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Homélie de la messe du 15ème dimanche du Temps Ordinaire et de la Saint Just, saint patron de Bourth du Père Julien PALCOUX

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Saint Just, saint patron de Bourth

15 ème  dimanche du Temps ordinaire

Chers frères et sœurs,

 

Connaissez-vous votre saint patron ? St Just, en latin Justus (celui qui aide)  était évêque de Lyon au IVème siècle. Issu d’une famille aristocratique, il naît à Tournon sur les bords du Rhône. Formé à l’école de St Paschase, archevêque de Vienne, il devient tout d’abord diacre de cette même église avant d’être élu évêque par les fidèles de la capitale des Gaules.

            Je voudrais vous faire connaître quelques aspects de sa vie à travers l’Evangile que la liturgie nous donne en ce 15 ème dimanche du Temps ordinaire.

L’Evangile que nous venons d’entendre nous redit cette vérité, propre à l’Eglise Catholique, à savoir que le Seigneur appelle qui Il veut pour assurer la mission de gouvernement de l’Eglise. St Marc dit très simplement : « Jésus appelle les Douze. » La première lecture nous redisait l’origine du prophète Amos que le Seigneur avait appelé à sa suite : il était bouvier. L’appel à la mission, au ministère, dépend de la libre initiative de Dieu. St Just s’inscrit dans une période bien particulière où l’appel de Dieu pour gouverner son Eglise passait, à cette époque,  très souvent par le peuple de Dieu. C’est le peuple de Lyon qui réclame Just pour qu’il devienne leur pasteur. Tout comme le peuple de Tours captura St Martin pour qu’il devienne leur évêque. Fêter en ce jour St Just nous conduit à honorer le peuple de Dieu qui parfois est bien plus ouvert et perméable aux inspirations divines que ne peut l’être la hiérarchie ecclésiastique.

L’Evangile nous présente une deuxième caractéristique du pasteur que Jésus appelle et de la mission qui lui est confiée : « Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais. » écrit St Marc. Il s’agit ici évidemment d’une allusion aux pouvoirs sacramentels. Mais, on peut l’entendre différemment, à la lecture de la vie de St Just. St Just eut, dans son épiscopat, à affronter et à combattre l’hérésie arienne, l’hérésie qui contestait la divinité de Jésus. C’est ainsi que l’on retrouve St Just comme participant au concile d’Aquilée en 381. Ce  concile était demandé par les Ariens qui voulaient que l’Eglise revienne sur la condamnation des thèses ariennes. Mais St Ambroise s’opposa à la tenue d’un concile général et permit la tenue d’un concile provincial auquel St Just participa parmi les 32 évêques issus de la Gaule. Il exprima son refus de l’arianisme et condamna les évêques ariens Pallade et Sécondien. La charge d’évêque comporte donc aussi la mission de s’opposer aux esprits mauvais afin de sauvegarder l’orthodoxie de la foi catholique. C’est une des missions des évêques : préserver le peuple de Dieu de l’erreur et de la corruption de la foi.

Dernière caractéristique que je retiens propre à la charge pastorale évoquée dans l’Evangile qui rejoint la vie de notre saint patron : « Il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route si ce n’est un bâton ; de n’avoir ni pain, ni sac, ni sandales. » Je vais revenir sur ces conditions d’exercice de la mission apostolique. Mais elles rejoignent de manière étonnante un aspect de la vie de St Just. Lorsqu’il  revient du concile d’Aquilée, il vécut comme un échec le fait de n’avoir pu éviter le lynchage d’un homme qui avait trouvé protection dans sa cathédrale. En conséquence, il abandonna sa charge pastorale et partit faire pénitence en Egypte dans le désert de Scété où il se retira dans un monastère comme simple moine. Il refusa de revenir dans son diocèse alors qu’on venait le rechercher. Les Lyonnais réussirent à rapatrier son corps une fois mort et il fut enseveli dans la basilique des Macchabées qui devint la basilique Saint-Just.

Alors, pourquoi une dévotion à St Just à Bourth ? Eh bien, ce sera l’objet de l’homélie de l’année prochaine.

Je voudrais revenir sur les conditions de la mission apostolique que Jésus présente dans l’Evangile de ce jour. Elles sont particulièrement rudes : « Il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route si ce n’est un bâton ; de n’avoir ni pain, ni sac, ni sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Jésus appelle ici à une simplicité de vie. Cette simplicité, cette pauvreté évangélique, garantit le fait que les appelés ne cherchent pas d’abord leur propre intérêt, leur propre confort, mais qu’ils recherchent l’accomplissement de la mission qui leur a été confiée. Cette pauvreté est la garantie que l’œuvre qui va s’accomplir est l’œuvre de Dieu et non celle des hommes. Elle favorise un abandon et une remise confiante entre les mains de Dieu qui ordonne et dispose toute chose. Et surtout, cette pauvreté, elle appelle à un discernement. En fait, dans l’exercice de la mission, tout n’a pas la même importance. Il y a un discernement à effectuer, des choix à faire. Aujourd’hui, en raison notamment du nombre de prêtres moins important, nous connaissons dans certains domaines de la pastorale des conditions d’exercice de la mission plus difficiles et plus arides. Ces conditions nous rendent plus pauvres dans l’exercice de la mission apostolique et appellent un discernement plus aigü. C’est le travail de l’équipe pastorale et des équipes locales. Pour notre part, en maintenant ce qui nous paraît essentiel, c’est-à-dire la célébration des messes dans l’ensemble des églises de la paroisse, nous honorons comme priorité le renforcement du catéchisme, ré-ouvrant au maximum des premières années de catéchisme dans le maximum de villages et nous essayons de réveiller la majorité des chrétiens endormis, d’autant plus exigeants avec l’Eglise qu’ils sont moins pratiquants. Dans ce travail de réveil que nous entreprenons, nous souhaitons aussi aider les mentalités à changer par rapport à la déchristianisation. Les églises sont faites pour être ouvertes et non fermées. N’importe qui doit pouvoir venir prier à l’église. Nous travaillons à ce que les paroissiens se connaissent mieux et s’apprécient mieux permettant ainsi de redécouvrir l’aspect familial et communautaire de l’Eglise qui fait que toute personne, quelle que soit son âge, son statut, sa génération puisse se sentir en famille.

Tels sont les choix que nous faisons. Mais ces derniers, qui portent du fruit d’ailleurs, présupposent que l’on consente à la situation actuelle ; que l’on fasse le deuil des nostalgies d’il y a quelques années pour pouvoir, à l’écoute de l’Esprit-Saint et du Christ, en communion avec le pasteur de la paroisse, agir réellement et efficacement dans la réalité telle qu’elle est. Confions tout ce travail et ce discernement spirituel et pastoral à l’intercession de notre saint évêque de Lyon, St Just. Amen !

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