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Homélie de la Solennité du Christ-Roi de l’Univers du Père Julien PALCOUX

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Solennité du Christ-Roi de l’Univers

Frères et Sœurs,

Au terme de l’année liturgique, cette belle Solennité du Christ-Roi de l’Univers nous redit que notre vie, notre monde, nos existences sont orientées vers Dieu. Nous venons de Dieu et nous marchons vers Dieu.

Evoquer le Christ « Roi de l’Univers », c’est non seulement nous replonger dans toute l’ambigüité de la question de la Royauté pour Jésus, mais c’est aussi nous plonger dans la question de son Règne et de la nature de son Règne, de son Royaume.

Avant de regarder la question de la nature de sa Royauté, il faut tout d’abord regarder la conversion qu’appelle la question de la Royauté du Christ, conversion pour les contemporains de Jésus, conversion pour nous-mêmes.

La première lecture permet d’entrevoir le chemin à parcourir pour convertir notre vision de la royauté du Christ. Le prophète Samuel évoque le Roi David : « Tu seras le pasteur de mon peuple, tu seras le chef d’Israël » avait dit Yahvé par l’intermédiaire de Samuel à David. Le Roi David sera un Roi politique, qui renforcera le peuple d’Israël et lui permettra de remporter de nombreuses victoires. Mais, l’attente du Messie, qui doit être issu, selon les Ecritures, de la tribu de Juda, c’est-à-dire de la tribu royale d’Israël, va venir renforcer la confusion avec l’attente d’un Messie-Roi. Le peuple Hébreu doit passer de l’attente d’un Messie-Roi politique à l’attente d’un Messie Roi universel, d’une royauté guerrière à une royauté du Salut. Cette conversion est loin d’être achevée lors de la Passion de Jésus, puisque c’est sur la question de sa royauté qu’on va le faire prisonnier et qu’on va le condamner à mort.

Du reste, l’Evangile que nous venons d’entendre nous présente Jésus en croix avec deux autres malfaiteurs, certainement deux complices du dénommé Barabbas, émeutier politique, dont la foule a demandé la libération. Jésus est au rang des malfaiteurs, et des émeutiers politiques.

Cette conversion que le peuple Hébreu est appelé à vivre, nous sommes aussi appelés à la vivre. Combien de fois avons-nous l’idée d’un Dieu tout-puissant dont nous aurions le désir qu’Il intervienne à tout bout de champ dans nos vies, pour nous guérir, nous épargner tout malheur…Et parfois, on en veut à Dieu que tel malheur nous soit arrivé ! Nous aussi, nous devons convertir notre conception de la toute-puissance de Dieu. Le Dieu auquel nous croyons n’est pas un Dieu dont la toute-puissance consisterait à fuir le mal, à ne pas le rencontrer, mais au contraire, c’est un Dieu qui porte le mal et l’assume. Fêter le Christ-Roi de l’Univers, c’est tout d’abord accepter de convertir nos visions et nos attentes de Dieu.

Quelle est donc la nature de la royauté du Christ ?

La royauté du Christ est une royauté d’Amour et de Salut, une royauté de miséricorde. St Paul écrit dans la deuxième lecture : « Il (Dieu) nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. » tel est le Royaume du Christ. L’Amour et le mystère de la Rédemption marchent ensemble : c’est parce que Dieu nous aime qu’Il nous sauve. Et le récit que nous venons d’entendre sur la crucifixion de Jésus nous montre jusqu’où va l’Amour de Dieu. Rendez-vous compte, dans ce récit, il n’est pas une seule fois question, mention, d’une personne bienveillante qui soit aux côtés de Jésus pour l’encourager, pour être là à ses côtés. Il n’est question que de groupes qui se moquent de Lui, qui l’insultent, qui le provoquent : « Si tu es le Roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Provocation qui renvoie aux tentations du diable : « Si tu es le Fils de Dieu, jette toi en bas. » Provocation qui renvoie à son être profond, qui met en cause sa divinité. Et Jésus laisse faire, Il assume, parce que c’est précisément toute cette méchanceté, toute cette bêtise, tous ces rejets, toutes ces provocations qu’Il est venu assumer. En supportant tous ces outrages, Jésus fait triompher l’Amour sur le péché et sur le mal. Désormais, nous pouvons tous entrer dans le Royaume de Dieu. Il est ouvert, comme le montre la parole adressée au bon larron : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Le bon Larron est le premier à entrer dans le Royaume de Dieu, le premier à nous indiquer que la miséricorde de Dieu nous attend, nous rejoint jusqu’au dernier souffle de notre vie. Il n’est jamais trop tard ! Le tout pour entrer dans ce royaume est de reconnaître et d’accepter que Dieu nous aime et que nous avons besoin d’être sauvés, libérés du péché.

Mais, fêter le Christ Roi de l’Univers, c’est aussi fêter et honorer la Royauté du Christ sur l’univers tout entier, « sur la terre comme au ciel » comme nous le demandons dans la Prière du Notre-Père. « Sur la terre », c’est en nous, dans notre cœur, dans notre vie, mais aussi dans nos sociétés. Bien sûr, Jésus distingue l’ordre spirituel de l’ordre temporel, notamment à travers cette parole que vous connaissez bien : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Dans la Passion selon St Jean, Jésus répond à Pilate que son Royaume n’est pas de ce monde. Jésus nous dit ici que son Royaume ne provient pas de ce monde. L’ordre temporel et l’ordre spirituel ne sont ni équivalents ni superposables. Ils sont distincts. Ceci- dit, il est du devoir des chrétiens d’ordonner les réalités temporelles aux réalités spirituelles parce qu’il n’y a pas de paix réelle et véritable qui ni vienne de Dieu, parce qu’il n’y a pas de bonheur vrai, durable et stable en dehors de Dieu. Si le Royaume de Dieu est distinct de nos réalités humaines, sociales et politiques, la royauté du Christ s’étend sur nos réalités humaines, sociales et politiques. Et cette royauté ne peut exister qu’en passant par des chrétiens dont le cœur est habité par l’Evangile. Fêter le Christ Roi de l’univers, c’est aussi vous redire à vous, baptisés qui vivez dans le monde, qu’il est de votre devoir de vous engager dans la société, dans la politique, pour que notre monde demeure chrétien. Il est important qu’il y ait des chrétiens qui défendent l’être humain lorsque celui-ci est vulnérable, fragile, lorsque la vie est menacée, fragilisée, attaquée. Il est important qu’il y ait des chrétiens dans les médias pour être au service de la Vérité, dans l’armée, dans le monde politique, là où se réfléchissent les lois, dans la médecine pour concourir au bien des gens, dans l’enseignement pour réunir Dieu, source de Vérité, avec l’intelligence et la science. C’est votre mission de baptisés. La royauté du Christ doit régner dans nos cœurs pour se diffuser dans les différents ordres de la société et orienter cette dernière vers Dieu.

Demandons la grâce au Seigneur qu’Il fortifie ses enfants baptisés dans la mission que l’Eglise leur confie afin que son Règne puisse s’étendre en nous et autour de nous, « sur la terre comme au Ciel ». Amen !

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