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Homélie de la messe du 4ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX

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4ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

 

Les textes que nous entendons aujourd’hui mettent en lumière le mystère de la Croix  de Jésus. Bien sûr, beaucoup de choses sont importantes dans la foi chrétienne : l’amour de Dieu, l’amour des autres, l’unité…mais tout cela est contenu dans le mystère de la Passion de Jésus ; tout cela est contenu dans la Croix. Tout. C’est le centre de tout. On y retrouve tout. Eh bien, je vous propose de regarder quelques aspects du mystère de la Croix : nous sommes à quelques jours de l’entrée dans la Semaine Sainte et nos amis catéchumènes sont à quelques jours de leur renaissance. Le mystère de la Croix de Jésus et de la création nouvelle que Dieu inaugure les concerne aussi…

            Sur la Croix de Jésus, nous voyons tout d’abord un acte d’amour qui se cache sous les apparences de l’échec. St Jean dit dans l’Evangile : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique. » La Croix est le lieu où Dieu se donne complètement, sans rien garder pour Lui. Il accepte de se donner ; Il accepte d’être ridiculisé ; Il accepte de souffrir ; Il accepte d’être nu. Extérieurement, on a l’impression que Jésus est faible, qu’Il se laisse avoir. Mais Il a choisi d’aller jusqu’au bout. Celui qui aime se donne ; il ne garde rien pour Lui. Les couples qui sont engagés dans le sacrement du mariage le savent bien. Dieu nous donne la preuve suprême de son Amour pour l’homme sur la Croix de Jésus.

            Sur la Croix de Jésus, on retrouve toute la méchanceté de l’homme, tout le désir de mort (mort des autres, mort de Dieu). On retrouve l’apogée de l’orgueil, l’apogée du péché, de toutes les transgressions évoquées dans la première lecture ; on retrouve tout la cruauté, l’injustice de l’homme. Mais, le summum du mal qui triomphe sur la Croix, par la mort injuste du Fils de Dieu, est racheté et transformé par l’acte d’Amour que Dieu pose qui anéantit le péché et la mort.

            La croix de Jésus devient alors pour ceux qui entrent en communion avec elle le lieu du Salut : « ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais obtiendra la vie éternelle. » La Croix donne la Vie, la vie divine, la vie éternelle. On ne pense pas à tout cela lorsqu’on fait le signe de la croix… Et pourtant, il y a tout cela dedans. Et c’est ce que les catéchumènes vont recevoir dans le sacrement du baptême. Pour être sauvé, il s’agit seulement d’entrer en communion avec le mystère de la Croix du Christ. St Jean a des paroles d’une limpidité remarquable : « Celui qui croit en Lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. » Finalement ce que St Jean dit est très simple : Dieu offre le salut à tous ; à l’homme de ne pas s’exclure lui-même du Salut. Dit autrement : la Foi conduit au Salut. Mais la foi devient réelle, vivante, efficace et complète par la communion à la Croix qui lui donne toute sa substance. C’est-à-dire, frères et sœurs, que notre foi n’est pas vraie, n’est pas authentique, si elle ne passe pas par la croix. Et passer par la croix, c’est reconnaître que nous sommes pécheurs, que nous avons besoin d’être sauvés ; c’est reconnaître que Dieu vient nous sauver dans nos lieux de mort, de péchés ; c’est entrer dans le mouvement d ‘Amour de Dieu qui nous pousse à nous donner aux autres. Sans la croix, la foi n’est qu’une doctrine morte. 

 

            Vivre du mystère de la Croix de Jésus, c’est aussi devenir une création nouvelle. Dans l’Evangile du jour, St Jean écrit : « En effet, tout homme qui agit selon la vérité vient à la Lumière. » Venir à la lumière n’est possible que parce qu’on rejette et qu’on fuit les ténèbres. La création nouvelle que Jésus réalise en nous ne se fait qu’à la mesure de notre conversion, qu’à la mesure de notre rejet des ténèbres, du péché. Il faut se défaire des complicités, des compromissions.  

            Frères et sœurs, nous entrons dans le mystère du Salut certes par le sacrement du baptême, mais aussi par le sacrement de la confession. Je pourrais reprendre très succintement tous les aspects évoqués plus haut quant au mystère de la croix, et les appliquer au sacrement de la confession. Dans le sacrement de la confession, nous faisons aussi l’expérience de notre péché, de notre orgueil, de nos pulsions, de nos lieux  de mort ; dans le sacrement de la confession, nous faisons aussi l’expérience de la patience de Dieu qui nous invite à quitter le péché, à quitter les ténèbres, à accueillir la lumière. Dans le sacrement de la confession, nous faisons l’expérience du Salut, de l’Amour de Dieu qui nous dit : « Je veux transformer tes lieux de morts en lieux de vie ! » Et nous faisons aussi l’expérience radicale que ceux qui se coupent volontairement du sacrement de la confession, se coupent du Salut que Dieu nous apporte. Dans ce sacrement encore, nous faisons l’expérience de la nouveauté que Dieu vient créer en nous ; nous faisons l’expérience que Dieu fait de nous des êtres nouveaux. Le sacrement de la confession est le sacrement qui actualise le mystère de la Croix, du Salut et de la création nouvelle.

            Frères et sœurs, à quelques jours de la Sainte Fête de Pâques, posons-nous, reposons-nous la question du sacrement de la confession qui vient nous mettre à l’abri du marchandage avec Dieu, et qui vient nous donner la certitude que Dieu nous pardonne et qu’Il nous conduit vers le salut. Amen !

 

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