités, l’associatif , le service, en taisant notre foi ou en la cachant n’est pas juste. Marie nous apprend à trouver cet équilibre difficile. Le dynamisme missionnaire dépend de la qualité de notre vie intérieure en communion avec la présence de Dieu en nous. Que Marie nous aide à grandir dans cette communion.

Chose remarquable, lorsque Marie visite sa cousine Elisabeth, les enfants, tous deux dans le sein de leur mère, se saluent. Cette scène est importante : elle montre que les enfants non seulement sont vivants dans le sein de leur mère, mais même qu’ils agissent déjà en tant que personne. Que Marie nous aide à estimer, à protéger et à défendre la Vie dans le sein de la Mère, toute vie…même celle qui arrive quand elle n’est pas désirée. Nous vivons aujourd’hui un paradoxe étonnant : d’un côté, l’enfant est un objet que l’on réclame, que l’on veut acheter : c’est notamment tout ce qui se prépare avec les Lois sur la PMA, la GPA. L’enfant est un objet que l’on achète. D’un autre côté, l’enfant non désiré est tué ! Quel point commun y a –t-il entre ces deux comportements ? Le point commun réside dans le fait que dans les deux cas triomphe le point de vue égoïste de l’homme qui ne se considère que lui, et qui ne prend pas en compte le point de vue de l’enfant. Une nouvelle fois, mais de manière déguisée, le point de vue du plus fort l’emporte sur le plus faible !

Il n’y a aucun jugement dans ce que je dis, mais il faut considérer et respecter les droits de l’enfant et non les sacrifier sur l’autel de l’égoïsme de l’homme ! Le vote récent favorable à l’avortement en Irlande fait malheureusement basculer une Europe d’origine chrétienne dans une culture de mort. Seule désormais la Pologne résiste encore et protège la vie du plus faible. Que la Vierge Marie, Mère, nous aide à estimer et à défendre le prix de toute vie humaine : celle de l’enfant à naître comme celle de la Maman qui n’a plus d’enfants ou de la femme qui n’arrive pas à en avoir. Amen !

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Homélie de la Solennité de la Sainte Trinité du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-la-sainte-trinite-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 27 May 2018 16:34:37 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26884 +

Solennité de la Sainte Trinité

Chers frères et sœurs,

Fêter la Sainte Trinité, c’est fêter Dieu dans son essence même. Au terme de l’ancienne (et regrettée) octave de la Pentecôte, la liturgie de l’Eglise nous invite à rendre culte à Dieu Père, Fils et Saint Esprit. La déclaration dogmatique relative à la Sainte Trinité a été fixée lors du Concile de Constantinople I en 381 ; elle est notamment exprimée dans ce que nous appelons le Symbole de Nicée-Constantinople. Si l’Evangile de St Matthieu que nous avons entendu en ce jour pour cette messe nous redonne ces paroles de Jésus avant l’Ascension : « Allez donc ! De toutes les nations faîtes des disciples ; baptisez-les au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! », il a fallu presque 4 siècles avant d’arriver à une formulation théologique relative au mystère de la Sainte Trinité.

Il est vrai que croire en un Dieu unique existant en trois personnes distinctes, d’égale divinité, est difficile. Cette difficulté, nous la retrouvons dans la lente et difficile accession à la formulation du dogme de la Sainte Trinité. On trouve des mentions de la Sainte Trinité dans la bouche même de Jésus. Les chapitres 14 à 17 de l’Evangile selon St Jean sont à ce titre très intéressants. Jésus dit qu’Il vient du Père et qu’Il retourne au Père. Il évoque l’arrivée de l’Esprit-Saint. Mais il va falloir du temps pour que l’Eglise médite, intériorise ces paroles et en ressorte tout le mystère trinitaire sous-jacent.

Les premières difficultés se font jour quant à la question de la divinité de Jésus avec notamment l’hérésie arienne, appelée l’arianisme, qui contestait la divinité de Jésus et tenait le Fils pour inférieur au Père. Le concile de Nicée 325 répond à cette hérésie et adopte un texte appelé le « Symbole de Nicée » qui affirme que le Fils est consubstantiel au Père.

Dans la suite de la contestation de la divinité du Fils arrive la contestation de la divinité de l’Esprit-Saint. Deux hérésies défendent cette doctrine : celles de Macédonius et celle des pneumatomaques, assez proches, qui tiennent l’Esprit pour inférieur au Père et au Fils. Ces deux hérésies sont condamnées lors du Concile de Constantinople I en 381 qui adopte une confession de foi très proche du Symbole de Nicée-Constantinople et qui affirme notamment la divinité de l’Esprit-Saint : « Je crois en l’Esprit-Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. »

En 381, le dogme de la Sainte Trinité est fixé et explicité. Les conciles christologiques suivants traiteront de la question des natures divine et humaine du Christ. Que retenir du dogme de la Sainte Trinité ? que nous croyons en un seul Dieu qui existe en 3 personnes qui partagent la même substance divine mais qui se distinguent par leurs relations internes et leurs missions. Ainsi, le Père est vu comme Créateur (même si le Fils et l’Esprit-Saint sont présents lors de la Création. Le 1er verset de la Bible au livre de la Genèse dit : « L’Esprit de Dieu planait sur les eaux. ») ; le Fils est vu comme Rédempteur ; l’Esprit-Saint comme le Sanctificateur.

A partir de ces différentes missions, je souhaiterais regarder de plus près le rôle particulier de l’Esprit-Saint. Le Credo dit que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils; cela veut dire, qu’il vient du Père et du Fils. Le rôle de l’Esprit-Saint est par conséquent de nous conduire à ceux dont il provient : le Fils et le Père. Plus exactement, l’Esprit-Saint nous fait devenir Fils pour aller vers le Père. Il nous fait entrer dans la filiation divine en développant, en nous faisant vivre complètement notre baptême qui nous a fait devenir ‘fils de Dieu’. Dans l’épître aux Romains, St Paul écrivait : « l’Esprit fait de vous des fils; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant ‘Abba’. » Lors de la Solennité de la Pentecôte, je disais que le don de l’Esprit-Saint accomplissait le mystère pascal de Jésus, c’est-à-dire qu’il nous aidait à vivre du mystère pascal de Jésus. Il s’agit bien de la même chose : l’Esprit-Saint nous fait devenir Fils de Dieu. En devenant Fils, nous allons vers le Père, qui est le mouvement de toute vie chrétienne. Jésus le dit à ses disciples : «  Je vais vers le Père. » L’Esprit-Saint nous fait entrer au cœur de la Trinité.

L’Esprit-Saint a encore une autre particularité : il nous aide à répondre à Dieu. La sainte Trinité habite complètement notre âme. Dans la tradition spirituelle, on distingue 3 puissances de l’âme : la mémoire, l’intelligence et la volonté. A chacune de ces puissances correspond une personne de la Trinité. Ainsi peut-on dire que le don du Père, inscrit en notre mémoire, nous est révélé par la parole du Fils (faculté de l’intelligence), qui suscite en nous une réponse d’Amour et de louange (faculté de volonté), nous ouvrant à l’Esprit. Là aussi, nous pouvons évoquer St Paul : « Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » Rm 8, 26.

Pour terminer, nous pouvons regarder deux effets de l’Esprit-Saint, non plus directement en nous, mais par rapport aux autres : dans l’Eglise et dans le monde. Dans l’Eglise, l’Esprit-Saint permet le développement et l’appropriation du contenu de la foi. Si tout est donné dans la foi, telle une graine, tout continue de grandir et de se développer dans le temps. C’est précisément le rôle de l’Esprit-Saint d’aider à cette croissance et de nous aider à en vivre. Cette croissance de la foi est indissociable de l’Eglise qui la transmet, l’explicite, la régule.

Dans le monde, l’Esprit-Saint permet l’unité, la communion de toutes les personnes différentes. L’Unité divine est trine ; par conséquent Dieu est le seul principe et fondement d’unité et de communion. En Lui seul, existe la véritable unité de personnes réellement distinctes. Cela fait réfléchir : quand on cherche à construire aujourd’hui un « vivre ensemble » dans une laïcité qui exclut Dieu, dans une laïcité qui rejette Celui dont elle tire son existence : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », ou qui combat Celui qui permet l’Unité des personnes et des réalités différentes !

Que le Seigneur nous aide à entrer plus profondément dans le mystère de la Sainte Trinité pour vivre toujours plus à l’image du Dieu  trinitaire. Amen !

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Homélie de la messe de la Vigile de la Pentecôte du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-vigile-de-la-pentecote-du-pere-julien-palcoux Sun, 20 May 2018 06:24:17 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26820 +

Vigile de la Pentecôte

Frères et sœurs,

En entrant ce soir dans la fête de la Pentecôte, nous rendons grâce à Dieu pour le don de l’Esprit-Saint à notre monde, don de l’Esprit de Dieu qui accomplit le mystère pascal, qui répond au péché des hommes et contrecarre l’œuvre du démon, don de l’Esprit Saint, enfin, qui construit et fait vivre l’Eglise. La fête de la Pentecôte est comme une nouvelle création dans laquelle l’Esprit de Dieu, Esprit de Vie, vient insuffler dans le coeur des hommes et de l’Eglise une vie nouvelle.

La fête chrétienne de la Pentecôte accomplit la fête de Pâques en s’enracinant dans la tradition juive de la fête des Moissons, 50 jours après la fête de Pâques. Dans la fête juive des Moissons, il s’agissait d’offrir en prémisse à Dieu, de qui vient tout don parfait, les fruits des récoltes. Il est fréquent que Jésus parle de l’évangélisation comme d’une moisson, une moisson abondante pour laquelle les ouvriers sont peu nombreux. La moisson spirituelle est intimement liée à la proclamation de la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. Nous avons là un premier lien entre la fête de Pâques et la fête de la Pentecôte.

Il y en a un deuxième : le don de l’Esprit de Dieu nous permet d’entrer dans le mystère pascal de Jésus et d’en vivre. L’Esprit Saint nous permet de grandir dans la vie nouvelle qui nous est donnée à Pâques. Il nous permet de vivre des sacrements qui sont issus de la Résurrection du Christ lui-même ; le baptême, l’Eucharistie, le pardon des péchés tirent leur efficacité sacramentelle de la Résurrection du Christ. St Jean d’ailleurs nous montre ceci, lorsqu’il rapporte le don de l’Esprit-Saint à la première apparition de Jésus à ses disciples le jour même de Pâques et que Jésus leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint ; tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils leur seront remis ; tout homme à qui vous les maintiendrez, ils leur seront maintenus. » (Jn 20, 19-23)

L’accomplissement de la fête de Pâques dans la fête de la Pentecôte est visible également dans la structure du Credo. L’Eglise est appelée aussi bien Corps du Christ que Temple de l’Esprit. Par conséquent, l’Eglise aurait aussi bien pu être mentionnée dans le Credo après le Fils, puisqu’elle tire son existence de Lui, ou bien après l’Esprit-Saint puisque c’est Lui qui lui donne sa vie. L’Eglise a choisi de placer la mention de l’Eglise après celle de l’Esprit-Saint, ne coupant pas ainsi la mention de la Trinité, et mettant en avant le fait qu’elle est habitée, conduite, gouvernée par l’Esprit-Saint.

La fête de la Pentecôte peut aussi être vue comme la réponse de Dieu à la division des hommes, nous montrant ainsi que l’Esprit-Saint œuvre toujours en faveur de l’Unité.

La première lecture entendue nous rappelle l’épisode de Babel. Dans ce récit, nous voyons l’orgueil des hommes qui veulent atteindre le Ciel, retrouvant ainsi une expression du péché des origines dans lequel l’homme voulait se faire « l’égal de Dieu. » En introduisant différentes langues et en dispersant les hommes sur toute la terre, Dieu nous montrait que l’unité ne peut se construire en dehors de Lui ou sans Lui. Dans le plan de Dieu, les différences permettent une unité plus forte, plus solide ; dans le plan du démon, elles sont sources d’opposition et d’affrontements. La Pentecôte montre que l’Esprit de Dieu rejoint tout homme dans sa particularité, qu’elle rejoint la totalité des hommes dans leur différence et qu’Il permet une unité nouvelle au-delà de ce qui peut séparer, voire opposer. Le don de l’Esprit-Saint manifeste que l’unité est un don de Dieu. Alors, ce soir, se pose à nous cette question : où puisons-nous notre unité ? dans des consensus à la manière du monde, qui souvent impliquent une altération de notre être individué, la recherche du plus petit dénominateur commun pour ne gêner personne, ou encore, un nivellement par le bas, ou alors puisons-nous notre unité en Dieu, qui seul, permet, que nous soyons pleinement et intégralement nous-même ?

Cette question est importante sur un plan personnel, mais aussi familial, institutionnel et ecclésial. Il en va même aujourd’hui de la survie des institutions, des familles, des hommes. Est-ce l’esprit de Babel qui nous inspire, esprit de consensus humain, acheté, vendu, au prix de mille concessions, de mille trahisons, par des êtres sans convictions, ou plutôt est-ce l’Esprit de Pentecôte, don de Dieu non négociable parce qu’offert gratuitement à tout homme de bonne volonté, principe de vérité, de paix et de joie pour les peuples, pour l’humanité, pour chaque homme ?

Une association humaine peut certainement trouver d’autres sources d’unité… Si le consensus obtenu ne respecte pas la vérité de ce qui est, de ce qu’est l’homme, s’il ne promeut pas la défense du plus faible, cette association n’est qu’un leurre, une unité contre nature dont le temps aura raison. L’esprit de Babel est à l’oeuvre :

« Créons un être humain, un homme né en laboratoire, quand on veut, comme on veut, un homme dont on se débarrasse aussi quand on veut, comme on veut, parfois même comme il veut. Produisons un sur-homme. Révolutionnons la nature humaine. Construisons une nouvelle tour de Babel, un ordre mondial dont les fondements seront

établis sur les sables mouvants de la prospérité économique, et qui ne profitera qu’à ceux qui en sont les artisans cachés. »

Comme au temps des Apôtres, nous vivons dans un monde où soufflent des vents dangereux, hostiles. Mais, l’Esprit-Saint il y a 2000 ans n’a-t-il pas réussi à produire une moisson importante ? Pourquoi n’y arriverait-il pas aujourd’hui ? Peut-être sommes moins ouverts que les Apôtres au don de Dieu ? Le Seigneur l’a affirmé avant sa Passion : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix : mais ce n’est pas comme le monde la donne que moi je vous la donne. » (Jn 14, 27)

Si nous désirons cette autre paix pour le monde, pour l’Église, pour notre pays, pour nos institutions et nos communautés, pour nos familles, paix dans les hôpitaux, paix pour les mourants et les malades, paix pour les bébés dans le sein maternel, paix pour nos familles ; enfin, paix dans notre coeur, déposons les armes de la haine, de la vengeance, de la rancune et de la rancœur, de la jalousie qui détruit et abîme tellement de belles choses et ouvrons la porte à l’Esprit-Saint. Qu’il éclaire les hommes politiques afin qu’ils aient le courage de chercher la vérité, de se mettre généreusement au service de l’homme et non de leurs propres intérêts, en particulier à travers le soin des plus faibles.

Que la Vierge Marie qui a accueilli la première l’Esprit-Saint en son cœur, nous apprenne à accueillir le mieux possible l’Esprit de Dieu, source de Vie, de Paix et de Vérité. Amen !

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Homélie du 7ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-7eme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 13 May 2018 17:06:58 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26759 +

7ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

En ces quelques jours qui séparent l’Ascension de Jésus du don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte, l’Eglise nous fait méditer sur les derniers enseignements de Jésus avant sa Passion. Ces derniers discours sont appelés indifféremment discours d’Adieu ou encore Prière Sacerdotale.

Je vous propose de le lire dans la tradition des discours d’Adieu de l’Ancien Testament, où les Patriarches avant d’être réunis à leurs Pères rassemblaient autour d’eux leurs enfants, les bénissaient en leur administrant quelques derniers conseils et en leur faisant connaître leurs dernières volontés. C’était une sorte de testament spirituel.

Aussi entendons-nous dans ces jours-ci le testament spirituel de Jésus. Son testament est une prière pour nous. Nous avons plutôt tendance à penser la prière à Jésus comme la prière que nous offrons au Christ ; mais, Jésus a prié pour nous, pour chacun de nous et pour ceux qui viendront ensuite. Je retiendrais 3 intentions de prière de Jésus dans ce discours d’Adieu.

Tout d’abord, Jésus demande à son Père qu’Il nous garde dans la fidélité à son Nom : « Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom (…) pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. »

L’évocation du Nom de Dieu, renvoie d’une part à Moïse et d’autre part à la fête juive des Expiations, fête appelée le Yom Kippour. C’est tout d’abord à Moïse que Dieu fait connaître son Nom lors de l’épisode du Buisson ardent. Ce Nom signifiait que Dieu se laissait invoquer et qu’Il entrait en communion avec Israël. La fidélité au Nom de Dieu est donc la fidélité à Dieu qui vit au milieu des hommes. Dans la bouche de Jésus, faire connaître le Nom de Dieu, c’est faire connaître un nouveau mode de présence de Dieu parmi nous : en Jésus lui-même. Dans l’Incarnation, Dieu prend un corps : Jésus. Dit autrement : Jésus est Dieu ; maintenant Jésus prie pour que, au travers de sa Résurrection, nous devenions son corps ressuscité. Il fait de nous son corps.

L’évocation du Nom de Dieu renvoie également au Yom Kippour, la fête des Expiations, la fête où une seule fois par an, le Grand Prêtre prononce le Nom de Dieu en entrant dans le Saint des Saints. La signification est claire : la fête du Yom Kippour avait pour but de purifier le peuple d’Israël de ses péchés pour le re-consacrer ; cette re-consécration, cette réconciliation avec Dieu a désormais lieu par Jésus. Jésus prie pour que nous demeurions fidèles à Dieu, qui seul, nous sauve, et cette fidélité à Dieu passe par notre communion avec Lui.

Jésus prie pour que nous soyons gardés du Mauvais, c’est-à-dire pour que le Mal ne triomphe pas de nous. Jésus ne prie pas son Père pour que nous n’affrontions pas le mal. Il lui demande que le Mal ne gagne pas. C’est-à-dire que Jésus laisse ici la place pour le combat spirituel, un combat à mener contre le démon et pour nous-mêmes et pour les autres. L’Eglise que Jésus est en train de former est faite aussi pour le combat. A l’Eglise aussi s’appliquent ces paroles du Christ : « Ils ne sont pas du monde. » et « Le monde les a pris en haine car ils ne sont pas du monde. »

Frères et sœurs, en nous basant sur ces paroles de Jésus, laissons notre vision de l’Eglise se rééquilibrer. L’Eglise est aussi dans le monde sans être du monde. Lorsque l’on plaque ou que l’on souhaite l’évolution de l’Eglise sur le monde, on se trompe, car on n’oublie que l’Eglise n’est pas du monde. Lorsque l’on conteste, notamment dans la liturgie, des éléments qui nous distancient du monde, on se trompe…car c’est aussi la nature de l’Eglise que d’être extérieure au monde parce qu’elle nous conduit au-delà du monde. Ces recommandations que Jésus nous adresse, nous protègent d’un angélisme niais et naïf. Mais pour honorer comme il se doit ce combat que les chrétiens ont à mener dans le monde, les disciples auront besoin d’un secours qui est l’Esprit-Saint.

Enfin, Jésus prie son Père de nous « consacrer dans la Vérité. » Consacrer, c’est mettre à part, c’est transférer une réalité, une personne du monde dans la propriété de Dieu. On peut mettre à part pour le sacrifice, pour le sacerdoce. La consécration implique d’abord une séparation du milieu pour être ensuite mise pour : pour le monde, pour les autres. En fait, la consécration implique séparation et mission. Un des meilleurs exemples est le peuple même d’Israël. Israël est consacré, c’est-à-dire mis à part des autres peuples, en vue d’une mission pour tous les peuples. Dans un deuxième sens, consacrer peut aussi vouloir dire sacrifier au sens où l’on met à part en vue du sacrifice.

Que le Père nous consacre dans la Vérité signifie que la Vérité est notre force de sanctification, est notre force de sacrifice. Jésus prie pour que nous n’ayons pas peur d’être différents, d’être mis à part ; Il prie pour que nous nous laissions transformer dans notre cœur, nos actes, nos paroles, nos relations, par la Vérité qu’est Dieu lui-même. Il prie pour que nous devenions vrais, à l’image du Dieu Vérité. Une nouvelle fois, la clé de cette transformation réside dans le mystère de la Communion avec Jésus.

Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur Jésus d’avoir prié pour nous et pour l’Eglise. Que notre Communion avec Lui devienne une communion vivante, source de vie, de vérité et d’Amour. Ainsi, deviendrons-nous réellement des Fils de Dieu. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Ascension du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lascension-du-pere-julien-palcoux-2 Sat, 12 May 2018 13:02:03 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26757 +

Solennité de l’Ascension

Frères et sœurs,

La Solennité de l’Ascension de Jésus met un terme définitif à son mode d’existence humaine. On peut distinguer deux phases d’inégale durée dans l’existence humaine de Jésus. La première phase est comprise dans l’humanité que Jésus assume, qui est notre humanité, marquée par les limites que nous connaissons, même si dans cette humanité « limitée » qu’assume Jésus, deux caractéristiques importantes voient le jour : la première, c’est que Jésus n’est porteur d’aucun péché ; la deuxième, c’est que c’est sous le voile de cette humanité limitée que la divinité de Jésus jaillit pour accomplir tel ou tel miracle. La deuxième phase est comprise dans l’humanité ressuscitée que Jésus inaugure au moment de sa Résurrection.

On est souvent attentifs dans l’enseignement de la foi, dans la catéchèse, et même dans la prédication, aux trois années de ministère de Jésus, années pendant lesquelles Il forme ses disciples, Il annonce le Royaume des Cieux. On l’est moins, en revanche, par rapport à cette temporalité particulière de 40 jours que vit Jésus entre sa Résurrection et son Ascension. Et pourtant, de nombreuses vérités se trouvent confirmées. J’en relève quelques-unes.

Tout d’abord, ces 40 jours, sont l’occasion de la consolidation de la foi des disciples en la Résurrection de Jésus. Au cours de ces jours saints, Jésus a confirmé l’immortalité de l’âme et même de la chair. Il a initié ses Apôtres et disciples à ses différents modes de présence : dans l’Ecriture, dans le Pain partagé, le mode le plus complet étant celui du pain partagé, c’est-à-dire de l’Eucharistie, où Jésus est présent spirituellement et corporellement, à la différence des Ecritures où Jésus n’est présent que spirituellement. Le meilleur exemple est le récit des pèlerins d’Emmnaüs où, au moment même où les disciples reconnaissent Jésus quand il rompt le pain, Jésus disparaît. C’est très clair : Il leur dit : « Je suis le Pain ».

Au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi guéri l’incrédulité de ses disciples. St Thomas représente ceux qui doutent, ceux qui veulent des preuves pour croire. Jésus guérit son incrédulité par les marques de sa Passion. Désormais, au-delà de St Thomas, l’Eglise, encore porteuse de la Passion de son Maître à travers les épreuves de ses enfants, porte en même temps le remède contre l’incrédulité.

Il y a encore autre chose : au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi fait à ses disciples et Apôtres un don incommensurable : le don de la paix. « La Paix soit avec vous ! » : c’est la parole que le Christ prononce à chaque manifestation. Cette paix, c’est le don du Ressuscité par excellence. C’est le don de Celui qui a anéantit toute peur, parce qu’Il est passé par la mort et qu’Il en est revenu ! Et cette paix, Jésus la donne à ses disciples et la confie à son Eglise.

On peut trouver bien d’autres richesses dans cette temporalité. J’en ai cité les plus générales. Au terme de ces 40 jours donc, Jésus remonte définitivement au Ciel, d’où Il est descendu.

L’Ascension de Jésus met un terme à son mode de présence humaine pour nous faire entrer dans son mode de présence sacramentelle. L’Ascension marque l’entrée de l’Eglise dans le régime de la foi. Vous savez que c’est une des raisons pour lesquelles, traditionnellement, on célébrait les premières Communions le Jeudi de l’Ascension : c’était une manière, alors que Jésus nous quittait, de réaffirmer sa présence dans la Saint Communion.

Jésus, perçu jusqu’alors de manière indubitable par tous comme fils d’homme, est désormais perçu comme Fils de Dieu. Il remonte d’où Il est descendu. Il va commencer à être, de manière ineffable, plus présent par sa divinité, bien qu’Il soit plus lointain par son humanité. C’est un des grands mystères de son existence à la droite de Dieu.

Je souhaiterais terminer en relevant une indication que nous donne l’Eglise, qui pourrait passer inaperçue aujourd’hui, mais qui est importante. C’est que l’Ascension de Jésus devrait être pour chacun de nous une cause de joie, du même ordre que sa Résurrection. Or, il me semble, que l’on a du mal à vivre cette joie de l’Ascension. La prière d’ouverture de la messe le dit : « Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce. » Jésus le dit à plusieurs reprises à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, car je m’en vais vers le Père. » Pourquoi devrions-nous être dans la joie ? Parce que l’Ascension de Jésus annonce notre finalité, qui est de vivre avec Dieu et de Dieu. La perspective de la vie éternelle devrait nous réjouir et nous devrions même l’attendre avec joie…Là, ce n’est pas la même chose pour tout le monde…

Demandons la grâce au Christ monté aux Cieux de fortifier notre foi et de faire grandir en nous le désir de le rencontrer au Ciel. Amen !

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Homélie du 6ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-4eme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 06 May 2018 18:16:04 +0000 https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26703 +

6ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

Chers enfants,

Votre première communion tombe le jour où l’Eglise médite l’enseignement de Jésus sur l’Amour les uns des autres : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » dit Jésus à ses disciples.

Le sacrement de la Communion est le sacrement de l’Amour par excellence. Rien n’obligeait Jésus à donner son Corps et son Sang sous les espèces du pain et du vin si ce n’est l’Amour infini que Dieu a pour nous et pour vous qui allez communier. La Sainte Hostie que vous allez recevoir tout à l’heure est le résultat de l’Amour de Dieu. En fait, la Communion est la rencontre de deux mouvements d’Amour : Dieu qui se donne à nous sous la forme du Pain et nous qui l’accueillons. Il ne peut y avoir de véritable communion si l’un des deux mouvements manque. Si Dieu ne se donne pas, on peut toujours vouloir le recevoir : s’il n’y a pas de don préalable, il n’y a rien à recevoir ; comme Dieu peut se donner, mais s’il n’y a personne pour le recevoir, le don n’est pas accueilli. L’Eglise garde donc comme un trésor le don de Jésus sous les espèces du Pain et du Vin, mais a pour mission de préparer le cœur de ceux qui souhaitent recevoir ce don. C’est le travail que nous essayons d’accomplir avec les catéchistes ; mais il est vrai que ce travail est plus fécond et plus complet lorsqu’il est soutenu par les parents, attentifs à la fidélité à la messe.

Chers enfants, que vous apporte la Sainte Communion ?

Avec la Communion, on n’a pas seulement « accès » à Dieu, on n’entre pas seulement en rapport, en relation avec Dieu, il s’agit de bien plus que cela. Dieu entre en nous, au plus profond de nous-mêmes et nous entrons nous aussi dans le cœur de Dieu. Et seul Dieu peut faire cela. Je prends un exemple. Vous aimez bien une personne, un ami, une amie. Vous aimez bien être en sa présence, être avec lui ou avec elle. Maintenant, cette personne est en difficulté. Parce que vous l’aimez, vous avez envie de l’aider. Mais vous ne pourrez toujours l’aider que de manière extérieure à elle. Il y a une limite infranchissable qui est que l’autre est une personne autre. Et on ne peut pas vivre de l’intérieur ce que l’autre vit. On peut être proche, accompagner, compatir. Mais on ne peut pas être dans l’autre pour vivre ce que l’autre vit. Eh bien, ce que nous ne pouvons faire, Dieu, et seul Dieu, le peut. Seul Dieu peut nous habiter de l’intérieur et venir vivre avec nous ce que nous vivons. Et au fur et à mesure que nous communions, que Dieu vient habiter en nous, en fait Dieu nous assimile en Lui et nous fait entrer toujours plus profondément en Lui.

La Communion transforme et abolit l’infinie distance entre Dieu et nous pour nous donner accès au cœur de Dieu. Jésus rend compte de la puissance de cette nouvelle relation entre Dieu et nous en disant que désormais, Il ne nous appelle plus « serviteurs », mais « amis ». Et le degré d’union avec Dieu, de communion est tellement grand qu’Il nous dit : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, Il vous l’accordera. » C’est dire combien la Communion est puissante.

La Communion au Corps du Christ, comme vous le dira le prêtre tout à l’heure, a pour conséquence qu’elle construit, qu’elle réalise et renforce votre adhésion, votre incorporation au Corps du Christ qu’est l’Eglise. Plus les chrétiens communient saintement au Corps du Christ, plus l’Eglise se renforce et se solidifie, et plus les chrétiens deviennent forts de la force de Dieu.

La Communion nous fait encore entrer dans la dynamique de Dieu, dans son mouvement de don. Dans la Communion, Jésus se donne par amour. Tous ceux qui communient, reçoivent en eux cette dynamique de don par amour. Plus vous communiez, plus vous êtes poussés à vous donner par amour aux autres, plus vous êtes poussés à aimer les autres. Communier conduit toujours à se donner ; cela ne peut se réduire à une simple consommation : je communie, j’ai Jésus en moi, et ça s’arrête là. Une telle attitude égocentrée révèle une profonde immaturité de la foi et est préjudiciable à la vitalité de l’Eglise.

Chers enfants, ne bloquez pas ce mouvement de don, encore naturel chez vous, qui résultera de votre communion. Jésus le dit pour vous : « C’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » Votre communion vous fera porter du fruit autour de vous : pour un certain nombre, vous évangélisez ; au sens d’une première évangélisation : vos copains, vos copines ; au sens d’un approfondissement de la foi : vos familles, vos parents. La Communion va vous fortifier dans ce sens. Continuez ! La Communion va vous pousser aussi à aimer toujours plus, toujours mieux, à aimer comme Dieu, c’est-à-dire en étant capables de vous remettre en cause, de demander pardon, de donner pardon, de redonner une chance à l’autre. La Communion va transformer votre manière d’aimer.

Frères et sœurs, prions le Seigneur pour ces enfants qui vont communier pour la première fois. Demandons pour eux la grâce de la fidélité à la Communion, à la Messe. Prions pour que leurs parents les soutiennent et les encouraget. Prions pour qu’ils portent et pour que nous aussi nous portions des fruits en abondance selon ce que Dieu veut. Amen !

]]> Homélie du 5ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-5eme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 29 Apr 2018 10:30:56 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26645 +
5ème Dimanche de Pâques

« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. » « Moi, je suis la vigne et vous, les sarments. »
Frères et sœurs,

Voici deux paroles de Jésus qui nous situent les uns par rapport aux autres : le Père est le vigneron ; Jésus, la vigne ; nous, les sarments. La question principale abordée par l’Evangile est celle du fruit que nous portons, c’est la question de notre fécondité : « Tout sarment qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, Il le nettoie pour qu’Il en donne davantage. » Nous pouvons réfléchir à la question de notre propre fécondité selon trois questions. La première serait : quelles morts consentons-nous à vivre ? La deuxième : quel enracinement dans l’Eglise avons-nous ? la troisième : quelle fécondité portons-nous ?

Quelles morts consentons-nous à vivre ? Vous connaissez tous cette autre parole de Jésus : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne peut pas porter de fruit ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Il s’agit ici du mystère pascal qui marque profondément notre être grâce au sacrement du baptême. Notre fécondité est liée aux morts que nous consentons. La mort est évoquée dans les Paroles de Jésus : le Père va jeter au feu les sarments qui ne portent pas de fruits ; elle est encore présente dans le fait que le Père va « nettoyer » dit la traduction française, mauvaise traduction, en fait le verbe grec dit que le Père va « émonder », « couper », ce qui implique de manière plus explicite une certaine mort.
Nous pouvons alors nous demander de quelles morts il s’agit. En premier lieu, de la mort à nous-mêmes : c’est un des dons du sacrement du baptême. Jésus le dit dans l’Evangile : «  de même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même. » C’est-à-dire : ce n’est pas le sarment qui porte du fruit, mais Dieu à travers le sarment. Il peut s’agir de mourir à ses prétentions, à ses illusions, à notre orgueil, notre suffisance. Il y a matière à réfléchir ici à la manière dont on construit la pastorale de l’Eglise de demain : sur la création de nouvelles structures ? sur nos propres visions, déductions idéologiques ? Ceci-dit, l’Evangile est très lucide : il ne dit pas non plus que Dieu fait tout et nous rien. Il dit que Dieu fait, mais à travers moi. Se pose aussi à nous la question de consentir à être émondé. Parce que personne n’aime mourir à soi. Comment est-ce que nous acceptons que les choses ne se passent pas comme on l’aurait souhaité, comme on l’aurait voulu ? Ces changements, et les consentements qu’ils impliquent, nous amènent à ajuster notre volonté à celle de Dieu, à unifier notre volonté à celle de Dieu. Il s’agit d’une mort à nous même qui découle de la croix, pour nous faire vivre comme Dieu veut, selon Dieu.

La question de la fécondité que nous portons est également liée à celle de notre enracinement dans l’Eglise. «  Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car ne dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » dit Jésus. Plus nous sommes en communion avec l’Eglise, plus nous sommes incorporés dans l’Eglise, plus notre fécondité baptismale sera forte. Dit autrement : est-ce que j’ai les deux pieds dans l’Eglise ? Ne m’arrive-t-il pas d’en avoir un dedans et en-dehors ? L’enracinement dans l’Eglise implique un enracinement dans l’Eglise réelle, actuelle, telle qu’elle est, et non telle que je la souhaiterais, telle que je la rêverais, ou pire, telle qu’on me l’a dessinée…On peut rêver l’Eglise, la souhaiter différente, mais attention…alors, il ne s’agit plus d’un enracinement dans l’Eglise réelle…il s’agit d’ une fuite dans une Eglise utopique. Combien d’âmes ont été perdue, ou tout du moins égarées, à la suite du Concile Vatican II, lorsqu’on a dessiné, et parfois décidé, une Eglise qui serait de telle ou telle manière…et 40 ans, 50 ans après…l’Eglise qui se dessine n’est pas celle qu’on nous a programmée…les pasteurs qui arrivent ne correspondent pas à ceux qu’on nous avait décris ! Ah, il y aura des responsables dans cette histoire, parce qu’il y a eu et il y a des victimes, des gens plus faibles qu’on a trompés parce qu’on a eu la prétention de mettre la main sur l’Eglise. Et aujourd’hui, ça tombe ! Bien sûr l’Eglise sur un plan humain n’est pas parfaite, bien qu’appelée à la perfection. Il en va de même dans un couple. Les époux ne sont pas parfaits ; mais appelés à s’aimer malgré leurs imperfections. Et là se vérifiera précisément l’authenticité de l’amour : suis-je capable d’aimer l’autre tel qu’il est, avec ses qualités, ses défauts ? La même question vaut pour l’Eglise : suis-je capable de l’aimer telle qu’elle est, avec ses qualités, ses défauts ? ses beautés et ses limites ?
La question de l’enracinement dans l’Eglise pose aussi celle de la communion avec l’Eglise et en Eglise. La communion avec l’Eglise et en Eglise peut aussi être altérée lorsque l’on se met à régler des problèmes personnels, souvent de l’ordre de la contrariété ou de la jalousie, avec l’Eglise elle-même. Dans la deuxième lecture, St Jean nous indique le chemin d’une vraie communion : « Or, voici son commandement, nous aimer les uns les autres. » La véritable communion passe par l’amour les uns des autres.

La dernière question à se poser pour réfléchir sur notre fécondité chrétienne est celle de notre fécondité. De manière générale, la fécondité de l’Eglise dans notre Europe occidentale est assez faible. L’une des principales causes réside dans les multiples ruptures de transmission qui ont eu lieu suite à et dans l’application du Concile Vatican II. Ces ruptures de tradition que l’on retrouve dans la liturgie, dans la catéchèse et dans les familles. On a confondu le fait de laisser les enfants libres de leur choix avec une véritable éducation à la liberté. Or, notre liberté, si chère à notre temps d’aujourd’hui, ne peut se construire que sur Dieu et non en-dehors ou à côté de Dieu. C’est Dieu qui nous rend libres, pas le monde ! Il est important pour retrouver une fécondité et une vitalité normales dans l’Eglise européenne, surtout de l’Ouest, de travailler à réparer ces ruptures de transmission, de tradition, dont on paye le prix aujourd’hui.
Puisse l’Eglise, dans ses ministres qui la gouvernent, ses pasteurs, le peuple des baptisés, toujours plus écouter l’Esprit-Saint qui la guide et la conduit. Que la Vierge Marie, que nous prierons plus intensément au cours de ce mois de Mai, veille sur l’Eglise de son Fils et sur sa fécondité. Amen !

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Homélie du 4ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-4eme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 22 Apr 2018 13:45:17 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26642 +
4ème dimanche de Pâques
Frères et sœurs,

Le 4ème dimanche de Pâques, traditionnellement appelé le dimanche du Bon Pasteur, est le dimanche où l’Eglise médite le chapitre 10 de l’Evangile selon St Jean, chapitre dans lequel Jésus apparaît comme le Bon Pasteur, Celui qui connait ses brebis et que ses brebis connaissent. C’est aussi pour l’Eglise l’occasion de prier le Seigneur pour les vocations sacerdotales tant nécessaires aujourd’hui…

Il est intéressant de relever les caractéristiques présentes dans ces quelques lignes d’Evangile, qui définissent le Bon Pasteur. J’en retiens trois : le Bon Pasteur protège son troupeau contre le loup, à la différence du berger mercenaire ; ensuite, le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent ; et enfin, le Bon Pasteur est Celui qui donne librement sa vie.
Alors, que nous disent chacune de ces caractéristiques ?
Le Bon Pasteur protège son troupeau contre le loup. En fait, le loup cherche à tuer les brebis pour les manger. Et pour les dévorer, il les disperse et les isole. Il attaque en cassant l’unité du troupeau. Que peut être le loup aujourd’hui ?
Tout d’abord, le loup, cela peut être des doctrines dangereuses, qui mettent en danger la justesse de la foi et de la vie des chrétiens. Je n’ai pas envie ici de lister les idéologies, les doctrines dangereuses pour la foi ; je n’ai jamais hésité à le faire quand les sujets d’actualité le suggéraient. Gardons en mémoire la particularité de notre place dans le monde. Nous sommes dans le monde, sans être du monde. Nous sommes appelés à aimer ce monde tel qu’il est ; mais tout en nous souvenant que notre fin n’est pas dans ce monde. Il nous faut donc garder une juste distance avec le monde, nous souvenant que si l’Evangile est une force d’assimilation et de transformation, il est aussi une force de contradiction avec l’esprit du monde. Toutes les idéologies, les doctrines, ne sont pas forcément compatibles avec la foi chrétienne…Et l’on peut se faire rattraper par les modes de pensée du monde qui peuvent altérer et corrompre notre foi.
Le loup, cela peut-être aussi celui qui, dans le troupeau, se transforme en prédateur, et qui, de ce fait, devient un danger pour les autres. Le Pape Benoît XVI avait, lors de son élection, invité à prier pour qu’il n’ait pas peur des loups…Le Pape François a repris la même expression. Les plus gros dangers pour l’Eglise viennent du dedans et non du dehors ! Le Bon Pasteur est donc celui qui effectue un discernement et qui, par moment, doit mettre en garde, doit protéger son troupeau contre celui ou celle qui devient un loup, qui par sa critique, ses règlements de compte, souvent personnels d’ailleurs, cherche à déstabiliser le reste du troupeau, voire même cherche à dévorer, à rallier à sa cause, à son point de vue, des brebis peut-être plus influençables…Méfions-nous…on peut très rapidement passer de brebis à loup sans en avoir conscience et avec les meilleures intentions…
La deuxième caractéristique que je retiens est que le Bon Pasteur connaît ses brebis et que ses brebis le connaissent. Dans les brebis, toutes n’ont pas la même santé ; le même régime, la même vélocité…Chacune doit avoir son traitement particulier. Et ce que l’une mange, en raison de sa condition, sa voisine ne mangera pas pareil…Le Bon Pasteur donne à chacune de ses brebis ce dont elle a besoin. Mais le besoin de l’une n’est pas le besoin de l’autre…
C’est là, frères et sœurs, que pour bien comprendre ceci, il faut bien en rester au Christ Jésus, Bon Pasteur. Car seul Jésus est le Pasteur parfait. Tous les autres pasteurs, Papes, évêques, prêtres, participent à « Jésus Bon Pasteur ». Tous les pasteurs, quels qu’ils soient, apportent tous quelque chose de différent. Tel pasteur nourrira son troupeau dans tel pâturage ; tel autre, dans tel autre. Et c’est dans l’ensemble qu’il faut regarder comment le Pasteur Suprême qu’est Jésus, nourrit ses brebis, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, par les pasteurs différents, qu’Il donne lui-même à l’Eglise. Car, dans l’église catholique, ce ne sont pas les brebis qui se choisissent leur Pasteur, mais c’est Dieu qui donne des pasteurs à son Eglise. Et là, personne n’a de mainmise sur Dieu…C’est d’ailleurs ce qui garantit que l’Eglise est celle que Dieu veut et non une organisation humaine ou une entreprise…Mais, ce n’est pas toujours facile d’accepter que l’Eglise soit celle que Dieu décide et non celle que moi je veux.
Mais l’Evangile est très équilibré. Il s’agit d’une double connaissance : celle du pasteur envers ses brebis ; et celles des brebis envers leur pasteur. C’est-à-dire que si le pasteur doit savoir ce qui convient à telle ou telle de ses brebis, les brebis sont aussi appelées à connaître leur pasteur et, donc à savoir, que tel pasteur apportera plus à manger dans ce domaine-ci, tel autre, dans ce domaine-là.
Le Bon Pasteur est aussi Celui qui, tout en ayant le souci de l’unité de son troupeau, sait qu’il y a encore des brebis qui ne sont pas dans l’enclos. Et il porte le souci qu’elles entrent dans l’enclos.

La dernière caractéristique que je retiens est que le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Il ne donne pas du temps ; pas ses journées. Il donne sa vie. Cette exigence est particulièrement manifestée dans le don du célibat consacré. La raison fondamentale du célibat des prêtres ne réside pas d’abord dans une question de disponibilité ; vous connaissez tous des gens surchargés qui trouveront toujours le temps de faire autre chose ; et des gens qui ont du temps, qui se noient dans un verre d’eau. La première raison du célibat consacré réside en ceci, à savoir que les prêtres, en vertu de leur ordination sacerdotale, sont unis, configurés au Christ Prêtre, et qu’ils épousent par conséquent le style de vie de Jésus. Or Jésus ne s’est pas marié et n’a pas fait d’enfants ! Il a donné sa vie pour ses brebis, montrant ainsi que l’amour de Dieu est pour tous. On ne doit pas laisser aujourd’hui le célibat consacré être critiqué, attaqué. Parce que cela revient dans le fond à attaquer l’existence même de Dieu. Le célibat consacré est aujourd’hui un signe éloquent, provoquant ou dérangeant pour certains, que Dieu existe et qu’il y a une autre réalité qui permet à des hommes et des femmes de vivre différemment et de manière heureuse. Attaquer le célibat consacré, revient à attaquer un des signes les plus éloquents de l’existence de Dieu ! On se demande souvent comment soutenir davantage les vocations sacerdotales et religieuses ; certes, nous prions pour ; mais demandons-nous aussi comment nous estimons, comment nous parlons, et comment nous montrons la beauté du célibat consacré…il est sûr que la manière que nous avons de parler des prêtres a une incidence sur ceux qui entendent, et parfois même au sein de la famille. S’il est vrai que tous sont appelés à la sainteté, certains sont appelés à être prêtres ! Puissent-ils être soutenus ! Il vous appartient à vous aussi, frères et sœurs, de montrer l’estime du sacerdoce et du célibat consacré plutôt, que de se faire l’écho des médias qui, pour la plupart, non seulement n’estiment pas le célibat consacré, mais même le salissent. Il se peut que des familles fassent défaut ; mais alors, que les paroisses, elles, ne le fassent pas, et qu’elles soient à la hauteur !
En ce dimanche du Bon Pasteur rendons grâce au Seigneur pour les prêtres qu’Il donne à son Eglise ; prions le plus particulièrement pour Patrick et Jordan qui seront ordonnés prêtre et diacre dans quelques semaines, et prions-le pour qu’Il soutienne les jeunes qui se posent la question du sacerdoce. Amen !

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Homélie du 3ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-3eme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 15 Apr 2018 16:38:13 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26555 +
3ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

Tous les dimanches, nous disons ou nous chantons dans le Credo : « Je crois en la résurrection de la chair ». De manière un peu provocante, ce matin, je vous pose cette question : avec un corps de quel âge allez-vous ressusciter ? celui d’un bébé ? d’un adolescent ? d’un jeune homme ou d’une jeune femme ? ou celui d’une personne âgée ?
Nous voyons bien qu’il y a une difficulté à penser notre résurrection à partir d’éléments humains…et pourtant, nous n’en avons pas d’autres pour appréhender ce mystère de la résurrection de la chair. Ceci-dit, il y a un autre chemin : celui de Jésus dans l’Evangile.

Quand on aborde cette question, celle de la Résurrection de la chair, je crois qu’il faut bien la distinguer d’une autre qui est celle de la vie éternelle. Bien souvent, nous mettons un peu les deux questions l’une avec l’autre, sous prétexte qu’elles concernent ce qu’on appelle les fins dernières et que l’expérience personnelle nous manque pour parler de ces réalités-ci. Nous croyons en la vie éternelle pour deux raisons : tout d’abord parce que nous croyons en l’immortalité de l’âme et puis parce que la vie éternelle est une déduction logique de la Résurrection de Jésus. L’état même de la Résurrection est la preuve et la manifestation que la vie continue au-delà même de la mort humaine.
Mais la question de la résurrection de la chair est une autre question. On peut l’aborder de deux manières : par l’exercice de la raison et par la foi. Par l’exercice de la raison : nous savons que la mort est une conséquence de ce que l’on appelle le péché originel. La mort porte en quelque sorte la marque du diable, de celui qui divise. Or précisément, qu’est-ce que la mort, si ce n’est une division, une séparation de ce que Dieu a uni, à savoir, une séparation entre le corps et l’âme ? Si donc, la Résurrection est la réponse de Dieu à la mort, il est logique que la résurrection comporte une nouvelle union entre l’âme et le corps. Mais, alors, demeure entière la question : avec quel corps ? Nous pouvons aussi aborder la question de la Résurrection par la foi. Si Jésus a assumé et vécu en tout point notre vie d’homme (il est né comme nous, mort comme nous, assume un corps comme nous), sa résurrection est l’annonce de notre future résurrection puisqu’il assume ce que nous sommes. Ce qu’il vit dans son corps est donc ce que nous vivrons. Mais, avec quel corps ?
L’Evangile du jour insiste sur la corporéité du Ressuscité. Jésus montre qu’Il a un corps. St Luc nous dit que les disciples en voyant Jésus croyaient voir un esprit. Et Jésus leur répond : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez et regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » Et pour consolider leur foi fragile et dubitative, il mange devant eux du poisson grillé. Pourquoi St Luc prend-il la peine de nous dire tout cela ? Pour bien nous montrer que Jésus Ressuscité a un corps et pour nous montrer une deuxième réalité : que les disciples de Jésus ont eu du mal à croire en la Résurrection. Ils ont résisté. Ils ont douté.

Nous pouvons nous-aussi nous demander sur quoi repose notre foi en la Résurrection. Sur deux piliers. Sur le témoignage des Apôtres et sur l’Ecriture. Ce sont ces deux piliers que je voudrais regarder avec vous maintenant.
Le témoignage des Apôtres est le témoignage de ceux qui ont vécu avec Jésus, de ceux qui ont vécu en direct l’évènement de la Résurrection. Or, en règle générale, nous voyons que les Apôtres ont résisté à la Résurrection. Ils ont eu des doutes. Et Jésus, ayant fortifié leur foi par ses apparitions, ses échanges avec eux, les affermit. De ce fait, ils transmettent leur expérience : Jésus est ressuscité. Seul, St Jean, le disciple de l’Amour, croit immédiatement en la Résurrection. Il nous redit que l’amour parfait, pur, conduit à la foi en la Résurrection. Cette transmission de leur expérience, les Apôtres la feront dans ce texte que l’Eglise a conservé : le Symbole des Apôtres. C’est notamment dans ce texte que nous trouvons l’affirmation : « Je crois en la Résurrection de la chair. »
Notre foi en la résurrection repose aussi sur un deuxième pilier qui est celui de l’Ecriture. Jésus lui-même indique l’Ecriture à ses Apôtres comme soutien de la foi : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous. Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les psaumes. » Alors, continue St Luc, « Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. » Et Jésus enfonce le clou : « C’est bien ce qui était annoncé par l’Ecriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts etc… » Pierre qui dans la première lecture s’adresse au peuple d’Israël dit la même chose : « Mais Dieu, qui par la bouche des prophètes avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa Parole. »
Cela veut dire, frères et sœurs, que l’Ecriture, la Bible, est un soutien fondamental pour notre propre foi. Cela veut dire aussi que toute vérité de foi, tout dogme, a un enracinement dans l’Ecriture Sainte. Dans l’Ecriture, nous rencontrerons les doutes de ceux qui ont résisté à Dieu, mais nous trouverons aussi les réponses de Dieu aux obstacles que nous rencontrons et les Vérités que Dieu nous révèle.

Je souhaiterais terminer cette méditation sur la Résurrection en nous arrêtant sur le don par excellence du Ressuscité : il s’agit du don de la paix. A chaque fois que Jésus Ressuscité apparaît à ses disciples, Il leur dit : « La paix soit avec vous. » La paix est le don du ressuscité. Quelle est cette paix ? Il ne s’agit pas seulement de rassurer les disciples qui ont peur. C’est un sentiment, un état, plus profond, plus fort, qui vient de Celui qui a franchi la mort et qui en est revenu. La mort est l’angoisse la plus profonde de l’homme, quelle que soit la manière dont cette angoisse se manifeste. Jésus peut donner une paix parfaite parce qu’Il a affronté cette angoisse fondamentale et qu’Il en a triomphé. A la messe, le prêtre redonne cette même paix qui nous vient du Christ. La liturgie nous montre bien que le don de la paix provient du Christ présent à l’autel sous les espèces du pain et du vin. « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ! » voilà ce que dit le prêtre après la prière eucharistique. Et la liturgie nous invite à accueillir cette paix qui vient du Christ et à la redonner autour de nous. Il ne s’agit pas d’aller saluer tel ou tel. Ce n’est pas ce que le rite signifie ni ce que l’Eglise demande. Il s’agit de donner à son proche cette paix que vous venez d’accueillir. J’en vois qui quittent leur place pour aller saluer tel ou tel ou pour porter la paix à tel ou tel. La parabole du Bon Samaritain nous invite à ne pas choisir notre prochain, mais à prendre celui que Dieu nous donne à nos côtés.
Que ce temps de Pâques nous aide à fortifier notre foi en la Résurrection de Jésus et en notre future résurrection. Prions pour que se consolide, sous l’action de l’Esprit-Saint, la jeune foi des néophytes ainsi que leur incorporation à l’Eglise. Amen !

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Homélie de la Vigile Pascale du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-vigile-pascale-du-pere-julien-palcoux-5 Sun, 01 Apr 2018 06:25:21 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26363 +
Vigile Pascale 2018

Chers Frères et Sœurs,

Dans cette longue veillée de la Parole, nous venons de revivre l’histoire du Salut depuis la création du monde jusqu’à la recréation du monde que Dieu accomplit dans la Résurrection de Jésus. Entre la création originelle et la recréation se déroulent l’histoire du péché de l’homme, ses ruptures d’Alliance avec Dieu, les reconstructions d’Alliance de Dieu envers l’homme. Mais nous voyons aussi à travers cette belle et longue liturgie comment Dieu a préparé l’Evènement inouï de la Résurrection de son Fils.

Comme tout Hébreu, Jésus monte à Jérusalem pour commémorer la Pâque juive ; mais pas seulement. Il va au-delà. Il actualise la Pâque, la libération de l’esclavage, le passage de la mort à la vie, en sa personne. Il devient La Pâque. Désormais la libération définitive et totale que nous attendons tous s’accomplit en Jésus. Comment est-ce que Jésus nous fait participer, communier même pourrait-on dire, à cette victoire définitive qu’il remporte ? Par le sacrement du baptême.
Le sacrement du baptême est le sacrement pascal par excellence, le sacrement qui nous fait passer de la mort à la Vie, parce que le Fils de Dieu nous a rejoints dans notre mort pour nous faire entrer dans sa Vie. La mort à laquelle nous sommes et nous serons tous confrontés est une conséquence du péché originel, de cette désobéissance initiale de l’homme à Dieu. Dire que le baptême nous fait passer de la mort à la vie, c’est dire que le baptême nous libère de l’emprise du péché et de ses conséquences néfastes. St Paul le dit dans l’épître que nous avons entendue : « Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi par Lui. »
Alors, nous qui avons été baptisés il y a un certain temps, nous pourrions à un moment donné avoir le désir de revivre notre baptême, d’être rebaptisé, parce qu’avec le temps et l’approfondissement de notre foi, nous comprenons peut-être mieux ce que nous donne le baptême. Mais, le baptême ne se reçoit qu’une fois. Alors, l’Eglise nous propose, au moment où elle fête la Résurrection de Jésus, de renouveler les engagements pris lors de notre baptême. C’est ce que nous ferons dans quelques instants en renouvelant notre renonciation au démon, notre profession de foi et en étant aspergés de l’eau bénite. Nous rechoisissons notre baptême en renonçant à nouveau aux compromissions avec le mal, le péché et nous engageant à suivre Jésus.
Et vous chers amis qui ce soir allez recevoir le sacrement du baptême, et pour vous Sabrina, le sacrement de la confirmation, vous entrez pleinement dans l’Eglise, dans la famille des chrétiens. Vous recevez cette force, cette puissance de la Résurrection qui vient habiter en vous et transformer votre vie. Rendons grâce à Dieu pour les nouvelles naissances à la vie divine que nous célébrons cette nuit, et implorons du Christ Ressuscité l’affermissement de notre foi et l’ardeur missionnaire dont notre Eglise et notre monde ont besoin en ces temps difficiles. Amen !

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Homélie de la messe du Jeudi Saint du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-jeudi-saint-du-pere-julien-palcoux-3 Fri, 30 Mar 2018 07:13:22 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26346 +
Jeudi Saint 2018

Chers frères et sœurs,

Ce soir, en entrant dans le Triduum pascal, nous commémorons l’institution de deux sacrements : celui de l’Eucharistie et celui du Sacerdoce. Ces deux sacrements ont été institués en même temps ; ils ont par conséquent un lien profond qui les unit parce qu’ils ont la même origine : Jésus lui-même. On ne peut pas comprendre le Sacerdoce ministériel en dehors du lien à l’Eucharistie, parce que le Sacerdoce est institué pour être au service de l’Eucharistie. Dit autrement, on ne peut pas comprendre le ministère des prêtres en dehors de la célébration de la messe. Et ce point est fondamental. On peut attendre beaucoup de choses des prêtres ; mais il y en a une que l’on est en droit d’attendre : c’est la célébration de la messe. Après, le prêtre évangélise, transmet la foi, célèbre les sacrements, accompagne les gens. Mais, la première chose fondamentale que fait le prêtre et qui définit son être, son identité, c’est qu’il célèbre la messe.

Si l’on comprend cela correctement, alors on comprend le célibat des prêtres. Le célibat des prêtres ne s’explique pas d’abord par une question de plus grande disponibilité. Le célibat des prêtres s’explique d’abord par une question de don. Le célibat consacré est un don au service de l’Eucharistie. On ne peut pas comprendre de manière juste le célibat sacerdotal en dehors de la question du don que le prêtre fait de lui-même quand il célèbre la messe, tout comme Jésus s’est donné lui-même en célébrant la première messe. Le Sacerdoce ne consiste pas en une question de fonction, mais de don. Les prêtres ne sont pas des fonctionnaires du culte, ce à quoi on les réduit trop souvent. Leur identité profonde c’est le Christ Jésus lui-même qui se donne. Alors, il est vrai que l’on peut être inquiet lorsque des prêtres ne célèbrent pas régulièrement la messe, non pas parce qu’ils ne le peuvent pas, mais parce qu’ils font passer d’autres priorités avant. Dans la même logique, il faut prier pour que soit toujours mieux compris et approfondi le lien entre le sacerdoce ministériel et le don à un peuple, en l’occurrence à une paroisse. La fécondité du Sacerdoce vient du fait que le prêtre est un don de Dieu pour son Eglise et non un fonctionnaire du culte.
Frères et sœurs, il est donc impossible et il n’est pas juste de penser l’Eglise sans ou indépendamment du Sacerdoce ministériel. Comme nous le disons dans le Credo, l’Eglise est apostolique, c’est-à-dire qu’elle repose sur les Apôtres, sur ceux à qui Jésus a confié la charge de célébrer l’Eucharistie. Il est heureux que nous sortions aujourd’hui des oppositions idéologiques de ces dernières années. Si le Sacerdoce est la colonne sur laquelle repose l’Eglise, le Sacerdoce est au service de l’Eucharistie et du peuple de Dieu. Il n’est et ne doit jamais être une fin en soi. Opposer prêtres et laïcs comme on l’a trop souvent vu ces dernières années est stupide et stérile. Les prêtres sont là pour les fidèles et les fidèles ont besoin des prêtres. Tout le reste n’est qu’opposition idéologique et querelle de pouvoir.

Puisque le Sacerdoce est institué pour être au service de l’Eucharistie, je voudrais terminer ma méditation avec vous en regardant l’Eucharistie, l’Eucharistie comme un don d’amour et comme le lieu de la réconciliation et du pardon.
L’Eucharistie est tout d’abord un don d’amour : c’est l’Amour infini de Dieu qui pousse Jésus à s’offrir sous les espèces sacramentelles du pain et du vin pour que le monde puisse bénéficier, puisse communier, à son sacrifice rédempteur. Et l’Eucharistie est aussi un don en vue de l’Amour. Ceux qui reçoivent ce sacrement, reçoivent l’Amour infini de Dieu qui va les pousser à aimer les autres et à se donner aux autres. On comprend alors l’importance de l’Eucharistie qui nourrit les dons du Sacerdoce et des couples mariés dans les sacrements de l’Ordre et du mariage.
Mais l’Eucharistie est aussi le lieu, l’aliment de la réconciliation, d’une communion nouvelle et de l’unité. Il ne vous échappera pas que Jésus institue l’Eucharistie au moment même où Judas le trahit. Alors qu’Il est trahi, qu’Il va être abandonné par les siens, Jésus institue ce sacrement comme le sacrement d’une unité nouvelle, comme le sacrement qui lave des trahisons, qui donne le pardon, et qui permet une communion nouvelle. On retrouve cette dimension de pardon de l’Eucharistie dans le rite que la liturgie nous propose pour ce jour : le lavement des pieds. « Si tu n’acceptes pas que je te lave les pieds, tu n’auras pas de part avec moi » dit Jésus à Pierre ; c’est-à-dire, tu n’auras pas part au pardon que je te donne. L’Eucharistie fait entrer dans une Nouvelle Alliance avec Dieu ; elle est source d’une communion nouvelle au-delà de nos péchés, de nos divisions. Elle est même, pourrait-on dire, l’antidote, le médicament qui guérit des divisions. L’Eucharistie est au service du commandement de l’Amour mutuel et fraternel. Elle est le sacrement qui nous permet de nous aimer, de nous réconcilier, de nous pardonner.
Ce soir, rendons grâce à Dieu pour les dons de l’Eucharistie et du Sacerdoce à l’Eglise et au monde. Prions pour que les chrétiens sachent donner le goût à des jeunes de devenir prêtre. Vous êtes les mieux placés pour voir et savoir que nous avons besoin de prêtres. L’Eglise ne peut pas seulement se préoccuper de gérer la pénurie de vocations sacerdotales en réorganisant les paroisses en conséquence, en créant de nouvelle structures; elle doit aussi et en tout premier lieu prier, susciter, accompagner et soutenir les jeunes qui s’interrogent sur la vocation sacerdotale qui ne sont pas soutenus par le monde actuel, bien au contraire, et même parfois par leur famille. C’est une intention que je vous invite à porter cette nuit dans votre prière devant l’Adoration du St Sacrement. Amen !

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Homélie de la Solennité des Rameaux du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-des-rameaux-du-pere-julien-palcoux Sun, 25 Mar 2018 15:17:57 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26303 +
Solennité des Rameaux 2018

Frères et sœurs,

Que de contrastes dans cette fête des Rameaux ! Une foule innombrable acclame Jésus en le reconnaissant comme le Messie : « Beni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! » et quelques jours après Jésus fera l’expérience de l’abandon et de la solitude…Nous voyons les forces du Mal se déchaîner (mensonge, faux témoignages, jalousie), et Jésus reste silencieux…Le Fils de Dieu se donne par deux fois, sous les espèces du pain et du vin, puis humainement sur la Croix, et les hommes le tuent.

A l’écoute de ce récit de la Passion, nous pouvons certainement nous retrouver dans tel ou tel personnage, tant ils sont nombreux et occupent des places variées. Sans entrer dans le détail, nous pouvons être tour à tour cette foule qui acclame Jésus et qui quelques jours après réclamera la libération de Barrabas ; nous pouvons être les disciples de Jésus qui s’endorment, qui l’abandonnent ou le trahissent ; comme nous pouvons encore être de ceux qui le conduisent à la mort.
Reconnaissons-nous dans la foule. Ne sommes-nous pas nous aussi versatiles comme la foule d’il y a 2000 ans ? Cette foule qui acclame Jésus, mais qui se laisse manipuler par les grands de l’époque, par les faiseurs d’opinion. Il y a un paradoxe important aujourd’hui dans nos sociétés occidentales, dans notre manière de vivre notre foi. Les chrétiens rejettent assez massivement une Eglise dogmatique, moralisatrice, qui exerce une influence, une pression sur notre conscience. Chacun veut être libre dans sa foi et libre de vivre sa foi comme il l’entend…Mais, ne trouvez-vous pas curieux que ce que les chrétiens rejettent dans la foi, ils l’adoptent dans la vie civile ? Aujourd’hui, les médias sont la nouvelle religion qui dit comment penser, comment agir, qui croire et que croire. Les médias sont détenteurs de la vérité ! ils font l’actualité. C’est-à-dire, qu’ils ne redonnent pas l’actualité; ils la font. D’ailleurs, ils font et défont les personnalités politiques. Les journalistes sont les grands prêtres moralisateurs de la bonne pensée, gardiens des dogmes de la pensée unique. On rejette l’Inquisition, qui, malgré les horreurs qu’on nous objecte régulièrement, a permis de sauver un grand nombre de vies : l’Inquisition a en effet été voulue par l’Eglise pour donner aux accusés le droit à avoir un procès, une enquête, un avocat et une défense, quand on souscrit à une Inquisition médiatique qui, elle, ne donne aucun espace à la défense ni à la réponse ! On a rejeté une Eglise qui donne une ligne de conduite pour nous asservir à une société qui forme et conditionne notre pensée. Mais, l’Eglise parle au nom de la Vérité Révélée et notre société pas forcément ! Attention à ne pas nous faire manipuler sur ce qui est bien, ce qui est mal. Notre force réside dans notre adhésion personnelle, de foi, en la personne de Jésus et non pas dans les modes de pensées, quand bien même seraient-ils partagés par une majorité. Comme dans le récit de la Passion, malgré nos lampes et nos torches qui nous éclairent, notre péché peut nous aveugler et nous empêcher de voir la Véritable Lumière.
Mais se pose alors à nous une deuxième question : jusqu’où sommes-nous capables d’aller pour suivre Jésus ? Parce que tout en étant la foule, nous sommes aussi disciples.
Jésus marche vers la Croix. Peu de disciples iront jusqu’à la croix. Les femmes proches de Jésus l’accompagneront jusqu’au bout ; les Apôtres, à l’exception de St Jean, disparaitront. La véritable question de notre adhésion personnelle à Jésus est en fait celle de notre consentement à la Croix. Ce que Jésus nous redit aujourd’hui, c’est que l’accès au Royaume de Dieu passe par la Croix ; la royauté de Jésus passe par la Croix. Les disciples sont appelés à demeurer au pied de la Croix. Demeurer au pied de la Croix, c’est nous ouvrir à la miséricorde de Dieu qui jaillit du cœur transpercé du Seigneur ; c’est faire l’expérience que l’amour nous pousse à nous donner aux autres. Frères et sœurs, vous avez été relativement nombreux à venir vous confesser lors des journées du pardon. C’est bien. Que ceux qui ne l’ont pas encore fait saisissent l’occasion des dernières confessions avant Pâques dans cette semaine pour vivre cette réconciliation libératrice avec Dieu et avec les autres. Vivre une confession profonde, vraie, libérante, c’est faire l’expérience de la miséricorde divine dans notre misère.
Et puis, nous pouvons être aussi parmi les bourreaux, parmi ceux qui méprisent Dieu, qui l’insultent ou qui alourdissent sa croix. Reconnaître en Jésus qui souffre le Fils de Dieu, c’est aussi reconnaître Dieu dans ceux qui souffrent. Entrer dans la Passion de Jésus, c’est aussi nous engager à soulager ceux qui souffrent aujourd’hui, nous engager à être des Simon de Cyrène, à aider les autres à porter leur croix. Une véritable humanité ou compassion, pour un chrétien, ne peut pas se vivre en dehors ou en marge de la Vérité. Recentrons-nous sur l’enseignement de l’Eglise qui nous redit l’infinie valeur de toute vie : de celle du fœtus, de celle de l’enfant qui n’a pas forcément été désiré mais qui est là, ou encore sur la vie de l’enfant qui s’annonce différent, handicapé, ou encore de l’enfant qui a le droit d’avoir un papa et une maman, ou de celle de la personne âgée qui arrive au terme de sa vie. Notre monde en apparence si tolérant ou ouvert attend des chrétiens des réponses solides, fermes, vraies, charitables et humaines.
La Passion de Jésus nous entraine encore aujourd’hui que nous soyons parmi la foule, que nous soyons un disciple ou un bourreau. En entrant aujourd’hui dans la Passion de Jésus, nous ne découvrirons pas seulement que nous avons une place dans la Passion, nous ne découvrirons pas seulement que Jésus l’a vécue à cause de nous, mais nous découvrirons que Jésus l’a vécue aussi pour nous aider, pour donner un sens à ce qui nous échappe, pour nous apporter le salut, pour nous sauver. Entrons tous ensemble dans cette belle semaine sainte en étant attentifs à la vivre en communion avec Jésus qui marche vers le don de sa vie même si ce don est voilé sous les apparences de la mort. Amen !

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Homélie de la Solennité de St Joseph du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-st-joseph-du-pere-julien-palcoux-2 Mon, 19 Mar 2018 19:19:14 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26264 +
Solennité de St Joseph

Frères et sœurs,

Il y a une curieuse similitude entre la place discrète qu’occupe Joseph dans l’histoire de Jésus, l’histoire du salut et notre calendrier liturgique. A la différence de la Vierge Marie, Joseph n’est honoré que deux fois dans le calendrier liturgique : le 19 mars et le 1er Mai. Pour autant, Joseph accomplit un rôle fondamental dans l’histoire du salut, rôle important que l’Eglise lui reconnait en faisant de sa fête une sollennité.

Ce soir, je voudrais méditer avec vous sur la paternité de St Joseph. Nos sociétés occidentales manifestent depuis plusieurs décennies une crise de la paternité, avec un changement même profond de modèle de société. Ces changements de société s’accompagnent aussi de souffrance dans la vie des gens, plus répandues qu’on ne le croit. Beaucoup ont souffert d’avoir eu un père qui n’a pas été un bon père C’est là que St Joseph, saint patron des pères de famille, vient nous éclairer et nous aider.
Une des premières choses que nous redit St Joseph, c’est que seul Dieu est Père. C’est d’ailleurs le sens de cette parole de Jésus : « Ne donnez à personne le nom de Père sur terre, car vous n’avez qu’un Père et Il est au ciel. » Seul Dieu est Père, et seul Dieu est un Père parfait. Joseph n’est pas le père biologique de Jésus. Son Père biologique est Dieu. Mais, le fait qu’il ne soit pas le père biologique de Jésus ne l’empêche pas d’exercer une paternité humaine et spirituelle sur le Fils de Dieu. C’est grâce à Joseph que Jésus entre dans la lignée royale, celle de la tribu de Juda. C’est grâce à Joseph que Jésus va pouvoir grandir, être protégé, être nourri, apprendre un métier. Joseph n’a pas la prétention d’assumer tous les aspects de la paternité : biologique, humaine, spirituelle. Il en assume certains aspects, mais laisse la première place à Dieu qui, seul, est complètement Père. Il laisse la place à Dieu, s’efface devant Lui. Il accepte de ne pas faire un enfant à Marie, et encore mieux, il accepte d’assumer une paternité humaine alors qu’il n’est pas le géniteur.
Saint Matthieu nous dit que Joseph était un homme juste. Il est totalement disponible à Dieu qui lui parle de manière limpide dans son sommeil. Il est juste parce qu’il ne se met pas à la place de Dieu, qu’il ne cherche pas à accomplir son propre projet, ses propres désirs, mais il se met au service de Dieu. Il ne prend pas possession de sa vie, mais il la donne. Il n’accomplit pas sa volonté, mais s’en défait pour l’intégrer dans celle de Dieu. Il nous montre que c’est en acceptant de se perdre soi-même, de se donner, que nous nous trouvons.
St Joseph est juste encore parce qu’il n’exerce pas sa paternité en opposition à celle de Dieu, mais au contraire il l’intègre dans celle de Dieu. C’est ainsi qu’il devient collaborateur de la paternité divine. Il va veiller sur le Fils de Dieu, le protéger : fuir en Egypte pour protéger Jésus, revenir à Nazareth. Il veille sur la croissance de Jésus, il veille sur la croissance de Dieu. C’est curieux de regarder les choses comme cela. Il nous révèle que la véritable paternité consiste à veiller sur la présence de Dieu en l’autre, consiste à faire grandir Dieu en l’autre. Un vrai père ne contrarie pas l’œuvre de Dieu, mais l’éveille, la soutient et la protège. Frères et sœurs, sans être forcément de mauvais pères, combien de pères ne sont pas ouverts à cette dimension de la paternité ! Mais qu’ils reprennent conscience que leur propre paternité provient de Dieu et n’est qu’une participation à la paternité divine de qui provient toute origine. St Joseph, père de Jésus, instrument de la paternité divine, fait grandir Dieu en l’autre.
Je relèverai un dernier aspect de la paternité de St Joseph qui découle de ce que je viens de dire : il exerce une paternité spirituelle de l’ordre de la foi. Comme Abraham, il est en route vers l’inconnu, vers la promesse de Dieu : « Elle mettra au monde un Fils auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire le Seigneur sauve) car c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Il accepte et vit sa mission dans la foi. Il côtoie et vit le mystère de Dieu dans la foi. La liturgie de ce jour nous proposait un autre Evangile pour la St Joseph. Cet Evangile en question nous rapporte l’épisode où Jésus reste trois jours à Jérusalem avec les docteurs de la Loi au Temple et ses parents le recherchent. Il y a plusieurs manières de comprendre ces 3 jours où Jésus a disparu. En tout cas, nous pouvons lire ces 3 jours comme une préparation aux 3 jours qui sépareront sa mort de sa Résurrection. Jésus disparaît pour être retrouvé 3 jours après « aux affaires de son Père ». St Joseph côtoie le mystère de la Résurrection avant l’heure…Il vit tout cela dans la foi ; il nous apprend à vivre notre pèlerinage terrestre dans la foi.

Frères et sœurs, ce soir, confions à St Joseph tous ceux qui exercent une paternité, qu’elle soit biologique, humaine ou spirituelle. Qu’ils découvrent toujours plus profondément que leur paternité vient de Dieu. Confions à St Joseph tous ceux qui souffrent de ne pas avoir eu de père ou d’avoir eu un mauvais père. Et confions à St Joseph toutes les Lois qui vont arriver : puissent-elles laisser la place à une vraie paternité pour les générations qui vont arriver, puissent-elles permettre à Dieu d’exercer sa paternité sur ses enfants et son peuple. Amen !

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Homélie du 4ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-4eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux Sun, 11 Mar 2018 13:59:46 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26225 +
4ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

La première lecture tirée du Second Livre des Chroniques évoque une réalité humaine que nous connaissons bien : nos actes, notre attitude ont des conséquences dans notre histoire et dans l’histoire. Ce principe peut être illustré par l’histoire du peuple d’Israël : les œuvres mauvaises des Israélites (leur rejet, leur abandon de la foi, la perversion du culte, le culte des idoles, le dénigrement des prophètes rappelant la fidélité à Dieu à observer) les ont conduit à l’exil à Babylone.

Le Temple et Jérusalem ont été détruits ; le reste du peuple a été exilé. Attention à lire correctement les choses : Dieu ne s’est pas servi de l’exil à Babylone pour punir ou éduquer après coup son peuple ; mais, n’ayant ni écouté, ni obéi, le peuple s’est conduit à l’exil. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. C’est toujours la miséricorde de Dieu qui a le dernier mot. Dieu s’est servi du Roi Perse Cyrus pour faire revenir son peuple en Terre Promise et pour reconstruire le Temple.
Cet épisode rapporté par le livre des Chroniques est un condensé de l’histoire du salut. Le péché que nous commettons a des conséquences dans notre histoire ; il nous éloigne de Dieu et de ce que Dieu veut pour nous. Mais si l’homme se convertit, Dieu le rétablit. La miséricorde de Dieu vient au secours de l’homme et vient le sauver du péché et de ses conséquences.
Frères et sœurs, profitons de ce temps de Carême pour assumer les conséquences de notre péché dans notre histoire, dans celle des autres. Entendons nous aussi cet appel à Dieu à nous rétablir dans notre dignité, dans notre beauté originelle. Ne passons pas à côté du sacrement de la miséricorde que nous pouvons recevoir pendant ce temps de Carême. Avec Dieu, il y a toujours une Bonne Nouvelle pour notre vie.

Mais l’expérience du peuple d’Israël nous invite aussi à ne pas passer à côté des appels que le Seigneur nous adresse, notamment lorsqu’Il nous avertit. St Jean évoque aussi une réalité bien trop humaine : « Quand la Lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la Lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la Lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées. »
Le Seigneur ne cesse de venir nous éclairer, non pas pour nous accuser, mais pour nous aider. Bien souvent, l’homme accepte difficilement d’être éclairé, car la Lumière de Dieu met aussi en lumière nos compromissions avec le mal, avec nos mauvaises habitudes. Il nous faut avoir l’humilité de le reconnaître et d’assumer nos manques, nos carences, nos pauvretés. C’est une des grâces du Carême que de mieux connaître et assumer ses limites et ses finitudes. Mais, il ne suffit pas de s’arrêter là. Il faut aussi accepter d’élever nos cœurs, nos âmes, notre intelligence vers Dieu afin qu’Il continue à nous éduquer, à nous former. Nous n’aurons jamais fini d’approfondir notre foi. Mais je souhaiterais attirer votre attention sur un autre lieu de formation et d’éducation : notre conscience.
Nous sommes les premiers responsables de la formation et de l’éducation de notre conscience. A l’heure où le relativisme étend son empire, où le sens de Dieu disparaît, nous, chrétiens, avons le devoir d’éduquer notre conscience à la Lumière de l’Evangile. Nous le voyons tous les jours : les questions bioéthiques liées à la procréation comme à la fin de vie deviennent de plus en plus compliquées. La voix de l’Eglise, qui prolonge l’enseignement du Christ, lorsqu’elle se fait entendre, n’est plus qu’une voix parmi d’autres, quand la majorité des chrétiens se laissent dicter leur agir par les médias, faiseurs d’opinion ou quand la majorité des chrétiens ont perdu le sens et l’estime de la Vie, dans ses phases les plus fragiles, dépendantes et parfois difficiles. L’Eglise ne peut abandonner ces vies dans leur phase les plus fragiles, et elle ne peut abandonner ses enfants aux vents de l’égoïsme, des modes, ou de ceux qui parlent plus fort que les autres, mais qui ne sont pas la voix de la Vérité. L’Eglise porte le souci de ses enfants pas suffisamment bien formés, et donc vulnérables et manipulables. La Paroisse vous proposera en conséquence une soirée de formation sur ces questions bioéthiques délicates à la lumière de l’Evangile et de l’enseignement de l’Eglise.
Profitons de ce temps de Carême, temps de désert, pour nous remettre à l’écoute de Dieu et pour nous couper de ce qui vient parasiter l’enseignement du Christ à travers son Eglise. Une véritable humanité ou compassion, comme on l’entend souvent exprimer pour des chrétiens, ne peut pas se vivre en dehors ou en marge de la Vérité. Recentrons-nous sur l’enseignement de l’Eglise qui nous redit l’infinie valeur de toute vie : de celle du fœtus, de celle de l’enfant qui a le droit d’avoir un papa et une maman, ou de celle du vieillard, et formons notre conscience chrétienne. Notre monde en apparence si tolérant ou ouvert attend des chrétiens des réponses solides, fermes, vraies, charitables et humaines. Amen !

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Homélie de la messe du 3ème Dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-3eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-4 Sun, 04 Mar 2018 18:26:53 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26193 +
3ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

Nous avançons dans notre temps de Carême en méditant ce dimanche sur la purification de notre relation à Dieu. La première lecture nous donnait à réentendre le don de la Loi à Moïse, cette Loi qui cadre et structure l’Alliance entre Dieu et les hommes. Le récit du don de la Loi est rapporté deux fois dans le livre de l’Exode : la première fois, lorsque Dieu écrivait lui-même ces 10 Paroles de vie. Mais suite à l’épisode du veau d’or, Moïse va casser les Tables de la Loi. Il les réécrira lui-même lorsqu’il remontera sur la montagne pour renouveler l’Alliance avec Dieu. Dans ces deux versions, je voudrais attirer votre attention sur le premier des 10 commandements : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. » Ce premier commandement donne l’orientation générale de tous les autres. Il s’agit de revenir à Dieu seul. Le culte des idoles a toujours marqué l’histoire du peuple d’Israël comme il nous marque tous. Sans arrêt, nous avons à revenir à Dieu seul, et à rejeter ce que nous mettons, consciemment ou non, à la place de Dieu. Cela peut être internet, la télévision, le portable, le sport ou toute autre sorte d’addiction…

Mais il y a aussi une autre manière de comprendre cette première parole de Dieu. Le Seigneur l’explicite lui-même : « Tu ne te feras aucune image de ce qui est là-haut dans les Cieux. » Il y a ici un appel à purifier nos représentations de Dieu. Chacun de nous se fait une image de Dieu, ce qui est quelque part normal et naturel. Et notre image de Dieu correspond à ce que nous attendons de Lui, à notre relation avec Lui, à nos désirs profonds. Nous retrouvons beaucoup nos propres projections dans l’image que nous nous faisons de Dieu. C’est là précisément que nous ne pouvons jamais mettre la main sur Dieu ; c’est là, qu’Il se révèle toujours autre, toujours différent que la perception que nous en avons. La pratique de la foi avec d’autres, particulièrement accomplie dans la Messe, nous permet d’équilibrer naturellement notre vision, notre perception de Dieu. Le culte que nous rendons ensemble à Dieu nous permet de purifier nos perceptions trop particulières de Dieu et de les rendre plus justes et plus vraies. La purification de notre relation à Dieu passe par les autres.

Il y a dans les textes que nous entendons un deuxième appel. « Ne faîtes pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Jésus chasse les marchands, les commerçants, les changeurs, qui ont fait de la relation à Dieu une véritable arnaque. Ils ont en fait leur business. Jésus nous rappelle qu’on ne marchande pas avec Dieu, qu’on ne magouille pas avec Lui. On n’achète pas Dieu, on ne met pas la main sur Lui. Notre prière doit être pure, gratuite. On ne doit pas agir envers Dieu par intérêt. Il est vrai que nous avons le devoir d’être en vérité envers Dieu ; il n’y a rien de déplacé à lui exprimer nos désirs, nos souhaits : c’est beau, c’est humain. Mais nous n’avons pas à lui forcer la main, du style : « Si tu me donnes ça, alors je ferai cela. »
La Vierge Marie, Mère et protectrice de notre foi, nous éduque. Elle nous apprend comment parler à Jésus : « Ils n’ont plus de vin » dira-t-elle à son Fils. C’est tout. Notre relation à Dieu s’exprime et transparaît dans celle que nous avons par rapport à l’Eglise. Sans cesse, nous avons à mourir à nos désirs de reconnaissance par les autres. Sans cesse, nous avons à purifier nos intérêts personnels qui s’expriment ou bien dans nos missions, ou bien dans nos discussions. Tous, notre relation à l’Eglise doit être purifiée : évêque, prêtre, fidèles.
Enfin, sur cette question de la purification de notre relation à l’Eglise, il serait dommage de faire l’impasse sur la purification de notre relation à l’Eglise en tant que bâtiment : comment nous comportons-nous dans la maison de Dieu ? Comment honorons-nous par nos gestes de respect la sainte présence de Dieu ? Est-ce que nous observons un silence respectueux dans ce beau lieu ? avons-nous une attitude physique respectueuse de Dieu ?

Je souhaiterais terminer cette petite médiation sur la purification de notre relation à Dieu sur une réflexion sur notre manière de vivre le dimanche, Jour du Seigneur. Comment vivons-nous ce jour de fête, ce jour consacré à Dieu ? il y a évidemment la question de la participation à la messe. Mais il y a aussi la manière dont nous nous ouvrons à notre famille, à nos frères et sœurs, qui peuvent être seuls, isolés, malades, par exemple en les invitant à déjeuner, en allant les visiter, en les appelant…il y a aussi notre manière de vivre ce jour de repos. On ne doit pas vivre ce jour comme un autre jour de semaine, en allant par exemple faire nos courses. La purification de notre relation à Dieu passe aussi par notre manière de vivre, de sanctifier de jour saint.

Frères et sœurs, puisons dans ces jours de Carême pour purifier notre relation à Dieu, à l’Eglise et au monde. Amen !

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Homélie de la messe du 2ème Dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-4 Sun, 25 Feb 2018 17:40:49 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26128 +
2ème Dimanche de Carême
Frères et sœurs,

Le récit de la Transfiguration de Jésus n’est pas très simple à comprendre, tant il échappe à notre intelligence. Ce que nous pouvons en dire de très simple, c’est ceci :

  • C’est une expérience spirituelle, de prière. En fait, Jésus prie son Père sur la montagne et va rendre participants de sa prière 3 de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean, les 3 mêmes qu’il reprendra au moment de son agonie au mont des Oliviers. Cet épisode de la vie de Jésus se situe entre son baptême et la Passion.
  • Cet épisode confirme sa divinité. Comme au moment du baptême, on retrouve presque mot pour mot la même Parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » S’Il est le Fils, c’est que c’est le Père qui parle et par conséquent, c’est qu’Il est le Fils de Dieu.

Alors, je voudrais que nous regardions d’un peu plus près l’arrière-fond de cette scène de la vie de Jésus. La première lecture nous l’a rappelé : nous retrouvons en arrière-plan le sacrifice d’Isaac, qui se déroule aussi sur une montagne. Abraham, se faisant obéissant à Dieu, allait offrir son fils Isaac. La Transfiguration suggère que s’approche le moment où Jésus s’offrira sur une autre montagne le Golgotha.
Nous retrouvons Moïse sur le mont Sinaï qui recevait les tables de la Loi, et Moïse qui d’ailleurs, lorsqu’il descendait de la montagne avait un visage rayonnant d’une lumière que l’on ne pouvait soutenir. Moïse recevait les paroles de Vie et en était illuminé ! Jésus est la Parole de Vie et son être est transfiguré. D’ailleurs, nous retrouvons Moïse dans l’épisode de la Transfiguration, en train de parler avec Jésus.
Nous retrouvons l’épisode du baptême du Seigneur, déjà suggéré plus haut avec la même phrase : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » ; Cela signifie que la Transfiguration de Jésus s’inscrit dans la mission de Rédempteur ; et donc, en cela, la Transfiguration annonce le sacrifice du Christ : la Passion et la Résurrection.
Mais surtout, il y a derrière, une allusion à la fête juive des tentes, cette fête de l’automne que l’on appelle Soukkhot. Dans l’Evangile, Pierre dit bien à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. » Les fêtes juives comportent toujours une triple dimension : elles proviennent de la célébration de la religion de la nature ; elles se transforment ensuite en souvenir de l’agir de Dieu dans l’histoire, pour devenir fête de l’espérance du Seigneur qui vient. Transposons : la fête des Tentes, avec son sacrifice de l’eau, permettait d’implorer la pluie nécessaire pour la terre desséchée et les récoltes à venir. Elle devient commémoration de la traversée du désert par Israël au cours de laquelle les Juifs habitaient sous des tentes (Soukkhot). Les tentes, cabanes, étaient le signe de la protection divine dans le désert, mais étaient aussi une préfiguration des tentes dans lesquelles les Justes habiteront à la fin des temps, lorsque le Messie sera arrivé. La fête de Soukkôt est donc en elle-même une fête de l’espérance du Messie qui vient.
Si donc, comme certains exégètes le pensent, l’épisode de la Transfiguration a lieu lors du dernier Jour de la fête des Tentes qui duraient une semaine, alors la signification est on ne peut plus claire : les réalités préfigurées par les rites de cette fête s’accomplissent en Jésus. Les Temps messianiques sont accomplis. Jésus est la tente sacrée dans laquelle Dieu habite. Ce que confirme la présence de la nuée qui renvoie à l’exode, au baptême de Jésus. Jésus est donc le Fils de Dieu qui accomplit sa mission de Serviteur Souffrant et marche vers son sacrifice.

Alors, laissons maintenant l’exégèse un peu technique pour nous arrêter sur le sens de cet épisode. Il nous confirme que Jésus est Fils de Dieu, qu’Il est le Messie : oui ! Mais, il prépare les 3 disciples à la Passion qui va arriver. En fait, Jésus donne par anticipation la certitude qu’Il va habiter de sa divinité le tragique épisode qui va se dérouler. Pendant l’épisode de la Transfiguration, que voient Pierre, Jacques et Jean ? Jésus en train de parler avec Moïse et Elie. Moïse représente la Loi ; Elie, les prophètes. Or la Loi et les prophètes n’ont de sens que parce qu’ils préparent, qu’ils annoncent la Passion. « Ecoutez-le ! » C’est le message donné par le Père aux disciples ; autrement-dit : « Ne perdez pas de vue que Dieu va vivre ce qui va arriver ! Même si Dieu paraît absent, Il sera là ! » Mais Jésus n’invite pas seulement ses disciples à s’ouvrir à la présence de Dieu dans les évènements qui vont arriver ; Il annonce aussi sa Résurrection : « Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. » La Passion qui va se dérouler sera alors aussi source de Salut. Voilà pour les disciples qui n’ont rien compris sur le moment.

Alors, pour nous maintenant. En se laissant transfiguré, Jésus transfigure notre humanité. On retrouve l’épisode du Baptême dans lequel Jésus, qui n’a aucun besoin d’être baptisé pour lui-même, baptisait en quelque sorte notre humanité. Là, Jésus transfigure notre humanité ; c’est-à-dire qu’Il nous révèle que nous sommes faits pour vivre en communion avec Dieu. La Transfiguration du Seigneur nous apprend aussi à chercher Dieu dans toutes les situations où Il nous paraît absent et elle nous apprend à croire par la foi que Dieu est présent même là où il paraît absent. Elle nous apprend à écouter Dieu et à Lui obéir, même si nous ne saisissons pas, ou ne comprenons pas. Elle nous apprend aussi à regarder d’une manière nouvelle le mystère de l’Eucharistie qui est aussi un mystère de Transfiguration. Dans la Sainte Hostie aussi, Jésus est transfiguré. Et c’est avec les yeux de la foi que nous sommes invités à Le reconnaître dans sa divinité ! Et nous qui communions, ou bien spirituellement ou bien physiquement, nous nous laissons transformer au fur et à mesure par Jésus. Nous aussi, de jour en jour, de communion et communion, notre vie, notre être, nos réalités se laissent progressivement transfigurer, diviniser par Dieu.

Au cours de cette messe, frères et sœurs, rendons grâce à Dieu pour son action en nous, et demandons-lui la grâce de la foi pour vivre paisiblement et dans la confiance ce qui nous échappe, pour savoir le chercher quand Il nous parait absent dans telle ou telle situation, personne. Et prions pour que notre paroisse continue à se laisser transfigurer par Dieu. Amen !

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Homélie de la messe du 1er Dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-1er-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-4 Sun, 18 Feb 2018 14:29:56 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26080 +
1er Dimanche de Carême

Frères et Sœurs,

Le premier dimanche de Carême nous emmène toujours au désert. Il s’agit pour nous d’aller à l’essentiel, de mettre à mort en nous tout ce qui est superflu, tout ce qui n’est pas essentiel, et surtout, il s’agit de renaître à la relation avec Dieu. Dans la Bible, le désert est le lieu où l’homme fait l’expérience de sa finitude, de ses limites, mais aussi le lieu où l’homme redécouvre Dieu. C’est aussi le lieu où l’homme se révolte contre Dieu, trahit Dieu, mais fait également l’expérience du pardon et du salut. Le désert est ambivalent : c’est un lieu de mort qui nous ouvre à la vie.

Alors, regardons dans un premier temps le désert, comme le lieu du renouvellement de l’Alliance entre Dieu et nous. La première lecture nous donne à voir le premier degré de la première alliance : Dieu sauve l’humanité du déluge et le signe de cette alliance est l’arc en ciel. Cette première alliance que Dieu accomplit avec Noé et ses descendants a pour but de sauver l’homme de la mort. C’est une alliance qui surgit au-dessus des flots de la mort. Elle est l’annonce d’une Alliance complète, totale et parfaite accomplie en Jésus, Alliance dans laquelle nous entrons par le sacrement du baptême.
En ce début de Carême, entrons nous-aussi dans le désert. Reconnaissons notre finitude, nos limites, notre péché, notre orgueil qui écrase les autres et nous empêche de nous reconnaître pécheurs. Reconnaissons nos ruptures d’alliance avec Dieu, avec l’Eglise, avec les autres. Et menons ce travail de vérité à son terme. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître tout cela, mais aussi de l’assumer et de s’en libérer en allant se confesser.

Si le désert est un lieu de combat, notre alliance est aussi le lieu d’un combat, et notre baptême est un terrain de combat. St Marc évoque très rapidement cette réalité. Il dit : « Et dans le désert, Jésus resta quarante jours tenté par Satan. » Les autres évangélistes sont plus loquaces sur la nature des tentations qu’endura Jésus. Mais ces tentations nous redisent en tout premier lieu que la vie chrétienne implique un combat contre le mal, contre le démon, pas seulement en dehors de soi, c’est-à-dire dans le monde, mais d’abord en soi. Il est toujours plus facile en effet de voir le mal chez les autres, dans le monde, plutôt qu’en nous. Alors, entrons dans ce que l’on appelle pudiquement le combat spirituel.
Il y a un présupposé à tout ce que je vais dire : c’est que le diable existe. Je le dis, car certains courants dans l’Eglise, parfois certains pasteurs, ont nié jusqu’à son existence ou ont tourné en dérision ce que l’Eglise dit du démon. Ces considérations sont hérétiques, non conformes à la foi de l’Eglise. Malheureusement le démon existe et il sait se rappeler à nous pour nous embêter. Alors voici son mode d’action ordinaire : en fait il oscille entre deux extrêmes : ou bien il fait croire qu’il n’existe pas et est en ce sens totalement libre pour agir ; ou bien il fait croire qu’il est tout-puissant, ce qu’il n’est évidemment pas, et nous fait ainsi peur et nous déstabilise. Pour entrer pleinement dans le combat spirituel, il faut savoir comment agit notre adversaire, et, dès lors, les choses deviennent plus facilement intelligibles. Généralement, le démon nous attaque de trois manières : il nous attaque dans nos fragilités, dans nos vulnérabilités ; il attaque l’œuvre de Dieu en nous, dans les autres, surtout quand celle-ci est belle et dit quelque chose de Dieu. Et il attaque notre relation à Dieu.
Les évangélistes St Matthieu et St Luc nous apprennent que le démon attaque Jésus quand il se trouve en situation de faiblesse, de fragilité, quand Il a faim, après quarante jours et quarante nuits de jeûne. On appelle souvent le démon « le Malin ». Le Malin parce qu’il est intelligent. Le démon est un esprit, donc il est non corporel ; il a donc des facultés que nous n’avons pas. Il sait des choses ; il nous connaît, pas aussi profondément et parfaitement que Dieu, mais il nous connaît. Il sait où sont nos fragilités, nos blessures. Et c’est souvent là qu’il nous attaque, parce que nous sommes plus vulnérables. Comment alors nous défendre ? Il faut en fait présenter à Dieu nos blessures, nos fragilités, nos pauvretés afin qu’Il les guérisse, qu’Il les purifie. Le meilleur médicament est le sacrement de la confession dans lequel la grâce de Dieu agit efficacement pour nous guérir en profondeur. Dieu nous apprend non pas à fuir nos fragilités, ou à les masquer ou à compenser, mais au contraire, Il nous apprend à les assumer pour qu’Il puisse, Lui, les guérir. La guérison est dans l’assomption. Aucun homme ne sera jamais sans fragilités ; mais Jésus nous invite à les Lui présenter, et alors, le démon n’aura plus de prise sur elles.
Autre angle d’attaque : le démon attaque l’œuvre de Dieu. St Léon le Grand dit dans un de ses Sermons de Carême : « Comprenons bien que, plus nous apporterons de soin à notre salut, plus violentes seront les attaques de l’ennemi. » (Sermon XXXIX 3 sur le Carême). Voilà une deuxième règle pour comprendre en profondeur le combat spirituel : le démon n’a, ordinairement, aucun moyen d’action sur la réalité même des choses. Mais il se débrouille pour que nous-mêmes nous abîmions les choses, les réalités divines, l’œuvre de Dieu. Plus l’œuvre de Dieu est belle, plus elle est à l’image de Dieu, que cela soit dans une personne, dans une relation humaine, dans un projet, plus le démon va chercher à la salir, à la pourrir. Pas tellement en faisant que le cœur même de l’objet soit mauvais ; je vous le redis, il n’a pas un grand pouvoir là-dessus ; mais en incitant, en suggérant un regard mauvais sur la réalité en question, en jetant le discrédit, en excitant la jalousie, la susceptibilité de tel ou tel. Pourquoi croyez-vous que les pires attaques contre l’Eglise viennent du dedans ? Parce que c’est là que le démon fait le plus de mal! Mais le démon est fin et subtil. Il avance et agit de manière masquée, sous couvert de bonnes intentions…. Alors, tout ceci nous amène à exercer un discernement assez fin et serré. Retenons la règle générale de ce mode opératoire : plus les choses sont belles et dignes de Dieu, plus elles disent quelque chose de Dieu, plus le démon va chercher à les pourrir.
Troisième angle d’attaque de Satan : il vient attaquer notre relation à Dieu et ce, avec nos armes, sur notre terrain. St Marc nous dit : « Jésus venait d’être baptisé ; aussitôt l’Esprit le pousse au désert. » Il est très intéressant de noter que le mot hébreu midbar signifie à la fois le désert et la Parole. Ces deux sens sont équivalents, parce que le désert permet d’entendre la Parole. Donc, lorsque Jésus part au désert, Il part aussi au contact de la Parole de Dieu. Et les autres évangélistes nous rapportent que le démon attaque Jésus en citant la Parole de Dieu. Il attaque Jésus dans sa relation essentielle, dans son être divin, Lui qui est la Parole divine. Il l’attaque en pervertissant la Parole de Dieu. Pour nous aussi, le contact avec la Parole de Dieu est le lieu d’un combat. Combat pour trouver du temps pour prier, pour lire la Parole de Dieu, pour l’écouter, pour lui obéir. Mais combat aussi pour utiliser correctement la Parole de Dieu : non pas l’utiliser dans le sens de ce que je voudrais lui donner, mais dans le sens de ce que Dieu a à me donner. Nombreux sont ceux qui se plaignent de distractions dans la prière, le chapelet, l’oraison. Oui, la prière est le lieu d’un combat parce qu’elle est le lieu qui nourrit à partir de Dieu mon être profond. Lorsque les gens ne prient plus, le démon fait ce qu’il veut.

Frères et sœurs, profitons de ce temps de Carême pour soigner notre prière, pour purifier et rechoisir notre alliance avec Dieu. Que ce temps de désert soit aussi pour nous l’occasion d’une plus grande écoute et disponibilité à la Parole de Dieu. Amen !

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Homélie de la messe du Mercredi des Cendres du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-mercredi-des-cendres-du-pere-julien-palcoux-3 Thu, 15 Feb 2018 07:15:09 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26052 +
Mercredi des Cendres

Frères et sœurs,

Dans quelques instants, vous allez être signés sur votre front de cendres bénies avec la formule suivante : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » C’est par ce rite très ancien, mais aussi quelque part insolite, que nous entrons en Carême. D’où nous vient de rite que nous n’utilisons qu’une fois par an ?

Tout comme le rite de l’onction, ce rite des cendres nous vient du Judaïsme, au moins du IXème siècle avant Jésus Christ. C’est un rite de pénitence et de deuil. L’Ancien Testament évoque de nombreuses fois ce geste. On le trouve dans le livre d’Esther, de Jonas, chez les prophètes Isaïe, Ezechiel, Jérémie ou encore dans le livre de Job. Dans tous ces cas-là, le fait de s’assoir sur des cendres ou de s’en mettre sur la tête revient à dire que nous sommes pécheurs, que nous nous humilions à cause de notre péché. Bien souvent, ce rite était accompagné d’un jeûne pour implorer le pardon et la faveur de Dieu.
Dans l’Antiquité chrétienne, ce rite était réservé aux pécheurs publics qui assumaient devant tous une pénitence publique. Ce n’est qu’au XIème siècle que Rome l’étend à tous les fidèles de l’Eglise.
L’imposition des Cendres nous rappelle ainsi notre finitude et notre qualité de pécheurs. Elle nous redit que le péché nous conduit à la mort et nous ouvre à une attitude d’humilité pour implorer le pardon de Dieu.

Le prophète Joël entendu en première lecture nous invite à déchirer notre cœur et non pas nos vêtements : c’est-à-dire, à nous convertir intérieurement et non pas seulement extérieurement. Comment déchirer son cœur ? En l’ouvrant à la miséricorde divine pour permettre à tout ce qu’il y a de mauvais en nous de s’écouler, de disparaître. La Journée du pardon, le vendredi 16 Mars, vous permettra de recevoir le sacrement du pardon ou bien d’effectuer une démarche pénitentielle auprès des prêtres qui seront disponibles pour vous recevoir. Déchirer son cœur, si l’on ne se libère pas du péché, ne sert à rien. Nous sommes appelés encore, pendant ce temps du Carême, à ré-orienter notre vie vers Dieu, à repousser nos compromissions avec nos mauvaises habitudes. C’est ici que le jeûne prend toute sa valeur. Le jeûne qui consiste à diminuer son alimentation ou à ne manger qu’un repas sur une journée a deux finalités. Il nous permet premièrement d’expier nos péchés ou ceux d’autres personnes. C’est une manière concrète de participer à la rédemption. Nous pouvons offrir notre jeûne pour telle ou telle cause, telle ou telle personne. Puis, le jeûne nous permet de manière très efficace de nous aider à déraciner en nous nos mauvaises habitudes ou nos péchés habituels. Il arrive que l’on se demande souvent comment lutter contre les péchés que l’on commet de manière habituelle. Eh bien, jeûnez ! et vous verrez : le manque de nourriture apporté à notre corps produit comme un électrochoc sur notre être tout entier. Et curieusement, ce manque nous donne l’énergie nécessaire pour nous ré-orienter différemment. Je rappelle à ce sujet que l’Eglise nous demande de nous abstenir de viande et de matière grasse tous les vendredis, et plus particulièrement ceux de Carême ; que l’Eglise nous demande de jeûner les Mercredis des Cendres et Vendredi Saint, et que le jeûne s’étend de l’âge de la majorité jusqu’à 60 ans. Bien sûr cette indication est relative à l’état de notre santé. On peut raisonnablement penser que les personnes en bonne santé et qui ont dépassé la limite de 60 ans peuvent encore prolonger la pratique de jeûne.

L’aumône nous permettra aussi de nous purifier, d’expier notre péché et d’exercer la charité. Cette année, la paroisse a retenu 3 projets qui vous seront expliqués de manière plus précise dans les feuilles de messe de dimanche prochain. Nous vous proposons d’aider le Père Léopold Zinsou, venu cet été sur la paroisse, à aménager son presbytère et son église. Nous vous proposons de soutenir les Chrétiens d’Orient toujours persécutés. Et enfin, nous vous proposons de défendre et protéger la vie, en permettant à des femmes enceintes de pouvoir vivre leur grossesse à terme. Toutes les modalités de la collecte de Carême vous seront expliquées dimanche prochain.

Pour terminer, je vous confie encore deux pistes, deux intentions de prière. Le Carême est un temps propice pour vivre la réconciliation dans toutes ses dimensions : avec Dieu, j’en ai déjà parlé, mais aussi avec nos frères et sœurs. Nos efforts de conversion peuvent nous aider à demander pardon ou à donner le pardon à ceux que nous avons offensés ou qui nous ont offensés. Et enfin, le Carême est l’ultime moment où les catéchumènes se préparent à devenir chrétiens, à recevoir le baptême. Prions pour eux. Un certain nombre d’entre eux seront baptisés lors de la Vigile Pascale ou recevront le sacrement de la Sainte Confirmation au tout début du temps pascal. Soutenons-les de notre prière, car ils sont aussi bien souvent embêtés par le démon qui s’agite quand arrivent de nouveaux chrétiens. Bon et saint Carême à tous ! Amen !

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Homélie de la messe du 6ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-6eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 11 Feb 2018 17:41:42 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=26024 +

6ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Le croisement des calendriers liturgiques du temporal d’une part et du sanctoral d’autre part, nous font entendre le récit de la guérison d’un lépreux par Jésus le jour où l’Eglise commémore la première apparition de la Vierge Marie à Bernadette.

Je voudrais donc méditer sur la guérison du lépreux qu’effectue Jésus en lien avec l’histoire des apparitions de la Sainte Vierge à Bernadette.
Il est fréquent de rencontrer dans l’Evangile des récits de guérison de lépreux. Bien sûr, la lèpre était une maladie incurable à l’époque et une maladie assez répandue. Il ne faut donc pas tout de suite tout spiritualiser dans notre lecture. Jésus effectue bien une guérison miraculeuse. Mais la lèpre est aussi l’image du péché. On peut trouver 3 raisons à cela. Tout d’abord, la lèpre défigure : elle abîme et détruit le corps. Elle est l’image du péché qui défigure la création de Dieu. Nous pouvons faire le parallèle avec la 8ème apparition de la Vierge à Bernadette, le mercredi 24 Février 1858, où la Sainte Vierge demande à Bernadette de se recouvrir le visage de boue. Les gens la prennent pour folle. Mais, Marie demande à Bernadette de montrer la laideur et la défiguration du péché sur nous. Ensuite, la lèpre est une maladie contagieuse. Le péché quant à lui a toujours une incidence, des conséquences sur les autres, quand il ne repose pas déjà sur de la complicité. Souvenez-vous dans le récit de la Genèse : Eve mange du fruit défendu et en donne à manger à Adam. Le péché se transmet. Et enfin, la lèpre conduit à l’exclusion comme nous le rappelle la Loi dans la première lecture. Le péché aussi exclut : tout d’abord de Dieu, mais aussi des autres, de l’Eglise. Dès lors, on comprend bien pourquoi la lèpre est une image fort appropriée pour le péché.
Regardons maintenant la guérison du lépreux.
Ce qui est tout d’abord remarquable, c’est la manière très juste qu’il a de s’adresser à Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » « Si tu le veux » : il accepte entièrement de dépendre de la volonté de Dieu. Cela veut dire qu’il accepte aussi l’éventualité que Dieu ne veuille pas. Bien sûr, sa foi, son acte de foi, l’engagent dans l’autre direction ; mais il ne se met pas à la place de Dieu et accepte de dépendre de lui. Frères et sœurs, combien de fois, nos prières sont faussées parce, sans forcément s’en rendre compte, on se met à la place de Dieu…Dès lors, tout est faussé.
Jésus, qui est la Parole de Dieu, le cœur même de Dieu qui parle, lui répond : « Je le veux, sois purifié. » A cette réponse, St Marc ajoute : « Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha. » La réponse de Jésus consiste donc en une parole et un geste. Nous avons ici la matière du sacrement : une parole et un geste à travers lesquels Jésus guérit. Dans chaque guérison qu’opère Jésus, il y a toujours un geste et une parole. Frères et sœurs, cela nous redit que les sacrements ont tous pour effet de nous guérir du péché, quels qu’ils soient.
Nous retrouvons cette réalité sacramentelle dans les messages de la Vierge à Bernadette. « Allez boire à la source et vous y laver ! » Message donné lors de la 9ème apparition le Jeudi 25 Février 1858. Lors de cette apparition, à la demande de la Vierge, Bernadette a gratté la terre pour en faire sortir une source qui coule toujours et dans laquelle il y a eu de nombreuses guérisons. Mais la première source dont parle Marie est l’eau du baptême qui lave du péché. A travers cette parole, Marie nous invite à vivre notre baptême, à l’ « utiliser » pourrions-nous dire, c’est-à-dire à reprendre conscience que non seulement nos péchés, commis avant le baptême bien sûr, sont pardonnés, mais aussi que nous avons en nous ce principe de conversion qui existe et qui fonctionne. L’appel de la Vierge à aller boire à la fontaine et à nous y laver est un appel à vivre des sacrements que l’Eglise nous donne pour restaurer notre vie divine et humaine.
Et puis, dernier temps de la guérison, il y a ces paroles de Jésus au lépreux : « Attention, ne dis rien à personne ; mais va te montrer au prêtre. » Par ce commandement, Jésus montre qu’Il ne guérit pas pour lui-même, qu’Il ne recherche pas sa gloire personnelle. Mais il agit de telle sorte que les gens reconnaissent d’eux-mêmes le Messie. Il agit pour Dieu, pas pour lui.

Alors demandons-nous maintenant ce qu’il en est pour nous ; parce que nous sommes tous ces lépreux que Jésus a guéris. Quelle conscience avons-nous de notre péché ? de notre être divin qui est abîmé ? Sali ? L’Evangile nous redit que pour guérir nous avons besoin d’un Autre, nous avons besoin d’entendre : « Je le veux, sois purifié. » Pour guérir du péché, on ne marchande pas avec Dieu ; on ne se confesse pas tout seul, ni à soi. Pour être libéré, nous avons besoin d’entendre d’un autre : « Je te pardonne tous tes péchés. » La prière d’ouverture de la messe, la collecte, nous dit : « Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères. » Oui, Dieu aime la vérité, les gens en vérité avec eux-mêmes, avec les autres. Demandons-nous aussi avec quelle profondeur de guérison nous vivons et recevons les sacrements. Dans quelques jours, nous allons entrer en Carême, temps de pénitence et de conversion. L’occasion vous sera donnée de recevoir le sacrement du pardon, notamment lors de la journée du Vendredi 16 Mars où vous pourrez vous confesser ou venir parler avec un prêtre de 14h00 à 19h00. Il y aura aussi toujours les confessions traditionnelles avant Pâques. Ne passez pas à côté de ces guérisons et libérations que Jésus vous offre. Et puis, alors que nous fêtons en ce jour Notre-Dame de Lourdes, prions pour tous nos frères et sœurs malades et notamment ceux qui reçoivent en ce moment le sacrement des malades. Que Notre-Dame de Lourdes veille sur eux et sur chacun de nous. Amen !

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Homélie de la messe du 5ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-5eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-5 Mon, 05 Feb 2018 08:14:42 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25981 +
5ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

Frères et sœurs,

L’Evangile que nous venons d’entendre nous montre une journée de Jésus. Il se lève avant l’aube pour prier, Il guérit, et enseigne dans les synagogues. Mais les textes de la liturgie de ce dimanche nous montrent aussi un étonnant dialogue entre l’homme et Dieu. La première lecture nous montre l’homme qui souffre, qui n’en peut plus, l’homme en pleine déprime, et qui se tourne vers Dieu et l’appelle à l’aide. Et l’Evangile nous montre la réponse de Dieu : Jésus guérit.
Aujourd’hui, avec l’effacement du sens de Dieu dans nos sociétés, avec la disparition même de Dieu, l’homme ne crie plus sa souffrance au Seigneur, mais à des psys. Dire sa souffrance à Dieu implique une attitude de foi qui nous dit que Dieu entend notre prière, qu’Il la reçoit, comme Il a vu la souffrance de son peuple Israël en Egypte. Il entend notre prière et Il nous répond par Jésus. Là est la différence avec le psy. Alors, on peut se demander comment Jésus continue à guérir aujourd’hui. Il continue à guérir à travers tout d’abord les sacrements qui guérissent notre humanité et nourrissent notre vie divine. A travers la prière que nous Lui adressons qui permet, si c’est une prière ouverte à Dieu et non égocentrée, à Dieu d’agir dans nos réalités. A travers l’union de notre vie à celle de Jésus qui fait qu’en communiant à ses souffrances, qu’en reconnaissant dans ses souffrances les nôtres, nous communions aussi à sa puissance de Résurrection.

La première guérison que nous rapporte St Marc dans l’Evangile de ce dimanche nous montre qu’une fois guérie, la belle mère de Pierre se met à servir Jésus. Lorsque l’on a conscience que Dieu est intervenu dans notre vie, qu’Il a guéri quelque chose en nous, la seule et vraie réponse est de se mettre à son service. Gratuitement, sans rien attendre. On pourrait reprendre l’interrogation de St Paul : « Pourquoi recevrais-je une récompense ? » En fait, la seule récompense est de travailler à notre salut. St Paul le dit encore : « Et tout cela, je le fais à cause de l’Evangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut. »
Pour que la mission des serviteurs de l’Evangile, des serviteurs de Dieu soit encore plus féconde, plus percutante, il faut faire mourir en soi toute soif de pouvoir, de reconnaissance, tout orgueil, surtout l’orgueil bien masqué derrière de belles apparences ou de belles paroles. L’orgueil caché conduit nécessairement à la jalousie : jalousie de voir qu’un tel est plus apprécié de la communauté, qu’on relève davantage ses qualités. L’orgueil non assumé, fausse le regard sur bien des réalités humaines et excite la jalousie. Le véritable critère d’une mission justement assumée est précisément de penser et de travailler à trouver un remplaçant, un successeur à soi.
Et puis St Paul nous donne un autre critère pour nous mettre correctement au service de Dieu : être libre de tout, se faire « tout à tous » comme il dit : « Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. » « Je me suis fait le serviteur de tous. » : bien sûr, aucun d’entre nous, aucun prêtre, aucun fidèle, ne peut à lui tout seul rejoindre tout le monde. C’est impossible. D’où l’intérêt que dans une paroisse, un maximum de baptisés porte ce souci de rejoindre les autres au nom du Christ. Il est fréquent aujourd’hui d’entendre des chrétiens se plaindre que le prêtre n’est pas suffisamment là, qu’il ne visite pas suffisamment les malades ou encore que ce n’est pas le prêtre que nous connaissons qui assure telle messe. Mais il faut aussi accepter la réalité de l’Eglise d’aujourd’hui. En son temps, Jésus n’a pas tout fait. Il est parti ailleurs, « dans les villages voisins », mais envoie par la suite ses apôtres et ses disciples continuer l’œuvre qu’Il a initiée.

Prions en ce dimanche pour tous les serviteurs de l’Evangile et pour tous ceux qui ont une mission dans l’Eglise. Qu’ils découvrent que la première récompense qui leur est offerte est de travailler à leur salut. Prions également pour que les baptisés aident nos frères et sœurs qui souffrent à rencontrer et à accueillir le Christ, seul vrai médecin et remède de notre humanité abîmée et blessée. Amen !

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Homélie de la messe du 3ème Dimanche du temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-3eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 21 Jan 2018 17:35:36 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25927 +

 

3ème Dimanche du temps ordinaire

 

Frères et sœurs,

L’Evangile que nous venons d’entendre nous rapporte l’appel des 4 premiers disciples. Je vous propose de relire cette page d’Evangile, ainsi que les textes que nous propose la liturgie de ce jour, à la lumière d’une invitation de Jésus à la liberté.

La première lecture extraite du Livre de Jonas nous montre combien Dieu estime et même compte sur la liberté de l’homme. Si les hommes ne se convertissent pas, Ninive sera détruite. Et Jonas nous dit : « En voyant leur réaction et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacé. » Trop souvent on pense le plan de Dieu comme quelque chose d’écrit à l’avance qui, inéxorablement, s’appliquera. Or, les choses ne se passent pas comme cela. Dieu n’écrit rien à l’avance. Parce qu’Il est en dehors du temps, Il voit non seulement ce qui se passera, mais aussi comment l’homme va réagir. Mais le fait que Dieu voit en même temps ce qui se passe dans le présent et nos réactions ou nos décisions dans l’avenir ne signifie pas que c’est Lui qui écrit d’avance les choses. Notre liberté est donc fondamentale dans le plan de Dieu, et Dieu ne se substitue jamais à notre liberté. Il l’a voulue, Il l’honore et la respecte. C’est ce qui nous distingue fondamentalement des protestants. Chez les Protestants, la toute-puissance de Dieu l’emporte sur la liberté de l’homme ; chez les catholiques, Dieu passe et compte sur la liberté de l’homme : sa toute-puissance s’auto-limite devant la liberté de l’homme ; et la liberté de l’homme a son importance dans le Salut que Dieu nous offre.

Allons plus loin : Dieu est le créateur de notre liberté. Et comme Il est l’Amour et la Vérité totale et parfaite, Il est la Liberté par excellence. C’est donc Lui qui nous rend libres et fait grandir notre liberté. C’est à cette liberté radicale que nous invite St Paul dans la deuxième lecture : «  Que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’en avaient pas ; que ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, etc… » St Paul ne nous invite pas à rejeter ce monde, mais il nous invite à une liberté totale par rapport à notre monde parce que le but de notre vie est la vie avec Dieu et non la vie ici-bas.

Mais pour grandir dans la liberté, il nous faut passer par des ruptures nécessaires et vitales. Pour qu’un nouveau-né vienne au monde, il doit se séparer du ventre de sa mère : première rupture fondamentale. Pour que l’Eglise entre pleinement en mission, il faut que Jésus Ressuscité monte au Ciel : séparation vitale. Toute avancée dans la liberté passe par des ruptures, par des dé-fusions. L’Evangile de ce jour nous invite à deux types de ruptures : rupture par rapport à nos relations, rupture par rapport à nos activités. Pour Simon et André, l’Evangéliste nous dit : «  Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. » Pour Jacques et Jean, l’Evangéliste nous dit : « Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui. » Ruptures avec les activités : laisser les filets. Rupture avec les relations : laisser le père et les ouvriers.

L’image des filets est intéressante. Certes, les filets sont l’instrument de travail de ces pêcheurs de Galilée…mais les filets évoquent aussi ce qui bloque, ce qui retient, ce qui empêche d’être libre. Ne dit-on pas : il est pris dans son filet ?Les filets qui retiennent n’évoquent pas seulement le péché qui entrave la liberté. Il y a des activités qui empêchent d’être libres pour Dieu. Cela peut être professionnel, mais aussi de l’ordre des loisirs.

Et puis, il y a aussi des relations qui empêchent d’être libres pour Dieu. Généralement, ce sont des relations de proximité, donc de l’ordre familial ou amical. C’est à cette lumière qu’il nous faut relire, chacun, nos propres réponses à Dieu. Dire « oui » à Dieu implique nécessairement de dire des « nons ». Dire « oui » à Dieu implique des choix à faire et à assumer. C’est comme dans le mariage : dire « oui » à son mari ou à sa femme implique de dire « non » aux autres. Regardons dans notre vie quels peuvent être les filets qui nous retiennent dans les activités, les relations, et qui nous empêchent d’être libres. Regardons aussi en vérité les ruptures que nous n’arrivons pas forcément à faire. Non seulement, les ruptures sont nécessaires pour répondre toujours plus librement « oui » à Dieu, mais aussi elles sont le passage obligé pour grandir en liberté. En fait, plus nous répondons « oui » à Dieu, plus nous devenons libres.

C’est un des paradoxes de notre société actuelle. On confond en fait l’exercice du libre-arbitre, c’est-à-dire le fait de pouvoir faire des choix, de dire « oui » ou « non », avec la liberté. Le libre arbitre n’est pas la liberté. C’est un lieu d’exercice de notre liberté ; mais on ne peut pas réduire la liberté à l’exercice de notre libre arbitre. Quand on comprend cela, on comprend toute l’erreur de bons nombres de parents demandant le baptême pour leurs enfants et qui nous disent : « Je souhaite que mon enfant soit baptisé, mais après il choisira librement. » On réduit ici la liberté à l’exercice du libre-arbitre, c’est-à-dire au fait de dire « oui » ou « non » au catéchisme. D’abord, l’inscription au catéchisme fait partie de la demande de baptême, mais surtout c’est Dieu qui éveillera et fera grandir la liberté du baptisé. En fait, il ne faut pas dire : « et ensuite mon enfant choisira », mais il faudrait dire : « Dieu fera grandir mon enfant en liberté. » Et puis l’autre erreur fondamentale et grave de ce raisonnement, c’est qu’on met de côté en fait la liberté de l’homme. C’est-à-dire que Dieu ne fait rien en l’homme sans éveiller et passer par la liberté de l’homme. En somme, de tels raisonnements empêchent l’ouverture à la vraie liberté que Dieu permet et à laquelle Il nous invite. L ’exercice de notre liberté, le fait de grandir en liberté, est indissociable de Dieu. Répondre « oui » à Dieu est et sera toujours le lieu d’une croissance dans notre propre liberté humaine. Dit autrement, répondre « oui » à Dieu est ce qui libère profondément l’homme.

Puisque nous avons médité sur la liberté et sur les appels de Dieu, je voudrais juste terminer en vous faisant remarquer la manière dont Jésus appelle à sa suite. Il n’appelle pas parmi ceux qui le suivent, les foules. Il appelle des personnes nouvelles, qui ne le suivent pas encore. Il les appelle sur leur lieu de travail, d’activités, dans leurs relations quotidiennes. Trop souvent, l’Eglise a du mal à appeler des personnes nouvelles. Quand il y a besoin d’une personne pour telle ou telle mission, on cherche tout le temps qui parmi nous pourrait faire cela. Erreur ! Il faut chercher en dehors ; il faut appeler d’autres personnes nouvelles. Il ne faut pas forcément attendre qu’elles viennent ; il faut aussi pouvoir appeler, avoir l’audace d’aller là où on ne va pas pour appeler. C’est comme cela que l’Eglise demeure un corps vivant et en croissance. Sinon, c’est la mort.

Frères et sœurs, ne passons pas à côté des appels que Dieu nous offre. Ils sont parfois difficiles, coûteux dans les ruptures qu’ils impliquent, mais il y a une chose de sûre et de certaine : c’est qu’ils sont pour notre bonheur, pour un bonheur plus grand. Amen !

 

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Homélie de la messe du 2ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 14 Jan 2018 17:43:31 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25901 +

2ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

En cette reprise du Temps Ordinaire, nous sommes invités à nous interroger sur notre vie baptismale, sur notre vie de chrétien. Nous sommes invités à redécouvrir l’appel que nous avons tous reçu de Dieu. Car, qui que nous soyons, si nous sommes là à la messe, c’est que, conscients ou pas, nous avons été appelés par Dieu et nous avons répondu à son Appel. Alors, ce que je vous dis est certainement bizarre à entendre lorsqu’on est devenu chrétien tout petit, par tradition familiale, un peu comme Obélix qui est tombé dans la marmite tout petit. Mais, c’est certainement plus facile à comprendre pour les catéchumènes qui, à un moment donné de leur vie, ont rencontré Dieu.

Les textes de ce jour nous présentent différents appels. Il y a l’appel que lance Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu », il y a celui de Jésus : « Venez et vous verrez », il y a celui d’André : « Nous avons trouvé le Messie » ; et puis, dans la première lecture, il y a l’appel de Dieu au jeune Samuel : « Samuel, Samuel ».

Frères et sœurs, nous sommes tous appelés par Dieu, quelle que soit notre vocation. Nous sommes appelés à le rencontrer et à le suivre. Ces différents appels, que nous montre la liturgie de ce jour, nous redisent que Dieu passe la plupart du temps par les autres pour nous appeler. Pour André, Il passe par Jean-Baptiste ; pour Simon-Pierre, Il passe par André. L’appel se transmet. Mais, à un moment donné, cet appel qui est relayé, débouche sur un autre appel plus direct, plus personnel, plus intime, celui de Dieu lui-même à la personne qu’Il appelle. C’est le cas pour le jeune Samuel qui a besoin d’Elie pour rencontrer Dieu ; c’est le cas d’André à qui Jésus s’adresse : « Que cherchez-vous ? »

L’histoire du jeune Samuel est très instructive. Samuel entend Dieu l’appeler, mais l’auteur nous dit : « Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur. » Dans la vie chrétienne, nous avons besoin des autres pour rencontrer Dieu. Nous avons besoin qu’on nous apprenne à Le rencontrer. C’est tout l’enjeu du catéchisme. Bien sûr, il s’agit d’apprendre la foi chrétienne aux enfants, de leur apprendre à prier, mais surtout, il faut leur permettre de rencontrer Dieu. Si pendant les quelques années de catéchisme au cours desquelles les enfants nous sont confiés, si on ne leur a jamais permis de rencontrer Dieu, alors on a perdu notre temps. C’est là le seul critère d’évaluation du catéchisme. De même, sur le plan de l’éducation chrétienne, c’est la question à vous poser, parents : avez-vous permis à vos enfants de rencontrer Dieu ? Beaucoup de grands-parents, de parents, aujourd’hui se désolent de voir que la foi ne se transmet plus aux générations suivantes. Mais question : a-t-on permis aux enfants de rencontrer Dieu ? Personnellement, je ne le crois pas. Trop souvent, l’éducation chrétienne a été réduite à une morale, à des valeurs, mais trop rarement à une relation avec Jésus. On paye aujourd’hui les conséquences d’une catéchèse aussi vide que creuse.

Les différents appels que nous entendons au cours de ce dimanche nous redisent aussi ce en quoi consiste la vocation chrétienne : à suivre Jésus. « Venez et vous verrez » dit Jésus aux deux disciples de Jean-Baptiste. La vocation chrétienne est de l’ordre d’une expérience. Et cette suite du Christ peut se résumer en deux temps : rester avec Lui et transmettre cet appel à suivre le Christ.

St Jean nous dit : « Ils restèrent auprès de Lui ce jour-là. » La première condition pour être chrétien est d’être avec Dieu. On a trop souvent l’impression que pour être chrétien, il faut faire des choses. Non, il faut être. Il faut rester avec Dieu. Rester avec Dieu, c’est vivre en sa présence, c’est prendre le temps de prier, de l’Ecouter, de l’Adorer. C’est Lui donner du temps. Vous savez, dans la vie éternelle, il ne s’agira pas de faire, mais seulement d’être, d’être avec Dieu et avec les autres, qui sont avec Dieu. La Communion, eucharistique ou spirituelle, nous permet d’être avec Dieu. Si nous sommes avec Dieu, alors les appels que nous lançons seront remplis de Dieu. Et, c’est la deuxième caractéristique de la vocation chrétienne : relayer cet appel de Dieu à le connaître, à le suivre et à l’aimer. Demandons-nous, dans notre vie, à qui nous avons pu transmettre cet appel de Dieu. Voilà une question sur laquelle nous serons jugés.

L’Eglise, quant à elle, vit de ses deux mouvements : sa mission est de rester avec Dieu, avec Jésus et d’appeler à connaître Jésus et à Le suivre. Une paroisse ne perd jamais son temps, et elle n’est pas en dehors de sa mission, lorsqu’elle propose l’Adoration du St Sacrement, lorsqu’elle invite à des temps de prière comme les Vêpres Solennelles, les Salut du St Sacrement, les Processions, où l’on nourrit et où l’on permet d’être avec Dieu. Mais, une paroisse doit aussi appeler. Sans arrêt. On ne doit jamais se satisfaire que nos équipes soient suffisamment nombreuses. On doit sans arrêt appeler, non pas seulement pour nous soulager, pour nous alléger la quantité de travail comme on le pense trop souvent, non pas seulement pour ne pas s’approprier tel ou tel pan de la mission, mais d’abord et surtout parce que, si nous avons réellement rencontré Dieu, notre seul désir doit être que d’autres puissent le rencontrer aussi. L’authenticité d’un appel de Dieu se vérifie aux appels que nous sommes capables de lancer. Par ailleurs, cette dynamique missionnaire permettra aussi à l’Eglise, aux paroisses et aux communautés chrétiennes, de ne pas se scléroser ni de s’enliser dans des problématiques de conflits, de pouvoir ou d’opposition qui abîment et étouffent l’Eglise.

La fécondité de nos appels réside dans le fait de « rester » avec Dieu. Prions pour l’Eglise et pour les baptisés afin que nous découvrions de manière toujours plus profonde que notre première mission est de rester avec Dieu, d’être des hommes et des femmes de Dieu, appelés à aider nos frères et sœurs à rencontrer Dieu. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Epiphanie du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/25890 Sun, 07 Jan 2018 17:56:49 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25890 +

Solennité de l’Epiphanie 2018

Frères et Sœurs,

La belle fête de l’Epiphanie que nous vivons aujourd’hui se situe chez nous, dans l’Eglise Romaine, à la frontière entre le temps de Noël qui s’achève et le temps ordinaire qui va reprendre son cours.

Je voudrais vous donner quelques aspects historiques de cette solennité parce qu’ils nous permettront de goûter plus en profondeur tout ce que contient cette belle fête. Le premier élément que je vous souhaite vous donner c’est que l’Epiphanie est certainement la date où l’on fêtait à l’origine Noël. D’ailleurs, l’Eglise Orthodoxe a conservé la date de l’Epiphanie comme fête de la naissance de Jésus. Au IVème siècle, l’Eglise Romaine décale de quelques jours la fête de Noël pour la faire coïncider avec le solstice d’hiver, le 25 décembre, fête païenne appelée en latin la fête du Natalis invicti, la renaissance de Soleil. Par ce transfert, l’Eglise entend montrer que le Vrai Soleil, la Véritable Lumière est le Christ Jésus.

Deuxième élément que je souhaite vous donner, c’est que l’Epiphanie, dont le sens signifie manifestation, révélation, consiste en la manifestation du Fils de Dieu au monde. Mais, à l’origine, l’Epiphanie, contient trois manifestations que l’Eglise a choisi de distinguer afin de mieux les honorer et de mieux s’en nourrir. En Occident, on ne retient principalement que la manifestation aux Mages, ce que notre liturgie actuelle a d’ailleurs conservé. Mais ces 3 Epiphanies du Fils de Dieu sont contenues dans l’Antienne des Secondes Vêpres de cette Solennité, que je vous lis : « Nous célébrons trois mystères en ce jour : aujourd’hui l’étoile a conduit les Mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau fut changée en vin aux Noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver Alleluia. » Il y a donc 3 Epiphanies : de Jésus aux Mages, de Jésus au peuple d’Israël et à ses disciples avec les Noces de Cana qui marque l’inauguration de son ministère public avec le premier miracle qu’il accomplit, et enfin de Jésus à Jean-Baptiste lors de son baptême. On comprend bien que la fête de l’Epiphanie clôt le cycle de Noël et nous fait entrer dans la Nouvelle Alliance et dans le ministère public de Jésus.

L’Eglise a choisi de distinguer ces 3 Epiphanies. Elle conserve la venue et l’adoration des Mages pour la fête du jour ; dissocie le baptême de Jésus qu’elle renvoie ou au lendemain ou au dimanche suivant (après ce sont des questions de calendrier que feront que…) et place le récit du premier miracle de Jésus, les Noces de Cana, le dimanche suivant dans la liturgie traditionnelle et le dimanche suivant en année C dans la liturgie actuelle.

Alors ces quelques éléments historiques nous aident à saisir la profondeur de la fête que l’Eglise vit aujourd’hui. Maintenant, nous allons surtout porter notre attention sur la démarche des Mages. Le sens en est très simple : il s’agit de dire que le salut apporté par Jésus est universel, pour tous. Pas que pour le peuple Juif. Les Mages, nous dit St Matthieu, viennent de l’Orient. Des païens sont donc associés, dès le début de l’existence humaine de Jésus, au Salut. La démarche des Mages nous montre aussi que la science conduit, lorsqu’elle n’est pas pervertie par l’orgueil, à Dieu. A ce sujet, je souhaiterais m’adresser plus particulièrement aux parents ou grands-parents ici présents. Ecoutez bien ceci. Il ne se passe pas une année de catéchisme sans que les enfants, quels que soient leur année (première, deuxième, etc…ou même aumônerie) nous disent être très mal à l’aise, voire déstabilisés, entre ce que nous leur enseignons au catéchisme sur la Création et le beau discours bien laïc que tiennent des professeurs. Alors, ça commence à bien faire, et c’est cela que je voudrais vous dire pour vous rassurer, vous les parents. Ce que les si bons professeurs ne disent pas, c’est que la plupart des scientifiques, des professeurs, des chercheurs en science, en médecine, quand ils découvrent la complexité, la beauté, voire la perfection de ce qu’ils étudient, se rendent compte et croient qu’il y a une intelligence supérieure qui a pensé et permis tout cela. Je ne suis pas en train de vous dire qu’ils sont tous chrétiens, je vous dis qu’ils sont la plupart tous croyants en Dieu. Et là, c’est une imposture de prendre appui sur leur qualité de professeur pour continuer à opposer la Révélation chrétienne à la Science. On voit les dégâts de l’idéologie sur le savoir… Heureusement tous les professeurs ne sont pas comme cela…

Mais cet exemple assez fréquent nous ramène à la démarche des Mages. Les Mages sont des scientifiques, des gens qui étudient les astres, mais leur intelligence est ouverte à Dieu. Ils ne s’arrêtent pas à l’astre : ils vont à Celui qui est derrière, au Créateur, à Dieu. Se pose alors à nous une première question : à l’image des Mages d’Orient, notre puissance, notre science, nos richesses nous conduisent-elles vers Dieu? Ou sont-elles au contraire un obstacle sur le chemin ? Le propre de la vie chrétienne est d’ordonner à Dieu les dons de Dieu (l’intelligence, la liberté, l’amour, les forces) et de ne pas devenir complice malgré soi du démon qui travaille à désordonner les dons que Dieu nous faits, à les utiliser contre Lui.

Alors que la science perce un tout petit peu les secrets de l’univers, de la nature, l’illusion du savoir aveugle souvent les intelligences au point que les hommes ne rapportent plus l’ordre de l’univers à son Créateur. Pour les humbles, l’étoile de la science est une voie vers la crèche.

La démarche des Mages nous révèle encore une autre caractéristique importante : ils sont humbles, au vrai sens du terme. Certes, leur intelligence est ouverte à Dieu, mais ils sont humbles au sens étymologique du terme humus en latin la terre. C’est-à-dire qu’ils sont capables de s’humilier, de se mettre à terre devant Dieu : «  et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant Lui » nous rapporte St Matthieu. Alors se pose à nous une deuxième question : sommes-nous humbles ? Sommes-nous capables de nous mettre à terre devant Dieu ? Est-ce que nous nous regardons en vérité ? C’est cela la véritable humilité : se regarder justement, être capable de se remettre en cause, en question. Ne pas croire que c’est toujours moi qui ai raison, qui ai les bonnes interprétations. Le Seigneur aveugle ceux qui sont sûrs d’eux.

Frères et sœurs, alors que s’achèvent les mystères de la Nativité, centrés autour de la crèche, la question se pose pour nous de savoir si nous avons pu entrer dans l’étable. Ressemblons-nous donc aux bergers et aux Mages ? Avons-nous humilié notre puissance, notre science, nos certitudes, notre richesse devant l’enfant de la crèche ? Si nous trouvons que nous ne l’avons pas suffisamment fait, nous en avons encore le temps puisque le temps de Noël s’achèvera complètement le 2 février avec la Présentation de Jésus au Temple. Puisse la démarche des Mages nous ouvrir plus profondément au mystère de la présence de Jésus dans nos vies. Amen !

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Homélie de la messe de la Sainte Famille du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-sainte-famille-du-pere-julien-palcoux Sun, 31 Dec 2017 16:11:22 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25866 +

Fête de la Sainte Famille

Frères et Sœurs,

Aujourd’hui nous prolongeons la Fête de la Nativité du Fils de Dieu en contemplant la famille dans laquelle Dieu a voulu naître. Je dis bien, « dans laquelle Dieu a voulu naître » et non « dans laquelle Dieu est né ». Car la naissance de Jésus dans une famille d’Israël est voulue par Dieu. Dieu, qui est tout-puissant, aurait pu procéder différemment. Mais il n’en a pas été ainsi. Il en va comme pour l’Institution de l’Eucharistie par Jésus. L’Institution de l’Eucharistie aurait pu ne pas avoir lieu au soir du Jeudi Saint, cela ne changeait rien au mystère pascal. Mais, il n’en a pas été ainsi. Donc, à travers ces faits, ces actes, Dieu nous dit quelque chose. Que nous dit-Il ?

Le premier enseignement que l’on peut en tirer est que Dieu sanctifie la famille et en fait un modèle. Il nous révèle ainsi que la meilleure cellule, la meilleure structure, pour aimer et pour accueillir la vie est la famille composée d’un homme et d’une femme. C’est dans cette structure que Dieu a voulu naître. Nous pouvons même aller plus loin. Les Ecritures ne disent pas grand-chose de Joseph, si ce n’est qu’il est le protecteur de la Sainte Famille ; on ne sait pas par conséquent à partir de quand il disparait ; mais on sait que Jésus va connaître un certain temps une famille éprouvée par le deuil (avec la mort de Joseph), ou dit autrement, Jésus va connaître un certain temps ce qu’est une famille monoparentale. Ma réflexion n’a pas pour but d’exclure les familles monoparentales ni les familles décomposées-recomposées, mais elle a pour but d’éveiller le sens politique des baptisés au fait qu’il ne faut pas seulement accompagner d’autres visages de famille (ce que nos politiques font depuis plusieurs décennies), mais il faut aussi travailler à la solidification de la structure familiale naturelle qui, elle aussi connaît des difficultés, des épreuves, et qui peut avoir l’impression de devenir minoritaire et d’être délaissée dans notre monde actuel.

En quoi la Sainte Famille est-elle pour nous un exemple ? Eh bien, je dirais, parce que chacun se reçoit de Dieu. Vous savez, on entend souvent cette phrase : «  Ses amis, on les choisit ; sa famille pas. » D’ailleurs bien souvent, derrière cette maxime se cache l’idée qu’on subit sa famille. Dans la Sainte Famille, c’est encore différent. On ne peut pas dire qu’on ne choisit pas sa famille. On la reçoit de Dieu. Chacun est un don de Dieu pour l’autre et pour les autres. Marie est donnée en mariage à Joseph. Joseph est donné à Marie. Jésus est donné par Dieu aux parents, et à travers eux à Israël et aux nations. Dans la Sainte Famille, personne ne s’approprie l’autre ; personne ne met la main sur l’autre ; tous se reçoivent de Dieu. Alors, regardons un peu dans nos familles. Est-ce que nous considérons les autres comme un don de Dieu ? Vous les couples croyants ici présents, comment vous regardez-vous ? Regardez-vous l’autre comme celui que vous aimez, que vous avez choisi ? ou bien comme celui ou celle que Dieu vous a donné ? Parfois, de reprendre conscience que nous sommes les uns les autres des dons de Dieu aux autres permet de dégonfler bien des problèmes. Il en va de même pour les enfants. Comment regardez-vous vos enfants ? Comme le produit de votre amour ? ou comme un don de Dieu ? Cette perspective a bien des incidences sur le devenir des enfants. Par exemple, est-ce que j’accepte qu’ils prennent telle ou telle orientation plutôt que celle que je pensais être le mieux pour lui ou pour elle ? Est-ce que j’accepte qu’il ou elle rencontre une femme ou un homme qui ne correspond pas forcément à ce que j’aurais pensé ? L’Evangile nous rapporte l’épisode de la présentation de Jésus au Temple avec les prophéties du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne. Ces prophéties, en même temps qu’elles révèlent la mission de Jésus, ouvrent le cœur de Joseph et de Marie à un avenir qui ne leur appartient pas, et ouvrent ainsi un espace et un consentement dans leur cœur à l’avenir divin de Jésus. C’est ce que préfigure aussi le sacrifice d’Isaac évoqué en deuxième lecture : l’avenir d’Isaac appartient à Dieu et non à Abraham.

Dans cette perspective, il me parait très important et même fondamental de redire haut et fort que l’enfant est un don de Dieu, que l’on reçoit de Dieu, et non un objet que l’on réclame ou que l’on exige. A nouveau de sombres nuages pèsent non seulement sur l’institution familiale, mais surtout sur l’enfant et sa liberté fondamentale. Un enfant se reçoit ; il ne se commande pas. Un enfant est appelé à exister pour lui-même et non pour ses parents ou pour ses acheteurs ! Cette dernière idéologie est contraire non seulement à l’ordre naturel des choses, mais aussi à ce que Dieu a réalisé : qui, mieux que Jésus, peut nous dire que l’Enfant est un don de Dieu ?

Je terminerai cette petite méditation sur une autre caractéristique de la Sainte Famille : c’est que, accueillant Dieu en elle-même, elle grandit aussi selon la fécondité divine. Cette dimension est annoncée à travers l’obéissance et la foi d’Abraham en la promesse de Dieu de lui donner une descendance. Descendance humaines certes, mais aussi descendance spirituelle. Lorsqu’une famille se reçoit de Dieu, lorsqu’elle laisse toute sa place à Dieu, alors elle s’ouvre aussi à une fécondité surnaturelle, à une fécondité spirituelle, qui dépasse la simple fécondité biologique. C’est le Trésor qu’apporte Dieu à toutes les familles, mais qu’assez peu de familles finalement exploitent. La fécondité surnaturelle de la famille de Joseph et de Marie s’ouvre naturellement sur l’Eglise. Enfin, Jésus va ouvrir ses parents à cette fécondité qui dépasse les liens du sang. La fécondité surnaturelle des familles chrétiennes s’ouvrent naturellement aussi sur l’Eglise, enfin normalement. C’est le signe qu’il s’agit justement d’une fécondité surnaturelle.

Prions frères et sœurs en ce dimanche pour toutes les familles qui essayent de vivre le mieux possible l’idéal chrétien, quelles que soient leur structure. Prions pour que les familles chrétiennes approfondissent leur origine en Dieu, pour qu’elles apprennent à laisser davantage de place à Dieu en leur sein, et pour qu’elles s’ouvrent à une véritable fécondité divine. Amen !

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Homélie de la Messe du Jour de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-du-pere-julien-palcoux-3 Mon, 25 Dec 2017 11:30:54 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25834 +

Solennité de Noël

Messe du Jour

Frères et sœurs,

La naissance du Fils de Dieu dans notre monde est une Bonne Nouvelle, c’est La Bonne Nouvelle. Les Anges annonçaient aux bergers cette nuit : « Je vous annonce une grande joie : aujourd’hui nous est né un Sauveur ! » Certes, il y a plusieurs degrés dans la Bonne Nouvelle. Le premier est la certitude que Dieu nous aime, qu’Il s’intéresse à nos vies et qu’Il intervient dans nos vies. Le deuxième degré est celui qui correspond à la fête de Noël : Dieu nous rejoint ; Il devient l’un de nous. Par la médiation de Marie, Il assume notre nature humaine, mais sans la faute. Le troisième degré de la Bonne Nouvelle, le plus haut degré, c’est la Résurrection de Jésus, qui est la réponse et la victoire définitive de Dieu sur les forces du mal, sur le péché et sur la mort.

La naissance du Fils de Dieu parmi nous est donc une Bonne Nouvelle. Bonne nouvelle parce que Celui qui par nature est invisible se donne à voir et révèle le visage de Dieu. L’auteur de la Lettre aux Hébreux dira en parlant du Fils de Dieu : « Reflet resplendissant de la gloire du Père, expression parfaite de son Être. ». St Jean dira dans l’Evangile : « Nous avons vu sa gloire, la gloire qu’Il tient de son Père comme Fils Unique, plein de grâce et de vérité. » Celui qui voit Jésus voit Dieu. En naissant parmi nous, Dieu nous rejoint ; Il se donne à voir. Il est la réponse à toutes les interrogations, les questions de l’homme. Mais pour que nous reconnaissions en Lui la réponse à toutes nos questions, à tous nos désirs, à toutes nos incompréhensions, il nous faut l’accueillir. Il faut le laisser progressivement éclairer nos vies, éclairer nos ténèbres. Lui qui est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, il faut l’écouter. Fêter Noël, c’est accueillir Jésus dans nos vies, c’est Le laisser naître et c’est L’écouter au jour le jour.

L’accueil de Jésus dans nos vies a aussi une autre conséquence pour nous : c’est le début de notre rédemption. La naissance de Jésus parmi nous permet la réconciliation entre la nature divine et la nature humaine. Celui qui accueille Jésus permet à sa nature humaine d’entrer dans une nouvelle communion avec Dieu. Il s’agit là d’une nouvelle naissance, d’une nouvelle relation. St Jean le dit dans l’Evangile : « Ils ne sont pas nés de la chair ni du sang, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Notre vraie généalogie, au sens de notre vraie et profonde origine, est la foi en Jésus qui nous donne une nouvelle origine et nous fait naître de Dieu : « Au commencement était le Verbe » nous dit St Jean. « Au commencement » : il s’agit bien d’un début, d’une vie nouvelle. Dès lors, notre nature humaine, qui demeure toujours imparfaite et limitée, est divinisée et rachetée. Et cette relation nouvelle se déploie dans une relation filiale. En accueillant Jésus, nous devenons fils de Dieu. St Jean l’annonce : « Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son Nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »

Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur, au cours de cette messe, pour la Vie qu’Il nous donne en son Fils Jésus, pour notre nouvelle naissance, notre nouvelle identité. Demandons-lui la grâce de pouvoir accueillir en profondeur et de manière renouvelée Jésus en nos vies et de lui demeurer fidèle dans notre vie. Amen !

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Homélie de la Messe de la Nuit de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel-du-pere-julien-palcoux-4 Mon, 25 Dec 2017 00:00:56 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25832 +

Solennité de Noël

Messe de la Nuit

Frères et Sœurs,

L’Evangéliste St Luc place le récit de la naissance de Jésus dans un contexte politique bien particulier : celui du recensement de « toute la terre ». Pas de l’empire, romain, mais de « toute la terre ». La prétention de l’empereur à être le maître de toute la terre est flagrante.

Le recensement chez les Hébreux n’est pas un acte anodin : c’est un péché. Le Roi David en a fait les frais. La Bible, et derrière Dieu, condamne la pratique du recensement, parce qu’il révèle l’orgueil de l’homme, la volonté de savoir, de tout maîtriser. Savoir combien de personnes peuplent un territoire, c’est se mettre à la place de Dieu qui, Lui seul, sait tout. Le Roi David va ordonner un recensement que Dieu va condamner : de ce fait, David devra choisir entre 3 fléaux : la peste, la famine ou la guerre.

C’est donc dans ce contexte bien particulier du recensement que va naître Celui qui vient sauver le monde, Celui à qui la possession du monde a été remise, Celui qui vient sauver le monde en le rendant à Dieu. La figure de l’empereur Auguste nous renvoie au péché des origines, à l’orgueil de l’homme qui se met à la place de Dieu en voulant savoir ce qu’il ne peut pas savoir. L’empereur se met à la place de Dieu. Il ne laisse pas de place à Dieu.

Alors, nous qui ce soir fêtons la Nativité de Jésus, demandons-nous quelle place nous laissons à Dieu dans notre vie, dans notre temps. Ne nous arrive-t-il pas, nous aussi, de nous mettre à la place de Dieu, avec parfois les meilleures intentions ? de nous mettre à la place de Dieu pour nous-mêmes, pour les autres ? Le développement d’une vie égocentrée, la non sanctification du Jour du Seigneur (pas seulement le fait de ne pas aller à la messe le dimanche, mais aussi notre manière de vivre le Jour du Seigneur), notre manque d’attention à la présence de Dieu dans nos vies, chez les autres, dans les églises, les moyens de communication, les réseaux sociaux qui étouffent la vie intérieure, tous ces traits actuels de nos sociétés occidentales, sont révélateurs du fait que l’homme ne fait plus de place à Dieu et se met au centre à la place de Dieu. Chacun de nous est guetté par ces dérives. Nos législations aussi lorsqu’elles étouffent et parfois combattent, bien sûr subrepticement, la place de Dieu ; lorsqu’aussi elles favorisent des Lois opposées à l’ordre naturel des choses. Fêter chrétiennement Noël, c’est non seulement ne pas nous mettre à la place de Dieu, mais aussi faire de la place à Dieu !

La figure de l’empereur Auguste met aussi en lumière un contraste entre deux pouvoirs : le pouvoir humain, politique et le pouvoir de Dieu. L’empereur ordonne, commande, et tout le monde obéit. Le pouvoir de Dieu se révèle dans un enfant qui se propose à l’accueil de chacun. Dieu gouverne en se proposant, en faisant appel à notre liberté, à notre accueil. Dans notre vie de tous les jours, nous pouvons attendre, exiger beaucoup de choses de la part de Dieu (qu’Il nous guérisse, qu’Il nous réserve un avenir serein, qu’Il nous obtienne telle ou telle chose), mais Lui, Dieu n’attend qu’une chose de nous : c’est que nous l’accueillions. Le véritable pouvoir sait obtenir notre libre assentiment et se révèle dans le don de Dieu et l’accueil de l’homme. Comme le synthétisera St Augustin dans ces Confessions : « Dieu qui t’a créé sans toi, ne veut pas te sauver sans toi. » Dieu ne force jamais la porte de notre cœur. Alors, ce soir, en cette nuit de la Nativité, accueillons le dans notre cœur. Sachons lui faire de la place non seulement aujourd’hui, mais aussi dans la durée et la fidélité, tout au long de notre vie. Amen !

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Homélie de la Messe de la Vigile de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-vigile-de-noel-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 24 Dec 2017 19:15:31 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25830 +

Solennité de Noël

Messe de la Vigile

Frères et sœurs,

Avec cette longue généalogie que nous venons d’entendre, l’évangéliste St Matthieu nous montre que le Fils de Dieu se fait fils de l’homme. Le Fils de Dieu s’inscrit dans une généalogie humaine, Il entre dans notre temporalité, dans notre histoire humaine, dans l’histoire d’un peuple : le peuple Hébreu. Dieu entre dans le tréfonds de notre humanité.

Tous les noms que nous venons d’entendre ne vous disent certainement pas grand-chose, mis à part quelques-uns comme Abraham, Isaac, Jacob, David, Salomon, Joseph et Marie. Ceci-dit, outre le fait de rattacher la naissance de Jésus à l’origine du peuple Hébreu avec la figure d’Abraham et de faire descendre Jésus de la tribu royale d’Israël avec la figure du Roi David, il y a 4 discrètes petites particularité dans cette généalogie. On y trouve mentionnées 4 femmes dans une généalogie exclusivement masculine : Thamar, Rahab, Ruth et Betshabée. Ces 4 femmes n’arrivent pas par hasard dans la généalogie humaine de Jésus, Fils de Dieu. Qui sont-elles ?

Thamar était la femme d’Er qui mourut. Elle épousa donc le frère d’Er, Onan, pour pouvoir donner une descendance à la famille. Mais ce dernier refusa de donner une descendance à la femme de feu son frère. Thamar se déguisa donc en prostituée et coucha avec son beau-père pour pouvoir transmettre la vie. Thamar est donc considérée comme une prostituée qui commet en plus un inceste.

Rahab, qui habitait Jéricho, est une prostituée qui va se repentir de sa vie et croire au Dieu d’Israël. Lorsque les Hébreux en 1446 avant Jésus-Christ sont aux portes de la Terre Promise, elle accueillera et cachera les espions Hébreux venus observer la Terre Promise avant l’entrée du peuple.

Ruth est issue de la tribu de Moab, donc descendante de l’inceste de Loth avec ses filles après s’être échappés de Sodome et de Gomorrhe. Ruth est une femme vertueuse, mais dont les origines sont étrangères au peuple Hébreu.

Et enfin, Bethsabée, qui coucha avec le Roi David après que ce dernier eût tué son mari, Urie. L’image de Bethsabée que l’histoire d’Israël sanctifie, est liée à l’immoralité, au meurtre et au mensonge.

« Quelle généalogie » me direz-vous ! Quelle particularité ont ces 4 femmes ? Elles assurent la descendance de la lignée quand il y a rupture. Elles permettent la réalisation du plan de Dieu malgré leur péché. Ces 4 femmes préparent et annoncent l’arrivée d’une 5ème qui, elle aussi, assurera la descendance de la lignée dans une rupture qui cette fois-ci viendra de Dieu et non des hommes : il s’agit de Marie. Marie est celle qui fait entrer Dieu dans cette généalogie. La rupture qu’elle introduit dans la généalogie permet à chacun de nous, quelle que soit notre généalogie humaine, de fonder notre origine en Dieu.

Avec ces 4 femmes, nous arrivons donc à une autre signification de cette généalogie, outre le fait d’inscrire le Fils de Dieu dans l’histoire humaine ; cette généalogie nous montre que Dieu, en nous rejoignant, vient sanctifier une humanité pécheresse. Voilà ce qu’est l’Incarnation. Dieu nous rejoint au plus profond de notre humanité dans ce qu’elle a de moche, pour nous sauver et nous sanctifier.

La Fête de la Nativité du Fils de Dieu est la plus haute manifestation de l’Incarnation. On a souvent tendance à regarder l’Incarnation comme une réalité évidente, simple. Mais il n’en n’est rien ! L’Incarnation, c’est lourd. Celui qui par nature est invisible devient visible ; celui qui est insaisissable devient saisissable ; celui qui demeure avant le temps entre dans le cours du temps ; celui qui est impassible devient passible ; celui qui est immortel devient mortel ; celui qui est la Parole se fait petit enfant, c’est-à-dire celui qui ne sait pas parler et qui va devoir apprendre à parler ! Voilà, ce que c’est que l’Incarnation. L’Incarnation du Fils de Dieu, c’est entrer dans une nature limitée, imparfaite, pécheresse. Et tout cela pour quoi ? pour nous sauver. Comme nous le disons dans le Credo : « Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel. Par l’Esprit-Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme. »

Ce soir, nous qui, au cours de cette messe attendons la naissance du Fils de Dieu, entrons dans ce mystère du salut que Dieu vient nous offrir. Pour vivre un vrai Noël, un Noël chrétien, dépassons la fête profane de Noël qui se réduit pour beaucoup à un bon repas et à des cadeaux. Noël, c’est bien autre chose : c’est l’Avènement de notre salut. Comme le dit l’Ange à St Joseph, c’est accueillir Jésus, Celui qui vient nous sauver de notre péché. C’est notre nouvelle naissance comme nous le redira la messe de demain, la messe du Jour de Noël. Ce soir, rendons grâce à Dieu pour le cadeau de Noël qu’Il nous fait à tous : le don du Salut qu’Il vient nous offrir en son Fils Jésus qui vient naître et habiter en chacun de nous. Amen !

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Homélie de la messe du 4ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-4eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 24 Dec 2017 13:49:23 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25825 +
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ème Dimanche de l’Avent

« Que tout se passe pour moi selon ta parole ! »

Frères et sœurs,

Avec cette belle page d’Evangile, nous entrons déjà dans le mystère de la Venue du Seigneur dans notre monde. L’Annonciation nous montre deux mouvements fondamentaux liés à notre salut : le premier, c’est Dieu qui vient à nous ; le deuxième, c’est l’homme qui répond. Dieu se rend présent à Marie par l’intermédiaire de l’Archange Gabriel avec son projet, et Marie répond à Dieu. En cette fin du temps de l’Avent, nous qui avons réfléchi, médité sur la venue du Seigneur dans notre vie, nous sommes invités à réfléchir sur la réponse que nous donnons à Dieu. Quelle est notre réponse à Dieu ?

Un premier élément est important dans cette réflexion : Marie ne dit pas « oui » à son projet personnel, mais elle va dire « oui » au projet de Dieu. En effet, Marie est fiancée à Joseph en vue du mariage. L’Annonciation de l’Archange Gabriel vient tout perturber et tout désorganiser ; presque même tout remettre en cause. Elle mettra au monde le Fils de Dieu…pas le fils de son futur mari…

La première lecture évoque une situation similaire. Le Roi David vient enfin de pouvoir habiter son palais et il se préoccupe de construire une maison digne de ce nom au Seigneur. Lui aussi forme un projet, mais le projet du Seigneur est différent : « Est-ce toi qui qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ? (…) Le Seigneur te fait savoir qu’il te fera lui-même une maison. »

Par ces deux textes, la liturgie de ce jour nous montre que nos pensées ne sont pas celles de Dieu, que nos projets ne sont pas forcément ceux de Dieu ; et donc, se pose à nous cette première question : quand nous disons « oui » à un projet qui nous concerne, est-ce notre projet personnel, ou est-ce celui de Dieu ? En règle générale, Dieu ne répond jamais point par point à nos désirs, à nos projets. Sa réponse et sa venue sont toujours autres que ce que nous attendons. Le Roi David, comme la Vierge Marie, acceptent de se dessaisir de leur projet personnel pour accomplir le projet différent de Dieu. Tous les deux obéissent à Dieu, et tous les deux acceptent de devenir la maison de Dieu : avec le Roi David, Dieu vient habiter le peuple d’Israël ; avec Marie, Dieu vient habiter en elle.

A nouveau, en contemplant la Vierge Marie dans cette scène, nous remarquons que Marie ne cherche pas à maîtriser ce qui va se passer : elle accepte de ne pas saisir, de ne pas comprendre ; elle accepte l’inconnu. Elle nous montre que pour accueillir Dieu dans nos vies, il faut accepter de ne pas maîtriser, de ne pas vouloir saisir ; elle nous montre qu’il faut accepter le risque de l’inconnu, acceptation rendue possible seulement par la Foi et la confiance en Dieu.

Accepter de ne pas saisir, de ne pas maitriser, cela ne veut pas dire ne pas chercher à comprendre ; cela veut dire ne pas avoir la prétention de tout comprendre. Vous remarquerez que Marie pose des questions sensées à l’Archange Gabriel : « Comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ? » Marie cherche à comprendre mais accepte de ne pas maitriser, elle accepte le mystère de la réponse de Dieu. Elle engage sa foi pour accepter le risque de l’inconnu.

Son attitude devient encore plus lumineuse lorsque nous la comparons à celle de Zacharie. Zacharie, à l’annonce de la conception de Jean-Baptiste en Elisabeth, ne va pas croire et il va demander un signe. Du coup, il perdra l’usage de la parole. Marie, elle, croit immédiatement et ne réclame pas de signe. Dieu bénit son attitude et lui donne le signe qu’elle ne demande même pas : « Et voici qu’Elisabeth, ta cousine, a conçu elle aussi un fils dans sa vieillesse. »

Frères et sœurs, ces quelques réflexions toutes simples, nous aident à réfléchir sur la réponse que nous donnons à Dieu et sur les conditions nécessaires pour répondre à Dieu et non pas à nos propres projets. La foi nous permettra de ne pas avoir peur de répondre « oui » à Dieu aussi bien pour les petites choses qu’Il nous demande dans notre vie de tous les jours, pour le service de son Eglise, que pour les grands projets qu’Il peut nous proposer et qui peuvent nous effrayer. Prions, en implorant l’intercession de la Vierge Marie qui nous aide et nous apprend à répondre « oui » à Dieu, prions pour tous ceux qui répondent « non » à Dieu, « non » au service que l’Eglise peut demander à tel ou tel. Prions pour tous ceux qui ne reconnaissent pas les appels de Dieu ou pour tous ceux qui s’efforcent de ne pas entendre ; prions pour tous ceux qui règlent des problèmes personnels avec Dieu ou avec son Eglise en répondant « non » aux appels qui leur sont faits ; prions pour tous ceux qui ont peur de répondre « oui » à Dieu ; et prions pour tous ceux qui répondent « oui » à Dieu et qui permettent par leur réponse libre à Dieu d’agir à travers eux et dans le monde. Que Marie veille sur tous ces « oui » pour les rendre plus féconds. Que Marie aide chacun de nous, quelles que soient nos vocations, à accepter le projet de Dieu pour nous, à savoir qu’Il vienne habiter en nous. C’est cela la fête de Noël. Amen !

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Homélie de la messe du 3ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-3eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 17 Dec 2017 15:13:05 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25780 +

3ème Dimanche de l’Avent

Il était là pour Lui rendre témoignage.

Frères et sœurs,

En ce 3ème dimanche de l’Avent, je voudrais vous livrer une méditation assez courte à partir des deux grandes figures de l’Avent : Jean-Baptiste et la Vierge Marie ; Jean-Baptiste que nous avions déjà dimanche dernier, et la Vierge Marie que nous retrouverons dimanche prochain.

Dans sa réponse aux Pharisiens venus l’interroger, Jean-Baptiste dit ceci : « Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas. » Il parle bien sûr de Jésus. Mais il révèle aux Pharisiens que le Messie est déjà là, déjà à l’œuvre, alors qu’ils ne l’ont pas encore rencontré. Nous aussi, dans notre vie, il nous arrive, il nous est arrivé, de découvrir après coup la présence de Dieu dans tel ou tel évènement de notre vie, dans telle ou telle rencontre. Nous découvrons après coup, parfois bien des années après, que c’était Dieu qui agissait à tel moment…

Le psaume, quant à lui, nous donne d’entrer dans l’intimité de la prière de la Vierge, toute donnée à Dieu, chez qui Dieu a particulièrement pris corps : «  Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom. Etc… » Marie rend grâce à Dieu non seulement pour la présence en elle de Dieu, mais aussi pour son œuvre. Eh bien, je vous propose de prendre quelques instants de silence à la fin de l’homélie, mais aussi de reprendre cet axe de prière durant cette troisième semaine de l’Avent : rendons grâce à Dieu pour ce qu’Il a réalisé dans nos vies, pour les lumières qu’il a pu nous donner, pour les libérations qu’Il a pu accomplir, pour les guérisons qu’Il a pu opérer. Réécoutons ce que dit le prophète Isaïe : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance, aux captifs la liberté. » Rendons grâce également et tout d’abord pour sa présence en nous, au milieu de nous. Ne soyons pas ingrats, en train de toujours demander et de ne jamais remercier !

Maintenant, regardons un deuxième aspect de la personne de Jean-Baptiste. Jean-Baptiste, avec la Vierge Marie, est certainement celui qui a été le plus près du Messie. Non seulement par le sang, mais aussi par le témoignage. Il est celui qui approche le plus le mystère de Dieu, la grandeur de Dieu. Dans l’Evangile du jour, nous le voyons en train de répondre aux autorités juives. Effectivement, son mode de vie ascétique, érémitique, interroge. Le baptême qu’il administre aussi. Son témoignage de vie, sa radicalité, sa simplicité poussent à se poser des questions. Il est pour nous un exemple. Sa vie de foi, son témoignage de vie sont intimement liés. Chez lui, on ne trouve pas des paroles d’un côté, et des actes d’un autre. Tout est unifié. Le témoignage qu’il rend au Messie est unifié. Et il rend compte de sa foi ; il annonce la venue du Messie. Il ne vit pas sa foi pour lui seul ; il l’annonce aux autres.

Alors, à la suite de Jean-Baptiste, nous pouvons nous demander : comment est-ce que nous préparons la venue du Messie dans la vie des autres ? Comment est-ce que nous rendons témoignage de notre foi autour de nous ? Est-ce qu’il ne nous arrive pas trop souvent de faire de notre foi une seule question privée qui ne concerne que moi ?

La foi de Jean-Baptiste dérange ou tout du moins interroge. Regardons donc la question de notre témoignage sur un plan personnel, mais aussi sur un plan communautaire. Est-ce que notre vie de foi informe-t-elle bien toute notre vie ? nos relations ? nos comportements ? Et sur un plan communautaire : quelle charité avons-nous les uns envers les autres ? Jésus dit bien à ses disciples : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples. » Nous pouvons continuer à progresser. L’amour, la charité, que nous sommes appelés à avoir les uns envers les autres passent aussi par le fait d’accepter que les autres soient différents, que les autres pensent différemment, par accepter que nous ne soyons d’accord sur les mêmes choses ; mais aussi par le pardon que nous sommes capables de nous demander ou de nous donner, et par les réconciliations que nous sommes capables de vivre. Sinon, nous sommes un contre-témoignage vivant.

En tant que fils et filles de l’Eglise, nous sommes appelés, à la suite de Jean-Baptiste, à rendre compte de notre foi au monde dans lequel nous vivons, mais aussi à être des témoins de l’Amour de Dieu et des instruments de réconciliation. Préparons la fête de la Nativité du Fils de Dieu en rendant grâce au Seigneur pour l’œuvre qu’Il accomplit en nous et demandons la force et l’audace du témoignage évangélique afin de faire advenir le règne de Dieu dans le cœur des autres. Amen !

]]> Homélie de la messe du 2ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 10 Dec 2017 15:45:38 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25737 +

2ème Dimanche de l’Avent

Tous se faisaient baptiser par lui en reconnaissant leurs péchés.

Frères et Sœurs,

Comment préparer concrètement la Fête de la Nativité du Fils de Dieu ? Comment préparer la venue du Seigneur dans nos vies ? Dimanche dernier, nous avons médité sur la prière, sur le fait de veiller pour guetter les signes de la venue du Seigneur. Aujourd’hui, les textes de la liturgie nous invitent à préparer la venue du Seigneur en nous convertissant. L’Evangile nous montre Jean-Baptiste en train de baptiser les foules qui reconnaissent leurs péchés et annonçant la venue de Celui qui baptisera dans l’Esprit-Saint : « Moi, je vous ai baptisé dans l’eau ; lui baptisera dans l’Esprit-Saint ». Le baptême administré par Jean-Baptiste et celui annoncé de Jésus représentent deux étapes de ce que l’on appelle la conversion. Il ne peut y avoir de conversion complète sans ces deux étapes : la première consistant à se reconnaître pécheur ; la deuxième à obtenir le pardon de ses péchés. On peut préparer Noël en pensant aux menus des différents repas, aux préparations, aux cadeaux que l’on va faire…mais un chrétien doit préparer Noël en travaillant à sa conversion pour accueillir l’Enfant Jésus.

Se reconnaître pécheur…telle est la première étape de toute conversion. Telle est la première étape des fidèles qui viennent voir Jean-Baptiste au Jourdain avant que leurs péchés ne soient pardonnés : « Tous se faisaient baptiser par lui en reconnaissant leurs péchés. » nous dit l’Evangile. Se reconnaître pécheur aujourd’hui est difficile. Il n’est pas rare d’entendre des chrétiens dire : « Oh, je n’ai pas tué, pas volé…bon, je fais un peu comme tout le monde, etc… » Il est difficile de se reconnaître pécheur pour plusieurs raisons. La première réside dans le fait de la disparition du sens de Dieu. Puisque le sens de Dieu disparait, s’atténue, eh bien par voie de conséquence, le sens du péché disparait aussi. Pie XII disait en 1946 : « Le péché de ce siècle, c’est la disparition du sens du péché. » Aujourd’hui, il est devenu beaucoup plus fréquent de vivre comme si Dieu n’existait pas plutôt que de le combattre. Mais, vivre dans l’indifférence de Dieu, revient à terme à vivre sans Dieu. Et c’est un péché. Peut-être moins violent en apparence que celui qui consiste à combattre Dieu, mais tout aussi grave dans le fond. Vivant sans Dieu, la conscience morale de l’homme s’obscurcit, tout se relativise, tout se vaut, et le sens du péché disparaît. A cela, ajoutons qu’aujourd’hui il existe une tendance à déculpabiliser. Il faut trouver absolument un responsable en tout, pour tout, mais surtout pas moi. Alors, ce sont les autres, les conditions extérieures, les pressions, les évolutions. On est capable d’expliquer son péché, mais plus rarement de l’assumer. Eh, il y a une certaine dignité à assumer son péché ! La déculpabilisation totale n’est pas une bonne chose. Il existe une bonne culpabilité et une mauvaise. Une qui vient de Dieu et une du démon. Une qui permet d’être en vérité, qui est le travail de notre conscience, et qui nous permet de nous reconnaître pécheurs, et une qui est malsaine, qui est l’œuvre du démon et qui nous conduit à nous détruire et à ne pas nous aimer. Se reconnaître pécheur, voilà la première étape de toute conversion. Tels sont les fruits de la Loi divine, des dix commandements, de la Loi morale naturelle, des préceptes de l’Evangile : nous aider à nous reconnaître pécheurs. A ce stade, il n’est pas question de pardon, mais de reconnaissance de son péché. Nous en sommes au baptême de Jean-Baptiste. (A nouveau, nous retrouvons cette réalité dans le beau chant du Rorate Caeli : « Nous avons péché et nous sommes devenus impurs ; nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayé comme le vent. »)

Maintenant, Jean-Baptiste annonce le baptême de Jésus : « Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint. » Le baptême de Jésus, lui, conférera le pardon des péchés. Le pardon de nos péchés, qui ne peut avoir lieu qu’à la condition que l’on se reconnaisse pécheurs, s’effectue dans un rite particulier institué par Jésus qui est le sacrement du pardon que l’on a aussi appelé de tout temps, le sacrement de la confession. Il ne peut y avoir de conversion véritable sans recevoir le pardon de Dieu dans le sacrement de la confession qui remet les péchés avoués après avoir été baptisé. Je voudrais pour vous aider à mûrir ce travail de conversion reprendre les 4 temps du sacrement de la pénitence.

A l’étape de la reconnaissance de son péché correspond dans le sacrement de la confession la contrition. La contrition, dit le Concile de Trente, c’est « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus recommencer. » Petite précision de vocabulaire : lorsque la contrition est imparfaite, on parle alors d’attrition. Après avoir reconnu son péché, il est important de le regretter ou d’évaluer en vérité son degré d’attrition et de le dire au prêtre. La contrition conduit à la confession. Elle conduit à une libération, à une extériorisation : on confesse son péché. L’accusation des péchés, rappelle St Jean-Paul II , ne saurait être réduite à une tentative quelconque d’auto-libération psychologique ; c’est un geste de loyauté et de courage, un geste de remise de soi-même, au-delà du péché, à la miséricorde qui pardonne.*

Le troisième temps du sacrement de la confession est l’Absolution qui est le pardon de Dieu. Ce point est important. Il est important d’entendre quelqu’un d’extérieur à vous vous dire : « Je te pardonne tous tes péchés. » On ne se pardonne pas soi-même. C’est un leurre et une tromperie que de le croire ou de le dire. On a besoin de l’entendre d’un autre, et qui plus est, de Dieu. Seul Dieu donne le pardon définitif. Seul Dieu peut nous aider et nous apprendre à nous pardonner nous-mêmes lorsque nous n’y arrivons pas. Et, on ne marchande pas avec Dieu en faisant sa petite cuisine interne en nous mettant à la place de Dieu et en nous donnant nous-même le pardon de Dieu. Sinon, on ne sera pas libéré.

La dernière étape du sacrement de la confession est ce que l’on appelle la satisfaction ou la pénitence. Il s’agit de l’acte de réparation que le confesseur donne pour ou réparer ce qui a été abîmé ou pour nous aider à avancer. C’est en quelque sorte un médicament qui nous aidera à retrouver la bonne santé. Lorsque l’on sait que l’on a fait du mal, qu’on le regrette, vous savez, on est toujours heureux de pouvoir participer à la réparation. Cela fait partie de notre dignité et de notre reconstruction.

Pour que la conversion soit complète, il nous faut, je dirais, les deux effets des baptêmes de Jean-Baptiste et de Jésus : reconnaître son péché et être pardonné. Profitons de ce temps de l’Avent pour vivre cette démarche de conversion en allant nous confesser ; et je terminerai en disant aussi aux personnes qui sont dans des situations de vie qui ne leur permettent pas de recevoir l’Absolution, que cela ne les empêche pas de vivre cette démarche de conversion en faisant une démarche pénitentielle auprès du prêtre. Dieu voit le fond des cœurs et la qualité de notre contrition. Comme le dit St Jean : « Dieu est plus grand que notre cœur. »Amen !

* Reconciliatio et paenitentia St Jean Paul II 2 décembre 1984 par.31

]]> Homélie de la Solennité de l’Immaculée Conception du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-limmaculee-conception-du-pere-julien-palcoux-3 Fri, 08 Dec 2017 19:35:54 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25734 +

Solennité de l’Immaculée Conception

Vendredi 8 décembre 2017

Chers frères et sœurs,

Chers membres de la Confrérie de la Sainte Vierge,

La Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie nous redit ceci : la Sainte Vierge a été conçue sans la moindre trace du péché originel. Sa liberté, son être n’ont pas été abîmés ; ils demeurent toujours pleinement ouverts à Dieu. Et de ce premier élément en découle un deuxième : la Vierge Marie n’a, au cours de sa vie humaine, commis aucun péché personnel.

Pourquoi cette grâce particulière faite à la Sainte Vierge ? La seule raison, c’est tout simplement parce que Dieu avait prévu qu’elle serait la Mère de son Fils. C’est parce que Marie allait être la Mère de Dieu, qu’il fallait une nature humaine digne de Dieu, et non pas une nature humaine abîmée par le péché. On comprend très bien que Jésus qui assume les deux natures, la nature divine et la nature humaine, ne pouvait pas unir à sa nature divine parfaite une nature humaine abîmée. Il lui fallait une nature humaine pure, telle que Dieu l’a créée au début : c’est la raison pour laquelle Marie ne pouvait être porteuse de cette humanité abîmée.

A travers cette grâce particulière de l’Immaculée Conception faite à Marie, Dieu nous montre aussi que pour accueillir en nous le salut, pour participer au salut, il nous faut lutter contre le péché. Ce combat est difficile, parce que parfois, nous ne voulons pas combattre, parce que nous nous complaisons dans notre péché parfois nous nous compromettons, parce que nous avons du mal à nous reconnaître pécheur. Parce qu’aussi, aujourd’hui, nous avons perdu le sens du péché. Et nous avons perdu le sens du péché parce que nous avons perdu le sens de Dieu. Nos mentalités individualistes, égocentrées développent une inflation de notre ego, de notre personne. Notre conscience morale, sans la présence de Dieu, se trouve obscurcie et le sens du péché disparaît. Le développement des sciences humaines comme la psychologie ou autres, conduisent l’homme à tout expliquer, à ne jamais culpabiliser et donc aussi à ne plus assumer la responsabilité de son péché. Il est un symptôme très révélateur de ce que je vous dis là : c’est qu’on voit se développer aujourd’hui dans la confession un argumentaire de la part du pénitent qui explique son péché et se déculpabilise entièrement en rendant les autres, la société, responsables, mais quasiment plus lui !

Seul le fait de vivre en présence de Dieu, de faire attention à Lui, à honorer Sa Présence, nos temps de prières, nous conduira à retrouver le sens de Dieu et par conséquent à redécouvrir le sens du péché.

L’effacement du sens de Dieu nous conduit aussi à vivre progressivement sans Lui. Bien sûr, il ne s’agit pas forcément de rejeter Dieu ou de le combattre, mais c’est plus pernicieux : on s’habitue à vivre sans Lui. Combien d’enfants abandonnent la pratique de la messe dominicale, reconnaissons-le pas du tout encouragés ni soutenus par leurs parents, mais disent toujours croire en Dieu ? Et au fur et à mesure, même avec les meilleures intentions, Dieu s’éloigne, Il devient absent, et à terme, et très vite, on vit sans Lui ! Pécher, ce n’est pas seulement nier Dieu ou le combattre, mais c’est aussi vivre comme s’il n’existait pas.

Que la Sainte Vierge nous aide à être attentifs à la présence de Dieu, à vivre en sa présence. Qu’elle nous aide à témoigner autour de nous, par notre fidélité à la messe, par la charité fraternelle qui doit régner entre nous, par la vérité qui doit régner entre nous, qu’elle nous aide à être des preuves vivantes de l’existence de Dieu. Plus notre combat contre notre péché sera efficace, plus notre liberté sera belle, pure, plus nous pourrons aimer de manière toujours plus parfaite, et plus nos « oui » seront féconds, remplis de Dieu et donnant Dieu aux autres. Amen !

]]> Homélie de la messe célébrée en la chapelle de l’Abbaye Saint Nicolas de Verneuil du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-celebree-en-la-chapelle-de-labbaye-saint-nicolas-de-verneuil-du-pere-julien-palcoux Wed, 06 Dec 2017 12:21:08 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25703 +

Fête de la Saint Nicolas

Messe célébrée en la chapelle de l’Abbaye Saint Nicolas de Verneuil

Mercredi 6 Décembre 2017

Chers frères et sœurs,

Chers amis de l’abbaye et des Sœurs Bénédictines,

Mesdames et Messieurs les élus,

C’est avec une grande émotion que nous célébrons la Sainte Messe en ces murs bénis, là où pendant des siècles, des religieuses ont prié nuit et jour pour Verneuil, pour ses habitants, pour ses familles, ses dirigeants, pour notre Eglise et pour le monde. J’ai eu l’occasion pendant mes six années de curé ici à Verneuil de mesurer l’impact de la présence des sœurs parties malheureusement depuis plus de 17 ans, de mesurer cet impact, à l’affection qu’elles ont laissé à la population de Verneuil et des environs. C’est aussi avec une grande joie que nous célèbrerons la messe, le jour de la Saint Nicolas, en action de grâce pour tout ce que les sœurs ont apporté à chacun d’entre nous, pour le repos de leur âme, pour celles qui sont encore de ce monde à l’abbaye de Valmont, sans oublier pour le devenir de ce beau lieu sacré. J’en profite pour remercier la Communauté de Communes qui nous autorise cette célébration religieuse ainsi que Mmes Maryvonne Choisselet, Marie-Pierre Mac Auliffe et Monsieur le Président de la Communauté de Communes pour leur aimable coopération.

Avec la Saint Nicolas, nous plongeons à nouveau dans les racines chrétiennes de notre belle ville de Verneuil. Après avoir rétablis cette année sur la paroisse la fête religieuse de la St Denis, saint patron de Verneuil, nous arrivons maintenant à celle de St Nicolas. Comme beaucoup de fêtes traditionnelles, nous avons tendance à oublier aujourd’hui l’origine de la fête chrétienne de St Nicolas pour n’en garder que les aspects de fête profane ou malheureusement exclusivement commerciale. Qui était Saint Nicolas ?

Saint Nicolas était un évêque du IV ème siècle qui naquit en Asie mineure. Il fut évêque de Myre et, à ce titre, participa au concile de Nicée en 325. Sa bonté envers les pauvres et les enfants donna naissance après sa mort à de nombreuses légendes. Vous connaissez certainement tous la légende de St Nicolas et des trois petits enfants. La légende raconte que, dans la région Lorraine, entre Nancy et Metz, l’hiver approchant, trois enfants, partis glaner dans les champs, se perdirent sur le chemin du retour. Attirés par la lumière filtrant des fenêtres d’une maison, ils s’approchèrent et frappèrent à la porte.

L’homme qui leur ouvrit, Pierre Lenoir ( Peter Schwartz, dans la culture germanique), boucher de son état, accepta de leur donner l’hospitalité pour la nuit. En fait, sitôt les enfants entrés, il les tua, puis à l’aide de son grand couteau, les coupa en petits morceaux, pour finalement les mettre dans son saloir (un grand baquet empli de sel), afin d’en faire du petit salé.

Saint Nicolas, chevauchant son âne, vint à passer par là et frappa à son tour à la porte du boucher. L’homme, n’osant pas rejeter un évêque, le convia à dîner. Son invité lui demandant du petit salé, le boucher comprit qu’il était découvert et, pris au piège, avoua tout. Le saint homme étendit alors trois doigts au dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants.

Saint Nicolas enchaîna le boucher à son âne et le garda auprès de lui pour le punir. Il devint le père Fouettard, être mauvais, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancres, fort de son caractère violent et irascible. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne tout l’opposé de Saint Nicolas, en somme, qui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d’évêque (mauve et blanc, avec une crosse, dorée à l’origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du Père Noël actuel), et donne toujours l’image d’une personne bienveillante. On comprend que Saint Nicolas soit devenu le patron des enfants, et, chez nous, ici à Verneuil, de l’école catholique qui porte son nom.

Son tombeau à Myre devint un lieu de pèlerinage ; mais ses reliques furent transportées à Bari en Italie au XIème pour être protégées des Musulmans. C’est grâce à ce nouveau lieu de pèlerinage que nous pouvons comprendre l’arrivée de la dévotion de St Nicolas sur nos terres normandes. Les fils de Tancrède de Hauteville avaient fait de Bari, en Italie, la capitale de leur duché. Par leurs échanges commerciaux, ils ramenèrent donc en Normandie la dévotion à ce grand saint, qui fut d’ailleurs renforcée par les abbés du Bec et par les Bénédictins de Lyre, de Conches et de Saint Taurin. C’est ainsi qu’il y eut une paroisse à Verneuil dédiée à Saint Nicolas, ici même sur les lieux de cette actuelle abbaye.

En 1623, la comtesse de Grancey nourrit l’espoir de l’édification d’un monastère de Bénédictines sur la commune de Verneuil. Evoqué par Monsieur le maire Jean Lesueur devant une assemblée de notables et de conseillers, le projet remporte l’adhésion de tous. De son côté, le curé de la paroisse St Jacques, le Père Thomas Rosse, fait la même démarche et à l’immense majorité, les paroissiens obtiennent que leur église St Nicolas soit partagée avec les futures moniales. L’évêque d’Evreux quant à lui se montre très favorable à ce projet et profitera du départ du curé de St Nicolas, le Père Leblanc, pour rattacher la paroisse St Nicolas à la paroisse Notre-Dame. De ce fait, les moniales peuvent profiter de la totalité des lieux de l’église St Nicolas.

Pendant ce temps, les premières sœurs ont été trouvées ainsi que la première Abbesse, et leur arrivée sur Verneuil se fait le samedi 24 Avril 1627 chez la Comtesse de Grancey. Le lendemain, le dimanche, l’évêque d’Evreux viendra dans l’église de La Madeleine avec tout le clergé ; les moniales sont dans une chapelle de cette même église, et, à l’issue de la messe dominicale, tout le peuple, clergé, moniales partent en procession pour l’abbaye afin d’installer les nouvelles religieuses dans leur nouvelle maison. Toutes les cloches des 7 paroisses de Verneuil sonnent (on imagine les réactions aujourd’hui…) au passage de cette très longue procession qui émeut les sœurs (on imagine les réactions aujourd’hui), et les sœurs arrivent chez elles ce dimanche 25 Avril 1627. Sœur Scholastique sera la première supérieure de ce monastère St Nicolas. Pourtant il faut continuer les travaux afin de permettre aux sœurs de pouvoir accéder à l’église en passant par la clôture, et c’est le 6 décembre 1628, en la fête de St Nicolas, que les sœurs chanteront pour la première fois l’office de Matines dans l’église abbatiale. Il y a 389 ans !

Voici, frères et sœurs, quelques éléments qui éclairent l’histoire de notre ville de Verneuil ou qui nous font revivre quelques moments importants de la vie de cette abbaye. Confions à l’intercession de Saint Nicolas la mémoire des sœurs qui reposent ici ainsi que celles qui sont encore parmi nous aujourd’hui ; et confions-lui le devenir de ce lieu qui a rayonné sur tant de personnes et tant de familles. Notre avenir ne peut s’écrire de manière harmonieuse sans assumer son histoire et son identité. Que nos chères sœurs veillent sur nous et sur ce lieu. Amen !

 

]]> Homélie de la messe du 1er Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-1er-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 03 Dec 2017 13:58:25 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25681 +

1er Dimanche de l’Avent

« Ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! »

Frères et sœurs,

Nous voici entrés dans ce beau temps de l’Avent qui cette année ne durera que 3 semaines ! trois semaines pour nous préparer à la fête de la Nativité du Fils de Dieu. Si, comme le temps du Carême, le temps de l’Avent est un temps de conversion et d’attente, il a de particulier qu’il est aussi un temps de désir : le désir d’accueillir Dieu, le désir de voir Dieu, le désir de rencontrer Dieu.

Comment ne pas nous retrouver dans le cri du prophète Isaïe, qui date de plus de 29 siècles ? Comment ne pas être frappé, malgré les évolutions des sociétés, des modes de vie, comment ne pas être frappé par le même cri qui monte du cœur de l’homme vers Dieu, et qui appelle Dieu à l’aide ? : « Ah si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi. » crie le prophète. Mais qui parmi nous n’a jamais souhaité voir Dieu en face, lui parler en vis-à-vis, pour lui confier un problème, une situation, pour lui demander ce qu’on ne comprend pas, ce qu’on trouve injuste.

Quelles que soient les manières dont il est géré, dont il est parfois étouffé, le désir de Dieu est caractéristique du désir de l’homme. Il est, pourrait-on dire, constitutif, de notre nature humaine. Et ce malgré les très nombreuses compensations que l’homme sait mettre en œuvre pour gérer le manque laissé en notre nature par le désir de Dieu. Notre Pape émérite Benoît XVI disait qu’un des meilleurs arguments en faveur de la foi en la vie éternelle aujourd’hui résidait dans l’expérience de l’ injustice que vivent les hommes ici-bas sur terre. Il y a quelque chose qui, au fond d’eux, crient vers Dieu le désir que justice soit rendue, lorsque celle-ci n’est pas rendue, ou pas complètement rendue. Eh bien, frères et sœurs, profitons de ce temps de l’Avent pour mettre à jour en nous notre désir de Dieu. Qu’attendons-nous de Lui ? Si au lieu de commander ou de demander des cadeaux à Noël, nous nous mettions à lister tout ce que nous attendons de Dieu, tout ce que nous souhaiterions lui dire, lui demander, tout ce de quoi nous aimerions être libérés, nous préparerions de manière beaucoup plus forte et féconde la fête de la Nativité du Fils de Dieu…même si ce sont parfois des cris ou des plaintes d’injustice. Voilà concrètement, comment préparer la venue du Fils de Dieu. Que notre prière n’ait pas peur de devenir une prière de désir. Le beau chant du Rorate Caeli qui nous accompagnera pendant tous ces dimanches de l’Avent reprend ce cri des hommes vers Dieu : « Cieux, répandez d’en haut votre rosée, et que les nuées fassent descendre le Juste. »

A ce cri d’appel de l’homme vers Dieu, Dieu répond. Isaïe le prophétise : « Voici que tu es descendu, et les montagnes ont fondu devant ta face. (…) Personne n’a vu un autre dieu que toi agir ainsi envers l’homme qui est fidèle. » Et l’évangéliste, pour ne pas passer à côté de la venue du Seigneur, nous dit : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra.» La réponse de Dieu au cri d’appel de l’homme vers Lui est dans le mystère de l’Incarnation et de la Nativité du Fils de Dieu. Dans cette venue de Dieu, Dieu répond à l’homme. Dieu répond à l’homme en se donnant Lui-même. Tout est donné, mais tout doit se déployer. Et l’homme doit découvrir dans le Fils de Dieu la réponse à tous ses propres appels. En effet, Jésus, en tant qu’homme, est à la fois l’homme qui crie vers Dieu : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » comme, en tant que Fils de Dieu, Il est aussi la réponse de Dieu à l’homme. A nouveau, le chant du Rorate Caeli se fait l’écho de cette réponse de Dieu à l’homme : « Je te sauverai, n’aie pas peur, moi je suis le Seigneur Dieu, ton Rédempteur. »

L’Avent fait mémoire de trois venues du Seigneur. La première est celle qui s’est faite dans le Temps, par l’Incarnation et la Nativité du Fils de Dieu. C’est à travers cette venue du Fils de Dieu que Dieu nous répond totalement et que tout a été dit, mais il reste vrai que tout est encore à découvrir. La deuxième venue à laquelle nous prépare le temps de l’Avent est celle du Seigneur qui ne cesse de se rendre présent aujourd’hui à nous, à travers ses multiples médiations : l’Eglise, les sacrements, les frères et sœurs, la prière, les inconnus etc… La troisième venue à laquelle nous prépare l’Avent est celle du Fils de l’Homme à la fin des Temps. Vivre le temps de l’Avent comme une préparation à la fête de la Nativité de Jésus nous conduit nécessairement à nous ouvrir aux autres dimensions de la venue du Seigneur.

Alors, concrètement, où se passe cette ouverture de cœur, cette préparation à la rencontre ? Eh bien, dans la prière. « Veillez donc, nous dit Jésus, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra. » Vous savez que le verbe latin vigilare qui veut dire veiller veut dire aussi prier. En latin, ce verbe a les deux sens. D’ailleurs, les moines et les moniales ont un office qui s’appelle les Vigiles, c’est cet office qu’ils prient dans la nuit, dans l’attente du jour qui va venir. La prière, au sens de vigilare, c’est-à-dire au sens de la veille, est le lieu où l’homme laisse s’exprimer son désir de Dieu et où Dieu vient rejoindre l’homme et lui répondre. La prière est une rencontre réciproque entre Dieu et l’homme. Telle est la profondeur de la prière qui ne peut se réduire qu’à être un moment où je récite mes prières. La prière, c’est beaucoup plus que cela, même si cela passe parfois par le fait de réciter, de dire ensemble des prières. La prière, c’est fondamentalement une veille, une attente dans la nuit, dans le clair-obscur, de la rencontre avec Dieu qui nous répond.

Frères et sœurs, soignons au cours de ce temps de l’Avent la prière que nous offrons à Dieu. Prenons soin de ce temps que nous consacrons à Dieu. Laissons notre désir de Dieu s’exprimer. Ouvrons notre cœur au fait que Dieu nous rejoint et nous répond dans notre prière. Et pensons à cette ultime rencontre que nous vivrons tous un jour : c’est au travers de notre prière que se joue notre rencontre avec Dieu et notre entrée dans la vie éternelle. Amen !

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Homélie de la Solennité du Christ-Roi de l’Univers du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-du-christ-roi-de-lunivers-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 26 Nov 2017 13:00:09 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25655 +

Solennité du Christ-Roi de l’Univers

Frères et sœurs,

En fêtant ce dimanche la Solennité du Christ Roi de l’Univers, nous admirons et confessons la Seigneurie du Christ sur toute la Création et toutes les Créatures de l’Univers, en même temps que nous entrons dans le cœur d’un malentendu qui court toute la vie humaine de Jésus et dont Il subira les conséquences malheureuses en étant condamné à mort. La question ambigüe de la royauté du Christ apparait bien avant la naissance de Jésus : elle naît du fait que le Messie doit être issu de la tribu de Juda qui est la tribu royale d’Israël. Une grande figure va marquer cette tribu royale : il s’agit du Roi David. Et, depuis le Roi David, le Messie est vu et attendu comme le Roi d’Israël. Alors, quand Jésus naît, le Roi Hérode prend peur à l’occasion de la démarche des Mages qui viennent adorer le « Roi des Juifs » qui vient de naître. Durant tout son ministère, Jésus devra affronter, supporter, les attentes royales qui s’expriment autour de sa messianité. Enfin, sur la Croix, on inscrira : « Jésus de Nazareth le Roi des Juifs » motif de sa condamnation à mort. Alors, nous, nous savons que la Royauté de Jésus n’est pas d’ordre politique. Mais justement alors, quelle est la nature de sa royauté ?

Il est intéressant de regarder les textes que la liturgie nous donne pour fêter le Christ Roi. Comment les lectures caractérisent-elles la Royauté du Christ ? Eh bien, nous retrouvons dans presque toutes les lectures des images pastorales. La première lecture nous montre le Seigneur comme un bon berger qui guide son troupeau : ses brebis, ses béliers et ses boucs. Le Pasteur veille sur son troupeau ; il va rechercher les brebis perdues, il les soigne, les guérit, les fortifie, leur donne à manger, les fait reposer, il les protège. On reconnaît évidemment la préfiguration de Jésus, Bon Pasteur. Le Psaume décrit la relation entre le fidèle et Dieu comme la relation entre le Pasteur et sa brebis. Et l’Evangile nous parle des brebis et des chèvres. Toutes ces images nous montrent le Seigneur comme un Berger qui prend soin de son troupeau. Nous ne sommes pas dans une vision politique de la royauté, mais dans une vision exclusivement pastorale. Le Messie est un Pasteur ; et la royauté de Dieu s’exprime dans des attitudes pastorales, donc dans des attitudes sacerdotales, puisque la mission du prêtre est d’être un pasteur et de conduire le troupeau. La Royauté du Christ apparait à travers les textes de la liturgie comme une royauté pastorale, sacerdotale.

Alors se pose maintenant à nous une deuxièmes question : comment entrons-nous dans cette Royauté du Christ ?

Très concrètement, nous entrons dans cette royauté du Christ par le sacrement du baptême, lors de l’onction avec le Saint-Chrême, lorsque le ministre dit au nouveau baptisé : « Tu es membre du Corps du Christ et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de Roi. » L’onction nous introduit dans la mission royale de Jésus tout en nous donnant mission de construire cette royauté. Je vous fais juste remarquer au passage que notre pays a hérité cette tradition de l’onction qui confère une mission royale : c’est ainsi que les Rois de France étaient sacrés. La deuxième lecture précise la nature et les effets de la royauté du Christ à laquelle nous sommes appelés à participer : « Après avoir détruit toutes les puissances du Mal ; (…) Il doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort. » Le pouvoir royal dont il est question est un pouvoir qui s’exerce contre le mal, la mort et le péché.

C’est-à-dire qu’il est du devoir des baptisés non seulement de construire le bien, mais aussi de lutter contre les puissances du mal. Si nous entrons dans la royauté du Christ par le sacrement du baptême, nous avons à construire cette royauté par nos œuvres : nourrir les affamés, vêtir les pauvres, accueillir l’étranger, visiter les prisonniers. La Royauté du Christ a une implication et une visibilité sociale. Nous serons jugés sur nos œuvres. Et sur l’amour qui sous-tend nos œuvres. La perfection chrétienne, notre salut, ne se jouent pas dans nos œuvres, mais dans l’Amour que nous mettons dans nos œuvres. L’amour a une capacité de rédemption, il sauve et sanctifie : il rachète nos manques, nos péchés et perfectionne nos œuvres.

L’Evangile que nous venons d’entendre donne une autre voie d’accès à l’entrée dans le Royaume du Christ : il s’agit de reconnaître que Dieu est en tous et par conséquent, d’être ouvert à sa présence. Vous remarquerez que les « maudits », placées à la gauche du Fils de l’homme, sont non seulement ceux qui n’ont pas aidé leur prochain, mais aussi ceux qui n’ont pas reconnu la présence du Christ dans leur frères et sœurs : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim, soif, etc… ? sans nous mettre à ton service ? Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus, vous ne l’avez pas fait’. »

Pour entrer dans la Royauté du Christ, pour construire ce Royaume, il nous faut être ouvert à la présence de Dieu en l’autre. Le service de Dieu et celui des frères ne sont pas à séparer, à distinguer, ou encore moins à opposer, comme voudrait le faire une conception intégriste de la laïcité, mais ils se complètent et se nourrissent mutuellement, étant entendu que l’amour de Dieu est la source première de tout et qu’Il vivifie tout notre être et nos engagements. Puisse aussi dans l’Eglise mourir cette idéologie sclérosante qui sépare l’engagement religieux, de foi, de l’engagement social ou associatif. La foi chrétienne unifie, elle ne divise pas ni encore moins oppose.

Prions pour que, dans les générations qui viennent, se lèvent des chrétiens correctement formés et suffisamment solides pour réunifier le service de Dieu et celui des frères. C’est ce qui a fait que nos sociétés ont été chrétiennes : l’Eglise tenait des écoles, des hôpitaux, des orphelinats, des patronages. Prions pour que les baptisés s’engagent dans la vie sociale, politique, afin de contribuer à édifier ici-bas le Royaume du Christ. Amen !

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Homélie de la messe de la Fête Patronale de la Saint Martin du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-fete-patronale-de-la-saint-martin-du-pere-julien-palcoux Sun, 19 Nov 2017 17:35:34 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25617 +

Fête Patronale de la Saint Martin

Pardon de Francheville

Frères et sœurs,

La vie de St Martin étant tellement riche que l’on peut, sans trop de difficultés, parvenir à exposer des traits, des caractéristiques de sa vie, sans forcément se répéter d’une année sur l’autre. Sa vie nous est connue par son biographe, Sulpice Sévère, qui a publié une Vita Martini du vivant même du saint (avant novembre 397). Pour replacer Sulpice Sévère dans son époque, il écrit la Vita Martini au moment où St Augustin rédige ses Confessions, au moment où St Jérôme, établi depuis 10 ans dans la grotte de la Nativité à Bethléem, traduit l’Ancien Testament et les Evangiles en latin, au moment où St Ambroise est évêque de Milan. C’est donc une époque très riche pour la chrétienté en train de se développer.

Je vous rappelle que Saint Martin naquit au début du IVème siècle en Hongrie, issu d’une famille non chrétienne, mi slave, mi-celte. Son père, originaire de Pavie au nord de l’Italie, était un tribun militaire de l’empire romain, c’est-à-dire, officier de l’armée romaine. Le jeune Martin, dont le prénom est étymologiquement lié à l’armée (Martin vient du Dieu latin Mars, Dieu de la guerre) est destiné à une carrière militaire un peu contre son gré. Depuis tout longtemps, le tout jeune Martin est attiré par la foi chrétienne, mais, devant l’opposition de son père qui veut qu’il fasse sa carrière dans l’armée, il fuit le domicile familial à l’âge de 10 ans et, se réfugiant dans une église, il demande à être accueilli comme catéchumène. Cette fugue enfantine préfigure sa fuite du monde à l’âge adulte. Cependant, dénoncé par son père, Martin fut arrêté, enchaîné et dut se soumettre aux exigences du Conseil Suprême en revêtant l’uniforme de la légion. Il avait quinze ans. Le père de Martin n’attendit pas que son fils ait atteint l’âge légal, fixé à 19 ans, pour le remettre à l’autorité militaire. A cette époque, le métier militaire était devenu héréditaire. 

Pour varier ce que l’on peut rapporter sur ce saint bien connu, je voudrais regarder trois aspects de sa vie, qui bien sûr, nous édifient pour notre propre vie, et, en abordant des aspects connus de sa vie, je vais essayer de vous présenter des aspects méconnus.

Vous connaissez tous St Martin comme modèle de charité. St Martin qui aux abords de la ville d’Amiens va découper sa chlamyde en deux et en revêtir un pauvre nu. Lorsque St Martin accomplit ce geste de charité que la tradition va immortaliser, il n’est pas encore baptisé. Il est alors intéressant de voir combien sa vie à l’armée était déjà entièrement pétrie de charité. Car, sous son bel uniforme, Martin demeura fidèle à ses sentiments religieux et à sa vocation première. Il fit donc l’apprentissage de la patience, qualité ô combien nécessaire à un moine ! Il vivait en compagnie d’un serviteur, d’une ordonnance, ainsi qu’il convenait à sa qualité d’officier. Mais Martin renversait les rôles : c’était lui, le maître, l’officier, qui servait son serviteur. Il brossait les chaussures de ce dernier après l’avoir lui-même déchaussé. C’est lui aussi qui faisait le service de la table. Ainsi est indiqué que Martin réalise déjà le mode d’existence donné en exemple par le Maître qui s’est fait le serviteur des siens jusqu’à la mort sur la croix. Songeons aussi au lavement des pieds, le soir du Jeudi Saint au moment où Jésus va pénétrer dans les affres de sa Passion. Martin demeura ainsi trois ans sous les armes, sans être encore baptisé mais déjà bien plus chrétien que beaucoup de chrétiens de son temps aussi bien que du nôtre. Ses camarades l’aimaient et le respectaient, car sa conduite était à tous égards exemplaire : gentillesse ( benignitas ), amour fraternel ( caritas ), patience (patientia ), sobriété (frugalitatem ) et surtout humilité ( humilitas ). Sans avoir reçu le baptême, Martin vivait déjà selon l’Evangile par ses bonnes œuvres, assistant les malades, secourant les malheureux, donnant de la nourriture et des vêtements aux indigents. Sur sa solde, il ne réservait que de quoi manger chaque jour.

Saint Martin était aussi un homme de vérité. Là, je voudrais évoquer un aspect souvent méconnu de sa vie. Il a affronté et combattu toute sa vie le démon qui venait l’embêter. En quittant l’armée du Rhin, Martin se rendit aux confins de l’Aquitaine, auprès de l’évêque de Poitiers, Hilaire, que Martin admirait pour la fermeté intransigeante de sa foi orthodoxe et son courage dans la résistance aux exigences de l’empereur Constance II, lequel, piqué de théologie, prétendait persécuter la foi de Nicée et obtenir le ralliement inconditionnel des évêques d’Occident à l’arianisme. Ce premier séjour de Martin à Poitiers est à situer entre l’été 356 et le départ d’Hilaire pour l’exil, banni en Orient par Constance pour avoir osé lui tenir tête. St Hilaire voudrait ordonner prêtre Saint Martin. Mais St Martin, s’en juge indigne : il refuse le diaconat et le presbytérat, mais accepte la fonction d’exorciste, considérée à l’époque comme une fonction subalterne. A quelque temps de là, Martin eut une vision dans son sommeil et il reçut l’ordre de rendre visite à sa famille encore païenne. Il s’en ouvrit à Hilaire qui lui accorda son consentement, tout en lui faisant prendre l’engagement de revenir à Poitiers. Au cours de son chemin, et après avoir dépassé Milan), où l’empereur Constance II réside encore, jusqu’en 357, avec sa cour, Martin fut arrêté, mais cette fois ce fut par le diable, qui avait pris figure humaine. Pour Sulpice-Sévère, le biographe de Martin, c’est peut-être une manière de désigner l’empereur pro-arien sous son identité satanique et de faire allusion à une démarche de Martin (demandée par Hilaire ?), fils d’un officier supérieur et ancien garde du palais de Constance, auprès de celui-ci pour le ramener à l’Orthodoxie. Le diable, peut-être l’Antichrist Constance, demanda à Martin où il allait. S’il n’y a pas eu d’entrevue de Martin avec l’empereur, peut-être y a-t-il eu un contrôle de police à la sortie de la capitale impériale. Venant d’auprès de l’évêque de Poitiers bien connu pour son opposition doctrinale à l’empereur, Martin ne pouvait être que suspect à la police impériale. Martin ayant répondu à la fois avec prudence et insolence qu’il allait là où le Seigneur l’appelait, le diable incarné lui dit :  » Où que tu ailles, et quoi que tu entreprennes, tu trouveras le diable devant toi « . A l’instar du Christ dans le désert de Juda (cf. Mt. 4, 1-l let Le. 4, 1-13), Martin lui cloua le bec en citant le verset 6 du psaume 118 ( 117 ) :  » Le Seigneur est pour moi, plus de crainte, que me fait l’homme, à moi ?  » Et aussitôt Satan disparaît.

Enfin, dernier aspect que je reprends, c’est que St Martin était un homme de réconciliation. Saint Martin sait qu’il va mourir. Son décès a dû se produire dans sa 81ème année et dans la première quinzaine du mois de novembre 397, peut-être le 8. Martin dut effectuer une visite pastorale dans la paroisse de Candes,  » car les clercs de cette église se querellaient, et il désirait y restaurer la paix… La paix rétablie entre les clercs, il songeait désormais à revenir à son monastère, quand, soudain, ses forces physiques commencèrent à l’abandonner ; il convoque ses frères et leur fait savoir qu’il est mourant. Mais alors, ce fut chagrin et deuil parmi les assistants ; ils n’ont qu’une seule plainte à la bouche : Père, pourquoi nous abandonnes-tu ? A qui nous laisses-tu, dans notre esseulement ? Sur ton troupeau vont se jeter des loups rapaces ; qui nous gardera de leur morsure, si le pasteur est frappé ? Nous savons bien que ton unique désir est le Christ, mais tes récompenses sont hors de toute atteinte : elles ne diminueront pas pour avoir été retardées. Aie plutôt pitié de nous, que tu abandonnes « .

Notre liturgie, faisant échos à ce dernier combat, a choisi l’épître de St Paul aux Philippiens, entendu en 2ème lecture :  » si vivre dans la chair fait fructifier mon œuvre, je ne sais que choisir. Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en retourner pour être avec le Christ, car c’est de beaucoup le meilleur ; mais rester dans la chair est plus nécessaire à cause de vous. Et dans cette conviction, je sais que je demeurerai et que je resterai près de vous tous pour votre progrès et la joie de votre foi, afin que vous ayez en moi un abondant sujet de vous vanter en Christ Jésus, par mon retour auprès de vous  » ( Ph. 1, 22-26 )Et saint Martin, pour sa part, adresse au Christ cette prière :  » c’est un lourd combat que nous menons, Seigneur, en te servant dans ce corps ; en voilà assez des batailles que j ‘ai livrées jusqu’à ce jour. Mais si tu m’enjoins de rester en faction devant ton camp pour continuer d’y accomplir la même tâche, je ne me dérobe point et je n’invoquerai point les défaillances de l’âge. Je remplirai fidèlement la mission que tu me confies. Tant que tu m’en donneras l’ordre toi-même, je servirai sous tes enseignes. Et bien que le souhait d’un vieillard soit de recevoir son congé, sa tâche terminée, mon courage demeure pourtant victorieux des ans et ne sait point céder à la vieillesse. Mais si désormais tu épargnes mon grand âge, c’est un bien pour moi que ta volonté, Seigneur ? Quant à ceux-ci, pour qui je crains, tu les garderas toi-même « .

Finalement, notre moine-soldat, Saint Martin de Tours, meurt en moine et en pasteur, c’est-à-dire en évêque et non pas, comme ce sera trop souvent le cas jusqu’à nos jours, hélas, en administrateur. En pasteur, puisqu’il meurt dans une de ses paroisses, à Candes, au cours d’une visite pastorale ayant eu pour fin éminemment épiscopale de rétablir la concorde à l’intérieur du  » presbyterium « . En moine allongé dans la cendre, en ascète étendu sur le cilice, refusant d’adoucir ses souffrances de vieillard agonisant en acceptant  » que l’on plaçât du moins sous son corps de misérables couvertures « . Quant aux funérailles, qui eurent lieu certainement le 11 novembre 397, elles furent triomphales devant une foule qui pleurait et applaudissait en même temps.

Que l’intercession de St Martin nous fortifie dans l’adhésion à la Vérité qu’est Dieu, dans l’exercice de la charité qui nous fait rechercher le bien des autres avant le nôtre. Que St Martin nous aide à devenir de vrais artisans de paix, de réconciliation ceux à qui Jésus promet le Royaume des Cieux en récompense. Qu’Il veille et protège tous les habitants de ce village de Francheville ainsi que tous nos frères de charité qui ont choisi St Martin comme le Saint Patron de leur confrérie. Amen !

]]> Homélie de la messe du 32ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-32eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 12 Nov 2017 11:15:56 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25556 +

32ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

La Parabole que Jésus raconte est très riche de significations. Je vous propose de la lire comme une évocation de notre propre rencontre avec le Christ au terme de notre vie ; puis comme notre propre mission, d’être des veilleurs et enfin comme l’annonce de notre future résurrection.

« Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre !’ » Premier élément à prendre en compte, la scène se passe pendant la nuit. La nuit a une symbolique particulièrement forte dans la Bible et les Evangiles : la nuit renvoie à la nuit de Noël, la nuit où le Fils de Dieu naît dans notre monde ; puis, à la nuit de Pâques où le Fils de l’homme va ressusciter d’entre les morts. La nuit, c’est à la fois le moment où Dieu accomplit ses plus grandes œuvres quand la conscience de l’homme est endormie, que ce qui se passe échappe à sa pleine conscience. La nuit dit le mystère de Dieu qui est, qui se rend proche et qui agit. La nuit dans la Parabole nous redit que la venue du Christ est un mystère : il reviendra de manière voilée et il faudra la foi pour le reconnaître.

La Parabole insiste aussi sur le contexte de Noces. Cela signifie que la rencontre avec Dieu est une question d’amour, de mariage. En Jésus, Dieu est venu épouser notre humanité, et au terme de notre vie, c’est une rencontre d’épousailles qui nous attend.

Ces éléments étant posés, la pointe de la parabole est dans la question de la veille, de l’attente de la rencontre et de la préparation de cette rencontre. Et c’est là qu’interviennent la question de la lampe qui aide à veiller, à reconnaître l’époux et la question de l’huile qui entretient la lumière. Symboliquement, nous pouvons voir en la lampe la foi nécessaire pour veiller et reconnaître l’époux et en l’huile la grâce sacramentelle qui entretient et nourrit notre foi. Cette lecture a deux conséquences pour nous. La première c’est qu’il nous faut reprendre conscience que lorsque nous recevons un sacrement (la sainte communion, la confession, le sacrement des malades etc…), c’est notre rencontre ultime avec Dieu qui déjà se construit à travers notre manière de vivre et de recevoir les sacrements. Dans tout sacrement, il y a une dimension immédiate (la grâce m’est donnée pour ici et maintenant) et eschatologique (nous préparons notre vie éternelle). La deuxième conséquence, c’est que nous ne pourrons pas entrer dans ce mystère de Noces avec Dieu sans la foi qui permet et la reconnaissance de l’époux et l’entrée dans le Royaume. Vous remarquerez que les Vierges insensées (celles qui n’ont pas d’huile) n’entrent pas dans la salle des Noces. Et les secours ou les recours de dernière minute ne suffisent pas : elles vont chez les marchands se procurer de l’huile. La foi ne s’achète pas, ne se marchande pas. Même si nous pouvons nous soutenir dans notre marche vers le Royaume, même si nous pouvons nous aider, à un moment donné, la réponse à donner est la nôtre, personnelle, nous seuls !

Nous pouvons maintenant lire cette parabole comme notre mission qui consiste à veiller dans la nuit en attendant le Retour du Christ. La nuit devient alors le temps où Dieu semble absent, où sa présence est voilée. C’est notre temporalité actuelle. Et les chrétiens, les baptisés sont appelés à être des veilleurs, à tenir leur lampes pour éclairer la nuit en attendant la pleine lumière qui sera la rencontre avec Dieu. Notre monde a besoin de petites lumières qui brillent dans la nuit pour redire que nous sommes en attente de la rencontre avec Dieu. N’oublions pas que Jésus prend souvent cette image : « Vous êtes la lumière du monde. » Alors, dans notre société où l’on vit comme si Dieu n’existait pas, comme si Dieu était une menace pour l’homme, soyons des signes de sa présence et de son existence. Plus que jamais, le célibat consacré a ici toute sa signification : il est le signe de l’existence de Dieu. Que notre manière de vivre, pétrie d’amour et de vérité (j’en parlais la semaine dernière) soit un signe éloquent de notre lumière divine dans la nuit qui nous entoure.

Nous pouvons encore faire une autre lecture de la Parabole. La deuxième lecture entendue est quasiment une transcription théologique de la Parabole de Jésus. St Paul écrit : «  Nous les vivants, nous qui sommes encore là pour attendre le retour du Seigneur… » On retrouve cette idée de veille, d’attente du retour du Seigneur, mais liée à la perspective de la Résurrection. Nos lampes avec notre huile dans la nuit sont la foi et l’espérance de notre Résurrection définitive. Nous pouvons comprendre cette idée dans la temporalité particulière qui s’écoule à partir de notre mort humaine jusqu’à la Résurrection à la fin des temps. Combien de temps cela durera-t-il ? Mystère ! De toute manière, nous serons en dehors du temps. Mais, nous vivrons de Dieu selon notre foi, notre espérance et notre charité.

Frères et sœurs, prenons au sérieux la vie sacramentelle que nous offre l’Eglise N’y voyons pas seulement les grâces nécessaires pour vivre le temps présent, mais aussi la préparation de notre éternité. Que cette perspective affermisse nos efforts pour que nos frères et sœurs, toujours plus nombreux, entrent plus profondément dans ce mystère des Noces que Dieu réalise avec chacun de nous. Amen !

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Homélie des messes de la Fête de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale et de la Fête Patronale de la Saint Martin du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-des-messes-de-la-fete-de-larmistice-de-la-premiere-guerre-mondiale-de-la-fete-patronale-de-la-saint-martin-du-pere-julien-palcoux Sun, 12 Nov 2017 07:37:34 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25554 +

Fête Patronale de la Saint Martin (Pardon de Cintray)

Fête de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale

Frères et sœurs,

Par un heureux hasard du croisement de nos deux calendriers, le calendrier liturgique de l’Eglise et le calendrier civil, nous honorons aujourd’hui St Martin, évangélisateur de la Gaule et évêque de Tours, le jour où nous commémorons l’armistice de la Première Guerre Mondiale qui ensanglanta non seulement nos pays européens mais aussi le monde entier. Or St Martin était un soldat, engagé dans l’armée romaine.

Saint Martin naquit au début du IVème siècle en Hongrie, issu d’une famille non chrétienne, mi slave, mi-celte. Son père, originaire de Pavie au nord de l’Italie, était un tribun militaire de l’empire romain, c’est-à-dire, officier de l’armée romaine. Le jeune Martin, dont le prénom est étymologiquement lié à l’armée (Martin vient du Dieu latin Mars, Dieu de la guerre) est destiné à une carrière militaire un peu contre son gré. Mais, l’inclination récente que montre le jeune homme pour la foi chrétienne inquiète et agace son père qui précipite l’entrée de son fils dans l’armée : alors qu’on entre normalement dans l’armée à l’âge de 17 ans, c’est à 15 ans que Martin va faire son entrée dans l’armée. Même si pendant son service dans l’armée, St Martin n’était pas officiellement chrétien, il se trouvait être bien plus chrétien que beaucoup de chrétiens de l’époque. Sa gentillesse, sa serviabilité, sa patience, sa pureté d’âme et de corps (pas toujours facile à l’armée) édifiaient bien plus qu’elles ne suscitaient la moquerie. Il faisait le service à table de ses confrères, dépensait sa solde pour nourrir et vêtir les pauvres. C’est dans cet état d’esprit qu’aux portes de la ville d’Amiens, il coupa son manteau en deux au début de l’hiver 338 pour en vêtir un pauvre. La nuit suivante, le Christ lui apparut en songe, revêtu du manteau qu’il venait de partager. A l’époque, il n’y a pas encore d’aumônier dans l’armée, et si l’engagement militaire du jeune Martin trouve un écho heureux dans la défense et la protection des peuples, la perspective de pouvoir donner la mort lui apparaît contradictoire avec l’Evangile et le baptême qui approche. Il fera le choix, pour être fidèle à l’appel qu’il reçoit de Dieu à devenir « fils de Dieu », c’est-à-dire chrétien, il fera le choix de quitter l’armée.

Entré alors à l’école de St Hilaire, évêque de Poitiers (Saint Patron des églises de Courteilles et de Tillières), il sera repéré pour être ordonné prêtre. Mais St Martin, s’en juge indigne : il refuse le diaconat et le presbytérat, mais accepte la fonction d’exorciste, considérée à l’époque comme une fonction subalterne. Approfondissant sa vie de prière, il décide avec quelques frères chrétiens de se retirer du monde pour se consacrer totalement à Dieu dans la prière et la solitude. Il devient moine et fonde l’ermitage qui deviendra par la suite l’abbaye de Ligugé en 371. Sa réputation de sainteté grandit ; on parle de lui. Dans l’Eglise en Gaulle, on devient jaloux de lui et ce sont les fidèles de la ville de tours, qui ayant perdu leur évêque, montent un guet-apens pour capturer Martin et le faire évêque, malgré lui. Devant la joie et la liesse du peuple de Tours, Martin accepte la charge de l’épiscopat et reçoit l’ordination presbytérale.

J’arrête ici pour quelques aspects de sa vie, car il y aurait beaucoup à dire encore. On retiendra de St Martin que de miles Caesaris (Soldat de César) il deviendra miles Christi (Soldat du Christ). Ses armes ? la charité, le service des pauvres, le soin des malades, la prière, la justice, la vérité et la défense de la paix. St Martin était un homme de paix, parce qu’il était un homme de Dieu.

Alors, aujourd’hui, nous qui faisons mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour défendre une terre, un pays, un peuple, des valeurs, nous qui honorons leur mémoire, nous devons nous aussi nous engager résolument pour la paix, pour construire et défendre la paix. D’une manière ou d’une autre, toutes les guerres ont leur racine dans le fait de vouloir dominer l’autre, de vouloir le soumettre, de ne pas lui faire de la place. Mais la racine de toute guerre est dans notre cœur, dans ce que nous appelons le péché, dans notre volonté de ne pas laisser la place à l’autre, de l’écraser. Défendre de grands idéaux, comme par exemple le respect des différences, le droit des gens à vivre leur individualité ou leur identité, est certes très bien, très louable. Mais, qu’en est-il dans notre vie ? Quelle est la vérité de notre vie ? n’avons-nous parfois deux langages ? que l’on adapte en fonction des personnes auxquelles on s’adresse ? Quelle est la charité que nous mettons en œuvre dans nos activités, professions, relations ? Vous savez, cela passe par des choses très simples dans la vie de tous les jours. Il est toujours curieux par exemple d’entendre ceux qui se font les chantres de la bonne morale, du respect des autres, être ceux qui vont aller colporter telle ou telle chose sur une personne, qu’ils ne connaissent même pas personnellement. Mais la paix commence d’abord par là, par la vérité de nos paroles, de notre vie et de nos relations. Là où la vérité n’est pas, là où la charité n’est pas, la paix véritable ne peut pas exister.

Que l’intercession de St Martin nous fortifie dans l’adhésion à la Vérité qu’est Dieu, dans l’exercice de la charité qui nous fait rechercher le bien des autres avant le sien. Que St Martin nous aide à devenir de vrais artisans de paix, ceux à qui Jésus promet le Royaume des Cieux en récompense. Et que le Christ Jésus bénisse tous ceux qui ont offert leur vie pour défendre les autres, sacrifiant ainsi leur propre vie et la vie de nombreuses familles. Amen !

]]> Homélie de la messe du 31ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-31eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 05 Nov 2017 16:00:10 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25520 +

31ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Je voudrais m’arrêter sur une des critiques que Jésus adresse à l’encontre des Pharisiens, parce que le travers évoqué peut tous nous guetter, qui que nous soyons, et aussi parce qu’il prête le flanc à des contre-témoignages qui sont dangereux pour la crédibilité de l’Evangile et de la foi des chrétiens. Jésus dit au sujet des scribes et des Pharisiens : « Pratiquez donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. » Ce n’est pas leur enseignement qui est en cause, car leur enseignement est bon ; mais c’est le fait qu’ils ne l’intègrent pas dans leur vie alors qu’ils exigent des autres qu’ils l’intègrent dans leur propre vie. Nous savons tous combien un enseignement proclamé, lorsqu’il n’est pas intégré dans la vie de celui qui le proclame, constitue un contre-témoignage, voire même un scandale. Les hautes exigences de l’évangélisation actuelle appellent non pas de belles paroles d’un côté ou de beaux témoignages de vie de l’autre, mais elles appellent une belle cohérence entre les discours et les témoignages de vie. C’est cela que les gens extérieurs regardent.

L’adéquation entre ce que nous professons, les valeurs que nous défendons, et notre manière de vivre, est l’enjeu de ce que nous appelons la conversion. Se convertir, c’est laisser nos principes, nos valeurs transformer sans arrêt notre manière de vivre. Alors, aujourd’hui, demandons-nous quelle est la vérité de notre vie ? Quelle vérité avons-nous par rapport à nous-mêmes ? quelle vérité par rapport aux autres ? Que l’on ne puisse jamais dire de nous : « Ils disent, mais ne font pas. »

Nous sommes le premier lieu de notre évangélisation. Bien souvent, nous voyons que dans le monde, chez un tel ou un tel, telle ou telle chose ne va pas ; il est plus facile de voir la paille dans l’œil de son voisin que de voir la poutre dans son propre œil, nous dit Jésus. Eh bien, pour changer le monde, ou bien son voisin, il faut d’abord commencer par soi. Je voudrais ici laisser la parole à une grande sainte qui a reçu de nombreuses lumières sur toutes ces questions de conversion, de correction fraternelle, lorsqu’il s’agit d’aller trouver telle ou telle personne pour aller lui parler. Il s’agit de Sainte Catherine de Sienne dont je vous invite à aller lire Le Dialogue. Au sujet des écarts, des péchés que l’on peut voir chez un frère ou une sœur, le Seigneur lui dit : « Ce que je veux, et ce que vous devez vouloir, toi et mes autres serviteurs, c’est que vous vous connaissiez parfaitement vous-mêmes, afin de mieux connaître ma Bonté en vous. Laissez-moi juger les autres : c’est mon affaire et non la vôtre. Remettez-vous en à moi du jugement qui m’appartient et ne retirez du péché d’autrui que la compassion pour le prochain. Avec un ardent désir, prêchez la vertu, et reprenez le vice en vous et aussi dans les autres. » (Chapitre VI) Nous sommes le premier lieu de notre conversion, de notre évangélisation.

Maintenant, abordons la question délicate d’aller trouver un frère ou une sœur pour lui dire que quelque chose ne va pas chez lui. Je laisse la parole encore à Ste Catherine de Sienne. Le Seigneur la met tout d’abord en garde contre un danger plus répandu qu’on ne le croie. Il lui dit : « Le démon pourrait, sous le manteau de l’amour du prochain, nourrir en ton âme la racine de la présomption, pour te faire tomber dans de faux jugements que je t’ai défendus. Tu croirais juger vrai et tu jugerais de travers, en suivant ton propre avis, et souvent le démon te ferait voir beaucoup de vérités, pour t’induire dans le mensonge. (…) De cela, je te l’ai dit, Moi seul, suis juge. » (Chapitre V Eclaircissement sur le don de discernement).

Une fois cette précision initiale apportée, le Seigneur lui donne plusieurs critères pour entreprendre une démarche de correction fraternelle : « Ne porte jamais un jugement, sans garder une mesure, et la mesure que je t’impose est celle-ci : à moins que je ne t’aie manifesté expressément, et non pas seulement une fois ou deux, mais plusieurs fois le défaut du prochain, tu ne dois jamais en reprendre particulièrement celui en qui il te semble voir ce défaut. Tu dois te contenter de corriger en général les vices de celui qui vient te visiter, et de l’exhorter à la vertu, avec charité et douceur. (…) Te semble-t-il que j’aie manifesté souvent les défaits d’autrui ? Alors, ne parle pas d’un défaut particulier. Tiens-toi au parti le plus sûr, pour éviter la tromperie et la malice du démon. Il pourrait t’amener souvent à juger le prochain, contrairement à ce qui serait la vérité. » (Chapitre V Eclaircissement sur le don de discernement). Premier critère : ne jamais reprendre un défaut en particulier, mais si besoin reprendre de manière générale.

Deuxième critère : s’attribuer à soi-même ce que l’on va reprocher à l’autre. Je laisse la parole à Ste Catherine : « S’il est un vice que tu crois connaître dans le prochain, attribue-le à toi-même en même temps qu’à lui, par une constante et véritable humilité. Et si réellement, il se trouve en cette personne, elle s’en corrigera mieux, en se voyant comprise si doucement. (…) Tu te trouveras ainsi en parfaite sécurité, et tu auras coupé la route au démon qui ne pourra plus t’induire en erreur ni entraîner la défection de ton âme. » (Chapitre V Eclaircissement sur le don de discernement).

Voici, frères et sœurs, quelques pistes pour nous aider à progresser efficacement dans notre propre conversion et dans la conversion de nos frères et sœurs. Voilà comment progresser dans la vérité de notre vie, dans notre adéquation entre l’Evangile et notre manière de vivre, entre nos paroles et nos actes. Puissions-nous ne pas donner prise à de contre-témoignages. Notre témoignage évangélique n’en sera que plus fort et plus fécond. Vous connaissez bien cette parole du psalmiste : « Amour et Vérité se rencontrent. » Nous avons ici dans cette parole deux pistes décisives pour la crédibilité de la nouvelle Evangélisation que l’Eglise appelle de ses vœux : la qualité de l’amour que nous avons les uns pour les autres, la qualité de notre communion : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples » nous dit Jésus ; et la qualité de vérité de notre vie, la cohérence de notre vie. L’Amour vrai appelle une attitude de vérité ; et la vérité est une exigence de l’amour en même temps qu’elle permet l’Amour. Puissent notre Eglise, notre paroisse, nos communautés grandir dans l’Amour et dans la Vérité. Amen !

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Homélie de la messe de la Commémoration des fidèles défunts du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-commemoration-des-fideles-defunts-du-pere-julien-palcoux Fri, 03 Nov 2017 08:44:39 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25515 +

Commémoration des fidèles défunts

Chers frères et sœurs,

Au lendemain de la fête de la Toussaint, l’Eglise prolonge sa prière pour tous ceux qui sont morts. Nous prions pour que tous ceux qui nous ont quittés entrent dans la communion avec Dieu et vivent de sa vie.

Vivre le deuil dans une perspective chrétienne est une réalité complètement différente que de le vivre de manière athée. Et c’est dans cette perspective que nous sommes appelés à vivre le mystère de la mort. La première lecture que nous avons entendue, tirée de l’Ancien Testament (donc d’un temps où la Résurrection n’a pas encore illuminé notre temporalité ni notre histoire) nous fait pressentir dans une attitude de foi qu’il y a un au-delà invisible à l’œil nu après la mort, un au-delà avec Dieu. Ce pressentiment que donne la foi pas encore illuminée par la Résurrection, nous pouvons le retrouver en nous, que nous soyons chrétiens ou non, par la puissance de l’Amour que nous éprouvons pour ceux qui nous ont quittés. Nous sentons bien tous que l’Amour que nous avons pour ceux que nous aimons ne s’arrête pas avec la mort. L’Amour cherche à exister, à reconstruire un lien, une relation. Ce dynamisme naturel est inscrit dans notre nature et nous ouvre vers l’au-delà de la mort.

C’est là frères et sœurs, qu’il est important d’accueillir la foi de l’Eglise qui va nous permettre d’édifier, de structurer ce mouvement naturel inscrit en nous, et qui va permettre la reconstruction d’une relation avec nos défunts. St Paul le dit dans la deuxième lecture : « Le Christ est mort pour nos péchés et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures, et il est apparu à Pierre puis aux Douze. » La foi en la Résurrection de Jésus n’est pas simple ; elle pose beaucoup de questions. Les Apôtres et les disciples ont eu beaucoup de doutes. Mais leur foi s’est affermie et ils nous ont transmis cette nouvelle extra-ordinaire : la puissance d’amour de Dieu a triomphé de la mort en ouvrant une nouvelle dimension de la vie. L’existence dans laquelle est entrée Jésus est une existence libérée de toutes limites, de toute imperfection, de tout péché, de tout mal, de toute souffrance. C’est dans cette existence qu’entrent tous ceux qui quittent notre monde et choisissent d’aller vers Dieu. La foi permet donc d’entrer dans une relation nouvelle, une relation de vie avec nos défunts, relation qui passe par une Communion spirituelle, relation qui passe par la Communion avec le Christ Jésus, premier des Ressuscités, relation qui passe par la médiation de l’Eglise, Corps du Christ.

La foi nous permet de construire une relation de vie avec nos défunts, et non une relation de mort. Plus notre relation avec eux se laisse façonner par la foi, plus nos défunts nous entrainent vers la plénitude de la Vie dans laquelle eux sont entrés par Dieu et grâce à Dieu. Ils nous préparent ainsi nous aussi à les rejoindre et à pressentir cette Vie qui se déploie au-delà de la mort. Frères et sœurs, cette relation nouvelle dans laquelle chacun de nous peut entrer, se vit au plus haut point dans la sainte messe. En effet, dans la messe, plusieurs mouvements se croisent. D’une part, notre prière pour nos défunts les rejoint grâce à la médiation du Christ ; d’autre part, leur prière pour nous (parce qu’ils continuent à nous aimer et à veiller sur nous) nous rejoint par la médiation du Christ ; d’autre part encore le sacrifice du Christ qui continue de se déployer dans le temps fortifie et construit notre propre foi.

Vous qui avez perdu un être cher au cours de l’année écoulée, suivez les messes qui ont été offertes pour vos défunts. Reprenez contact avec les membres des équipes funérailles ou les frères de charité pour savoir où vous en êtes  dans les messes qui sont à célébrer. Ne laissez pas tomber ces questions-là : elles sont importantes. Et, faîtes tout ce que vous pouvez pour venir aux messes dites pour vos défunts. Vous pouvez demander à ce qu’elles soient dites dans les églises où ont été célébrées les obsèques. La relation avec vos défunts passe aussi, et même d’abord, par cela. Amen !

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Homélie de la Solennité de la Toussaint du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-la-toussaint-du-pere-julien-palcoux-2 Wed, 01 Nov 2017 14:40:48 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25499 +

Solennité de la Toussaint 2017

Chers frères et sœurs,

En cette belle solennité de la Toussaint, nous vénérons tous les saints que l’Eglise nous donne en exemple, et en même temps, nous fêtons notre vocation ultime, celle qui consiste à ce que nous devenions saints. La vocation à la sainteté est la vocation de tout baptisé.

L’Evangile des Béatitudes que l’Eglise a choisi pour cette solennité place Jésus qui enseigne sur la montagne. La montagne n’est pas un lieu quelconque dans l’histoire du salut : c’est le lieu de la révélation (pensons à la Transfiguration sur le Mont Thabor), le lieu de la rencontre entre Dieu et l’homme (pensons à Moïse sur Mont Sinaï), le lieu du sacrifice (pensons au Mont Moriah, lieu du sacrifice d’Isaac ou au Golgotha, lieu du sacrifice de Jésus.) Le cadre de la montagne donne donc à l’enseignement de Jésus la caractéristique d’un enseignement qui permet la rencontre de Dieu, qui permet la communion avec Dieu.

Les lectures que nous entendons donnent plusieurs images de la sainteté. La première lecture nous fait voir une foule immense « que nul ne pouvait dénombrer », « une foule de toutes nations, races, langues et peuples. » Cette foule est en vêtement blanc, avec des palmes (symbole du martyre) et Saint Jean nous dit qu’elle a été purifiée par le sang de l’Agneau. Cette foule est l’image du peuples des baptisés, habillés en blanc parce que purifiés dans le sacrifice du Christ. Cette vision rappelle la dernière Béatitude de l’Evangile : « Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute, et si l’on dit toute sorte de mal à cause de moi ; Soyez dans l’allégresse, car votre réponse sera grande dans les cieux. » Ici la sainteté apparaît comme une communion au sacrifice du Christ.

Le psaume évoque l’homme qui gravit la montagne et qui recherche la face de Dieu. Ici, la sainteté apparaît comme la quête de Dieu.

La deuxième lecture évoque le peuple de Dieu comme un peuple d’enfants de Dieu. Ici, la sainteté apparaît en lien avec notre condition filiale, notre condition de fils adoptif.

Toutes ces images nous révèlent une caractéristique fondamentale de la sainteté : la sainteté est de l’ordre d’une communion avec Dieu. La sainteté n’est pas d’abord une question de combat, d’effort, de perfection : elle se réalise dans la communion avec Dieu, c’est-à-dire dans notre communion avec Jésus. Plus qu’un enseignement à vivre ou à appliquer dans sa vie, l’enseignement des Béatitudes est un appel à découvrir dans toutes les situations de notre vie le Trésor de notre communion avec Jésus qui, Lui seul, a vécu et accomplit parfaitement toutes ses Béatitudes. Nous sommes appelés à découvrir dans tout état de notre vie (souffrance, injustice, combat pour la paix, douceur etc…) une communion avec Jésus qui a tout vécu. Et, le degré, la qualité, de notre communion avec Jésus nous donne accès à une certaine sainteté. En fait, la sainteté est accessible à tous, à condition que l’orgueil n’entrave pas ni n’empêche notre communion avec le Christ. La porte d’entrée de cette communion réside dans la pauvreté évangélique, première des Béatitudes : «  Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux. » La pauvreté évangélique n’est pas la pauvreté humaine, ni encore moins la pauvreté matérielle : il s’agit de reconnaître notre dépendance essentielle par rapport à Dieu. La pauvreté radicale de Jésus vient du fait qu’Il reçoit l’Être du Père, qu’Il reçoit la vie divine de son Père, sans avoir besoin ni d’avoir, ni de paraître. Il renonce à avoir quoi que ce soit qui lui soit propre. Alors, Il est vraiment pauvre. Pour entrer en communion avec Jésus, nous devons reconnaître notre dépendance essentielle par rapport à Dieu, Père. Alors, notre pauvreté évangélique sera libérante et féconde ; alors, nous pourrons entrer vraiment en communion avec Jésus, Fils du Père.

La sainteté vue comme un mystère de communion, vue comme une participation à la sainteté de Jésus, nous permet de comprendre le mystère de la Communion des Saints. La Communion des Saints n’est possible qu’en raison de la communion de tous à la sainteté du Christ. C’est Lui qui est le principe d’unité de la Communion des Saints, déjà dès ici-bas sur terre entre nous, mais encore avec tous ceux qui nous ont quittés et qui sont retournés auprès de Dieu : pensons aux saints que l’Eglise a reconnus, à tous ces saints inconnus qui n’ont pas fait l’objet d’un procès de béatification, mais aussi à tous les défunts de nos familles qui nous ont quittés et que nous commémorerons demain. Notre sainteté se construit dans notre Communion au Christ et dans notre communion les uns avec les autres. Fortifions notre communion, réparons-la si elle en a besoin et purifions-la. Bonne fête à tous. Amen !

]]> Homélie de la messe du 28ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-28eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 15 Oct 2017 10:30:27 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25359 +

28ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

« Le Royaume des Cieux est comparable à un Roi qui célébrait les Noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. » Nous avons ici un condensé de l’histoire de Dieu et des hommes. Nous sommes invités à des Noces, les nôtres avec Dieu, et certains ne veulent pas venir, ou encore, comme nous l’apprend la fin de la Parabole, certains viennent mais sans s’y préparer.

Je voudrais pour commencer m’arrêter sur deux images que l’on retrouve souvent dans les paraboles de Jésus : celle des Noces et celle du repas. Les Noces nous rappellent que la relation de Dieu avec les hommes est avant tout une question de relation d’amour. Dieu nous aime, nous offre son amour et nous invite à répondre à son Amour. Regardons comment nous-mêmes nous envisageons notre propre relation à Dieu : ne sommes-nous pas parfois dans une conception de devoirs à accomplir, parfois peut-être de peur de Dieu ou encore d’indifférence ? Repensez à l’épisode des Noces de Cana, là où Jésus accomplit son premier miracle. Son premier miracle, celui de la nouvelle Alliance, consiste précisément à transformer l’eau en vin, c’est-à-dire que Jésus nous fait passer d’une relation, d’une religion de purification à une relation, une religion de don de soi, le tout dans un contexte nuptial. Les Noces de notre parabole sont donc celles du Fils de Dieu avec nous, noces auxquelles nous sommes invités.

Maintenant, nous avons aussi l’image du repas, du festin, thème que nous trouvons annoncé dans la première lecture. Le thème du repas parcourt la Bible et plus particulièrement l’Evangile où il culmine avec l’Institution de l’Eucharistie et le repas pascal. Le repas dit des choses importantes de la relation à Dieu : il est d’abord le lieu où nous apprenons le partage. L’acte de manger ensemble fait préférer l’écoute de la parole des autres au regard posé sur la nourriture. Manger ensemble apprend à vivre ensemble. Nous apprenons à accueillir un don plutôt que de nous servir chacun selon ses besoins. Le repas est un acte caractéristique de l’alliance. Le repas des Noces de la parabole est une image de la vie éternelle où nous nous nourrirons de la Parole de Dieu lui-même, dans une Alliance éternelle, alliance annoncée à travers les Noces de Cana et réalisée dans le repas des Noces lors de la fête de la Pâque où Jésus se donne lui-même.

Alors, frères et sœurs, tout cela est bien beau en théorie. Mais la réalité est bien différente. Et, Jésus ne fait pas l’impasse sur la réalité. Il l’évoque à plusieurs reprises dans la Parabole : « Mais les invités ne voulaient pas venir. » Première fois. Puis, une deuxième : « Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent, les tuèrent. » Et enfin une troisième lorsque le roi fait jeter dans les ténèbres l’invité qui ne porte pas le vêtement des Noces. Le refus, l’indifférence par rapport à l’invitation au Salut qui nous est faite, font partie de la réalité de notre humanité. Combien aujourd’hui vivent sans Dieu ? Combien vivent sans cohérence ? C’est-à-dire combien sont des chrétiens de culture (Ah, je suis baptisé !), combien sont des chrétiens de surface, mais pas de cœur ? Combien ont abandonné la pratique religieuse se réfugiant derrière de fausses excuses ? Combien encore font passer tout ce qu’ils peuvent avant Dieu ? Dans la parabole l’un va à son champ, l’autre à son commerce. Alors, nous pouvons tous nous retrouver dans ces processus. Nous pouvons tous trouver des choses à faire, avec les meilleurs prétextes du monde, avant de prier, de dire son chapelet, avant d’aller à la messe. Et il y a pire : on peut même se dire que, dans le contexte actuel, on n’est pas parfait, mais nous au moins, on vient à la messe. Regardons la parabole : « Mon ami, dit le Roi, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de Noces ? » Il ne s’agit pas seulement de répondre, mais de porter le vêtement de Noces, c’est-à-dire de s’être préparé à cette rencontre avec Dieu. Quelle cohérence mettons-nous dans notre vie avec notre foi ? Quelle vérité dans nos relations ? Quelle place laissons-nous à la miséricorde ?

« Certes, la multitude est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Il ne s’agit pas seulement de répondre favorablement, mais de prendre au sérieux l’invitation et de nous prépare en conséquence.

Alors, frères et sœurs, je voudrais terminer par ceci : la parabole évoque notre rencontre avec Dieu au terme de notre vie. Mais, on peut aussi en faire une lecture eucharistique, car, au cours de la messe, nous rencontrons aussi Dieu. Au cours de la messe, nous sommes également invités par Dieu aux Noces de son Fils qui se donne. Ce que je veux dire, c’est que notre manière de vivre la messe nous prépare, nous forme à la rencontre définitive avec Dieu. Et là se construit notre entrée dans l’éternité. Certes, il est déjà bien de venir à la messe ; mais comment est-ce que je me prépare à cette rencontre hebdomadaire ? Comment est-ce que je prépare mon âme ? cela peut être par les lectures méditées de la messe qui va venir, par la confession, par l’offrande spirituelle de ma vie, de mes sacrifices, par la qualité de communion que j’ai avec mes frères et sœurs ? Et comment est-ce que je prépare mon corps ? Cela passe par exemple par la manière dont je m’habille. Il est beau de voir sur les photos ou les images que nous envoient nos amis les prêtres africains qui sont venus sur la paroisse, de voir comment les familles s’habillent le dimanche pour la messe…C’était comme cela chez nous il y a quelques années ! Heureusement, cela n’a pas complètement disparu…Mais cela dit tout le respect que l’on a de Dieu. Comment est-ce que je prépare aussi mon corps par exemple par le jeûne eucharistique, une heure avant la messe ? Beaucoup disent que cette règle a été abolie par l’Eglise au moment du Concile. Pas du tout ! Décidément, qu’est-ce qu’on fait dire au Concile ! Il est toujours demandé par l’Eglise de se préparer à recevoir le Corps du Christ en jeûnant une heure avant la messe. Comment est-ce que par mes attitudes physiques, je me prépare au silence sacré, qui seul, peut permettre d’accueillir le mystère de Dieu ?

Frères et sœurs, n’y voyez pas un retour de règles anciennes, mais au contraire des indications précises pour nous aider à honorer avec notre corps, notre esprit, notre âme, l’invitation au banquet nuptial qui nous est faite, où nous sommes nous-mêmes les invités aimés et élus. Soyons en dignes. Amen !

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Homélie de la messe en l’honneur de Notre-Dame de Fatima du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-en-lhonneur-de-notre-dame-de-fatima-du-pere-julien-palcoux Sun, 15 Oct 2017 06:06:42 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25357 +

Messe en l’honneur de Notre-Dame de Fatima

Samedi 14 Octobre 2017

Frères et sœurs,

Le 13 octobre 1917 avait lieu à la Cova da Iria la 6ème et dernière apparition publique de Notre-Dame aux trois petits bergers Lucia, Francisco et Jacinta. Le 13 Juillet, la Vierge Marie leur avait dit, après leur avoir demandé de dire le chapelet tous les jours pour la paix dans le monde et la fin de la guerre : « En octobre, je vous dirai qui je suis et ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

Le 13 Octobre, donc, se pressent à la Cova Da Iria plus de 50 000 personnes, parmi lesquels se trouvaient des sceptiques, des journalistes, des anti-cléricaux et des athées. La Vierge se révèle sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire et son message fut court : « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue à dire le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires reviendront bientôt chez eux. » Puis, à la fin de l’apparition, le soleil se met à danser, à s’approcher et à se reculer de la Terre, mais, chose curieuse, tous pouvaient regarder durablement le soleil sans être ébloui ni avoir mal aux yeux.

Que dire de cette dernière apparition ? Tout d’abord, que ce miracle par deux fois annoncé, tant attendu, que tous, croyants ou non, ont pu constater vient confirmer la réalité et l’authenticité des apparitions. Le soleil, image de Dieu Lumière, danse, reprenant ainsi la prophétie de Sophonie : « Ton Dieu est au milieu de toi ; Il dansera pour toi avec des cris de joie. » Ce soleil, que tous peuvent regarder sans être abimés est l’image de Dieu qui se donne à tous, qui se rend accessible à tous, qui ne fait pas de mal et qui aime notre monde et ses créatures. Il se rend proche par la médiation de Marie, la Mère de son Fils.

Frères et sœurs, le règne de Dieu, caractérisé par cette promesse de paix, vient par la prière, par la prière du chapelet. Il faut que l’Eglise, que les familles, que les baptisés seuls ou à plusieurs, redécouvrent l’amour et la puissance de la prière du chapelet. A chaque grain de chapelet, nous permettons à Marie et à Jésus d’agir dans nos coeurs et dans notre monde. Une dizaine de chapelets n’est jamais perdue !

Le message de la Vierge Fatima dévoile aussi le lien existant entre le péché et la guerre. Marie appelle en même temps à prier pour la conversion des pécheurs et pour la paix. La racine du mal, de la guerre, se trouve dans notre péché, dans notre refus de nous convertir pour aimer selon Dieu. Frères et sœurs, il ne peut y avoir de conversion vraie, complète, sans passer par le sacrement de la confession. C’est Dieu qui pardonne ; ce n’est pas nous qui nous arrangeons avec Lui ! Pour être libérés, nous avons besoin d’entendre : « Je te pardonne tous tes péchés. »

Il y a un autre aspect que je reprends des apparitions de la Vierge à Fatima : une nouvelle fois, la Vierge s’adresse à des enfants. Elle stimule la prière des enfants et en fait bénéficier l’Eglise et le monde. Il est urgent non seulement d’apprendre aux enfants à prier, comme l’Ange du Portugal, puis la Vierge Marie, l’ont fait aux 3 petits bergers, mais il faut aussi avoir recours à la prière des enfants. Il y a ici un Trésor pas suffisamment utilisé par l’Eglise, les familles et les paroisses.

Le message de Fatima ne cesse d’être actuel : rappeler à l’homme qu’au lieu de pécher, il peut choisir Dieu et la voie du Bien. Notre société qui perd ses racines chrétiennes, propose d’autres voies que celles de Dieu aujourd’hui. Souvent, il est plus facile pour l’homme aujourd’hui de choisir la compromission avec le péché plutôt que le chemin de la conversion.

A Fatima, la Sainte Vierge invite les petits bergers à prendre un autre chemin : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » S’offrir soi-même à Dieu en réparation des offenses qui lui sont faites, prier pour la conversion des pécheurs. Tel est le message de Fatima. Alors, ce soir, en priant Notre-Dame, en marchant derrière elle à travers la procession que nous allons faire à l’issue de cette messe, nous présentons au Seigneur par l’intercession de sa Sainte Mère, nous lui présentons notre monde avec ses ambigüités, avec ses lourdeurs, ses blessures. Nous demandons pardon au Seigneur pour les offenses qui sont faites à la Vie : au seuil de l’existence, au terme de l’existence. Nous demandons à Notre-Dame qu’elle nous aide à remettre Dieu à la première place dans nos vies, dans nos familles, dans nos journées, dans nos villages. Que Notre-Dame de Fatima intercède pour nous, pour nos pays le Portugal et la France. Qu’elle aide notre vieux continent chrétien, l’Europe, à retrouver le chemin de Dieu, de la fécondité missionnaire et évangélique et de la Vie. Amen !

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Homélie de la messe du Pardon de St Denis, Patron de Verneuil du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-pardon-de-st-denis-patron-de-verneuil-du-pere-julien-palcoux Sun, 08 Oct 2017 16:40:50 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25343 +

Dimanche 8 Octobre 2017

Pardon de St Denis, Patron de Verneuil

Frères et sœurs,

Comme la liturgie nous le permet dans le Temps Ordinaire, nous quittons aujourd’hui exceptionnellement la liturgie du 27ème Dimanche du Temps Ordinaire pour prendre celle de St Denis, Patron de Verneuil. Il est à ce sujet curieux que les seuls héritages de cet antique patronage qui se soient transmis jusqu’à aujourd’hui résident dans la fête foraine qui se déroule le 2ème week-end du mois d’octobre sur la grande place de La Madeleine, restes d’une ancienne foire à l’occasion de la fête de la Saint Denis, et dans quelques noms de lieux comme la « Zone Artisanale et commerciale de la Saint Denis » derrière la gare de Verneuil ou encore la plaine de Charnelles, lieu de la terrible bataille de Verneuil du 17 Août 1424 qui vit s’opposer Anglais et Français. Dans cette plaine, que l’on appellera la plaine Saint Denis, tombèrent plus de 7000 hommes. Les Anglais, après leur victoire, enterrèrent leurs morts et laissèrent être dévorés par les bêtes les corps des Français. Un vieux guerrier habitant à coté fit enterrer les corps des Français et construire sur ses deniers une chapelle, dédiée à St Denis, patron de France. Cette chapelle donna son nom à la plaine St Denis. On vint en pèlerinage sur cette plaine, si bien que des marchands s’installèrent. Nous avons ici l’origine de la Foire de la Saint Denis. Il faut savoir que Verneuil dut sa prospérité pendant tout le Moyen-Âge à l’intercession de St Denis. Si la ville de Verneuil s’est rendue, elle n’a jamais été prise ! On venait des 7 paroisses de Verneuil en procession, avec bannières, sur cette plaine, en ce lieu, pour vénérer St Denis et se mettre sous sa protection. Et ce, dès le XVème siècle. Voilà pour ce qui concerne le patronage de Verneuil.

Alors, qui était Saint Denis ? ce saint représenté décapité et portant lui-même sa tête…Son histoire nous est connue par de nombreux textes anciens. Le récit de sa vie et de sa Passion a été écrite et réécrite au Moyen-Âge par de nombreux biographes successifs, qui ont ainsi transformé peu à peu l’histoire en légende. Les premières versions présentent Denis comme le premier évêque de Paris mais elles ne s’accordent pas sur l’époque à laquelle il a vécu. Ces contradictions susciteront des polémiques pendant des siècles…

Selon la Passion la plus ancienne, écrite vers 500, Denis a été envoyé de Rome en Gaule comme évêque missionnaire par le pape saint Clément, successeur de l’apôtre Pierre, qui fut en fonction de 92 à 101. Arrivé à Paris avec deux disciples, Rustique et Éleuthère, Denis y construit la première cathédrale, prêche aux habitants et les convertit au christianisme. En ces temps de persécution des chrétiens, les autorités romaines ne tardent pas à remarquer son action. Soumis à un interrogatoire, Denis et ses compagnons se déclarent chrétiens et sont mis à mort, décapités par le glaive du bourreau. Pour empêcher que leurs dépouilles ne soient jetées dans la Seine, une aristocrate romaine encore païenne, Catulla, décide de s’en emparer par la ruse et de les ensevelir dans un champ de sa propriété. Plus tard, des chrétiens édifient en ce lieu une basilique, dont les fondements se trouvent encore sous le sol de l’actuelle basilique cathédrale de Saint-Denis. Toutefois, d’après les archéologues, ils ne datent pas du Ier siècle mais de la fin du IVesiècle…

Vers 500, le culte de Denis est déjà en plein essor. La basilique sert de lieu de sépulture, comme en témoignent les découvertes archéologiques. Depuis la fin du IVe siècle, de nombreux aristocrates se font enterrer dans l’édifice ou à l’extérieur, dans l’environnement immédiat du lieu de culte, persuadés que l’inhumation ad sanctos, auprès des saints, leur assurera le salut éternel… Vers 520, le biographe de sainte Geneviève de Paris attribue à celle-ci l’initiative de la fondation d’une nouvelle basilique à Saint-Denis. À la fin du VIe siècle, le chroniqueur Grégoire de Tours accorde foi à l’histoire de Denis mais préfère situer les faits deux siècles plus tard, au IIIe siècle, sous l’empereur Dèce (249-251), ce qui paraît plus crédible sur le plan historique. Pourtant, les récits ultérieurs continueront à dater le martyre du Ier siècle sous le règne de l’empereur romain Domitien (81-96). Le lien ainsi établi entre saint Denis et l’apôtre Pierre via saint Clément de Rome permet au siège épiscopal parisien de revendiquer son apostolicité, soit son lien direct avec les apôtres du Christ. Les différentes Passions rapportent donc qu’une fois décapité sur le Mons Martium (Montmartre,) Denis porta lui-même sa tête sur une distance de 6 kilomètres et tomba. A l’endroit de sa chute, on construisit une basilique, la Basilique Saint-Denis.

L’Evangile que la liturgie a choisi pour cette fête nous redit à travers des images très simples, le sel, la lumière, que notre mission est d’être des témoins du Christ et de la foi. Les images mêmes du sel et de la lumière impliquent le fait d’apporter quelque chose d’autre, quelque chose de plus au monde. Bien sûr, il ne s’agit pas de nous apporter nous-même, mais d’apporter le message de l’Evangile dont nous sommes porteurs. L’actualité se charge de nous rappeler qu’un bon nombre de nos frères et sœurs chrétiens paient de leur vie leur fidélité au Christ et à l’Eglise, à l’étranger et parfois même sur notre sol ; nous pensons tous au Père Hamel.

Frères et sœurs, quand on voit le prix que paient aujourd’hui des hommes et des femmes chrétiens, on ne peut qu’avoir honte des guégerres qui ont lieu au sein même de l’Eglise et des paroisses, où trop souvent des conflits de personnes, de pouvoir, de considération, ou encore des susceptibilités ou des jalousies, entachent la Communion et l’Unité. Bien plus, les nombreux exemples de saints martyrs, grâce à qui nos pays et nos sociétés sont devenues chrétiens, devraient nous renforcer dans l’affirmation de notre foi et dans la liberté que nous avons de penser différemment du monde. Mais aujourd’hui, dès que vous pensez différemment, vous êtes dangereux ; vous sortez des cadres. Mais l’expérience le vérifie tous les jours : les églises qui s’affirment et qui n’ont pas peur de se démarquer du monde sont des Eglises fécondes, missionnaires et dynamiques, quand les églises qui s’enfouissent dans les modes de pensée ambiants sont des Eglises moribondes et décadentes. Notre force vient de notre communion avec Jésus.

Rendons grâce au Seigneur pour les martyrs d’aujourd’hui qui, par leur sacrifice, permettent à l’Evangile d’être annoncé dans des lieux où la foi est combattue. Prions pour nous-mêmes, afin que par l’intercession de St Denis, Patron de Verneuil, nous puissions fortifier notre foi pour en témoigner fièrement là où nous vivons. Amen !

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Homélie de la messe du 26ème Dimanche du Temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-26eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 01 Oct 2017 17:09:31 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25297 +

26ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous allons méditer sur la question de la volonté divine. Au premier abord, reconnaissons que bien souvent nous envisageons la volonté divine comme opposée à la nôtre ou comme une menace à la nôtre. Qui ne s’est jamais dit en lui-même : pourvu que Dieu ne me demande pas ça !

Cette réaction, ce réflexe est un héritage du péché originel qui nous permet de mesurer la distance que l’homme a prise avec Dieu. De ce fait, nous comprenons mieux pourquoi Jésus nous donne cette prière dans le Notre-Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » C’est bien parce que faire la volonté de Dieu n’est pas évident et que nous avons besoin de son aide. Profitons donc des textes de ce dimanche pour convertir notre propre vision de la volonté divine.

A la lumière de l’Evangile, le premier point que je reprendrai est que la volonté de Dieu se construit dans le temps et qu’elle s’accomplit dans le temps. On ne peut pas réduire le fait de faire la volonté de Dieu à une réponse immédiate et immuable. Non seulement la volonté de Dieu se construit dans le temps, mais elle se découvre dans le temps. La volonté de Dieu n’est pas figée, elle est souple ; elle laisse place au doute, à l’hésitation, aux refus, aux erreurs, aux immaturités, au péché. Et lorsqu’elle s’enracine dans une réponse donnée à Dieu à un moment donné, alors elle s’approfondit. Le meilleur exemple est celui de la Vierge Marie qui dit « oui » au Seigneur lors de l’Annonciation. Si Marie a dit « oui » une fois pour toutes, son « oui » ne va pas cesser de s’approfondir tout au long de sa vie. Après avoir dit « oui » au projet de Dieu, il va lui falloir redire « oui » à un accouchement dehors (alors qu’elle sait qu’elle porte le Fils de Dieu), « oui » à ce qu’elle ne comprend pas : les prophéties du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne, « oui » aux réponses bizarres, blessantes de Jésus : « Je dois être aux affaires de mon Père », ou alors « Qui sont ma mère, mes frères ? », ou encore : « Femme, que me veux-tu ? » lors des Noces de Cana…Et puis, il faudra redire « oui » à Dieu lors de la Passion, de la Crucifixion, de la mort de Jésus. Vous voyez, le « oui » de Marie donné une fois pour toutes lors de l’Annonciation ne cesse de mûrir tout au long de sa vie pour devenir un « oui » toujours plus ouvert et toujours plus fécond à Dieu. Marie accomplit la volonté divine dans le temps.

En éclairant l’Evangile de ce jour avec la première lecture, on peut dire que la volonté divine c’est que l’homme se convertisse : « Je ne désire pas la mort du méchant. » dit le Seigneur. Dieu nous laisse le temps de la conversion. Le principal est d’avoir un cœur ouvert à Dieu. Les plus proches amis de Jésus sont les plus grands pécheurs, convertis bien sûr : Pierre, Paul, Marie-Madeleine. Dans son ministère, Jésus ne cesse de montrer qu’il préfère des pécheurs au cœur ouvert à Dieu plutôt que des gens sûrs d’eux, en apparence bien rangés dans la société, mais avec un cœur fermé. Interrogeons-nous sur les conversions que nous vivons ou que nous sommes appelés à vivre dans notre vie de tous les jours. Le travail de conversion n’est pas réservé au Carême. Quel temps prenons-nous pour rencontrer Dieu ? Appliquons-nous les principes chrétiens dans notre vie ? familiale ? au travail ? dans nos relations ? Quelle place faisons-nous au pardon ? Ce sont dans tous ces petits actes de la vie ordinaire que se construit la volonté divine. En fait la seule et unique question, et c’est ce qu’a compris Marie-Madeleine, c’est la suivante : comment aimons-nous ? Ces deux questions : celle de la conversion et celle de l’Amour n’en font en fait qu’une seule, et c’est précisément ici que réside la volonté de Dieu.

La deuxième lecture aborde de manière très concrète des pistes pour mettre en œuvre dans nos vies la volonté de Dieu : « Ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. » Bien sûr, tout cela peut rester théorique. St Paul est concret : imitons le Christ, nous dit-il. Il s’est abaissé, faîtes de même. L’invitation qui nous est faite est celle d’une véritable humilité : « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. » La volonté de Dieu se construit dans la vérité par rapport à soi, par rapport à son péché, par rapport aux appels que Dieu nous donne, dans l’amour que nous mettons en œuvre les uns envers les autres, c’est-à-dire dans la place que nous laissons au pardon dans nos relations et dans l’humilité vraie, pas l’humilité de surface, de vernis que beaucoup affichent.

Prions pour que nous puissions approfondir la volonté de Dieu en nous, dans nos vies, dans les appels que Dieu nous donne, et prions pour tous ceux qui refusent la volonté de Dieu ou qui la combattent. Amen !

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Homélie de la messe du 25ème Dimanche du Temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-25eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 24 Sep 2017 15:20:28 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25237 +

25ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Voici une parabole qui reste hermétique si nous ne la comprenons pas bien. On peut en trouver la clé de lecture dans la première lecture que nous avons entendue : « Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins » dit le Seigneur.

Le premier élément que je souhaiterais relever, c’est l’appel incessant du maître de la vigne. Le maître ne cesse d’appeler et d’embaucher. Au petit matin, à 9 heures, à midi, à 3 heures puis à 5 heures. Je reviendrai plus loin sur la nature du travail à la vigne et sur l’embauche. A travers ses sorties répétées et ses appels répétés, on voit que Dieu ne se satisfait pas que certains restent dehors, sans rien faire, que Dieu ne se satisfait pas que certains restent en dehors de la vigne. C’est un petit peu comme le maître de maison qui organise un repas et force presque tous les gens qu’il croise à entrer.

Alors, il y a plusieurs manières d’interpréter ces différentes sorties et surtout les heures de ces sorties. Tout d’abord, on peut y voir la patience de Dieu, sa charité parfaite, qui le pousse à appeler jusqu’au bout à la conversion. Il n’est jamais trop tard pour Dieu, souvenons-nous de cela. Il est, comme le dit une préface de la messe, « Maître des temps et de l’histoire. » Dieu patiente ; en fait, c’est nous qui le faisons attendre ; parce qu’on n’entend pas ses appels ou parce qu’on refuse ses appels ou encore parce que l’on fait passer autre chose avant.

On peut encore envisager des différentes heures comme les différents âges de la vie où nous rencontrons Dieu et où nous entrons dans le travail à la vigne. Ceux qui travaillent depuis le matin sont ceux qui ont été plongés dans la foi dès le plus jeune âge ; à 9 heures, cela peut être pendant l’adolescence, à midi, vers le milieu de sa vie ; à 3 heures, on peut dire à l’âge de la retraite et puis à 5 heures à la fin de sa vie. Cette parabole nous dit que sans cesse Dieu appelle et, si nous prenions conscience d’avoir manqué un de ses appels, alors Il repassera.

Maintenant, entrons dans le point chaud de cette parabole : la question du juste salaire. Vous remarquerez qu’au début le maître de la vigne se met d’accord sur le salaire d’une pièce d’argent et qu’après, il n’est plus question d’une pièce d’argent, mais de ce « qui est juste ». Alors si nous lisons cette parabole avec un regard exclusivement humain, nous trouvons en effet que le maître est injuste. Il ne tient pas compte de la pénibilité pour reprendre un terme à la mode chez nos hommes politiques. Mais ce n’est pas le sens de la parabole. Pour comprendre ce que Jésus veut dire, il faut éclaircir la question du travail à la vigne. Travailler à la vigne, ce n’est pas seulement travailler pour l’Eglise, ou pour la paroisse ou pour une institution religieuse, c’est aussi travailler à son Salut, au salut de nos frères et sœurs. C’est faire connaître la Bonne Nouvelle du Salut qui nous est offert. Dès lors, on comprend la parabole : heureux ceux qui travaillent à la vigne depuis le matin. Ils ont connaissance de cette grâce du salut auquel ils travaillent pour eux-mêmes, pour les autres. Cette connaissance illumine et transforme leur vie. Ils devraient en conséquence se réjouir que d’autres arrivent et prennent place. Et on comprend la promesse du maître de la vigne pour les embauchés qui viennent après : « ce qui est juste » c’est le don du salut.

Le ciel, c’est la récompense de tous ceux qui se donnent et qui travaillent à la vigne du Seigneur.

Malheureusement, l’Eglise n’est pas épargnée par l’intrusion de l’argent dans l’exercice de sa mission. Pour une part, elle en a besoin pour tous ceux qui ont donné leur vie les prêtres, les sœurs, pour la mission, pour ceux qui sont en difficulté, enfin tout cela vous le savez. Mais parfois, une mentalité de gestion d’entreprise est entrée dans l’Eglise, pervertissant le dynamisme missionnaire et la gratuité de cœur des ouvriers de la vigne. Un grand nombre de diocèses aujourd’hui déficitaires sont ceux qui ont embauché et employé des laïcs à tour de bras. La mission dans ces diocèses s’en est-elle trouvée mieux ? pas du tout ! Au contraire. Parce que ce que l’on a oublié, c’est que la fécondité de la mission est un don de Dieu qui agit à travers nos dispositions. Bien sûr, il peut y avoir et heureusement qu’il y a des gens rémunérés qui agissent avec cœur, mais l’ expérience montre que l’intrusion généralisée de l’argent en pastorale pervertit et dénature la gratuité. Ce qui fait la valeur et la beauté d’un engagement c’est la gratuité et l’amour qu’on y met, avec comme récompense, celle de travailler à son salut et à celui de nos frères et sœurs.

Pour tous ceux qui ont la chance de travailler à la vigne du Seigneur, même si parfois nous sommes fatigués, nous en avons marre, même si parfois il y a des tensions, des petites histoires, des conflits de personne, nous devrions d’abord nous réjouir d’avoir la chance de travailler à la vigne du Seigneur. Après, plus nous sommes, plus le travail peut être réparti, et donc plus léger. Il faut réellement se réjouir de l’arrivée de nouveaux ouvriers. Un des défis majeurs aujourd’hui pour l’Eglise dans des paroisses comme la nôtre est le renouvellement et le rajeunissement des équipes : non pas que l’on mette dehors les gens, pas du tout, tout le monde a sa place, mais il faut penser à préparer l’avenir. Ce que la parabole nous dit aussi, c’est que le maître de la vigne insiste pour que d’autres ouvriers s’engagent. Il sort, il appelle et il embauche. Il ne demande pas à ceux qui sont déjà là de tout faire. Il sort. Pour grandir, pour continuer à se développer, notre paroisse doit aussi sortir ; cela veut dire concrètement appeler des personnes nouvelles qui ne sont pas déjà au travail de la vigne. Sinon, nous allons nous épuiser et épuiser tout le monde. Vous savez : Jésus pour choisir ses apôtres a choisi des hommes qui ne faisaient pas forcément partie des foules qui le suivaient. Il a appelé des pécheurs qui travaillaient à côté. Je crois qu’il y a une véritable conversion du cœur et du regard à vivre ici au risque sinon de nous scléroser. Par ailleurs, la gratuité de nos engagements les uns les autres, rendra plus généreux et féconds nos liens entre nous.

Demandons la grâce au Seigneur de pouvoir être appelants, invitants, en reprenant conscience qu’il ne s’agit pas seulement de nous alléger du travail (même si c’est important), mais qu’il s’agit aussi et avant tout de travailler au Salut que l’Eglise nous offre. Amen.

]]> Homélie de la messe du 24ème Dimanche du Temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-24eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 17 Sep 2017 13:16:11 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25181 +

24ème Dimanche du Temps ordinaire

Frères et Sœurs,

Il faut reconnaître que, dans les disciples de Jésus, Pierre a vraiment quelque chose de très proche de nous : il pose toutes les questions brutes que l’on peut se poser, mais que l’on n’oserait peut-être pas poser à Jésus. Alors, aujourd’hui, nous retrouvons la question du pardon. Question humaine difficile à laquelle tout le monde est confronté à un moment dans sa vie, à des degrés différents bien sûr. La question de Pierre est celle-ci : y a –t-il une limite ou des limites au pardon ? Cette question peut s’entendre de deux manières : y a –t- il une limite quantitative au pardon, c’est-à-dire : y a –t-il un nombre limité de fois où je peux pardonner ? et autre manière d’entendre cette question : y a –t-il des choses que je ne peux pas pardonner ? des choses où le pardon est impossible ? C’est le sens de la question de Pierre : «  Quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à 7 fois ? » Le chiffre 7 est le chiffre de la totalité : rappelez-vous, les 7 jours de la création (la totalité du temps), les 7 péchés capitaux (la totalité des péchés), les 7 sacrements etc…La question de Pierre est donc celle-ci : est-ce que je peux tout pardonner et est-ce que je peux pardonner tout le temps ?

Réponse de Jésus : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 77 fois 7 fois. » Je traduis : le pardon est infini et ne peut donc pas avoir une source humaine, parce qu’il dépasse nos simples capacités ; le pardon est d’origine divine : il est le fruit d’un don de Dieu. Voilà ce que signifie le « 77 fois 7 fois. » Jésus nous révèle que tout pardon a son origine en Dieu. Voilà ce qu’il nous faut ré-entendre surtout pour ceux qui ont du mal à avancer sur ce chemin du pardon ou pour ceux pour qui le pardon semble inenvisageable ou impossible.

Le pardon est un don de Dieu. Il provient de Dieu. C’est sur la croix que Jésus déverse le pardon sur l’humanité pécheresse : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » dira Jésus au moment de sa crucifixion. En même temps que le sang et l’eau s’écoulent de son cœur, le pardon se déverse sur notre monde. Humainement, le pardon est très difficile, non seulement parce qu’il présuppose une offense, une blessure, dont la douleur est proportionnée à l’offense, mais aussi parce que le pardon, pour être accompli et effectif, présuppose trois étapes : il faut tout d’abord demander le pardon, puis le donner et enfin l’accueillir. S’il manque une de ces étapes, le pardon ne peut être considéré humainement comme accompli. Regardez par exemple combien de personnes « bonnes » dans leur vie « donnent d’elles-mêmes » le pardon alors qu’il n’a même pas été demandé de l’autre côté ! Regardez combien de personnes ne se sentent pas dignes d’accueillir un pardon ! Humainement, le pardon est encore difficile parce qu’il présuppose un travail de vérité que tout le monde ne fait pas complètement, ou parce qu’il est fait inégalement des deux côtés ! Humainement, le pardon est très difficile, et en plus, Jésus nous révèle que la source du pardon est en Dieu ; cela veut dire que notre humanité n’a pas en elle-même cette faculté ! Je parle évidemment ici des grandes blessures, pas du vol d’une gomme à son voisin de classe !

La parabole que rapporte Jésus nous redit trois conditions pour qu’un pardon soit vrai et authentique. Il faut d ‘abord que justice soit faite. Le véritable pardon n’efface pas l’offense. Ce n’est ni vrai ni juste de dire « on efface et on oublie. » Ce sont peut-être de bons sentiments, mais ce n’est pas conforme à la nature humaine. Après, si effectivement on oublie, tant mieux. Mais, la nature garde les traces des offenses et des blessures. C’est vrai pour le corps, pour l’âme. Dans la parabole, il faut qu’il y ait énoncé de la vérité : « On lui amena un homme qui lui devait dix mille talents. » il ne peut y avoir de pardon authentique s’il n’y a pas la conscience d’un écart à la vérité, s’il n’y a pas l’énoncé objectif d’une faute. Sur ce point, vous comprenez la complexité de bon nombre de situations où il y a un écart entre la Loi civile qui permet certains actes, et la Loi religieuse qui considère certains actes comme des péchés graves : je pense par exemple à l’avortement. C’est vrai qu’il est difficile pour les gens, surtout quand la conscience religieuse n’est pas correctement structurée, d’être au clair sur la réalité d’un péché ou d’une offense. Bref, une offense, un péché doit être d’abord reconnu comme tel pour pouvoir être pardonné et pour pouvoir en guérir. A cette étape correspond dans le sacrement de la confession l’étape de la contrition. La contrition c’est la reconnaissance et l’assomption de son péché, c’est, dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique : « une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus recommencer. » (CEC 1451) A ce sujet, la contrition peut être parfaite, lorsqu’elle provient de l’Amour de Dieu, aimé plus que tout. En ce cas, la contrition parfaite remet les fautes vénielles et obtient le pardon des péchés mortels si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible au sacrement de la confession. (CEC 1452) Elle peut être imparfaite, on l’appelle alors attrition, c’est-à-dire qu’elle est le fruit d’un don de Dieu, d’une impulsion de l’Esprit-Saint, qui naît de la considération de la laideur du péché ou de la crainte de la damnation éternelle. (CEC 1453)

Ensuite, une offense, un péché, appelle une réparation. Cela fait partie de notre dignité que de réparer ou du moins de participer à la réparation de ce qui a été abîmé. Humainement, on se sent mieux lorsqu’on participe à la réparation de ce qu’on a abîmé, plutôt que de ne rien faire. Dans une démarche pénitentielle, on parle alors de satisfaction. Satisfaire, c’est participer à la réparation. Dans le sacrement de la confession, cela correspond à la pénitence que donne le prêtre. La pénitence n’est pas une punition ; c’est un médicament qui aide à la satisfaction. Le CEC dit : « Le confesseur propose au pénitent certains actes de satisfaction ou de pénitence en vue de réparer le dommage causé par le péché et de rétablir les habitudes propres au disciple du Christ. » n° 1494

C’est là que la miséricorde divine apparaît : elle supplée de toute manière à notre satisfaction qui ne pourra être qu’imparfaite. Dans la parabole, le Roi se laisse toucher par l’incapacité de son débiteur à rembourser, et lui remet toute sa dette. La miséricorde de Dieu est infinie, mais elle ne peut se déployer que si nous sommes en vérité par rapport à notre offense.

Troisième condition : nous sommes pardonnés. Alors vivons et agissons comme des personnes qui ont été pardonnées. Là s’exerce la justice divine. « La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous » nous dit Jésus. Dans la parabole, le débiteur pardonné, ne remet pas à son propre débiteur sa propre dette. Il n’est pas juste. Nous savons nous que si nous sommes animés d’une contrition sincère et de la volonté de satisfaire, Dieu nous remettra nos péchés dans le sacrement de la confession. Alors remettons aussi à ceux qui nous demandent pardon. C’est à ce point difficile parfois que Jésus en fait l’objet d’une demande dans la prière du Notre-Père : «  Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Si Jésus nous invite à le demander, c’est bien parce que ce n’est pas évident.

Y a –t-il alors une limite au pardon ? la seule limite qu’il peut y avoir, c’est celle que nous mettons nous-même à Dieu. Souvenons-nous, dans les pardons difficiles à donner ou qui nous semblent impossibles tant le mal fait est destructeur, souvenons-nous que la source du pardon est en Dieu et que c’est de Lui qu’il faut implorer ce don. Souvenons-nous que Dieu agit dans le temps et qu’un véritable pardon s’inscrit dans le temps. Le principal est de progresser dans l’offrande ou l’acceptation du pardon. Souvenons-nous que le pardon demandé, donné, accueilli libère et guérit. Le pardon non demandé, refusé ou non accueilli est un poison, un cancer qui détruit de l’intérieur. Souvenons-nous que le pardon est la plus haute et la plus forte manifestation de l’amour. Il n’y a pas d’amour vrai sans pardon. Puissent les chrétiens redécouvrir que le sacrement de la confession est un sacrement de guérison, de libération et de croissance de l’Amour et dans l’Amour. Amen !

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Homélie des messes de la Fête de la Nativité de la Vierge Marie du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-des-messes-de-la-fete-de-la-nativite-de-la-vierge-marie-du-pere-julien-palcoux Sun, 10 Sep 2017 17:32:55 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25153 +

Fête de la Nativité de la Vierge Marie

Pardon de Notre-Dame de Bâlines

Pardon de Notre-Dame de Chaise-Dieu

Frères et sœurs,

Nous entendons deux fois dans l’année liturgique cette longue généalogie de Jésus : lors de la fête de la Nativité de Notre-Dame et lors de la messe de la Vigile de Noël qui nous prépare à la Nativité du Fils de Dieu. On peut s’interroger sur le choix de cet Evangile pour la Nativité de la Vierge Marie. Spontanément, on penserait plus à l’Evangile de l’Annonciation à Marie. Et là, nous nous trouvons avec l’Evangile de l’Annonciation à Joseph.

Dans cette généalogie très humaine et historique, Marie surgit après la mention de Joseph. Pourquoi ? Qu’est-ce que sa mention dans cette généalogie nous apprend ? Pour répondre à la question, il faut comprendre que cette généalogie exclusivement humaine inscrit le Fils de Dieu dans notre monde et notre temporalité. Dieu entre dans l’histoire des hommes ; et sa porte d’entrée, c’est Marie. Marie, comme Joseph, est issue de la tribu de Juda, la tribu royale du peuple d’Israël. Marie, comme Joseph, n’est que de nature humaine, même si elle mettra au monde le Fils de Dieu. Si Marie se trouve donc mentionnée dans cette généalogie, c’est bien parce qu’elle apporte, elle offre au Fils de Dieu l’humanité qu’Il vient assumer, qu’Il vient épouser. Elle offre l’humanité toute entière au Fils de Dieu ; elle offre toute sa personne, bien sûr, préservée de tout péché par la grâce de l’Immaculée Conception. Alors, nous pouvons nous poser aujourd’hui cette première question : qu’est-ce que moi j’offre à Dieu ? La plupart du temps, nous passons notre temps à demander des choses à Dieu ou à accueillir ce qu’Il nous donne. A l’occasion de la Fête de Nativité de Marie, demandons –nous ce que nous offrons à Dieu. Dieu peut faire des miracles : tout dépend de ce que nous lui offrons. Pensez au miracle de la multiplication des pains : Jésus part de 5 pains et de 2 poissons…Encore faut-il les lui donner.

Lorsque l’on pense à la Vierge Marie, lorsqu’on la prie dans la liturgie, on la voit souvent comme celle qui accueille la Parole de Dieu, comme celle qui veille sur nous, qui nous protège. Tout ceci est vrai ; mais Marie est aussi celle qui s’offre à Dieu. Elle participe au mystère de la Rédemption, au Salut en s’offrant elle-même. Cette offrande est très importante, car elle nous dit la manière dont Dieu fonctionne avec nous : Dieu, qui peut tout parce qu’Il est Tout-Puissant, veut nous sauver non pas sans nous, mais en passant par nous, en sollicitant notre coopération. Marie, par la grâce de son Immaculée Conception, participe d’une manière extraordinaire et exemplaire au mystère de la Rédemption en s’offrant elle-même. Elle ne se met pas à la place de son Fils, qui Lui est le seul et unique Médiateur, mais elle s’offre à Lui. C’est en ce sens que l’on peut parler de Marie « Co-Rédemptrice » : elle participe au Salut en s’offrant elle-même parfaitement, sans aucune réserve.

Vous connaissez tous ce proverbe « Aide-toi et le Ciel t’aidera. » Ce proverbe ne dit rien d’autre que ceci : le Ciel nous aidera dans la mesure où nous faisons ce que nous avons à faire. La grâce ne se substitue pas à la nature ; elle l’accomplit, elle la parfait, mais ne la remplace pas. Par conséquent, c’est ainsi que Dieu agit envers nous. Il nous sollicite, nous stimule, pour que nous participions au Salut de nos frères et sœurs, et au nôtre par la même occasion. Notre participation au Salut ne diminue en rien la médiation de Jésus. Mais, et c’est ici un point de divergence avec les Protestants, l’unique Médiation du Christ n’est pas exclusive. Elle est inclusive : elle permet et suscite de multiples autres médiations, en premier lieu celle de la Vierge Marie. Et ces médiations secondaires ne diminuent en rien celle du Christ ; au contraire, elles la magnifient. Dieu embellit la dignité de l’homme en lui permettant de participer à son Salut. Dans ces médiations secondaires, une place non égalée revient à la Mère de Dieu, préservée de tout péché. C’est la raison pour laquelle son intercession est puissante sur le cœur de Dieu.

Cet Evangile nous apprend en outre à la suite de Joseph que celui qui accueille Marie chez lui accueille Jésus. Marie ne vient pas seule, pourrait-on dire. Vous qui priez la Sainte Vierge à travers le chapelet, le Rosaire, les Neuvaines, vous ne perdez jamais votre temps. En priant Marie, vous faîtes entrer Jésus dans votre cœur. Après, il n’y a qu’à Le laisser agir. Et là, Marie nous éduque. Marie laisse toujours l’initiative à Dieu ; elle ne passe jamais en premier : « Jacob engendra Joseph, l’Epoux de Marie de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ ou Messie. » On voit bien la rupture qu’introduit Marie dans le rythme des générations : ce ne sont plus les hommes qui engendrent, mais Dieu : « de laquelle fut engendré Jésus. » Marie laisse la place et et l’initiative à Dieu. Et plus loin, l’Evangile continue : « or avant qu’ils aient habité ensemble, Marie fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint. » Une nouvelle fois, Dieu a eu l’initiative première. Pour voir Dieu agir dans nos vies, pour discerner ses initiatives, Marie nous invite à avoir une vie régulière, réglée comme le rythme de cette généalogie. Il ne faut pas se tromper de lecture dans la rupture qu’introduit Dieu dans cette généalogie : Dieu ne vient pas casser la régularité humaine. C’est en fait l’inverse : c’est la régularité humaine, le calme de nos vies, qui permet de percevoir l’irruption de Dieu dans nos vies, dans les évènements que nous vivons.

Que la Vierge Marie dont nous commémorons aujourd’hui la Nativité nous apprenne à ne pas seulement être des consommateurs de Dieu, mais à nous offrir à Lui ; qu’elle nous apprenne à grandir en dignité en participant à notre salut et à celui de nos frères et sœurs ; et qu’elle nous apprenne à avoir une vie calme et réglée pour ne pas passer à côté des appels de Dieu. Amen !

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Homélie de la messe du 22ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-22eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 03 Sep 2017 16:40:34 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=25113 +

22ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

« Passe derrière moi Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Pauvre Pierre ! Il se fait vertement remettre en place alors qu’il dit ce que tout le monde pense…Eh bien arrêtons-nous sur cet échange entre Jésus et Pierre car il est très important et fondamental pour notre foi.

La première chose que nous pouvons dire c’est que notre vision de Dieu, notre image de Dieu est dynamique et vivante : elle évolue et se transforme tout au long de la vie. On ne voit pas Dieu de la même manière à 8 ans, qu’à 20 ans, qu’à 40 ans ou qu’à 80 ans. C’est normal. Ce qui serait inquiétant, c’est que notre image de Dieu n’évolue pas. C’est un peu comme si nous marchions devant une montagne qui est encore loin, et au fur et à mesure que nous avançons, que nous nous rapprochons de la montagne, cette dernière apparaît de plus en plus précise. Et l’on découvre alors des choses toujours nouvelles. Avec Dieu c’est un peu la même chose. Et autant est-il légitime que chacun de nous ait sa propre image de Dieu, autant est-il légitime et juste de dire que notre vision de Dieu ne reste que partielle. C’est en fait l’ecclésialité, le fait d’être avec d’autres chrétiens, qui va venir corriger progressivement, et par la même purifier, le caractère particulier de notre image de Dieu. Cette évolution dynamique de l’image de Dieu nous met aussi en garde contre toute tentative de mettre la main sur Dieu. On ne peut jamais mettre la main sur Dieu. C’est la raison pour laquelle les Juifs ne prononcent jamais le nom de Dieu. Prononcer un Nom, c’est pour les Juifs mettre la main sur. On ne peut mettre la main sur Dieu car nos images de Dieu ne sont que partielles et particulières. Alors notre pauvre Pierre en est à Jésus, Fils de Dieu, Messie, l’homme qui réussit tout, qui accomplit tous les miracles qu’Il veut. Alors, pensez-vous la perspective de la mort ! Non, ce n’est pas possible ! Mais il commet un péché en voulant un Dieu qui corresponde à ses attentes. Ce péché existe toujours de nos jours : lorsque l’on exige que Dieu soit comme ci ou comme ça, qu’Il fasse ceci ou cela, ou encore lorsque l’on exige ou décrète que l’Eglise doit être comme ceci ou cela. C’est du même ordre. On plaque des idées et des vues humaines sur Dieu.

Dans l’échange que Jésus et Pierre ont, Jésus convertit l’image du Messie que Pierre se fait : « A partir de ce moment-là, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des Anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour ressusciter. » Progressivement, Jésus prépare ses disciples à la Croix. C’est en fait la Croix qui vient convertir notre image de Dieu. Nous comprenons tous la réticence de Pierre : qui parmi nous ne souhaiterait pas que Dieu, tout-puissant, nous épargne souffrance, maladie, mort, injustice ? De même dans nos vies : on aimerait que tel ou tel soit heureux sans souffrance, on aimerait que les gens se convertissent à tour de bras sans connaître les difficultés, les échecs de transmission de la foi que trop de familles connaissent aujourd’hui. On aimerait des succès pastoraux sans toutes les peaux de bananes, mesquineries ou jalousies qu’on nous envoie. Mais notre monde et notre humanité ne fonctionnent pas comme cela. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Jésus a été au bout de la Croix. Il assume tout cela. Et bien plus, il fait de la croix, le signe de la mort la plus injuste, le signe de ce qui pourrait apparaitre comme la victoire du Mal, Il en fait le lieu de la victoire de Dieu, le lieu de la Vie, le lieu du Salut. On ne peut accéder à Dieu sans passer par la Croix. Regardez St Thomas : il ne croit pas que Jésus est ressuscité : « Si je ne mets pas la main dans la trace des clous, non je ne croirai pas. » Quand il met ses doigts dans les traces de la Passion, donc de la Croix, alors Il croit en la Résurrection.

Il en est ainsi dans notre vie : la configuration par la Croix, effectuée par le Baptême, nous donne plein accès à Dieu en même temps qu’elle permet la réception des grâces divines. La croix permet à l’œuvre de Dieu de s’accomplir. Mais la tentation existe toujours de vivre sans la croix. La première lecture évoquait l’expérience du pauvre prophète Jérémie qui subit outrages et railleries : « A longueur de journée, la Parole du Seigneur attire sur moi l’injure et la moquerie. » Jésus dira d’ailleurs à ses disciples : « Le disciple n’est pas plus grand que le Maître. » C’est-à-dire : on m’a persécuté, on vous persécutera. Si je relève ceci, frères et sœurs, c’est parce qu’il faut faire attention à la manière dont nous transmettons la foi au catéchisme, au catéchuménat, en famille, en paroisse : là aussi existe la tentation de faire de la foi une morale, un type de vie, un petit chemin de bonheur en faisant l’impasse sur la croix. Là se trouve aussi une des raisons de la profonde crise de transmission de la foi post Vatican II dans les familles et les paroisses : en voulant rejoindre le monde avec un discours séducteur, on a évacué la perspective de la Croix. Or, le sacrifice de la croix est le cœur et la source de la foi ! Il en est de même dans la liturgie : on a évacué l’aspect sacrificiel de la messe pour souvent ne réduire la messe qu’à un simple repas commémoratif !

Dans un autre domaine, il faut réellement s’interroger lorsque le discours de l’Eglise est le même que celui du monde. Et surtout, il ne faut pas avoir peur de penser différemment. Regardez dans l’Ancien Testament : les vrais prophètes étaient ceux qui disaient des choses que l’on n’avait pas envie d’entendre, quand les faux prophètes tenaient des discours séduisants allant dans le sens du pouvoir et du peuple; écoutez St Paul dans la deuxième lecture : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser. » Regardez l’exemple de Jésus, combien s’est-il heurté aux « opinions » de l’époque ! La croix est ce qui nous donnera la force pour demeurer libre, sans compromissions ni silences coupables.

Pour terminer cette petite méditation, l’appel que Jésus lance à ses disciples est un appel à prendre sa croix. Prendre sa croix pour suivre le Christ, c’est accepter la réalité de la croix dans sa vie, mais cela signifie aussi : « se donner ». La croix est le lieu où Jésus s’offre et se sacrifie. Nous sommes appelés à nous offrir nous aussi et à nous donner sans nous chercher nous-mêmes. St Paul développe cette perspective de la croix dans la lecture entendue : « Je vous exhorte à offrir à Dieu votre personne et votre vie en sacrifice saint capable de plaire à Dieu. » Demandons au Seigneur de ne pas avoir peur d’accueillir la réalité de la croix dans nos vies, d’être capable de nous donner en dépassant les jalousies, les règlements de compte, les mesquineries des uns et des autres. Faisons de nos vies une offrande agréable à Dieu. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lassomption-de-la-tres-sainte-vierge-marie-du-pere-julien-palcoux-2 Tue, 15 Aug 2017 14:49:20 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24955 +

Assomption 2017

Chers frères et sœurs,

C’est un bel évènement que l’Eglise nous invite à commémorer aujourd’hui : la victoire définitive Dieu dans ses créatures, créatures abîmées par le péché, ballotées dans ce monde par des vents contraires et dangereux. Marie qui monte au Ciel, avec son corps et son âme, est la victoire de Dieu ; elle est aussi de ce fait notre espérance, elle qui exerce désormais sa maternité sur nous, après l’avoir exercée sur Jésus, puis sur l’Eglise naissante. En cette Solennité de l’Assomption, nous pouvons nous demander de quelle manière Marie exerce sa maternité sur le peuple de Dieu.

Tout d’abord, le livre de l’Apocalypse nous la présente en cette femme qui enfante, qui transmet la vie, mais qui est attaquée par le démon. Marie ne fuit pas ; elle soutient et affronte les attaques de Satan. En fait, elle peut affronter les attaques du démon parce que Satan n’a aucune prise sur elle. C’est ce que manifeste cette belle solennité de l’Assomption. Marie monte au Ciel corps et âme ; dit autrement, elle ne meurt pas. Sur elle la mort n’applique pas sa terrible loi de division, de séparation de l’âme et du corps, qui est la marque même du démon. L’âme et le corps de Marie restent unis. Pour nous, malheureusement, il en sera différemment : notre âme et notre corps se sépareront en attendant d’être à nouveau réunis à la fin des temps quand nous ressusciterons. L’Assomption de la Vierge, qui est une conséquence de son Immaculée Conception, nous manifeste que le démon n’a aucune prise sur Marie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il cherche à dévorer l’enfant, et non pas la femme.

La Sainte Vierge exerce donc sa maternité sur nous en nous apprenant à ne pas offrir de prise au démon, à ne pas lui ouvrir de portes, par le péché, par le mensonge, par les compromissions qui altèrent notre liberté. Mais le démon attaque les enfants de Dieu, cela est vrai. Alors, la Sainte Vierge soutient nos combats contre lui. Nous pensons bien sûr à nos frères et sœurs, persécutés et martyrisés en Orient ; mais il ne faut pas croire non plus que l’Occident soit plus épargné. La cause est toujours la même : le refus de Dieu et de son message d’amour. Les forces en présence se regroupent en deux camps : celui de Dieu et celui de Satan, le chantre de l’individualisme, de l’égoïsme, le diviseur, le promoteur dans le cœur de l’homme et dans les législations des instincts les plus bas et les plus stériles. Son but : défigurer l’œuvre de Dieu, abîmer la relation entre l’homme et Dieu, abîmer la dignité de l’homme, pour une « autre » dignité : la capacité pour l’homme de s’auto-définir, de légitimer tout comportement, surtout lorsqu’il s’inscrit hors de toute référence à la nature et à ses lois.

Satan est à l’oeuvre depuis bien longtemps. La lumière de Dieu et les lumières d’une pensée prétendument libérée se sont souvent heurtées dans le coeur de l’homme. Notre époque vit cependant un paradoxe. Ne trouvez-vous pas étrange qu’une une société qui s’engage pour une écologie dans la nature, ignore le combat pour une écologie humaine ? On protège le bébé phoque tout en abandonnant le petit homme… On s’attache à la pureté de l’air, tout en omettant de combattre les images et les textes des médias qui promeuvent la violence, ou réduisent les corps humains au rang d’esclaves… On chante la paix dans le monde, tout en portant la guerre dans le sein maternel par l’avortement. On veut la fraternité dans les pays tout en refusant à l’enfant le droit imprescriptible à connaître ses parents biologiques et à vivre en leur présence. Que répondra-t-on quand ces petits et ces faibles se feront nos accusateurs ? Combien de temps, combien de morts faudra-t-il attendre avant que le monde ne s’attache à la promotion d’une véritable écologie, comprise comme une quête du bien de TOUS et non comme l’objet de revendications de lobbies ?

Il y a une autre caractéristique de l’exercice de la maternité de la Vierge Marie. Marie l’exerce en nous apprenant à nous unir à Dieu. L’origine du péché réside dans la désunion, dans la désobéissance à Dieu ; Jésus répare cette désobéissance originelle et Marie, sa Mère, nous apprend à nous unir à Dieu. Le meilleur exemple réside dans la prière de son Cœur que nous donne l’Evangile de ce jour : la prière du Magnificat. Lorsque la Vierge Marie prie, sa personne est à ce point unie à Dieu, qu’on a du mal à distinguer les personnes. Marie reçoit tout de Dieu et rend tout à Dieu par une prière d’action de grâce : « Mon âme exalte le Seigneur ; mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. » Et tout le reste de la prière de la Vierge n’est qu’une exaltation et une action de grâce de Dieu et de ses merveilles. En fait, Marie ne fait qu’un avec Dieu dont elle a épousé le projet.

Frères et sœurs, regardons dans notre vie chrétienne, la place qu’a la prière d’action de grâce. Combien de fois, demandons-nous à Dieu que les choses soient comme ceci, ou comme cela ! Combien de fois en voulons-nous à Dieu, plus ou moins consciemment évidemment, de ce qui nous arrive ou de ce qui arrive à l’un de nos proches ! Notre être profond est bien souvent distant de Dieu. C’est une des séquelles du péché originel, dont Marie est préservée : nous pensons souvent la volonté de Dieu en opposition à la nôtre ou comme un danger pour la nôtre.

Par l’exercice de sa maternité, Marie nous apprend à nous réconcilier avec Dieu et sa volonté. Elle qui n’est que de nature humaine, connait la nature humaine. Elle sait, très délicatement, nous détourner de nos inclinations sensibles par son amour maternel et par un accueil délicat de notre part aux motions de l’Esprit-Saint.

En cette belle fête de l’Assomption, présentons à la Mère du Sauveur, tous ceux qui se sont éloignés de Dieu, de l’Eglise, tous ceux qui ont été blessés dans leur vie de foi. Présentons-lui tous les hommes abîmés par le péché, ceux sur qui le démon exerce son emprise. Présentons-lui tous les malades que nous connaissons, ceux de nos familles, de nos paroisses. Que la victoire de Dieu en Marie leur redonne espoir et confiance en la bonté et la victoire de Dieu. Présentons-lui enfin notre pays, dont c’est aujourd’hui la fête traditionnelle : qu’il retrouve la fidélité à Dieu et à l’Eglise. Amen !

Introduction à la messe : Frères et sœurs, en cette solennité de l’Assomption, confions-nous à l’intercession et à la prière de Celle qui entre glorieusement au Ciel, Corps et Âme, parce qu’elle n’offre aucune prise au péché. Accueillons par Elle, les fruits de la victoire de Dieu en nous.

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Homélie de la messe du 17ème Dimanche du Temps ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-17eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 30 Jul 2017 10:30:53 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24638 +

17ème Dimanche du Temps ordinaire

Frères et sœurs,

Ce dimanche, la question n’est plus : « comment est le Royaume des Cieux » ? ou « En quoi consiste-t-il ? » mais : « comment le trouver ? Où est-il ? »

Jésus nous donne une première indication importante : « Le Royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ. » Cela fait déjà plusieurs paraboles, et en tout cas plusieurs dimanches que Jésus nous explique lui-même que le champ c’est le monde. Jésus veut donc nous dire que le Royaume des Cieux est à trouver dans notre monde, qu’il est accessible depuis notre monde. Cette remarque est importante, car trop souvent, nous pensons le Royaume de Dieu complètement distinct de nous, non pas dans sa nature mais dans son accessibilité, nous le pensons complètement extérieur à nous. Or, Jésus nous apprend que le Royaume est accessible dans nos réalités. En fait, nous nous trouvons face à la logique de l’Incarnation : même si Dieu est fondamentalement distinct de nous, Il se rend présent dans notre monde, dans notre humanité, dans notre nature, dans notre corps. Pour trouver Dieu, il n’est pas nécessaire de partir le chercher en-dehors de nous, et c’est même un piège que de Le chercher extérieur à nous : Il est à découvrir en nous.

Combien de personnes vont chercher Dieu, ou ce qu’elles appellent Dieu, dans d’autres religions, d’autres sagesses. Alors, je reviendrai sur ce point plus loin parce que c’est une réalité beaucoup plus étendue que nous ne le croyions dans notre monde actuel…mais en aucun cas, je ne jette la pierre à ces personnes-là, car l’Eglise a aussi, à bien des égards, été déficiente dans la transmission de la foi aux générations de ces dernières décennies. Dans les années post-conciliaires, pour rapprocher soi-disant l’Eglise des hommes, en plus d’avoir désacralisé la liturgie, on a déspiritualisé la foi, renvoyant les personnes en quête de soif spirituelle, vers d’autres religions ou d’autres activités. On a été cherché Dieu, le bien-être, le bonheur, la sagesse en dehors de la foi chrétienne.

Dans un autre domaine, celui de la vie spirituelle, la vie de prière, on peut aussi avoir tendance à chercher Dieu en dehors de nos réalités humaines, de nos lieux de vie ou devoirs d’état. Ste Thérèse d’Avila, lorsqu’elle était supérieure de son couvent réformé, reçoit une religieuse qui venait de découvrir la profondeur de la vie de prière, et qui brûlait du désir de découvrir encore plus Dieu dans la prière. Elle va donc demander à Mère Thérésa d’Avila, sa supérieure, la grâce d’avoir quelque temps d’oraison supplémentaire, et Mère Thérésa lui fait cette réponse : « Vous voulez trouver Dieu plus profondément ? Eh bien allez aider la sœur qui fait la vaisselle, et vous trouverez Dieu au fond des casseroles ! » Avancer dans la vie spirituelle conduit à approfondir la logique de l’Incarnation, et donc à approfondir son rapport aux réalités terrestres.

L’entrée dans le Royaume des Cieux se fait donc à partir de notre monde ; pas en dehors !

Une fois le trésor trouvé, Jésus attire notre attention sur une autre réalité : ceux qui le découvrent vont vendre ce qu’ils ont pour acquérir le Royaume. Il peut y avoir 3 raisons à la vente de tous les biens. Tout d’abord, se départir de tous ses biens permet de nous rendre libres pour acquérir le fameux trésor. Nous faisons tous l’expérience que les biens au milieu desquels nous vivons peuvent obstruer la place de Dieu dans notre vie. Combien de fois, le temps de la prière, est-il mangé par d’autres activités ?

La vente de tous ses biens en vue d’acquérir le Royaume peut avoir une autre signification : Jésus nous dit que l’entrée dans le Royaume des Cieux implique un choix, et qui dit « choix » dit « renoncements ». Quand on dit « oui » au Christ, « oui » à la foi chrétienne, il y a des modes de vie, des attitudes qui sont incompatibles. Ce point est assez difficile car nous qui vivons notre foi chrétienne dans un contexte sécularisé et assez décadent (notre église occidentale est plutôt vieillissante que jeune, comparée à des églises d’Amérique latine ou d’Afrique par exemple), nous avons du mal à faire des choix en faveur de l’intégralité de l’Evangile, car nous sommes trop souvent dans la compromission avec les valeurs du monde. Notre chrétienté, plutôt tiède, a perdu de sa ferveur et de son dynamisme.

Enfin, se pose à nous la question de ce que nous sommes prêts à quitter pour obtenir le Royaume. L’idée n’est plus tellement ici celle d’un renoncement, mais plutôt celle d’une acquisition, le Royaume, qui ne peut s’acquérir que par une dépossession. C’est toute la logique de l’Evangile : on avance en s’abandonnant, on gagne en perdant, on grandit en diminuant. Cette perspective de dépossession en vue du Royaume est bien connue dans ces terres bretonnes évangélisées par des moines bretons et gallois aux V-VI èmes siècles : pensons à St Paul Aurélien, St Tugdual, Saint Samson, Saint Cado, Saint Iltud etc…La question est donc : qu’est-ce que je suis prêt à donner, à perdre pour acquérir le Royaume ? On ne peut entrer dans le Royaume, acquérir le Royaume, sans perdre de nous, sans nous donner.

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre ce que la deuxième lecture dit au sujet de la Providence : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » Dieu ordonne toute chose pour notre bien, dès l’instant que nous avançons sur le chemin du Royaume. Aucune de nos rencontres, aucun des évènements que nous vivons ne sont le fruit du hasard : tout est permis par Dieu en vue de notre bien. J’évoquais plus haut le cas de personnes qui se sont détournés de la tradition chrétienne pour se tourner vers d’autres religions, parce qu’ils n’ont pas trouvé, pas pu trouver, ce que la religion catholique offrait. Eh bien, il n’est pas rare que quelques années plus tard, ces mêmes personnes découvrent de manière nouvelle ce que la foi chrétienne contient et reviennent à une pratique religieuse catholique. On ne peut qu’admirer l’œuvre de la Providence qui, dès l’instant qu’on cherche authentiquement Dieu, vient à notre secours et nous conduit, quels que soient les chemins que nous avons entrepris.

Demandons à l’Esprit-Saint qu’Il nous éclaire sur ce que nous avons à abandonner pour pouvoir entrer dans le Royaume et prions pour tous ceux qui se sont éloignés de la foi chrétienne et de la pratique religieuse. Amen !

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Homélie de la messe du 16ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-16eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Mon, 24 Jul 2017 09:16:56 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24623 +

16ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Jésus continue à enseigner ses disciples sur la réalité du Royaume des Cieux à partir d’images agricoles. Dimanche dernier, nous étions invités à méditer sur le mystère de la Semence du Royaume de Dieu. Aujourd’hui, nous retrouvons sensiblement la même thématique avec la parabole du bon grain, sauf qu’il faut y ajouter l’ivraie. C’est donc la question du mal qui nous est posée en ce dimanche. Pourquoi, si Dieu est Créateur et a tout créée, pourquoi le mal existe-t-il ? Et comment le combattre ?

Il y a une première lecture de cette parabole que l’on peut faire facilement. Dieu permet l’existence de l’ivraie parce qu’il laisse à tous le temps de la conversion. Si le bon grain sont les fils du Royaume, comme le dit Jésus à ses disciples, et que l’ivraie sont les Fils du Mauvais, alors en ordonnant de ne faire le tri qu’à la fin des temps, Jésus laisse à tous le temps de la conversion. Supporter l’ivraie, c’est une preuve de patience et de charité pour que les Fils du Mauvais puissent se convertir. Souvenez-vous par exemple que Saul, tant redouté par les chrétiens parce qu’il les tuait, s’est converti et est devenu un des premiers Apôtres. Souvenez-vous par exemple que Jésus a choisi et appelé parmi ses disciples Juda : non pas pour qu’il le trahisse ; mais pour l’appeler au salut, lui qui allait le trahir ! Mais Juda refusera le salut offert par Jésus.

Maintenant, nous pouvons lire différemment cette parabole ; le bon grain et l’ivraie sont en nous, dans notre cœur. Par conséquent, selon cette lecture, il s’agira de trier entre le bon et le mauvais au terme de notre vie, au moment du jugement, au moment où nous rencontrerons Dieu. Mais pour comprendre de manière un peu plus juste comment combattre le mauvais, je voudrais regarder de manière plus précise comment attaque le Mauvais. Que nous dit l’Evangile à ce sujet ?

Tout d’abord, l’Ennemi va semer l’ivraie pendant la nuit, pendant que les autres dorment. Le démon agit en dehors de la lumière, dans les ténèbres, de manière masquée. Il n’agit pas ouvertement. Il se cache. On comprend d’ailleurs, à la lumière de cet Evangile, l’importance de « veiller » comme Jésus y invitera souvent ses disciples. Puis l’ivraie va chercher à faire mourir l’épi, à l’étouffer. Le démon cherche à étouffer la Parole de Dieu, l’œuvre de Dieu ou l’espace de Dieu en nous. Il faut bien regarder ce qui, dans notre vie, dans notre cœur, vient étouffer l’œuvre de Dieu. Bien sûr, il y a le péché, mais aussi des activités, des dispositions, parfois des relations. Le démon ne conteste pas au premier abord forcément l’existence de Dieu ou ce que l’on fait pour Dieu ; il se greffe dessus pour le détruire et l’abîmer. C’est plus sournois.

Alors, se pose à nous la question : comment éradiquer l’ivraie, comment combattre le mal en nous ? Je crois surtout que l’Evangile nous met en garde sur un réflexe que nous pourrions avoir, à savoir arracher tout de suite l’ivraie, le mal en nous. Jésus nous dit d’attendre. Pourquoi ? Cela peut en effet paraître étrange. Il peut y avoir plusieurs raisons à ce délai que l’Evangile semble vouloir nous intimer. Tout d’abord, à mesure que l’ivraie croît, il ne faut pas oublier non plus que l’épi croît aussi. Si la présence de l’ivraie est une menace pour le bon grain, elle contribue aussi à renforcer l’épi. Une réalité, une œuvre est toujours plus forte lorsqu’elle a dû se construire en intégrant différents dangers ou différentes menaces. Après, il y a surtout un moment favorable pour arracher l’ivraie ; sinon, comme le dit Jésus, on risque d’arracher le bon grain avec. C’est ce moment favorable qu’il faut guetter. Dans un autre domaine, pour qu’un fruit soit bon et mangeable, il faut qu’il soit cueilli au bon moment. Trop tôt, il n’est pas mûr et pas bon ; trop tard, il est pourri. Le mal n’est pas toujours très visible à l’origine, surtout du fait qu’il se greffe sur le bien, et qu’une de ses caractéristiques est de ne pas être dans la lumière ; le mal est sournois et ambigu. Cela peut être curieux à dire, mais il faut avoir la certitude qu’il s’agit du mal pour l’arracher ; parce qu’il y a dans notre nature humaine, marquée par le péché originel, des éléments pas forcément orientés vers le Bien qui peuvent se corriger d’eux-mêmes, parce que notre nature est profondément bonne à l’origine.

C’est la grâce du discernement spirituel qu’il nous faut demander, afin de savoir à quel moment arracher l’ivraie. Même si parfois, il nous semblerait bon d’arracher le mal immédiatement, il est nécessaire d’être patient en attendant que le Bien soit suffisamment solide pour permettre l’opération, sinon, on risque de tout tuer. Cela appelle de notre part une qualité de patience. Être fort spirituellement, ce n’est pas forcément ne pas avoir de mal en soi, c’est être capable de supporter le mal.

Demandons au Seigneur dans notre prière au cours de cette messe la grâce de pouvoir supporter le mal et la grâce du discernement spirituel pour savoir comment l’enlever afin de ne pas abîmer l’œuvre de Dieu. Amen !

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Homélie du 15ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-15eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 16 Jul 2017 10:17:21 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24581 +

15ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Il ne faut pas se tromper de perspective en entendant cet Evangile. Jésus n’est pas d’abord en train de faire un sermon sur la fécondité de la Parole de Dieu ; Il est en train d’essayer d’ouvrir le cœur de ses disciples à son enseignement, alors que le contexte se tend. Jésus affronte en effet en ce moment les premiers départs de ses disciples en raison de son enseignement trop exigent ; les déceptions pour ceux qui attendent un Roi Tout-Puissant s’accentuent, et enfin, les Pharisiens et les docteurs de la Loi renforcent leurs attaques contre Jésus. Le contexte est donc un contexte difficile et Jésus tente d’ouvrir, comme Il le dit, le cœur, les yeux et les oreilles de ceux qui l’écoutent.

Ceci dit, la thématique des textes que nous entendons aujourd’hui porte, elle, sur la fécondité de la Parole Dieu. C’est dans cette perspective que je souhaiterais reprendre quelques éléments de réflexion. Et pour ce faire, je voudrais juste rappeler quelques caractéristiques propres à la Parole de Dieu. Deux éléments sont importants. Tout d’abord, la Parole de Dieu est comme un fruit qui a une écorce, une enveloppe, et qui contient en son intérieur une substance de Vie. Lire, méditer, se nourrir de la Parole de Dieu, c’est accéder à cet Intérieur divin intime, ce qui implique de dépasser la simple apparence extérieure de la Parole. On ne lit pas la Parole de Dieu comme un journal ou comme un roman, ou alors, on n’accèdera pas à sa substance intérieure, celle qui donne la Vie. Puis, la Parole de Dieu est efficace, elle est performante, c’est-à-dire qu’elle réalise ce qu’elle dit. Quand Dieu dit quelque chose, cela s’accomplit. On touche ici une caractéristique de la nature divine : sa perfection repose dans la Puissance de sa Parole qui est performante et efficace. La nature humaine n’a pas, elle, cette puissance ; notre parole n’est pas efficace.

Ceci étant posé, l’image que prend Jésus du Semeur qui sème le grain a d’intéressant que cette image suppose deux réalités : il y a la semence qui est distribuée, généreusement, partout, quels que soient les terrains : ça, c’est l’œuvre de Dieu. Et il y a le terrain qui reçoit la semence : ça c’est nous. La question qu’il faut nous poser n’est donc pas d’abord celle de la semence, ce qui appartient à Dieu, mais celle de la terre que nous offrons à la semence. Jésus évoque 4 sortes de terrains : le bord du chemin, le sol pierreux, les ronces et la bonne terre. Vous remarquerez que la bonne terre ne représente qu’un quart des terrains évoqués ! On retiendra de ces terrains difficiles qu’ils ont tous des éléments particuliers qui entravent l’enracinement de la Parole de Dieu. J’en retiens trois importants : le soleil qui brûle la semence, le manque de terre pour permettre l’enracinement, les ronces qui étouffent. Pour que la semence puisse s’enraciner, il faut qu’elle fasse ses racines. Avec des racines solides, la semence pourra grandir et affronter les éléments hostiles qui menacent sa vie : le soleil, les ronces, le terrain pierreux. La clé de cette parabole du Semeur est dans la question de l’enracinement. L’œuvre de Dieu commence toujours par une croissance des racines dans le cœur de la personne ; ce qui implique que l’œuvre de Dieu n’est, au début, jamais visible. Elle est toujours secrète dans le cœur d’une personne, discrète, tout comme l’arrivée de Dieu dans le cours du temps : Dieu vient humblement, discrètement, parmi les pauvres, ceux qui sont dehors, sous les apparences de la fragilité et de la dépendance.

Cette parabole est très actuelle car aujourd’hui, l’Eglise souffre, en tout cas en Occident, dans ses fidèles d’un manque d’enracinement. Pendant plus de quarante ans, l’Eglise a offert à des générations d’enfants une catéchèse médiocre, débile (au vrai sens du terme c’est-à-dire déficiente, faible) ne permettant pas l’accès à une vie de foi mature et adulte, à une relation vraie avec Jésus. En fait, avec cette catéchèse nulle et la liturgie qui allait avec, on a entretenu les enfants confiés à l’Eglise dans une immaturité de la foi. Et on s’étonne qu’ils n’aient pas continué à pratiquer…pour reprendre les termes de l’Evangile, on récolte ce qu’on a semé ! Cette faiblesse de l’enracinement de la foi est aussi visible dans le manque de solidité intérieure des chrétiens par rapport à toutes les questions sociétales que nous rencontrons. Dans le monde actuel, beaucoup d’éléments sont contraires à l’Evangile. Mais, en raison d’une foi faible, beaucoup de baptisés se laissent conduire par le sens du vent, par ceux qui parlent le plus fort ou les derniers. La nouvelle Evangélisation que notre Eglise occidentale appelle de ses vœux passera nécessairement par un enracinement solide et profond dans le cœur des baptisés.

La fécondité de la Parole divine tient par conséquent à la nature divine de la Parole ainsi qu’à la terre que nous offrons à cette Parole. La fécondité est le fruit d’une collaboration entre Dieu et nous. Et cette fécondité, nous pouvons la vivre sur terre comme au ciel. Sur terre, en accédant au cœur nucléaire de cette Parole, en accédant à sa substance de Vie. Ce implique de lire, de méditer la Parole avec son cœur et non pas, comme trop de groupes prétendument bibliques en ont la prétention, en faisant de l’intellectualisme. En fait, beaucoup confondent l’intelligence avec l’intellectualisme. Et cette fécondité, nous pouvons la vivre au Ciel, j’entends par là, au terme de notre Vie, lorsque nous serons devant le Verbe de Dieu, mais aussi nous pouvons la goûter par l’intercession de ceux qui sont au Ciel. Les Saints, que l’Eglise nous donne en exemple, sont ceux qui ont accueilli dans leur terre la semence divine et ceux en qui cette semence a pu porter du fruit. Ils sont donc pour nous une aide précieuse pour cet accueil de la semence divine dans nos vies. Parmi ces saints, une place particulière revient à la sainte Vierge, qui par la grâce de son Immaculée Conception, a accueilli d’une manière parfaite et extra-ordinaire la semence divine, puisqu’elle offre tout son être (corps et âme) à l’Esprit-Saint pour féconder le Fils de Dieu.

Que Notre-Dame nous aide à préparer la terre de notre cœur à accueillir la Parole divine, qu’elle nous aide à l’enraciner profondément en nous pour lui offrir la plus grande fécondité possible. Amen !

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Homélie du 13ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-du-13eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 02 Jul 2017 14:53:35 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24510 +

13ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Alors, là, nous entrons dans du costaud, dans la profondeur non seulement des paroles de Jésus, mais aussi dans la profondeur et les exigences de son enseignement. Disciples de Jésus, nous sommes des disciples de son enseignement, et par conséquent des disciples de l’Amour. Mais, il faut aller voir un peu plus précisément ce qu’il y a derrière pour ne pas en rester à une compréhension superficielle, triste réalité qui a fait la gloire de la catéchèse post-conciliaire avec des slogans aussi vides que creux : « Dieu est Amour. »

Comment comprendre cette parole de Jésus : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » ? Le sens de cette parole ne peut résider dans un appel à ne pas aimer son père ou sa mère, ou à les aimer moins que Dieu. Cela serait contraire au 4ème commandement du Décalogue : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Il faut nous rappeler que l’amour de Dieu est un amour inclusif et non exclusif, c’est-à-dire que l’amour de Dieu implique d’aimer les autres. Et l’amour des autres est d’ailleurs un critère qui vérifie et authentifie la qualité de notre amour de Dieu. Il ne faut donc pas comprendre cette parole de Jésus en opposant l’amour que l’on porte à ses parents à celui que l’on doit porter à Dieu.

On peut comprendre cette parole de Jésus comme donnant une priorité à l’amour de Dieu parce que Dieu est la source de tout Amour et que tout amour découle de lui. L’amour de nos parents, de nos enfants, de nos familles, de nos amis, de votre mari ou de votre femme est une participation à l’Amour de Dieu. Du reste, dans tous les domaines évoqués, c’est Dieu qui nous apprend à aimer, notre famille, nos amis, votre mari, votre femme.

Mais il y a une autre manière de comprendre cette parole de Jésus. Ce qui gêne en fait, c’est la préposition : « plus que ». Or, si l’on prend le texte original en grec, la préposition utilisée est la préposition  qui signifie certes plus que, au-delà, mais aussi mieux que. Et essayez la parole de Jésus avec la dernière acception, et vous obtenez : « Celui qui aime son père ou sa mère mieux que moi n’est pas digne de moi. » Alors là, cette parole prend un tout autre sens, et nous invite à réfléchir à la qualité d’amour que nous offrons à Dieu. Est-ce que nous soignons l’amour que nous portons à Dieu autant ou même davantage que celui que nous portons à nos proches ? En terme de temps offert, d’attentions… « Dieu est Amour », c’est bien joli, mais comment est-ce que nous honorons cette dimension dans notre propre vie d’abord par rapport à Dieu ?

Dans son enseignement sur l’Amour, Jésus va sans cesse lier l’amour du prochain à l’amour de Dieu. Être des disciples de Jésus, de l’Amour, nous amène à réfléchir sur la qualité de notre amour du prochain. Et les textes abordent une très belle tradition biblique qui est celle de l’hospitalité. La première lecture rapporte l’hospitalité que reçoit le Prophète Elisée. La Bible nous enseigne que celui qui accueille un hôte accueille Dieu. Tout hôte est un envoyé de Dieu, et par conséquent toute personne qui accueille chez elle un hôte reçoit en échange la bénédiction de Dieu. C’est le sens de cette fécondité mystérieuse qui sera accordée au couple qui accueille l’Envoyé de Dieu.

La Bible rapporte en plusieurs endroits cette belle et noble tradition. Les moines, dans leur règle, ont repris cette tradition. St Benoît dira qu’il y a la présence du Christ en chaque personne (retraitant, pèlerin, pauvre) frappant à la porte du monastère pour être accueilli. Ceci-dit, les textes aujourd’hui parlent de l’hospitalité, non pas de manière générale, mais de manière plus précise : il s’agit d’accueillir le Serviteur de Dieu. La femme dans la première lecture dit à son mari : « Je sais que celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu. » Jésus, dans l’Evangile, dit bien à ses disciples : « Celui qui vous accueille m’accueille. » Plus qu’une lecture personnelle de ces paroles, j’y vois surtout un appel à nous demander de quelle manière nous pouvons aider, soutenir, ceux qui travaillent à l’œuvre de Dieu.

Et, puisque les textes abordent la question de l’hospitalité au Nom de Dieu, je voudrais juste apporter une précision qui me semble importante pour nous aujourd’hui. Dans la tradition biblique, lorsque l’on parle d’hospitalité, il s’agit bien d’accueillir soi-même un hôte, chez soi…il ne s’agit pas de faire de grands discours incantatoires pour inviter les autres à recevoir chez eux un hôte que l’on ne prend même pas chez soi. Militer en faveur de l’hospitalité est une belle chose, une belle réalité, qu’elle soit motivée par un bel humanisme, par la charité, par des motivations religieuses, mais on doit d’abord toujours se poser la question de manière personnelle. Et si je ne peux pas, je ne vais pas faire la leçon aux autres. C’est épouvantable tous ces gens, ces vedettes du Show-biz, qui vous donnent des leçons de morale en faisant porter sur les autres une pression qu’eux-mêmes refusent pour eux-mêmes !

Le dernier point que je reprendrai dans cette méditation sur notre qualité de disciples de l’Amour est que l’amour est ce qui perfectionne notre vie chrétienne, c’est ce qui nous rachète de notre propre péché, ce qui répare ce que nous avons abîmé ou pas réussi. C’est tout l’enseignement de Jésus. La perfection chrétienne, le salut, se joue dans l’amour que nous portons et que nous donnons ; pas dans l’accomplissement de préceptes religieux. On peut accomplir parfaitement tous les préceptes évangéliques, si nous n’aimons pas, cela ne sert à rien. C’est ce que le jeune homme riche qui vient rencontrer Jésus dans l’Evangile n’a pas compris : « Comment être parfait ? j’ai observé tous les commandements depuis ma naissance. » Il n’est pas heureux, et il sent l’insuffisance de sa vie. C’est ce que Marie-Madeleine, malgré ses nombreux péchés a compris. Au terme de notre vie, nous serons jugés sur l’amour que nous aurions donné dans notre vie, pas d’abord sur nos manques, parce que c’est précisément l’Amour qui rachète nos manques.

Puissions-nous dans notre prière au cours de cette semaine réfléchir concrètement sur l’Amour que nous portons à Dieu et aux autres. Amen !

]]> Homélie de la Solennité des Saints Pierre et Paul du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-des-saints-pierre-paul-du-pere-julien-palcoux Thu, 29 Jun 2017 18:40:48 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24500 +

Solennité des Saints Pierre et Paul

Jeudi 29 Juin 2017

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Eglise fête ses deux plus grands Apôtres, les infatigables Pierre et Paul, deux hommes au caractère trempé, deux hommes bruts, entiers, mais deux hommes au cœur ouvert à Dieu. En fêtant les saints Pierre et Paul, nous entrons dans la profondeur du mystère de l’Eglise : cette Eglise Sainte mais composée de pécheurs. Dans cette grande solennité, se mélangent le divin et l’humain, le péché et la conversion, la mort et la vie. Tous les deux ont entendu à des moments différents de leur vie cet appel de Jésus : « Viens et suis-moi ! »Mais jusqu’où suivront-ils Jésus ?

Puisque un certain nombre de nos églises paroissiales sont dédiées à St Pierre, et puisque nous avons eu, il y a quelques années une année St Paul, je voudrais davantage m’arrêter sur la figure de Pierre et regarder comment Jésus a travaillé son cœur. Quel contraste entre cet homme pécheur à qui Jésus va demander un service lors de leur première rencontre et l’homme qui, au lendemain de la Pentecôte, s’adressera aux foules à Jérusalem !

Nous connaissons tous l’histoire de son appel. Jésus demande à Simon un service, à savoir de mettre une barque à sa disposition, et Il va lui conseiller de jeter les filets. Simon- Pierre obéit…et en obéissant à la Parole de Dieu, le filet est rempli. L’obéissance à Dieu est féconde. Simon Pierre prend conscience de son indignité : « Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur ! »

Puis, arrive la confession de foi : « Pour vous, qui suis-je ? » Peu osent répondre à Jésus. Pierre se lance : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Et sa confession de foi est juste. Dès lors, le mystère de l’Eglise est posé : des hommes pécheurs, obéissant à la Parole de Dieu, révèlent des vérités divines ! Et le paradoxe continue en se développant.

Pierre profite de la notoriété de Jésus. C’est agréable de vivre avec quelqu’un qui accomplit des miracles ; on est regardé ; on est important. En plus, Jésus lui a donné la responsabilité de veiller sur le groupe des 12. Jésus annonce sa Passion. Pierre refuse. Et il reçoit de la bouche de Jésus une sérieuse leçon : « Passe derrière moi Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » Pierre doit apprendre à convertir son image, sa vision de Dieu ; il doit apprendre à laisser sa vision de Dieu être purifiée par la Croix. Pierre est avec Jésus, il vit avec lui humainement…mais son cœur discute. Au fur et à mesure que la Passion approche, la croix vient transpercer le cœur pécheur de Pierre. « Je te suivrai jusqu’au bout ! » dirat-t-il à Jésus. Et nous savons qu’il va le renier trois fois. Là Pierre va pleurer. Il se trouve confronté à ses limites, à son péché, à son orgueil : il doit assumer sa misère.

Mais son cœur étant ouvert à Jésus, il va faire, dans sa misère, l’expérience de la miséricorde, du pardon. Il va saisir ce que la Providence divine va permettre : le rachat de ses trois reniements par sa triple confession : « Oui, je t’aime. »

Un autre épisode rapporte exactement la même chose : le lavement des pieds. Par orgueil, il refuse que Jésus lui lave les pieds. Mais, s’il n’accepte pas que Jésus lui lave les pieds, il n’aura pas part au salut. Jésus le lui dit ; il comprend et, avec son caractère entier : « Alors pas seulement les pieds, mais le corps tout entier ! » Ces deux faits sont très importants pour l’Eglise. Car l’Eglise, qui par nature est sainte, parce qu’elle est le Corps du Christ, qui par vocation est sainte, parce qu’elle est appelée à la sainteté, l’Eglise est composée d’hommes pécheurs qui acceptent de se convertir et d’accueillir le salut dans leur vie. L’Eglise a toujours combattu les tentatives hérétiques de vouloir une Eglise pure pour les purs. Pour entrer dans l’Eglise, il faut se reconnaître pécheur et reconnaitre que nous avons besoin d’un Sauveur.

Bien sûr, on attend des ministres de l’Eglise (Prêtres, diacres, évêques, Pape) qu’ils soient exemplaires. Et c’est un droit que vous avez. Mais, comment les ministres de l’Eglise pourraient-ils travailler au salut du peuple de Dieu, si déjà eux-mêmes n’acceptent pas d’être sauvés ?si déjà eux-mêmes ne vivent pas cette réalité du salut ?

Jusqu’où Pierre devra-t-il aller ? « Suis-moi » lui redit Jésus après sa triple réparation. Jusqu’au don total de sa vie ! Jusqu’à la mort comme martyre.

En regardant la vie de Saint Pierre, nous voyons comment Jésus l’a converti profondément : Il l’a conduit à accueillir dans sa misère Sa Miséricorde, dans son idéologie le plan de Dieu (je fais allusion à l’abandon des interdits alimentaires juifs qui a permis l’ouverture de l’Eglise aux païens), dans les combats qu’il a menés le secours du Seigneur. La première lecture s’en faisait l’écho. En saint Pierre, comme en Saint Paul, le divin se mêle intimement à l’humain pour le convertir.

A travers cette belle solennité, rendons grâce à Dieu pour ses deux beaux exemples qu’Il nous donne : avec St Pierre et St Paul, nous voyons une nouvelle fois que rien n’est impossible à Dieu. Nous voyons que son œuvre s’accomplit dans notre humanité, on pourrait même dire malgré notre humanité. Cette Solennité nous apporte un surcroit d’espérance, car nous pouvons tous avoir une vision déçue de l’Eglise, de ses ministres, de ses orientations parfois. Oui, mais malgré tout cela, c’est Dieu qui la conduit. Jésus le dit à Pierre : « La puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. »

Frères et sœurs, prions pour qu’à l’exemple des saints Pierre et Paul, nous travaillions à notre conversion et faisons de nos vies, une offrande à Dieu. Amen !

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Homélie de la Solennité de Saint Jean-Baptiste du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-saint-jean-baptiste-du-pere-julien-palcoux Sat, 24 Jun 2017 10:02:26 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24461 +

Solennité de Saint Jean-Baptiste

Messe du Jour

L’enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert.

Frères et sœurs,

Lorsqu’on évoque la personne de Jean-Baptiste, on pense immédiatement à l’homme qui a vécu au désert. Le temps de l’Avent, temps de conversion et de préparation à Noël, à la venue du Messie, accorde une grande place à ce saint. Lorsque des Juifs, craignant qu’il ne soit le Messie, lui demandent qui il est, Jean-Baptiste répond : «  Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur.’ » Il se définit donc lui-même comme la Voix qui crie dans le désert qui prépare la venue de Celui qui sera la Parole. La Parole, pour être entendue, a besoin justement de la voix ; elle a besoin d’un support. Ces images, ou plutôt ces réalités de l’Evangile, disent l’intimité qu’il y a entre Jean-Baptiste et Jésus. Eh bien, cette intimité nait dans le désert. C’est cela que je voudrais regarder plus précisément avec vous.

Le désert est d’abord intérieur. Bien sûr, Jean-Baptiste a vécu dans le désert d’Israël, dans des conditions arides, difficiles, qui sont les conditions de vie de tout prophète. Souvenez-vous de Moïse, d’Elie, d’Elisée ! Mais le désert extérieur dans lequel il vit l’aide à affronter et à vivre son désert intérieur. Nous avons tous en nous un désert intérieur. Il est dans notre cœur. Il est ce lieu où la grâce de Dieu a du mal à pénétrer, ce lieu où nous ne la laissons pas pénétrer, où nous refusons la lumière divine pour préférer nos ténèbres, nos compromissions. Il est ce lieu où nous gardons pour nous nos blessures, parce que nous n’avons pas la force, l’humilité, de les présenter à la grâce divine. Saint Jean-Baptiste a affronté son désert intérieur. Il a vécu en lui-même cette lutte à mort plus qu’il n’a affronté les éléments arides extérieurs : lutte contre son péché, contre ses démons, contres ses angoisses, contre ses faux-fuyants, contre ses délires. C’est ce combat qu’il a mené qui lui donne la radicalité qu’on lui connaît dans sa prédication : « Engeance de vipères ! » dira-t-il aux Pharisiens. Et dans ce combat contre lui-même, pour se convertir, pour mettre à mort « l’homme ancien » comme dira St Paul, il va rencontrer la Parole. Il va pouvoir se libérer profondément pour se mettre à l’écoute de la Parole et pour en devenir le Prophète, Celui qui va l’annoncer, la porter. L’union intime entre la Voix et la Parole, entre Jean-Baptiste et Jésus naît dans le désert, dans ce dépouillement intérieur. Vous voyez combien Saint Jean-Baptiste apparaît comme un maître spirituel. On ne peut rencontrer Dieu en vérité, en soi, sans entrer et sans habiter notre désert intérieur. Bien souvent, ce combat fait peur ; et puis nous sommes trop remplis de nous, de notre suffisance, pour le vivre en vérité. Alors, nous n’en restons qu’à du superficiel. Demandons à Saint Jean-Baptiste qu’il nous accompagne dans ce combat pour le vivre complètement, pas à moitié.

Unis intimement à Jésus, Jean-Baptiste est celui qui prépare la venue du Sauveur. Il y a un petit fait très drôle que la liturgie de St Jean-Baptiste, aussi bien dans la messe de la Vigile que dans la messe du Jour, ne rapporte pas, mais qui illustre très bien cette mission du Précurseur. C’est lorsque Marie, qui vient de concevoir en elle le Fils de Dieu va visiter sa cousine Elisabeth, elle aussi enceinte. Et lorsque les deux femmes se rencontrent et que Marie salue sa cousine, Jean-Baptiste, dans le ventre de sa mère, donne un petit coup. L’Evangile dit : « tressaille ». Oui, enfin, il s’agit d’un petit coup. Les mamans savent bien que les enfants réagissent in utero. Ce petit coup, que moi j’aime bien lire comme un petit coup de pied, ou ce tressaillement comme vous voulez, est non seulement une réaction de Jean-Baptiste qui salue Jésus, lui aussi in utero, mais c’est aussi un petit coup pour éveiller sa mère, Elisabeth, à la présence voilée du Messie. Car immédiatement après, Elisabeth, sous l’action de l’Esprit-Saint, prophétise : « Comment m’est-il donné que la Mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi ? » Jean-Baptiste réveille sa Mère, l’éveille à la présence du Messie. C’est assez drôle de penser que celui qui sera porte-parole, qui appellera le peuple d’Israël à la conversion, commence par réveiller sa maman, ou plutôt à l’éveiller d’une manière plus profonde à la présence voilé, discrète de Jésus. Et pourtant, continuons dans ce sens, Elisabeth et Zacharie ne sont pas complètement étrangers aux desseins de Dieu. Ce sont des gens très religieux, qui servent Dieu. Mais, on peut être religieux et ne pas être complètement ouvert à la présence de Dieu dans l’autre. Jean-Baptiste nous réveille par son petit coup de pied et nous éveille à la présence mystérieuse de Jésus en nous.

La dernière caractéristique que je reprendrai de la figure de St Jean-Baptiste est son effacement. Il s’efface vraiment car il est vraiment humble. C’est d’ailleurs le témoignage que Jésus lui rendra : « Jean-Baptiste est le plus grand parmi les hommes, et pourtant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui ! » Il est le plus grand car il est, avec Marie, celui touche de la manière la plus intime qui soit Dieu, celui qui en est le plus proche. Souvenez-vous : la voix et la parole. Et de ce fait, approchant la grandeur de Dieu, côtoyant sa Majesté comme aucun autre, il est le plus petit, parce que plus on est proche de Dieu, plus on se reconnaît petit devant la grandeur de Dieu. Alors, il est vraiment humble. Alors, il sait s’effacer vraiment devant Dieu. « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » dira-t-il à ses disciples, les enjoignant à suivre désormais Jésus. « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » dira-t-il en parlant de Jésus. Jean-Baptiste nous apprend à ne pas nous mettre à la place de Dieu et à lui laisser toute sa place, à mettre en Dieu en premier. C’est très actuel. On ne peut pas dire, en tout cas, chez nous en France, qu’on met Dieu en premier. Mais même chez les chrétiens.

A partir de la Saint Jean-Baptiste, la lumière du soleil diminue, pour arriver au moment où la nuit est la plus longue, où les ténèbres sont les plus épaisses, le moment où Jésus, la Vraie Lumière, va naître pour nous rejoindre dans nos ténèbres. La naissance de Jean-Baptiste annonce celle de Jésus.

Au-delà des différents aspects que nous avons pu évoquer de la vie de ce grand saint, prions aujourd’hui pour tous ceux qui cherchent avec un cœur droit la Lumière ; prions pour tous ceux qui la cherchent mais s’égarent. Prions pour tous ceux qui obscurcissent cette lumière divine, qui dénaturent la beauté de cette fête en en faisant une fête d’anti-lumière. Il est triste, mais ô combien révélateur, que la Franc-Maçonnerie choisisse la date de la Saint Jean-Baptiste comme anniversaire de sa création (cette année est le tri centenaire de la création de la Franc-Maçonnerie.) Prions pour tous ceux qui rejettent, ou du moins mettent de côté, la lumière divine pour choisir la lumière illusoire et les ténèbres. Amen !

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Homélie de la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-du-sacre-coeur-de-jesus-du-pere-julien-palcoux Sat, 24 Jun 2017 08:01:46 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24459 +

Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Consécration de la Paroisse au Sacré-Cœur

Vendredi 23 Juin 2017

Chers frères et sœurs,

Nous nous retrouvons ce soir pour célébrer ensemble la Messe à l’occasion de la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus à la demande que Jésus a lui-même faite à Sœur Marguerite Marie Alacoque en juin 1675 au cours de l’octave du Saint-Sacrement. Si nous devons l’institution de cette fête liturgique à la petite sainte de Paray-le-Monial, la révélation du Cœur Sacré de Jésus, la révélation de l’Amour tout-puissant de Dieu, remonte à l’histoire du Salut. La première lecture s’en fait l’écho : Dieu révélait à Moïse la raison du choix du peuple Hébreu : par pur amour, pure gratuité ; certainement pas en raison de quelconques mérites. Fêter le Sacré-Cœur de Jésus, c’est non seulement obéir à Jésus qui nous le demande, mais c’est aussi adorer Dieu gratuitement, pour l’Amour qu’Il nous donne gratuitement.

Accueillir l’Amour gratuit de Dieu implique d’être petit et humble devant ce mystère. Jésus nous le redit dans l’Evangile choisi pour la liturgie de cette solennité : «  Père, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Alors, puissions-nous tout d’abord accueillir gratuitement cet Amour de Dieu que nous ne méritons pas, et rendons grâce à Dieu d’être l’objet de son Amour. Puisons à la source de cet Amour gratuit pour devenir toujours plus généreux et gratuit dans nos actes et nos engagements. Dans un monde qui met en avant le « donnant-donnant », qui favorise l’action par intérêt, sachons être gratuit, sans attendre de retour, car c’est ainsi que Dieu nous aime.

Mais la révélation du Cœur Sacré de Jésus à Sainte Marguerite-Marie est aussi un cœur douloureux, blessé, qui saigne d’Amour. En effet, Sainte Marguerite-Marie voit après la première apparition de Jésus lors de la St Jean 1673 un cœur qui se présente comme un trône de flammes environné d’une couronne d’épines. Et dans l’octave de la fête du Saint-Sacrement en 1675, Jésus présente lui-même son Sacré-Cœur en disant : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, par les froideurs qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. » Amour gratuit de Dieu, certes, mais un Amour blessé. Blessé par deux causes : par le péché de l’homme qui vient attaquer ce cœur pur et par l’indifférence pour ce don d’amour. Il n’y a rien de pire pour l’amour que de ne pas être accueilli. Le Cœur Sacré de Jésus révèle un Amour blessé, qui n’est pas accueilli, dont on se moque, ou que l’on ne respecte pas. Que c’est actuel ! Et même au sein de l’Eglise. Bien sûr, il y a notre péché, notre manque de gratuité, de pureté, mais aussi toutes les critiques faites sur l’Eglise, sur des célébrations où l’on adore Dieu qui durent trop longtemps !

Mais il y a deux manières de regarder ce cœur transpercé ; deux manières qui ne s’opposent pas mais qui se complètent. Nous pouvons voir dans le transpercement du Cœur la blessure due au péché des hommes ; mais il faut y voir aussi le trop plein d’amour de Dieu qui ne peut plus être contenu, et qui, profitant du transpercement, jaillit de toute sa force et coule sur le monde. Le Sacré Cœur de Jésus est à la fois la blessure d’Amour et le remède qui coule de ce cœur blessé. Il est d’ailleurs intéressant de noter que St Jean, le disciple de l’Amour, celui qui est resté fidèle tout le temps à Jésus, celui qui a assisté au transpercement du Cœur Sacré, écrit : « mais un des soldats avec sa lance ouvrit le côté. » Il n’écrit pas : il frappa le côté, il blessa le côté, mais il « ouvrit » le côté. St Jean présente donc cette blessure comme l’ouverture d’une porte de vie, d’amour. La cause de la blessure de l’amour est immédiatement guérie et soignée par ce qui coule du Cœur transpercé. C’est un cœur blessé, mais aussi un Cœur qui guérit, qui répare. Je ne vais pas développer ici ce précieux liquide qui jaillit du Cœur de Jésus, l’eau et le sang, symboles des sacrements du Baptême et de l’Eucharistie, avec tout le développement que l’on pourrait faire par rapport aux sacrements et à l’Eglise qui soignent, guérissent et réparent. Mais, je voudrais m’arrêter sur un des aspects de la fête du Sacré-Cœur de Jésus : il y a dans cette fête une dimension de réparation pour l’ingratitude des hommes, pour leurs péchés, comme le dit Jésus à Sainte Marguerite-Marie. Alors, en vivant cette messe, offrons-nous nous aussi à Dieu comme réparation pour les offenses qui sont faites à Dieu : pour les nôtres d’abord, conscientes ou inconscientes, pour celles des autres involontaires, ou volontaires. A la suite de ce que Jésus a demandé à Sœur Marguerite-Marie, n’hésitons pas non plus à offrir notre communion le premier vendredi du mois pour réparer toutes les offenses faites à Dieu. N’hésitons pas à venir adorer le Saint-Sacrement, gratuitement, en réparation des blessures infligées à Jésus, à son Eglise, à ses enfants ; en souvenir aussi de l’abandon que Jésus a vécu lors de son agonie à Gethsémani, alors qu’il demandait le soutien physique, spirituel et affectif de ceux avec qui Il a eu une proximité privilégiée : Pierre, Jacques et Jean.

Adorer le Sacré-Cœur, nous consacrer au Sacré-Cœur de Jésus, nous conduit aussi à avoir un cœur véritablement humain, un cœur de chair, non un cœur de pierre. Il doit y avoir dans l’Eglise, dans les paroisses, dans notre paroisse, une qualité d’amour les uns envers les autres que l’on ne trouve pas dans le monde, non pas parce que l’amour n’existe pas en dehors de l’Eglise, mais parce que nous devons aimer de manière exemplaire, comme Jésus. Nous devons nous soutenir, nous aider, nous entraider, nous pardonner. Nous sommes la famille de Jésus. Quelle horreur que des chrétiens qui s’offensent et ne se demandent ni ne se donnent le pardon. « C’est à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on verra que vous êtes mes disciples » dit Jésus à ses disciples.

Que cette fête du Sacré-Cœur renouvelle l’Amour que nous recevons de Dieu et qu’elle nous aide à grandir dans l’Amour. Amen !

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Homélie de la Solennité du Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-du-tres-saint-sacrement-du-corps-du-sang-du-seigneur-du-pere-julien-palcoux Sun, 18 Jun 2017 17:49:01 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24368 +

Solennité du Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur

Fête-Dieu 2017

Chers frères et Sœurs,

Quelques jours après avoir fêté Dieu dans son essence même, dans la Trinité de son être, nous prolongeons cette fête de Dieu en adorant aujourd’hui Dieu qui, après s’être donné humainement, a choisi de se donner sacramentellement sous les espèces du pain et du vin. Le Saint-Sacrement, Jésus qui se donne sous les espèces du pain et du vin, est le Trésor confié par Dieu à l’Eglise. Alors, en ce jour où nous fêtons et adorons le Saint-Sacrement, nous nous demandons : comment est-ce que nous accueillons ce Trésor que Jésus a confié à son Eglise ? Comment est-ce que nous en vivons ?

Le premier mouvement qui doit habiter notre cœur est celui d’une profonde action de grâce, car je vous l’ai déjà dit : Jésus n’était en rien obligé d’instituer ce rite sacramentel pour continuer à se donner. Si Jésus n’avait pas institué l’Eucharistie, cela n’aurait rien changé au mystère pascal. Simplement, les choses ne se sont pas passées comme cela. Jésus a voulu ce rite, la messe, pour continuer à se donner. Pour être présent à son Eglise, au monde, non pas seulement spirituellement, mais aussi corporellement. La présence de Jésus dans le Saint-Sacrement est une présence totale et pleine. Sachons rendre grâce gratuitement à Jésus parce qu’Il est là avant de venir le voir pour Lui raconter nos vies et nos problèmes.

Je voudrais, en ce jour, où nous fêtons le Saint-Sacrement, attirer votre attention quelques points qui pourront paraître anodins, mais qui dans le fond ne le sont pas et sont bons à réentendre.

Tout d’abord, le Saint-Sacrement est Jésus. Nous ne sommes pas chez les protestants : le Saint-Sacrement EST Jésus ; il ne le représente pas ; Il l’est. Réfléchissons à la manière dont nous nous comporterions si Jésus était humainement présent devant nous, avec toute la conscience que nous aurions qu’Il est le Fils de Dieu. L’Eglise nous invite à marquer notre respect, notre adoration par rapport à Jésus par des attitudes dignes. Je vous rappelle qu’il convient d’offrir un geste de révérence devant le Saint Sacrement ou bien dans l’Eglise ou bien lorsque vous allez communier : la génuflexion ou l’inclination profonde. Il n’est pas normal de s’approcher du Saint-Sacrement sans geste de révérence, d’Adoration.

En étant totalement présent dans le Saint-Sacrement, Jésus habite nos églises et, lorsque nous communions, Il habite nos cœurs et nos corps. (Même si nous communions spirituellement, Jésus habite d’une manière différente certes, mais Il habite, nos cœurs et nos corps.) Le Saint-Sacrement est présent dans toutes les églises de la paroisse. 11 églises sur 19 sont ouvertes tous les jours. Alors, prenez quelques instants, quelques minutes dans vos journées, pour aller visiter le Saint-Sacrement. Vous avez la chance que Jésus habite corporellement vos églises, vos villages. S’il était là humainement, il y aurait la queue pour aller le voir, lui parler, le toucher. Eh bien, Il est là mais sacramentellement. Vous voyez, c’est une question de Foi.

L’Institution du Saint-Sacrement est un acte d’amour de Dieu. Les textes que nous avons entendus insistent bien sur le fait que Dieu se fait nourriture. Dans la première lecture, on nous rappelle que Dieu a éduqué son peuple à recevoir la nourriture que Lui-même allait lui donner. C’était bien pour nous apprendre à nous nourrir de Dieu. Bien sûr, nous comprenons qu’en se faisant nourriture, en se donnant sous la forme du Pain et du Vin, Jésus vient nourrir notre vie divine. Nous comprenons qu’Il vient transformer notre humanité pour la diviniser au fur et à mesure de nos Communions. Mais n’oublions pas non plus que la Communion permet à Jésus physiquement de vivre en nous, dans toutes les parties de notre être. C’est là qu’on perçoit que l’Institution de l’Eucharistie est avant tout un acte d’amour de Dieu, car il n’y a pas de plus grand désir pour celui qui aime que d’habiter pleinement dans l’autre.

Je terminerai cette petite médiation en vous redisant cette réalité à savoir que c’est Jésus lui-même, dans son Corps et son Sang, qui construit en nous progressivement le Corps du Christ, et qui par conséquent, construit l’Eglise, Corps du Christ. L’Eglise ne peut se construire que par l’Eucharistie qui lui donne sa force de communion, son dynamisme missionnaire, son unité. Là où l’Eglise est féconde (je ne dis pas « puissante » car l’Eglise reste toujours fragile), c’est là où Jésus est aimé et adoré dans le Saint-Sacrement. Il nous faut prier pour que tous ceux qui ont un pouvoir de décision dans l’Eglise, tous ceux qui réfléchissent à son avenir, à ses réformes, non seulement ne mettent pas de côté, mais encore partent de la source qu’est le Saint-Sacrement, pour préparer l’Avenir. On ne peut réformer l’Eglise par la simple invention ou construction de nouvelles structures. Si nous voulons que ces structures, pourtant nécessaires, soient efficaces, il faut qu’elles soient remplies de Dieu et non pas de principes humains ni de bonnes intentions.

Frères et sœurs, je suis au regret de vous dire que nous ne pourrons pas cet après-midi honorer comme l’Eglise le demande le Saint-Sacrement à travers la traditionnelle procession et les Vêpres et le Salut du St Sacrement. Il y a l’ordination d’un prêtre pour le diocèse, ce qui est évidemment, une grande joie. Mais, je vous invite à venir marquer votre attachement, votre adoration envers le Saint-Sacrement à travers la nuit et la journée d’Adoration qui auront lieu à l’occasion de la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus Jeudi et Vendredi 22 et 23 Juin, Solennité au cours de laquelle la paroisse se consacrera au Sacré-Cœur de Jésus.

Rendons grâce au Seigneur en ce dimanche pour s’être donné à son Eglise. Puisse son Eglise l’offrir et le donner au monde. Amen !

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Homélie de la Solennité de la Pentecôte du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-la-pentecote-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 04 Jun 2017 15:30:10 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24265 +

Solennité de la Pentecôte

Frères et Sœurs,

Dans les textes que nous avons entendus, nous avons deux récits de la Pentecôte. Les Actes des Apôtres nous rapportent l’Evènement de la Pentecôte, 50 jours après la Résurrection du Seigneur Jésus. St Jean, lui, dans l’Evangile, place le don de l’Esprit-Saint au soir même de la Résurrection de Jésus. Il nous dit par là que le don de l’Esprit-Saint est lié à la Résurrection de Jésus et qu’en quelque sorte, il l’achève.

En nous basant sur le récit de St Jean, nous voyons combien la Pentecôte donne vie à l’Eglise, nous voyons de quelle manière l’Esprit-Saint dynamise l’Eglise. St Jean écrit : « Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : ‘Recevez l’Esprit-Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.’ » Jésus répand son souffle divin sur les Apôtres et Il leur confie les pouvoirs sacramentels, en l’occurrence celui de remettre les péchés. Bien sûr, on peut dire que le sacrement de la Confession, de la rémission des péchés, préexistait à l’Evènement de la Pentecôte : c’est notamment un des sacrements que Jésus a le plus administré, avec celui que l’on appelle maintenant le sacrement des malades. Mais, la Pentecôte permet la transmission de ce sacrement à l’Eglise. La Pentecôte n’est pas le moment de l’institution de ce sacrement, mais le moment de sa transmission de Jésus à l’Eglise. De la même manière, l’Eglise n’a pas attendu la Pentecôte pour être créée. Elle préexistait à la Pentecôte : elle a été fondée par Jésus, structurée par Jésus, elle repose sur les Apôtres et sur la primauté de Pierre. Mais elle est comme une coquille vide. A la Pentecôte, grâce au don de l’Esprit-Saint, elle prend vie et entre pleinement en action.

Ces quelques éléments de réflexion vous expliquent pourquoi, dans le Credo, l’article de foi concernant l’Eglise (‘Je crois en l’Eglise’) vient après la mention de l’Esprit-Saint et non pas après la mention du Fils, même si l’Eglise est le Corps du Christ, même si elle a été instituée par le Christ. C’est par ce qu’en fait, c’est l’Esprit-Saint qui la vivifie et la dynamise. Aujourd’hui, en fêtant la Pentecôte, nous prions pour l’Eglise en demandant à Dieu qu’Il la garde toujours docile à l’Esprit-Saint. Lorsque l’Eglise n’écoute plus l’Esprit-Saint, lorsque qu’elle se met à fonctionner comme une entreprise qui fait des plans missionnaires, elle manque à sa mission et d’ailleurs perd de sa vitalité et de sa fécondité.

C’est ce que la lecture des Actes des Apôtres, tout au long de ce Temps Pascal, nous apprend. Nous voyons l’Eglise se développer, affronter ses premiers problèmes. Nous voyons comment l’Esprit-Saint la guide, l’oriente, comment Il l’aide à franchir les obstacles. Et nous voyons que l’œuvre de Dieu s’accomplit. Pourquoi cela a -t-il si bien marché ? Parce que les Apôtres sont pauvres et qu’ils n’ont quasiment rien. Ils sont en tout dépendants de Dieu, et par conséquents pleinement ouverts aux dons de Dieu. St Paul l’écrit dans la deuxième lecture : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit. »

Je voudrais profiter de cette fête pour faire un rappel sur ce que sont les dons de l’Esprit-Saint, les fruits de l’Esprit-Saint et les charismes. Car souvent on parle sans grande précision de tout cela, confondant les uns pour les autres.

Les dons de l’Esprit-Saint sont des dispositions permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les impulsions de l’Esprit-Saint. Ils sont au nombre de sept : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Les fruits de l’Esprit-Saint sont des perfections que forment en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle. La Tradition de l’Eglise, en se basant sur le chapitre 5 de l’épître aux Galates en retient 12 : la charité, la joie, la paix, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence, la chasteté. Les charismes, quant à eux, sont ordonnés non pas d’abord à la préparation de la vision béatifique, à la différence des dons et des fruits de l’Esprit-Saint, mais à l’organisation de l’Eglise ici-bas sur terre. Les charismes sont nécessaires à la structuration de l’Eglise et peuvent être accordés à des personnes particulières. On en distingue de deux ordres : ceux qui ont été institués par le Christ, comme par exemple les pouvoirs apostoliques du Magistère et les pouvoirs apostoliques du ministère (l’enseignement, les pouvoirs sacramentels) ; et ceux qui n’ont pas été institués par le Christ : il s’agit de secours imprévisibles librement donnés par l’Esprit-Saint, en plus de ce qui est nécessaire pour le salut pour nous aider. Exemple : les miracles de guérison surtout répandus dans les Temps Apostoliques. A travers les dons, les fruits et les charismes, nous voyons comment l’Esprit-Saint fait vivre l’Eglise.

Toutes ces manifestations de l’Esprit-Saint ont également pour caractéristique qu’elles construisent l’unité de l’Eglise en assurant sa naturelle et saine diversité. St Paul prend l’image du corps pour montrer combien les membres sont tous différents, mais ont tous besoin les uns des autres. L’Eglise aujourd’hui est riche de familles de différentes sensibilités qu’il ne faut pas opposer idéologiquement, mais qu’il faut savoir accueillir dans un esprit de docilité à l’Esprit-Saint : il y a des communautés traditionnelles, des communautés charismatiques, des communautés œcuméniques, des communautés religieuses. Ces communautés sont des dons de l’Esprit-Saint à l’Eglise. Il est dommage qu’une certain nombre de diocèses aient peur de s’ouvrir à ces nouvelles communautés sous prétexte de défendre une certaine unité ; car dans le fond, on en vient à ne pas accueillir ce que l’Esprit-Saint donne à l’Eglise aujourd’hui et on se coupe de ses forces de vie.

Demandons à Dieu qu’Il ouvre notre cœur aux multiples dons et impulsions de l’Esprit-Saint afin de pouvoir être personnellement et ecclésialement renouvelés et rajeunis. Amen !

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Homélie de la messe du septième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-septieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 28 May 2017 16:18:20 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24223 +

7ème Dimanche de Pâques

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père

Frères et sœurs,

Il est assez rare d’entrer dans le cœur de la prière de Jésus. Dans l’Evangile, nous voyons Jésus s’éloigner pour prier ; parfois nous l’entendons prier son Père à voix haute ; parfois encore, nous le voyons enseigner la prière, notamment lorsqu’Il donnera à ses disciples la Prière du Notre-Père. Une autre fois encore, Pierre, Jacques et Jean entreront dans la prière de Jésus lors de l’épisode de la Transfiguration. Mais, jamais il ne nous est donné d’entrer dans la prière de Jésus comme nous le faisons ces jours-ci. Cette belle prière de Jésus, que l’on appelle la Prière Sacerdotale, trouve sa place juste avant que Jésus ne vive la Passion et la Résurrection. En fait, Jésus prépare ses disciples à son départ et Il remet entre les mains du Père sa mission humaine qu’Il achève.

Je voudrais relire avec vous cette prière, non pas dans la perspective du don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte qui approche, mais dans la perspective de la rencontre que nous vivrons tous au terme de notre vie humaine avec Dieu. En fait, à travers cette prière, Jésus nous enseigne comment mourir, comment préparer cette ultime rencontre avec Dieu. Cela peut paraître bizarre à dire, mais nous avons à préparer cette rencontre avec Dieu au cours de notre vie terrestre. Bien souvent, on a peur de la mort, on esquive la question, la perspective de la mort. Jésus aussi a eu peur de mourir et a demandé à son Père que « cette coupe passe loin de Lui. » Tout cela est normal et très humain. Mais il n’empêche qu’il faut préparer cette rencontre, parce que pour nous la mort ne se limite pas qu’à la fin de la vie humaine, mais elle est une rencontre avec Dieu et l’entrée dans la vie éternelle, la vie divine. Et cette rencontre est tout d’abord cause de joie. Bien sûr, cela n’enlève pas l’angoisse de la mort, le désir qu’elle n’arrive pas. Mais, dit autrement, au-delà de la mort, la rencontre avec Dieu devrait nous réjouir. C’est ce que Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, parce que je vais vers le Père et que le Père est plus grand que moi. » Pensons à cela : est-ce que nous nous réjouissons de la rencontre avec Dieu ou pas tellement ?

Dans la prière de Jésus, il y a deux mouvements. Jésus remet sa mission entre les mains de son Père : « Moi, je t’ai glorifié sur la Terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. (…) J’ai fait connaître ton nom aux hommes. » Demandons nous nous aussi ce que nous allons apporter à Dieu. Soyons heureux de lui apporter les talents qu’Il nous a donnés et que nous aurons multipliés. Soyons heureux de lui apporter l’Amour que nous aurons donné tout au long de notre vie. Et puis, pour ce qui aura été raté, pas complètement accompli, eh bien, confions-nous à sa miséricorde. St Jean dit : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et Il connaît toutes choses. »

« J’ai fait connaître ton Nom aux hommes »…Comment faisons-nous connaître son Nom autour de nous ? Profitons d’être sur terre pour préparer cette rencontre dans la sérénité, pas dans la peur.

Et puis, dans la prière de Jésus, il y a un deuxième mouvement : Jésus prie pour ses disciples, pour chacun de nous. «  Je prie pour eux. Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés. » Bien sûr, il est bon de penser que chacun de nous a sa place dans la prière de Jésus. Nous pensons bien plus au fait que nous nous prions Jésus ; mais, pensons aussi que Jésus a prié pour nous personnellement.

Alors, c’est aussi une question qu’il faut nous poser : comment est-ce que nous préparons les autres, les nôtres, à notre départ ? Il y a dans la Bible, dans l’Ancien Testament plus exactement, une magnifique tradition de bénédictions de la part des Patriarches mourant pour tous les leurs qui demeurent sur terre. Ils leur disent Adieu et les confient chacun à Dieu. Jésus fait la même chose. Il implore la bénédiction de Dieu sur tous ceux qu’Il laisse. Jésus demande à son Père qu’Il nous protège du Mauvais, mais Il nous rappelle que tant que nous sommes dans le monde, nous avons à combattre contre le mauvais. Et Il prie pour notre combat. St Pierre dit dans la deuxième lecture : « Si l’on fait souffrir l’un de vous comme chrétien, qu’il n’ait pas honte et qu’il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien. »

Frères et Sœurs, la préparation de la rencontre avec Dieu doit être une belle chose. Sans être du monde, nous sommes dans le monde. Et notre condition d’homme et de femme dans le monde nous appelle à accueillir, comme les Apôtres, la Promesse de Dieu : l’Esprit-Saint. Reconnaissons que nous avons besoin de l’Esprit de Dieu pour vivre correctement ici-bas, pour nous aider dans nos devoirs d’état : d’époux, d’épouse, de père, de mère. Reconnaissons que nous avons besoin de cet Esprit de Vie et d’Amour pour transformer notre vie. Prions aussi pour tous ceux qui ont perdu le goût de vivre, qui sont déçus ou qui vivent cette vie comme des morts-vivants. Préparons-nous à accueillir l’Esprit de Vie, l’Esprit du Ressuscité. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Ascension du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lascension-du-pere-julien-palcoux Thu, 25 May 2017 10:15:11 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24203 +

Solennité de l’Ascension 2017

Chers frères et sœurs,

A la lecture des textes de ce jour, nous retrouvons de nombreux éléments de la Passion et du mystère de Pâques, si bien que nous pouvons nous demander : est-ce que l’Ascension de Jésus n’est pas pour les Apôtres un nouveau Vendredi Saint ? L’auteur de la lettre aux Hébreux évoque des instructions que Jésus donne à ses Apôtres au cours d’un repas…on retrouve une allusion au Jeudi Saint. Une fois Jésus élevé aux Cieux, on retrouve des hommes vêtus de blancs qui viennent stimuler la foi des Apôtres, comme dans le tombeau le Jour de la Résurrection. L’Ascension de Jésus, qui met un terme à son Incarnation, est à la fois une nouvelle Passion et une nouvelle Résurrection.

Nous pouvons retenir de l’Ascension de Jésus qu’elle marque une nouvelle étape dans la fortification de la foi de l’Eglise. Pendant 40 jours, Jésus Ressuscité n’a cessé d’ouvrir ses Apôtres, ses disciples à la réalité de la Résurrection. Tout en étant présent dans son humanité ressuscitée, Jésus a montré à sa toute jeune Eglise qu’Il était désormais présent dans l’Ecriture, dans ceux qui se rassemblent en son Nom, dans le Pain et la Vin Consacrés. Il leur a montré la réalité de la corporéité de la Résurrection : il a un corps, il mange, il est affranchi de nos limites spatio-temporelles. Après ses 40 jours de catéchèse intensive, où les Apôtres vont devoir engager leur foi pour croire en la Résurrection, Jésus part rejoindre son Père, mettant un terme définitif au régime de l’Incarnation et faisant entrer ses Apôtres et son Eglise dans le régime de la Foi. De la foi seule ! Désormais Jésus nous sera plus présent dans sa divinité alors qu’il nous est plus éloigné quant à son humanité. Désormais, l’Eglise entre pleinement dans le régime de la sacramentalité : Jésus est présent à travers des signes qu’il a institués et habités.

Le départ définitif de Jésus, qui n’est pas un abandon puisque Jésus a fait la promesse à ses Apôtres de ne pas les laisser orphelins mais d’attendre la Promesse du Père, laisse ses Apôtres dans un état étrange où vont cohabiter deux mouvements intérieurs. D’une part, ils restent tendus et regardent vers le Ciel, le cœur habité de tristesse et de mélancolie, et d’autre part, ils se font un peu bousculer pour partir évangéliser. Ces deux mouvements sont importants car nous les retrouvons dans l’Eglise aujourd’hui.

L’Eglise est tendue et doit être tendue vers le Ciel là où son Epoux est entré en premier, pour reprendre une expression de St Paul là où la Tête du Corps est entrée en premier. Dans sa manière de prier, l’Eglise doit orienter vers Dieu, montrer le chemin de Dieu. Elle ne peut se satisfaire d’un rôle seulement social. La liturgie de l’Eglise est le reflet de la liturgie céleste. Et l’Eglise doit nous faire tendre vers et nous aider à préparer La Rencontre avec Dieu.

Et puis, il y a un deuxième mouvement : l’Eglise est envoyée mission : « Allez donc ! De toutes les nations faîtes des disciples, baptisez-les au Nom du Père et du Fils et du St Esprit ; et apprenez-leur à garder les commandements que je vous ai donnés. »

Bien sûr, nous pouvons penser aux périphéries, chères à notre Pape François, mais n’oublions que les périphéries ne sont pas que géographiques ou sociales. Elles sont aussi dans notre cœur, dans ces lieux où nous ne sommes pas complètement ouverts à la Grâce de Dieu, à son Amour ou à sa Miséricorde. Il est parfois plus facile d’évangéliser les autres que son propre cœur.

La force de l’Evangélisation de l’Eglise réside non seulement dans la qualité du témoignage des Apôtres mais aussi dans la mise en œuvre du commandement que Jésus nous a laissés : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples. » Telles sont les pistes que Jésus nous laisse pour pouvoir accomplir le mieux possible notre mission de disciples. Sans oublier que Jésus nous a laissé sa Mère au pied de la Croix en lui confiant la mission de veiller sur nous. Que Notre-Dame nous aide à demeurer le cœur ouvert vers Dieu, vers le Ciel et qu’elle veille sur la mission de l’Eglise : qu’elle demeure fidèle au commandement de Jésus : « De toutes les nations faîtes des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St Esprit. » Amen !

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Homélie de la messe des Rogations du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-des-rogations-du-pere-julien-palcoux Thu, 25 May 2017 07:02:34 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24201 +

Messe des Rogations

Frères et Sœurs,

A travers cette messe des Rogations, l’Eglise implore la protection et la bénédiction de Dieu sur les cultures de l’année qui vient. La célébration des Rogations a vu le jour au Vème siècle, suite aux calamités publiques qui s’abattirent sur le diocèse de Vienne dans le Dauphiné. Saint Mamert établit alors une procession solennelle de pénitence les trois jours précédant l’Ascension. En 511, une prescription du concile d’Orléans répand cet usage dans toute la France. En 816, le Pape Léon III l’adopte pour Rome et pour toute l’Eglise. Traditionnellement, l’Eglise prie le lundi des Rogations pour les foins, le mardi pour les moissons et le mercredi pour les vendanges.

A travers cette messe, nous rendons tout d’abord grâce à Dieu pour la nourriture que son bonté nous procure. Les prières récentes de la liturgie de la messe, au moment de la présentation des dons, nous rappellent cette vérité : tout don vient de Dieu, même si ces dons passent à un moment donné par les mains de l’homme. Le prêtre en présentant le pain et vin dit : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra pour nous pain de la vie. »

Puis il dit pour le vin : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes, il deviendra pour nous le vin de Royaume éternel. » Sachons aussi, lorsque nous passons à table rendre grâce au Seigneur pour la nourriture qu’Il nous donne.

Mais il y a, dans la célébration des Rogations, un deuxième aspect, figuré par la couleur violette utilisée pour la messe : l’Eglise implore le pardon de Dieu pour le péché de l’homme qui défigure et déstructure la création. L’Eglise enseigne en effet que le péché que commet l’homme a des conséquences sur la création. Aujourd’hui, nous sommes assez sensibles à cette réalité ; mais nous n’y sommes que partiellement.

Tout le monde s’accordera à dire qu’il faut sauver notre planète ; qu’il faut la préserver. Eh bien, commençons par respecter l’homme, par respecter et défendre la vie, par respecter la nature ! Mais toute la nature ! On voit par exemple se développer des mouvements qui défendent de plus en plus une agriculture biologique, qui dénoncent l’utilisation excessive d’engrais, de produits chimiques, quand dans le même temps, on favorise le développement de la contraception chimique, qui elle aussi, bouleverse l’ordre naturel. On se met en 4 pour défendre les droits de ceux qui sont différents, et dès qu’une pauvre petite vie donne quelques éléments d’inquiétude par rapport à un risque, même minime, d’handicap, on fait des pressions énormes pour mettre un terme à cette vie, interdisant du même coup la venue au jour d’un être différent.

Frères et sœurs, il ne faut pas être schizophrènes, ni avoir deux discours. Il faut être cohérent et droit dans ses convictions, même si notre monde ne l’est pas, ou si nos hommes politiques nous montrent le contraire.

Aujourd’hui, en célébrant les Rogations, nous implorons la bénédiction de Dieu sur tous ceux qui travaillent la terre pour nous en donner les fruits. Nous portons dans notre prière tous ceux qui souffrent de la famine, qui ne mangent pas à leur faim. Tous ceux qui vivent difficilement de leur profession, aujourd’hui bien souvent profondément transformée par les forces économiques et politiques.

Célébrer les Rogations c’est aussi nous remettre sous le regard de Dieu, sous sa Seigneurie, c’est reconnaître que tout est de Lui et que tout Lui appartient. Il y a une attitude profonde d’humilité qui consiste à nous remettre à notre juste place et à laisser à Dieu la sienne. Il y a aussi une attitude juste qui consiste à être fidèle envers Dieu tout au long de sa vie et non pas à se tourner vers Lui que lorsque nous sommes en situation de difficultés. Au cours du XIX ème siècle, la Vierge Marie apparaissait à deux petits cousins, bergers, à La Salette, leur demandant de transmettre ce message à une société alors à l’époque très agricole : « Ne travaillez pas le jour du Seigneur ; reposez-vous ; laissez reposer la terre et sanctifiez le jour de Dieu. » Puisse cet avertissement de Notre-Dame être entendu. Dieu bénira notre travail, nos récoltes, si nous sommes droits et intègres avec Lui. Amen !

]]> Homélie de la messe du sixième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-sixieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 21 May 2017 15:41:23 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24177 6ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

Les chapitres actuels de l’Evangile de St Jean que nous méditons trouvent leur place avant la Passion de Jésus. Après avoir préparé ces disciples à sa Passion prochaine, Jésus les prépare à deux grands évènements qui vont advenir : sa Résurrection et la Pentecôte. «  Vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi » annonce la Résurrection. «  Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » annonce la Pentecôte. Au-delà de l’annonce de ces deux grands évènements et donc d’une perspective de fortification de la foi de ses disciples, Jésus nous apprend aussi comment vivre dans la durée notre relation à Lui, sachant qu’Il ne sera plus présent humainement. Comment rester fidèle dans le temps à Jésus ? C’est une question qui nous concerne tous : que nous soyons adultes, que nous venions de faire notre première communion ou notre profession de foi. Comment demeurer fidèle à Jésus dans la durée ?

Premier élément de réponse de Jésus : « Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de Vérité. » Autrement dit, l’Esprit Saint nous aidera à demeurer fidèles à Jésus. Alors, il faut regarder en détail ce que Jésus dit de l’Esprit-Saint : « Le monde est incapable de le recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connait pas ; mais vous vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. » Jésus nous dit que ne peuvent recevoir l’Esprit-Saint que ceux qui le connaissent et qui l’ont vu. Le don dont il est question présuppose donc une connaissance préalable. Il ne s’agit pas d’un premier don.

Je reprends une expression particulière de Jésus : « Il demeure auprès de vous et Il est en vous. » Ces mots reprennent le prologue de l’Evangile selon St Jean : « Et le Verbe était auprès de Dieu et il était (en) Dieu. » Cette parole peut être entendue de deux manières : premièrement, elle prépare l’Evènement de l’Incarnation du Fils de Dieu, puisque suivra presque immédiatement cette autre Parole : « Et le Verbe s’est fait chair. » ; deuxièmement, elle prolonge et développe les effets de l’Incarnation, notamment dans le sacrement de l’Eucharistie après la Communion, puisque cet Evangile, appelé « le Dernier Evangile », était lu à la fin de la messe dite de St Pie V et permettait d’approfondir le don de la Communion reçue. Nous pouvons donc comprendre cette parole d’une manière évènementielle : elle prépare à un Evènement, l’Incarnation du Fils de Dieu, et d’une manière sacramentelle : elle développe le don de la Communion.

De la même manière, cette parole de Jésus au sujet de l’Esprit-Saint (« Il demeure auprès de vous et Il est en vous ») peut être comprise d’une manière évènementielle (préparation à la Pentecôte) et d’une manière sacramentelle ( annonce du sacrement de la confirmation.)

La première lecture nous rapporte l’origine du rite de la confirmation. Nous voyons Pierre et Jean imposer les mains aux Samaritains qui avaient déjà été baptisés. La toute jeune Eglise a bien compris le sens des paroles de Jésus : promesse du don de l’Esprit à ceux qui le connaissent déjà au préalable. L’Esprit de Dieu promis par Jésus, appelé le Défenseur, est donc celui qui vient confirmer le baptême, mais aussi qui vient secourir les Apôtres dans leur œuvre d’évangélisation et de défense de la foi. Il est nécessaire pour vivre dans la durée la fidélité à Jésus. Il y a un lien entre le fait qu’un certain nombre de chrétiens ne demeure pas fidèles dans la durée à Jésus et le fait qu’un grand nombre de chrétiens n’ont pas été confirmés. Ils n’ont pas reçu l’Esprit-Saint qui affermit la foi et qui défend les chrétiens des attaques du monde et du démon.

A travers les paroles de Jésus, nous pouvons encore percevoir un autre développement du don de l’Esprit-Saint dans notre relation à Dieu. L’Esprit-Saint va permettre d’approfondir notre filiation divine. Jésus dit à ses Apôtres : « En ce jour-là, vous reconnaitrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » Autrement dit, c’est par Jésus, Médiateur entre Dieu et les hommes comme je le disais la semaine dernière, que nous sommes unis à Dieu. Nous sommes unis au Père par Jésus. Nous communions à la nature divine par Jésus. Le don de l’Esprit-Saint vient donc approfondir notre communion à Jésus ; il vient la renforcer ; comme il renforce notre incorporation au Corps du Christ qu’est l’Eglise. Notre fidélité à Dieu dans la durée ne peut tenir sans enracinement, sans incorporation dans l’Eglise. On le constate encore aujourd’hui : dès que la pratique religieuse est abandonnée, même si l’intention n’est pas de renier ou d’abandonner la foi, à terme, c’est la fidélité à Jésus qui est abîmée, cassée. Et on perd sans s’en rendre compte la relation à Jésus.

L’accueil du don de l’Esprit-Saint dans le sacrement de la confirmation nous permet aussi d’évangéliser comme il faut. Je dis « comme il faut » car on peut évangéliser de manière pas toujours juste, même avec les meilleures intentions. C’est notamment ce qu’il se passe lorsqu’on n’écoute pas l’Esprit-Saint et qu’on applique des programmes missionnaires pas toujours inspirés. L’Esprit-Saint a cette particularité qu’il fait correspondre aux besoins de l’Eglise les forces pour y répondre. Lorsque l’Eglise se trouve dans des impasses, c’est l’Esprit-Saint qui lui ouvre des chemins de vie. Regardez, le refus des Juifs d’accueillir Paul pour recevoir l’Evangile va être l’occasion de l’ouverture de la foi aux païens. Lorsque l’Eglise est persécutée, l’Esprit-Saint la fortifie et fait croître sa vitalité et sa force, notamment en multipliant les vocations. Si l’Esprit-Saint nous permet de demeurer fidèles à Jésus dans la durée, s’Il nous permet de l’aimer, c’est aussi Lui qui fait grandir l’Eglise et la fortifie.

Demandons la grâce à Dieu qu’Il nous ouvre toujours plus profondément à l’Esprit-Saint et à ses impulsions pour nous renforcer dans notre foi et dans notre dynamique missionnaire. Qu’Il vienne aussi remettre sur le chemin de la fidélité tous ceux qui se sont éloignés de Jésus et de la pratique. Amen !

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Homélie de la messe du cinquième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-cinquieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 14 May 2017 12:54:52 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24069 +

5ème Dimanche de Pâques

Frères et Sœurs,

L’Evangile que vous venez d’entendre est souvent choisi par les familles lors des obsèques, parce qu’il fait échos à une situation de détresse des Apôtres qui se préparent au départ de cette vie de Jésus et qui se préparent à vivre son absence. Et les Apôtres sont perdus, désemparés. C’est souvent une situation que les familles endeuillées expérimentent. Dans cet extrait d’Evangile, Jésus vient conforter la foi de ses disciples : « Vous croyez en Dieu ; croyez aussi en Moi. » En fait Jésus invite ses Apôtres à vivre leur foi en Dieu à travers Lui Jésus. C’est une première question qu’il faut nous poser frères et sœurs. Ce n’est pas forcément facile de vivre sa foi en passant par le Christ. Beaucoup de personnes chrétiennes de culture, non de pratique, disent croire en quelque chose qui dépasse l’homme, qui est au-dessus de nous. Beaucoup croient en un Dieu Créateur. Mais la foi chrétienne va beaucoup plus loin que cela. Elle affirme que Jésus est le Médiateur entre Dieu et les hommes, qu’Il est le visage de Dieu : « Celui qui m’a vu a vu le Père » répondra Jésus à Philippe, qu’Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, qu’Il est Dieu : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » répondra encore Jésus à Philippe. L’Eglise, dans la liturgie, nous invite à ce regard christocentrique, notamment avec toutes ces conclusions d’oraison que vous connaissez bien : « Par Jésus le Christ Notre Seigneur. » Mais, même si en tant que pratiquants plus ou moins réguliers, nous sommes habitués à la Médiation du Christ Jésus, notamment à travers la Communion Eucharistique, à travers l’Adoration du St Sacrement, il est bon de nous interroger à nouveau : dans ma vie chrétienne, dans ma vie de prière, quelle place a Jésus ? « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Personne ne va vers le Père sans passer par Moi. » nous dit Jésus.

Cette parole de Jésus nous apprend aussi que Jésus est LA Réponse à toutes les questions que nous nous posons. Thomas demande à Jésus : « Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Traduction : Comment vivre notre vie de foi ? Comment aller à Dieu ? Philippe : « Montre-nous le Père ! » Traduction : Comment est Dieu ? Où est-il ? Où pouvons-nous le voir, le trouver ? Réponse : en Jésus. « Je suis le chemin, la vérité, la vie. » La réponse à toutes nos questions n’est pas dans une conduite de vie, dans des règles, dans des principes, mais dans une personne : Jésus. Si notre foi ne met pas la personne de Jésus au centre, alors elle est incomplète.

Ce recentrement sur la personne de Jésus a une conséquence directe et logique : c’est qu’il implique un recentrement, un enracinement dans l’Eglise qui est le Corps du Christ. St Pierre dans la deuxième lecture cite cette Parole de l’Ecriture : « Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie. » Il ne peut en fait y avoir d’adhésion à la personne de Jésus sans incorporation à l’Eglise. Et c’est même d’ailleurs souvent l’inverse : beaucoup découvrent plus profondément le Christ à travers un engagement, un service dans l’Eglise. Placer le Christ au centre de sa vie chrétienne, de sa vie spirituelle conduit à s’engager dans l’Eglise. Et St Pierre nous précise quelle est notre mission : « Soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce Saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter. » La mission des baptisés est d’offrir des offrandes spirituelles. Qu’est-ce que cela veut dire ? cela veut dire offrir spirituellement sa vie, son temps, ses activités, ses bonnes actions, mais aussi ses contrariétés, ses pauvretés, ses sacrifices. Offrir ses prières, ses pensées. Ses offrandes spirituelles sont d’une grande valeur. L’Eglise se construit aussi à partir de tout ce qu’on peut lui apporter et pas seulement à partir de tout ce que nous consommons. Demandons-nous aussi ce matin : qu’est-ce que j’offre à l’Eglise comme offrande spirituelle ? Comment est-ce que je contribue à édifier ce Temple spirituel, Corps du Christ ?

Et entrant alors plus profondément dans la construction et la mission de l’Eglise, on découvre qu’il y a tellement à faire, infiniment plus que ce que nous faisons. Par ailleurs, en entrant plus profondément dans l’Eglise, dans sa vie de tous les jours, on entre dans son histoire et dans ses histoires. La première lecture évoque une querelle dans la toute jeune Eglise au sujet de veuves qui se sentent délaissées. Cela fait sourire car il y a toujours eu de petites tensions dans l’Eglise ; il y a toujours différentes sensibilités qui coexistent qu’elles soient politiques, liturgiques, spirituelles. Il y a toujours des récriminations. Mais ce que l’Ecriture nous apprend, ce que l’Esprit-Saint nous enseigne à travers les actes des Apôtres, c’est qu’il ne faut pas se laisser manger par les mécontentements, par les récriminations. Il faut en fait revenir aux fondamentaux, revenir à l’essentiel : la prière et l’annonce de l’Evangile. Les Apôtres le disent : « Il n’est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas. » En revenant à l’essentiel, on fait confiance à l’Esprit-Saint pour qu’Il nous suggère les moyens de répondre aux autres besoins. En l’occurrence dans les Actes des Apôtres, l’Esprit-Saint suggèrera l’institution du diaconat. Puisque l’Eglise est un Corps vivant qui ne cesse de grandir, toutes les crises qu’elle traverse sont par définition des crises de croissance, même si elles ne sont pas toujours perçues comme telle. Si les crises qu’affronte l’Eglise ne sont pas vues comme des crises de croissance, alors c’est que notre regard n’est pas juste. Quand les chrétiens sont enracinés en la personne de Jésus, quand ils offrent leur vie en offrande spirituelle et participent ainsi à l’édification du Temple spirituel, alors l’œuvre de Dieu s’accomplit comme en témoignent les Actes des Apôtres : « La Parole du Seigneur gagnait du terrain, le nombre de disciples augmentait fortement à Jérusalem. »

Demandons la grâce au Seigneur pour nous-mêmes et pour tous les croyants de se recentrer toujours davantage sur le Christ Jésus et prions pour que l’Eglise, en ces temps plus difficiles, ne se laisse pas manger par des soucis de réorganisation territoriale, de querelles internes, mais qu’elle se recentre sur sa mission : prier et annoncer l’Evangile. Amen !

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Homélie de la messe du quatrième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-quatrieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 07 May 2017 15:38:06 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24044 +

4ème Dimanche de Pâques

Il les fait sortir

Frères et sœurs,

Je voudrais méditer avec vous en ce dimanche sur une des actions principales du Bon Pasteur : Il fait sortir ses brebis pour qu’elles aillent et qu’elles viennent et qu’elles trouvent un pâturage. Il les fait sortir. Mais pour bien comprendre cette action caractéristique du Bon Pasteur, il faut s’arrêter au préalable sur ces deux paroles de Jésus : « Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. » et « Amen, Amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. » Jésus se révèle donc comme étant Le Pasteur, le Vrai Pasteur.

C’est ici, Frères et Sœurs qu’il faut bien articuler les choses : Jésus est l’Unique Pasteur qui conduit son troupeau, qui guide son Eglise. Et Il le fait à travers de multiples pasteurs, les Papes, les Evêques, les prêtres, qui sont en quelque sorte des pasteurs secondaires, qui sont pasteurs en dépendance de l’Unique Pasteur qu’est Jésus. Cela a plusieurs conséquences : la première, c’est qu’il ne faut absolutiser aucun pasteur qu’il soit Pape, Evêque, ou prêtre. Car aussi saints qu’ils puissent être, aucun pasteur ne peut prétendre être à lui seul un pasteur complet. Seul Jésus l’est.

Autre conséquence, c’est qu’il est légitime et normal que les pasteurs soient différents. Car c’est à travers cette légitime diversité que l’Unique Pasteur conduit son Eglise. Ne pas accueillir les différences des pasteurs, ou dit autrement, vouloir que les pasteurs apportent les mêmes choses, est contraire à la manière dont le Christ conduit son Eglise. C’est non seulement une attitude stupide qui révèle une méconnaissance de l’Eglise et de sa nature profonde, mais c’est aussi commettre un péché grave par rapport à ce que Dieu veut donner à son peuple à travers ces différents pasteurs. Cette attitude immature et bête conduit à se fermer à ce que Dieu veut donner à travers ses différents pasteurs. Il est légitime que telle ou telle brebis ait plus d’affinité avec tel ou tel pasteur : c’est normal, c’est humain. Tel paroissien appréciera davantage tel Pape ou tel prêtre. Mais en venir à absolutiser son propre point de vue et à le prendre comme une règle normative pour l’Eglise ou pour les autres, c’est autre chose. C’est une attitude de péché qui révèle un orgueil profond et qui est préjudiciable à la vitalité et à l’unité de l’Eglise. Quitter une paroisse à cause d’un prêtre ou dire en se cramponnant à son petit pouvoir ou à son petit point de vue : «  De toute manière, les prêtres passent et moi je reste ! » est tristement révélateur de ces attitudes fausses et immatures.

Je retiens une dernière conséquence : c’est qu’il faut accepter que dans le troupeau toutes les brebis ne soient pas nourries de la même manière selon ce qu’apportent les pasteurs. Cela dépend de ce que l’Esprit-Saint donne à chacun à travers la diversité des pasteurs et la diversité des brebis.

Ceci étant posé, arrêtons-nous sur une des actions caractéristiques du Bon Pasteur : il fait sortir ses brebis. S’il les fait sortir, ce n’est pas d’abord pour les promener, mais c’est pour les nourrir, pour leur « donner la vie, la vie en abondance. »

Faire sortir les brebis implique une action dynamique ; cela implique de quitter l’endroit où je suis pour aller ailleurs. Et dans un troupeau, il y a toujours des gens qui ne veulent pas bouger, qui sont bien là où ils sont. Eh bien, je suis désolé, mais des pasteurs qui ne vous font pas bouger de là où vous êtes ou qui vos confortent dans votre immobilisme, ne sont pas des bons pasteurs. Il faut en rester aux images que Jésus choisit. Une fois que le troupeau a brouté l’herbe à un endroit, il part ailleurs…parce qu’il n’y a plus rien à manger ! Et cette obéissance, cette confiance du troupeau est en fait une attitude de docilité au Christ, l’Unique Pasteur. C’est là que ce que je disais sur la légitime diversité des pasteurs est important : le troupeau de Dieu grandira à travers un Pape charismatique qui visite de nombreux pays, image de Jésus qui parcourait les villes et les villages, St Jean-Paul II, à travers un Pape qui enseigne, image de Jésus qui enseignait les foules, Benoît XVI, à travers un Pape qui va vers les plus démunis, à l’image de Jésus qui va vers les Lépreux, les pauvres, François. De la même manière, le troupeau grandira à travers un prêtre qui mettra l’accent dans son ministère sur l’enseignement, puis à travers un autre qui accentuera l’étude de la Bible, puis à travers un autre qui mettra l’accent sur la théologie ou encore sur la liturgie, ou sur l’enseignement de la prière. Comprendre cela, c’est avoir l’intelligence de l’Eglise. Mais, pour se nourrir de tout cela, il faut accepter de sortir et de faire confiance d’abord à Dieu, puis après aux pasteurs qu’Il envoie. Il y a là une différence importante entre la vision catholique et la vision protestante de la pastorale. Chez les catholiques, en acceptant et en accueillant les pasteurs que Dieu envoie, le peuple de Dieu se laisse guider par Jésus lui-même. Chez les Protestants, en se choisissant les pasteurs selon leurs besoins, les communautés se gouvernent comme une entreprise qui recrute selon des besoins ou des « compétences »…mais la place laissée à Dieu n’est pas la même.

Alors, parler des pasteurs, méditer sur le Bon Pasteur, est, vous vous en doutez, vous me connaissez, bien incomplet sans toucher un mot de la prière pour les vocations sacerdotales. J’attire votre attention sur quelques points qui me semblent importants.

Tout d’abord, il faut parler de manière juste. Il ne s’agit pas de prier pour que Dieu appelle des hommes à sa suite. Il le fait. Il ne nous a pas attendus. Il faut prier pour que l’appel de Dieu soit entendu, accueilli dans un coeur généreux, la bonne terre, et pour que les appels soient soutenus. Ce sont les réponses qui ne sont pas soutenues.

Après, il faut faire attention à la manière dont on parle des prêtres, en famille par exemple. La manière dont des parents parlent des prêtres, dont des adultes parlent des prêtres devant des enfants ou des jeunes, ou encore la manière dont des catéchistes parlent de leur prêtre, ont une incidence.

Attention aussi à la manière dont on parle du célibat. Il est curieux, et parfois dommage, que le célibat consacré ne soit envisagé que sous l’angle des contraintes, mais presque jamais sous l’angle de la fécondité et de l’épanouissement. La société se charge largement de pourrir le célibat consacré ; on attend des chrétiens qu’ils soient en mesure de le défendre et de l’estimer.

Et puis, je terminerai là-dessus, plus les paroisses auront une véritable vie de famille qui fait que des personnes de toutes générations, de tous états de vie se retrouvent dans la joie, plus les vocations sacerdotales pourront s’épanouir et se multiplier. Le célibat consacré prend son sens dans le don à un peuple qui devient une famille et non dans un ministère de type fonctionnaire du culte. C’est là que chacun d’entre vous a un rôle à jouer. Des jeunes s’engageront s’ils se sentent attendus, aimés et soutenus. Alors prions pour tous ceux que le Seigneur appelle à sa suite. Si les pasteurs sont différents, et il y a quand même des convergences : je m’inscris à 300 pr cent dans les pas de mes prédécesseurs les Pères Lelièvre, Bénard et Desprez. Du reste, ce n’est pas pour rien si la paroisse de Verneuil est celle qui fournit le plus de vocations au diocèse d’Evreux. Prions pour les séminaristes du diocèse et pour tous les garçons et jeunes hommes que le Seigneur appelle à sa suite. Et rendons grâce pour la réponse à Dieu de Patrick Synaeve qui sera ordonné diacre le dimanche 17 Septembre à la cathédrale d’Evreux. Amen !

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Homélie de la messe du troisième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/paroisse/homelie-de-la-messe-du-troisieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 30 Apr 2017 14:01:07 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=24004 +

3ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

Chers enfants,

Chère Peggy,

Nous entendons de beaux textes qui nous parlent de la foi en ce jour où vous allez faire votre profession, de foi, c’est-à-dire, en ce jour où vous allez dire « oui » à votre baptême. J’en retiens trois éléments pour vous.

Tout d’abord, la foi reçue à notre baptême nous permet de reconnaître Jésus Ressuscité dans nos vies. C’est très important dans un monde où l’on conteste l’existence de Dieu ou encore dans un monde compliqué qui ne nous permet pas facilement de trouver Dieu. L’Evangile des pèlerins d’Emmaüs nous redit que Jésus Ressuscité est présent :

  • Dans les évènements de notre vie.

  • Dans l’Ecriture.

  • Dans l’Eucharistie.

Jésus fait parler ses disciples de ce qu’ils ont vécu. Et à travers cette expression, cette libération, Jésus ouvre leur cœur à sa présence. Il les conduit à relire leur vie différemment. Chers enfants, c’est ce que Dieu fait aussi avec nous. Vous verrez en grandissant que vous relirez des moments de votre vie, des évènements, des rencontres d’une manière différente et autre. Avec la foi, vous pourrez y découvrir la présence de Dieu qui était infiniment plus présent dans votre vie que vous ne le pensiez à l’époque.

Jésus invite aussi ses disciples à comprendre les Ecritures, c’est-à-dire à découvrir que les Ecritures parlent de Jésus et de notre vie. On peut lire les Ecritures comme un roman, comme un récit historique ; on peut les lire comme le lieu où Dieu me parle et me nourrit. Quand un homme au cœur ouvert lit l’Ecriture, Dieu lui parle. Mais, sommes-nous attentifs ? Il faut lire l’Ecriture avec le cœur, pas qu’avec sa tête ou de manière intellectuelle.

Quant à l’Eucharistie, c’est le mode de présence le plus complet de Jésus. Il est présent corporellement, réellement, complètement. Et nous ne pouvons le croire que par la foi. Certains disent : « Je suis chrétien, je prie chez moi. » Certes…c’est bien de prier. Mais, c’est encore mieux de venir à la messe où Jésus est réellement présent.

Voilà ce que permet la foi : découvrir Jésus, Le reconnaître sous ses différents modes de présence. La foi permet un dévoilement : « Comme votre cœur est lent à croire ! » dira Jésus.

Le deuxième élément que je souhaiterais reprendre est qu’il est nécessaire de nourrir sa foi. Les disciples qui commencent à reconnaître Jésus lui disent : « Reste avec nous car déjà le jour baisse. » Ils ont besoin de la présence de Jésus pour qu’Il fortifie leur foi.

Chers enfants, la foi que vous avez reçue au jour de votre baptême suit les mêmes règles que notre vie physique ou morale. Elle grandit, elle a des crises, ses hauts, ses bas. Une foi vivante est une foi qui bouge. Et, comme notre corps, comme notre esprit, elle a besoin d’être nourrie. Si vous arrêtez de manger, votre corps va être en perdition, et vous allez marcher vers la mort. Il en va de même pour la foi. Une foi qui n’est pas nourrie par la prière, par les sacrements, et en particulier par le Communion, est une foi qui dépérit et qui s’éteint.

Chers parents, vous avez le souci de la vie humaine de vos enfants. Ayez aussi le souci de leur vie divine ! Aidez-les à être fidèles à la messe ; soutenez-les ! ne leur mettez pas de bâtons dans les roues, surtout quand leur cœur est ouvert à Dieu ! Il est dommage que des enfants aient le désir de pratiquer plus régulièrement, mais soient freinés par leurs parents.

Les enfants, je reviens à vous. Il est important de nourrir la foi que vous allez proclamer ; pas seulement parce que sinon elle meurt, mais aussi parce que vous entrez dans votre première crise de foi. En effet, vous êtes en train de passer d’une foi d’enfant à une foi adulte, avec une appropriation personnelle de la foi. Ce passage est difficile. Beaucoup s’égarent à ce moment-là et abandonnent la foi. Ce dont vous avez besoin à votre âge, c’est en fait du sacrement de la confirmation qui va venir confirmer, affermir votre foi, et vous donner toutes les forces et les moyens nécessaires pour vivre votre foi. Marchez avec détermination vers le sacrement de la confirmation qui viendra accomplir votre baptême. Votre profession de foi n’est pas la fin du cursus catéchétique ; c’est seulement votre « oui » à Dieu ! Mais soyez cohérents ! Dire « oui » à Dieu, ce n’est pas abandonner la pratique. Ou alors, mieux vaut ne pas faire sa profession de foi…

Dernier élément que je reprends : votre foi vous invite à la transmettre. Si vous dîtes « oui » à votre baptême par votre profession de foi, alors vous dîtes « oui » à votre mission de baptisés. Et la mission des baptisés, c’est d’annoncer la foi. Alors, soyez missionnaires ! Tout d’abord dans vos familles, auprès de vos parents, de vos frères et sœurs. Vous évangélisez déjà plus que vous ne le pensez ! Combien de parents reviennent à la foi, à la pratique grâce à leurs enfants ! Continuez ! Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit à ses disciples de laisser venir à Lui les enfants. Les enfants ont un cœur ouvert naturellement à Dieu.

Et puis, annoncez aussi la foi à vos amis, à vos copains, vos copines. Vous le faites déjà, et d’ailleurs Dieu passe par vous. Vous savez qu’à peu près la moitié des jeunes que nous avons au catéchisme pour la préparation à la confirmation sont arrivés à la paroisse grâce à des amis inscrits au catéchisme ! Vous êtes les évangélisateurs de demain.

Aujourd’hui, nous confions votre foi et votre profession de foi à la Vierge Marie, votre Mère. Qu’elle veille sur vous, qu’elle vous aide à rester fidèle à la foi catholique et à la pratique, qu’elle vous aide à avoir le désir de continuer à nourrir votre foi et qu’elle aide vos parents à vous soutenir. Amen !

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Homélie de la messe du deuxième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-deuxieme-dimanche-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 23 Apr 2017 16:46:42 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23978 +

Deuxième Dimanche de Pâques 2017

Premières Communions

Frères et sœurs,

Chers enfants,

Depuis dimanche dernier, nous sommes entrés dans le Temps Pascal, et en ce dimanche, nous clôturons l’octave de Pâques, c’est-à-dire que dans la liturgie, nous sommes toujours dans le Jour de Pâques. L’Evangile que nous venons d’entendre nous rapporte l’apparition de Jésus Ressuscité à ses disciples le dimanche soir, à ses disciples qui ont du mal à croire que c’est bien Lui, Jésus. Et il faut que Jésus leur montre les traces de sa crucifixion pour qu’ils le reconnaissent et qu’ils croient vraiment que c’est bien Lui, Jésus. L’Evangile nous rapporte aussi qu’il y avait un disciple absent, Thomas, qui lui, va refuser de croire ce que les Apôtres lui rapportent. Les Apôtres vont devoir engager leur foi pour croire que Jésus est bien ressuscité et pour le reconnaître. Sans la foi, ils ne peuvent pas croire en la Résurrection ni reconnaître Jésus.

Alors aujourd’hui, vous allez faire votre première Communion, c’est-à-dire que vous allez recevoir pour la première fois Jésus dans votre corps, dans votre cœur. Mais, vous aussi, vous devez engager votre foi pour reconnaître dans l’hostie Jésus et non un bout de pain, pour croire que Jésus est réellement présent derrière les apparences du pain. Vous êtes en quelque sorte comme les Apôtres ou Saint Thomas.

Vous savez que Jésus s’est donné lui-même dans le pain et le vin au soir du Jeudi Saint, lors de la Cène, son dernier repas pris avec ses Apôtres. Et depuis, lorsque l’Eglise célèbre la messe, Jésus se redonne à tous ceux qui communient. L’Eglise Catholique et l’Eglise Orthodoxe sont les deux seules Eglises chrétiennes qui ont gardé le Trésor de la présence corporelle de Jésus dans l’hostie alors que les autres Eglises l’ont abandonné. A la messe, Jésus est présent spirituellement et corporellement : spirituellement parce qu’il est présent dans l’Ecriture ; corporellement parce qu’il est présent dans le pain et le vin. En recevant le Corps du Christ, en communiant régulièrement, Jésus vient habiter chez vous. Et plus Il va habiter votre cœur et votre vie, plus il va transformer votre cœur pour que vous aimiez toujours plus comme Lui, pour que vous agissiez toujours plus comme Lui. En fait, Jésus va progressivement transformer votre humanité pour vous diviniser.

Alors, chers enfants, tout cela a une conséquence : c’est que lorsque l’on communie, lorsque l’on reçoit Jésus dans sa vie, on ne peut pas vivre n’importe comment ; on ne fait pas n’importe quoi. Dans la première lecture que nous avons entendue, St Luc nous rapporte que dans la suite immédiate de la Résurrection, dans la proximité de l’Evènement, les disciples vivaient d’une manière toute transformée : ils vivaient dans la charité, partageant tout, étant fidèles à la prière et à l’enseignement. La proximité de l’Evènement inouï de la Résurrection de Jésus les a conduits à vivre de manière complètement nouvelle dans l’Amour de Dieu et des autres. C’est un petit peu la même chose pour vous. La Sainte Communion va vous pousser à transformer votre manière de vivre.

En communiant, vous ne recevez pas en vous un ami, un copain…c’est bien plus que cela ! Vous recevez Dieu lui-même. Gardez dans votre cœur que personne ne peut dire : « J’ai le droit de recevoir Dieu » ou « J’ai le droit de communier. » La Communion n’est pas un droit, même si elle est parfois réclamée comme tel par certaines personnes. Mais cette attitude n’est pas juste. Personne ne peut mettre la main sur Dieu. La Communion est une grâce que l’on se prépare à recevoir tout en sachant qu’on n’en est jamais digne.

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, Saint Jean fait un condensé. Il rapporte qu’en apparaissant à ses disciples le soir de la Résurrection, Jésus leur souffle dessus en leur donnant l’Esprit-Saint. Nous savons que le don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte a lieu 50 jours après Pâques. Mais, en condensant ainsi le temps, en mettant le don de l’Esprit-Saint au jour de la Résurrection, Saint Jean nous montre surtout que le don de l’Esprit-Saint sur les Apôtres, le don de l’Esprit-Saint qui envoie l’Eglise en mission, est lié à la Puissance de la Résurrection de Jésus. La Pentecôte accomplit le mystère de la Résurrection. Alors, vous vivez vous aussi certains aspects de la Résurrection de Jésus, notamment en ayant foi dans le fait que Jésus est présent dans la Sainte Hostie. Et liés à ce mystère de la Résurrection de Jésus, vous recevez vous aussi une mission. C’est comme si Jésus vous soufflait dessus et vous envoyait en mission. Alors, vers qui vous envoie-t-Il ?

Vers vos parents, votre famille. Là, les enfants, vous avez une mission importante. Nous, nous le voyons à la paroisse. Les parents reviennent à l’église par vous les enfants, qui avez un cœur ouvert à Dieu. Jésus a dit dans l’Evangile à ses disciples : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; le Royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Jésus compte sur vous et passe par vous pour que vos parents, vos familles reviennent à la foi, à la messe. Une foi non pratiquée, non nourrie par les sacrements est une foi moribonde, morte.

Mais Jésus vous envoie aussi vers vos amis, vos copains, vos copines, qui ne connaissent pas Dieu, qui sont peut-être baptisés mais n’ont pas forcément été catéchisés. Là aussi, vous avez une mission : leur faire découvrir la foi ! Et en plus, maintenant, vous portez Jésus en vous par la Communion.

Alors, invitez-les à venir assister à une séance de catéchisme ; invitez-les à venir à la messe avec vous. Donnez-leur vous aussi le désir de communier, de rencontrer Jésus. Votre Communion au Corps du Christ vous incorpore plus profondément à l’Eglise qui est le Corps du Christ. Par votre baptême, vous êtes entrés dans l’Eglise ; par votre communion, vous êtes agrégés à l’Eglise. Aidez vos amis à connaître et à aimer l’Eglise. Voilà la mission que vous confie Jésus en ce jour de fête où Il vient habiter en vous.

Confions votre première Communion à la Sainte Vierge et demandons à Marie qu’elle vous garde fidèle à la Communion et qu’elle aide vos parents à soutenir votre fidélité. Amen !

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Homélie de la Solennité de Pâques du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-paques-du-pere-julien-palcoux Sun, 16 Apr 2017 10:00:38 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23929 +

Solennité de Pâques 2017

«  Et vidit et credidit »

Chers frères et sœurs,

Au lendemain de la fête juive du Sabbat, les femmes et les disciples se rendent au tombeau et découvrent un tombeau vide ! Plus de corps ! La disparition du corps de Jésus doit ajouter à ces cœurs aimants et fidèles une grande et profonde tristesse. Oui Jésus n’est plus dans le monde des morts, mais Il est Ressuscité comme le chante la Séquence pascale : « Le maître de la vie mourut ; vivant, Il règne à jamais. »

Frères et sœurs, il est difficile de rendre compte de notre foi en la Résurrection. Cela est difficile parce que la réalité de la Résurrection échappe à notre monde, à nos réalités et, par conséquent, le vocabulaire nous fait défaut pour trouver les mots justes pour parler d’une réalité que nous avons du mal à appréhender. On utilise souvent trois images pour aider à définir la Résurrection, trois images qui, bien qu’un peu différentes, disent dans le fond la même chose. On parle de la Résurrection comme de la victoire de la Vie sur la mort, du Bien sur le mal ou encore de l’Amour sur le mal. Dans ces trois images, il est bien entendu que la victoire est celle de Dieu.

Ce matin, je voudrais regarder avec vous la Résurrection comme la victoire de l’Amour sur la mort, en partant de l’expérience de Saint Jean, le disciple que Jésus aimait, comme le rapporte l’Evangile. On peut s’interroger sur le fait qu’entre Pierre et Jean, c’est Jean qui arrive le premier au tombeau. « Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. » nous dit l’Evangile. La première explication naturelle consiste dans le fait que Jean court plus vite parce qu’il est plus jeune. Mais il attend que Pierre entre au tombeau, alors il entre et nous dit l’Evangile : « Il vit et il crut. » Formule très condensée qui nous dit l’immédiateté de la foi de St Jean en la Résurrection de Jésus. Rien n’est dit pour Pierre. Alors : pourquoi St Jean arrive-t-il le premier au tombeau ? Pourquoi est-il le premier à croire en la Résurrection ? Pourquoi, lors des apparitions de Jésus Ressuscité, sera-t-il le premier à reconnaître Jésus ? Eh bien, parce que c’est le disciple de l’Amour. L’Amour pur qu’il a pour Jésus, qui l’a conduit à demeurer fidèle à Jésus lors de son procès, lors de sa crucifixion, alors que tous les autres ont disparus, l’amour pur qu’il a pour Jésus le fait immédiatement accéder à la foi en la Résurrection et à la réalité de la Résurrection. Le lien entre la Résurrection de Jésus et le triomphe de l’Amour de Dieu permet trois développements.

Le premier, c’est que la Résurrection est la manifestation même de l’Amour tout-puissant de Dieu qui triomphe des forces du mal et de la mort, pire ennemi de Dieu et de sa puissance de vie. La mort est ce qui rompt la relation humaine, et qui par conséquent brise l’amour qu’il y a entre ceux qui meurent et ceux qui restent. Sauf qu’avec la Résurrection, la relation et l’Amour redeviennent possibles. La mort et ses conséquences funestes sont anéanties.

La deuxième conséquence qui découle de ce que je vous dis, c’est qu’il est logique, si la Résurrection est la manifestation de l’Amour de Dieu, qu’on y accède par l’Amour. C’est l’exemple de St Jean. L’Amour est l’antidote contre le péché. Plus l’amour est pur, plus il permet de voir et de goûter Dieu ainsi que les réalités divines.

St Jean écrira en ce sens : « Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu » 1 Jn 4, 7 et plus loin : « Celui qui est né de Dieu ne commet plus de péché » 1 Jn 5, 18.

La troisième conséquence que je retiens du lien entre la Résurrection et l’Amour, c’est qu’en aimant, nous vivons déjà quelque chose et du mystère pascal de Jésus et de la réalité de la Résurrection, notamment du mystère de ce nouveau mode de présence qu’inaugure Jésus. Nous vivons quelque chose du mystère pascal de Jésus parce qu’en aimant vraiment, nous sommes capables de renoncer à nous-mêmes, en quelque sorte nous sommes capables de mourir à nous-mêmes, pour faire passer le bien de l’autre d’abord. Et nous vivons en même temps quelque chose de la réalité même de la Résurrection. L’Amour a ceci de particulier qu’il abolit la distance entre les êtres et permet d’exister dans la personne de l’autre. Ce qui, dans notre humanité est impossible. Chacun reste celui ou celle qu’il est. Et si une personne souhaite devenir une autre personne, vivre dans la vie d’une autre personne, c’est humainement impossible. Il y a une limite infranchissable qui est l’altérité, mais quel seul l’Amour parvient à dépasser pour exister dans le cœur, dans la vie de l’autre. Bien sûr ce que je vous dis-là ne résout pas la question de la corporéité, de la nature du corps ressuscité, qui n’est plus un corps humain tel que nous le connaissons avec les sens qui lui sont propres ; mais cela permet d’appréhender différemment ce nouveau mode d’existence. De ce fait, on comprend pourquoi, lorsque Jésus Ressuscité apparaitra à ses disciples, Il peut d’un seul coup être là au milieu d’eux sans passer par une porte ou par une fenêtre. C’est par sa puissance d’Amour qui donne consistance à son corps de ressuscité.

Frères et sœurs, aujourd’hui, réjouissons-nous de la Résurrection de Jésus qui inaugure une vie nouvelle qui nous est donnée par le sacrement du baptême ; réjouissons-nous de la victoire définitive de Dieu sur toutes les puissances du mal, sur la mort, et présentons au Seigneur Ressuscité toutes les personnes qui ont besoin d’être touchées dans leur vie par la puissance de la Résurrection de Jésus. Amen !

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Homélie de la Vigile Pascale du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-vigile-pascale-du-pere-julien-palcoux-4 Sun, 16 Apr 2017 06:29:54 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23926 +

Vigile Pascale 2017

Frères et sœurs,

En cette nuit pascale, une caractéristique de la liturgie est la succession des lectures de l’Ancien Testament, qui permettent un regard sur ce que nous appelons l’Histoire Sainte, ou l’Histoire du Salut. Cette longue Histoire permet de comprendre à quel point le Salut que le Christ a opéré par sa Mort et sa Résurrection répond à un projet de Dieu depuis les origines.

Dans la Première Alliance, Dieu prépare de deux manières la venue du Fils de Dieu : Il annonce et il anticipe.

Il annonce par la bouche des Prophètes la venue du Messie, et le Salut qui l’accompagnera.

Il anticipe en posant pour son Peuple des actes de Salut, qui constituent des préfigurations du Salut à venir. C’est une caractéristique de l’Annonce prophétique : lorsqu’un prophète annonce un événement à venir, il pose un acte concret qui montre le caractère inéluctable de la réalisation de la prophétie.

De cette manière, Dieu libère son Peuple de l’esclavage d’Egypte, et annonce ainsi la libération de l’esclavage du péché. La nuée lumineuse protège les hébreux, et annonce ainsi le don de l’Esprit Saint qui nous prend sous son ombre et nous protège du mal. Dieu fait passer la Mer Rouge à son Peuple et annonce ainsi la victoire sur la Mort. Moïse fait jaillir l’eau du Rocher pour le Peuple qui a soif, et annonce ainsi l’eau qui coule du côté du Christ sur la Croix, et qui abreuvera par les sacrements tous ceux qui ont soif de l’Amour de Dieu. Dieu nourrit son Peuple au désert par la manne, et annonce ainsi la nourriture de l’Eucharistie. Dieu fait entrer son Peuple dans la Terre Promise, et annonce ainsi l’entrée dans l’Eglise de tous les croyants. Etc.…

Tous ces événements de la Première Alliance mettent en lumière la Puissance de ce que le Christ réalise pour nous. Ce sont déjà des événements extraordinaires, mais ils ne sont en réalité que de pâles préfigurations de ce qui se passe avec la venue du Christ. Si nous somme saisis par la merveille des œuvres réalisées par Dieu en faveur du Peuple d’Israël, combien plus devons-nous l’être de l’œuvre de Salut réalisée par le Christ. La Pâque du Christ accomplit pleinement et dépasse la Pâque des Hébreux. Le Passage du Christ de la Mort à la Vie accomplit pleinement la signification profonde du passage des Hébreux de l’esclavage à la liberté.

L’événement central du Salut, c’est donc la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ. C’est ce qu’on appelle le Mystère Pascal, et qui nous sauve définitivement du pouvoir de Satan. Ce qu’il y a avant, ce sont des annonces et des préfigurations. Mais qu’y a-t-il après ?

Après, il y a les Sacrements. Les Sacrements sont les signes que le Christ nous a laissés, et qui permettent d’actualiser perpétuellement l’œuvre de Salut réalisée par le Christ.

Parmi les sacrements, c’est surtout du baptême dont je veux parler ce soir. En effet, le baptême, c’est la Pâque du Christ qui se réalise dans nos vies.

Pensons à la façon dont les premiers chrétiens adultes étaient baptisés :

Ils sortaient la nuit de Pâques du lieu qui leur était réservé, puis étaient plongés dans la cuve baptismale, et en sortaient pour pouvoir entrer pour la première fois dans l’église. Ce rite évoque deux choses :

  • D’une part les Hébreux qui sont partis d’Egypte de nuit, qui ont traversé la Mer Rouge pour pouvoir entrer bien après dans la Terre Promise, libérés de tout esclavage.

  • Et d’autre part le Christ, qui est mort la veille de la Pâque, dont le Corps a été déposé au tombeau avant la tombée de la nuit pour en ressortir Ressuscité et pouvoir entrer dans la Gloire de son Père.

Chers Anthony, Amandine, Jérémie, Lucie, Victoria et Aurèle, en étant baptisés dans cette nuit de Pâques, vous entrez dans cette histoire du Salut que nous venons de ré-entendre et en même temps cette libération définitive de la mort, acquise par le Christ, vous est donnée. Vous êtes plongés dans la Mort et la Résurrection de Jésus. Vous êtes marqués pour l’éternité par la victoire du Christ sur la Mort et le péché.

Les Sacrements nous font vivre au présent le Mystère du Christ mort et ressuscité. Ils actualisent ce que Jésus a vécu pour nous. L’action du Christ est cachée derrière des signes : l’eau du baptême, le Pain et le Vin de l’Eucharistie, l’huile de l’onction du Saint-Esprit. Mais pourtant, derrière ces signes, c’est bien Jésus qui est présent, qui nous purifie du péché, qui nourrit nos âmes, qui nous donne son Esprit Saint et nous fait entrer dans l’éternité.

Chers amis qui allez être baptisés dans quelques instants, gardez et cultivez cette fraicheur de cœur qu’ont les jeunes convertis. Vous rajeunissez l’Eglise. Par la jeunesse de votre foi, qui devra continuer à mûrir, réveillez les chrétiens endormis, les chrétiens de tradition qui s’assoupissent, dont les cœurs sont sclérosés, qui s’habituent aux compromissions, à la cohabitation avec le mal, avec l’esprit du monde. Appelez autour de vous à rejoindre l’Alliance avec Dieu dans l’Eglise. Vous avez un potentiel d’évangélisation que vous ne soupçonnez même pas ! L’Eglise qui vous accueille en cette nuit sainte compte sur vous qui êtes les disciples de Jésus de demain. Amen !

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Homélie de l’Office de la Passion du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-loffice-de-la-passion-du-pere-julien-palcoux Sat, 15 Apr 2017 05:43:09 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23917 +

Commémoration de la mort du Seigneur

Vendredi Saint

Office de la Passion

Frères et sœurs,

Je vous propose d’entrer dans ce mystère de la mort de Jésus que nous méditons depuis dimanche dernier en partant de trois actes liturgiques particuliers, propres à la liturgie de ce jour.

Le premier acte liturgique que je reprends est celui de la prostration. Le prêtre s’allonge par terre au début de la célébration. Cette attitude liturgique, nous la retrouvons aussi lors des professions monastiques, lors des ordinations diaconales, presbytérales ou épiscopales. La prostration signifie la mort. Jésus est mort, et, mort, il est couché dans un tombeau. Lors des professions monastiques ou des ordinations, cette attitude de mort signifie un appel à l’abandon total à la volonté de Dieu, caractérisé par la mort à soi pour renaître en homme nouveau. Dans cette attitude que reprend la liturgie de ce jour, nous retrouvons non seulement la mort de Jésus, mais aussi le combat intérieur de Jésus à Gethsémani : « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi. Cependant, non pas ma volonté, mais ta volonté. » Jésus connaît l’appréhension de tout homme face à la mort, mais il y a en plus, une répulsion totale pour la mort, conséquence du péché, qui est tout l’opposé de Dieu qui est Vie. Il se joue ici un combat décisif dans ce jardin de Gethsémani. Le jardin justement…

C’est dans un jardin, le jardin d’Eden, que l’homme dans les premiers temps de sa création avait désobéi à la volonté divine. C’est dans un jardin que Jésus répare cette désobéissance originelle en obéissant jusqu’au bout à Dieu. C’est dans un jardin que Jésus ressuscitera en homme nouveau. Tout notre péché, notre désobéissance, tout cela est porté par Jésus lors de son agonie et de sa mort. Unissons-nous à sa mort pour renaître en hommes nouveaux.

Au cours de cet office, l’Eglise nous invite aussi à venir vénérer la croix. C’est un acte que nous accomplissons rarement. C’est un Mystère étonnant que cet instrument de torture et d’humiliation soit devenu ce que nous vénérons le plus.

Ce paradoxe montre à quel point le Fils de Dieu s’est abaissé pour notre salut. Il a choisi de mourir comme le plus rejeté des esclaves, mais l’Amour qu’il y a mis pour les pécheurs que nous sommes nous sauve définitivement de la mort et du péché.

Du Symbole de la honte, le Christ a fait le Symbole de la victoire du Bien sur le Mal, de la Vie sur la Mort. D’instrument de torture, la Croix est devenu la cause de notre joie, et le motif de notre fierté. L’Amour dont nous avons été aimés sur la Croix est plus fort que tous nos péchés. Voilà la raison de notre foi et de notre espérance.

Regardons la place que le Signe de la Croix a prise dans nos vies chrétiennes : Au moment d’entrer dans la vie chrétienne, au baptême, le signe de la Croix est le premier signe qui marque notre front. Et lorsque nous quittons cette vie, le dernier signe posé avant que le cercueil ne sorte de l’église est le signe de la Croix. Le Signe de la Croix est normalement parmi les premiers gestes que nous apprenons, et c’est peut-être le dernier geste que nous accomplirons avant de quitter cette vie. La Croix orne nos maisons, elle parsème nos campagnes, elle détermine la forme des églises…

Loin d’être un signe superstitieux ou un porte-bonheur, la Croix est un rappel du Salut que le Christ nous a acquis en allant jusqu’au bout du don de lui-même, bien au-delà de la plus profonde douleur physique et morale que nous pouvons imaginer.

Vénérer la Croix pour nous ce soir est à la fois un acte de foi, d’humilité, et d’amour.

De foi car nous croyons que par la Croix le Christ nous réconcilie avec Dieu.

D’humilité, car nous reconnaissons l’abaissement inouï qu’a consenti Celui qui a tout créé par sa Puissance infinie. En vénérant la Croix, en l’embrassant, nous oublions un instant notre amour propre, nous nous faisons touts petits devant un si grand Mystère.

D’amour, car en posant un geste de vénération, nous sommes animés du désir de rendre amour pour amour. D’aimer autant que nous avons été aimés.

Frères et sœurs, vénérons cette croix, objet de notre salut, en ayant tout cela dans notre cœur.

Le dernier acte liturgique propre au Vendredi Saint que je reprendrai est cette grande et traditionnelle Prière Universelle. On dit que cette prière universelle est la source de toutes celles que nous avons dans l’année liturgique. Oui, car cette prière de supplication naît dans le cœur même du sacrifice de Jésus, au moment le plus ultime, le plus haut de cet acte d’offrande et d’amour. Par conséquent, notre foi est grande qu’en ce jour, notre prière pour l’Eglise et pour le monde est particulièrement puissante et efficace.

Frères et sœurs, en vénérant cette croix glorieuse, pensons aussi à tous nos frères et sœurs chrétiens martyrisés qui vivent dans leur chair la Passion de Jésus. Que la foi et l’espérance en la Résurrection du Christ les aide à vivre saintement leur Passion. Amen !

]]> Homélie de la messe de la Cène du Seigneur du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-cene-du-seigneur-du-pere-julien-palcoux Fri, 14 Apr 2017 07:38:21 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23915 +

Cène du Seigneur

Frères et sœurs,

A partir de ce soir, le temps liturgique va épouser le temps réel. Nous allons revivre au jour le jour ce qu’a vécu Jésus et ce qu’ont vécu les disciples. Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant ce qui allait lui arriver, va instituer avant de mourir deux sacrements qu’Il confie à son Eglise : le sacrement de l’Eucharistie, qui ne prendra tout son sens que le lendemain lorsqu’il mourra et le sacrement de l’ordre. Ces deux sacrements sont intimement liés l’un à l’autre, et on ne peut les comprendre l’un sans l’autre.

Jésus n’était pas obligé d’instituer le sacrement de l’Eucharistie. Enlevez la Cène de la semaine sainte, cela ne change rien au mystère pascal. Jésus meurt le vendredi ; Il ressuscite le Dimanche, lendemain du Sabbat. Sa mission de Rédempteur est accomplie ; Dieu est vainqueur de la mort. Rien n’est changé dans notre foi. Or, ce n’est pas ce qui s’est passé. Jésus a choisi d’anticiper le don de sa vie sous les espèces du pain et du vin pour que son Eglise puisse perpétuer ce sacrifice. « Ma vie, nul ne la prend ; mais c’est moi qui la donne » dira Jésus. Même si le don de sa vie aura l’apparence d’un échec, Jésus se donne deux fois : d’abord sous les espèces eucharistiques du pain et du vin et le lendemain par son corps et son sang sur la croix. Le sacrement de l’Eucharistie ne peut pas être compris en dehors de la croix, du calvaire et en dehors de l’Amour de Dieu qui conduit et nourrit ce don. En instituant l’Eucharistie, Jésus se donne à son Eglise et lui fait confiance pour qu’elle accueille ce don comme un Trésor.

Alors ce soir, demandons-nous tout d’abord comment nous honorons ce don de l’Eucharistie. Comment sommes-nous fidèles à la messe où le prêtre actualise le sacrifice de Jésus ? Quel est notre rapport à l’Adoration du Saint Sacrement ? Quelle gratuité avons-nous dans notre prière ? Si nous croyons réellement que Jésus est présent dans la Sainte Hostie, c’est une offense faite à Dieu que de soupirer ou de râler parce que les messes sont trop longues ! Si nous croyons réellement que Jésus est présent dans la Sainte Hostie, vous voyez c’est en fait une question de foi et de charité, il est anormal qu’il y ait aussi peu de monde lors des Processions du Saint Sacrement ou lors des Saluts du Saint-Sacrement. On est capable de perdre du temps devant des cabinets de psychologues ou autres, mais on n’est pas présent quand l’Eglise nous invite à adorer le Saint Sacrement de la sorte. Pourtant quand Jésus parcourait les routes d’Israël, il y avait du monde qui le suivait. Comment honorons-nous ce don de l’Eucharistie ?

L’Evangile de ce jour nous révèle une caractéristique importante du sacrement de l’Eucharistie. St Jean, dans son Evangile, ne relate pas précisément l’Institution de l’Eucharistie, mais à la place, il rapporte l’épisode du lavement des pieds. Il donne une indication importante : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » On ne peut pas comprendre l’Institution de l’Eucharistie sans entrer dans la logique de l’Amour. L’Amour conduit à se donner. C’est sa caractéristique principale, quelle que soit son expression (amour conjugal, filial, familial, fraternel, etc…) L’Eucharistie, autre forme du don de Jésus, est la plus haute manifestation ici-bas sur terre de l’Amour. Par conséquent, tous ceux qui fréquentent ce sacrement, en le recevant physiquement, spirituellement, en l’adorant, ont accès à la plus haute source de l’Amour qui se déverse sur le monde et dans nos vies. On comprend par exemple alors le lien très profond qu’il y a entre le mariage chrétien et l’Eucharistie. C’est le sacrement de l’Eucharistie reçu par les époux qui permet de nourrir et de fortifier l’amour conjugal. L’Eucharistie permet à nos dons d’être des dons d’amour. Il est urgent d’éduquer les fidèles, les enfants de nos familles, du catéchisme, à la messe comme le lieu où l’amour de Dieu se donne et peut être accueilli, plutôt que de parler de la messe comme d’une obligation. Si on ne comprend pas que l’Eucharistie et la messe sont des questions d’amour, on n’a rien compris.

Puisque l’Eucharistie découle du don de Jésus, l’Eucharistie donne tout son sens au célibat consacré des prêtres, des religieux et des religieuses. En fait, le célibat consacré, tant attaqué ou malmené aujourd’hui, ne peut se comprendre sans le rapport à l’Eucharistie. C’est là que le rapport entre l’Eucharistie et le Sacerdoce est fondamental. Jésus institue ces deux sacrements et ordonne celui de l’Ordre à Celui de l’Eucharistie : « Vous ferez cela en mémoire de moi. » dira-t-il à ses disciples. Cela veut dire qu’on ne peut pas penser le Sacerdoce en dehors du lien à l’Eucharistie.

Frères et sœurs, on peut attendre beaucoup de choses des prêtres, et dans ces temps de réforme on exprime beaucoup d’attentes par rapport aux prêtres : les prêtres devraient faire ceci, cela, plus ceci, moins cela ; mais on doit d’abord attendre qu’ils célèbrent les mystères pour lesquels ils ont été ordonnés. Sinon, le Sacerdoce n’a plus de sens ; les prêtres deviennent des fonctionnaires du culte ou des assistants sociaux ou encore des conseillers conjugaux. Ce n’est pas l’identité du profonde du prêtre. Si l’Eucharistie, Corps du Christ, construit l’Eglise, Corps du Christ, alors il faut des prêtres pour que vive l’Eglise. Et ce don du Sacerdoce est à implorer. Jésus l’a dit : « Priez le Père de la moisson pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson. » Certains disent : « On n’est pas tous appelés à être prêtre, mais on est tous appelés à être des saints. » Certes. Mais Jésus dit : « Priez le maître de la moisson pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson. » C’est un fait que les paroisses qui ne prient pas pour les vocations n’en ont pas  tandis que celles qui prient pour en ont. C’est une intention que je vous invite à avoir cette nuit au cours de l’Adoration du St Sacrement. Demandons et implorons le rajeunissement du sacerdoce pour l’Eglise. Priez aussi pour les prêtres que vous connaissez pour qu’ils demeurent fidèles aux engagements qu’ils ont pris, pour ceux qui sont en difficulté. Priez pour nos séminaristes afin que leur vocation grandisse et s’épanouisse et pour tous ceux que le Seigneur appelle et qui rencontrent des résistances sur leur chemin ou qui ne sont pas soutenus. Amen !

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Homélie de la messe des Rameaux du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-des-rameaux-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 09 Apr 2017 17:04:45 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23888 +

Dimanche des Rameaux

Frères et sœurs,

Tout à l’heure, au début de la messe, nous avons revécu de manière symbolique l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. En prenant à la main nos rameaux bénis, nous avons repris ce geste de fête qu’ accomplissaient les Juifs venus commémorer leur libération d’Egypte. Ils acclamaient Jésus : « Hosannah, Béni soit Celui qui vient nous sauver ! » Cette foule était importante à acclamer Jésus comme le Messie. Tout comme les chrétiens sont nombreux à rester attachés à cette fête qui ouvre la Semaine Sainte.

A la lecture de la Passion, nous découvrons de multiples visages qui vont se situer différemment dans le drame qui va se dérouler. Frères et sœurs, chacun de nous se trouve assurément dedans. Il y a, évoque d’abord St Matthieu, celui qui va trahir Jésus et le livrer. Est-ce qu’il ne nous arrive pas non plus parfois de trahir Jésus et de le livrer à ceux qui ne l’aiment pas ? Lorsque par exemple nous rejetons la foi ou critiquons l’Eglise pour faire plaisir à ceux avec qui nous sommes ? Il y a aussi dans cette foule ceux qui se trouvent confrontés à leurs limites, à leur faiblesse, à leur pauvreté, et qui se font aisément manipuler. Il est à ce titre remarquable que cette même foule qui acclame Jésus est la même qui, quelques jours après, manipulée par les grands prêtres, demandera que Barrabas soit relâché et Jésus crucifié. Ceux qui tiennent la société juive de l’époque, une société très religieuse, conditionnent et orientent l’opinion de la foule. Aujourd’hui, nous mesurons la même emprise sur les populations, non plus du côté religieux, mais du côté des médias, devenus les nouveaux grands prêtres moralisateurs de la nouvelle religion de la bonne pensée. Attention aux manipulations !

Il y a ceux qui s’endorment : les amis proches de Jésus. Là aussi, combien de chrétiens endormis aujourd’hui ! Combien de chrétiens de culture, mais plus de cœur ! Il y a ceux qui renient : Pierre. Combien dans des difficultés, au lieu de se tourner vers Dieu et de l’appeler, l’accusent : ou alors, combien taisent leur engagement de foi, leurs convictions profondes pour des raisons de carrière, de confort…

Il y a ceux qui sont jaloux et qui entrent dans le jeu du démon en mentant, en rapportant de fausses choses, en cherchant de faux témoignages. Il y a ceux qui se moquent : se moquer de Dieu, de l’Eglise, de ses représentants, de ses dogmes, de son enseignement ! Il y a ceux qui insultent, qui tuent. Il y a encore ceux qui provoquent, qui accusent mais qui sont incapables de se remettre en cause.

Et puis, il y a ceux qui vont aider : Simon de Cyrène, un homme simple, qui ne demande rien, un travailleur qui revient des champs et qui va soulager pour quelques instants un innocent condamné à mort. Il y a Joseph d’Arimathie, homme fortuné, qui demeure fidèle à Jésus après sa mort : quelqu’un qui n’attend plus rien de Jésus, par conséquent qui n’agit pas par intérêt, mais qui demeure fidèle. Et puis, il y a les femmes, les plus fidèles, celles que, finalement, on manipule le moins.

Frères et sœurs, la Passion de Jésus nous place tous devant nos pauvretés, nos limites, notre péché, nos infidélités, mais elle nous conduit tous vers le Salut, à condition que nous suivions Jésus comme nous l’avons fait au début de cette messe en marchant derrière la Croix. Ce ne sont pas ces rameaux bénis qui vous protègeront ! Mais c’est la Croix du Christ qui vous sauvera. Que Jésus nous aide à vivre cette semaine de manière sainte. Qu’Il nous aide dans ce pèlerinage où nous marchons vers notre libération définitive. Qu’Il nous aide à Lui rester fidèles tout au long de notre vie, fidèles à la messe du dimanche où Jésus se donne et nous attend. Qu’Il nous aide à ne pas nous laisser manipuler par les faiseurs d’opinion d’aujourd’hui. Qu’Il nous aide à renaître en hommes nouveaux déjà libérés du péché et de la mort. Amen !

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Homélie de la messe du 5ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-5eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 02 Apr 2017 16:47:40 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23849 +

5ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

La foule qui est venue assister Marthe et Marie dans leur deuil pose une question très humaine à propos de Jésus, l’ami de cette famille : « Lui qui a ouvert les yeux de l’Aveugle, ne pouvait-il empêcher Lazare de mourir ? » Certes, Jésus l’aurait pu. Mais Il ne l’a pas voulu. Saint Jean insiste bien sur ce point : « Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait ; alors seulement, il dit aux disciples : ‘Revenons en Judée’. » Donc Jésus attend délibérément que Lazare meure et qu’il soit enterré.

Pourquoi Jésus agit-il de la sorte ? Eh bien, Jésus nous apprend une chose fondamentale que nous avons tendance à oublier : que la foi en Dieu n’empêche pas les épreuves, les catastrophes, les maladies, les injustices. Et si nous ne sommes pas au clair sur ce point, c’est toute la base de notre vie chrétienne qui est faussée. Et cela va avoir des conséquences lourdes…La foi n’est pas un grigri qui empêche les souffrances. Sa divinité n’a pas empêché Jésus de souffrir, d’être crucifié et de mourir. Leur foi en Jésus n’a pas épargné des attaques, des souffrances aux apôtres, qui sont même tous morts martyrs. Le fait qu’il a été pape n’a pas empêché celui qui est devenu Saint Jean-Paul II de finir sa vie comme il l’a finie ! « Ne pouvait-il empêcher Lazare de mourir ? » Non ! En règle générale, Dieu n’empêche pas les choses de se produire. Ce n’est pas ici qu’il faut placer notre foi.

Mais Jésus va plus loin. Il nous invite également à assumer, à supporter les épreuves que nous vivons, à ne pas les fuir. Pour que Lazare soit relevé d’entre les morts, il faut qu’il soit mort. Pour que Jésus ressuscite, il faut qu’il soit mort. Ce que Jésus nous apprend, c’est qu’il faut que nous consentions à la réalité des choses. Complètement. Pas à moitié. Il faut consentir totalement. C’est précisément la force de notre consentement, la qualité de notre assomption des réalités qui va permettre à Dieu de transformer ces réalités. Un Père de l’Eglise, St Grégoire de Nazianze disait : « Ne peut être sauvé que ce qui est assumé. » Pour que Marthe et Marie vivent la mort de leur frère dans la foi, Jésus les force à accepter la mort de Lazare. Le fait d’assumer les épreuves, les problèmes, les difficultés permet non seulement de les résoudre (on ne résout rien en fuyant ou en étant dans le déni), mais aussi permet à Dieu d’agir. Dieu n’agit jamais en dehors de la réalité des choses, même si sa divinité transforme la réalité des choses. Alors, très concrètement, regardons ce que nous avons du mal à assumer dans nos vies : cela peut être des évènements, des relations, des échecs, des épreuves, des blessures. Assumons-les ! car il n’y aura aucune porte de sortie si tout cela n’est ni consenti ni accepté .

Maintenant, une fois que nous consentons et que nous assumons, le mieux possible évidemment, ces réalités, comment Dieu peut-Il les transformer ? Par la foi.

Dans l’Evangile, nous avons deux très beaux actes de foi. Tout d’abord, celui de Marthe : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas. » Et puis, celui de Marie : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Certainement, la proximité que les sœurs ont avec Jésus leur permet de goûter et de vivre de la divinité qui émane de Jésus. Par l’amour qu’elles ont de lui, par leur connaissance, elles perçoivent la force de la divinité. La foi permet en réalité à Dieu d’agir. Et plus notre foi est juste, plus elle est nourrie, plus elle est forte, plus elle permet à Dieu d’agir avec force. Si la foi n’est considérée que comme un vague sentiment qui nous dit qu’on croit en quelque chose au-dessus, eh bien, elle n’apportera pas grand-chose.

Une des manières de nous préparer à la fête de Pâques est de regarder dans nos vies ce que nous avons du mal à assumer, nos tombeaux, nos lieux de morts, pour reprendre la prophétie d’Ezékiel entendue en première lecture, et de les présenter à Dieu en faisant un acte de foi. La vie du Ressuscité touche d’abord nos lieux de morts.

Je voudrais terminer en évoquant une autre piste pour nous préparer à Pâques. Dans la deuxième lecture, St Paul écrit : « Frères, sous l’emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu. (…) Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Il y a une manière de nous préparer à la Résurrection, c’est de vivre sous l’emprise de l’Esprit. C’est-à-dire, de vivre de manière non soumise à la chair. Je ne pense pas ici directement à tout ce qui est de l’ordre de la sensualité, mais plutôt, à tout ce qui vient des sens, de nos intuitions, de notre sensibilité. Ce mode de fonctionnement est extrêmement animal. Or, nous sommes doués et dotés de raison, c’est là notre différence avec les animaux. Notre sensibilité, nos intuitions doivent être ordonnées et soumises à l’exercice de la raison. Il y a des gens qui ne vivent qu’en se fiant à leur sensibilité, leurs intuitions. Eh bien, cela n’est pas juste ; et le piège, c’est que ces personnes pensent parfois avoir un don parce qu’elles perçoivent des choses, des éléments qui vont se réaliser. Bien sûr, nous avons tous des aptitudes différentes à sentir les choses, à appréhender des personnes. Et certaines personnes ont des sensibilités très aigües sur ces questions-là. Mais, c’est à la raison d’ordonner tout cela et de discerner. L’Ecriture dit bien : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu. » Jn 1, 1. Le mot Verbe reprend le mot grec Et le mot  signifie à la fois : la parole, le verbe et la raison. Cela peut donc vouloir dire : « Au commencement était la Raison, la Raison était Dieu et que la Raison était auprès de Dieu. » L’exercice de la raison caractérise notre nature humaine et nous rend connaturels de Dieu. Il ne s’agit pas de rejeter ce que notre corps nous dit, de devenir insensible, de ne pas prendre en compte notre sensibilité, ce que nos sens, nos intuitions nous disent, mais il s’agit d’ordonner cela à l’exercice de la raison et même de l’Esprit, reçu lors de notre baptême. Cet ordre à mettre en nous est une préparation à l’accueil de la vie du Ressuscité.

Par nos consentements, parfois difficiles à obtenir, par nos actes de foi, par une vie ordonnée à l’Esprit, libérée de la domination de la chair, préparons-nous à l’accueil de la puissance de la Résurrection dans nos vies, dans nos lieux de morts. Amen !

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Homélie de la messe du 4ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-4eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-5 Sun, 26 Mar 2017 17:15:03 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23798 +

4ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

« Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? » Qui n’a jamais entendu cette phrase ? Qui même, ne se l’est jamais dite ? C’est très humain comme réflexion ! Mais c’est aussi très faux, en tout cas une question mal posée ! Et dans l’Evangile, nous avons la même chose : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » Notre inconscient, marqué par le péché originel, fait le lien entre la souffrance et le péché. Certes il y a un lien ; mais là où nous subissons les conséquences du désordre originel, c’est précisément dans le fait qu’on impute les souffrances à Dieu qui nous punit. Or Jésus est très clair sur cette question. A ses disciples qui lui demandent si c’est lui ou ses parents qui ont péché, Jésus répond : « Ni lui, ni ses parents. » La réponse de Jésus est très importante car dans l’inconscient juif prévaut la doctrine de la rétribution. La doctrine de la rétribution consiste en ceci : Tu as péché, Dieu te punit, donc tu souffres. Cette rétribution peut être directe : j’ai péché, donc Dieu me punit et c’est moi qui souffre. Comme elle peut être indirecte : je pèche, donc ce sont mes descendants qui paieront et souffriront, ou alors, je n’ai pas péché, mais je paie pour mes ascendants qui, eux, ont péché. Le livre de Job venait déjà mettre en cause cette doctrine. Mais il n’ pas réussi à faire évoluer suffisamment la problématique. Preuve en est que nous retrouvons la même question dans la bouche des disciples de Jésus : «  Est-ce lui ou ses parents qui ont péché ? » Réponse de Jésus : «  Ni lui ni ses parents. » Jésus met un terme à cette doctrine de la rétribution.

Ceci-dit, sans adhérer à cette doctrine de la rétribution, il faut éclaircir le lien existant entre le péché et le mal, la souffrance et la mort. L’Eglise nous apprend qu’il y a un lien entre le péché originel et le mal. Ce lien réside dans les conséquences du péché originel qui a introduit un désordre dans la création et dans les créatures ; désordre que nous supportons tous et qui n’est pas forcément lié à notre propre péché. Ce désordre, nous le voyons encore par exemple dans les catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, les cyclones etc…Il faut ajouter à cela qu’il y a aussi un lien entre le péché que nous commettons et le mal qui en découle pour soi et pour les autres. Les Ecritures, l’Eglise, notre expérience nous apprennent que le péché abime, aveugle et paralyse. A terme, il donne la mort. Nous voyons bien que Jésus dans l’Evangile guérit des aveugles, des paralysés, des malades. Il libère de l’emprise et des conséquences du péché. Il redonne la vie.

« Va te laver à la piscine de Siloé » dira Jésus à l’Aveugle qu’il guérit. Cette invitation à aller se laver est aussi une préfiguration du baptême. Le baptême lave du péché originel : il restaure ce qui a été abîmé, dévoyé, non pas en enlevant les conséquences inscrites dans la nature, mais en réparant ce qui a été abîmé. Le baptême libère de l’emprise du péché, de l’aveuglement et de la paralysie du péché. Il nous rend apte à accueillir pleinement et totalement la vie de Dieu. Voilà ce que qu’apporte le sacrement du baptême ; voilà ce que nous avons reçu lorsque nous avons été baptisés, voilà ce que nos amis catéchumènes vont recevoir dans quelques jours.

Alors, en restant sur cette guérison qu’opère Jésus, nous voyons également que celui qui est guéri, le baptisé, doit combattre et affronter les attaques du démon. Tout d’abord en lui. Parce que toute personne qui se tourne vers Dieu, qui veut rejoindre Dieu, va rencontrer sur sa route le démon qui va venir perturber ce chemin vers Dieu. Les catéchumènes sont à cet égard des cibles de choix ; ils sont souvent attaqués et fortement éprouvés. Cela fait partie du combat spirituel. C’est la raison pour laquelle l’Eglise prie pour eux à travers des scrutins, qui sont des prières de délivrance et d’exorcisme, pour aider les catéchumènes à tenir bon dans leur ultime combat. C’est le sens aussi de cette dernière onction que recevront les catéchumènes quelques jours avant le baptême avec l’huile des catéchumènes. Nous comprenons aisément le sens de l’onction. Dans l’Antiquité, les lutteurs s’enduisaient le corps d’huile pour éviter qu’on ne les attrape et qu’on ne les jette à terre. L’onction avec l’huile des catéchumènes a conservé la même signification : elle empêche le démon de mettre la main sur nous et de nous faire tomber. A travers ces deux rites, les scrutins et l’onction avec l’huile des catéchumènes, l’Eglise vient au secours des catéchumènes. Une fois néophytes, ces nouveaux baptisés, devront continuer à se défendre d’attaques. L’Aveugle de l’Evangile, une fois guéri, est exclu et rejeté. On s’en prend à sa famille ; on va jusqu’à mentir pour le tromper. Frères et sœurs, cela nous rappelle ce dont j’avais parlé lors du premier dimanche de Carême, à savoir que le démon attaque toujours l’œuvre de Dieu. Et plus l’œuvre en question est bonne et manifeste la bonté et la beauté de Dieu, plus elle est attaquée. Mais ce que l’Evangile nous apprend, c’est qu’une fois attaqués, Jésus nous rejoint comme il retrouve l’Aveuglé guéri et Il vient parachever notre adhésion à Lui : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » demandera-t-il à l’Aveugle. « Oui, Seigneur, je crois ! »

Frères et sœurs, reprenons conscience de ce que nous nous préparons à vivre et à recevoir à Pâques : la Vie Nouvelle du Ressuscité qui vient nous libérer du péché, de la mort. Prions pour les catéchumènes, afin qu’ils persévèrent dans leur ultime combat et demandons la grâce au Seigneur que les baptisés redécouvrent tout ce qu’ils ont reçu dans le sacrement du baptême pour pouvoir vivre du don de la vie même de Dieu. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Annonciation du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lannonciation-du-pere-julien-palcoux Sat, 25 Mar 2017 13:55:52 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23796 +

Solennité de l’Annonciation

Missus est Angelus Gabriel

Chers frères et sœurs,

Il y a de multiples manières de regarder cette belle scène si connue. Je vous propose ce matin d’entrer dans ce moment décisif de l’Histoire où le Ciel visite la terre en regardant la délicatesse de Dieu à l’œuvre. En fait, si Dieu est éminemment présent dans cette scène, Il est aussi éminemment discret et délicat.

Le texte évangélique dit littéralement : Fut envoyé l’Archange Gabriel par Dieu à une jeune fille…. La tournure passive met Dieu au second plan : Dieu s’efface. Il se met derrière. Et de plus, Il ne vient pas lui-même, mais envoie un ange. Certainement, ne veut-Il pas impressionner une jeune fille; Il se fait annoncer. Mais, Il a l’initiative dans toute cette scène. Il est même très présent. Très présent dans la plénitude de son être trinitaire. L’archange Gabriel évoque Dieu en tant que Père : «Le Seigneur est avec toi. (…) Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Ici Marie apparaît comme l’Epouse du Père, comme celle qui offre son humanité au projet de Dieu.

Puis l’archange Gabriel évoque le Fils : «  Voici que tu vas concevoir et enfanter un Fils. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très –Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père. » Le Fils va prendre chair dans le sein de la Vierge; pour autant, cette relation intime entre Marie et Jésus, relation de toute mère avec son fils, est déjà précédée d’une relation intime entre la Vierge de Galilée et le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu. Marie fréquente la Parole de Dieu ; elle la lit, la médite, s’en nourrit.

Enfin l’Esprit-Saint est évoqué lorsqu’il s’agira de concevoir l’Enfant en Marie : « L’Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. »

Nous voyons bien à la fois combien Dieu est éminemment présent et à l’œuvre dans tout son être trinitaire et combien Il se fait discret et délicat afin de ne pas écraser. Il attend le consentement de Marie.

De l’autre côté, nous avons la disponibilité de Marie qui s’offre sans aucune résistance, sans aucune réserve, sans aucune ombre. Bien sûr, pourra-t-on dire, Marie a la grâce de l’Immaculée Conception. Cette grâce protège sa liberté ; cette dernière demeure intacte, totalement ouverte à Dieu sans aucune obstruction, même inconsciente à Dieu. Sa vie totalement ouverte à Dieu, Marie la passe dans la prière, dans la médiation de l’Ecriture. Nous voyons cette intimité qu’a la Vierge avec l’Ecriture lorsqu’elle répondra à la salutation de sa cousine Elisabeth et prononcera le cantique du Magnificat, qui est une reprise du cantique d’Anne, mère de Samuel, dans l’Ancien Testament. Marie nous apprend que pour être disponible à Dieu, il faut vivre et habiter le silence, méditer les Ecritures, prier. Par beaucoup d’aspects, frères et sœurs, notre monde aujourd’hui nous inquiète car nous vivons une décadence de notre société : corruption des mœurs, destruction de la famille, discrédit des hommes politiques : on va d’affaires en affaires. Marie nous invite, dans ce contexte bouillonnant, à adopter une vie calme, régulière, ouverte à Dieu, posée. Nous savons que Dieu se révèle dans le doux bruit d’une brise légère et non pas dans les évènements catastrophiques, tonitruants. Pour être pleinement ouvert à l’imprévu de Dieu, il faut vivre dans le calme et la paix. Là, nous serons disponibles à Dieu.

Ainsi Marie s’offre totalement à Dieu ; elle offre son humanité non marquée par le péché. Elle accepte de ne pas maîtriser, de faire confiance à Dieu et elle lui répond : « Que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Frères et sœurs, ce que Marie nous apprend, c’est qu’on est pleinement heureux en disant « oui » à Dieu. Il n’y a pas d’autre chemin de bonheur que celui-ci. Le problème aujourd’hui est qu’on n’écoute plus Dieu…alors il est difficile de Lui dire « oui ». Ou alors, nos « oui » sont tellement difficiles, avec de telles conditions, qu’ils ne sont plus que des « oui » de surface, mais plus des « oui » ouverts. Celui qui dit « oui » à Dieu pourra faire l’expérience de la puissance de la fécondité divine : « Rien n’est impossible à Dieu ». Il n’y a qu’une chose qui rende les choses impossibles à Dieu, c’est le fait que l’homme lui dise « non ». Dans cet acte d’offrande que nous sommes appelés à vivre, plus nous sommes sans péchés, plus ce que nous offrons à Dieu permettra de goûter la puissance de sa fécondité. C’est ce que Marie vient nous redire en cette belle fête où elle s’offre sans aucune réserve à Dieu.

En ce jour de fête, prions pour tous ceux qui n’arrivent pas à dire « oui » à Dieu ; pour tous ceux qui se protègent en mettant sans arrêt des réserves ou des restrictions à leurs réponses à Dieu ou à son Eglise. Confions-les à Marie. Prions également pour tous ceux qui disent « oui » à Dieu : puissent-ils devenir à leur tour, à l’image de l’Archange Gabriel, de véritables Annonciateurs de Dieu aux autres. Amen !

]]> Homélie de la messe du 3ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-3eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 19 Mar 2017 17:39:12 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23785 +

3ème Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

Où se trouve, en chacun de nous, notre soif de Dieu ? Où est-elle enfouie ? C’est la question que nous pose la liturgie de ce 3ème dimanche de Carême.

La première lecture évoque l’expérience du peuple Hébreu. Sa soif de Dieu s’est réveillée lors des persécutions de Pharaon ; et elle les a conduits à suivre Moïse, choisi par Dieu, pour libérer le peuple. Le peuple Hébreu doit arriver à des conditions extrêmes pour retrouver la soif de Dieu. De même, dans le désert, éprouvés par la chaleur et les conditions difficiles, les Hébreux vont se révolter contre Moïse et Aaron, et derrière eux, contre Dieu. Là aussi, il faut des conditions difficiles pour rouvrir le cœur du peuple à Dieu. Ces différentes expériences nous interrogent sur notre propre soif de Dieu et sur ce qui peut l’empêcher de s’exprimer. Plusieurs facteurs peuvent intervenir.

Tout d’abord, le confort de nos vies : lorsqu’on a tout ce qu’il nous faut pour vivre (logement, travail, nourriture) surtout dans nos sociétés occidentales, eh bien, on n’a pas besoin de Dieu. Dans ce schéma-là, notre soif profonde de Dieu est refoulée, dénaturée, et dévoyée. Mais la réponse apportée par le matériel, l’argent est profondément insatisfaisante et ne répond pas au désir profond de Dieu enfoui dans le cœur de l’homme.

Notre ego ou notre suffisance peuvent aussi étouffer notre soif de Dieu. Quelqu’un qui est plein de soi, plein de surestime, de certitudes, quelqu’un qui ne se remet jamais en cause, ne laisse aucune place à Dieu. C’est aussi un des objectifs de Carême que de se vider de son « sur-moi » pour remettre Dieu en premier en nous et en nos vies.

De même, il faut faire attention à toutes les compensations plus ou moins inconscientes que nous mettons en place et qui prennent la place de Dieu : compensations affectives, de nourriture, de temps, d’activités. Fondamentalement, un chrétien est appelé à assumer le vide, le manque que Dieu a mis en l’homme. Ce vide, ce manque, c’est précisément l’espace de Dieu.

Tout homme, chrétien ou non, a en lui cette soif de Dieu, inscrite dans sa nature par Dieu lui-même. Même ceux qui disent ne pas croire en Dieu, comme certains artistes, écrivains, laissent s’exprimer souvent leur soif d’absolu dans leur œuvre, soif d’absolu qui n’est autre que leur soif de Dieu.

Alors, ayant réfléchis sur notre propre soif de Dieu, regardons les textes de ce dimanche. Nous pouvons y voir deux soifs qui se rencontrent. Il y a la Samaritaine qui a soif de sens à sa vie, d’amour vrai, de Dieu, la Samaritaine chez qui Jésus réussit à faire ressortir cette soif, étouffée par une vie dissolue, mais qui ne la contente pas. Et il y a Jésus qui a soif, bien sûr naturellement, mais aussi surnaturellement. Il a soif d’accomplir la mission de son Père, de donner à cette femme cette eau vive qui pourra la rendre pleinement heureuse. En fait, il y a deux soifs : la soif de l’homme qui cherche Dieu et la soif de Dieu qui cherche à se donner à l’homme. Et ces deux soifs se rencontrent en Jésus. Sur la croix, Jésus redira quelques instants avant sa mort : « J’ai soif. » Il y a plusieurs manières de comprendre cette parole. Jésus a soif naturellement, comme souvent les agonisants ont soif, en raison de l’épuisement du corps. Mais, on peut aussi entendre la soif que Dieu a de l’amour de l’homme, terrible demande prononcée au moment où l’homme tue Dieu. Comme on peut aussi entendre la soif, assumée par Jésus dans la continuité de sa mission de Rédempteur, de tout homme qui cherche Dieu. Toutes ces lectures confirment que la réponse à la soif est en Jésus lui-même. Jésus est la réponse à la soif de tout homme. Il est la soif de l’homme et la réponse de Dieu. Il stimule la soif en demandant un service : « Donne-moi à boire ». Et Il étanche la soif en se donnant lui-même : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais Celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé et Il t’aurait donné de l’eau vive. »

Cette remarque est importante car elle nous apprend comment Dieu procède pour éveiller notre soif, autrement que par la confrontation aux difficultés. En nous demandant un service, en demandant de nous donner. Et c’est dans la réponse à ce service que nous permettons à notre soif d’être véritablement étanchée.

Frères et sœurs, prions pour tous ceux qui refusent de rendre service à ceux qui le leur demandent, pour tous ceux qui refusent de rendre service à Dieu à travers son Eglise. Rendons grâce pour tous ceux qui donnent soif de Dieu autour d’eux ; et prions pour nos catéchumènes Anthony et Aurèle qui vont vivre aujourd’hui leur premier scrutin : que Dieu leur permette de mettre à jour au plus profond d’eux-mêmes leur soif de Dieu. Amen !

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Homélie de la messe du 2ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 12 Mar 2017 14:04:29 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23749 +

2ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

En ce jour où nous méditons sur l’épisode de la Transfiguration de Jésus, épisode extraordinaire dans tous les sens du terme, l’occasion nous est donnée de réfléchir sur la prière; la prière qui fait partie des 3 voies que l’Eglise nous invite à soigner en ce temps de Carême. Car la Transfiguration du Christ est essentiellement une expérience de prière à laquelle vont assister Pierre, Jacques et Jean.

Entre autre choses, cet épisode confirme la divinité de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Dieu nous invite dans la prière à écouter son Fils. Pas seulement à l’entendre. La différence entre le fait d’entendre et le fait d’écouter réside dans le fait qu’entendre Dieu nous parler n’implique pas de lui obéir. Ecouter Dieu, c’est suivre ce qu’Il nous dit. Dans la première lecture, Abraham écoute Dieu ; il lui obéit et part à l’aventure. L’histoire d’Abraham est une allégorie de la prière. Abraham accepte de quitter ce qui lui est propre, famille, parenté, pays pour partir il ne sait où, mais confiant en la Parole de Dieu, porteuse d’une promesse. Pour vraiment écouter Dieu dans notre prière et dans notre vie, nous devons nous aussi être capables de quitter notre monde, nos manières de voir, de penser pour aller vers l’inconnu, vers ce que nous ne connaissons pas, que Dieu seul connait, mais qui est porteur d’une promesse. En fait, on ne peut pas réellement prier et encore moins obéir à Dieu si nous n’acceptons pas de lâcher prise. Et c’est l’écoute de Dieu, c’est-à-dire l’obéissance à ce que Dieu nous dit, qui est gage de fécondité. La promesse que Dieu fait n’est pas réservée seulement au peuple Hébreu, ni à une élite de ceux qui seraient de supers chrétiens. Elle est faite à chacun d’entre nous. Dieu veut nous donner infiniment plus que ce que nous pouvons souhaiter ou même imaginer. C’est dans cette perspective qu’il faut vivre la prière, la relation avec Dieu.

Ce que je développe là de la prière a un présupposé : c’est que la prière ne peut se réduire à un monologue avec Dieu ou simplement le fait de dire mes prières. La prière est une rencontre entre Dieu et celui qui prie ; elle prend la forme d’un dialogue car Dieu nous a crées libres et il fait partie de notre dignité humaine que de lui répondre et parfois même de lui résister. Profitons de ce temps de Carême pour soigner dans notre prière l’écoute de Dieu et pour dépasser le monologue avec Dieu.

L’épisode de la Transfiguration nous apprend également que la prière transforme notre vision des autres et du monde. Pierre, Jacques et Jean vont voir en l’homme Jésus la divinité. Ils s’affranchissent de l’espace et du temps, voient Elie et Moïse. La proposition de Pierre de monter trois tentes nous laisse supposer que cet épisode se déroule lors de la fête des tentes, la fête de Soukkôt. Cette fête rappelle les cabanes que les Hébreux s’étaient construites dans le désert lors de l’exode et est une préfiguration des demeures dans lesquelles les Justes habiteront à la fin des temps lors des temps messianiques. Cette discrète allusion à la fête des tentes confirme la divinité de Jésus : Jésus est le Messie attendu, Il est la véritable tente dans laquelle Dieu habite. C’est donc une des grâces de la prière que d’éduquer notre regard à percevoir la divinité, la présence de Dieu voilée sous les apparences de l’humanité. Celui qui prie est capable de regarder différemment les autres, il est appelé à voir en tout homme la présence voilée de Dieu, à voir dans les évènements du monde la discrète présence de Dieu ou encore à savoir que, même lorsque Dieu paraît absent, Il est présent. Exerçons nous nous aussi à chercher dans nos frères et sœurs la présence de Dieu, en particulier chez celles et ceux que nous avons le plus de mal à aimer.

Le dernier élément que je reprendrai, c’est que la Transfiguration de Jésus est l’annonce de notre future transfiguration. Tout notre être est appelé à être transfiguré, à se laisser progressivement diviniser. La prière en est le premier instrument. Mais la Communion, eucharistique ou spirituelle, en constitue la cause principale. La sainte hostie est déjà une transfiguration de Jésus. Plus nous communions ou plus nous adorons le Saint Sacrement, plus nous laissons notre humanité être transformée par la divinité. Notre transfiguration, qui sera totale et effective à la fin des temps, se construit déjà dès maintenant. Elle nous fortifie en outre pour affronter les épreuves de cette vie, tout comme la Transfiguration de Jésus a affermi Pierre, Jacques et Jean avant l’épisode de la Passion. Mais l’affermissement de notre foi ne signifie pas que nous comprendrons tout ce qui va se passer. En fait, nous nous rendons compte que Dieu nous prépare, dans notre vie, à vivre ce qui va arriver, même si le sens nous échappe.

Frères et Sœurs, demandons la grâce au Seigneur de pouvoir le rencontrer toujours plus profondément dans la prière pour que nos vies, nos actes et nos paroles soient toujours plus à l’image de Celui en qui nous croyons. Amen !

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Homélie de la messe du 1er dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-1er-dimanche-de-careme-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 05 Mar 2017 16:00:25 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23726 +

1er Dimanche de Carême

Frères et sœurs,

En ce premier dimanche de Carême, nous retrouvons Jésus au désert tenté par le diable. La confrontation entre Satan et Jésus est décisive : si Jésus tombe dans le piège tendu par Satan, alors c’est toute sa mission de Rédempteur qui s’effondre. Je souhaiterais méditer avec vous sur ces 3 tentations non pas par rapport à leur objet, mais en regardant la manière dont le diable attaque Jésus. Parce que la manière avec laquelle Satan procède est la même qu’il utilise par rapport à nous.

Alors, il y a un présupposé à tout ce que je vais dire : c’est que le diable existe. Je le dis, car certains courants dans l’Eglise, parfois certains pasteurs, ont nié jusqu’à son existence ou ont tourné en dérision ce que l’Eglise dit du démon. Ces considérations sont hérétiques, non conformes à la foi de l’Eglise. Malheureusement le démon existe et il sait se rappeler à nous pour nous embêter. Alors voici son mode d’action ordinaire : en fait il oscille entre deux extrêmes : ou bien il fait croire qu’il n’existe pas et est en ce sens totalement libre pour agir ; ou bien il fait croire qu’il est tout-puissant, ce qu’il n’est évidemment pas, et nous fait ainsi peur et nous déstabilise. Pour entrer pleinement dans la combat spirituel, il faut savoir comment agit notre adversaire, et, dès lors, les choses deviennent plus facilement intelligibles.

Ceci étant dit, regardons les 3 angles d’attaques qu’utilise le démon dans son combat avec Jésus. Satan attaque Jésus dans sa fragilité humaine. St Matthieu prend bien le soin de nous dire : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Jésus eut faim. Le tentateur s’approcha de Lui… » Le démon attaque quand Jésus se trouve en situation de faiblesse, de fragilité, quand Il a faim, après quarante jours et quarante nuits de jeûne. On appelle souvent le démon « le Malin ». Le Malin parce qu’il est intelligent. C’est un esprit, donc il est non corporel ; il a donc des facultés que nous n’avons pas. Il sait des choses ; il nous connaît, pas aussi profondément et parfaitement que Dieu, mais il nous connaît. Il sait où sont nos fragilités, nos blessures. Et c’est souvent là qu’il nous attaque, parce que nous sommes plus vulnérables ; parce que la réalité du péché originel fait que, lorsque nous sommes blessés, fragiles, nous avons tendance à vouloir nous débrouiller nous-mêmes, à garder nos blessures pour nous, à ne pas vouloir les présenter à Dieu. Or, c’est tout l’inverse qu’il faut faire. Il faut en fait présenter à Dieu nos blessures, nos fragilités, nos pauvretés afin qu’Il les guérisse, qu’Il les purifie. Le meilleur médicament est le sacrement de la confession. Car, nous recevons de Dieu la grâce de l’absolution. Et cette grâce divine agit efficacement pour nous guérir en profondeur. Dieu nous apprend non pas à fuir nos fragilités, ou à les masquer ou à compenser, mais au contraire, Il nous apprend à les assumer pour qu’Il puisse, Lui, les guérir. La guérison est dans l’assomption. Aucun homme ne sera jamais sans fragilités ; mais Jésus nous invite à les Lui présenter, et alors, le démon n’aura plus de prise sur elles.

Autre angle d’attaque : le démon attaque l’œuvre de Dieu. « Si tu es le Fils de Dieu » ne cesse-t-il pas de dire à Jésus. Il attaque la divinité de Jésus. Il l’attaque en la mettant en cause, en incitant Jésus à prouver qu’Il est Dieu, en l’incitant à utiliser la toute-puissance de sa divinité pour ne pas assumer la faiblesse ou les limites de son humanité. On voit bien ici ce que je disais plus haut : le démon attaque en nous incitant à ne pas assumer, à tricher. Mais, plus que nous attaquer nous-mêmes, le démon attaque de préférence l’œuvre de Dieu en nous : ce que Dieu construit, ce qui en nous est l’image de Dieu. St Léon le Grand dit dans un de ses Sermons de Carême : « Comprenons bien que, plus nous apporterons de soin à notre salut, plus violentes seront les attaques de l’ennemi. » (Sermon XXXIX 3 sur le Carême). Voilà une deuxième règle pour comprendre en profondeur le combat spirituel.

A ce sujet, il me semble important de vous redire ceci : le démon n’a, ordinairement, aucun moyen d’action sur la réalité même des choses. Mais il se débrouille pour que nous-mêmes nous abîmions les choses, les réalités divines, l’œuvre de Dieu. Plus l’œuvre de Dieu est belle, plus elle est à l’image de Dieu, que cela soit dans une personne, dans une relation humaine, dans un projet, plus le démon va chercher à la salir, à la pourrir. Pas tellement en faisant que le cœur même de l’objet soit mauvais ; je vous le redis, il n’a pas un grand pouvoir là-dessus ; mais en incitant, en suggérant un regard mauvais sur la réalité en question, en jetant le discrédit, en suggérant de fausses et malsaines intentions, en pervertissant le regard posé sur la réalité en question. Pourquoi croyez-vous que les pires attaques contre l’Eglise viennent du dedans ? Parce que c’est l’œuvre du démon ! Par ailleurs, le démon est fin et subtil. C’est-à-dire qu’il ne va pas forcément attaquer avec ses gros sabots, avec des intentions clairement mauvaises ; mais il va accentuer chez tel ou tel, à partir de frustrations, de jalousies, de blessures, de limites, ou à partir de qualités humaines poussées à l’orgueil, il va faire naître une intention pas droite, dévoyée qui va attaquer l’œuvre de Dieu. Alors, tout ceci nous amène à exercer un discernement assez fin et serré. Retenons la règle générale de ce mode opératoire : plus les choses sont belles et dignes de Dieu, plus elles disent quelque chose de Dieu, plus le démon va chercher à les pourrir.

Troisième angle d’attaque de Satan : il vient nous attaquer avec nos armes, sur notre terrain. Regardons dans l’Evangile comment il attaque Jésus.  Jésus répond à la première attaque du démon en citant l’Ecriture : «  Il est écrit : ‘Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.’ » Et le démon prend les armes de Jésus pour ré-attaquer. Il cite l’Ecriture, il utilise la Parole de Dieu ! C’est assez fort ! Il n’a peur de rien. Attaquer Celui qui est la Parole de Dieu avec la Parole de Dieu. Mais, comme dans la première lecture avec Eve, il utilise la Parole de Dieu en la pervertissant : « Alors Dieu vous a dit : ‘Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ?’ » demandera-t-il à Eve. Mais Dieu n’a pas dit ça. Avec Jésus, même procédé : il cite l’Ecriture pour donner une apparence de vérité à son mensonge, mais tout en la dénaturant, en la dévoyant. Qu’est-ce que cela nous dit frères et sœurs ? Que le démon nous attaque avec nos armes, sur un terrain qui nous est familier, afin de ne pas éveiller nos soupçons. Bien plus, il nous attaque avec des arguments qui ont l’apparence du bien. Comment ne pas tomber dans les manœuvres du démon ? Eh bien, en ayant soin de purifier nos intentions ; en laissant la lumière de la Vérité éclairer telle ou telle situation, réalité. En regardant aussi les fruits. Jésus nous donne un critère important de vérification : « Un bon arbre donne de bons fruits, un mauvais arbre donne de mauvais fruits. »

Frères et sœurs, la vie chrétienne, la vie spirituelle, ce n’est pas autre chose que d’entrer dans ce combat. Mais avant de le mener dans le monde et pour le monde, il faut d’abord le mener en soi. Ce combat, si nous le menons seul, nous le perdrons, car nous ne sommes pas des sur-hommes et notre humanité est affaiblie par le péché originel, par le péché actuel. Notre victoire, elle est en Jésus qui, Lui, a gagné ce combat contre le diable. Ouvrons-nous à Jésus dans tous nos combats : reconnaissons-le dans nos combats, reconnaissons-nous dans ses combats, et alors, Il nous apportera le salut et la victoire. Amen !

]]> Homélie de la messe du Mercredi des Cendres du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-mercredi-des-cendres-du-pere-julien-palcoux-2 Thu, 02 Mar 2017 08:47:28 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23706 +

Mercredi des Cendres

« Revenez à moi de tout votre cœur ! »

Frères et sœurs,

L’Evangile que nous venons d’entendre nous présente les 3 voies que l’Eglise propose, à la suite de Jésus, pour revenir à Dieu : la prière, l’aumône et le jeûne. Qui dit « retour à Dieu » dit « se détourner de tout ce qui nous éloigne de Dieu ». Pour vivre un bon Carême, pour véritablement redevenir un homme ou une femme de Dieu, il nous faut emprunter ces 3 voies : la prière, l’aumône et le jeûne.

Au sujet de la prière, regardons ce qui prend de la place dans notre vie. Peut-être pour privilégier un temps de prière, nous faudra-t-il renoncer à de l’ordinateur, la tablette, la télé ? Peut-être faudra-t-il se coucher plus tôt, justement pour pouvoir se lever plus tôt et pour pouvoir prier ? A ce sujet, je vous rappelle que la journée pour un chrétien commence la veille au soir…et non le matin ! Vivons la prière comme le lieu non pas où je parle d’abord à Dieu, mais comme le lieu où j’écoute d’abord Dieu qui me parle. Dans les collectes (les premières oraisons de la messe) du temps du Carême, dans les lectures, dans l’Evangile, Dieu me parle. Et Dieu ne parle jamais pour rien. Sachons l’écouter ! Il a tellement de choses à nous dire ! Je vous rappelle pour ceux qui habitent Verneuil que tous les matins il y a une demi-heure d’oraison à l’église Notre-Dame suivie de l’office des Laudes. Et comme les autres années, tous les vendredis de Carême, il y a un chemin de croix dans chacune des communautés toujours à 18h00.

L’aumône est une autre pratique très belle de la charité. En fait l’aumône permet de faire du bien tant du côté de celui qui donne que de celui qui reçoit. Celui qui donne voit dans le pauvre à aider le Christ ; celui qui reçoit voit dans celui qui donne le visage du Christ. L’aumône permet de soulager celui qui a besoin et elle permet de sanctifier celui qui donne. A ce sujet, St Pierre affirme dans une de ses lettres : « La charité couvre une multitude de péchés. » 1 P 4, 8 Il y a quelque chose de très beau dans cet acte de l’aumône : c’est qu’un seul acte est un secours pour les deux : tant pour celui qui a besoin, que pour celui qui donne. Cette année, nous reconduisons deux collectes. Nous soutenons l’Association Solidarité Chrétiens d’Orient qui vient en aide aux victimes de la guerre civile en Syrie en aidant financièrement un hôpital tenu pour des religieuses à Alep. Et nous soutenons l’école que le Père Patrick-Hervé N’Dong construit sur sa paroisse au Cameroun. Vous pourrez nous faire parvenir vos dons sous enveloppe en marquant bien dessus le destinataire retenu ou bien au moyen des paniers de quête ou bien aux permanences paroissiales.

Le jeûne quant à lui est une des plus anciennes pratiques pénitentielles connues. Il est aussi une de plus efficaces. Car se priver de nourriture, ou réduire son alimentation, revient à discipliner son corps et aide grandement à soutenir nos efforts de conversion. Le jeûne nous aide à avancer notamment lorsque nous nous heurtons à des résistances dans notre conversion. Je rappelle à ce sujet que l’Eglise demande de s’abstenir de viande tous les vendredis de l’année (à moins que ne tombe une Solennité le Vendredi) et les Mercredi des Cendres et Vendredi Saint  (canon 1251); et qu’elle demande de jeûner les Mercredis des Cendres et Vendredi Saint. Sont concernés par le jeûne tous les fidèles majeurs jusqu’à 60 ans ! (canon 1252).

Pour que notre démarche de conversion soit complète, il faut aussi accepter de « se laisser réconcilier avec Dieu » comme le dit St Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Sinon, nous risquons de tomber dans une pratique purement disciplinaire et égocentrée. St Paul écrit en effet : « Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Cette parole est importante car elle ne dit pas : « Réconciliez-vous avec Dieu », mais elle dit : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ». St Paul nous dit que Dieu est à l’œuvre pour permettre notre réconciliation. C’est Lui qui a l’initiative. Bien souvent, lorsque nous évoquons la réconciliation, qu’elle soit par rapport à Dieu ou par rapport à nos frères et sœurs, nous pensons que c’est à nous de prendre l’initiative, de commencer le chemin. Ce que dit St Paul est un petit peu plus subtil. Il sous-entend que c’est Dieu qui commence le travail ; mais, il est vrai qu’à un moment donné, ce sera bien à nous d’aller effectuer la démarche de réconciliation. Profitons de ce temps de Carême pour regarder comment Dieu travaille et guide nos différentes réconciliations : qu’elles soient par rapport à Lui ou par rapport aux autres. Et ne passons pas à côté de l’acte de la réconciliation qui s’accomplit dans le sacrement du pardon ou la démarche pénitentielle. Il ne peut y avoir de réconciliation véritable, il ne peut y avoir de pardon sûr et certain sans le sacrement de la confession ou de la réconciliation. Bien sûr, en dehors de tous les samedis matins où il y a une permanence de confessions à Notre-Dame, il y aura des confessions de proposées dans toutes les communautés avant Pâques. Mais, il y aura aussi une après-midi du pardon le vendredi 31 mars ici même dans cette église de 14h00 à 20h00 avec 6 prêtres qui se relaieront pour vous recevoir. Saisissez cette occasion pour recevoir le pardon de Dieu !

Frères et sœurs, pour terminer, n’oublions pas que le Carême est le temps où les catéchumènes se préparent à recevoir le sacrement de la Renaissance. Prions pour eux ! Pour Anthony, Aurèle et pour les enfants du catéchisme qui recevront le sacrement du Baptême et pour certains d’entre eux le sacrement de la Confirmation et de la Sainte Communion. Bon et Saint Carême à vous tous ! Amen !

]]> Homélie de la messe du 8ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-8eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 26 Feb 2017 17:50:37 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23682 +

8ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Nous continuons à approfondir l’enseignement de Jésus à ses disciples que l’on appelle dans l’Evangile selon St Matthieu le Sermon sur la montagne. Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sur nos engagements de chrétiens, à prendre la mesure de nos « oui ». Quand on est chrétien, on ne peut pas dire « oui » à tout et n’importe quoi.

Je voudrais pour illustrer ce que je vous dis reprendre les 3 questions que l’Eglise pose aux catéchumènes qui vont être baptisés, ces 3 questions que l’on retrouve dans la profession de foi baptismale. Ecoutez bien ces 3 questions : 1) Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ? 2) Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ? 3) Pour suivre Jésus-Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ? Il est bon de ré-entendre ces questions car lorsque nous avons été baptisés tout petits, nous avons du mal à prendre la mesure de ce à quoi nous devons renoncer pour devenir chrétiens. Mais nos « oui » sont à la mesure de nos « non ». Il est vrai qu’un chrétien qui n’est pas clair, pas en vérité sur ce à quoi il doit renoncer ne peut pas être un chrétien en vérité. Attention, il ne s’agit pas d’intégrisme comme aiment à le dire les champions de la compromission, il s’agit de cohérence.

Cette rectitude dans la foi à laquelle nous invite Jésus n’est certes pas facile. On le voit lorsque des époux chrétiens cherchent à rester fidèles l’un à l’autre même dans les difficultés ou les crises, lorsque l’on défend la vie dans ses phases les plus fragiles ou dépendantes et que la société institue un droit à tuer, lorsqu’on décline un emploi parce qu’il nous mettra en opposition avec nos convictions profondes, avec les valeurs de l’Evangile. Frères et sœurs, ce qu’il faut se redire, c’est que les Eglises qui sont fortes, fécondes, missionnaires, dynamiques sont des Eglises qui sont fidèles aux principes de l’Evangile ; ce sont les Eglises qui ont été persécutées par des régimes totalitaires comme en Pologne, au Vietnam ; des Eglises où les fidèles sont martyrisés. Alors que les Eglises qui se sont complètement diluées, assimilées à la société, qui n’affirment plus leurs valeurs ou leurs principes sont des Eglises décadentes et en perte de dynamique missionnaire. Il ne s’agit pas d’être en opposition au monde ; il s’agit d’être fidèles à l’Evangile et de demeurer libres par rapport à l’Esprit du monde : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » nous dit Jésus.

Il y a aussi une autre manière de comprendre cette parole de Jésus. Jésus nous appelle à être au clair sur nos priorités, à Lui laisser de la place dans nos choix, à le placer en premier : « Ne vous faîtes pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Un des maux de notre temps, c’est que lorsque nous accordons du temps ou de la place à Dieu, bien souvent nous faisons ce que nous avons à faire, et sur le temps qui nous reste, nous accordons du temps pour Dieu. Et il est sûr que par rapport à tous ceux qui vivent dans l’indifférence de Dieu, on pourrait se dire que c’est déjà bien de consacrer du temps à Dieu. Mais Jésus nous appelle à quelque chose de plus : à le placer en premier. Et le reste viendra tout seul. Je suis sûr que vous avez déjà expérimenté ceci. Vous avez une journée très chargée, vous ne savez pas comment caser tout ce que vous avez à faire ; vous avez envie de prendre un temps de prière, mais quand le mettre ? Eh bien, vous avez certainement fait l’expérience que, en commençant votre journée par ce temps de prière, vous arrivez non seulement à tout faire, mais en plus tout se passe assez facilement et de manière fluide ! Et ceci est logique, parce que Dieu nous donne sa force, son dynamisme et Il nous aide à faire ce que nous avons à faire si nous le lui confions. Frères et sœurs, si vous êtes débordés par tout un tas de choses, si vous n’arrivez plus à voir le jour, si vous avez l’impression d’être écrasés, il faut faire du tri et ordonner les choses. Qu’est-ce qui est urgent ? Qu’est-ce qui est important ? par rapport à mes devoirs d’état, mes engagements ? Qu’est-ce secondaire ? Et surtout, où ai-je placé mon temps de prière avec Dieu ? L’Eglise par prudence et sagesse invite toujours à placer nos temps d’oraison, de prière le matin plutôt que le soir, car si nous n’avons pas réussi à les honorer le matin, on peut toujours les replacer dans la journée ; tandis que s’ils sont prévus en fin de journée, et qu’un imprévu survient, l’ensemble risque d’être compromis. « Dieu Premier servi ! » disait Sainte Jeanne d’Arc ! Il y a une grande sagesse dans cette parole.

Cette attitude obéissante qui consiste à placer Dieu en premier dans notre temps, nos préoccupations, nos activités et à placer en second nos autres préoccupations sera facilitée si nous nous abandonnons à la Providence, si nous faisons confiance à Dieu : « Mais votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Les choses se passent le plus souvent selon ce que Dieu veut lorsque nous les laissons faire plutôt que lorsque nous cherchons à les organiser. L’attitude fondamentale de confiance en la Providence repose sur cette conviction énoncée par le prophète Isaïe dans la première lecture : « Même si une femme pouvait oublier son enfant, moi je ne t’oublierai pas. » Dieu est toujours là et ne fait jamais défaut. De plus, l’abandon à la Providence divine nous évitera aussi de prononcer des jugements hâtifs et faussés comme l’évoque St Paul dans la deuxième lecture : « Ne portez pas de jugements prématurés, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et il fera paraître les intentions secrètes. »

A l’heure où beaucoup de monde se préoccupe de son rythme de vie, de sa qualité de vie, accueillons l’enseignement de Jésus qui se préoccupe de notre qualité de vie : remettons Dieu en tête de nos priorités, abandonnons-nous davantage à la Providence, laissons Dieu agir dans nos existences et nous vivrons mieux. Amen !

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Homélie de la messe du 6ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-6eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 12 Feb 2017 11:30:16 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23599 +

6ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Une écoute peu attentive ou superficielle de cet Evangile pourrait donner l’impression que Jésus relativise la Loi. C’est d’ailleurs l’interprétation que les scribes et les Pharisiens feront. En fait, il n’en est rien. Deux choses sont importantes. Jésus apparaît tout d’abord comme le Maître de la Loi, et non pas comme le sujet. Et puis, c’est en réalité tout l’inverse. Jésus délivre un enseignement beaucoup plus exigent que celui de la Loi. J’en reprends simplement un exemple : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.’ Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère, en répondra au tribunal. »Quelle attitude Jésus nous invite –t-il à adopter par rapport à la Loi ? Jésus nous montre que la Loi tend vers un accomplissement qui est l’Amour : l’amour de Dieu et du prochain. En fait, Jésus place l’amour au-dessus de la Loi ; non pas en opposition, mais en finalité. Et puis Jésus nous invite à avoir une intelligence de la Loi, c’est-à-dire qu’Il nous invite à la comprendre, à en rechercher la finalité. La perfection chrétienne, ou je pourrais le formuler autrement, la sainteté, ne se jouent pas dans l’application totale et complète de la Loi, mais dans l’Amour. Le Saint Pape Jean-Paul II a mis en valeur le principe de la gradualité de la Loi. Il nous invitait, à la suite de Jésus dans l’Evangile, à adopter une attitude bienveillante par rapport à la Loi divine, à l’enseignement de l’Eglise, qui parfois, peuvent nous sembler très/trop exigeants, durs. Jean-Paul II nous invitait à nous positionner par rapport à la Loi en question, à la règle, pour ensuite nous inviter à progresser vers l’accomplissement de la Loi. La sainteté se joue effectivement sur ce chemin que nous parcourons.

Mais l’attitude de Jésus révèle une autre question, que nous retrouvons d’ailleurs toujours aujourd’hui, qui est celle de la purification de la Loi. Si la Loi est d’inspiration divine, elle est toujours confiée à des hommes. Et si, dans son essence la loi divine est parfaite, dans son application elle est toujours liée à notre humanité qui, elle, est pécheresse. Par conséquent au fur et à mesure que la Loi s’étend dans le temps, elle est de plus en plus sujette à une altération et à une certaine corruption. C’est le prix à payer pour une rencontre avec le monde. Ailleurs dans l’Evangile, au sujet du mariage, Jésus évoque la Loi de Moïse en expliquant que Moïse a donné cette Loi en raison de l’endurcissement du cœur des hommes. Mais, ajoute-t-il, « au début il n’en était pas ainsi. »

Ce que je vous dis de la Loi divine est vrai dans d’autres domaines. Il y a eu de multiples réformes dans la famille des bénédictins, réformes dues à l’altération, parfois à la corruption, des règles monastiques. Ainsi sont nées de différentes réformes les Trappistes, les Franciscains. Il y a eu la même chose chez les Carmes avec notamment Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix. Il en va de même en liturgie, où régulièrement il faut « purifier » notre manière de prier pour revenir à l’essentiel. Cette purification est l’œuvre de l’Esprit-Saint qui aide à revenir à l’essentiel. Un des signes des sociétés décadentes réside dans le fait qu’on promulgue des lois qui sont opposition à la Loi naturelle. C’est malheureusement le mouvement dans lequel est entré l’Occident depuis plusieurs décennies. La loi civile est en opposition à la Loi naturelle. On le voit lorsqu’on demande à la Loi de faire ce que la nature ne peut pas faire. Cette décadence est aujourd’hui facilitée par le fait que la Loi naturelle, la Loi qui est inscrite dans le cœur de l’homme, qui lui fait sentir qu’il devient heureux en faisant le bien et non le mal, est contestée par certains et en tout cas méconnue même chez les chrétiens. Et lorsqu’on n’est plus d’accord sur un socle de valeurs communes, alors la vie ensemble devient de plus en plus difficile et on est obligé de multiplier les Lois pour répondre aux difficultés grandissantes qui viennent du rejet de la Loi naturelle et ultimement de Dieu.

Evangéliser dans le monde d’aujourd’hui…grande question que se posent beaucoup de diocèses. Qu’est-ce que la « Nouvelle Evangélisation » ? Comment évangéliser ? En tout cas, deux pistes se dégagent de la médiation de cet Evangile que nous faisons : premièrement en faisant redécouvrir la Loi naturelle. Cette Loi à laquelle toute personne dont le bon sens n’a pas été perturbé adhère. Que l’on soit chrétien ou non, on reconnaît qu’il y a une plus grande valeur à faire le bien plutôt que le mal. Deuxièmement : en travaillant à la formation des consciences ; à l’éclairage des consciences. Tout le monde a cette petit voix intérieure qui lui dit : « Ce que tu vas faire n’est pas bien. » ou alors « Ce que tu vas faire est bien. » Mais, la relativisation des valeurs, la déchristianisation des institutions, des familles complique l’éducation des consciences. La multiplication des Lois ne protègera pas plus ; elle ne rendra pas plus heureux. Par contre, l’Evangile et la foi libèreront davantage l’homme et le rendront heureux. Confions au Seigneur tous ceux qui ont une vocation de parents, d’éducateurs, de catéchistes, de formateurs, afin qu’ils s’inspirent toujours davantage de l’Evangile et de la miséricorde de Dieu. Amen !

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Homélie de la messe à la Mémoire de Notre-Dame de Lourdes du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-a-la-memoire-de-notre-dame-de-lourdes-du-pere-julien-palcoux Sat, 11 Feb 2017 11:59:26 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23597 +

Mémoire de Notre-Dame de Lourdes

Entrée d’une candidate dans la confrérie de la Sainte Vierge

Frères et sœurs,

C’est en plein hiver 1858 que le Ciel s’est ouvert et que la Vierge Marie est apparue à la petite Bernadette qui avait un grand désir de faire sa première Communion mais qui ne parvenait pas à retenir ses prières. Le 11 Février commençait un cycle de 18 apparitions qui allaient non seulement transformer la vie de la petite Bernadette et de sa famille, mais aussi transformer l’Eglise de Lourdes, mais encore la vie d’un grand nombre de malades et de chrétiens.

Les apparitions de Celle qui se nommera «l’Immaculée Conception » s’inscrivent dans la mission que Jésus confie à sa Mère à quelques minutes de sa mort, lorsqu’Il lui confie son disciple Jean. Avec Jean, Jésus confie à sa Mère, tous les Apôtres, les disciples, l’Eglise, mais aussi tous les hommes. Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, nous voyons Marie intervenir auprès de son Fils pour les besoins des hommes. Et en même temps, elle invite les hommes à obéir à Jésus. Sa médiation joue dans les deux sens.

Le message que Notre-Dame délivre à Lourdes est un appel à la conversion, à la vie chrétienne. On peut être baptisé, mais ne pas vivre chrétiennement. Marie demande à Bernadette de mimer la laideur du péché pour manifester la grâce du baptême qui purifie et nous lave de tout péché. A Lourdes, Notre-Dame nous redit que les petits, les malades ont la priorité dans le cœur de Dieu. Ils sont ceux qui accueillent le plus facilement l’Evangile.

Chers amis membres de la Confrérie de la Sainte Vierge, votre engagement au sein de la confrérie vous place à la suite de Notre-Dame qui intercède auprès de Jésus pour les hommes. Comme Marie, vous présentez à Jésus, par l’intercession de sa Mère, les prières que l’on vous confie. Votre engagement est profondément marial. Vous n’attendez rien de ce service que vous rendez ; vous acceptez seulement d’être des intermédiaires. Il est bon de ré-entendre que notre prière est plus forte, plus puissante, plus féconde, lorsque nous-mêmes nous nous convertissons, lorsque nous-mêmes nous renonçons au péché et que nous accueillons le pardon de Dieu donné dans le sacrement de la confession. Il est bon de ré-entendre que notre prière est plus forte lorsque nous prions ensemble, en communion, en Eglise.

A quelques semaines de l’entrée dans le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima, je vous invite à prier Notre-Dame pour que notre confrérie réussisse à s’ouvrir aux enfants ; pour que notre confrérie et notre paroisse s’enrichissent de la prière des enfants. Ce n’est pas le fruit du hasard si à chaque fois la Vierge Marie apparaît à des enfants ; si c’est à eux qu’elle délivre ses messages, qu’elle confie ses intentions les plus importantes. La Vierge Marie nous invite à nous appuyer sur la prière des enfants. Il y a ici pour notre paroisse et notre confrérie un enjeu de taille. Que Notre-Dame nous aide à le relever et qu’Elle nous accorde à nous tous, ainsi qu’à tous ceux qui se confient à notre prière, sa bénédiction maternelle. Amen !

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Homélie de la messe du 5ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-5eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-4 Mon, 06 Feb 2017 08:19:01 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23571 +

5ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

La liturgie de l’Eglise Catholique a repris les deux signes que Jésus évoque à ses disciples : le sel et la lumière. Ces deux signes ont été repris dans la liturgie du baptême pour caractériser justement la mission des baptisés. Le sel était employé dans les rites préliminaires au sacrement du baptême dans l’ancien Ordo pour éveiller le goût aux choses sacrées. Ce rite reprend la parole de Jésus dans l’Evangile : « Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? ». Mais le sel évoque aussi la protection. Les plus anciens parmi nous savent bien que, du temps où les frigidaires n’existaient pas, on gardait les aliments dans du sel. D’une certaine manière, le sel est un antidote contre la corruption. On retrouve ici les racines du sel servant à protéger contre le mal. Certains dans nos campagnes normandes viennent demander du sel béni pour protéger leur maison, leurs biens. D’où cela vient-il ? De l’Evangile et des premiers rites du baptême célébré avant le Concile Vatican II !

La lumière est un signe auquel nous sommes plus habitués. Nous l’avons gardée dans la célébration actuelle du baptême lorsque le ministre transmet le cierge, allumé au cierge pascal, au parrain du ou de la future baptisé (e). La lumière signifie la Vie du Christ Ressuscité, la foi, que le parrain est chargé de transmettre à son filleul. Elle signifie aussi que le baptisé est appelé, par sa foi, à éclairer les autres.

Ce que je retiens de ces deux signes, c’est qu’ils nous caractérisent. Ils nous définissent. Ils disent à la fois ce que nous devons être, mais aussi déjà ce que nous sommes. Nous pouvons déjà en tirer une première conséquence. C’est que les chrétiens sont appelés à s’afficher, à assumer ce qu’ils sont et non pas à se cacher. Beaucoup de personnes chrétiennes qui ont vécu dans les années post-conciliaires, années où la réception du concile s’est confondue avec Mai 68, se sont idéologiquement retrouvées dans l’enfouissement de la foi. C’est-à-dire qu’elles ont fait de la foi une affaire strictement personnelle, déniant et critiquant toute expression publique de la foi chrétienne. On le voit encore d’ailleurs dans certaines réactions hostiles aux processions ! Mais, ces personnes, qui ont milité, soutenu, favorisé la disparition des signes extérieurs de chrétienté, qui ont aussi approuvé une certaine désacralisation de la liturgie, se plaignent que leurs enfants, petits-enfants, n’ont pas accueilli généreusement la foi chrétienne. Eh ! On récolte ce que l’on a semé !

En revenant aux images qu’emploie Jésus, on comprend bien ce que doivent être des chrétiens. Dans la nourriture, on fait la différence entre ce qui est salé et ce qui ne l’est pas. Dans la vie, on fait la différence entre ce qui est éclairé et ce qui ne l’est pas. Le sel, comme la lumière, apportent quelque chose de plus qui va distinguer, différencier ce qu’ils touchent. Il est donc contre nature de ne pas vouloir se distinguer, se différencier.

Alors, laissons de côté l’idéologie pour revenir à l’être humain. Nous touchons ici une réserve, ou plutôt une tentation,  que l’on rencontre souvent chez l’être humain : c’est celle de ne pas vouloir être à part, celle de ne pas vouloir ou ne pas assumer d’être soi-même, distinct et différencié des autres. Parfois, on est plus tranquille à être comme les autres. C’est plus rassurant. On ne se distingue pas. C’est ce qu’a vécu le peuple Hébreu. Dès le début, les Hébreux ont conscience d’être un peuple particulier, un peuple mis à part, un peuple aimé particulièrement par Dieu. Non pas que Dieu n’ait pas aimé les autres peuples. Mais l’amour de Dieu n’est pas exclusif. Dieu aime tout le monde et cela ne l’empêche pas d’aimer particulièrement le peuple Hébreu, de se donner à lui d’une manière particulière. Et tout au long de son histoire, le peuple Hébreu va osciller entre d’une part le désir de s’assimiler aux autres peuples, d’être comme les autres, et d’autre part le fait d’assumer son élection, son individualité.

Prenons garde nous-mêmes à cette tentation de l’assimilation qui nous fait perdre notre liberté de penser, qui nous met mal à l’aise lorsque nous ne pensons pas comme la bonne pensée « correcte » celle des médias et des journalistes et du monde politique. Oui, les chrétiens vivent dans le monde, mais ne sont pas du monde. Et tout dans le monde n’est pas bon. Il peut nous paraître important de former les futures générations à cette liberté. Je pense ici à tout ce qui concerne le respect et la défense de la vie alors que la répression se fait de plus en plus forte lorsque l’on ne reconnaît pas l’avortement comme un droit des femmes ou comme un progrès ! Mais, prenons aussi modèle sur les jeunes générations qui sont beaucoup plus libres pour défendre un point de vue chrétien dans les débats de société comme nous avons pu le voir lors des manifestations pour défendre le mariage entre un homme et une femme.

Que notre manière de vivre, notre manière de penser, d’aimer, soient marquées de la liberté qui nous vient de Dieu. N’ayons pas peur d’être différents des autres. Nous avons de la saveur à apporter au monde ; ne la minimisons pas ! Que le Seigneur nous donne sa force et qu’Il soutienne tous ceux qui ont peur d’affirmer leur foi dans un monde « laïc » et aseptisé. Amen !

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Homélie de la messe de la Fête de la Présentation de Jésus au Temple du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-fete-de-la-presentation-de-jesus-au-temple-du-pere-julien-palcoux Fri, 03 Feb 2017 09:12:10 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23562 +

Fête de la Purification de Marie

Fête de la Présentation de Jésus au Temple

Jeudi 2 Février 2017

Chers frères et sœurs,

Dans cette fête appelée aujourd’hui « Fête de la Présentation de Jésus au temple » nous fêtons en réalité 3 évènements : nous fêtons la purification de Marie au quarantième jour de sa nativité, le « rachat du premier-né Jésus » par un sacrifice prescrit par la Loi, et la « Présentation » de Jésus au Temple.

Après la circoncision de l’enfant, 8 jours après sa naissance, qui est aussi en même temps le moment où l’on donne le prénom à l’enfant, la femme qui a accouché doit rester selon la Loi mosaïque encore 33 jours à la maison pour être purifié de son sang. (Lv 12, 1-4). Ensuite elle doit offrir un sacrifice de purification : un agneau comme holocauste et une colombe ou une tourterelle pour le péché. Marie, en tant que fille d’Israël, accomplit cette prescription.

Le deuxième aspect de cette fête est le rachat de Jésus, premier-né. Cette prescription a été édictée en mémorial du rachat par Dieu de tout premier né au moment de la sortie d’Egypte, lorsque les premiers nés de l’homme et du bétail égyptiens avaient trouvé la mort dans le bras de fer opposant Pharaon et les Hébreux. Cependant le récit de St Luc passe sous silence ce rachat et glisse immédiatement vers la Présentation de Jésus au Temple. On en comprend la signification : Jésus n’a pas besoin d’être racheté puisque c’est Lui qui vient racheter le monde. Il ne retourne pas à la propriété de ses parents, mais est offert à Dieu. Du reste le verbe grec utilisé (présenter) signifie aussi offrir. Jésus devient ainsi l’offrande, le sacrifice offert à Dieu de la Nouvelle Alliance.

La fête de ce jour, par ses multiples aspects, renvoie au cycle de Noël que nous achevons ce soir. Jésus, bébé, est présenté et offert à son Père. Il est manifesté au monde, à Israël et aux nations, comme le prophétisera le vieillard Syméon : « Lumière qui se révèle aux nations et gloire de ton peuple Israël. » ; tout comme dans la fête de l’Epiphanie où Jésus est adoré par les Mages venus d’Orient.

Tout comme dans la fête de l’Epiphanie, la croix est présente auprès de Jésus. Les Mages apportaient des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. L’or confessait le Roi, l’encens Dieu, la myrrhe la mort. Lors de la présentation de Jésus au Temple, nous retrouvons l’annonce de la mort dans la bouche de Syméon : « Vois, ton Fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. »

Cette fête liée aux mystères de Noël nous redit que la Lumière de Dieu vient rejoindre tous ceux qui vivent fidèlement à Dieu et qui l’attendent. Dieu n’abandonne jamais ceux qui lui sont fidèles comme le vieillard Syméon ou la prophétesse Anne. Dieu accomplit toujours ses promesses. Dieu bénit le grand âge ; dans une société où il faut toujours être jeune, en pleine forme, Dieu honore les personnes avancées en âge.

Et puis, cette fête liée à la consécration et à l’offrande de Jésus, est la fête de tous ceux qui lui sont consacrées. Le Saint Pape Jean-Paul II a fait de cette fête la fête de la vie consacrée. Rendons grâce, frères et sœurs, pour tous les religieux et religieuses que Dieu donne à son Eglise pour la faire tenir, pour la porter, pour la sanctifier. Prions pour tous les religieux et religieuses que nous connaissons, prions pour celles de notre paroisse et pour les vocations religieuses dont notre Eglise et notre monde ont besoin. Que Notre-Dame qui présente aujourd’hui son Fils au Père présente aussi ses enfants religieux et religieuses et qu’Elle leur accorde sa protection et sa bénédiction maternelle. Amen !

]]> Homélie de la messe du 4ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-4eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 29 Jan 2017 15:31:32 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23537 +

4ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et Sœurs,

Nous entamons dans les dimanches qui viennent la lecture de ce que l’on appelle le Sermon sur la Montagne qui est le cœur de l’enseignement de Jésus. Cet enseignement commence par l’Evangile des Béatitudes que nous connaissons tous bien.

Je vous propose de méditer cet Evangile selon trois appels que je retiens plus particulièrement : appel au bonheur, appel à être des hommes et des femmes de Dieu et appel à la Communion avec Jésus.

L’appel au bonheur qui y est exprimé est important et insistant. Vous avez entendu ce mot « Bienheureux » qui revient sans arrêt. C’est fondamental que Jésus commence son enseignement sur cet appel au Bonheur. Et il nous faut sans arrêt revenir à cette vérité de notre vocation. Combien aujourd’hui, parmi tous ceux qui se disent chrétiens, ont conscience d’être appelés au bonheur par Dieu ? La plupart du temps, bon nombre de chrétiens prennent les évènements de leur vie comme une croix, comme un fardeau dont Dieu est souvent, en tout cas implicitement, rendu responsable. Et lorsque la foi n’est pas entretenue, n’est pas nourrie correctement, elle se déforme et fausse notre regard sur Dieu. Il faut revenir au fait que Jésus ne s’adresse pas seulement à ses disciples, mais aux foules. Et c’est à ces foules, pas toujours instruites correctement religieusement, que Jésus redit en premier l’appel de Dieu au bonheur. C’est la première chose que l’on devrait enseigner au catéchisme.

Les Béatitudes nous redisent aussi que ce bonheur est en Dieu. C’est Dieu qui en est la source. Là aussi, il y a un appel à entendre. Combien aujourd’hui de sirènes illusoires promettent-elles le bonheur ? Dans la recherche du bien-être physique qui en fait renferme sur soi-même ? dans les drogues, l’alcool qui en réalité détruisent ? dans la recherche d’un bien-être personnel qui met de côté les autres, la famille, le conjoint ou la conjointe ? Jésus nous rappelle que le bonheur n’est vrai et complet qu’en Dieu.

La force des Béatitudes réside dans le fait que les paroles sont des paroles de vérité qui font échos à la vie telle qu’elle est et ne la maquillent pas. Ces paroles de Jésus peuvent paraître dures, certes ! Mais elles sont vraies. Et ceux qui goutent les difficultés de la vie s’y reconnaissent. On est complètement en-dehors des discours démagogiques politiques que l’on entend en ce moment qui promettent de tout arranger. Jésus n’a jamais travesti ni dénaturé la réalité ; c’est la force du christianisme. Frères et sœurs, reprenons conscience que nous sommes appelés à un bonheur parfait au terme de notre vie et que ce bonheur est en Dieu.

Cet enseignement de Jésus nous appelle aussi à être des hommes et des femmes de Dieu. Jésus nous appelle à nous reconnaître pauvres, à reconnaître que nous avons besoin de Dieu. Finalement toutes ces Béatitudes pourraient se résumer en une seule : « Heureux qui reconnaissent qu’ils ont besoin de Dieu. » L’enseignement de Jésus est un enseignement qui appelle à l’humilité, à la simplicité, à la pauvreté évangélique.

La première Béatitude donne la clé de toutes les autres : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ! » Que sont les pauvres de cœur ?

Ils peuvent être d’abord ceux qui ne sont pas aimés correctement ou pas du tout aimés, ou encore mal aimés. Et de ce fait, ceux qui ne savent pas aimer correctement. Rien n’est pire pour un être humain que de mal savoir aimer ou d’avoir conscience de ne pas savoir aimer l’autre comme il faut. Beaucoup souffrent aujourd’hui d’une déficience d’amour. Beaucoup de blessures dans les familles, dans les couples, viennent d’un défaut d’amour. Ce que Jésus nous révèle, c’est que nous sommes aimés tels quels par Dieu, de manière inconditionnelle. Et c’est cet amour inconditionnel qui donne force et dignité à l’homme.

Les pauvres de cœur peuvent encore être ceux qui sont détachés de tout, libres de tout, et qui par conséquent deviennent entièrement libres pour aimer Dieu. Dieu est leur seule richesse. Là, frères et sœurs, il faut reconnaître que c’est difficile, parce que nous avons tous des filets, des liens qui nous retiennent. Mais nous avons une aide concrète dans cet appel radical. Elle réside dans le don de la vie religieuse. Les religieux et les religieuses, qu’ils soient contemplatifs ou apostoliques, nous redisent par leur consécration totale à Dieu par leurs vœux, que Dieu peut rendre pleinement heureux et déjà en cette vie. Ils sont, pour tous ceux qui peinent sur cette voie de pauvreté, le signe que cela est possible.

Les pauvres de cœur peuvent encore être tous ceux qui entendent un appel au dessaisissement de son moi, de son ego. Pour être ouvert à Dieu, il ne faut pas être rempli de soi, il faut se vider de son moi, de sa suffisance, de son savoir pour accepter de tout recevoir de Dieu. Là, réside notre appel à devenir des hommes et des femmes de Dieu.

Enfin, il y a un troisième appel qui réside dans la recherche de la Communion avec Jésus, puisque Jésus va vivre et accomplir parfaitement cet enseignement qu’Il donne. Les Béatitudes sont non seulement un appel mais aussi le lieu d’une Communion avec le Seigneur. Dans sa vie, chaque homme rencontrera une ou plusieurs de ces Béatitudes. Comment les vivrons-nous ? En les subissant ? ou en les épousant ? Jésus nous encourage, non pas à les rechercher, mais à les supporter avec amour et avec foi. Il les a toutes vécues pour nous, Il nous en a fait un chemin de vie. Dans les Béatitudes, nous sommes avec Lui et Il est avec nous. C’est Lui seul qui peut nous les transformer en source de Vie et de grâce pour nous-mêmes et pour les autres. Ne passons pas à côté. Amen !

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Homélie de la messe du 2ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-du-temps-ordinaire-du-pere-julien-palcoux Sun, 15 Jan 2017 17:48:13 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23488 +

2ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et Sœurs,

Pourquoi débuter l’année liturgique avec le récit du baptême de Jésus par Jean-Baptiste ? Parce que le temps de Noël s’achève avec le baptême de Jésus et notre vie ordinaire de chrétien s’enracine dans notre baptême, qui lui-même découle du baptême de Jésus. Profitons des textes de ce dimanche pour méditer sur le sacrement du baptême qui est à l’origine de notre vie chrétienne.

Le premier point que je souhaiterais reprendre est qu’il existe deux baptêmes. Il y a le baptême de Jean-Baptiste, que l’on appelle le baptême d’eau ou le baptême de conversion et il y a le baptême de Jésus que l’on appelle le baptême dans l’Esprit-Saint. Le baptême qu’administrait Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain était un acte non renouvelable qui signifiait l’engagement à convertir sa vie. Lors de ce baptême on confessait ses péchés, et on s’engageait à vivre différemment. La mort au péché était signifiée par l’immersion dans les eaux du Jourdain et la renaissance était signifiée par la sortie de l’eau. Lorsque Jean-Baptiste s’en prendra aux Pharisiens et aux Saduccéens en les traitant de « langue de vipères », il dénonce leur hypocrisie, c’est-à-dire le fait qu’ils s’engagent à ne plus pécher, mais qu’ils refusent de se convertir.

Le baptême de Jésus est appelé baptême dans l’Esprit-Saint au sens où il donne l’Esprit de Dieu. On peut aussi l’appeler baptême de filiation, car ce baptême rétablit, répare, la relation avec Dieu qui a été défigurée par le péché originel et par le péché. C’est là qu’il faut bien comprendre ce qu’apporte le baptême. Lorsque nous ne sommes pas baptisés, notre être est marqué, par nature, par notre Créateur. On dit que nous sommes à l’image de Dieu. Mais le baptême de Jésus apporte quelque chose de plus. Il nous fait devenir « fils ou fille » de Dieu. En clair, Dieu devient notre Père ; Il n’est plus seulement notre Créateur. Cette filiation divine que nous donne le baptême commence avec l’Incarnation du Fils de Dieu lorsque, en Jésus, Dieu prend la nature humaine. Dans cette assomption, il y a réconciliation, union et communion des natures divine et humaine. Et cette union se transmet à nous par le sacrement du baptême.

Il y a une autre différence entre les baptêmes de Jean-Baptiste et de Jésus. C’est que le baptême de Jean-Baptiste aidait à la conversion ; le baptême de Jésus permet le salut. On n’est plus exactement dans le même registre. Le baptême chrétien nous plonge dans la mort et la Résurrection de Jésus. On y trouve une allusion dans l’Evangile du Jour. Jean-Baptiste dit en voyant Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » L’expression « Agneau de Dieu » est très claire pour un Juif. Cela renvoie à l’Agneau Pascal, à la Pâque Juive, à la libération d’Egypte. Jean-Baptiste prophétise ici en quelque sorte la Passion de Jésus, son offrande, son sacrifice, ainsi que le mystère de la Rédemption : « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Jean-Baptiste annonce le salut qu’accomplira Jésus.

On peut déduire une autre conséquence de la différence entre ces deux baptêmes. C’est que le baptême de Jean-Baptiste créée une communauté de convertis. Le baptême de Jésus, une communauté de personnes sauvées qui ont la même filiation divine, le même Père. Par conséquent, le baptême de Jésus crée une famille nouvelle de personnes qui ont la même filiation. Et cette famille s’accomplira dans l’Eglise.

Alors, frères et sœurs, et les termes sont justes, nous sommes frères et sœurs parce que nous sommes de la même famille, alors disais-je, il faut reprendre conscience que nous sommes de la même famille. Dans une famille, on apprend à s’aimer ; mais on a aussi des droits et des devoirs les uns envers les autres. La difficulté pour les catholiques français est d’assumer le fait que nous ne sommes plus majoritaires. Certes, notre culture, notre histoire, n’en déplaise aux intégristes laïcs ou francs-maçons, ont été façonnées par le christianisme. Il nous en reste une impression d’être majoritaire. Mais de fait, nous ne le sommes plus ; les catholiques sont devenus une minorité, alors avec des forces, et même des forces qui reviennent. Mais nos réflexes sont des réflexes mous. Nous avons perdu la conscience d’être d’une même famille, de nous soutenir. Bien sûr, il faut aider tout le monde, il faut aimer tout le monde. Mais il ne faut pas délaisser ou négliger ceux qui sont de la même famille que nous, ceux qui partagent la même foi. Nous avons des devoirs envers eux. De même, Jésus donne la clé à ses disciples pour évangéliser : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples. » Trop souvent les communautés chrétiennes se sont sclérosées, abîmées dans des querelles internes de pouvoir, d’opposition, de confrontation. Jésus nous appelle à l’inverse : à s’accepter, à s’aimer, à se respecter. Dans une famille, tout le monde ne pense pas la même chose : et c’est normal et c’est sain ! Il en va de même dans l’Eglise. Mais cela ne doit pas nous empêcher pas de nous aimer.

Il y a dans cette période que nous vivons un appel à redécouvrir et à réinvestir nos relations internes, non pas pour nous replier sur nous-mêmes, mais pour purifier et renforcer nos relations pour que notre Communion soit plus forte, plus parfaite et plus efficace.

Je voudrais terminer cette médiation sur le baptême en redisant que le baptême fait de nous des êtes missionnaires. Isaïe l’annonçait déjà dans l’Ancien Testament : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Trop souvent, dans les années post-conciliaires, certaines générations de chrétiens ont fait de la foi chrétienne une affaire strictement personnelle et ont enlisé leur dynamisme missionnaire dans une fausse conception de la liberté ce qui a eu pour conséquence de ne plus transmettre la foi chrétienne aux générations suivantes ou de la transmettre en pointillé. Or le baptême est par nature missionnaire. S’il n’est pas missionnaire, c’est un baptême mort qui révèle une foi morte. C’est une question qu’il faut nous poser, nous tous qui sommes ici à la messe : qu’est-ce que Dieu attend que je fasse de mon baptême ? Puissions-nous répondre comme le psalmiste : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté. » Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Épiphanie du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-lepiphanie-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 08 Jan 2017 16:11:05 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23453 +

Solennité de l’Epiphanie

Frères et Sœurs,

Le terme  signifie en grec apparition, manifestation. A la suite des bergers qui ont été les premiers adorateurs du Fils de Dieu, Jésus est manifesté comme le Roi du Monde, comme le Messie, comme Dieu aux yeux du monde païen, c’est-à-dire aux yeux des non-juifs.

La Solennité de l’Epiphanie nous redit que le Messie est venu pour sauver tout le monde et pas seulement un peuple, en l’occurrence, le peuple juif. Ce point concernant la question du salut nous distingue particulièrement du peuple juif. Car qui sont les Mages ? Ce sont des non juifs. On pense qu’ils étaient plutôt des prêtres, des sages, des savants issus du monde Perse. La question du salut offert en Jésus-Christ n’est pas à comprendre de manière restrictive. Rien n’empêche Dieu de préparer en même temps le peuple qu’Il a élu à accueillir son Fils et en même temps les nations païennes à accueillir le Sauveur. Il est d’ailleurs intéressant de garder en mémoire que le monde païen a été aussi préparé à l’accueil du Salut. On n’en parle moins et c’est dommage. Il y a d’une part toute la pensée philosophique grecque qui conduit progressivement les Sages et les peuples à la croyance en un Dieu unique, source de tout bien. Mais il y a aussi des prophéties dans le monde païen. J’en retiens deux parmi les plus connues. Il y a le fameux oracle de Balaam, le prophète païen, que la Bible évoque comme étant au service du Roi de Moab. Ce devin était réputé prononcer des oracles de chance et de malchance. On trouve ainsi dans sa bouche un oracle de bénédiction pour Israël : « Je le vois, mais non pour maintenant- je l’aperçois, mais non de près : un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël. » Nb 24, 17.

Dans un autre domaine, l’auteur latin Virgile, auteur du siècle d’Auguste (Premier siècle avant Jésus-Christ), met par écrit une prophétie remarquable dans sa quatrième Bucolique : « Voici que revient aussi la Vierge (…). Daigne seulement, chaste Lucine, favoriser la naissance de l’Enfant qui verra pour la première fois disparaître la race de fer et se lever, sur le monde entier, la race d’or ; (…) Cet enfant aura part à la vie des dieux ; il verra les héros mêlés aux divinités, on le verra lui-même parmi elles, et il gouvernera le monde pacifié par les vertus de son père. » IV B 6-17

La fête de l’Epiphanie du Seigneur nous redit que tous les peuples sont appelés à reconnaître Jésus comme le Messie. St Paul le dit dans la deuxième lecture : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. »

La fête de l’Epiphanie nous redit aussi que la science, la recherche de la vérité conduisent au Christ. Les Mages sont des savants, des « scientifiques » de l’époque qui cherchent la vérité, qui cherchent à comprendre le monde. Ce que l’Evangile nous dit, c’est l’accomplissement de la science, de l’intelligence, de la vérité est en Dieu et en l’occurrence en Jésus. L’Eglise a toujours enseigné que l’on pouvait accéder à Dieu par l’exercice de la raison naturelle, par l’étude de la science. Dans un autre domaine, le Concile Vatican II enseigne qu’il y a des semina Verbi, des Germes de Vérité, répandus dans toutes les religions qui peuvent conduire à la Vérité Révélée qu’est Jésus, Fils de Dieu. (J’en profite pour vous préciser que le Concile n’a jamais dit que toutes les religions se valaient. Le Concile appelle à respecter les autres religions, à reconnaître qu’il y a en elles des Germes de Vérité ; mais le Concile réaffirme très clairement que la plénitude du Salut est accordée à l’Eglise qui est restée, malgré ses faiblesses, ses péchés, la plus fidèle à l’Eglise fondée par Jésus-Christ qui est l’Eglise Catholique de langue grecque ou latine.)

C’est là que la démarche des Mages est instructive. Ils vont accéder à Dieu par l’exercice de leur intelligence, de leur raison, par la recherche de la Vérité…mais pour arriver à Jérusalem. Et là, ils demandent : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Autrement dit, leur raison naturelle ne les fait pas directement arriver à Jésus. Elle les conduit à approcher de Jésus. Mais ils doivent rencontrer les Ecritures, pour se faire préciser où est le Roi des Juifs qui vient de naître. Ils questionnent Hérode qui, pris par ses propres inquiétudes, est incapable de répondre et doit interroger les chefs des prêtres et les scribes. Et eux, étudiant les Ecritures, répondent que le Messie doit naître à Bethléem. Autrement dit, quelle que soit notre voie d’accès à Dieu (la foi révélée, la recherche de la Vérité, la science, la philosophie), à un moment donné, nous avons besoin de rencontrer la Révélation, les Ecritures, la Tradition. Toute recherche de la vérité conduit à accueillir la Révélation de Dieu.

Cette quête de Dieu conduit à de profondes conversions. Les Mages cherchent Dieu dans le Ciel, dans les astres, dans ce qui est immense…et ils sont conduits à un bébé dans une mangeoire. Conversion de leur vision de la grandeur de Dieu qui en fait se révèle dans son abaissement et dans l’humilité. Conversion également de leur concept de royauté. « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » telle est leur question de départ. Cherchant un Roi, ils vont au palais du Roi Hérode. Mais ce n’est pas Lui. Ils vont alors dans la ville royale de Bethléem, la ville du Roi David…et là, ils arrivent devant un Nouveau-Né. La vision qu’ils ont de la royauté se transforme. Et avec Jésus, le mystère de la Croix apparaît déjà. St Matthieu l’évoque de manière très discrète et subtile. Il écrit lorsque les Mages arrivent à Jérusalem et vont questionner le Roi Hérode : « En apprenant cela, le Roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. » Qu’Hérode soit pris d’inquiétude, on le conçoit très bien. Par contre, on comprend difficilement pour quelle raison Jérusalem serait prise d’inquiétude. A cette époque, il y a une sorte d’ébullition générale, tant tout le monde sent imminente l’arrivée du Messie. La subtilité de St Matthieu est ici : l’évocation de l’inquiétude de Jérusalem renvoie au trouble que connaîtra la ville sainte lorsque Jésus entrera pour la fête de Pâques, ce que nous fêtons le dimanche des Rameaux. Il y a donc ici, dans cette expression, une allusion à la Passion de Jésus. La croix est présente auprès de la crèche. Du reste, on retrouve la croix et la Passion avec le Roi Hérode qui va prendre la décision d’assassiner tous les nouveaux-nés âgés de moins de deux ans. Avec l’offrande de la myrrhe qui sert à embaumer les corps des défunts. La Royauté du Messie est marquée dès le début de l’existence de Jésus par la Passion et par la Croix. Et, par leurs cadeaux, les Mages prophétisent ce mystère : l’or annonce le Roi ; l’encens la divinité ; la myrrhe la mort.

Ce récit de l’Epiphanie nous révèle que la quête de Dieu conduit à se convertir et à convertir ses idées, ses représentations de Dieu. Frères et sœurs, prions pour tous ceux qui restent bloqués dans de fausses idées de Dieu. Prions pour tous ceux qui recherchent Dieu en vérité afin qu’ils soient soutenus dans leur quête. Prions pour tous les croyants d’autres religions, afin que les Germes de Vérité qui y sont répandus les conduisent à la plénitude de la Vérité : Jésus, Fils de Dieu fait homme. Amen !

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Homélie de la Messe du Jour de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 25 Dec 2016 15:42:05 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23391 +

Messe du Jour de Noël

Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son Nom

Il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.

Chers frères et Sœurs,

La fête de Noël ne fait pas renaître en ce jour le Fils de Dieu. Il est né une fois pour toute dans l’histoire, et il ne reviendra pas renaître. La liturgie nous permet de faire mémoire de cet Evènement inouï de la naissance du Fils de Dieu dans notre monde, dans notre temporalité, et elle permet d’en actualiser les effets pour nous. Mais, justement, quels sont les effets pour nous de la Nativité du Fils de Dieu ? Que nous apporte la fête de Noël ?

Avec la fête de Noël, on pourrait dire que le Salut devient possible, non plus en espérance, mais en acte. Avant la naissance du Fils de Dieu, le salut était possible en espérance parce que Dieu est bon et qu’Il a fait connaître son intention de sauver tout homme. Avec Noël, le salut devient accessible et possible en acte. St Jean nous dit dans l’Evangile : « Mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » Avec Noël, les natures humaines et divines, séparées par le péché, se retrouvent en communion ; elles se réconcilient. Le Fils de Dieu, en devenant Fils de l’homme, permet à l’homme de devenir fils de Dieu. En parlant de ceux qui accueillent le Fils de Dieu, St Jean continue : « Ils ne sont pas nés de la chair et du sang (…) ; ils sont nés de Dieu. »

La Bonne Nouvelle de Noël est que, par l’union des natures humaines et divines en Jésus, le salut devient possible. Notre humanité reçoit la possibilité d’être divinisée, de se transformer. Cette capacité de transformation, conséquente de Noël, se donne à travers le sacrement du baptême. Le terme de « Bonne Nouvelle », Evangile en grec, n’est pas à comprendre de manière figée. La « Bonne Nouvelle » se déploie dans le temps et son contenu se renforce et se précise au fur et à mesure de son déploiement dans le temps. Ainsi, dans l’Ancient Testament, La Bonne Nouvelle est l’Amour que Dieu porte à l’homme. A Noël, la Bonne Nouvelle devient la réconciliation, l’union des natures divines et humaines permettant le Salut. Durant le ministère de Jésus, la Bonne Nouvelle devient la manifestation du Bien sur les forces du mal, de la libération sur le péché. A Pâques, la Bonne Nouvelle atteint sa manifestation la plus complète et la plus accomplie dans la Résurrection de Jésus qui est l’accomplissement de la victoire de l’Amour sur le mal, la mort et notre humanité. Avec Noël, nous sommes au début de la manifestation de la Bonne Nouvelle. Tout comme à Noël, nous sommes avec un bébé qui va grandir et progressivement devenir un homme.

En nous aussi, la Bonne Nouvelle est dynamique. Elle progresse en nous et se déploie dans le temps et court vers son achèvement. Noël est le début de notre salut.

Alors, frères et sœurs, il y a une réalité qui actualise en nous l’Evènement de Noël, qui actualise la Bonne Nouvelle de notre Salut : il s’agit de l’Eucharistie. L’Evangile que nous venons d’entendre, appelé aussi le « Dernier Evangile » est lu à la fin de la messe dite « Messe de St Pie V » ou « Messe dans la forme extraordinaire ».  C’est un moyen d’approfondir les effets de l’Eucharistie en nous. Le mouvement de la Communion Eucharistique reprend le même mouvement que le mouvement de l’Incarnation. Nous recevons en nous Celui qui se donne. Et, de la même manière qu’à Noël, la Communion Eucharistique permet une réconciliation de la nature humaine avec la nature divine ainsi qu’une transformation de la nature humaine en nature divine. L’Eucharistie prolonge et développe le mystère de Noël, nous apportant le salut, la communion et la transformation de notre être.

Mais, de même que la Bonne Nouvelle a un déploiement dynamique, la messe reprend la dynamique de la Bonne Nouvelle : car si l’on retrouve Noël à la messe, on y retrouve aussi le Jeudi Saint, la Passion et la Résurrection de Jésus, ainsi que la Pentecôte. C’est dans la Sainte Messe que s’actualisent tous les effets, tous les dons de Noël. Fêter Noël est important pour un chrétien ; mais la fidélité à la messe est ce qui permet d’entrer dans et de vivre du mystère de Noël. Amen !

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Homélie de la Messe de la Nuit de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel-du-pere-julien-palcoux-3 Sun, 25 Dec 2016 15:37:42 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23389 +

Messe de la Nuit de Noël

Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné.

Chers frères et sœurs,

Le Fils de Dieu est né dans un monde très paradoxal. Noël est la nuit des paradoxes. On a d’une part un empereur tout puissant, Auguste, qui veut recenser toute la terre et d’autre part un bébé, Lui vrai Roi de l’univers visible et invisible, qui est donné. On a d’un côté un pouvoir qui veut maîtriser et un autre qui se propose. Tout le monde juif attend le Messie et il sera exclu, pas de place pour Lui dans la salle commune. L’Ange annonce aux bergers : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » et le signe est « Un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Par bien des aspects aussi aujourd’hui, notre monde présente de multiples paradoxes. On sent une grande aspiration à la paix, quand on fait des Lois pour exclure ou règlementer la présence dans le monde de Celui qui est source de paix. Surtout, qu’Il reste à sa place ! On veut sauver la planète, protéger la création, quand on organise par la Loi la destruction de la vie. On veut aider les familles tout en relativisant la modèle familial issu de la nature. La Bonne Nouvelle de ce soir, c’est que Dieu ne découvre pas les paradoxes, les contradictions de notre monde, puisqu’Il est déjà venu dans un monde similaire. Mais toutes ces difficultés n’empêchent pas Dieu de nous rejoindre. Ce soir, ce que Dieu nous redit, c’est que rien ne peut l’empêcher de nous rejoindre. Rien ni personne. Aucune situation n’est trop compliquée pour empêcher Dieu de nous rejoindre.

Noël, c’est la rencontre de deux mouvements qui sont indépendants, mais qui doivent se rencontrer pour produire leur fécondité. Il y a Dieu qui se donne et il y a l’homme qui accueille ou passe à côté du don, ou encore refuse le don. Si Dieu se donne, c’est d’abord parce qu’Il nous aime. Si Dieu n’en avait rien à faire de nous, de sa créature, des hommes, Il ne nous aurait pas rejoints dans notre monde. Noël est en quelque sorte la réponse à tous ceux qui se demandent où est Dieu, ce qu’il fait. A tous ceux qui se disent : « Je ne crois pas en Dieu, car s’il existait, il n’y aurait pas de guerre, de morts injustes, de maladies, de catastrophes naturelles », Dieu répond en se donnant lui-même, en nous rejoignant. Il nous dit : c’est parce que je t’aime que je te rejoins et que je veux venir dans ta vie.

Frères et sœurs, vous qui êtes mariés ici ce soir, vous qui vivez en couple, vous savez bien que c’est l’amour que vous avez pour l’autre qui vous pousse à vouloir vivre ensemble, à tout partager, à vouloir être avec l’autre. Quand on aime, il n’y a même pas besoin de faire des choses pour celui ou celle qui est aimé (e), il suffit simplement d’être avec l’autre. C’est cela qui comble et qui rend heureux. Quand on comprend cela, on comprend d’une manière un peu plus profonde le mystère de Noël, le mystère de ce Dieu qui s’appelle Emmanuel pour être avec nous, simplement parce qu’Il aime sa créature. St Thomas d’Aquin évoque l’éventualité que l’homme n’ait pas commit de péché originel. Si tel avait été le cas, donc si l’homme n’avait pas eu besoin d’être sauvé, Dieu se serait-il quand même incarné ? se demande-t-il. Réponse de St Thomas d’Aquin : si l’Incarnation du Fils de Dieu a pour cause première le remède contre le péché, elle n’exclut pas la possibilité d’un mouvement pur d’amour, car Dieu est Amour et l’Amour qu’Il est le pousse à rejoindre sa créature qu’Il aime. (III, Q1, a3).

Le deuxième mouvement est celui de l’homme qui accueille ou non le don de Dieu. On peut déplorer que Dieu ne soit pas accueilli aujourd’hui, voire qu’il soit combattu. Mais il en était de même à la naissance de Jésus. Jésus a d’abord rencontré de l’indifférence, de l’hostilité. Il a même frôlé la mort avec le massacre des saints innocents. Ces deux attitudes sont annoncées dans la première lecture par la bouche du prophète Isaïe : « Un enfant nous est né ; un fils nous a été donné. » L’Evangile nous le redit : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Dieu se donne ; Il attend d’être accueilli. Il se fait mendiant, dépendant, petit, accessible.

Lorsque ces deux mouvements se rencontrent, alors le don de Dieu se déploie. Il vient sauver comme le prénom Jésus l’indique. Il apporte la paix. Isaïe prophétise : « On proclame son nom : « Merveilleux-conseiller, Dieu fort, Père –à-jamais, Prince de la Paix. » Les Anges redisent la même chose : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime. » Ce don de la paix est donné à tous ceux qui accueillent Jésus. Ce soir, nous prions pour tous ceux qui promeuvent la paix, pour tous ceux qui la défendent ou la recherchent. Qu’ils n’oublient pas que la paix vient de Dieu et qu’on ne peut pas la construire en mettant Dieu de côté, en l’excluant, en s’en « protégeant ». La paix n’est pas une absence de troubles, de tensions, de conflits, de problèmes. Elle n’est pas non plus le résultat d’une neutralité. La paix, don de Dieu, est possible dans des contextes difficiles, dans des contextes de tensions parce qu’elle réside d’abord dans la relation entre l’homme et Dieu, et pas seulement dans la relation des hommes entre eux. Exclure Dieu revient à exclure Celui qui est la source de la paix, Celui en Qui se construit la paix, Celui qui est notre fondement commun. Quand Dieu est exclu, les différences deviennent des oppositions, la vie ensemble devient source de tension et de conflits parce que l’on n’est plus d’accord sur notre socle commun. Pourtant ce que Dieu nous redit ce soir, c’est que la paix est offerte à tous les hommes de « bonne volonté », c’est-à-dire à tous les hommes qui veulent le Bien et vivent selon le Bien. L’œuvre de Dieu, même si elle contient en elle la puissance de Dieu, est toujours fragile, comme un Nouveau-Né, parce qu’elle accepte de ne pas être accueillie, voire d’être combattue ou malmenée. Mais elle recherche notre coopération, notre accueil. Que l’Enfant Jésus fortifie tous ceux qui défendent ou construisent la paix et qu’Il éclaire tous ceux qui la combattent. Amen !

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Homélie de la Messe de la Vigile de Noël du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-de-la-vigile-de-noel-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 25 Dec 2016 15:33:09 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23387 +

Messe de la Vigile de Noël

Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel ;

Par l’Esprit-Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.

Chers frères et Sœurs,

La fête de Noël peut se résumer en deux mots, ou plutôt en deux prénoms : Emmanuel et Jésus. Ces deux prénoms de l’Enfant Divin qui va naître donnent le cœur nucléaire de ce que nous fêtons ce soir : l’Amour et le Salut. L’Eglise exprime ce mystère dans le Credo par ces mots : Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel ; par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.

La fête de Noël nous redit tout d‘abord que nous sommes aimés de Dieu. Si Dieu n’en avait rien à faire de nous, de sa créature, des hommes, Il ne nous aurait pas rejoints dans notre monde. Noël est en quelque sorte la réponse à tous ceux qui se demandent où est Dieu, ce qu’il fait. A tous ceux qui se disent : « Je ne crois pas en Dieu, car s’il existait, il n’y aurait pas de guerre, de morts injustes, de maladies, de catastrophes naturelles », Dieu répond en se donnant lui-même, en nous rejoignant. Il nous dit : c’est parce que je t’aime que je te rejoins et que je veux venir dans ta vie.

Frères et sœurs, vous qui êtes mariés ici ce soir, vous qui vivez en couple, vous savez bien que c’est l’amour que vous avez pour l’autre qui vous pousse à vouloir vivre ensemble, à tout partager, à vouloir être avec l’autre. Quand on aime, il n’y a même pas besoin de faire des choses pour celui ou celle qui est aimé (e), il suffit simplement d’être avec l’autre. C’est cela qui comble et qui rend heureux. Quand on comprend cela, on comprend d’une manière un peu plus profonde le mystère de Noël, le mystère de ce Dieu qui s’appelle Emmanuel pour être avec nous, simplement parce qu’Il aime sa créature. Ecoutez le vocabulaire employé par le prophète Isaïe : « Tu seras une couronne resplendissante, (…), un diadème royal dans la main de ton Dieu (…), on ne t’appela plus « la délaissée », on n’appellera plus ta contrée : « Terre déserte » mais on te nommera : « Ma Préférée », on nommera ta contrée : « Mon Epouse » car le Seigneur met en toi sa préférence. (…) Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. » Je ne sais pas comment on peut dire de manière plus claire l’amour de Dieu pour son peuple et ses créatures. Dieu nous rejoint d’abord parce qu’Il nous aime. St Thomas d’Aquin évoque l’éventualité que l’homme n’ait pas commit de péché originel. Si tel avait été le cas, donc si l’homme n’avait pas eu besoin d’être sauvé, Dieu se serait-il quand même incarné ? se demande-t-il. Réponse de St Thomas d’Aquin : si l’Incarnation du Fils de Dieu a pour cause première le remède contre le péché, elle n’exclut pas la possibilité d’un mouvement pur d’amour, car Dieu est Amour et l’Amour qu’Il est le pousse à rejoindre sa créature qu’Il aime. (III, Q1, a3).

Pour entrer dans la fête de Noël, il faut reconnaître et accueillir l’amour que Dieu a pour nous et savoir que Dieu ne se satisfera jamais qu’un de ses enfants soit abandonné ou laissé de côté.

Nous pouvons continuer à entrer dans la fête de Noël en nous arrêtant sur le prénom de Jésus. Jésus : Le Seigneur sauve. Mais de quoi avons-nous besoin d’être sauvés ? pouvons-nous nous demander. Il est vrai que la question du Salut est pour nous aujourd’hui plus difficile qu’il y a quelques décennies, vivants dans une société où on a quand même tout ce qu’il faut pour vivre par rapport à d’autres pays. Il reste la question de la maladie, de l’injustice et parfois de la mort pour nous faire désirer un salut. Eh bien, de quoi avons-nous besoin d’être sauvés ? Eh bien du péché… qui fait que je fais du mal, parfois sans le vouloir, parfois en le voulant. « Je ne fais pas toujours le bien que je voudrais » dira St Paul. Sauvé de la mort. Parce que même si, par la foi, je sais que je vais vers Dieu, il n’en reste pas moins vrai que perdre des êtres aimés, des proches, est une réalité qui s’oppose au désir qu’il y a dans mon cœur de rester avec ceux que j’aime. Sauvé aussi du mal injuste, de la souffrance. Sauvé des limites de notre humanité qui n’est pas toute-puissante, parfaite, qui rate, qui connaît des échecs. Jésus nous apprendra que c’est l’amour qui sauve. D’abord l’Amour de Dieu ; mais aussi en aimant les autres. Exercer l’amour dans notre vie est une œuvre de salut et pour les autres et pour moi.

Le salut offert en Jésus est offert à tous. Cette universalité est importante. Elle n’est pas réservée à un peuple, à une catégorie. Dans la messe de la Nuit, nous entendrons les Anges chanter : « Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis. » « Bonae voluntatis » : aux hommes de bonne volonté, qui veulent faire le bien, et non « aux hommes qu’Il aime » comme le dit la malheureuse traduction française. Le salut que Jésus vient apporter s’adresse à tous les hommes de bonne volonté, à tous ceux qui vivent selon le Bien, qui veulent faire du bien dans leur vie. La messe du Jour de Noël nous dira la même réalité, avec des mots différents : « Le Verbe était la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans ce monde. »

Personne n’est exclu du Salut offert en Jésus. Sauf, si nous ne l’accueillons pas, ou si nous le refusons. Cette éventualité était malheureusement vraie il y a 2000 ans ; elle l’est encore aujourd’hui : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. »

Frères et Sœurs, nous qui fêtons la Nativité du Fils de Dieu ce soir, la balle est dans notre camp. Accueillons le Salut que Jésus nous apporte, pas seulement au cours de cette messe, de cette fête de Noël, mais aussi tous les jours de notre vie. Puissions-nous rayonner autour de nous l’Amour de Dieu que nous recevons ce soir et vivre chrétiennement cette fête de la Nativité du Fils de Dieu, Emmanuel, Jésus. Amen !

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Homélie de la messe du 4ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-4eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 18 Dec 2016 17:41:57 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23352 +

4ème Dimanche de l’Avent

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Frères et Sœurs,

Pour achever notre préparation à Noël, après avoir été pendant deux dimanches à l’école de St Jean-Baptiste, nous sommes invités aujourd’hui à regarder St Joseph, « l’homme juste ».  Les Evangiles disent peu de choses sur Saint Joseph ; il est très peu mentionné. Mais, outre le fait qu’il est considéré comme « juste » par la tradition judéo-chrétienne, on ne peut qu’admirer sa disponibilité à Dieu et à son œuvre. Depuis le début du temps de l’Avent, nous réfléchissons sur notre ouverture, sur notre vigilance à l’égard des signes de la présence, de la venue du Seigneur. Nous sommes invités à soigner notre prière, à relire notre vie, nos rencontres. Aujourd’hui St Joseph nous redit que Dieu nous parle souvent lorsque nous ne maitrisons plus les choses, lorsque nous acceptons de nous en dessaisir. Et il y a un moment propice à cela : c’est lorsque nous dormons : dans les rêves, les songes. Dans la Bible, regardez le nombre de fois où Dieu parle à l’homme quand il dort ! Souvenez-vous par exemple du jeune Samuel. Bien sûr, il faut un discernement : tous nos rêves, tous nos songes ne viennent pas de Dieu. Mais, il ne faut pas abandonner ce lieu d’expression et de communication de Dieu avec nous à la seule psychologie ou psychanalyse ou à Freud. Car Dieu est plus libre d’agir quand nous nous laissons faire. Et c’est le cas dans cet épisode de la vie de Joseph. Comme cela le sera pour la fuite en Egypte. Cela peut paraître bizarre à dire, mais ne négligeons pas nos rêves, nos songes. Ils ne sont pas que habités par notre inconscient qui s‘exprime.

St Joseph est disponible à Dieu et obéissant. On mesure la différence avec sa fiancée Marie. Dans l’épisode de l’Annonciation, Marie ne formule aucune objection à l’archange Gabriel si ce n’est qu’elle s’interroge sur la manière dont les choses vont se passer : « Mais comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » La situation est quelque peu différente chez Joseph. Lui, il a résolu de répudier Marie. Mais, il va obéir à l’Ange. Il faut prendre la mesure de ce que cela veut dire obéir à Dieu. Parce que c’est facile à dire. Concrètement, cela veut dire que Joseph accepte de renoncer à ce qu’il pense être le mieux, à ce qu’il a décidé, pour risquer une décision absurde, c’est-à-dire qui n’a pas de sens. (naturellement parlant évidemment). Nous, nous avons tendance à obéir à Dieu quand ce qu’Il nous dit va dans notre sens. Mais, quand ce qu’Il nous dit va dans un autre sens, ce n’est pas toujours Dieu qui gagne. Et parfois, avec les meilleures intentions, nous lui résistons. St Joseph nous apprend à être dociles et obéissants.

St Joseph nous apprend une deuxième chose importante : c’est que nous participons tous, d’une manière ou d’une autre, au mystère de Dieu. St Joseph y participe, mais au début à son insu. Il découvre qu’il a une place dans le plan de Dieu. Sans forcément comprendre les tenants et les aboutissants du plan divin, il participe au « signe » annoncé par le prophète Isaïe : « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un Fils qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire Dieu avec nous.) » Nous aussi, nous avons tous, à notre place, un « oui » à dire à Dieu qui nous intègre dans son plan de salut. En disant notre « oui » à Dieu, nous permettons à l’œuvre divine surnaturelle de se déployer dans notre nature. C’est une grâce qui est donnée à ceux qui disent « oui » à Dieu que de voir de leurs yeux le surnaturel agir dans notre monde naturel, que d’expérimenter comme Marie, comme Joseph, que « rien n’est impossible à Dieu. » Tout ce mystère est contenu dans les prénoms de l’enfant divin. Il s’appellera « Jésus » le Seigneur sauve et il sera « Emmanuel » Dieu avec nous. Il nous sauvera, œuvre surnaturelle, parce qu’il sera avec nous, réalité naturelle. A ceux qui cherchent aujourd’hui des signes de l’existence de Dieu, St Joseph leur répond : « Cherche en toi, dans ton être, dans ta vie. Ne cherche pas en dehors. Il est Emmanuel, avec toi. » Et, une fois découvert, nous entrons, nous sommes déjà entrés dans le plan de Dieu.

Enfin St Joseph nous apprend que toute paternité est orientée vers Dieu et tire sa source de Dieu. En effet, St Joseph est appelé à renoncer à sa paternité biologique pour laisser la place à Dieu; mais, tout en renonçant à sa paternité biologique, il accepte aussi d’assumer une paternité humaine pour le Fils de Dieu. Il ordonne en quelque sorte la paternité humaine à la paternité divine, nous redisant non seulement qu’il existe différentes paternités qui ne s’opposent pas mais qui au contraire se complètent (la paternité biologique, la paternité humaine, la paternité spirituelle), mais aussi que ces trois paternités se complètent parce qu’aucune d’elles n’est pleinement satisfaisante ni complète parce qu’il n’y a que Dieu qui est le seul Père. St Joseph nous invite donc à nous tourner vers le Père « de qui vient toute paternité » et à nous reconnaître fils de ce Père.

Orienter ou, réorienter, sa paternité vers Dieu, permet de goûter ou d’être un instrument de la fécondité divine. Il y a une fécondité naturelle et une fécondité surnaturelle ; c’est ce que St Joseph nous redit. Il a renoncé à la naturelle pour la surnaturelle. Voilà la puissance de la disponibilité à Dieu, de l’obéissance à Dieu et de l’offrande à Dieu.

Demandons à St Joseph qu’il nous apprenne à être disponible à Dieu, à lui obéir, et à être un instrument de la fécondité divine à la place qu’Il nous donne dans son œuvre de salut. Amen !

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Homélie de la messe du 3ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-3eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 11 Dec 2016 17:43:39 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23302 +

3ème Dimanche de l’Avent

Jean est venu préparer la route devant le Seigneur,

Et rendre témoignage à la Lumière.

Frères et Sœurs,

Ce dimanche, nous retrouvons Jean-Baptiste en prison, à quelques heures de sa mort, sur la fin de sa vie. Comme toute personne qui sait que sa fin approche, Jean-Baptiste relit sa vie, sa mission. Il est certainement en proie à des questions importantes : s’est-il acquitté convenablement de la mission que Dieu lui a confiée ? On peut très bien aussi concevoir qu’il n’ait pas le moral et que l’odeur de la mort et de l’injustice tournent autour de lui, provoquant en lui, malgré sa sainteté, le désir d’être rejoint, encouragé par Dieu, tout comme Jésus à Gethsémani qui demandera à son Père dans sa prière que cette coupe passe loin de lui . Donc, l’heure n’est pas spontanément à la joie.

On peut continuer à avancer en disant que, traversant une période éprouvante, n’ayant pas le moral, comme on dirait aujourd’hui, Jean-Baptiste fait une lecture, ou une relecture de sa vie, colorée par le contexte qu’il vit. On pourrait dire qu’il voit tout en noir, au point de se demander s’il ne s’est pas trompé : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » enverra-t-il demander à Jésus. Je reste dans cette optique psychologique. Il nous est nous aussi tous arrivés de ne pas être bien à un moment donné, d’être mal fichu, de ne pas avoir le moral, et de remarquer que nos pensées, nos lectures, nos relectures de telle ou telle situation, sont colorées par notre état physique ou psychologique. C’est tout à fait normal.

Allons encore plus loin. Dépassons la psychologie pour entrer dans la vie spirituelle. Ce que Jean-Baptiste vit est une épreuve spirituelle, de l’ordre du combat spirituel. Dans le fond, de quoi s’agit-il ? Du démon qui inspire à Jean-Baptiste, à la faveur d’une passe plus compliquée dans sa vie, d’un moment où il est plus éprouvé, plus fragile, un doute redoutable. Et s’il avait raté sa vie, sa mission ? La tentation du désespoir !

Frères et sœurs, il est fréquent que le démon suggère des lectures d’évènements, de rencontres, de situations, sous son éclairage, c’est-à-dire en travestissant la réalité des choses, en faisant germer le doute, en salissant les engagements, les intentions, en cherchant à salir ce qui est beau et saint. Oui, c’est le mode ordinaire d’action du démon. Et d’ailleurs, plus les réalités sont belles, plus elles disent quelque chose de Dieu, de l’amour de Dieu, plus le démon va chercher à les salir et à les pourrir. Il faut voir clair pour ne pas tomber dans ses pièges. Regardez ce que le démon réussira à inspirer aux contradicteurs de Jésus qui passe son temps à guérir les gens : « C’est par Belzéboul qu’il expulse les démons ! » Ah le démon ne recule devant rien. Ce que vit Jean-Baptiste dans sa prison nous alerte sur un point : faisons attentions au regard que nous posons sur une situation, sur une personne, sur un évènement. Nous pouvons faire une lecture « selon Dieu » comme nous pouvons faire une lecture contre l’esprit de Dieu.

Comment Jésus va –t-il délivrer Jean-Baptiste de son combat ? Il va le renvoyer aux fruits. « On juge l’arbre à ses fruits » nous dira Jésus…  « Allez rapporter à Jean ce que vous voyez et ce que vous entendez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent. » Dans des situations que j’évoquais précédemment, où l’on peut faire plusieurs lectures, selon l’esprit de Dieu, ou contre l’esprit de Dieu, regardons les fruits. Dieu parle à travers la fécondité. Peut-être les moyens ne sont-ils pas ceux auxquels nous pensions…peu importe, Dieu procède toujours différemment de ce que nous pensons.

Non seulement Jésus délivre Jean-Baptiste de ses ténèbres, de sa prison intérieure, mais bien plus encore, Il lui rend témoignage : « Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. » Comment comprendre cet hommage ? Jean-Baptiste est le plus grand, certainement au sens où Jésus dit qu’il est plus qu’un prophète. Il est le Précurseur, celui qui prépare le chemin. Il est le plus grand parce qu’aucun prophète n’a été aussi proche, de sang, de contact, en sainteté, aussi proche du Messie. Et sa proximité, voire son intimité avec le Christ, lui donne la grandeur dont parle Jésus. Mais, il reste la fin de l’hommage : « et cependant, le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. » Ici, Jésus souligne à mon sens la véritable grandeur de Jean-Baptiste qui est d’être petit parce qu’il côtoie Dieu ; et plus on est proche de Dieu, plus on touche sa grandeur, plus on sent qu’on est petit. De ce fait, Jean-Baptiste se fait petit ; il est véritablement et profondément humble devant Dieu. Toute sa vie n’est orientée que vers Dieu. Il s’efface devant Dieu ; il laisse Dieu agir. Et comme il est profondément humble, il manifeste la grandeur et la majesté de Dieu, et donc, il est grand. Jean-Baptiste nous invite à nous reconnaître petits devant Dieu, à nous faire petit devant Dieu pour laisser Dieu agir.

Et c’est sur cette dernière remarque que je voudrais terminer. Dans nos vies, dans nos missions (familiales, de travail), dans nos activités, engagements paroissiaux, ecclésiaux, il faut laisser Dieu agir ; il faut être des instruments de Dieu. Ce n’est pas nous qui conduisons Dieu ; c’est Lui qui nous conduit. Ce n’est pas nous qui amenons Dieu à tel ou tel ; c’est Lui qui se sert de nous pour le conduire à tel ou tel. Dans la liturgie, ce n’est pas nous qui faisons pour Dieu ; c’est Lui qui se donne à nous. Dans cette page d’Evangile, nous pouvons être des Jean-Baptiste en laissant Dieu nous éclairer pour lire les évènements, les rencontres selon Dieu ; en apprenant à nous faire petits devant Dieu. Mais nous pouvons aussi être ces disciples que Jésus renvoie à Jean : « Jésus leur répondit : « « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez, ce que vous voyez. » » Notre mission, en tant que disciple du Christ, en tant que chrétien, est de rapporter ce que Dieu fait dans nos vies, dans notre monde…ce qui implique d’être ouverts à l’œuvre de Dieu, ce qui implique l’humilité de reconnaître que Dieu agit en avant de nous, qu’Il nous préexiste et précède en tout. Si l’Eglise veut continuer à évangéliser de manière intelligente et féconde, elle doit rester à l’écoute de Dieu et de ce que Dieu fait dans le monde ; elle doit chercher et repérer les traces de ce que Dieu accomplit et non pas vouloir faire les choses pour Dieu.

Que St Jean-Baptiste nous apprenne à discerner les œuvres de Dieu dans notre monde et qu’il aide l’Eglise à demeurer ouverte et docile à l’Esprit-Saint et au Christ. Amen !

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Homélie de la Solennité de l’Immaculée Conception du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-solennite-de-limmaculee-conception-du-pere-julien-palcoux-2 Thu, 08 Dec 2016 19:21:01 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23293 +

Solennité de l’Immaculée Conception

Frères et Sœurs,

La belle grâce de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie vient illuminer notre monde et notre humanité empêtrés dans le péché. Elle vient nous rappeler que l’homme n’a pas été créé par Dieu pour être défiguré, abîmé, mais au contraire, pour resplendir de la beauté de Dieu. La grâce de l’Immaculée Conception vient aussi nous redire que Marie vient nous aider dans nos combats.

La grâce de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie est orientée vers la naissance du Fils de Dieu : c’est parce que le Fils de Dieu va naître dans notre monde qu’il lui faut une demeure pure pour l’accueillir et le mettre au monde. Et cette belle fête trouve sa place dans le temps de l’Avent, le temps particulier où nous nous préparons à fêter la naissance de Jésus. La solennité de l’Immaculée Conception est donc particulièrement liée à la question de la vie. Du reste, les textes nous présentent Marie, comme la Mère de la Vie Nouvelle par rapport à Eve, Mère des Vivants, qui est mère d’une humanité marquée par le péché.

Aujourd’hui, en cette belle fête, notre prière monte vers Marie pour lui présenter toutes les vies qui sont abîmées, toutes celles qui n’ont pas la chance de venir au jour. Il y a quelques jours, une nouvelle funeste Loi a été votée, supprimant l’accès à l’information en direction des femmes souhaitant se renseigner avant d’avorter. Cette loi est digne des régimes totalitaires où l’on supprime et interdit toute expression différente de celles des régimes en place. Les évêques de France se sont élevés contre cette Loi liberticide, inquiets même pour la liberté de penser et d’expression. Il est devenu interdit de penser différemment. Il me semble important de reprendre avec vous quelques points sur cette question délicate et douloureuse.

Tout d’abord, ne nous laissons pas piéger. Si l’Eglise n’est pas favorable à l’avortement, elle ne condamne jamais les personnes. L’Eglise, à la différence de bien d’autres modes de pensée, ne réduit jamais une personne aux actes qu’elle peut commettre. Les actes et les personnes ne sont pas superposables. Et puis, il faut redire qu’à la suite de Jésus, l’Eglise est miséricordieuse. C’est bien souvent elle qui aide des femmes, parfois des hommes, à se reconstruire après.

Mais l’erreur commise aujourd’hui est la suppression de l’exercice de la liberté avant d’engager un acte qui n’est pas anodin. L’affirmation du «droit à l’avortement » autre loi funeste votée il y a 2 ans, suivie de la suppression du délai de la réflexion, puis maintenant de la possibilité de s’informer différemment, constituent des entorses graves à la Vérité. On n’aide pas les gens en maquillant, en taisant, en dissimulant la vérité des blessures que cela occasionne. On ne peut rien construire en dehors de la Vérité. On ne peut pas permettre à des gens de se reconstruire, de guérir, dans le mensonge ou dans la dissimulation.

Mais, on doit aussi pouvoir attendre de l’Eglise non pas seulement qu’elle rappelle les lois imprescriptibles qui défendent la vie dans ses phases les plus fragiles, mais aussi qu’elle puisse proposer des lieux et des alternatives en faveur de la vie et pour aider les femmes en difficulté, qui bien souvent, subissent d’énormes pressions et ne sont pas soutenues. Comme on doit pouvoir attendre de nos futurs hommes et femmes politiques des propositions pour œuvrer en faveur de la vie et pour redonner les conditions nécessaires à l’exercice de la liberté.

L’Eglise n’est pas d’abord là pour condamner mais pour aider ; mais elle ne peut aider efficacement que dans la Vérité. Puisse Notre-Dame, Celle qui n’est marquée d’aucun péché, venir en aide aux femmes en détresse, malheureuses, celles aussi qui ne parviennent pas à avoir d’enfants. Puisse –t-elle aider toutes celles qui sont blessées à avancer vers la lumière de la guérison et puisse-t-elle soutenir tous ceux qui oeuvrent à défendre la vie humaine. Amen !

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Homélie de la messe du 2ème Dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX https://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/actualites/homelie-de-la-messe-du-2eme-dimanche-de-lavent-du-pere-julien-palcoux-2 Sun, 04 Dec 2016 18:02:18 +0000 http://www.paroisse-verneuil-sur-avre.com/?p=23257 +

2ème Dimanche de l’Avent

« Préparez le chemin du Seigneur ! »

Frères et Sœurs,

Dimanche dernier, nous entrions dans le temps de l’Avent en reprenant conscience que Dieu ne cesse de venir à nous dans nos vies, et que c’est à la mesure de notre ouverture à sa venue en nous que nous-mêmes nous marchons vers Dieu. Aujourd’hui, nous retrouvons Jean-Baptiste, une grande figure de l’Avent, qui nous invite à préparer la venue du Seigneur. Comment cela ? Les textes nous donnent trois indications.

« Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à Lui, et ils se faisaient baptiser par Lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. » Reconnaître ses péchés, se reconnaître pécheur, confesser ses péchés. Voilà la première manière de préparer la Venue du Seigneur en nous. C’est une question qu’il faut se poser si l’on prépare sérieusement, chrétiennement, la fête de Noël. Si l’on se reconnaît pécheur en vérité, alors nous aurons besoin en vérité d’entendre cette parole : « Je te pardonne tous tes péchés. » Il n’y a que celui qui sait son péché, qui en porte le poids et la responsabilité, qui brûle d’entendre : « Je te pardonne tous tes péchés. » Sinon, il n’y a pas de libération, pas de délivrance, et pas de paix. Le risque est de ne pas accéder à ce niveau de profondeur et d’en rester à une sorte de confession superficielle où l’on s’arrange soi-même avec Dieu. Mais, imaginez que vous êtes brouillé avec un ami…vous vous arrangeriez tout seul avec Dieu sans aller trouver votre ami, lui demander pardon et sans entendre en retour : « Je te pardonne » ? Non ! Même sur un plan humain, cela ne marche pas. Eh bien, c’est la même chose avec Dieu. Ce qui a sauvé, libéré les gens que Jésus rencontrait, c’est que Jésus leur disait : « Tes péchés sont pardonnés. »

Il existe aujourd’hui une autre difficulté inhérente au sacrement du pardon : c’est l’auto-justification. C’est-à-dire qu’on confesse ses péchés, mais en s’excusant, en se justifiant, en se défaussant. Comme les Pharisiens à qui Jésus dit de ne pas aller se justifier d’avoir Abraham pour Père. Non, dans la démarche de demande de pardon, il faut avoir le courage d’être en vérité, et surtout ne pas chercher à se justifier.

Nous sommes invités à préparer la venue du Seigneur dans nos vies en « produisant un fruit qui exprime notre conversion. » pour reprendre les termes que Jean-Baptiste adresse aux Pharisiens et aux Saduccéens. C’est-à-dire en convertissant notre vie, notre manière de vivre. Mais il y a une différence entre faire des efforts et convertir sa vie. Les efforts, nous pouvons tous en faire, et bien souvent nous remarquerons qu’ils ne durent pas dans le temps. Parce qu’ils reposent sur nos puissances, notre volonté, qui sont des puissances humaines, donc faibles, non parfaites et abîmées par le péché originel. La conversion, elle, repose sur l’action de Dieu, sur l’initiative de Dieu qui a rencontré notre coopération. Mais la puissance qui agit est celle de Dieu : une puissance divine, parfaite, qui agit dans une enveloppe humaine avec toute la lourdeur que nous connaissons. La conversion de nos vies ne peut être réelle que si nous avons conscience de notre péché. Si nous sommes incapables de nous reconnaître pécheur, nous sommes incapables de nous convertir. Il y a dans nos manières de vivre, de parler, des lieux de conversion. Ce n’est pas pour rien que Jean-Baptiste dit aux Pharisiens et aux Saduccéens : « Engeance de vipères. » La vipère tue avec la langue. Prenons garde à la manière dont nous parlons les uns et des autres. Soyons capables de nous remettre en cause. Les Pharisiens et les Saduccéens ont tellement une haute idée d’eux-mêmes qu’ils sont totalement incapables de se remettre en cause. Regardons, en fonction de nos péchés, ce que nous avons à convertir dans nos vies, un petit peu comme une famille qui attend un petit frère ou une petite sœur et qui va faire de la place dans la maison pour préparer sa venue. La conversion implique nécessairement de déplacer quelque chose, de bousculer quelque chose.

Enfin, St Paul nous invite, dans la deuxième lecture, à préparer la venue du Seigneur en nous redisant que nous ne sommes pas les seuls concernés. Tout le monde est appelé à rencontrer et à accueillir Dieu. Aujourd’hui, nos mentalités individualistes ont altéré la dimension universelle du Salut et ce, parfois-même, au sein des familles. « Un tel n’est pas croyant, il n’a pas la foi, c’est son problème, pas le mien. » Non, mais c‘est horrible de penser comme cela. De deux choses l’une : ou bien, je n’ai pas véritablement la foi et je n’ai pas réellement rencontré Dieu, auquel cas on peut concevoir une telle réaction ; ou bien je suis schizophrène : c’est-à-dire que d’un côté je reconnais que Dieu est Celui qui donne un sens à ma vie, qui l’oriente, qui la guide, et d’un autre je ne porte pas ce souci que d’autres puissent vivre ce que je vis ? Or St Paul, à la suite de Jésus, nous invite à porter le souci que d’autres puissent rencontrer le Seigneur tout comme les païens, et pas seulement les Juifs, ont pu le rencontrer. Dans ce souci que notre paroisse porte, à savoir que ceux qui se sont éloignés de la foi puissent redécouvrir Dieu, que ceux qui ne le connaissent pas puissent le découvrir, nous allons inviter les paroissiens à prier pour les enfants qui sont inscrits au catéchisme, afin qu’ils puissent découvrir en vérité Jésus, afin que le catéchisme soit le lieu d’une rencontre que l’on apprend à construire, et non une séance d’histoire religieuse ou de cours de morale. C’est le sens du parrainage spirituel que nous reconduisons cette année. Sans diminuer la nécessité de prier et de travailler à ce que d’autres découvrent et accueillent le Seigneur, nous vous proposons de vivre cette exigence d’universalité à travers des générations différentes. C’est une manière très concrète de préparer la venue du Seigneur dans nos vies. Ne pensons pas cette préparation spirituelle de Noël que pour nous-mêmes, mais pensons la aussi pour les autres. Amen !

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