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Homélie de la messe de la Solennité de l’Ascension du Seigneur du Père Julien PALCOUX

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Ascension 2015

Frères et sœurs,

 

L’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ met un terme à l’existence humaine de Jésus, plus exactement, l’Ascension met un terme à l’existence de Jésus dans son humanité ressuscitée. Désormais, comme nous le disons dans le Credo, il est assis à la droite de Dieu en attendant la fin des temps où Il reviendra dans la gloire.

            L’Ascension de Jésus a principalement deux raisons : une raison causale et une raison finale. Pour ce qui est de la cause, Jésus remonte au Ciel parce c’est là d’où Il est venu. Même si, à un moment donné, Jésus assume deux natures, la nature divine et la nature humaine, à l’origine, Il vient de Dieu ; Il est de nature divine. Ensuite Il va assumer pour un temps la nature humaine, afin de rétablir la communion entre les deux natures ; mais Il est Dieu avant d’être homme. Il est alors par conséquent logique, qu’au terme de son existence humaine, Jésus retourne au sein même de la Trinité.

            Mais il y a aussi une cause finale à l’Ascension. Et cette cause finale nous concerne. Elle nous dit aussi toute la pédagogie de Dieu, toute sa pédagogie de salut pour nous. L’Ascension de Jésus honore et met en valeur la liberté de l’homme et dans sa relation à Dieu et dans l’exercice de son salut. En remontant au Ciel, Jésus choisit de ne pas s’imposer aux hommes ; Il choisit de se laisser chercher. Il fait appel à la liberté de l’homme. En quelque sorte, il honore notre liberté et notre être. Et il permet ainsi à l’homme d’engager sa liberté pour collaborer au salut que lui-même nous apporte. L’Ascension de Jésus est donc importante pour notre salut. Le temps où Jésus reste parmi nous dans son humanité ressuscitée correspond au temps nécessaire pour que s’affermisse la foi des apôtres et des disciples en la Résurrection de Jésus. Mais, une fois la Passion et la Résurrection passées, tout est donné ; tout est achevé ; Dieu a répondu définitivement. Il n’y a donc aucune raison pour que Jésus demeure plus longtemps parmi nous. Cela sera maintenant à l’Eglise de prendre la suite.

            L’Eglise, justement. Regardons l’Eglise au moment de l’Ascension. Comment est-elle ? Elle est formée : il y a 12 Apôtres ; un chef : Pierre. Des disciples. Elle est conduite, par la foi, à s’ouvrir au mystère de la présence du Ressuscité. Mais l’Eglise n’est pas autonome. Pour qu’elle le soit, il faut que Jésus parte. Il en est de même dans notre vie : pour qu’un bébé naisse et vive, il fait qu’il sorte du ventre de sa maman ; il faut qu’il la quitte. Il doit y avoir une séparation ; sinon, il ne pourra y avoir de vie. Pour que l’Eglise vive, il faut que Jésus la quitte physiquement. Ceci-dit, l’Ascension ne suffira pas à rendre l’Eglise autonome et vivante ; il manquera la Pentecôte avec le don de l’Esprit-Saint qui achèvera la mise au monde de l’Eglise.

            Le temps qui s’écoule entre l’Ascension et la Pentecôte est particulièrement important, parce qu’il permet aux Apôtres de faire l’expérience de leur pauvreté, de leur finitude, de leur limite, ce qui les conduit à s’ouvrir au don de Dieu. Pour assumer la mission que Jésus leur confie, ils vont avoir besoin de Dieu, de l’Esprit-Saint.

            L’Evangile nous redit que l’Ascension est le moment du passage pour les Apôtres du mode de présence de Jésus, dans son humanité ressuscitée, au mode de présence de Jésus à travers l’Eglise : « Allez dans le monde entier, leur dit-Il. Proclamez l’Evangile à toute la création. » Ce changement de mode de présence de Jésus repose sur eux et sur leur dynamisme évangélique. Dans ces quelques paroles de Jésus, l’Eglise n’a d’autre raison d’être que d’être missionnaire. Les signes évoqués dans l’Evangile (l’expulsion des démons, l’imposition des mains aux malades, les guérisons) sont les signes des sacrements, de l’action de Jésus à travers son Eglise.

            Frères et sœurs, la solennité de l’Ascension nous invite à réfléchir sur notre manière de vivre notre relation à Jésus. Quel lien avons-nous, entretenons-nous avec l’Eglise qui est le mode de présence principal par lequel Jésus nous parle ? Comment engageons-nous notre liberté profonde pour chercher et reconnaître Jésus ? Quel dynamisme missionnaire vivons-nous ? Que sommes-nous prêts à donner pour que l’Eglise soit plus vivante, plus présente ? les besoins ne manquent pas…

Que l’Esprit-Saint nous éclaire et qu’Il fasse de nous des baptisés missionnaires qui n’ont pas peur d’assumer devant les autres leur foi, leur identité de chrétien. Amen !

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