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Homélie de la messe du 4ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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4ème dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

 

            Le 4ème dimanche de Pâques, traditionnellement appelé le dimanche du Bon Pasteur, est le dimanche où l’Eglise médite le chapitre 10 de l’Evangile selon St Jean, chapitre dans lequel Jésus apparaît comme le Bon Pasteur, Celui qui connait ses brebis et que ses brebis connaissent. C’est aussi pour l’Eglise l’occasion de prier le Seigneur pour les vocations sacerdotales tant nécessaires…

            Il est intéressant de relever les caractéristiques présentes dans ces quelques lignes d’Evangile, qui définissent le Bon Pasteur. J’en retiens trois : le Bon Pasteur protège son troupeau contre le loup, à la différence du berger mercenaire ; ensuite, le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent ; et enfin, le Bon Pasteur est Celui qui donne librement sa vie.

            Alors, que nous disent chacune de ces caractéristiques ?

            Le Bon Pasteur protège son troupeau contre le loup. En fait, le loup cherche à tuer les brebis pour les manger. Il est aussi celui qui, en attaquant le troupeau, affole les brebis et les met en danger. Il attaque en cassant l’unité du troupeau. Que peut être le loup aujourd’hui ?

Tout d’abord, le loup, cela peut être des doctrines, dangereuses, qui mettent en danger la justesse de la foi et de la vie des chrétiens. Je n’ai pas envie ici de lister les idéologies, les doctrines dangereuses pour la foi ; je n’ai jamais hésité à le faire quand les sujets d’actualité le suggéraient. Gardons en mémoire la particularité de notre place dans le monde. Nous sommes dans le monde, sans être du monde. Nous sommes appelés à aimer ce monde tel qu’il est ; mais tout en nous souvenant que notre fin n’est pas dans ce monde. Il nous faut donc garder une juste distance avec le monde, nous souvenant que l’Evangile est aussi une force de contradiction avec l’esprit du monde. Toutes les idéologies, les doctrines, ne sont pas forcément compatibles avec la foi chrétienne…Et l’on peut se faire rattraper par les modes de pensée du monde qui peuvent altérer et dénaturer notre foi

Le loup, cela peut-être aussi celui qui, dans le troupeau, se transforme en prédateur, et qui, de ce fait, devient un danger pour les autres. Benoît XVI avait lors de son élection invité à prier pour qu’il n’ait pas peur des loups…Le Pape François a repris la même expression. Les plus gros dangers pour l’Eglise viennent du dedans et non du dehors ! Le Bon Pasteur est donc celui qui effectue un discernement et qui, par moment, doit mettre en garde, doit protéger son troupeau contre celui ou celle qui devient un loup, qui par sa critique, ses règlements de compte, souvent personnels d’ailleurs, cherche à déstabiliser le reste du troupeau, voire même cherche à dévorer, à rallier à sa cause, à son point de vue, des brebis peut-être plus influençables…Méfions-nous…on peut très rapidement devenir un loup sans en avoir conscience.

La deuxième caractéristique que je retiens est que le Bon Pasteur connaît ses brebis et que ses brebis le connaissent. Dans les brebis, toutes n’ont pas la même santé ; le même régime, la même vélocité…Chacune doit avoir son traitement particulier. Et ce que l’une mange, en raison de sa condition, sa voisine ne mangera pas pareil…Le Bon Pasteur ne traite pas de la même manière l’ensemble de ses brebis. Et puis les appétits des brebis ne sont pas les mêmes tout au long de leur vie…

C’est là, frères et sœurs, que pour bien comprendre ceci, il faut bien en rester au Christ Jésus, Bon Pasteur. Car seul Jésus est le Pasteur parfait. Tous les autres pasteurs, Papes, évêques, prêtres, participent à « Jésus Bon Pasteur ». Tous les pasteurs, quels qu’ils soient, apportent quelque chose de différent. Tel pasteur nourrira son troupeau dans tel pâturage ; tel autre, dans tel autre. Et c’est dans l’ensemble qu’il faut regarder comment le Pasteur Suprême qu’est Jésus, nourrit ses brebis, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, par les pasteurs, différents, qu’Il donne lui-même à l’Eglise. Car, dans l’église catholique, ce ne sont pas les brebis qui se choisissent leur Pasteur, mais c’est Dieu qui donne des pasteurs à son Eglise. Et là, personne n’a de mainmise sur Dieu…C’est d’ailleurs ce qui garantit que l’Eglise est celle que Dieu veut et non une organisation humaine…Mais, ce n’est pas toujours facile d’accepter que l’Eglise soit celle que Dieu décide et non celle que moi je veux.

Mais l’Evangile est très équilibré. Il s’agit d’une double connaissance : celle du pasteur envers ses brebis ; et celles des brebis envers leur pasteur. C’est-à-dire que si le pasteur doit savoir ce qui convient à telle ou telle de ses brebis, les brebis sont aussi appelées  à connaître leur pasteur et, donc à savoir, que tel pasteur apportera plus à manger dans ce domaine-ci, tel autre, dans ce domaine-là.

Le Bon Pasteur est aussi Celui qui, tout en ayant le souci de l’unité de son troupeau, sait qu’il y a encore des brebis qui ne sont pas dans l’enclos. Et il porte le souci qu’elles entrent dans l’enclos.

 

La dernière caractéristique que je retiens est que le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Il ne donne pas du temps ; pas ses journées. Il donne sa vie. Cette exigence est particulièrement manifestée dans le don du célibat consacré. La raison fondamentale du célibat des prêtres ne réside pas d’abord dans une question de disponibilité ; vous connaissez tous des gens surchargés qui trouveront toujours le temps de faire autre chose ; et des gens qui ont du temps, qui se noient dans les deux, trois choses qu’ils ont à faire. La première raison du célibat consacré est surtout que les prêtres, en vertu de leur ordination sacerdotale, sont unis, configurés à Jésus Prêtre, et qu’ils épousent par conséquent le style de vie de Jésus. Or Jésus ne s’est pas marié et n’a pas fait d’enfants ! Il a donné sa vie pour ses brebis, montrant ainsi que l’amour de Dieu est pour tous, sans exclusivité. On ne doit pas laisser aujourd’hui le célibat consacré être critiqué, attaqué. Parce que cela revient à attaquer l’existence même de Dieu. Le célibat consacré est aujourd’hui un signe éloquent, provoquant pour certains, que Dieu existe et qu’il y a une autre réalité qui permet à des hommes et des femmes de vivre différemment et de manière heureuse. Attaquer le célibat consacré, c’est attaquer un des signes les plus éloquents de l’existence de Dieu ! On se demande souvent comment soutenir davantage les vocations sacerdotales et religieuses ; certes, nous prions beaucoup pour ; mais demandons-nous aussi comment nous estimons, comment nous parlons, et comment nous montrons la beauté du célibat consacré…car il y a, sur la paroisse, un certain nombre de jeunes qui vivent pas mal de réalités que vivent les prêtres : la fréquentation régulière de l’Eucharistie, la proximité avec la personne du prêtre, la prière liturgique, l’amour de l’Eglise, le souci d’évangéliser…reste la question du célibat…mais c’est là, frères et sœurs, que vous pouvez intervenir et par votre prière et plus directement de manière amicale en leur disant à ses jeunes que vous attendez des prêtres pour l’Eglise…Il se peut que les familles fassent défaut ; mais, en tout, que les paroisses elles, ne fassent pas défaut !

En ce dimanche du Bon Pasteur rendons grâce au Seigneur pour les prêtres qu’Il donne à son Eglise et prions-le pour qu’Il soutienne les jeunes qui se posent la question de devenir prêtre. Amen !

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