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Blocage des lycées : “Il y a une résonance entre le monde algorithmique et les réactions de certains jeunes”

Tandis que le blocage des lycées dégénère à certains endroits en scènes de violence inouïe, Baptiste Detombe, essayiste qui explore les conséquences de la révolution numérique, établit un lien entre « le monde algorithmique » et le comportement virulent d’une frange de la jeunesse.

Le mouvement des lycées s’est poursuivi ce vendredi 2 octobre sous haute tension, avec 564 établissements perturbés à la mi-journée, tandis que le ministre de l’Éducation a rencontré syndicats et associations lycéennes. Intolérance à la frustration, conviction d’être dans son bon droit, absence d’autorité… Si les outils numériques ne sont évidemment pas la cause directe du mouvement de contestation lycéenne observé actuellement en France, ils favorisent néanmoins des comportements qui peuvent basculer dans la violence. Baptiste Detombe, auteur de L’homme démantelé et La révolution affective, deux essais qui alertent sur les retombées anthropologiques et relationnelles de la révolution numérique, décrypte pour Aleteia les mécanismes qui bouleversent profondément la manière dont les jeunes construisent leur rapport au réel et à l’autorité.

Aleteia : Pensez-vous que l’on puisse établir un lien entre le mouvement de contestation actuel des lycéens et leur appartenance à une génération qui a les yeux rivés sur les écrans 5 heures par jour ?

Baptiste Detombe : On ne peut évidemment pas réduire ce qui se passe aujourd’hui à la seule question technologique. Néanmoins, certains éléments peuvent expliquer pourquoi il y a une résonance entre le monde algorithmique dans lequel les jeunes grandissent et les réactions de certains. Le monde numérique accoutume à l’instantanéité. Et le problème de l’instantanéité, c’est qu’elle ne génère aucune frustration ni aucune friction. Aujourd’hui, tout ce qui représente une forme de résistance est très mal perçu. En cela, la réaction parfois épidermique de certains jeunes est la conséquence de l’incapacité à inhiber son désir. Et cette incapacité à répondre à la frustration peut avoir une plus grande propension à dégénérer en violence. Sans réduire la violence à la seule question technologique, le monde numérique favorise le déploiement d’une violence directement liée à l’incapacité à gérer sa propre frustration.

L’accoutumance à un cocon numérique a tendance à créer une plus grande difficulté à accepter qu’il puisse y avoir des opinions divergentes.

Outre l’intolérance à la frustration, voyez-vous d’autres conséquences du numérique sur le comportement des jeunes ?

Le monde algorithmique, à travers les bulles de filtres (qui ne montrent à l’utilisateur que des contenus correspondant à ses goûts, ses habitudes et ses opinions, ndlr), à travers la sycophantie (complaisance, flatterie des intelligences artificielles vis-à-vis de leur utilisateur, ndlr), génère des êtres qui sont en permanence confortés dans ce qu’ils pensent, dans ce qu’ils sont, dans ce qu’ils disent. Et cette accoutumance à un cocon numérique qui vient toujours caresser les opinions de la personne, a tendance à créer une plus grande difficulté à accepter qu’il puisse y avoir des opinions divergentes. L’idée qui va germer dans l’esprit de l’utilisateur est alors : « si j’agis, et si je vois mes camarades agir de la sorte, c’est que je suis dans mon bon droit ». Cette conviction d’être dans son bon droit va justifier, chez certains, la violence, qu’elle soit verbale ou physique. Cela reste des phénomènes marginaux, mais ce type de dérive est le fruit d’une génération qui grandit sans expérimenter la résistance d’une autorité. Sur les réseaux sociaux, il n’y a pas de hiérarchie, toutes les paroles se valent, l’autorité y est battue en brèche.

Parmi les revendications des lycéens revient de temps en temps l’interdiction du portable au lycée. Qu’est-ce que cela dit de leur attachement au numérique ?

Souvent, la question du smartphone est effectivement évoquée, mais en faisant cela, ils situent mal le problème et font diversion. Mais c’est intéressant parce que cela témoigne de l’attachement quasiment identitaire de la jeunesse au smartphone. Lorsqu’on s’attaque au smartphone, les jeunes, pour une partie d’entre eux, ont l’impression que l’on s’attaque directement aussi à eux. Cela peut aussi alimenter une frustration, générée par les conditions parfois difficiles dans lesquelles ils peuvent étudier. En voyant qu’on s’attaque aux smartphones, qui font partie intégrante de leur identité, de leur appartenance sociale, ils ont l’impression que leur capacité à exister est menacée. Ce qui est en partie vrai parce qu’ils y passent quatre à cinq heures par jour.

Et pourtant, les sondages révèlent qu’ils ont tout à fait conscience des dangers des écrans et qu’ils souhaitent en être protégés.

Oui, c’est paradoxal. Lorsqu’on regarde les sondages, notamment britanniques ou américains, on voit que la jeunesse est majoritairement favorable à restreindre le champ du numérique. Par exemple, 50% des jeunes Britanniques sont favorables à un couvre-feu numérique. Il y a vraiment un paradoxe à vouloir défendre le smartphone de manière identitaire tout en subissant les conséquences. C’est ce que j’appelle un syndrome de Stockholm numérique. On est tombé amoureux de l’agresseur alors qu’il nous fait du mal.

La rentrée scolaire était il y a un mois, jour pour jour. Avez-vous des retours quant à l’efficacité de la nouvelle mesure qui interdit les portables au lycée ?

Le fait qu’il y ait une norme est une bonne chose. Cela légitime les mesures du chef d’établissement, ou de parents d’élèves qui voudraient restreindre le champ du numérique à l’école. Cela facilite l’action. Dans les faits, l’application est assez hétérogène. Certains lycées sont très à cheval, parfois depuis longtemps, tandis que d’autres établissements sont à la traîne. Parce qu’il y a du retard dans la transposition d’un règlement intérieur, parce que l’équipe pédagogique est moins sensibilisée et donc moins proactive pour sanctionner, ou encore parce qu’il manque les infrastructures nécessaires pour ranger les téléphones. Un autre élément pénalise la mise en place de l’interdiction des téléphones, c’est l’utilisation des dérogations prévues par la loi pour la contourner, et notamment celle autorisant les téléphones « pour des usages pédagogiques ». Ce genre de dérogation crée un flou par rapport aux circonstances dans lesquelles on peut utiliser ou non le smartphone, et ce flou empêche une véritable efficacité et une proactivité des équipes pédagogiques pour faire appliquer la loi.

ALETEIA

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  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
  • Centre Bethléem de 20:00 à 21:00 – Conseil financier EAP

Mercredi 30 septembre – S. Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise

  • Centre Bethléem et Presbytère de Rugles de 10:00 à 11:00 – Catéchisme

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  • .
  • Messe à l’Ehpad de Rugles à 15:00
  • Eglise de la Madeleine à 16:00 – Chapelet de la confrérie
  • Eglise de la Madeleine à 17:30 – Adoration
  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
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  • Messe à l’église de Bois-Arnault à 18:00
    • Quête impérée Catéchèse
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    • Quête impérée Catéchèse
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    • Quête impérée Catéchèse

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  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
  • Centre Bethléem de 16:30 à 18:30 – Patronage
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  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30

Mercredi 7 octobre – Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire

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  • Messe à l’église de Pullay à 18:00

Jeudi 8 octobre – de la férie

  • Messe à l’égise de Ambenay à 18:00
  • Messe à l’Ehpad Le Beauclerc à 15:00
  • Eglise de la Madeleine à 16:00 – Chapelet de la confrérie
  • Eglise de la Madeleine à 17:30 – Adoration
  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30 – Aumônerie collège – Lycéen, suivie par un diner pizza
  • Presbytère de Rugles de 9:30 à 12:00 – Aumônerie 6ème et 5ème
  • Centre Bethléem à 10:00 – Catéchuménat
  • Eglise de la Madeleine à 14:30 – Mariage Leo de Mansart et de Agathe Fanost
  • Messe à l’église de Francheville à 18:00
  • Messe à l’église de St Germain de Rugles à 9:15
  • Messe à l’église de la Madeleine à 11:00
  • Eglise St Germain de Rugles à 15:00 – Concert de l’Avenir Ruglois