Paroisse Sainte Marie du Pays de Verneuil » Blog et Site Internet

Homélie de messe de la fête du Saint-Sacrement du Père Julien PALCOUX

+

Fête du Saint-Sacrement 2016

Frères et sœurs,

A quelques semaines des grandes fêtes de Pâques et de la Pentecôte, après la belle fête de la Sainte Trinité, l’Eglise nous invite à Fêter Dieu, la Fête-Dieu voici un autre titre de cette belle fête, dans le Saint-Sacrement de l’Autel. Jésus a choisi de se donner volontairement, entièrement à son Eglise pour l’habiter en plénitude et pour que l’Eglise continue à le donner au monde.

C’est ce premier aspect de la Fête Dieu que je souhaiterais reprendre avec vous : Jésus se donne à son Eglise.

L’Evangile que nous venons d’entendre, qui est une étape importante de la préparation de Jésus à ses disciples en vue de l’Institution du Sacrement de la Sainte Communion, insiste sur la volonté claire de Jésus de rendre ses Apôtres coopérateurs du don de l’Eucharistie. « Donnez-leur vous-même à manger » répondra Jésus à ses disciples qui essayaient de se débarrasser du problème de nourrir la foule. Non seulement Jésus redit à ses Apôtres qu’ils n’ont pas à « refiler » ce problème à d’autres, mais Il leur demande de s’en occuper eux-mêmes. Déjà, Il les responsabilise et leur demande de prendre en charge ce souci.

Devant la foule nombreuse, Jésus leur demande ensuite de chercher en eux ce qu’ils peuvent offrir : 5 pains et 2 poissons. Avec Dieu, on part toujours de ce que l’on a, pas de ce que l’on voudrait avoir. Et si ce que l’on a est pauvre, dérisoire, négligeable, peu importe ; c’est Dieu qui est source de fécondité. C’est Lui qui agit, mais à partir de ce qu’on lui offre. Là, se trouve toute la pédagogie de Dieu : Dieu qui peut tout faire sans nous, choisit délibérément de passer par nous pour nous rendre participants du Salut qu’Il vient nous offrir. Il ne vient pas nous sauver sans nous, mais avec nous !

Puis, Jésus ordonne à la foule de s’assoir, Il multiplie pains et poissons et les offre aux disciples qui les transmettent à la foule. Là aussi, Jésus place volontairement ses Apôtres en situation d’intermédiaire, de médiation avec son peuple.

Frères et sœurs, ces trois éléments nous montrent de manière claire que Jésus choisit de se donner à l’Eglise en rendant son Eglise participante du don qu’Il fait de lui-même. Jésus s’abandonne à son Eglise ; Il se confie à son Eglise, Il se remet entre ses mains, tel le pain que vont distribuer les Apôtres à la foule. Aujourd’hui encore l’Eglise garde précieusement ce Trésor qu’est Jésus dans le Saint-Sacrement. Aujourd’hui encore, Jésus choisit de passer par des hommes pour continuer à se donner au monde. Tout ceci n’est pas accidentel, ni dépendant des modes juives de l’époque ; mais c’est volontairement délibéré de la part de Jésus.

En regardant comment l’Eglise garde son trésor qu’est le Saint-Sacrement, on découvre une autre réalité de ce précieux don. Le Saint-Sacrement est gardé au Tabernacle, qui est la maison de Jésus, sa tente, sa Soukkôt comme diraient les Juifs, qui rappelle l’Arche d’Alliance dans le Temple dans laquelle était conservés les rouleaux de la Loi de Moïse. Il est d’ailleurs triste de voir dans quel état sont bien des Tabernacles : des conopées disparus, des tissus abîmés, déchirés dedans, des pavillons (voiles de ciboire) enlevés, des maître-autels pas entretenus, plus de nappes d’autel, plus de cierges. C’est quand même Jésus qui est réellement présent ici. Je ne suis pas sûr que si Jésus était présent humainement, on laisse les choses de la sorte…

Et, en-dessous du Tabernacle, se trouve la pierre d’Autel, recouvrant quelques reliques d’un saint, pierre d’Autel consacrée qui fait que l’on peut célébrer la Sainte Messe dessus. Nous avons, rien que dans cette disposition, une signification claire du sacrement de l’Eucharistie. Les reliques, recouvertes par la pierre d’Autel, représentent le tombeau du Christ recouvert par la pierre qui ferme le sépulcre ; nous avons donc le mystère de la Passion. Le Tabernacle avec la présence du Christ dans l’Eucharistie représente les mystères du Jeudi Saint et de la Résurrection, où Jésus, Ressuscité, ne cesse de se donner. Adorer le Saint Sacrement nous fait participer au mystère de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Du reste, la matière du pain nous redit la même chose. Pour obtenir du pain, dans sa forme la plus simple du pain composé de farine et d’eau, sans levure, il faut que le grain de blé meure en quelque sorte, il faut qu’il soit écrasé, moulu pour devenir de la farine. Le signe choisi par Jésus pour devenir Lui-même est déjà passé par la mort pour devenir une autre réalité. Et ce signe, avant que Jésus ne le transsubstantie lui-même en Lui, devient éloquent dans la bouche de Jésus, quand, à quelques heures de sa Passion, Il va répondre à des Grecs qui demandaient à Philippe de le voir : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Jn 12, 24. Avant le mystère de la Transsubstantiation, Jésus s’identifie au grain de blé qui doit mourir et, par là-même, s’identifie au pain.

Le Saint Sacrement, que l’on consomme ou que l’on adore, est donc l’aliment qui actualise le mystère pascal de Jésus, l’aliment qui nous fait entrer dans la vie divine, qui transforme notre vie, notre humanité, nos 5 pains et nos 2 poissons, pour nous diviniser, nous transformer toujours plus en Dieu.

L’enseignement des Apôtres, appelé la Didackè, écrit vers les années 100, développe une autre réalité à partir du Pain servant à la Messe pour devenir le Corps du Christ. La Didackè met en avant que pour obtenir du pain, il faut moudre un certain nombre de grains de blé ; par conséquent le Pain devient un Tout unifié à partir d’une multitude d’individualités. De la même manière, le Saint Sacrement devient le Pain qui construit l’unité par la Communion. Il  est vrai que Celui qui permet l’Unité de l’Eglise, des chrétiens, est Jésus lui-même. C’est dans notre communion à Lui, que notre Communion soit physique, qu’elle soit spirituelle, peu importe dans les deux cas il y a Communion, que se joue et se construit l’Unité du Corps du Christ. Et c’est dans la Communion que peuvent exister et cohabiter les réelles et véritables diversités et différences. Le Saint-Sacrement qui est le Corps du Christ construit le Corps du Christ qu’est l’Eglise. Une Eglise où le Saint Sacrement n’est pas adoré, n’est pas estimé, n’est pas respecté n’est pas une Eglise solide ; c’est une Eglise vide.

Rendons grâce en ce dimanche pour le don que Jésus nous a fait de lui-même. Demandons-Lui la grâce de pouvoir l’aimer toujours plus, qu’Il continue à transformer nos vies, qu’il renforce notre unité et notre communion. Qu’Il veille sur les enfants qui l’ont reçu cette année pour la première fois ; Demandons –Lui aussi au cours de cette messe et au cours de la Procession cette après-midi les prêtres et les religieux et religieuses dont notre Eglise a besoin pour assurer fidèlement sa mission qui est de continuer à donner Jésus au monde. Amen !

⇪ en haut ⇪ contact envoyer à un ami

Votre mail n'est jamais publié ou partagé ! Les champs marqués * sont requis *

*

*

*

T e x t e s   d u   j o u r
H o r a i r e s   d e s   m e s s e s
I N F O