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Homélie de la Messe Chrismale par Mgr Christian NOURRICHARD

Frères et Sœurs,

Quelle joie d’être tous ici rassemblés autour du Christ, dans notre Cathédrale. Baptisés, notre diversité reflète la beauté de son corps : l’Eglise. Laïcs, Religieux, Religieuses, Personnes consacrées, Diacres, Prêtres, Evêque : nous sommes le Peuple de Dieu. Un Peuple consacré au Seigneur, pour être au service de notre humanité, les messagers de l’Evangile. Fidèles à notre vocation baptismale de prêtre, de prophète et de roi, nous répondons à l’appel de Jésus à poursuivre sa mission. Le ministère ordonné des prêtres nous y entraîne ; celui des diacres permanent nous rappelle que nous sommes tous des serviteurs à l’image de Jésus lui-même.

La mission est belle, exaltante même. Cependant aujourd’hui comme hier, les défis à relever pour évangéliser sont nombreux. Le Pape François nous recommande de prendre les défis pour croître (84).  Le regard de foi est capable de reconnaitre la lumière que l’Esprit Saint répand toujours dans l’obscurité, sans oublier que  « là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondée ».

Renoncer à nous mettre en marche signifierait un cruel manque de foi et d’espérance. Pourquoi hésiter ? Pourquoi douter de Celui qui nous envoie ? Comme il nous l’a promis, il est toujours au milieu de nous, avec nous. Son Esprit demeure en nous. Les uns et les autres, nous sommes imprégnés par les différentes huiles saintes pour accueillir et rayonner l’amour du Père, communiqué en Jésus. C’est ce que nous célébrons dans cette messe chrismale. Nous sommes « oints », marqués du sceau de Jésus : une huile de joie, comme l’évoque le prophète Isaïe. Nous devons porter le souci de la qualité évangélique et fraternelle de nos communautés habituellement constituées. Mais en aucun cas, cela ne doit nous empêcher de sortir, de nous rendre aux « périphéries ».
« Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sorti sur les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de son enfermement et qui s’accroche confortablement à ses propres sécurités » (49).

Frères et Sœurs, vous le ressentez comme moi, la Parole de Dieu, incarnée dans le Verbe fait chair est un appel pressant à être des « disciples missionnaires ». C’est le sens de ma lettre pastorale, « la joie de la mission » ; c’est le sens de l’exhortation apostolique : « la joie de l’Evangile ». « Tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie (49).

Vous et moi, sommes solidaires de ce monde marqué par le péché. Nous avons cependant le bonheur de faire l’expérience de l’amour miséricordieux du Christ, mort sur la croix pour nous.

Cette mission est l’affaire de tous, quelque soient nos situations. Ecoutons encore notre pape (121) : « assurément, nous sommes tous appelés à grandir comme évangélisateurs. En même temps, employons-nous à une meilleure formation, à un approfondissement de notre amour et à un témoignage plus clair de l’Evangile. En ce sens, nous devons tous accepter que les autres nous évangélisent constamment ; mais cela ne signifie pas que nous devons renoncer à la mission d’évangélisation mais plutôt que nous devons trouver le mode de communiquer Jésus qui corresponde à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dans tous les cas, nous sommes tous appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force et donne un sens à notre vie. « Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans Lui, alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres ».

Au terme de mes visites pastorales et du cinquantième anniversaire du Concile Vatican II, en accord avec le Conseil épiscopal, j’ai donc initié notre démarche synodale.

Toute rénovation de l’Eglise, écrit le Décret conciliaire sur l’œcuménisme, consiste éventuellement dans une fidélité plus grande à sa vocation. L’Eglise au cours de son pèlerinage est appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a besoin en tant qu’institution humaine et terrestre. Dans ce même mouvement : le Pape François nous engage à avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire. Je constate avec satisfaction que cette démarche correspond aux attentes de nombreux baptisés.

Le travail commun du Conseil presbytéral et du Conseil diocésain de Pastorale a été synthétisé par le vicaire général, avec une petite équipe autour de lui. Un peu partout : en paroisse, en secteur, dans les associations de fidèles, les services au Centre diocésain, jeunes et adultes travaillent les différents domaines énoncés. Ces domaines illustrent les grands enjeux d’une Eglise missionnaire et joyeuse à la suite du Christ.

« La première motivation pour évangéliser est  l’amour que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus ».

Cet amour, nous le fortifions dans la prière, dans la contemplation de Jésus lui-même, dans la célébration régulière,  dans la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.

Heureux de la mission à laquelle le Christ nous associe, nous exprimons notre confiance en son amour fidèle et la force de son Esprit.

+ Christian NOURRICHARD
Evêque d’Evreux

 

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