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Homélie de la messe de la Veille de Noël à l’église de Rugles du Père Julien PALCOUX – 2013

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Oferenn Nedeleg (Abardaezh)

Frères et sœurs,

Sous son aspect historique, avec la succession de toutes ces générations d’Abraham à Jésus, cet Evangile est porteur de deux profondes bonnes nouvelles. La première, c’est que Dieu nous rejoint dans notre univers, dans notre vie, dans notre monde. Ce n’est pas à nous de le trouver, d’aller à sa rencontre ; c’est Lui qui vient à nous. Et la deuxième bonne nouvelle qui nous est annoncée, c’est que Dieu vient nous apporter le Salut. Il vient pour sauver « son peuple de ses péchés » comme nous dit l’Evangéliste St Matthieu.

C’est ce que signifie cette longue succession des générations : Dieu entre progressivement dans notre temporalité, dans notre monde. La longueur de ces générations dit la profondeur de l’Incarnation. C’est lourd d’entrer dans une histoire, dans une culture ! Et dans cette généalogie, il y a des figures vertueuses comme des figures crapuleuses. Et Dieu entre dans tout cela. Il assume tout. Alors ce soir, en commémorant l’Incarnation et la Nativité du Fils de Dieu, nous devons nous demander si nous acceptons nous aussi de laisser Dieu entrer dans toute notre histoire, dans tout notre être. La logique de l’Incarnation, la logique de Dieu est une logique d’Amour total. Or, l’Amour ne se satisfait pas de demi-mesures. Quand Dieu entre dans notre histoire, Il vient chez les bons comme chez les moins bons. Et Il vient pour tous. Nous qui sommes ici ce soir, est-ce que nous acceptons que Dieu entre partout chez nous ? N’y a-t-il pas des endroits où nous lui défendons d’entrer ? Peut-être parce que nous avons honte ? peut-être parce que nous ne voulons pas changer ? Nous devons d’autant plus réfléchir à cela parce que nous vivons dans un monde où le primat est donné à la satisfaction immédiate du désir de l’homme, parce que le primat est donné à la mentalité de consommation, aux « droits » que nous revendiquons : je prends ce que je veux, quand je veux, et quand je n’en veux plus, je jette ! Il en est ainsi beaucoup dans l’ordre de l’Amour, de nos relations, mais aussi envers la foi et envers Dieu. Je me tourne vers Dieu quand j’ai besoin de Lui, mais sinon, je prends bien garde à ce qu’Il ne prenne pas trop de place dans ma vie. De même dans l’ordre de la foi. Je prends ce qui me plaît mais rejette ce qui ne me plaît pas. Et on fait son marché. Or, la logique de l’Incarnation, la logique de Dieu est une logique totale. Dieu ne prend pas que ce qu’Il aime. Il prend tout. Ce soir, Dieu ne vient pas en partie chez nous, mais en totalité, complètement. L’Amour ne se satisfait pas de demi-mesures.

La deuxième Bonne Nouvelle de cette nuit, c’est que Dieu vient pour «sauver son peuple de ses péchés ». Sa mission d’ailleurs est déjà donnée dans son nom, puisque, dans la tradition juive, le nom que l’on porte dit la mission que l’on reçoit. Il s’appellera « Jésus » c’est-à-dire « Le Seigneur sauve ». Il est « Emmanuel » c’est-à-dire « Dieu avec nous ». « Jésus-Emmanuel » : Dieu sauve en étant avec nous. Cela veut dire que Dieu ne peut pas sauver s’Il n’est pas avec nous. Que Dieu vienne chez nous, c’est ce que nous redit la fête de Noël. Mais, est-ce pour autant qu’Il est avec nous ? qu’Il habite avec nous ? qu’Il reste avec nous ? Là, c’est à chacun de nous d’y répondre. A nouveau ce soir se pose à nous la question : est-ce que nous laissons Dieu être avec nous ? Quelle place lui accordons-nous, dans nos journées, dans notre pensée ? dans notre temps ? Et là aussi, c’est de l’ordre d’un combat intérieur. Car la réalité humaine comme la réalité actuelle, nous montrent combien il est difficile de laisser de la place à Dieu. Dans l’Evangile que nous entendrons tout à l’heure lors de la messe de la Nuit de Noël, St Luc nous dira « qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune ». Dans l’Evangile que nous entendrons demain, St Jean nous dira : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Il est difficile de faire de la place à Dieu dans sa vie. Sans compter que nous vivons dans une société qui tend de plus en plus à exclure Dieu, à le rejetter. On le voit à travers un usage mal compris et mal appliqué de la laïcité : au lieu de garantir la liberté des citoyens à pratiquer leur religion, la laïcité devient parfois l’arme contre la religion. On le voit à travers les lois votées qui détruisent la famille. Or, excusez-moi, mais en s’incarnant, Dieu choisit de venir dans un foyer composé d’un homme et d’une femme, nous révélant ainsi la solidité de la structure familiale. En ce sens, il est important en cette fête de Noël de laisser Dieu être avec nous, de lui accorder du temps, de l’espace dans nos vies, mais aussi dans nos villes et nos villages. Prenons un exemple concret : l’ouverture des églises. L’église est la maison de Dieu. Laisser Dieu être avec nous, le laisser habiter au milieu de nous, c’est le laisser habiter dans nos églises. Dans combien d’églises, Dieu n’est-Il plus présent dans le tabernacle ? peut-être parce qu’il y a moins de prêtres, certainement. Mais aussi parce qu’il y a trop peu de fidèles pour réclamer que Dieu revienne habiter dans les tabernacles ! Combien d’églises demeurent aujourd’hui fermées en raison des dégradations, des vols ? Et aujourd’hui, on s’étonne lorsqu’on trouve une église ouverte ! Alors que c’est l’inverse qui devrait exister ! On devrait s’étonner d’en trouver fermées. Mais si tous ceux qui venaient aux messes de Noël demandaient à leur curé ou à leur maire que leurs églises soient ouvertes, eh bien on remettrait Dieu au centre de nos villes et de nos villages, et on permettrait pleinement à Dieu d’être avec nous.

Ce soir, alors que nous entendrons les anges louer Dieu pour la naissance du Sauveur et annoncer aux hommes de « bonne volonté » le don de la paix, nous ré-entendons cet appel de Dieu adressé à tous les hommes de bonne volonté, appel à l’accueillir en nous, appel à le laisser habiter en nous et dans notre monde. Parce que, si Dieu habite en nous, s’Il est avec nous, il peut alors transformer notre vie, nos réalités, nos peines, nos croix. Il peut tout. La Bonne Nouvelle de cette nuit, c’est que Dieu peut transformer toute notre humanité. Il ne nous demande que deux choses : l’accueillir et l’aimer. Amen !

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