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Homélie de la Solennité de la Sainte Trinité du Père Julien PALCOUX

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Solennité de la Sainte Trinité

Chers frères et sœurs,

Fêter la Sainte Trinité, c’est fêter Dieu dans son essence même. Au terme de l’ancienne (et regrettée) octave de la Pentecôte, la liturgie de l’Eglise nous invite à rendre culte à Dieu Père, Fils et Saint Esprit. La déclaration dogmatique relative à la Sainte Trinité a été fixée lors du Concile de Constantinople I en 381 ; elle est notamment exprimée dans ce que nous appelons le Symbole de Nicée-Constantinople. Si l’Evangile de St Matthieu que nous avons entendu en ce jour pour cette messe nous redonne ces paroles de Jésus avant l’Ascension : « Allez donc ! De toutes les nations faîtes des disciples ; baptisez-les au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! », il a fallu presque 4 siècles avant d’arriver à une formulation théologique relative au mystère de la Sainte Trinité.

Il est vrai que croire en un Dieu unique existant en trois personnes distinctes, d’égale divinité, est difficile. Cette difficulté, nous la retrouvons dans la lente et difficile accession à la formulation du dogme de la Sainte Trinité. On trouve des mentions de la Sainte Trinité dans la bouche même de Jésus. Les chapitres 14 à 17 de l’Evangile selon St Jean sont à ce titre très intéressants. Jésus dit qu’Il vient du Père et qu’Il retourne au Père. Il évoque l’arrivée de l’Esprit-Saint. Mais il va falloir du temps pour que l’Eglise médite, intériorise ces paroles et en ressorte tout le mystère trinitaire sous-jacent.

Les premières difficultés se font jour quant à la question de la divinité de Jésus avec notamment l’hérésie arienne, appelée l’arianisme, qui contestait la divinité de Jésus et tenait le Fils pour inférieur au Père. Le concile de Nicée 325 répond à cette hérésie et adopte un texte appelé le « Symbole de Nicée » qui affirme que le Fils est consubstantiel au Père.

Dans la suite de la contestation de la divinité du Fils arrive la contestation de la divinité de l’Esprit-Saint. Deux hérésies défendent cette doctrine : celles de Macédonius et celle des pneumatomaques, assez proches, qui tiennent l’Esprit pour inférieur au Père et au Fils. Ces deux hérésies sont condamnées lors du Concile de Constantinople I en 381 qui adopte une confession de foi très proche du Symbole de Nicée-Constantinople et qui affirme notamment la divinité de l’Esprit-Saint : « Je crois en l’Esprit-Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. »

En 381, le dogme de la Sainte Trinité est fixé et explicité. Les conciles christologiques suivants traiteront de la question des natures divine et humaine du Christ. Que retenir du dogme de la Sainte Trinité ? que nous croyons en un seul Dieu qui existe en 3 personnes qui partagent la même substance divine mais qui se distinguent par leurs relations internes et leurs missions. Ainsi, le Père est vu comme Créateur (même si le Fils et l’Esprit-Saint sont présents lors de la Création. Le 1er verset de la Bible au livre de la Genèse dit : « L’Esprit de Dieu planait sur les eaux. ») ; le Fils est vu comme Rédempteur ; l’Esprit-Saint comme le Sanctificateur.

A partir de ces différentes missions, je souhaiterais regarder de plus près le rôle particulier de l’Esprit-Saint. Le Credo dit que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils; cela veut dire, qu’il vient du Père et du Fils. Le rôle de l’Esprit-Saint est par conséquent de nous conduire à ceux dont il provient : le Fils et le Père. Plus exactement, l’Esprit-Saint nous fait devenir Fils pour aller vers le Père. Il nous fait entrer dans la filiation divine en développant, en nous faisant vivre complètement notre baptême qui nous a fait devenir ‘fils de Dieu’. Dans l’épître aux Romains, St Paul écrivait : « l’Esprit fait de vous des fils; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant ‘Abba’. » Lors de la Solennité de la Pentecôte, je disais que le don de l’Esprit-Saint accomplissait le mystère pascal de Jésus, c’est-à-dire qu’il nous aidait à vivre du mystère pascal de Jésus. Il s’agit bien de la même chose : l’Esprit-Saint nous fait devenir Fils de Dieu. En devenant Fils, nous allons vers le Père, qui est le mouvement de toute vie chrétienne. Jésus le dit à ses disciples : «  Je vais vers le Père. » L’Esprit-Saint nous fait entrer au cœur de la Trinité.

L’Esprit-Saint a encore une autre particularité : il nous aide à répondre à Dieu. La sainte Trinité habite complètement notre âme. Dans la tradition spirituelle, on distingue 3 puissances de l’âme : la mémoire, l’intelligence et la volonté. A chacune de ces puissances correspond une personne de la Trinité. Ainsi peut-on dire que le don du Père, inscrit en notre mémoire, nous est révélé par la parole du Fils (faculté de l’intelligence), qui suscite en nous une réponse d’Amour et de louange (faculté de volonté), nous ouvrant à l’Esprit. Là aussi, nous pouvons évoquer St Paul : « Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » Rm 8, 26.

Pour terminer, nous pouvons regarder deux effets de l’Esprit-Saint, non plus directement en nous, mais par rapport aux autres : dans l’Eglise et dans le monde. Dans l’Eglise, l’Esprit-Saint permet le développement et l’appropriation du contenu de la foi. Si tout est donné dans la foi, telle une graine, tout continue de grandir et de se développer dans le temps. C’est précisément le rôle de l’Esprit-Saint d’aider à cette croissance et de nous aider à en vivre. Cette croissance de la foi est indissociable de l’Eglise qui la transmet, l’explicite, la régule.

Dans le monde, l’Esprit-Saint permet l’unité, la communion de toutes les personnes différentes. L’Unité divine est trine ; par conséquent Dieu est le seul principe et fondement d’unité et de communion. En Lui seul, existe la véritable unité de personnes réellement distinctes. Cela fait réfléchir : quand on cherche à construire aujourd’hui un « vivre ensemble » dans une laïcité qui exclut Dieu, dans une laïcité qui rejette Celui dont elle tire son existence : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », ou qui combat Celui qui permet l’Unité des personnes et des réalités différentes !

Que le Seigneur nous aide à entrer plus profondément dans le mystère de la Sainte Trinité pour vivre toujours plus à l’image du Dieu  trinitaire. Amen !

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