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Homélie de la messe du 3ème dimanche de Carême du Père Julien PALCOUX

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3ème dimanche de Carême

Frères et sœurs,

 

Nous aussi, à quelques jours de la fête de Pâques, l’appel de Jésus retentit à nos oreilles : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » En ce temps de Carême, temps de purification de notre relation à Dieu, nous ne pouvons pas passer à côté de cette remarque.

            Il y a tout d’abord, différentes étapes dans la purification de notre relation à Dieu. La première lecture nous donne à ré-entendre le don de la Loi à Moïse, Loi que Dieu avait donnée au peuple Hébreu pour structurer l’Alliance. Se pose alors à nous une première question : respectons-nous ces 10 Paroles de vie ? Est-ce que nous les vivons ? Même si la relation à Dieu s’adresse à notre liberté, notre liberté a besoin d’être structurée. La liberté ne peut pas se construire, elle ne peut pas grandir de manière anarchique ; elle a besoin de base, d’une structure, pour pouvoir s’épanouir. Le tout de la vie chrétienne n’est pas dans le respect des 10 commandements ; ce serait une terrible régression…mais notre vie chrétienne ne peut pas s’épanouir si déjà le respect de ces 10 paroles de Vie n’est pas en place.

            Alors, venons-en à cette parole de Jésus : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Certaines traductions disent : « une maison de trafic. » Le premier appel à entendre ici est un appel à purifier notre relation spirituelle à Dieu, à purifier notre vie de prière. Cette parole de Jésus nous rappelle que la relation à Dieu est de l’ordre de la gratuité ; elle ne se marchande pas. On n’achète pas Dieu. Alors, demandons-nous si notre prière est un lieu de gratuité. Quelle place offrons-nous à Dieu dans notre prière, pour lui-même ? Sommes-nous totalement désintéressés et ouverts à ce que Dieu veut nous donner ? Ne cherchons-nous pas à acheter Dieu ? par telle ou telle initiative, pour lui demander telle ou telle chose ? Il nous faut ré-entendre que la prière est un lieu de décentrement, de dessaisissement. Il nous faut accepter de ne pas donner, mais de recevoir. Fondamentalement, celui qui prie n’est pas maître de sa prière ; il la laisse se construire en lui.

            Faisons attention également à ne pas rester bloqués dans notre vie de prière sur nos désirs, nos attentes, aussi légitimes soient-ils…Il faut savoir les dépasser pour accueillir ce que Dieu donne qui est toujours différent de ce que nous attendons.

 

            Cet appel de Jésus (« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ! ») nous pouvons l’entendre aussi dans notre relation à l’Eglise. Il y a effectivement un lien très profond entre ma relation spirituelle et ma relation à l’Eglise, à tel point que ma relation spirituelle se vérifie et se donne à voir dans ma relation à l’Eglise. Dit dans l’autre sens, si ma relation à l’Eglise n’est pas juste (et elle a toujours besoin d’être purifiée), c’est que ma vie spirituelle n’est pas juste. Là, quelques points d’attention qui peuvent nous servir à tous :

  • Jésus nous rappelle que personne n’est à son compte. Au-delà de la gratuité dans la relation à Dieu que Jésus rappelle, Jésus n’attaque pas d’abord la Loi de Moïse sur les sacrifices ; mais Il attaque le fait que des personnes, une caste, en a fait son affaire, son commerce, son « business » comme on dit, oubliant et mettant Dieu de côté. Dans l’Eglise, personne n’est à son compte. Tout le monde est envoyé, tout le monde reçoit une mission du curé jusqu’à la personne qui fait le ménage ! Et personne ne peut se prévaloir de son passé, de sa place dans la société, de ses titres pour avoir un quelconque « droit » dans l’Eglise !
  • Soyons tous des serviteurs inutiles. Des « serviteurs » : nous n’avons rien à attendre en retour : pas de reconnaissance, pas de titre ; pas de droit, pas de considération ! « inutiles » : acceptons de nous ouvrir aux autres, de faire de la place aux autres, sans chercher à conditionner, à orienter, à influencer. Comme on dit, les cimetières sont remplis de personnes inutiles…Mais parfois, cela est plus facile à dire qu’à vivre !
  • Et puis, dans notre relation à l’Eglise, faisons attention aussi à ne pas rester « bloqués » sur nos attentes, nos schémas, nos désirs ou nos regrets…Là aussi que de dégâts ! et même encore dans la paroisse. Tout est légitime : nos désirs, notre sensibilité, nos attentes, nos préférences, notre histoire…mais par pitié, ne restons pas bloqués dedans ! car sinon, nous nous fermons subrepticement à l’Eglise d’aujourd’hui. « C’était mieux avant ! » ou alors « Quelle horreur ce que nous vivons aujourd’hui… ! » (Il y a les deux dans la paroisse.) Oui, il y avait de bons aspects auparavant ! oui, il y en de bons maintenant ! Mais, tout cela est normal. Le tout est de demeurer ouvert à l’Eglise que Dieu façonne aujourd’hui, avec les prêtres que Dieu envoie aujourd’hui.  On peut rêver l’Eglise ; on peut rêver les prêtres ; on peut rêver la pastorale ; mais, à force de rêver, à un moment donné, le rêve peut devenir une fuite…Alors, peut-être est-ce déconcertant ! Mais, si nous restons bloqués sur nos schémas, sur nos désirs, sur nos points de vue, nos attentes, alors nous pouvons être sûrs d’une chose : c’est que nous passons à côté de ce que Dieu nous donne aujourd’hui dans l’Eglise ! Cette purification dans notre rapport à l’Eglise peut être difficile à vivre, mais on ne peut à coup sûr la vivre si nous n’avons pas de vie spirituelle derrière, parce qu’en ce cas, nous n’en resterons qu’à de l’idéologie.

Frères et sœurs, en ce 3èm dimanche de Carême, demandons au Seigneur qu’Il vienne nous aider à purifier notre relation à Lui, à son Eglise. Demeurons ouverts aux impulsions et aux motions de l’Esprit-Saint. C’est dans cette ouverture de cœur que se joue aussi notre vie baptismale : accepter en partie de mourir à notre « moi » pour nous ouvrir à ce que Dieu donne et construit. Mourir à l’homme ancien pour vivre en homme nouveau ! C’est le propre de la vie du chrétien.            Amen !

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