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Homélie du 4ème dimanche de l’Avent du Père Julien PALCOUX

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4ème Dimanche de l’Avent

 

Frères et sœurs,

 

            Si le temps de l’Avent nous ouvre à l’accueil renouvelé du Seigneur dans nos vies, il se pose ensuite cette question : que faisons-nous après avoir accueilli le Messie dans notre vie ? La liturgie de ce jour nous montre Marie qui non seulement a accueilli le Messie mais qui va le porter au-dehors de chez elle. La Sainte Vierge nous montre qu’accueil du Seigneur et don aux autres marchent ensemble : accueil et mission se répondent. Dit autrement, la mission, l’Evangélisation, le fait de porter le Seigneur aux autres, répond à et parfait l’accueil du Seigneur dans nos vies. L’accueillir pour nous-mêmes, sans le porter aux autres, est le reflet d’une attitude égoïste, incomplète et chrétiennement immature.

 

            La Vierge Marie nous appelle à reprendre conscience que nous portons Dieu en nous. Il faut bien reprendre conscience de cela, parce que ce n’est pas très clair aujourd’hui. On confond facilement le fait que tout être humain est à l’image de Dieu, qu’il soit chrétien ou non avec le fait d’être habité par Dieu. Or, par les sacrements du Baptême et de la Communion, nous portons Dieu en nous. Réellement, pas symboliquement. Certes, pas de manière aussi parfaite et complète que la Vierge Marie, mais nous portons Dieu en nous. St Paul dit dans l’Ecriture que nous sommes « le Temple de l’Esprit » ; voici une autre image qui dit la même réalité.

            Marie nous apprend ensuite à porter ce trésor de Dieu qui habite en nous aux autres : c’est le sens de cet épisode de la Visitation. Marie va porter le Seigneur à sa cousine Elisabeth. Elle ne garde pas pour elle ce qu’elle a reçu ; mais elle s’empresse d’aller le donner, préfigurant sa mission de Mère de Dieu qu’elle continue à accomplir aujourd’hui : donne Jésus au monde ; le faire naître dans les âmes. Trop suivant, notamment dans les années post-conciliaires, on a eu tendance chez les catholiques à faire de la foi, de la religion, une affaire privée, personnelle, parfois même au sein des familles. Des mouvements d’Eglise ont même tu leur identité catholique sous prétexte de rejoindre le plus grand nombre de personnes. Résultat : ces mouvements ont perdu leur identité et spécificité chrétienne par confusion, parfois compromission, avec l’esprit du monde ! Ils se sont vidés de leur spécificité chrétienne au point, aujourd’hui, de ne plus être distincts de mouvements à caractère sociaux. Non pas que les mouvements à caractère sociaux soient mauvais ; au contraire, ils sont bons, et deviennent aujourd’hui malheureusement de plus en plus nécessaires. Mais il est temps que les chrétiens redécouvrent le Trésor qu’ils portent en eux et qu’ils redécouvrent que porter le Christ aux autres, notamment à ceux qui ne le connaissent pas, est la véritable richesse à donner. Si nous étions convaincus de cela, dans les familles, les parents seraient plus cohérents avec les engagements à catéchiser leurs enfants pris au jour du baptême ; alors les parents emmèneraient davantage leurs enfants à la messe. Heureusement que les enfants ont un cœur ouvert à Dieu, car aujourd’hui, ce sont plus souvent eux qui re-conduisent leurs parents à la messe que l’inverse !

 

            En portant Jésus à sa cousine Elisabeth, Marie nous ouvre aussi à une autre profondeur de relation les uns avec les autres. Nous sommes évidemment en relation, plus en moins profonde, les uns avec les autres. Mais regardez la scène entre Marie et Elisabeth. Qui agit dans cette rencontre ? ce sont les bébés dans le sein de leur mère qui agissent. C’est Jésus dans le sein de Marie qui provoque, fait réagir son cousin Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth. Et les mamans comprennent après coup ce qui se passe. Dans toute relation humaine, dans tout échange, dans toute rencontre, discussion, le Christ est présent en ceux qui le portent. Et Il agit de la même manière qu’Il agit en Marie. Mais, sommes-nous suffisamment ouverts et disponibles à sa présence et à son action en nous ? De même, sommes-nous suffisamment ouverts à sa présence et à son action dans l’autre ? Il est parfois plus facile de se faire une idée inamovible de l’autre plutôt que d’essayer de le  percevoir en l’autre, ou ne serait-ce que de croire par un acte de foi, que le Seigneur l’habite. Ayant compris cela, nous pouvons tous accéder à une qualité beaucoup plus profonde de relation entre nous ; nous pouvons transformer la relation simplement humaine en une relation humaine de profondeur divine. C’est d’ailleurs une des conséquences du Sacrement de la Communion dans le chœur des croyants qui la reçoivent. C’est précisément ce que l’Eucharistie construit : passer de la relation humaine à une relation de communion, plus forte, plus pure, plus parfaite, plus profonde, plus divine.

 

            Il est difficile de terminer la méditation de ce passage de l’Evangile sans dire un  mot de Jésus et de Jean-Baptiste dans le sein de leur mère, qui se parlent et se répondent. Ils agissent comme des personnes, parce que, même dans le ventre de leur mère, ils sont des personnes. D’authentiques personnes qui agissent, qui communiquent. Cette vision doit conduire les chrétiens à estimer, et à avoir le courage de défendre et de protéger  la vie in utero comme une vie réelle quelles que soient les circonstances, parfois dramatiques, qui ont conduit à la conception de l’enfant. Que la Vierge Marie nous apprenne à toujours plus aimer et respecter la vie, surtout quand elle est la plus fragile et la plus dépendante. Qu’elle conduise les chrétiens, et surtout les jeunes générations qui arrivent, à promouvoir et à défendre une véritable culture de vie, même quand la vie annoncée est différente. Amen !

 

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