Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil » Blog et Site Internet

Homélie de la messe du Pardon de St Denis, Patron de Verneuil du Père Julien PALCOUX

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Dimanche 8 Octobre 2017

Pardon de St Denis, Patron de Verneuil

Frères et sœurs,

Comme la liturgie nous le permet dans le Temps Ordinaire, nous quittons aujourd’hui exceptionnellement la liturgie du 27ème Dimanche du Temps Ordinaire pour prendre celle de St Denis, Patron de Verneuil. Il est à ce sujet curieux que les seuls héritages de cet antique patronage qui se soient transmis jusqu’à aujourd’hui résident dans la fête foraine qui se déroule le 2ème week-end du mois d’octobre sur la grande place de La Madeleine, restes d’une ancienne foire à l’occasion de la fête de la Saint Denis, et dans quelques noms de lieux comme la « Zone Artisanale et commerciale de la Saint Denis » derrière la gare de Verneuil ou encore la plaine de Charnelles, lieu de la terrible bataille de Verneuil du 17 Août 1424 qui vit s’opposer Anglais et Français. Dans cette plaine, que l’on appellera la plaine Saint Denis, tombèrent plus de 7000 hommes. Les Anglais, après leur victoire, enterrèrent leurs morts et laissèrent être dévorés par les bêtes les corps des Français. Un vieux guerrier habitant à coté fit enterrer les corps des Français et construire sur ses deniers une chapelle, dédiée à St Denis, patron de France. Cette chapelle donna son nom à la plaine St Denis. On vint en pèlerinage sur cette plaine, si bien que des marchands s’installèrent. Nous avons ici l’origine de la Foire de la Saint Denis. Il faut savoir que Verneuil dut sa prospérité pendant tout le Moyen-Âge à l’intercession de St Denis. Si la ville de Verneuil s’est rendue, elle n’a jamais été prise ! On venait des 7 paroisses de Verneuil en procession, avec bannières, sur cette plaine, en ce lieu, pour vénérer St Denis et se mettre sous sa protection. Et ce, dès le XVème siècle. Voilà pour ce qui concerne le patronage de Verneuil.

Alors, qui était Saint Denis ? ce saint représenté décapité et portant lui-même sa tête…Son histoire nous est connue par de nombreux textes anciens. Le récit de sa vie et de sa Passion a été écrite et réécrite au Moyen-Âge par de nombreux biographes successifs, qui ont ainsi transformé peu à peu l’histoire en légende. Les premières versions présentent Denis comme le premier évêque de Paris mais elles ne s’accordent pas sur l’époque à laquelle il a vécu. Ces contradictions susciteront des polémiques pendant des siècles…

Selon la Passion la plus ancienne, écrite vers 500, Denis a été envoyé de Rome en Gaule comme évêque missionnaire par le pape saint Clément, successeur de l’apôtre Pierre, qui fut en fonction de 92 à 101. Arrivé à Paris avec deux disciples, Rustique et Éleuthère, Denis y construit la première cathédrale, prêche aux habitants et les convertit au christianisme. En ces temps de persécution des chrétiens, les autorités romaines ne tardent pas à remarquer son action. Soumis à un interrogatoire, Denis et ses compagnons se déclarent chrétiens et sont mis à mort, décapités par le glaive du bourreau. Pour empêcher que leurs dépouilles ne soient jetées dans la Seine, une aristocrate romaine encore païenne, Catulla, décide de s’en emparer par la ruse et de les ensevelir dans un champ de sa propriété. Plus tard, des chrétiens édifient en ce lieu une basilique, dont les fondements se trouvent encore sous le sol de l’actuelle basilique cathédrale de Saint-Denis. Toutefois, d’après les archéologues, ils ne datent pas du Ier siècle mais de la fin du IVesiècle…

Vers 500, le culte de Denis est déjà en plein essor. La basilique sert de lieu de sépulture, comme en témoignent les découvertes archéologiques. Depuis la fin du IVe siècle, de nombreux aristocrates se font enterrer dans l’édifice ou à l’extérieur, dans l’environnement immédiat du lieu de culte, persuadés que l’inhumation ad sanctos, auprès des saints, leur assurera le salut éternel… Vers 520, le biographe de sainte Geneviève de Paris attribue à celle-ci l’initiative de la fondation d’une nouvelle basilique à Saint-Denis. À la fin du VIe siècle, le chroniqueur Grégoire de Tours accorde foi à l’histoire de Denis mais préfère situer les faits deux siècles plus tard, au IIIe siècle, sous l’empereur Dèce (249-251), ce qui paraît plus crédible sur le plan historique. Pourtant, les récits ultérieurs continueront à dater le martyre du Ier siècle sous le règne de l’empereur romain Domitien (81-96). Le lien ainsi établi entre saint Denis et l’apôtre Pierre via saint Clément de Rome permet au siège épiscopal parisien de revendiquer son apostolicité, soit son lien direct avec les apôtres du Christ. Les différentes Passions rapportent donc qu’une fois décapité sur le Mons Martium (Montmartre,) Denis porta lui-même sa tête sur une distance de 6 kilomètres et tomba. A l’endroit de sa chute, on construisit une basilique, la Basilique Saint-Denis.

L’Evangile que la liturgie a choisi pour cette fête nous redit à travers des images très simples, le sel, la lumière, que notre mission est d’être des témoins du Christ et de la foi. Les images mêmes du sel et de la lumière impliquent le fait d’apporter quelque chose d’autre, quelque chose de plus au monde. Bien sûr, il ne s’agit pas de nous apporter nous-même, mais d’apporter le message de l’Evangile dont nous sommes porteurs. L’actualité se charge de nous rappeler qu’un bon nombre de nos frères et sœurs chrétiens paient de leur vie leur fidélité au Christ et à l’Eglise, à l’étranger et parfois même sur notre sol ; nous pensons tous au Père Hamel.

Frères et sœurs, quand on voit le prix que paient aujourd’hui des hommes et des femmes chrétiens, on ne peut qu’avoir honte des guégerres qui ont lieu au sein même de l’Eglise et des paroisses, où trop souvent des conflits de personnes, de pouvoir, de considération, ou encore des susceptibilités ou des jalousies, entachent la Communion et l’Unité. Bien plus, les nombreux exemples de saints martyrs, grâce à qui nos pays et nos sociétés sont devenues chrétiens, devraient nous renforcer dans l’affirmation de notre foi et dans la liberté que nous avons de penser différemment du monde. Mais aujourd’hui, dès que vous pensez différemment, vous êtes dangereux ; vous sortez des cadres. Mais l’expérience le vérifie tous les jours : les églises qui s’affirment et qui n’ont pas peur de se démarquer du monde sont des Eglises fécondes, missionnaires et dynamiques, quand les églises qui s’enfouissent dans les modes de pensée ambiants sont des Eglises moribondes et décadentes. Notre force vient de notre communion avec Jésus.

Rendons grâce au Seigneur pour les martyrs d’aujourd’hui qui, par leur sacrifice, permettent à l’Evangile d’être annoncé dans des lieux où la foi est combattue. Prions pour nous-mêmes, afin que par l’intercession de St Denis, Patron de Verneuil, nous puissions fortifier notre foi pour en témoigner fièrement là où nous vivons. Amen !

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